Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Des moments d'éternité portés par la musique...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 14:34

Je ne crois pas que le fil existe, alors je propose qu'on témoigne ici de ces heures merveilleuses - parfois très proustiens - où la musique a fixé dans nos consciences des moments d'éternité.

En voici un premier : vers midi, tout à l'heure, je faisais un tour dans les champs avec ma chienne sous un soleil de plomb. Et soudainement m'est revenu le souvenir d'une promenade d'été en montagne lorsque j'étais adolescent, et alors que j'écoutais passionnément Mahler au quotidien. Cet été-là, la Sixième Symphonie avait ma préférence, celle-là même qui est revenue me parler comme jamais ces derniers temps. Eh bien tout à l'heure, dans cette chaleur et cette lumière, tout mon être s'est souvenu. La musique de Mahler a résonné en moi très fort et mes facultés mnésiques ont été décuplées. C'est un exercice qu'on fait beaucoup en sophrologie, et c'est mon préféré : on revit alors pleinement le moment passé, à la fois dans le sensoriel et dans l'émotionnel.
Ici, il est à jamais lié à une musique.

Et vous, quels merveilleux instants du même genre ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3082
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 15:10

C'est un peu HS mais bon ...

Un printemps féérique à Prague, la sortie du chateau, un temps merveilleux ... et tout à coup les cloches. (J'adore ce son en général, mais là ... c'est devenu magique).

Souvenir très proche aussi, un printemps à Rennes cette fois. La fenêtre ouverte sur la glycine en fleurs et l'odeur vraiment prenante. Du Barber (par Jennifer Larmore). Je ne peux pas entendre ça sans sentir la glycine.


Vacances de la Toussaint, j'ai 18 ans, je suis en prépa, et, pour une fois dans l'année, je ne fais rien. Je suis installé sur un très grand lit et j'attends paisiblement la diffusion le soir même des Vestiges du jour. Je suis heureux, vide et détendu. Je mets un disque que j'ai acheté l'après-midi même : Récital Hahn de Graham. "S'il est vrai, Chloris, que tu m'aimes ...". Dix ans plus tard je suis vieux, fatigué et je reviens d'une journée horrible. Je m'installe dans un fauteuil et sans trop savoir ce que je fais je case un disque dans la chaine. C'est le Hahn. Les arpèges du début sont remontés à mon esprit comme la sève au printemps ... "S'il est vrai, Chloris ... " Pendant environ 30 secondes j'ai complètement oublié où j'étais et l'âge que j'avais.

Dieu que Ronsard a raison.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3082
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 15:14

Zeno ton topic m'a déprimé Mr. Green
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 16:02

Mais non voyons ! J'ai beaucoup aimé ce que tu as écrit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
*Nico
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3589
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 16:17

Zeno a écrit:
C'est un exercice qu'on fait beaucoup en sophrologie, et c'est mon préféré : on revit alors pleinement le moment passé, à la fois dans le sensoriel et dans l'émotionnel.
Ici, il est à jamais lié à une musique.

Moi je crois que ça me mettrais dans un profond état de mélancolie. C'est pas dur à gérer quand tu reviens pleinenement dans l'instant présent ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 16:38

Pas du tout... Mais je m'aperçois d'une chose : je bénéficie peut-être d'une déformation professionnelle, même si je fais ça tout naturellement depuis l'enfance. Avec l'habitude, cela devient une joie quotidienne.
Enfin, on a quand même tous des souvenirs...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 29059
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 16:51

De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
avatar

Nombre de messages : 82373
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 17:14

Cololi a écrit:
De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.
Je ne la sens pas vraiment mélancolique, moi (enfin, ça dépend, OK pour le Ruhevoll de la Quatrième, mais dans la Deuxième, tu la trouves où la mélancolie, à part éventuellement dans la brève Urlicht ?).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://operacritiques.free.fr/css/
*Nico
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3589
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 18:31

Cololi a écrit:
De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.

En fait, je ne parlais pas particulièrement de la musique de Mahler. Au passage elle peut l'être, mais je trouve qu'elle offre surtout un panel très large des émotions humaines. Un symphonie de Mahler, c'est un voyage émotionnel, on voit du pays !

Non, je me projetais dans une expérience qui consisterait à revivre de façon très intense un moment lié à l'enfance ou à l'adolescence, et selon ma sensibilité, ça aurait tendance à être source de mélancolie. Enfin, je dois pas être le seul dans ce cas.

Dans mon cas l'exploration de la musique à été tardive, récente même.
Par contre je me souviens d'une cassette que mon père m'avait offert quand j'avais 11 ans. Il s'agissait des nocturnes de Chopin, et je me rappelles avoir été émerveillé et assez bouleversé lorsque j'ai découvert cette musique un été en vacances près de Narbonne. J'écoutais avec mon Walkman en me baladant dans la campagne ou le soir dans mon lit. Il y avait aussi la fantaisie impromptu, qui fût un véritable coup de coeur.
Depuis j'aime profondément cette musique et elle me renvoi souvent à des souvenirs lointains de cette époque.

Sinon, c'est Mozart qui a ravivé il y a quelques années mon amour pour la musique après des années de silence radio. Par hasard, et je dois dire que malgré ce langage classique, je ressens énormément de chose à l'écoute des sonates, des concertos. Pareil, ça me renvoie à une certaine mélancolie de l'enfance et à une profonde joie à d'autres moment. Quand j'étais très jeune mon père écoutait beaucoup Mozart et ça a du m'imprégner .

Schubert aussi ravive beaucoup de chose dans ma mémoire.

Après des moments d'éternité en musique, il y en a eu tellement...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 29059
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 20:50

DavidLeMarrec a écrit:
Cololi a écrit:
De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.
Je ne la sens pas vraiment mélancolique, moi (enfin, ça dépend, OK pour le Ruhevoll de la Quatrième, mais dans la Deuxième, tu la trouves où la mélancolie, à part éventuellement dans la brève Urlicht ?).

Ce n'est pas tout le long d'une symphonie, car ça serai trop lassant.
M'enfin les mouvements lents des 3° (final) / 4° / 5° / 6° et 10°. Ca me touche beaucoup pour cette raison.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
arnaud bellemontagne
Gourou-leader
avatar

Nombre de messages : 16593
Date d'inscription : 22/01/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 20:53

Cololi a écrit:
De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.

Personnellement ça n'est pas mon cas.
Elle a plutôt tendance à me faire retomber en enfance et à m'enthousiasmer.On est en etat de surprise perpetuelle: il se passe tellement de choses dans sa musique.Et il a un sens inoui du pittoresque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Era
Noctambule
avatar

Nombre de messages : 12314
Age : 25
Date d'inscription : 23/02/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 21:23

Sûrement les pour moi les quatre derniers lieder de Strauss que je me repasse toujours uniquement dans des situations bien particulières (séparation, audition ratée...), je m'empêche de trop les écouter, et du coup il prennent une saveur particulière, inquiétante et réconfortante à la fois... Good
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 29059
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 21:36

arnaud bellemontagne a écrit:
Cololi a écrit:
De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.

Personnellement ça n'est pas mon cas.
Elle a plutôt tendance à me faire retomber en enfance et à m'enthousiasmer.On est en etat de surprise perpetuelle: il se passe tellement de choses dans sa musique.Et il a un sens inoui du pittoresque.

Je ne dis pas qu'on peut résumer Mahler à la mélancolie. Non , Mahler c'est trop riche pour celà ...
Mais simplement c'est ce qui me touche le plus chez lui.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
Iskender
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 882
Age : 50
Localisation : Bretagne
Date d'inscription : 11/08/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 21:54

Bayreuth, Novembre 1988. Je suis jeune étudiant en musique et participe régulièrement comme altiste à des stages d'orchestre en Allemagne. Cette session s'achève, nous venons de donner le concert qui reste encore pour moi le concert symphonique le plus abouti de ma courte et modeste carrière en orchestre, avec la symphonie Prague de Mozart. Deux jours avant nous avons visité la villa Wahnfried.

Etant jeunes, insouciants, et conscients d'avoir vécu une semaine de musique inoubliable, nous ne nous couchons pas le dernier soir qui s'éternise toute la nuit. Nous dormons en auberge de jeunesse et il y a des hauts-parleurs dans les chambres où nous pouvons être appelés. Le matin l'orchestre doit prendre la route très tôt et le régisseur de l'orchestre utilise ce système de haut-parleurs pour nous réveiller. Sauf que nous ne nous étant pas couchés, nous sommes tous déjà éveillés. Et au lieu d'un message, sans un mot, c'est l'ouverture de Parsifal qu'on nous diffuse. Dehors, le soleil est tout juste en train de se lever sur la Bavière en Automne.

Je n'ai pas d'autre souvenir aussi fort et aussi indélébile de l'association d'une musique et d'un moment, et je ne peux pas penser ni à Parsifal, ni à la Bavière sans penser à cela.
En espérant ne pas avoir été trop long, merci à zeno de m'avoir donné l'occasion d'évoquer ce souvenir qui 22 ans après me donne encore la chair de poule en le relatant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.myspace.com/etiennetabourier
*Nico
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3589
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 21:58

sunny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 29059
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:01

Joli témoignage Sad

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
arnaud bellemontagne
Gourou-leader
avatar

Nombre de messages : 16593
Date d'inscription : 22/01/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:13

Cololi a écrit:
arnaud bellemontagne a écrit:
Cololi a écrit:
De toute façon la musique Mahler plonge l'auditeur dans une profonde mélancolie. C'est ça toute sa puissance.

Personnellement ça n'est pas mon cas.
Elle a plutôt tendance à me faire retomber en enfance et à m'enthousiasmer.On est en etat de surprise perpetuelle: il se passe tellement de choses dans sa musique.Et il a un sens inoui du pittoresque.

Je ne dis pas qu'on peut résumer Mahler à la mélancolie. Non , Mahler c'est trop riche pour celà ...
Mais simplement c'est ce qui me touche le plus chez lui.

Message reçu. Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Froberger
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 863
Date d'inscription : 05/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:14

Sans m'étendre (pour cette fois), je dirais que cela m'arrive très souvent. De façon involontaire, quelques fois, mais de plus en plus souvent, sciemment.

J'utilise des morceaux très beaux comme une ambre dans laquelle je fige une émotion précise, souvent très forte (parfois trop forte, et cela me sert à canaliser cette émotion), ou peut-être un instant, ou un souvenir... morceau que je mets ensuite de côté pour ne pas estomper son pouvoir. Et que je ressors, pour me replonger.


Par exemple, la première fois qu'on m'a invité dans un bar, une alcove intime, quelques cocktails, une discussion animée entre deux camarades, j'agite mes mains pour insister sur un point et---tout qui bascule quand ce jeune homme me prend la main, la caresse de son pouce, me sourit, et je souris, et mon coeur bat la chamade de comprendre que je suis en train d'être dragué, par quelqu'un qui me plait. Beaucoup. Les rires se délient, les sourires, les regards... une jambe effleurée, puis un peu moins innocemment...

Le soir, il n'y a plus de bus, je rentre dans l'air frais et sombre de ma campagne. Ivresse en hiver, j'ai le coeur en fleurs. Sur mon baladeur, j'entends la Toccata en Ré majeur (BWV 912) par Blandine Verlet, les cavalcades contrapunctique de la fin, cristalisant cette sensation de bonheur, joie, cette sensation d'être désiré, désirable, cet espoir naissant dans la nuit.


Magnifique lieu de recueillement que tu as inauguré Zeno, je suis ravi de découvrir que cette pratique est répandue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Pison Futé
patate power
avatar

Nombre de messages : 27496
Age : 26
Localisation : CAEN, la meilleure ville de toute la Normandie.
Date d'inscription : 23/03/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:19

Ce n'est pas un grand moment comme vous l'avez vécu, mais une très belle sensation : l'écoute de Luonatar de Sibélius tout en se promenant dans une forêt déserte et complètement enneigée. J'avais l'impression de vivre dans un univers onirique. Désormais, la fraîcheur de la neige, le magnifique drapé blanc des arbres restent ancrés à mon esprit lorsque j'écoute cette musique. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Guillaume
lapineau huguenot
avatar

Nombre de messages : 17529
Age : 24
Localisation : Paris
Date d'inscription : 27/06/2006

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:23

Le duo de Tristan dans le train, complètement isolé du reste du monde... O sink hernieder, Nacht der Liebe...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3082
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:30

Froberger a écrit:
Sans m'étendre (pour cette fois), je dirais que cela m'arrive très souvent. De façon involontaire, quelques fois, mais de plus en plus souvent, sciemment.

J'utilise des morceaux très beaux comme une ambre dans laquelle je fige une émotion précise, souvent très forte (parfois trop forte, et cela me sert à canaliser cette émotion), ou peut-être un instant, ou un souvenir... morceau que je mets ensuite de côté pour ne pas estomper son pouvoir. Et que je ressors, pour me replonger.


Par exemple, la première fois qu'on m'a invité dans un bar, une alcove intime, quelques cocktails, une discussion animée entre deux camarades, j'agite mes mains pour insister sur un point et---tout qui bascule quand ce jeune homme me prend la main, la caresse de son pouce, me sourit, et je souris, et mon coeur bat la chamade de comprendre que je suis en train d'être dragué, par quelqu'un qui me plait. Beaucoup. Les rires se délient, les sourires, les regards... une jambe effleurée, puis un peu moins innocemment...

Le soir, il n'y a plus de bus, je rentre dans l'air frais et sombre de ma campagne. Ivresse en hiver, j'ai le coeur en fleurs. Sur mon baladeur, j'entends la Toccata en Ré majeur (BWV 912) par Blandine Verlet, les cavalcades contrapunctique de la fin, cristalisant cette sensation de bonheur, joie, cette sensation d'être désiré, désirable, cet espoir naissant dans la nuit.


Magnifique lieu de recueillement que tu as inauguré Zeno, je suis ravi de découvrir que cette pratique est répandue.

Oui mais du coup tu ne nous a pas dit quel était le morceau qui avait servi d'ambre ici !!!!

J'aime beaucoup le principe, mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire ça sciemment.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kia
vomi
avatar

Nombre de messages : 6939
Age : 31
Date d'inscription : 21/10/2006

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 22:38

Grégoire de la Tour a écrit:

J'aime beaucoup le principe, mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire ça sciemment.
Libère ton esprit de sa dualité factice

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Froberger
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 863
Date d'inscription : 05/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 23:00

Grégoire de la Tour a écrit:
Froberger a écrit:
[...]Par exemple, la première fois qu'on m'a invité dans un bar, une alcove intime, quelques cocktails, une discussion animée entre deux camarades, j'agite mes mains pour insister sur un point et---tout qui bascule quand ce jeune homme me prend la main, la caresse de son pouce, me sourit, et je souris, et mon coeur bat la chamade de comprendre que je suis en train d'être dragué, par quelqu'un qui me plait. Beaucoup. Les rires se délient, les sourires, les regards... une jambe effleurée, puis un peu moins innocemment...

Le soir, il n'y a plus de bus, je rentre dans l'air frais et sombre de ma campagne. Ivresse en hiver, j'ai le coeur en fleurs. Sur mon baladeur, j'entends la Toccata en Ré majeur (BWV 912) par Blandine Verlet, les cavalcades contrapunctique de la fin, cristalisant cette sensation de bonheur, joie, cette sensation d'être désiré, désirable, cet espoir naissant dans la nuit.[...]

Oui mais du coup tu ne nous a pas dit quel était le morceau qui avait servi d'ambre ici !!!!
L'alcove du bar était vraiment à l'écart (c'était une sorte de grotte pour deux de laquelle n'entrait aucun signal) et silencieuse, excepté le brouhaha qui filtrait depuis la salle principale, éclairé avec plein de petites bougies.

Tout ce qui était important, je le ressentais encore lorsque j'ai écouté la Toccata (en boucle en fait, il faut savoir que je mets quarante minutes environ pour marcher de ma gare à chez moi---même si ce soir là j'avais le pas léger et bondissant, et que j'ai dû le faire en vingt minutes !). Même peut-être que je le ressentais encore plus fortement car j'étais confronté seul à la soirée et ce qui s'y était déroulé.

Grégoire de Tour a écrit:
J'aime beaucoup le principe, mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire ça sciemment.
De façon plus prozaïque, c'est très simple : par exemple si c'était toi qui avais choisi la musique pour la crémation de ton grand-père, tu peux être sûr que ces morceaux porteraient ta peine immense jusqu'à la fin...

Le principe est d'écouter, peut-être de façon répétée, un morceaux ou une oeuvre, à un moment saillant de ta vie, pour t'en souvenir. Essaie pour voir à l'occasion.

D'ailleurs, pour moi, la musique est tellement susceptible de prendre l'empreinte d'un état d'esprit, qu'il y a un compositeur auquel je fais très attention : la musique de Froberger. Pendant longtemps, je ne l'écoutais qu'allongé sur mon lit, l'esprit vide, pour qu'à chaque fois mon ressenti, frais, ne soit pas l'écho d'un vécu lointain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 23:03

Vous me comblez avec vos témoignages, merci !

En voici un autre : Françoise Landowski, la soeur de Marcel, avait été mon professeur de piano et surtout, elle fut une amie très intime. Que de souvenirs, rien qu'à l'évoquer... Les dernières années de sa longue vie, elle était fatiguée et ne donnait plus de récitals. Mais j'ai passé d'innombrables soirées avec elle, soit en région parisienne, soit dans l'atelier de son père sculpteur (là-même où il avait conçu le Christ de Rio), devenu une résidence merveilleuse dans la pinède du Cap Cicié. Là, Françoise avait son atelier de peintre et sa petite maison, un peu à l'écart. Dans l'une des pièces se trouvait le piano, à côté d'une fenêtre par laquelle on apercevait la mer et l'horizon. Pendant de nombreux étés, je fus là à diverses reprises, passant des soirées avec elle, dédiées à la promenade, à la méditation et, bien entendu, à la musique.

A la fin, elle ne jouait pour ainsi dire plus que deux pages : Et la lune descend sur le temple qui fut, ainsi que le dernier mouvement de la Fantaisie de Schumann.

Un beau soir, la pleine lune vint se poser sur nous, fenêtre ouverte, toutes lumières éteintes. Françoise peignait remarquablement et, notamment, des toiles liées à des oeuvres, que je projetais ensuite sous forme de diaporama en fondu enchaîné pendant qu'elle jouait en public. Ce soir-là, le grand tableau représentant des figures lunaires, des silhouettes pétrifiées était posé à côté du piano. Au passage, je suis inconsolable qu'elle l'ait vendu sans me le dire, car je le lui avais réservé, c'était une merveille.

Et là, dans cette pénombre cendrée de juillet, elle me joua le Debussy. J'étais en larmes. Nous allâmes ensuite voir la lune sur la mer, dans la sourde rumeur de la falaise en contrebas, battue mollement par quelques restes de vagues. Puis Françoise rentra se reposer et je demeurai là, empli du Divin, en prière dans un temple naturel qui est resté pour moi le plus beau de tous.

Et qui, dans l'éternité fragile de mon émotion, est un temple qui fut.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3082
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 23:11

@Froberger : j'avais lu trop vite. Pour moi avec "Le soir ..." commençait une autre histoire. Une suite d'impression en fait. Mais je vois très bien ce que tu veux dire en fait.

@Zeno : ton fil prend un parfum d'Heptaméron je trouve.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 23:20

Oh, rien de licencieux dans ce que je raconte, mais tu as raison s'il s'agit de dire que c'est notre part de "féminin" qui parle le plus, dans ces moments-là. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3082
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Jeu 8 Juil 2010 - 23:34

C'était plus une question de structure en fait que d'impression ou de thème. J'aurais pu dire Décaméron mais Marguerite est venue avant.
Je ne sais pas si c'est réellement l'anima qui parle ici en fait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Ven 9 Juil 2010 - 0:01

C'est un peu Bolbec, aussi...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Carlito
Néophyte
avatar

Nombre de messages : 19
Age : 36
Localisation : Paris
Date d'inscription : 22/03/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 13 Juil 2010 - 19:55

J'avais une dizaine d'année, je passais mes vacances dans les charentes dans une colonie dite musicale.
Ce soir de juillet, nous faisions la generale, je jouais la pavane de la belle au bois dormant avec une pianiste de 5ans mon ainé.
Elle etait grande et belle, ses cheveux dorés sentaient bon, mes mains accompagnaient les siennes, et malgres le contexte dans lequel nous repetions ce soir la, j'ai partagé un moment magique que je ne redecouvrirais que bien des années plus tard, l'innocence en moins.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
antrav
Papa pingouin
avatar

Nombre de messages : 37304
Date d'inscription : 08/12/2005

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 13 Juil 2010 - 20:42

drunken
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
*Nico
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3589
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Lun 19 Juil 2010 - 11:45

Quand j'y refléchi, je n'ai pas de somptueux moment musicaux "mis en scène" en quelque sorte comme certains superbes témoignage lus ici..
Mes plus beaux moments de musique fûrent vécus seul chez moi ou en concert, mais pas reliés directement à des évènements ou des gens.
Ce qui n'empêche pas leur intensité extrême.

Si j'en ai un très intense qui me revient. J'étais à la campagne dans l'Oise au début du printemps il y a 2 ans je crois, un temps superbe et j'ai découvert la 1ère symphonie de Mahler au casque, en me ballandant dans la nature. Ca m'avait fait un effet incroyable. Je me rappelle chaques endroits reliés au déroulement de la symphonie, des mouvements. Un immense plaisir vraiment. La campgne était belle, j'avais traversé un bout de fôret, des champs...
Et je me souviens aussi du chemin du retour, ivre de bien-être, à écouter la nature, sentir le vent, les parfums et le silence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kiwi
χλωροειδές κακόν
avatar

Nombre de messages : 1967
Age : 18
Date d'inscription : 14/07/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Lun 19 Juil 2010 - 12:17

Il y a près d'un an, je crois, alors que je m'étais assoupie dans le métro. C'était une station que je ne connaissais pas, la sortie débouchait sur un gigantesque chantier, il bruinait, le ciel était très sombre ... J'ai dû rester près d'une heure, assise sur le marchepied d'une betonnière à écouter le quatuor pour la fin du temps de Messiaen. Après je me suis faite virer par un ouvrier ...

C'est terriblement nianian et pas très original - le contexte y jouait de fait pour beaucoup - mais je n'ai eu depuis lors aucun sentiment d'expérience esthétique qui pût s'apparenter à celui-là.
Neutral
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
jerome
Fugueur intempéré
avatar

Nombre de messages : 8868
Date d'inscription : 10/03/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Lun 19 Juil 2010 - 16:38

Je dois deux beaux moments à Saint Ernest et Son glorieux Trio.

Il est trois ou quatre heures du matin, je suis bien calé dans le creux de la nuit et savoure une torpeur douillette qui suspend toute contrainte, toute pensée du lendemain. Au détour d'un bavardage, l'ami Crapio me conseille ce trio de Chausson, un compositeur dont je connais encore très peu de choses : un mémorable roupillon à l'écoute de son Concert, et une Symphonie sympathique entendue une fois ou deux. Ce nom m'évoque la tiédeur policée des salons, mais je ne suis pas contre un nouvel essai, par curiosité. Comme la fatigue commence à me gagner, je m'allonge pour écouter, un peu tordu au bord du lit, à cause du casque dont le fil est juste trop court pour permettre une position confortable. J'ouvre les oreilles. Les graves du piano font écho à la pénombre chaude qui règne dans la chambre, comme si la pièce elle-même commençait à chanter son état d'âme, sotto voce ; la vague douce de l'arpège, cette berceuse ternaire qui vient calmer la respiration, c'est la musique de la nuit profonde, la petite voix conseillère des contes, celle qu'entendent les enfants égarés au fin fond de la forêt hostile.
Entre le violoncelle, une première phrase inquiète dont les bras maternels du piano rattrapent la courte chute. La pénombre est bienveillante, cette persistance sourde de l'arpège offre sa protection. Aux premières lueurs du violon, un scintillement de l'harmonie ouvre dans l'espace intérieur comme une constellation cachée, une suavité limpide et désarmante qui agit en baume immédiat, un idéal-guide, une certitude précieuse dans l'errance. J'entends tout, les canaux sont ouverts, je me demande : "do bémol, ou si bécarre ?", mais la question s'évanouit vite, j'ai les yeux fermés et je coule, obéissant, à travers le jeu des clairs-obscurs. Je dors à moitié, je rate sûrement une partie du scherzo, mais de nouveaux arpèges émergent, je ne sais pas où on en est, dans un demi-rêve je reçois l'amère quiétude tourné vers le plafond, sans conscience de mon corps. Plus tard le silence est revenu, je reste un temps incertain dans un drôle de nulle part, sans bouger, tout fourmillant.

Du temps a passé où je n'ai plus repensé à l'oeuvre. J'y suis peu à peu retourné et ai commencé à m'en faire une passion, un pain quotidien. C'est la période où on commençait à en parler un petit peu sur le forum.

Lors d'une balade nocturne au bord de l'eau, sur un chemin calme et tellement couvert par les arbres qu'on ne voit presque pas devant soi, j'écoute la musique en marchant. J'aborde une grande ligne droite à la moitié du parcours quand le deuxième mouvement s'achève ; dans le silence entre les pistes, le bruissement des feuillages et la qualité de la nuit me reviennent, je modère mon pas pour mieux m'accorder au décor et commence à lentement longer la rivière, guidé par le sable clair du chemin. Si courte soit la pause, le calme du lieu m'imprègne déjà à nouveau quand apparaît la toute première note du mouvement lent, qui me transperce. Le ré doux, perlé, lancé par une main transparente dans l'épaisseur du vide, éclabousse l'espace alentours et, d'un coup, confère à la simple promenade une étonnante atmosphère de quête. La voix du fond de la forêt est revenue me parler, nimbée de la même étrange lueur, le glissement harmonique dont Chausson a investi le coeur de l'oeuvre comme d'une parabole mystérieuse, une substance apte à nous révéler des secrets dans les moments opportuns. Jamais les personnages thématiques ne me sont apparus dans une incarnation si réelle, humaine. L'éloquence des lignes est si forte et si naturelle que je n'écoute plus de la musique, j'assiste à une méditation, initiée dans le secret il y a plus d'un siècle, une pensée enfermée qui jaillit de sa bouteille après tant de patience pour m'inonder dans cet instant choisi. On me parle, on m'explique, ce que jamais on ne s'explique ; ma situation passée et présente s'éclaire. On me dissèque, et on me recentre.
La pénombre et l'isolement protègent mes gestes, je suis exactement libre de recevoir comme je veux, d'accompagner des bras flux et reflux, d'exprimer comme mon corps le juge nécessaire l'acceptation de ce qui se passe. Je ne respire plus qu'avec prudence alors que les deux thèmes se réunissent, j'assiste émerveillé à la fusion des contraires, je suis presque arrêté. J'enlève les écouteurs une fois la résonance finale savourée, je n'écouterai pas le dernier mouvement. La nature bruissante prolonge ce que je viens d'entendre, dit la même chose sur un mode plus discret, je reste encore un peu à l'écouter avant de rallier la route de la maison et ses réverbères inutiles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Lun 19 Juil 2010 - 16:46

bounce bounce bounce

Je t'ai lu et relu, je ne sais pas si tu as suffisamment conscience de la beauté de ta prose - et si d'autres t'auront lu comme il se doit pour s'en délecter. Par moments, on croirait du Gracq.
C'est magnifique, j'admire. Ca fait du bien de lire de pareilles choses...


Il est bien ce fil, en fait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Picrotal
Parano lunatique
avatar

Nombre de messages : 12605
Age : 41
Localisation : Grenoble
Date d'inscription : 03/04/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 6:30

Et que doit-on dire lorsque la musique ne porte pas de ces fameux moments d'éternité ?

Je me souviens parfaitement de la première fois où, enfant, j'ai entendu la Danse Macabre de Saint-Saëns ou Une Nuit sur le Mont Chauve. Je me souviens parfaitement de la première fois où j'ai entendu les Concertos brandebourgeois de Bach. Je garde une image assez précise des premières fois où j'ai entendu la Première et la Cinquième de Malher. Pour autant, entendre ces musiques aujourd'hui ne font pas ressurgir ces instants qui n'avaient en réalité pas grand-chose de particulier. Rien d'étonnant à cela : l'émotion proustienne n'est ni artistique, ni esthétique.

De toutes les phrases que j'ai pu entendre ou lire concernant la musique, classique ou non, celle que je déteste par dessus-tout est la suivante : « Le silence qui suit Mozart, c'est encore du Mozart. »

C'est faux. Le silence qui précède et le silence qui suit la musique n'appartiennent à personne d'autre qu'au silence, et nous autres le remplissons des émotions qui nous conviennent au gré des promenades de nos cerveaux malades. La seule chose qui perdure dans le silence, c'est quand je pète dans mon lit la nuit et que l'odeur met un peu de temps avant de dissiper. Pour le coup, on peut parler d'émotion proutienne, mais là encore : rien d'artistique, rien d'esthétique.

La musique ne m'apparaît pas comme un élément susceptible de graver des moments, sauf en période de dépression, mais dans ce cas-là cela relève de la psychiatrie. Il est une chanson dont je ne pouvais pas écouter les premières notes sans fondre en larmes. Une fois remis de mes déboires, je n'en avais plus rien à fiche.

Je ne me vois pas m'extasier en me jouant dans ma tête du Ravel ou du Schubert parce que j'assiste à un beau coucher de soleil, à la déferlante des vagues sur l'Océan tumultueux quand au loin le ciel aux étoiles indicibles se brise en éclairs silencieux, quand la lune en plein jour squelettique se confond avec le bleu déclinant d'une journée d'hiver qui renonce à survivre ou quand un flot de mouettes ricanantes moquent les morts et les vivants par-dessus le cimetière Marin tout en faisant caca sur la mémoire de Paul Valéry. Ce sont des choses qui s'appartiennent à elles-mêmes, y coller de la musique me donnerait l'impression d'être un compositeur violonneux qui ne supporte pas une scène de baiser au cinéma sans y mettre le paquet pour indiquer au spectateur qu'il est temps de fondre. Le père Tolstoï avait un siècle s'avance sur tout le monde, mais là on le galvaude.

Le moment d'éternité, il est porté par la musique DANS la musique. Il est porté dans les instants d'émerveillement qu'elle procure parfois, dans ces brèves secondes où l'on cesse de mourir.

Dans le premier mouvement de la Cinquième de Malher, il y a cette note centrale, ce soulèvement d'espoir parmi les remugles qui s'y racontent. A chaque fois elle me soulève. A chaque fois elle me remonte depuis le scrotum jusque dans les cheveux, et me tire des larmes qui me brûlent les yeux. Cette note est un endroit à part entière. Que je sois en haut du Mont Saint-Michel ou assis sur le trône, ça me fera pareil.

Ce sont des voyages douloureux puisque l'on ne saurait arriver à destination. Ce désir de pénétrer les sons que l'on entend, cette envie de s'imprégner parmi la musique que l'on écoute, de se disloquer, de rejoindre et de ne plus faire qu'un avec la beauté qui soudain nous environne, ne fait que souligner l'imperturbable règle humaine number 1 : il y a l'idéal et il y a le terraqué, et toi, avec tes braves viscères qui ronronnent, tes quelques litres d'eau ou de sang qui circulent dans tes canalisations, tes orteils qui te font mal parce que tu as des nouvelles chaussures ou ton coeur qui bat trop vite à ton goût, tu appartiens au terraqué. C'est comme ça. Pour citer un autre Sétois, le deuxième en l'occurrence : « la loi de la pesanteur est dure, mais c'est la loi ! »

On peut ne faire qu'un avec la nature, ce n'est pas difficile, c'est comme la prose de Jourdain, tout le monde le fait sans s'en rendre compte. On ne peut pas ne faire qu'un avec la musique. Elle est ailleurs, on est ici, c'est con mais c'est comme ça, le soleil a rendez-vous avec la lune.

Mais ce ne sont pas dans le fond des moments d'éternité. L'éternité c'est comme tout, ça n'existe pas. Ce sont des moments fugaces d'immortalité, certes. Pas la même chose.

Ensuite, décrire ses émotions, ça revient à définir quel est le goût du chocolat. Je serais bien infichu de dire ce que je ressens quand j'écoute le piano de Liszt, tout ce que je peux faire à la rigueur c'est le faire écouter aux autres en espérant qu'ils ressentent la même chose. En général ça ne marche pas et c'est normal, et dans un sens c'est tant mieux.

Mais si ces émotions sont miennes, leur objet ne l'est pas. Je ne peux pas m'approprier la musique des autres. Paradoxe amusant s'il en est : une fois composée et entendue, la musique cesse d'appartenir à qui que ce soit. Elle va en transcender certains et en laisser froids d'autres, mais personne ne pourra plus prétendre qu'elle est à lui. Elle n'est pas un être mystique que l'on appelle ou que l'on incarne dans tel ou tel souvenir. Elle est ce qu'elle est, point barre. Et elle n'a pas de sens en soi, ni de destination : que des destinataires.

Elle est surtout terriblement humaine, et donne à l'homme la vanité de penser qu'il se dépasse lui-même, qu'il approche quelque chose d'autre, quelque chose qui se passe au-delà. Mais au-delà, il ne se passe rien, ou si peu. Rien qui puisse nous concerner ni nous intéresser, en tout cas. Et la marche de l'univers se fiche de Debussy comme de son premier big bang.

« L'amour, c'est l'infini à la portée des caniches » disait l'autre. Une phrase magnifique évidemment mal comprise et mal admise puisque chacun s'accorde à dire que celui qui l'a proférée est un salaud. Mais c'est exact. C'est plus que vrai. Et la musique, c'est la même chose. Une illusion qui fait du bien et qui me fait parfois du mal.

Il y a des choses qui valent mieux que les souvenirs. Des choses qui n'ont pas besoin de la mémoire pour exister. La mémoire c'est très surfait souvent. Des instants que l'on ne veut pas oublier par principes, comme lorsque l'on prend trois cents photos de son voyage en Toscane mais qu'on est incapable de se rappeler si la tour de Pise penche à droite ou à gauche. Robert Lamoureux avait résolu le problème en affichant sa déception : « d'accord, elle penche. Mais que d'un côté ! »

La musique c'est du présent qui perdure. Pour moi en tout cas. Je m'y invite et j'y retrouve ses odeurs, ses couleurs, ses visages et tout le tremblement. Je l'écoute chez moi et je suis chez elle. Je n'ai pas envie de me la trimballer dans les oreilles dés que je vais admirer la biche aux abois et n'en emmènerais pas sur une île déserte.

C'est tout et c'est comme ça. C'est pas beau. C'est très prosaïque, sans doute. Mais il en va de cela comme des philosophies orientales, des yin et des yang et des zen : il y en a qui lévitent, moi j'évite.

Rolling Eyes


Dernière édition par Picrotal le Jeu 29 Juil 2010 - 17:11, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nevertrust.over-blog.com
*Nico
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3589
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 7:39

Bon, une chose est sûre, il y a des gens vraiment doués sur ce forum...
Pourquoi je ne peux pas effacer mes posts de ce fil ??
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 10:44

Magnifique, Picrotal. Un autre regard, c'est certain, quelques coups de griffe au passage - tu ne peux pas t'empêcher de faire revenir la dualité et l'opposition de temps en temps, à la fin notamment. C'est dommage, parce que ça affaiblit un peu le tout, cette hargne rentrée. On sent que tu voudrais en découdre avec ceux qui lévitent, comme tu dis (j'en suis), alors qu'ils ne t'ont rien fait.
Mais à part ça, quelle prose ! Chapeau...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3082
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 11:04

*Niko a écrit:
Bon, une chose est sûre, il y a des gens vraiment doués sur ce forum...
Pourquoi je ne peux pas effacer mes posts de ce fil ??

Mais tu peux. Tu édites et tu remplaces par un smiley pig par exemple.

Sinon je ne suis pas tout à fait d'accord avec Picrotal sur le principe. Chez Proust il se trouve en effet, mais c'est par le plus grand des hasards, que "l'ambre" en question est d'ordre gustatif. Si on admet que l'écoute dont on parle ne relève pas simplement de "art et de l'éthique" mais aussi, et plus simplement, du sens, absolument rien, dans la logique établie par Proust, ne s'oppose à ce que la musique fasse office de " cristalliseur" de mémoire. Je ne me dis pas à chaque fois que j'écoute de la musique, même élaborée comme du Meyerbeer ou du Weber, que j'ai une démarche spécifique en fait. Et comme j'en écoute tout le temps ça peut tomber assez facilement sur un moment particulier en fait.

Au demeurant mon exemple avec "Chloris" n'est même pas un moment exceptionnel, c'est juste un moment d'être.

Moi ne ne lévite pas, mais je n'évite rien non plus. J'hésite du coup.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 11:15

Fais les deux.
Et en musique aussi : Saint-Saëns le lundi, Wagner le mardi. hehe
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Era
Noctambule
avatar

Nombre de messages : 12314
Age : 25
Date d'inscription : 23/02/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 11:28

Picrotal a écrit:
Le moment d'éternité, il est porté par la musique DANS la musique. Il est porté dans les instants d'émerveillement qu'elle procure parfois, dans ces brèves secondes où l'on cesse de mourir.
thumleft thumleft thumleft thumleft thumleft
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
*Nico
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3589
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 13:01

Grégoire de la Tour a écrit:


Mais tu peux. Tu édites et tu remplaces par un smiley pig par exemple.

Non, je vais surtout arrêter de poster.
Il ne me reste plus que le fil "playlist" en somme.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mar 20 Juil 2010 - 14:07

Non mais t'es timbré ? Poste alors !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ophanin
Fer galant
avatar

Nombre de messages : 4576
Age : 30
Date d'inscription : 13/12/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 0:53

J'ai un souvenir qui pourrait correspondre à ce topic. Il y a quelques temps déjà, je m'étais jeté à l'eau et j'ai tenté de composer un quatuor à cordes. Après l'avoir montré à mon professeur d'alto, il a décidé de lui-même de le faire jouer à l'audition de fin d'année par quelques élèves d'une autre école de musique. Ce que je ne savais pas c'est que cette audition avait lieu dans une salle sacrément grande avec un public plutôt fourni.

Ils ont joué. Pendant qu'ils jouaient j'avais des bouts de la partition qui défilaient devant les yeux. Mon coeur battait contre la cage thoracique avec violence. Je tremblais finalement des pieds jusqu'aux bouts des doigts. C'était incroyable d'entendre enfin ce que donnait ces notes posées innocemment sur une partition et vaguement entrevues par le biais de mon alto. Ca m'a fait l'impression d'une oeuvre qui n'était pas la mienne, et qui en fin de compte, était bien meilleure, en tout cas moins mauvaise. A la fin il y eut les applaudissement et mon prof m'a fait signé de descendre saluer... avec les jambes en coton, descendre les escaliers et passer devant tout le monde, quelle épreuve !

J'en ai le torse comprimé et la gorge nouée rien que d'en parler ici. Mais bon, avec le recule ce quatuor n'est pas folichon, pas du tout même. Cette occasion ne se représentera sans doute jamais donc ce souvenir m'est particulièrement cher et émouvant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.dailymotion.com/video/x2l4jo_lucky-channel-01_fun
WoO
Surintendant
avatar

Nombre de messages : 14116
Date d'inscription : 14/04/2007

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 0:55

Joli témoignage thumleft
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Xavier
Père fondateur
avatar

Nombre de messages : 80898
Age : 36
Date d'inscription : 08/06/2005

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 0:57

Je comprends, la première fois que j'ai entendu des choses que j'ai écrites jouées par d'autres, c'était assez fort. (quoique la première fois ne compte pas vraiment, le pianiste qui en était chargé n'avait pris que 20 minutes pour déchiffrer mes variations style Mozart, sans se douter des difficultés qui s'y trouvaient... le pauvre s'était ensuite tapé la honte à l'audition en s'arrêtant et se reprenant un paquet de fois, multipliant les pains malgré tout!)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zeno
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 4648
Localisation : Yvelines
Date d'inscription : 05/04/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 1:01

Ce jour-là, la multiplication des pains aura rendu, je l'espère, Mozart particulièrement divin !

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 29059
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 9:07

Ophanin a écrit:
J'ai un souvenir qui pourrait correspondre à ce topic. Il y a quelques temps déjà, je m'étais jeté à l'eau et j'ai tenté de composer un quatuor à cordes. Après l'avoir montré à mon professeur d'alto, il a décidé de lui-même de le faire jouer à l'audition de fin d'année par quelques élèves d'une autre école de musique. Ce que je ne savais pas c'est que cette audition avait lieu dans une salle sacrément grande avec un public plutôt fourni.

Ils ont joué. Pendant qu'ils jouaient j'avais des bouts de la partition qui défilaient devant les yeux. Mon coeur battait contre la cage thoracique avec violence. Je tremblais finalement des pieds jusqu'aux bouts des doigts. C'était incroyable d'entendre enfin ce que donnait ces notes posées innocemment sur une partition et vaguement entrevues par le biais de mon alto. Ca m'a fait l'impression d'une oeuvre qui n'était pas la mienne, et qui en fin de compte, était bien meilleure, en tout cas moins mauvaise. A la fin il y eut les applaudissement et mon prof m'a fait signé de descendre saluer... avec les jambes en coton, descendre les escaliers et passer devant tout le monde, quelle épreuve !

J'en ai le torse comprimé et la gorge nouée rien que d'en parler ici. Mais bon, avec le recule ce quatuor n'est pas folichon, pas du tout même. Cette occasion ne se représentera sans doute jamais donc ce souvenir m'est particulièrement cher et émouvant.

Beau témoignage.
Tu dis que ça ne se reproduira pas ... pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
Ophanin
Fer galant
avatar

Nombre de messages : 4576
Age : 30
Date d'inscription : 13/12/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 9:13

Parce que déjà je ne suis pas un bon compositeur (faut l'admettre hehe ) et puis parce qu'on a pas toujours des musiciens à disposition.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.dailymotion.com/video/x2l4jo_lucky-channel-01_fun
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 29059
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 9:28

Ophanin a écrit:
Parce que déjà je ne suis pas un bon compositeur (faut l'admettre hehe ) et puis parce qu'on a pas toujours des musiciens à disposition.

Et c'est ce que pense aussi les gens qui ont pu écouter tes compositions ?

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
Ophanin
Fer galant
avatar

Nombre de messages : 4576
Age : 30
Date d'inscription : 13/12/2008

MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    Mer 28 Juil 2010 - 9:36

Dans mon entourage personne n'est intéressé, et puis ce n'est pas très fiable. Enfin bon, à côté d'un Olivier Greif ou d'un Escaich mon bricolage n'existe même pas ! Encore faut-il avoir quelque chose à dire et un bagage en musicologie ou en écriture tout simplement. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.dailymotion.com/video/x2l4jo_lucky-channel-01_fun
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Des moments d'éternité portés par la musique...    

Revenir en haut Aller en bas
 
Des moments d'éternité portés par la musique...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Tchaïkovsky : symphonie n°2
» Les Moments musicaux ( Schubert )
» Poeme pour mon éternité
» Moments marquants de "Hallyday par Johnny"
» Les grands moments de l'Olympia

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique (Divers)-
Sauter vers: