Autour de la musique classique

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 Birgit NILSSON

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Guillaume
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MessageSujet: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 12:06

BIRGIT NILSSON (1918 - 2005)




Biographie
Son vrai nom est en réalité Birgit Marta Svensson, et elle prit le nom de Nilsson en hommage à une autre cantatrice suédoise, Christine Nilsson. (D’ailleurs, contrairement à une légende urbaine, Flagstad et Varnay ne sont pas suédoises.) Elle est née dans le sud de la Suède (la partie près du Danemark), à Västra Karup. Elle se destinait à une carrière d’ingénieur agronome avant que son talent ne se révèle. Elle fait ses débuts à Stockholm en 1946 dans le rôle d’Agathe du Freischütz, qu’elle réenregistra par la suite. Puis, c’est Lady Macbeth, et enfin tous les rôles de soprano lyrique et grand-lyrique (Tosca, Senta, Aida, Sieglinde…), tout cela en suédois.

Son premier engagement hors d’Europe est à Glyndebourne, en 1951, dans le rôle d’Elektra d’Idoménée de Mozart !

Puis, c’est le début à Bayreuth, en 1954, en Elsa dans Lohengrin. Ses premières Brünnhilde se situent vers 1955. Mais c’est véritablement dans les années 60 qu’elle va dominer la scène wagnérienne, après que Varnay et Mödl aient renoncé à ce rôle, comme à celui d’Isolde. Elle ouvre la saison de la Scala en 1958, et devient la première chanteuse non-italienne (après une célèbre gréco-américaine) à le faire. Elle y chante Turandot, un autre de ses rôles symboliques (elle dira même : « Isolde m’a rendue célèbre, Turandot m’a rendue riche »).

La consécration internationale arrive donc à la fin des années 50. Les années 60 la montreront à son apogée, enregistrant de multiples disques, notamment pour la Decca. Le sommet, ce sont peut-être ces représentations captées par la DG de Tristan et Isolde à Bayreuth en 1966, bien que son duo mythique avec Windgassen se soit formé en 1957.




Elle se retire de la scène en 1984, après tant d’Isolde, d’Elektra, de Teinturière, de Brünnhilde…et ce aux quatre coins du monde. Jusqu’à la fin, elle a su conserver sa voix d’airain, sa présence vocale. Elle été fêtée au Metropolitan Opera, et dans les quatres coins du monde, notamment en France où elle chante Tristan à Orange et à plusieurs occasions au Palais Garnier.

Elle meurt à Noël 2005, dans la même province où elle était née.




Passons maintenant à ce qui nous intéresse le plus, son legs discographique, ce sur quoi, à défaut de l’avoir entendu en salle (hélas ), on peut aujourd’hui se faire son avis. Mais avant, un petit mot sur sa voix.

LA VOIX

On associe souvent Nilsson à une voix d’airain, de bronze, d’acier…ce qui n’est pas faux, la voix étant remarquablement tranchante, lisse, mais assez ductile finalement. Ses aigus sont assez impressionnants, et l’ensemble de sa voix semble avoir un vrai impact physique en salle délirant…On raconte que, dos à la scène, dans Elektra, elle remplissait la salle. On lui reproche une certaine froideur, un manque d’incarnation, un manque d’attention aux mots…ce que, personnellement, je trouve parfois vrai. Et souvent, c’est en live qu’elle se donne véritablement, à mon avis, et qu’elle est la plus investie dans ses rôles.

Personnellement, je l'aime beaucoup, c'est une personnalité vocale qui m'est éminemment sympathique, quelque soient ses défauts. (et je les connais et les constate)


DISCOGRAPHIE


=> Nilsson classique : Wagner, Strauss, Turandot

Nilsson dans ses grands rôles…avec quelques conseils discographiques en prime. (qu’on peut tout à fait contester, corriger…)

Pour Isolde, je conseille personnellement la version Böhm 1966 (DG) qui de toute façon est une des 4/5 versions à connaître de Tristan. Nilsson y est au sommet, vraiment investie, un acte I qui fait frissonner, un très beau duo, et cette Liebestod infinie qui explose, admirablement soutenue par l’orchestre volcanique de Böhm…



Il existe d’autres versions sur le vif (Rodzinski, Sawallisch...) et une en studio, mais on peut aisément recommander celle-là.

Pour Brünnhilde, la version la plus connue est celle de Solti (DECCA) mais on se tournera aussi (et avant tout) vers Böhm en live, pour plus de folie, d’animation. Nilsson est très bonne dans les 3 journées, globalement.


Dans Elektra, c’est un choix par défaut qui s’impose…en l’absence de la prise sur le vif de Vienne en 1965, où Nilsson fait merveille, les protagonistes également (Rysanek, Resnik, Windgassen, Böhm…) On se rabattera donc sur Solti (DECCA) qui a le mérite d’être intégrale :



Salomé existe également, avec les mêmes, mais je ne connais pas suffisamment pour en toucher un mot. (la pochette est collector)



Moins classique, mais un disque pourtant immense, celui de la Femme sans Ombre à Vienne en 1977 : Nilsson relève avec succès le défi du rôle de la Teinturière où elle se montre très investie, face à des partenaires faits de braise (Rysanek, Berry, King…) l’ensemble étant merveilleusement canalisé par Böhm (qui a beaucoup enregistré avec Birgit, et a su l’utiliser à ses pleines capacités)



Je ne considère pas ses Turandot comme indispensables, mais vu sa présence importante dans la discographie, si vous êtes intéressés, il y a un choix pléthorique. Il y a un live viennois avec di Stefano et Price totalement dingue (ORFEO) et aussi un studio, dirigé lui aussi par Molinari-Pradelli, publié chez EMI, souvent cité dans les discographies :



Son Elsa à Bayreuth en 1954 dirigée par Jochum vaut aussi le voyage, surtout que l’entourage est magnifique (Archipel) :



Enfin, il existe des témoignages d’elle dans Tannhäuser, notamment un disque DG dirigé par Gerdes avec Windgassen et Fischer-Dieskau où elle chante à la fois Venus et Elisabeth, ce qui est assez rare (je ne connais qu’elle et Gwyneth Jones qui l’ont fait).



Il existe également un disque Walhall à Naples sur le vif, dirigé par Böhm en 1956, où elle chante seulement Venus, le rôle d’Elisabeth étant confiée à une autre immense diva, j’ai nommé Leonie Rysanek…

=> Nilsson dans d’autres répertoires…

Nilsson a également enregistré des pans assez importants du répertoire italien et allemand, même si tout n’est pas forcément recommandable.

Dans PUCCINI, on trouve :

- Fanciulla del West (EMI, avec des inconnus, dir. Matacic). Je ne connais pas.

- Tosca (Decca, avec Corelli et Fischer-Dieskau, dir. Maazel) [ça fait très envie aux pervers de mon espèce]




Pour ce qui est de VERDI, on a :

- Aida (EMI, Corelli, Bumbry, Sereni, dir. Mehta ), un très grand enregistrement, bien capté, une excellente direction. Birgit est ici sensible, profonde et ses partenaires sont assez idéals. Très vivement recommandé.



- Macbeth (DECCA, Taddei, Prevedi, dir. Schippers). Je ne connais pas, mais de toute façon cet enregistrement me semble difficilement trouvable. Si quelqu’un pouvait nous en parler.



- Un ballo in maschera (DECCA, Solti, Bergonzi, Simionato, MacNeil). Enregistrement d’assez bonne réputation, là aussi ce serait bien de se renseigner un peu.




- Récital Verdi chez DECCA (on y trouve notamment une cabalette d’Abigaille bien menée, avec un aigu final décoiffant) (pochette horrible, mon Dieu…)



Pour Verdi, voilà ce qu’il en est de sa discographie « officielle ».


Pour ce qui est de MOZART, ça sera rapide, en fait :

- Don Giovanni (Donna Anna) dirigé par Böhm, publié chez DG, avec Fischer-Dieskau, Arroyo, Schreier, Flagello, Grist et Talvela. Distribution assez hétéroclite ; Nilsson fait un très beau Non mi dir je trouve, mais d’autres connaissent mieux cet enregistrement que moi.




Elle a aussi pas mal enregistré BEETHOVEN, avec au premier rang sa Leonore, dont on trouve plusieurs versions, une chez DECCA avec une distribution qui ne fait pas très envie (Maazel, McCracken…) et une autre parue cette année chez Walhall (New-York 1960) avec Vickers et Uhde, dirigée par Böhm, qui fait très très envie…



Elle a aussi enregistré Egmont avec Klemperer (chez EMI), et Ah ! perfido avec Leitner (chez DG).


Pour terminer, bien que je n’ai pas parlé de son Agathe du Freischütz, ni de son Oberon avec Domingo et Kubelik et que j’ai sûrement oublié d’autres choses, sachez qu’elle a chanté les Vier letzte Lieder de Richard Strauss en concert à Stockholm avec Segerstram, apparemment ça a été publié, là encore je fais appel à votre connaissance de disque pour nous dire si ça vaut le coup !

Pour les amateurs d'exotisme, elle a enregistré pas mal de Lieder en langues nordiques, de Grieg, de Sibelius...
Il existe un coffret qui doit à priori reprendre des raretés de ce genre, chez Gala :



Voilà, je conclus là mon bien trop long post de présentation de cette artiste, et je rappelle que tout outrage à son encontre sera sévèrement puni. N’est ce pas, Herr von Mareck ?
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aurele
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 12:19

Bravo pour ce fil sur Nilsson Guillaume.
Je fais partie de ceux qui lui reprochent une froideur importante. Je connais un certain nombre d'extraits de sa Brünnhilde à la fois chez Solti et chez Böhm, elle me semble plus intéressante chez Böhm, notamment dans l'Immolation où elle est s'investit beaucoup. Dans le duo d'amour de Siegfried que je ne connais que dans la version Böhm, je me suis ennuyé profondément. Il manque à Nilsson une luminosité dans la voix, une sensualité, un sens des nuances, de la caractérisation, ce qu'a parfaitement Irene Theorin aujourd'hui (même si le Ring de Copenhague date de 2006), Theorin qui a beaucoup écouté Nilsson comme beaucoup de wagnériennes est en quelque sorte une héritière moderne de cette dernière avec une voix cependant que je préfère à celle de Nilsson et est plus investie sur le plan dramatique incontestablement. Il faut encore que j'entende son Isolde, je ne pense pas que j'achèterai le DVD sachant que la mise en scène est de Marthaler.
Nilsson dans la Mort d'Isolde dans la fameuse version de Böhm ne porte pas assez d'attention aux mots, est assez plate et ne m'émeut pas du tout.
J'aime bien son Elsa dans la version de Jochum qui est remarquable à tous les niveaux même si Lohengrin n'est pas le meilleur rôle de Windgassen.
J'ai bien aimé aussi sa Teinturière malgré un manque de nuances dans la caractérisation du personnage. J'écouterai donc d'autres versions et je comparerai. Néanmoins, je la trouve concernée pour une fois.
Concernant sa Turandot, je connais des extraits de la version de studio de Molinari-Pradelli qui a une prise de son très moyenne, le chef est inanimé. Nilsson dans ce rôle de princesse de glace avec sa froideur convient peut être à certains mais pas à moi. Il faut une certaine sensibilité pour incarner Turandot, le personnage a des félures, des blessures. Des voix plus fragiles, qui ne sont pas celles de sopranos dramatiques wagnériens ou straussiens comme Caballé ou Sutherland font merveille là dedans. Elle laisse transparaître une certaine fragilité. Celle qui est peut être la plus émouvante là dedans, c'est Callas malgré l'enregistrement tardif en studio.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 12:31

Bon je vais m'assumer aussi. Il y a un truc crâne dans cette voix que j'aime beaucoup en fait. Quelque chose d'un peu surnaturel. Dans l'Elettra de Mozart c'est presque barbare comme chant, inquiétant en tout cas et très raide évidemment. Rien du poli ou de la tendresse mozartienne. On sent qu'elle chantera toujours du mieux qu'elle peut mais que la musique doit se plier à son timbre, à ses aigus, à son tranchant.

La seule fois où ça m'a vraiment géné c'était pour son Agathe, parce que la palpitation, ce que les notes doivent avoir d'irisée, disparaissaient complètement au profit d'un chant souverain mais trop sûr de lui. (Et puis le fait de l'apparier avec Köth ... quelle idée de casting !)

Je ne déteste pas du tout sa Donna Anna, monstrueuse cependant (et pour moi justement dans le Non Mi dire elle est vraiment trop occupée à le chanter en mesure pour en faire quelque chose) mais fulgurante comme toujours, chantée avec plein d'angles droits mais une hauteur de vue assez réjouissante. On comprend qu'Ottavio s'efface et que Don Giovanni ne soit pas arrivé à ses fins lubriques.

Pour les Wagner je n'oserais pas me prononcer (sauf sur le côté purement animal, jouissif à mes oreilles, de certains aigus) par contre je trouve quelque chose de très attirant à sa Salomé éblouissante (à la fois la clarté et la solidité), mais oui froide, pour moi. Je ne sais pas à quoi elle pense et elle n'a pas vraiment les graves pour ça (tu as oublié de dire quand même que la voix est le contraire d'une voix équilibrée. C'est haut, à tous les niveaux) mais c'est à transformer le prophète en statue de pierre, ça c'est sûr.

Ah Tosca c'est plus qu'honnête (une des rares que j'écoute) avec des coquetteries curieuses et émouvantes (Segalini disait qu'elle était la plus féminine de la confrontation !), Aïda, je connais mais je suis sans opinion, il ne faut pas trop m'en demander et Lady Macbeth j'attends de pouvoir écouter la version Schippers avant de me prononcer.

Et puis je vais finir par me procurer le CD de rarities pour l'Ariane en suédois. Very Happy


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Francesco
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 12:49

Ah oui et je précise que pour moi, et même si le rôle est un peu trop grave pour elle, elle a confisqué la Teinturière pour le siècle. Jamais entendu ces inflexions de harpie, ces grincements de dents, cette souffrance, chez aucune autre.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:05

Guillaume a écrit:
(D’ailleurs, contrairement à une légende urbaine, Flagstad et Varnay ne sont pas suédoises.)
Pourtant... Varnay a été naturalisée américaine (quand on vous dit que le Met est une institution terroriste !), mais est née à Stockholm. Quant à Flagstad, elle est née à Oslo, on pourrait dire en... Suède.
Eh oui, en 1895, la Norvège appartenait encore à la Suède (cession à Bernadotte en 1813, ou plutôt royauté assujettie, un concept très particulier). Après, si on se réfère sa culture et à sa langue, c'est sûr que...


Citation :
On associe souvent Nilsson à une voix d’airain, de bronze, d’acier…ce qui n’est pas faux, la voix étant remarquablement tranchante, lisse, mais assez ductile finalement.
Ductile, je ne dirais pas cela, puisque ça supposerait qu'elle soit capable de legato. Or, elle 'frappait' les notes sans vraiment les lier.

On peut cependant lui reconnaître de vrais efforts dans ce domaine lorsqu'elle allège son timbre pour camper d'autres caractères, comme en Elsa.


Merci pour cette somme. Very Happy
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aurele
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:11

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
On associe souvent Nilsson à une voix d’airain, de bronze, d’acier…ce qui n’est pas faux, la voix étant remarquablement tranchante, lisse, mais assez ductile finalement.
Ductile, je ne dirais pas cela, puisque ça supposerait qu'elle soit capable de legato. Or, elle 'frappait' les notes sans vraiment les lier.

On peut cependant lui reconnaître de vrais efforts dans ce domaine lorsqu'elle allège son timbre pour camper d'autres caractères, comme en Elsa.

En Elsa, c'est effectivement intéressant ce qu'elle fait, elle parvient à alléger comme tu dis sa voix et est assez touchante.
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Hidraot
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:19

Je connais son Isolde et son Elektra. J'aime beaucoup ce qu'elle y fait. Pour Isolde je n'ai pas vraiment de point de comparaison mais ça me semble répondre à mes attentes. Et son Elektra est ... comment dire, vraiment très bien Twisted Evil
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Francesco
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:22

Et j'avais loupé un truc : J'adore le Fidelio de Maazel avec le plus beau, le plus héroïque Florestan, de la discographie et une Nilsson au diapason.
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:30

Grégoire de Tours a écrit:
Bon je vais m'assumer aussi. Il y a un truc crâne dans cette voix que j'aime beaucoup en fait. Quelque chose d'un peu surnaturel. Dans l'Elettra de Mozart c'est presque barbare comme chant, inquiétant en tout cas et très raide évidemment. Rien du poli ou de la tendresse mozartienne. On sent qu'elle chantera toujours du mieux qu'elle peut mais que la musique doit se plier à son timbre, à ses aigus, à son tranchant.


C'est bien ce disque (trouvable sur amazon.fr) ? :



Et ce que tu dis est extrêmement intéressant. Va falloir que j'écoute ce Fidelio de Maazel si c'est bien que tu le dis. (l'affiche ne m'intéressait pas à première vue, mais on a souvent des surprises...)
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Otello
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:34

Grégoire de Tours a écrit:
Je ne déteste pas du tout sa Donna Anna, monstrueuse cependant (et pour moi justement dans le Non Mi dire elle est vraiment trop occupée à le chanter rythmiquement en mesure pour en faire quelque chose) mais fulgurante comme toujours, chantée avec plein d'angles droits mais une hauteur de vue assez réjouissante. On comprend qu'Ottavio s'efface et que Don Giovanni ne soit pas arrivé à ses fins lubriques.
ah ben avec elle disparait la conception interprétative du personnage de Donna Anna que le romantisme du 19ème siècle a imposée (à tort!) et selon laquelle elle ment depuis le début à savoir que Don Giovanni est arrivé à ses fins et qu'elle est amoureuse de lui depuis le début.
Ne pas oublier que Nilsson a enregistré une première version chez RCA:



où elle est meilleure et entourée de façon plus homogène.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:36

Oui c'est Busch, la recréation à Glyndebourne. Attention c'est (évidemment) bien coupé. Mais Nilsson a le droit à un fragment de sa folie (spectaculaire). Bon Lewis est très bien, très honnête disons, mais c'est surtout Jurinac (qui réussit l'exploit d'être à la fois la plus grande Ilia ET la plus grande Elettra de l'histoire de la musique Mr. Green ) et Simoneau qui sont, à mes oreilles, insurpassables. Et comme je suis fasciné par ce que fait Nilsson ici ... j'aime beaucoup ce disque.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:36

Otello a écrit:
Grégoire de Tours a écrit:
Je ne déteste pas du tout sa Donna Anna, monstrueuse cependant (et pour moi justement dans le Non Mi dire elle est vraiment trop occupée à le chanter rythmiquement en mesure pour en faire quelque chose) mais fulgurante comme toujours, chantée avec plein d'angles droits mais une hauteur de vue assez réjouissante. On comprend qu'Ottavio s'efface et que Don Giovanni ne soit pas arrivé à ses fins lubriques.
ah ben avec elle disparait la conception interprétative du personnage de Donna Anna que le romantisme du 19ème siècle a imposée (à tort!) et selon laquelle elle ment depuis le début à savoir que Don Giovanni est arrivé à ses fins et qu'elle est amoureuse de lui depuis le début.
Ne pas oublier que Nilsson a enregistré une première version chez RCA:



où elle est meilleure et entourée de façon plus homogène.

Oui mais ça je n'ai jamais réussi à mettre la main dessus, même si elle, dit-on, bien plus souple que dans le Böhm.
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:38

Ca se trouve pour pas cher ici :

http://www.amazon.fr/Mozart-Don-Giovanni-Fernando-Corena/dp/B000004276/ref=sr_1_6?ie=UTF8&s=music&qid=1276429054&sr=1-6

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:42

Merci pour cette grande présentation...

Pour Don Giovanni, je me tournerais plutôt vers l'enregistrement de 59, en studio aussi, qui trouve une Nilsson plus ronde et légère, du coup plus à l'aise que chez Böhm. Et puis l'entourage laisse rêveur : Leontyne Price, Cesare Siepi, Cesare Valleti, Fernando Corena... le tout avec Leinsdorf...

Ah... le temps que je réponde, Otello en avait déjà parlé.


Pour trouver cette version, La Chaumière est là... c'est là bas que je l'ai trouvée, pour moins cher que sur Amazon! pété de rire

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aurele
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 13:43

Guillaume a écrit:
Ca se trouve pour pas cher ici :

http://www.amazon.fr/Mozart-Don-Giovanni-Fernando-Corena/dp/B000004276/ref=sr_1_6?ie=UTF8&s=music&qid=1276429054&sr=1-6


lol! lol! lol!

J'aimerais savoir Otello ce que tu penses de Nilsson dans Wagner et Strauss en particulier.
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Zeno
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 15:08

Merci Guillaume. Je fais partie de ceux qui la trouvent assez irrésistible, malgré les défauts qu'on connaît tous. Ca relève parfois du quasi-viol auditif, mais quand même, quand même...
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 16:54

Comme quoi, il y a quand même pas mal de nilssonophiles ici.
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Cololi
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 16:57

Guillaume a écrit:
Comme quoi, il y a quand même pas mal de nilssonophiles ici.

Oui, c'est ce qu'on apelle des glottophiles de catégorie 1 :
Glottophiles totalement incurables, ne rennoncent pour rien à la puissance vocale. Timbre, justesse, nuance, diction et surtout incarnation sont des mots inconnus pour eux

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Zeno
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:15

Avec elle, dans Aïda, on peut dire en effet que le Nil sonne.

Je la trouve pas mauvaise, celle-là... hehe
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:16

Il résonne tellement, ton Nil, que pour des fugitifs en terre éthiopienne il n'y a pas de pire gîte.


Dernière édition par DavidLeMarrec le Dim 13 Juin 2010 - 17:28, édité 1 fois
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:19

Les blagueurs sont de retour.
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Cololi
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:21

Guillaume a écrit:
Les blagueurs sont de retour.

Ouai et là ils y vont fort

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Guillaume
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:23

Il ne faudrait pas qu'ils rient sans nèque ! Enfin, du moment que ça nous donne du böhm au coeur...
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:30

Il faut vraiment avoir l'esprit pyramidal pour trouver que Birgit avait le chant pô long.
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Dim 13 Juin 2010 - 17:56

DavidLeMarrec a écrit:

Pourtant... Varnay a été naturalisée américaine (quand on vous dit que le Met est une institution terroriste !), mais est née à Stockholm. Quant à Flagstad, elle est née à Oslo, on pourrait dire en... Suède.
Eh oui, en 1895, la Norvège appartenait encore à la Suède (cession à Bernadotte en 1813, ou plutôt royauté assujettie, un concept très particulier). Après, si on se réfère sa culture et à sa langue, c'est sûr que...

PS: Astrid Varnay est née à Stockholm mais de parents hongrois qui sont allés vivre quelques années en Suède avant de partir pour l'Amérique du Sud puis New York.
Dans ses jeunes années, Flagstad surveillait d'ailleurs bébé Astrid et sera toujours liée à la famille Varnay dont le père ex-ténor tenait un théâtre local.

Mais revenons à Birgit Nilsson...
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 11:34

Cololi a écrit:
Guillaume a écrit:
Comme quoi, il y a quand même pas mal de nilssonophiles ici.

Oui, c'est ce qu'on apelle des glottophiles de catégorie 1 :
Glottophiles totalement incurables, ne rennoncent pour rien à la puissance vocale. Timbre, justesse, nuance, diction et surtout incarnation sont des mots inconnus pour eux

Alors voyons ... la puissance au disque je m'en fiche et vu qu'on n'entendra plus Nilsson en live désormais ... le timbre si c'est essentiel pour moi, non pas sa beauté mais sa singularité (pour le coup Birgit a ça à foison. Mieux : elle a même une manière de chanter singulière, dont parle très bien David avec ces notes frappées plus que liées). La justesse j'avoue que ce n'est pas un critère du tout en fait. A la limite j'aime bien d'ailleurs les voix trop hautes (donc là je suis servi).

En ce qui concerne la diction, je n'ai pas été frappé par un relachement particulier chez elle à ce niveau là, pas plus en allemand qu'en italien. En tout cas ça ne me semble pas en dessous de la moyenne.

Quant à l'angoissante question de l'incarnation. Bah ... la froideur du timbre chez Nilsson me semble parfois masquer aux oreilles peu perméables à son chant les efforts et les intuitions chez elle, caractéristiques dès qu'elle sort du registre héroïque (où en quelque sorte sa voix se suffit à elle-même) que ce soit dans son premier acte de Tristan, pour sa Teinturière ou pour sa Tosca.
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 11:40

Je conseille l'album suivant à tous les fans de Birgit :



La prise de son respecte au mieux la voix, du grand Decca bien remastérisé.
Les airs avec orgue en particulier donnent une excellente idée du volume réel de son chant.
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 11:51

Merci !

A noter aussi que ses mémoires (en anglais pour les non germanophones) sont encore couteuses dans leur dernière édition (My life in opera) mais que la première version (My Mémoirs in pictures) se trouve pour une bouchée de pain.

A moins qu'il ne s'agisse de deux textes différents ?
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 11:52

Quand on est fan de sa voix, on trouve tout enregistrement avec elle intéressant, même si objectivement on sait qu'elle peut ne pas convenir à un rôle.
Prenons par exemple son enregistrement d'Agathe : il n'est pas tardif vocalement parlant, elle est encore en pleine voix, mais d'une voix très différente de ses débuts où elle chantait ce rôle sur scène.
Je reste subjugué par un tel phénomène (surtout à côté de Köth, c'est moins ridicule comme contraste que je ne le pensais de prime abord) et je peux l'écouter jusqu'au bout.
Des Freischütz plus récents ont présenté des voix certes plus adéquates au rôle mais 5 min plus tard c'était l'ennui le plus total.
Birgit Nilsson a mis en avant ce tranchant vocal, cette ligne parfois manquant de souplesse (et un rien de justesse) mais on a l'impression d'assister à un numéro périlleux et ça me fascine.
Elle parvient à me faire croire à ce quelle chante et même à m'émouvoir.
J'aime beaucoup ce genre de personnalité vocale et visiblement je ne suis qu'un parmi des milliers (millions?) dans le monde...
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 11:56

Ce serait 2 livres différents d'après ce site (mais je n'ai pas vérifié) :
http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.musimem.com/images/Nilsson_memoirs.jpg&imgrefurl=http://www.musimem.com/obi-0705-1205.htm&usg=__Vy3f1lZtGcW_WRg_zhvCPQ3DZok=&h=254&w=220&sz=8&hl=fr&start=1&um=1&itbs=1&tbnid=LcRG-yy_1TOTsM:&tbnh=111&tbnw=96&prev=/images%3Fq%3DMy%2BM%25C3%25A9moirs%2Bin%2Bpictures%2Bnilsson%26um%3D1%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26sa%3DN%26rls%3Dorg.mozilla🇫🇷official%26tbs%3Disch:1
>>
Birgit Nilsson a été inhumée le 11 janvier 2006 dans le cimetière de sa ville natale à Västra Karup. Elle était mariée depuis 1948 à Bertil Niklasson, vétérinaire de son état et laisse deux livres de souvenirs : "Mina minnesbilder" (Stockholm, Bonnier, 1977), traduit en anglais sous le titre de "My memoirs in pictures" (Da Capo Press, 1982) et une biographie : "La Nilsson – Mein Leben für die Oper" (Francfort, Fischer, 1999).
<<
Je n'ai lu que ce dernier ouvrage (en anglais).


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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 12:17

Merci encore du coup.

Pour Agathe, je ne suis pas, pour une fois, d'accord avec toi. C'est très bien chanté et ça se tient de manière formidable, avec une poigne sur la voix, pour la canaliser, qui m'impressione c'est sûr. Mais vraiment pour le rôle je trouve ça trop droit, trop ferme de texture en fait. Et j'adore Köth mais là je la trouve presque éteinte, sans son adorable grelot. Du coup même si les deux font des efforts pour s'accorder ça ne fonctionne pas vraiment à mes oreilles.

Bref je préfère non seulement Grümmer et Janowitz mais même Seefried (beaucoup moins probe) ou Watson (dans un de ses plus beaux disques).

Versions modernes ? C'est quoi ça "versions modernes" ? Connais pas Mr. Green
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 12:30

Grégoire de Tours a écrit:
Merci encore du coup.

Pour Agathe, je ne suis pas, pour une fois, d'accord avec toi. C'est très bien chanté et ça se tient de manière formidable, avec une poigne sur la voix, pour la canaliser, qui m'impressione c'est sûr. Mais vraiment pour le rôle je trouve ça trop droit, trop ferme de texture en fait. Et j'adore Köth mais là je la trouve presque éteinte, sans son adorable grelot. Du coup même si les deux font des efforts pour s'accorder ça ne fonctionne pas vraiment à mes oreilles.

Bref je préfère non seulement Grümmer et Janowitz mais même Seefried (beaucoup moins probe) ou Watson (dans un de ses plus beaux disques).

Versions modernes ? C'est quoi ça "versions modernes" ? Connais pas Mr. Green

Nos avis ne sont pas si divergents concernant ce Freischütz, ça s'écoute un peu comme une leçon de chant pour elle, ça n'a pas la poésie des grandes versions ou d'autres (voir plus loin) mais ça s'écoute sans déplaisir jusqu'au bout pour ma part (et la prise de son EMI est bien).
Bien sûr ce n'est pas (ou plus) Agathe, mais cet enregistrement a été si décrié alors qu'il reste intéressant pour un fan de Birgit comme moi.
Effectivement les grandes Agathe restent au disque Grümmer et Janowitz, Grümmer étant encore plus fabuleuse avec Furtwängler et Janowitz plus pleine de voix dans son récital avant l'intégrale Kleiber (mais elle est plus investie avec lui).
Et j'ai aussi un faible pour Seefried : la voix semble raccourcie par rapport à Grümmer et Janowitz, et quelques sons plus ouverts aussi, moins lisses, mais que ça sonne parfois inimitablement authentique, la nuit étoilée, la forêt humide! Superbe!
Par contre on n'est pas d'accord là pour le coup sur Watson, que je n'aime pas trop en général, mais pas du tout dans son enregistrement d'Agathe... (je l'aime assez dans son Eva de Munich pour la réouverture du théâtre en 1963 chez Eurodisc).
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:20

Grégoire de Tours a écrit:
Et j'avais loupé un truc : J'adore le Fidelio de Maazel avec le plus beau, le plus héroïque Florestan, de la discographie et une Nilsson au diapason.
Very Happy Quelqu'un qui apprécie James McCracken très bon ténor, malheureusement très critiqué, mais moi je le trouve formidable !

affraid quoi il n'y a même pas un fil qui lui est consacré !?!?!? affraid Pourquoi ? Aurèle, help ! lol!
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:25

Figaro a écrit:
Grégoire de Tours a écrit:
Et j'avais loupé un truc : J'adore le Fidelio de Maazel avec le plus beau, le plus héroïque Florestan, de la discographie et une Nilsson au diapason.
Very Happy Quelqu'un qui apprécie James McCracken très bon ténor, malheureusement très critiqué, mais moi je le trouve formidable !

Mouais... enfin quand on voit qui est à l'origine de ce compliment, ça discrédite tout de suite hein... Mr.Red (moi, je supporte pas... brrrrr...)

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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:32

AD a écrit:
Grégoire de Tours a écrit:
Merci encore du coup.

Pour Agathe, je ne suis pas, pour une fois, d'accord avec toi. C'est très bien chanté et ça se tient de manière formidable, avec une poigne sur la voix, pour la canaliser, qui m'impressione c'est sûr. Mais vraiment pour le rôle je trouve ça trop droit, trop ferme de texture en fait. Et j'adore Köth mais là je la trouve presque éteinte, sans son adorable grelot. Du coup même si les deux font des efforts pour s'accorder ça ne fonctionne pas vraiment à mes oreilles.

Bref je préfère non seulement Grümmer et Janowitz mais même Seefried (beaucoup moins probe) ou Watson (dans un de ses plus beaux disques).

Versions modernes ? C'est quoi ça "versions modernes" ? Connais pas Mr. Green

Nos avis ne sont pas si divergents concernant ce Freischütz, ça s'écoute un peu comme une leçon de chant pour elle, ça n'a pas la poésie des grandes versions ou d'autres (voir plus loin) mais ça s'écoute sans déplaisir jusqu'au bout pour ma part (et la prise de son EMI est bien).
Bien sûr ce n'est pas (ou plus) Agathe, mais cet enregistrement a été si décrié alors qu'il reste intéressant pour un fan de Birgit comme moi.
Effectivement les grandes Agathe restent au disque Grümmer et Janowitz, Grümmer étant encore plus fabuleuse avec Furtwängler et Janowitz plus pleine de voix dans son récital avant l'intégrale Kleiber (mais elle est plus investie avec lui).
Et j'ai aussi un faible pour Seefried : la voix semble raccourcie par rapport à Grümmer et Janowitz, et quelques sons plus ouverts aussi, moins lisses, mais que ça sonne parfois inimitablement authentique, la nuit étoilée, la forêt humide! Superbe!
Par contre on n'est pas d'accord là pour le coup sur Watson, que je n'aime pas trop en général, mais pas du tout dans son enregistrement d'Agathe... (je l'aime assez dans son Eva de Munich pour la réouverture du théâtre en 1963 chez Eurodisc).


C'est tout à fait ce que je ressens par rapport à cette version. Le passage entre la cantilène et la section rapide du premier air, c'est exactement "ça", on respire avec elle (d'autant plus étonnant que c'est une version studio et qu'elle n'avait pas chanté le rôle depuis 20 ans).
Pour Watson, que j'aime beaucoup, il y a une chose qui me rempli particulièrement de bonheur c'est le pianissimo du deuxième air.
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:34

Polyeucte a écrit:
Figaro a écrit:
Grégoire de Tours a écrit:
Et j'avais loupé un truc : J'adore le Fidelio de Maazel avec le plus beau, le plus héroïque Florestan, de la discographie et une Nilsson au diapason.
Very Happy Quelqu'un qui apprécie James McCracken très bon ténor, malheureusement très critiqué, mais moi je le trouve formidable !

Mouais... enfin quand on voit qui est à l'origine de ce compliment, ça discrédite tout de suite hein... Mr.Red (moi, je supporte pas... brrrrr...)

C'est marrant parce qu'à mes oreilles Vickers c'est un peu un sous-Mac Cracken. Mêmes défauts mais les qualités de Jimmy les contrebalancent autrement mieux.

Voilà, voilà ... des commentaires ? Mr. Green
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:36

Grégoire de Tours a écrit:
C'est marrant parce qu'à mes oreilles Vickers c'est un peu un sous-Mac Cracken. Mêmes défauts mais les qualités de Jimmy les contrebalancent autrement mieux.

Voilà, voilà ... des commentaires ? Mr. Green

Ah ben moi c'est tout le contraire. Disons que j'aime même les défauts de Vickers, alors que Mac-Cracken, c'est pas possible tellement c'est nasale d'un bout à l'autre... qu'il soit jeune ou vieux (et c'est encore pire quand il est vieux!)

Mr.Red

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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:39

Polyeucte a écrit:
Grégoire de Tours a écrit:
C'est marrant parce qu'à mes oreilles Vickers c'est un peu un sous-Mac Cracken. Mêmes défauts mais les qualités de Jimmy les contrebalancent autrement mieux.

Voilà, voilà ... des commentaires ? Mr. Green

Ah ben moi c'est tout le contraire. Disons que j'aime même les défauts de Vickers, alors que Mac-Cracken, c'est pas possible tellement c'est nasale d'un bout à l'autre... qu'il soit jeune ou vieux (et c'est encore pire quand il est vieux!)

Mr.Red

Quelle mauvaise foi ! Mr. Green La nasalité de Vickers tu aimes mais pas celle de Mac Cracken (qui en plus fait de superbes sons dans la gorge comme j'adore chez un ténor) ... tutut


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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 13:39

Concernant Birgit Nilsson, je distingue environ 6-7 périodes dans sa carrière au niveau vocal :

1) La voix des tout débuts...
Pour le disque, je la situerais au tout début des années 50 et on peut écouter le témoignage de Glyndebourne en Elettra (1951).
Il faut savoir que c'est elle car sinon on peut passer à côté, tout en notant quelques percées lumineuses dans le haut registre, mais la voix ne brille pas encore par son volume et surtout pas par sa personnalité. C'est encore relativement souple, bien chanté mais pas marquant.

2) La Nilsson mais encore jeune!
De 1952 à 1957-58. La voix commence a prendre du coffre mais elle se cherche encore malgré tout. Certaines lignes droites et contrôlées qui seront sa signature presque systématiquement, apparaissent de temps à autre dans un chant encore souple et parfois extrêmement lumineux.
La particularité de cette époque ce sont des registres pas encore tout à fait bien liés, le suraigu sonne parfois comme ajouté et presque ridicule (l'Ut du Nil...).
Bref le potentiel est là mais la personnalité ne s'est pas encore imposée.
Pour les fans, c'est comme une découverte car la voix a comme une innocente pureté dans une "armure" en formation.
Les plus beaux exemples sont sa Sieglinde et Elsa live de Bayreuth en 1957 et dans une moindre mesure le récital réédité par Testament :


3) Le tournant des années 50-60
Birgit est une star invitée partout pouvant revendiquer les cachets les plus élevés.
Pourtant la voix se cherche encore un peu et surtout la personnalité, mais c'est la période la plus intéressante pour moi : on y entend les moyens fabuleux, l'aigu enfin ouvert et long, le volume incroyable tout en gardant de la souplesse et un vibrato sous-jacent et expressif avant qu'il ne disparaisse définitivement sous l'armure...
En fait le résultat sera en fonction de ses rencontres artistiques.
La discographie est assez exhaustive mais on peut noter :
. les très beaux duos (~1958) avec Hotter qui visiblement l'inspire (Testament ou EMi) :

. côté Isolde (1960-61), je trouve son interprétation manquant vraiment d'impact dans son intégrale avec Solti, malgré la qualité de la voix, mais l'incarnation y est absente dans une intégrale venue trop tôt (elle semblait bien pressée de l'enregistrer et c'était l'une de ses conditions pour "participer" au Ring...); par contre elle y est superbe dans les extraits avec Knappertsbusch, lui-même bien inspiré pour une fois au studio, à ne pas manquer.
. dans Turandot chez RCA (1960), c'est la jeune Nilsson avec ses nouveaux aigus dardés, sa voix sans soucis techniques mais sans tout à faire encore la densité de son comme d'interprétation qu'elle y apportera plus tard
. mais pour bien saisir l'équilibre qu'elle trouva à la fin de cette période transitoire (vers 1962), je n'inviterais pas à l'écoute de sa Salomé, mais bien à celle de ce récital encore une fois :


4) La grande Nilsson
Entre 1964-1969, c'est le quasi-quinquennat qui la met dans la légende définitivement.
La voix est devenue d'une solidité sans pareil, le timbre plein et rond, d'une couleur rare pour ce type de voix, et bien sûr l'aigu triomphant. Certes on peut lui reprocher aussi des lignes trop droites et contrôlées, manquant de souplesse, mais quelle majesté! C'est à cette période que la voix donne la signature si caractéristique de La Nilsson.
Au disque bien sûr, il y a les Ring, Solti et je dirais même plus chez Böhm, dans la Valkyrie en particulier. Avec Böhm encore, le Tristan en live de Bayreuth mais aussi le Don Giovanni de studio pour comprendre la personnalité écrasante et les limitations devenues évidentes dans certains répertoires.
Le Tannhäuser de studio ainsi que le Freischütz, la Tosca... rendent tout à fait encore le phénomène vocal; on peut regretter par contre la mauvaise prise de son de la Turandot avec Corelli.
Et bien sûr il y a son Elektra de Strauss cette fois, écrasante malgré Solti et les prouesses de Decca.

5) L'armure commence à se fendre...
A partir du début des années 70, la cantatrice aborde la cinquantaine et la voix ne connaît pas vraiment de difficultés à proprement parler, mais le timbre n'a plus cette rondeur et solidité absolue, les lignes ne sont plus aussi tendues et on peut l'entendre déjà un peu dans l'intégrale d'Obéron.


Pourtant Birgit Nilsson semble trouver des lignes plus longues qui nous touchent plus par leur humanité comme son Isolde à Orange.

6) Vers la fin de carrière (fin des années 70 et début des années 80)
La voix montre les signes du temps avec encore des traces d'airain : la scène finale de Salomé donnée pendant le gala du MET en est un parfait exemple, et montre qu'il ne s'agit en rien de beaux restes, la voix restant phénoménale.
Un vibrato s'est néanmoins installé mais elle l'utilise habilement dans ses interprétations et notamment dans sa composition de la Femme sans Ombre (live avec Böhm en 1977).

7) Pour clore cette carrière je vous invite simplement à écouter ses cris de "Viking" comme elle le dit elle-même, qu'elle lança sur scène malgré sa retraite pour le gala d'anniversaire des 25 années de Levine au pupitre du MET...

(Oui c'est elle avec la robe mauve et la cape hermine!)

A bientôt Birgit! coucou
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 14:23

Figaro a écrit:
Grégoire de Tours a écrit:
Et j'avais loupé un truc : J'adore le Fidelio de Maazel avec le plus beau, le plus héroïque Florestan, de la discographie et une Nilsson au diapason.
Very Happy Quelqu'un qui apprécie James McCracken très bon ténor, malheureusement très critiqué, mais moi je le trouve formidable !

affraid quoi il n'y a même pas un fil qui lui est consacré !?!?!? affraid Pourquoi ? Aurèle, help ! lol!

Un peu HS, mais il est vraiment excellent en Waldemar dans Les Gurrelieder de la version Ozawa. thumleft
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 14:25

AD a écrit:
A bientôt Birgit! coucou
pourquoi ? tu comptes mourir bientôt ??
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 14:36

Merci pour ce post très intéressant, AD.
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 14:40

Otello a écrit:
AD a écrit:
A bientôt Birgit! coucou
pourquoi ? tu comptes mourir bientôt ??

LOL non quand même pas, comme je ne crois pas en la réincarnation, ni en rien d'autre d'ailleurs, que le recyclage de nos atomes!

Façon de parler bien sûr, de la retrouver bientôt par son leg discographique et lui faire signe sans une note trop nostalgique non plus.
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 14:41

Otello a écrit:
AD a écrit:
A bientôt Birgit! coucou
pourquoi ? tu comptes mourir bientôt ??

Certains sont tellement fous qu'ils se jetteraient par la fenêtre pour aller rejoindre Birgit Mr.Red

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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Lun 14 Juin 2010 - 15:53

J'ai lu coup sur coup il y a peu les biographies de Birgit Nilsson et d'Astrid Varnay.
Elles sont aussi différentes que le sont finalement les chanteuses :


. Birgit Nilsson a grandi quasiment à la campagne, loin du monde du show-biz opératique.
La personnalité semble saine et simple, dans le meilleur sens du terme.
Birgit donne pas mal d'anecdotes souvent très drôles, ne critique quasiment jamais les autres chanteurs qui sont tous formidables et surtout ne parle jamais de sa propre voix.
On la sent assez attachée à ses revenus et cachets mais comme toute star parvenue à son niveau de reconnaissance, issue d'un milieu où l'argent gagné est précieux, à la piécette près.
La biographie est donc de type "chronologico"-narrative, sans évènements réellement exceptionnels à part la qualité des performances que l'on peut seulement s'imaginer, mais que l'on suit bien sûr avec délectation.
C'est le type même d'artiste née avec un talent incroyable, qu'elle a su développer bien sûr grâce à son travail et sa volonté, ses différentes rencontres artistiques mais comme on dit avec les pieds bien ancrés dans la terre, ce n'est pas une intellectuelle. Elle devait être consciente de son statut de quasi phénomène mais elle devait aussi parfois être mal à l'aise en société ce qu'elle parvenait à vaincre sans doute par son humour unique... le type d'humour qui n'est accepté en tant que tel que de la part d'une cantatrice de cette envergure, se parodiant souvent. Il y a eu aussi la Sutherland.
Bref on passe un excellent moment avec sa biographie qui se lit très vite d'ailleurs, même si on n'apprend pas grand chose de plus dans le fond de sa diva préférée.
Sa biographie a été traduite de l'original en suédois, d'abord en allemand et bien après en anglais.


. Avec Astrid Varnay, on entre dans un autre monde car sa biographie, ce n'est pas que sa vie, mais en fait toute une anthologie de l'opéra de sa naissance quasiment à son décès, de l'Europe aux Amériques! Elevée à New-York, son ouvrage a d'ailleurs été écrit originellement en anglais, bien qu'elle vécut la plupart de ses années de retraite exclusivement à Munich. Née de parents chanteurs d'opéra, quasiment dans un théâtre, avec comme baby-sitter dans les loges certains soirs pas moins que Kirsten Flagstad et on sait quels furent ses débuts (la veille de Pearl Harbor, remplaçant Lotte Lehmann au pied levé en Sieglinde, avec Schorr, Melchior, Traubel...). On sent malgré tout qu'elle dût se battre, que son statut n'était pas forcément acquis et elle explique beaucoup mieux certains aspects techniques de sa profession, l'évolution de sa voix et sa reconversion en mezzo (et ses choix en conséquence quand la Nilsson n'a pas eu à se poser ces questions).
D'ailleurs ses conclusions s'orientent plutôt vers ses interrogations sur les nouvelles exigences du théâtre (au détriment des valeurs de base... vocales bien sûr mais aussi de ponctualité, et là elle ne cherche pas à masquer ses critiques), ses cours en tant que professeur de chant et la relève de nouveaux chanteurs.
Plus intellectuel en un sens donc, plus fascinant encore à lire que d'écouter ses disques proprement dit pour ma part.
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aurele
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Mar 22 Juin 2010 - 21:59

Parmi les deux versions les plus connus de Götterdämmerung avec Nilsson c'est-à-dire Solti et Böhm, quelle scène avec Waltraute préférez vous? Je rappelle que dans la version Solti, Waltraute est Christa Ludwig et que dans la version Böhm, c'est Martha Mödl. Ce serait intéressant d'expliquer pourquoi dans votre réponse. Merci.
Je vais faire sûrement une écoute comparée pour moi des deux versions.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Mar 22 Juin 2010 - 22:11

Euh... entre une vraie mezzo concernée et une soprano qui n'en peut plus du tout... Solti sans aucune hésitation!!

Guillaume, je te laisse la parole! hehe

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Francesco
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Mar 22 Juin 2010 - 22:18

Polyeucte a écrit:
Euh... entre une vraie mezzo concernée et une soprano qui n'en peut plus du tout... Solti sans aucune hésitation!!

Guillaume, je te laisse la parole! hehe

Ouais mais enfin quelle soprano ! (et d'abord qui a dit que Mödl était soprano ?). Mödl est en ruines, exactement comme le Parthénon. Même blessée elle saisit plus que toutes les autres (Ludwig comprise) en pleine voix. La scène avec Waltraude avec l'immolation et l'attente de Gutrune c'est un des rares trucs que j'écoute dans Le Crépuscule (vous avez dit glottophile ?) et quand même, à part Höngen pour le récit je n'en connais pas d'autres qui me mettent à genoux comme elle (peut-être parce qu'elle même l'est, on est d'accord). Et face au rayonnement de Nilsson l'effet est dévastateur.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Mar 22 Juin 2010 - 22:34

Ah mais du temps de sa splendeur, je suis d'accord, mais à partir de début 60, c'est plus possible pour moi... sa Nourrice me fait froid dans le dos tellement c'est hululé/parlé... idem pour Waltraute.

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Guillaume
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MessageSujet: Re: Birgit NILSSON   Mer 23 Juin 2010 - 9:59

Et puis chez Böhm le brasier est non seulement sur scène mais également dans l'orchestre...
Et Mödl est encore mieux usée, dans ce rôle.
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