Autour de la musique classique

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 Les dessous du disque

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Capri
Mélomaniaque


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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 13 Oct 2005 - 11:03

Citation :
J'ai peur que les interprètes ne fassent les frais de tout ce micmac, et ne puissent jamais toucher un sou de droits (Naxos est à Hong-Kong).

En même temps, là encore, tous les labels fonctionnent comme ça. Que tu sois dans un label ou dans un autre, les royautés ne sont pas toujours payées. C'est la première chose qui est laissée de côté quand un label a des difficultés. Et la limite ça ne me choque pas, vu le prix de certains interprètes à la séance Rolling Eyes ...

C'était ma minute "je défend le Bizness" (je ne suis pas au marketing musical pour rien: je dois vendre Laughing Laughing ).
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gaston
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 10:54

YuHirà a écrit:
En même temps, là encore, tous les labels fonctionnent comme ça. Que tu sois dans un label ou dans un autre, les royautés ne sont pas toujours payées. C'est la première chose qui est laissée de côté quand un label a des difficultés. Et la limite ça ne me choque pas, vu le prix de certains interprètes à la séance Rolling Eyes ...

C'était ma minute "je défend le Bizness" (je ne suis pas au marketing musical pour rien: je dois vendre Laughing Laughing ).

Oui, alors ce genre de discours Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad
J'avais oublié de réagir tout de suite, mais je ne supporte pas. Quand tu vas chez ton boulanger, essaie de lui dire ça, "j'ai plus un rond, filez moi du pain gratos, de toutes façons je vous ai filé assez de fric pour le gâteau dimanche dernier" ! N'oubliez pas, vous les commerciaux, que vous vivez grâce aux artistes (et réciproquement). Plus de droits, plus d'artistes. On vit une période de récession culturelle dans un nombre impressionnant de domaines, ouvrez un peu les yeux, il y a de plus en plus de gens qui préfèrent ne pas "produire" (puisque les commerciaux ne savent que parler de "produit") plutôt que d'engraisser des encravatés dont la seule culture est le maniement d'excel. Certes, il y aura toujours des "artistes" des ex-pays de l'est à pas cher, pourquoi pas des chinois ensuite, et des labels à racheter... Et après ? Après moi le déluge ? Comme dans tous les domaines actuellement Evil or Very Mad
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 11:21

Justement tu n'as pas bien lu. Les interprètes ne travaillent pas gratuitement et sont payés via un contrat de travail. Et généralement le montant de la séance est très élevé. Le contrat de cession de droits est annexe et paie, sur la durée, la prestation en fonction des ventes.

A la limite, je suis en train de remettre en cause la légitimité du droit d'artiste interprète. Evidemment, je ne parle pas des droits d'auteur: pour moi c'est différent.

NB: c'est la contrainte des droits d'artiste interprète qui empêchent souvent un label d'investir et de miser sur la qualité.

La plupart du temps, ces droits contraignants empêchent les éditeurs de ressortir des disques de très bonne qualité. Le président de Varèse Sarabande l'a très bien expliqué.

Je crois que le droit d'auteur, à travers le droit voisin, a vu sa logique poussé trop loin... Si vous saviez maintenant ce qu'on protège, c'est hallucinant Rolling Eyes

Et en disant cela c'est mon propre métier que je saborde...


Dernière édition par le Ven 28 Oct 2005 - 11:28, édité 1 fois
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 11:27

Evidemment tout cela n'est que pure spéculation et réflexion de ma part... Je ne dis pas que je confonds cette conception bec et ongles! Je réfléchis c'est tout Wink
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 11:52

Citation :
Les interprètes ne travaillent pas gratuitement et sont payés via un contrat de travail. Et généralement le montant de la séance est très élevé.

Si ça pouvait être toujours vrai, ce serait merveilleux pour les musiciens. Mais dans le classique, on entend souvent des histoires du genre "le patron de tel label m'a arnaqué et ne m'a pas payé, et pourtant il a reçu plein d'aides financières!". Ce que je trouve encore plus incroyable, ce sont les cas où les artistes financent leur disque, le label se bornant à l'éditer et récuperer de l'argent. Mais je suppose que c'est partout pareil, pas uniquement en classique.
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gaston
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 13:14

YuHirà a écrit:
Le président de Varèse Sarabande l'a très bien expliqué
Tu peux nous résumer stp ?

YuHirà a écrit:
Je crois que le droit d'auteur, à travers le droit voisin, a vu sa logique poussé trop loin... Si vous saviez maintenant ce qu'on protège, c'est hallucinant Rolling Eyes
Ah bon ? Juste en musique alors ? Parce que pour l'image, c'est une autre histoire. Tout le monde ici utilise un avatar, je pense que ta photo de Dutilleux est piquée quelque part sans l'autorisation du photographe, mais bon, on va pas chipoter pour si peu et si petit Mr. Green Le problème, c'est que la photographie professionnelle est en train de crever dans l'indifférence générale. Il y a quelques dizaines d'années, un photographe était payé, comme les musiciens, pour un travail : parfois très grassement en pub, en mode, cent fois moins en presse ou illustration, avec des variantes. Il touchait ensuite des droits d'auteur selon l'utilisation et surtout la réutilisation de ses images, tout comme les musiciens sur les ventes de disques. Jusque là, tout me semble normal, un bon disque se vend bien, une bonne image plaît, les auteurs sont récompensés proportionnellement à leur mérite.
Et puis un jour, les patrons (les commerciaux) ont dit "les temps sont durs, on ne va plus payer les prises de vue, juste les droits", on facture ça en AGESSA, cotisations sociales très réduites, tant pis pour la sécu, les retraites, etc. Bon, il se trouve toujours des gens pour accepter ça. Le numérique est arrivé, et les photographes, les graphistes, et plein d'autres pros se sont mis à archiver sur des CDs, DVDs. On leur a dit qu'ils étaient des pirates en puissance et qu'ils devaient payer une taxe SORECOP aux musiciens pour avoir le droit d'utiliser ces supports (en France, les taxes représentent 50% du prix d'un CD bas de gamme). Bon, on rogne un peu plus et produit plus pour compenser, au détriment de la qualité et du temps passé sur le sujet.
Et puis actuellement (c'est en train de se passer, réveillez-vous) les lobbies anglo-saxons veulent carrément faire disparaître le droit d'auteur, et acheter des "produits" dont ils seront ensuite propriétaires ad vitam eternam !!! Imaginez, Cartier-Bresson salarié, ou la Joconde, propriété de Bill Gates et de sa banque d'images, seul détenteur des droits commerciaux ensuite ! 10$ pour voir la Joconde une fois sur votre écran d'ordinateur, ce n'est pas de la fiction, ça va arriver très vite si personne ne bouge (Oui ma chère, pour son anniversaire on lui a offert 15 minutes de Joconde sur l'écran plasma du salon, c'était suuuuublime ! Un peu cher hélas, mais quand on aime... et puis, depuis que les livres ont été interdits parce que l'industrie de la pâte à papier menaçait l'équilibre écologique mondial, c'est la seule possibilité qui reste de visiter les ex-musées d'état... .

C'est ce que tu veux en musique aussi ? Des smicards du classique, qui enregistrent pour une somme forfaitaire un disque à une date fixe (si c'est bon tant mieux, sinon tant pis) sans droit de regard sur leur travail ? Et des super-solistes, qui eux refuseront tout enregistrement et ne joueront plus que pour les très très riches à Monaco ou NY ? Je ne noircis pas le tableau, c'est ce qui se passe actuellement en médecine. Je connais des toubibs qui préfèrent changer de métier, 15mn maxi par patient après je ne sais combien d'années d'études, ils disent stop.
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 13:23

Citation :
Si ça pouvait être toujours vrai, ce serait merveilleux pour les musiciens. Mais dans le classique, on entend souvent des histoires du genre "le patron de tel label m'a arnaqué et ne m'a pas payé, et pourtant il a reçu plein d'aides financières!". Ce que je trouve encore plus incroyable, ce sont les cas où les artistes financent leur disque, le label se bornant à l'éditer et récuperer de l'argent. Mais je suppose que c'est partout pareil, pas uniquement en classique.

Cà en revanche c'est autre chose et je trouve ça vraiment anormal... Là ça relève ou de l'escroquerie ou de l'inexécution contractuelle. Ou de l'enrichissement sans cause.

Mais tu as raison sur le fait qu'aujourd'hui, les choses se passent de cette manière: l'artiste livre un CD clés en main, souvent financé par ces propres moyens (le home-studio...). Du coup le métier de producteur est en voie de disparition; il y a beaucoup d'éditeurs qui deviennent producteurs, reçoivent les droits de producteurs de la SPPF, gèrent les ISRC et EAN, etc... mais ne financent plus la production proprement dite... Le mieux c'est les producteurs de films qui deviennent éditeurs de la musique de des films. Ils ne financent pas vraiment la musique et comme ce n'est pas leur métier de base, n'exploitent pas à plein régime le CD.

D'ailleurs qui parle encore de producteurs aujourd'hui? On ne parle que des labels. Or un label est théoriquement un éditeur!

Une chose est sûre, historiquement, un éditeur a sur une musique des droits absolument faramineux, privilèges hérités d'une situation aujourd'hui disparue et qui date du XIXème siècle (un problème de catalogue)...

Enfin de toute façon l'industrie musicale c'est un gros bordel Laughing Il faudrait passer un bon coup de balai et revoir tout le système de gestion des droits...
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 13:41

Citation :
Tu peux nous résumer stp ?

Robert Townson dans une lettre à une connaissance a expliqué qu’il ne pouvait pas éditer des musiques de Goldsmith car celui-ci avait du utiliser deux orchestres et que les droits famaramineux qu’il devait verser à chacun des musiciens rendait la chose pas rentable.


Pour le reste je n'ai pas tout compris, tes explications me semblent un peu confuses... Mais ton point de vue me semble parfaitement défendable.
Je ne suis pas là en disant : supprimons les droits voisins. Néanmoins je peux comprendre que les labels puissent faire une économie en rognant sur les droits voisins. Les droits voisins rémunèrent le succès suite à un travail, pas un travail à l'heure. Pendant que tu touches tes droits, tu peux toujours faire autre chose qui te rémunère à l'heure. Je pense que si les séances sont payées 300 euros comme je l'ai déjà vus, cela fait quand même potentiellement 12 000 euros de revenu mensuel pour l'artiste(2 séances par jour 5 jours sur 7)...
Je parle bien entendu des artistes de spectacle, pas des artistes de complément (qui sont payés moins chers... et qui n'ont aucun droit Mr. Green )
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gaston
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 14:07

YuHirà a écrit:
si les séances sont payées 300 euros comme je l'ai déjà vus, cela fait quand même potentiellement 12 000 euros de revenu mensuel pour l'artiste(2 séances par jour 5 jours sur 7)...
Je parle bien entendu des artistes de spectacle, pas des artistes de complément (qui sont payés moins chers... et qui n'ont aucun droit Mr. Green )
Artiste de spectacle et de complément, c'est à dire plus précisément (excuse mon ignorance) ? Il y en a qui enregistrent 5j/7 matin et soir, réellement ? Ailleurs qu'à Paris et dans un cercle très réduit d'initiés ? Ou bien est-ce une "maffia" juteuse, comme me semble en exister une dans le domaine de la post-synchronisation au ciné ?
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 14:13

Citation :
Ou bien est-ce une "maffia" juteuse, comme me semble en exister une dans le domaine de la post-synchronisation au ciné ?

Ahah, tu connais ce milieu? J'y ai mis les pieds dedans, et je me suis barré comme un voleur d'un studio par la sortie de secours au bout de 3 semaines (pourtant j'avais signé pour 6 semaines). C'est ma pire expérience professionelle et artistique Neutral



Sinon, à part les musiciens d'orchestre, je ne vois vraiment pas qui peut bosser 5 jours sur 7. Si on a créé le regime d'intermitent, c'est justement pour ça (et c'est aussi pour ça que j'ai arreté, marre de cette mentalité).
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 14:28

Citation :
Artiste de spectacle et de complément, c'est à dire plus précisément (excuse mon ignorance) ?

Un artiste de spectacle est un soliste. Alors que l'artiste de complément n'en est pas un.
Par exemple dans un film, l'acteur principal ou secondaire (en théorie tout acteur ayant plusieurs répliques) est un artiste de spectacle. Un personnage comme une boulangère qui donne du pain ou un figurant est un artiste de complément.

Citation :
Il y en a qui enregistrent 5j/7 matin et soir, réellement ?

Je ne suis pas dans le milieu de la production. J'avoue ne pas savoir et je doute que cela soit le cas, bien qu'il existe quand même des artistes attachés à un studio (puisqu'il est connu que dans bien des cas, un group de rock qui enregistre ne joue pas nécessairement toutes les parties: le producteur impose parfois un autre guitariste, etc...)... Je parlais plutôt de rémunération potentielle.
Mais cela veut dire aussi que la rémunération très haute de la prestation (300 euros la séance c'est quand même bien au dessus du smic, puisqu'il me semble qu'une séance c'est 3-4 heures [là je veux bien des éclaircissements]) est justifiée par le faible emploi?

Citation :
Ailleurs qu'à Paris et dans un cercle très réduit d'initiés ? Ou bien est-ce une "maffia" juteuse, comme me semble en exister une dans le domaine de la post-synchronisation au ciné ?

Ah bon? En quoi le domaine de la post synchro est maffieux?


Citation :
Si on a créé le regime d'intermitent, c'est justement pour ça (et c'est aussi pour ça que j'ai arreté, marre de cette mentalité).

Moi je comprends rien au régime d'intermittent Laughing

Bonne lacune de ma part tiens, et qu'il faudra que je comble: tout ce qui a trait à la protection sociale de l'artiste Mr. Green
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 15:11

Citation :
300 euros la séance c'est quand même bien au dessus du smic, puisqu'il me semble qu'une séance c'est 3-4 heures [là je veux bien des éclaircissements]) est justifiée par le faible emploi?

3/4h ??? Tu es vraiment en dehors des réalités Smile

En général ça commence vers 11h du matin, et ça fini vers 4/5h du mat. Ca c'est pour une journée, après suivant la production, il peut y avoir plusieurs jours comme ça qui s'enchainent (mêmes plusieurs semaines pour un gros album). En classique ça arrive aussi de faire ce genre d'horaires, mais c'est quand même plus rare (enfin 11h-23h, ça reste énorme quand même).

Sinon c'est sur qu'être payé 300€ pour bosser 2 ou 3 jours, ça semble bien, mais il ne faut pas oublier que c'est tres ponctuel et aléatoire. Tu peux te faire 3000€ en une semaine comme tu peux ne pas bosser pendant 3 mois Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 15:25

Bezout a écrit:
Sinon c'est sur qu'être payé 300€ pour bosser 2 ou 3 jours, ça semble bien, mais il ne faut pas oublier que c'est tres ponctuel et aléatoire. Tu peux te faire 3000€ en une semaine comme tu peux ne pas bosser pendant 3 mois Rolling Eyes
J'allais le dire... Idem pour d'autres métiers artistiques. Et puis je doute qu'on puisse faire ça des années, au détriment de la vie de famille, avec l'arthrite, etc... Et surtout, la musique, le théatre, etc, c'est un don, tu es doué ou pas, même en travaillant comme un dingue un mauvais reste médiocre, et je suppose que les producteurs ne sont pas des philantropes et n'engagent pas des branlos. Alors le mec qui gagne dix fois plus que moi en dix fois moins de temps et qui se repose ensuite pendant un mois, c'est sa vie et son droit s'il a créé de belles choses.
Sinon il peut faire footballeur ou vétérinaire (urbain, pour chienschiens) s'il veut juste gagner du pognon Mr.Red
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 15:34

Citation :
En général ça commence vers 11h du matin, et ça fini vers 4/5h du mat.

Uen séance? Moi on m'a toujours dit qu'une séance d'enregistrement c'était théoriquement une demi-journée mais qu'on pouvait en caser 3-4 dans la journée caro n entend par demi-journée, une demi-journée diurne. Il existe en effet des séances de nuit Wink

Je parle bien de séance, pas de journée. Celles qui servent de base à la rémunération. Et non pas de l'enregistrement tout entier (je sais bien qu'une production dure plusieurs jours: mais une production contient dans ce cas plusieurs séances successives...)

Mais peut-être que j'ai mal compris le terme de "séance". Si une seule séance d'enregistrement c'est une journée ou plusieurs alors OK...
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 15:42

Ben une séance, c'est "le moment" où on enregistre. Et c'est très loin de prendre 3/4h ! Ca c'est plutôt le temps qu'on prend pour poser les micros, faire la balance, etc.. Après faire les prises une cinquantaine de fois, faire le montage, puis le mix (et encore, les musiciens ne sont pas toujours présent), ça prend 3 fois plus de temps.

Citation :
Je parle bien de séance, pas de journée. Celles qui servent de base à la rémunération.

Sur les contrats que j'ai pu voir, tout est précisé, le nombre de jours, le nombre d'heures de travail par jours, etc... Mais je ne sais pas si c'est un exces de zèle ou la réalité dans toutes les productions.
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 16:59

Dans l'audiovisuel les contrats parlent plus de cachets par jour. Donc je ne sais pas d'où ça vient ce terme de séances, et de 3-4 séances par jour.

je ferai une recherche;-)
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 28 Oct 2005 - 17:51

Ben une séance, c'est toute la durée de travail depuis le début au matin jusqu'à la fin, le soi...euh le matin aussi Very Happy

3/4 séances par jours, c'est peut être qu'il y a plusieurs projets très rapides et que l'on enchaines. Mais ça je n'ai jamais vu en musique.
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 4 Nov 2005 - 22:05

YuHirà a écrit:
Justement tu n'as pas bien lu. Les interprètes ne travaillent pas gratuitement et sont payés via un contrat de travail. Et généralement le montant de la séance est très élevé. Le contrat de cession de droits est annexe et paie, sur la durée, la prestation en fonction des ventes.

A la limite, je suis en train de remettre en cause la légitimité du droit d'artiste interprète. Evidemment, je ne parle pas des droits d'auteur: pour moi c'est différent.

NB: c'est la contrainte des droits d'artiste interprète qui empêchent souvent un label d'investir et de miser sur la qualité.

La plupart du temps, ces droits contraignants empêchent les éditeurs de ressortir des disques de très bonne qualité. Le président de Varèse Sarabande l'a très bien expliqué.

Je crois que le droit d'auteur, à travers le droit voisin, a vu sa logique poussé trop loin... Si vous saviez maintenant ce qu'on protège, c'est hallucinant Rolling Eyes

Et en disant cela c'est mon propre métier que je saborde...

Ce n'est pas toi qui saborde le métier, mais bien souvent ces droits d'interprete servent à scier la branche sur laquelle les artistes sont assis.

Une des pires affaires qui se soient récemment passées est ce qui vient d'arriver à la firme Hyperion. Je résume : un scribouillard musicologue a exigé des "droits d'auteur" sur le materiel qui a servi à l'enregistrement d'une eouvre de M.A. Charpentier pour lequel il avait "notifié" une basse chiffrée et des pratiques instrumentales connues des musiciens baroques. La firme Hyperion n'entendant pas verser les droits d'auteur exigés (puisque('il n'était en rien "l'auteur" de cette oeuvre, mais seulement un "éditeur"), ce Monsieur a porté l'affaire en justice, qui en appel, et contre toute attente, a donné raison à ce musicologue, raison agrémentée de somptueux dommages et interets qui ont mis en péril l'équilibre financier de cette remarquable maison qu'est Hyperion.

Bien sur, on dérive un peu de notre sujet initial, mais c'était pour éclairer l'idée de Yuhira comme quoi on protege aujourd'hui tout et surtout n'importe quoi.
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gaston
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Ven 4 Nov 2005 - 23:56

Ouf1er a écrit:
Bien sur, on dérive un peu de notre sujet initial, mais c'était pour éclairer l'idée de Yuhira comme quoi on protege aujourd'hui tout et surtout n'importe quoi.
Mouais, on dérive beaucoup même, d'après ce que j'en ai lu c'est carrément une arnaque à l'anglo-saxonne. Ca me fait plus penser à certaines pratiques de "réorchestrations" ou "adaptations" d'oeuvres traditionnelles, qui doivent permettre à l'arrangeur de se remplir les poches sans trop se fatiguer en changeant quelques notes à une musique du domaine public. Tout le monde connait sans doute le gag de la musique des Bronzés font du ski : le producteur voulait Etoile des neiges, persuadé que c'était un traditionnel, et paf, pas du tout, l'auteur vivant en voulait une fortune, d'où le "décalque" Quand te reverrai-je etc pondu dans la foulée par l'arrangeur du film Laughing Laughing Laughing Je pense qu'Hyperion n'aurait jamais lancé cet enregistrement si un contrat écrit avait été négocié auparavant, ils se sont faits avoir par un escroc procédurier.
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 11:15

Vous avez des sources pour cette affaire?
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Jaky
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 16:06

Ouf1er a écrit:
YuHirà a écrit:
Justement tu n'as pas bien lu. Les interprètes ne travaillent pas gratuitement et sont payés via un contrat de travail. Et généralement le montant de la séance est très élevé. Le contrat de cession de droits est annexe et paie, sur la durée, la prestation en fonction des ventes.

A la limite, je suis en train de remettre en cause la légitimité du droit d'artiste interprète. Evidemment, je ne parle pas des droits d'auteur: pour moi c'est différent.

NB: c'est la contrainte des droits d'artiste interprète qui empêchent souvent un label d'investir et de miser sur la qualité.

La plupart du temps, ces droits contraignants empêchent les éditeurs de ressortir des disques de très bonne qualité. Le président de Varèse Sarabande l'a très bien expliqué.

Je crois que le droit d'auteur, à travers le droit voisin, a vu sa logique poussé trop loin... Si vous saviez maintenant ce qu'on protège, c'est hallucinant Rolling Eyes

Et en disant cela c'est mon propre métier que je saborde...

Ce n'est pas toi qui saborde le métier, mais bien souvent ces droits d'interprete servent à scier la branche sur laquelle les artistes sont assis.

Une des pires affaires qui se soient récemment passées est ce qui vient d'arriver à la firme Hyperion. Je résume : un scribouillard musicologue a exigé des "droits d'auteur" sur le materiel qui a servi à l'enregistrement d'une eouvre de M.A. Charpentier pour lequel il avait "notifié" une basse chiffrée et des pratiques instrumentales connues des musiciens baroques. La firme Hyperion n'entendant pas verser les droits d'auteur exigés (puisque('il n'était en rien "l'auteur" de cette oeuvre, mais seulement un "éditeur"), ce Monsieur a porté l'affaire en justice, qui en appel, et contre toute attente, a donné raison à ce musicologue, raison agrémentée de somptueux dommages et interets qui ont mis en péril l'équilibre financier de cette remarquable maison qu'est Hyperion.

Bien sur, on dérive un peu de notre sujet initial, mais c'était pour éclairer l'idée de Yuhira comme quoi on protege aujourd'hui tout et surtout n'importe quoi.
D'après ce monsieur, hyperion n'aurait pu enregistré cette musique sans le travail de reconstitution fait par lui…Et que toute peine mérite salaire…
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Mathieuuuu
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 18:34

Citation :
Ca me fait plus penser à certaines pratiques de "réorchestrations" ou "adaptations" d'oeuvres traditionnelles, qui doivent permettre à l'arrangeur de se remplir les poches sans trop se fatiguer en changeant quelques notes à une musique du domaine public.

Alors là j'aimerais intervenir parce que je me sens un peu concerné. Je suis actuellement en train de faire des arrangements pour quatuors de flûtes traversières à partir de pièces comme Peer Gynt, Une petite musique de Nuit, Shéhérazade,Ma mère l'Oye, Harry Potter ou encore Casse-Noisettes. C'est un travail très technique, assez complexe (surtout vu la tessiture très petite du quatuor de flûtes qui m'oblige à transposer et ressérer toutes ces partitions pour orchestre) et sur lequel je ne peux déposer l'arrangement à la SACEM que sur les oeuvres du domaine public (les autres nécessitant un accord avec le compositeur ou ses ayant-droits, accord qui consiste en gros à payer une somme faramineuse pour avoir le droit de toucher à la musique et ce, quelque soit la qualité de l'arrangement : en gros on peut faire un arrangement de merde du moment qu'on peut payer). Or mon éditeur m'a appris récemment que je ne toucherai aucun droit sur l'éxécution des arrangements du domaine public suite à une nouvelle législation (l'Union Européenne aurait fortement incité la France à introduire cette législation). En effet, il faudrait qu'il y ait un apport (harmonique ou mélodique) de la part de l'arrangeur pour toucher ces droits (qu'on m'explique quel est l'apport que je peux faire à des oeuvres de Mozart, de Rimsky-Korsakov ou de Grieg). Donc mon travail peut être utilisé par n'importe quel quatuor de flûtes en concert ou enregistrer un cd avec, sans que je touche quoi que ce soit dessus.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 18:36

Change quelques notes, ça fera un "apport"... Cool
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Mathieuuuu
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 18:40

Citation :
Change quelques notes, ça fera un "apport"...

C'est bien ça le pire. Avec cette nouvelle législation, il suffirait que je rajoute une introduction de mon crû et là par contre, je toucherai plus de droits qu'en tant qu'arrangeur parce que j'aurai un statut de compositeur (composition inspirée de telle oeuvre du domaine public).
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gaston
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 21:45

Mathieuuuu a écrit:
C'est bien ça le pire. Avec cette nouvelle législation, il suffirait que je rajoute une introduction de mon crû et là par contre, je toucherai plus de droits qu'en tant qu'arrangeur parce que j'aurai un statut de compositeur (composition inspirée de telle oeuvre du domaine public).
C'est exactement ça, la porte ouverte au sabotage et au mauvais goût, plutôt qu'à l'artisanat. Il suffit de mettre des moustaches à la Joconde pour être un créateur, Warhol l'avait bien compris, toute question de talent mise à part. Et ensuite, on fait des procès à tous ceux qui ajouteront eux aussi des moustaches, pour plagiat, et on les gagne avec un bon avocat Laughing
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Ouf1er
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 23:15

jaky a écrit:
Ouf1er a écrit:
YuHirà a écrit:
Justement tu n'as pas bien lu. Les interprètes ne travaillent pas gratuitement et sont payés via un contrat de travail. Et généralement le montant de la séance est très élevé. Le contrat de cession de droits est annexe et paie, sur la durée, la prestation en fonction des ventes.

A la limite, je suis en train de remettre en cause la légitimité du droit d'artiste interprète. Evidemment, je ne parle pas des droits d'auteur: pour moi c'est différent.

NB: c'est la contrainte des droits d'artiste interprète qui empêchent souvent un label d'investir et de miser sur la qualité.

La plupart du temps, ces droits contraignants empêchent les éditeurs de ressortir des disques de très bonne qualité. Le président de Varèse Sarabande l'a très bien expliqué.

Je crois que le droit d'auteur, à travers le droit voisin, a vu sa logique poussé trop loin... Si vous saviez maintenant ce qu'on protège, c'est hallucinant Rolling Eyes

Et en disant cela c'est mon propre métier que je saborde...

Ce n'est pas toi qui saborde le métier, mais bien souvent ces droits d'interprete servent à scier la branche sur laquelle les artistes sont assis.

Une des pires affaires qui se soient récemment passées est ce qui vient d'arriver à la firme Hyperion. Je résume : un scribouillard musicologue a exigé des "droits d'auteur" sur le materiel qui a servi à l'enregistrement d'une eouvre de M.A. Charpentier pour lequel il avait "notifié" une basse chiffrée et des pratiques instrumentales connues des musiciens baroques. La firme Hyperion n'entendant pas verser les droits d'auteur exigés (puisque('il n'était en rien "l'auteur" de cette oeuvre, mais seulement un "éditeur"), ce Monsieur a porté l'affaire en justice, qui en appel, et contre toute attente, a donné raison à ce musicologue, raison agrémentée de somptueux dommages et interets qui ont mis en péril l'équilibre financier de cette remarquable maison qu'est Hyperion.

Bien sur, on dérive un peu de notre sujet initial, mais c'était pour éclairer l'idée de Yuhira comme quoi on protege aujourd'hui tout et surtout n'importe quoi.
D'après ce monsieur, hyperion n'aurait pu enregistré cette musique sans le travail de reconstitution fait par lui…Et que toute peine mérite salaire

Salaire, tout le monde semble d'accord l)à-dessus. Mais pas Droits d'auteur !
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Ouf1er
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 23:21

Bezout a écrit:
Vous avez des sources pour cette affaire?

Si tu es angliciste, tu auras tous les détails de l'affaire sur le site même d'Hyperion.

Hyperion
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Sam 5 Nov 2005 - 23:36

Ah merci Smile

Sinon Mathieu, c'est qui ton éditeur?
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 17 Nov 2005 - 9:55

Je viens de consulter des budgets types diffusés par l'UCMF: ils sont assez éloquents et me donnent raison sur certains points notamment sur la notion de séance.

Le budget considère pour le calcul des salaires 2 types de "séances d'enregistrement": des séances de 3 heures et des séances de 4 heures: cette division laisse bien entendre que les horaires ne sont pas flexibles et qu'une séance s'entend assez strictement. Et qu'il peut y avoir 3 à 4 séances par jour, comme je le laissais entendre.

En France, les séances de 3 heures sont payées de 128 euros à 175 euros par personne, que ce soit une petite formation ou grand orchestre (200 à 250 euros pour les solistes). Selon mes calculs les séances de 4 heures seraient payées de 170 euros à 233 euros, sachant que les montants maximums se fondent sur des estimations hautes et sont donc beaucoup plus rarement pratiqués.

Les rémunérations sont nettes: les charges patronales ne sont pas prélevées mais ajoutées: autrement dit, il faut ajouter 60 % de la somme payée à l'artiste pour obtenir la somme payée par le producteur (160 % des sommes indiquées)

Dans les pays de l'Est le prix de la séance est divisé presque des 2/3: les séances de 3 heures sont payées de 36 euros à 45 euros! Il est précisé qu'il n'y a aucune charge patronales sur les salaires ainsi payés.

Autant dire que: une violoncelliste professionnelle qui ne fait que débuter me semble surestimer sa valeur lorsqu'elle propose des séances à 300 euros.

Si les séances durent 3 heures, on peut vraisemblablement supposer qu'un instrumentiste peut enchaîner deux voire 3 séances par jour ce qui fait une rémunération potentielle, quelque soit la formation, de 384 à 585 euros par jour!!!! Ce qui fait une rémunération nette de 7 680 euros à 11 700 euros par mois (sur la base de 20 jours travaillés par mois)!!!

Ces tarifs ne sont bien entendu applicables qu'aux enregistrements. J'imagine que le montant de la rémunération des musiciens qui se produisent en concert doit être bien moins élevé...


Petite précision qui a son importance: pour un orchestre de 111 musiciens (71 musiciens + 40 choristes) le coût total lié à l'engagement des interprètes (avec 1er pupitres) sur 3 à 4 séances varient de 66 000 euros à 90 000 euros sur un budget total de 100 000 euros à 210 000 euros. A cela il faut ajouter un coût de production du master d'à peu près de 2000 euros. Autrement dit, le salaire des interprètes représente le tiers voire la moitié du coût d'une enregistrement alors que ce dernier mobilise en plus les postes suivants :

- prime d'écriture
- orchestrateur
- consultant
- direction artistique
- copiste
- maquettes
- programmation
- studio (préparation et séance)
- ingénieurs sons
- fournitures
- production exécutive
- imprévus
- cantine



Je ne sais pas ce qu'il faut en tirer comme leçon mais tout de même... c'est assez intéressant.

Néanmoins on parle aussi de "service" de 3 heures.

Selon l'IRMA, en moyenne, le prix d'un artiste à la séance est de 250 euros, et à la semaine (5 jours/semaine) de 1000 euros. C'est à n'y rien comprendre...
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Mathieuuuu
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 17 Nov 2005 - 10:02

Ton calcul est intéressant, mais à mon avis, il reste très théorique. Vu le stress et la concentration que nécessite une seule séance, je ne suis pas sûr que tout ce monde se fasse 3 séances par jour, 5 jours par semaine.

La plupart des musiciens ont d'autres obligations (cours, orchestre), ce qui
me laisse supposer que les enregistrements sont plus des extras, mais je peux me tromper.
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 17 Nov 2005 - 11:14

C'est parfaitement possible Wink

Dommage qu'on n'ait pas un artiste de studio professionnel ici Mr. Green
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 17 Nov 2005 - 11:36

Citation :
Ton calcul est intéressant, mais à mon avis, il reste très théorique.

Oui tu as tout à fait raison, ça ne se passe pas du tout comme ça dans la pratique (des séances de 3 heures, le rêve....). En plus les contrats hein... ça ne reste parfois qu'un bout de papier. Je connais quelqu'un qui a plein de contrats (pourtant signés), et qui attend toujours qu'on lui paie ses 8000€....

Pour les musiciens classiques, j'en ai vu qui venaient enregistrer le matin, aller donner un cours en début d'apres midi, puis revenir en soirée pour continuer jusqu'au dernier métro. C'est effectivement un extra, ils n'enregistrent pas à la pelle des disques, c'est plutôt une sorte de consécration pour eux.
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Capri
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 17 Nov 2005 - 16:53

Bon alors on va dire que c'est valable pour le LSO alors Laughing
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Bezout
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MessageSujet: Re: Les dessous du disque   Jeu 17 Nov 2005 - 22:33

Comme tout les orchestres, ils doivent être vachement syndiqués et se font certainement payer royallement des heures sup' des qu'une séance depasse de 5 minutes l'heure prévue. Rolling Eyes
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