Autour de la musique classique

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 Seiji Ozawa

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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Mer 26 Aoû 2015 - 2:25

Mendelssohn: A Midsummer's Night Dream. Avec le BSO, les solistes KAthleen Battle et Frederica von Stade, la narratrice Judi Dench.

Je doid dire que j'ai écouté ce disque sans prendre connaissance au préalable d'aucune opinion de critique (amateur ou professionnelle, sur revue imprimée ou électronique) et que, à mesure que j'écoutais, je n'arrêtais pas d'écrire mentalement des notes pour une telle critique. Le genre de remise en cause des idées reçues qui force à faire table rase des idées préconçues. Lesquelles étant:

1) je n'accepte que la Suite des mouvements orchestraux. Enegistrée tant et plus, une superbe séquence de joyaux n'ayant rien en commun en termes de thématique ou de caractérisation des thèmes ou sujets. Environ 25-30 minutes

2) à la susdite j'aime bien entendre les choeurs et interventions solistes (magnifiques musiques). Environ 45 minutes.

3) je suis un "complétiste" et exige d'entendre chaque note écrite par Mendelssohn, ce qui inclut les mini-épisodes de tissus connectifs, appelés "mélodrames" (réf: Egmont). Par exemple: la version Previn, d'environ 50 minutes.

Pour 1), je suggère van Beinum (suuuuuuperbe).

Pour 2, y' a rien de mieux que Klemperer et ses remarquables instrumentistes et solistes vocaux. Un des grands disques du Maître. (EMI). Sinon la bioûtiful version de Herreweghe, possiblement son meilleur disque, magnifiquement joué et enregistré. Autre excellente version: Adam Fischer sur Hungaroton, truculent et crémeux.

Pour 3, la version Previn est excellente mais apporte une solution en forme de cul-de-sac: à quoi bon ces miettes de musique entre des morceaux de toute évidence beaucoup plus substantiels, par ailleurs consacrés depuis presque 175 ans sous forme de suite (solution # 1) ?.

Suggestion peu explorée sur disque:

4) je crois qu'une musique de scène n'a de sens qu'à la scène. Pour se la représenter il faut donc avoir des acteurs interprétant le texte de Shakespeare pour faire le lien entre ces épisodes. Encore là on ratiocine. J'en connais deux versions (la ci-présente avec Judi Dench et celle de Abbado avec Kenneth Branagh) dans laquelle l'acteur/actrice interprète TOUS les rôles - féminins et masculins. Il faut donc à la fois un narrateur habile et un acte de foi de la part du client.

Ici, Dame Judi Dench ("M" dans les James Bond et la Reine Elizabeth dans Shakespeare in Love, ou encore la Reine Victoria dans Mrs. Brown) incarne les rôles parlés avec une maîtrise et un talent de conteur incroyables. Il n'est pas question d'androgynie vocale, mais d'une perfection dans la lecture qui vient plus de la tête et du coeur que des cordes vocales.

Les nombreuses interventions de la narratrice, qui parle un anglais quasi-international, parfaitement intelligible et sans accent gênant, raccordent parfaitement entre eux les petits 'mélodrames' musicaux (10-50 secondes) qui eux-mêmes relient les grands morceaux à a trame théâtrale.

Et Ozawa là-dedans? Voici un des disques les plus parfaits du Boston Symphony. Dans lequel Mendelsohn n'est ni Mozart ni Weber, ni Beethoven ni Brahms. Ça semble évident, mais à l'écoute on se rend compte du raffinement quasi-obsessif des instrumentistes du BSO allié à la puissance légère et allant de soi de ce grand orchestre. Ozawa navigue là-dedans comme un poisson dans l'eau. C'est allant sans être allègre, joyeux sans être jouissif, soyeux sans être pédant.





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LeKap
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 27 Aoû 2015 - 12:44

Bonjour André

Je suis tout à fait d'accord avec toi quant à la qualité de l'interprétation de tous les intervenants
Là où justement je n'a croche pas ce sont les "parlotes", je m'y ennuie grave d'autant plus quelles sont fort nombreuses

C'est comme avec le ivan le terrible de Muti
DSL pour le bref hs
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 27 Aoû 2015 - 15:27

En fait c'est la toute première fois que j'entends une version du Songe d'une nuit d'été qui se tient comme un tout. La Marche nuptiale et le Nocturne en particulier prennent tout leur sens musical dans le contexte de la pièce. Malheureusement dans cette version (le coffret), les textes chantés ou parlés ne sont pas inclus. C'est fort dommage, car il faut un effort assez soutenu pour déchiffrer à la fois la langue et qui plus est, l'idiome shakespearien (c'est quand même de l'anglais du 16ème siècle). Je songe sérieusement à acquérir ce disque dans sa version originale sur DGG si je le trouve à un prix raisonnable.
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LeKap
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Dim 30 Aoû 2015 - 12:49

Nouvelle parution réservée aux aficionados

http://www.amazon.fr/gp/product/B011CUS74W?psc=1&redirect=true&ref_=oh_aui_detailpage_o00_s00

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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Lun 31 Aoû 2015 - 20:01

Ça semble très intéressant, mais il y a tellement de duplication sur mes étagères... Neutral

Ce qui ne m'a pas empêché de commander les symphonies de Beethoven par Monteux, par exemple ! Mais je garde ce coffret dans un coin de mon cerveau, à la section 'si jamais c'est bradé' siffle
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Mer 2 Sep 2015 - 1:52

Ozawa et les bostonniens dans la Symphonie en ré mineur de Franck. J'ai un faible pour cette oeuvre, ce qui revient  à dire que j'aime la mousse au chocolat.

Que voilà un bel enregistrement ! Le chef nippon offre une version live, ce qui est logique quand on pense que cette oeuvre touffue risque de tomber un peu à plat dans le studio.

Coïncidence, j'écoutais Silvestri / Philharmonia Orchestra la semaine dernière et cette écoute a provoqué une mini flambée de symphonies en ré mineur dans mon salon d'écoutre, l'auto, le chalet...: Much et Boston, Paray et Detroit, Monteux et Chicago.

Les maîtres absolus me semblent toujours Monteux et Chicago, quoique j'aime aussi beaucoup van Otterloo et La Haye et surtout le même VH à Amsterdam au Concertgebouw. Toujours est-il que Ozawa se tire singulièrement bien de cette féroce compétition, donnant l'occasion aux bostonians de briller grâce à un jeu surfin, un élan émotionnel de tous les instants et une prise de son nettement plus flatteuse que celle dont bénéficiait Munch dans le même Symphony Hall 25 ans plus tôt (1956 vs 1991).

Le disque est complété par le Concerto pour orgue, timbales et cordes de Poulenc.

Le timbalier est Everett Firth. Surnommé "the heartbeat of the BSO" Firth fut nommé principal timbalier à 21 ans, poste qu'il occupa ensuite durant 50 ans. Insatisfait des maillets de l'époque il fabriqua ses propres accessoires, et entreprit de fournir d'autres orchestres aux USA puis dans le monde. La Vic Firth Company compte maintenant plus de 100 employés et ses instruments se retrouvent dans tous les orchestres (grands et moins grands, du jazz band aux philharmoniques de ce monde). Ozawa et lui prirent congé du BSO ensemble, en 2002.

Dirai-je que ça s'entend ? Dans un sens oui. Quiconque a entendu un orchestre symphonique sait quelle place essentielle occupe ce pivot du rythme et de la sonorité d'un orchestre. Reconnaitrais-je Firth d'un autre timbalier ? Certainement pas. Ce qu'il faut noter c'est le partnership électrisant entre orgue, timbales et cordes dans lequel un mouvement, une propulsion quasiment orgiaques amènent le grand accord initial à la péroraison.

L'organiste est Simon Preston, qui officie à la tribune de l'excellent orgue du Symphony Hall. Preston est un organiste anglais, très versé dans tous les répertoires. Cet éclectisme le sert bien dans l'oeuvre de Poulenc. Il conserve toujours une grande lisibilité de jeu, même dans les registres plus touffus. Le fugato du dernier mouvement est un excellent exemple. Ce Concerto de Poulenc est allègre et vigoureux, méditatif et clownesque. Les musiciens du BSO et Preston le servent remarquablement bien.

Très belle prise de son (1991).


Dernière édition par André le Mer 2 Sep 2015 - 2:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Mer 2 Sep 2015 - 2:14

La Messe en si mineur de Bach est elle aussi superbe. Les Saito Kinen impressionnent par la qualité de leur jeu d'ensemble, mais aussi celle des nombreux soli (flûte, cor, trompettes, violon), maginifiques de justesse (intonation, articulation). Les choeurs sont très beaux, me faisant beaucoup penser à la troupe de Suzuki (influence nippone dans la préparation des voix ?). Beaucoup de clarté et de légèreté dans les voix, relativement peu de vibrato. Tout est très bien équilibré. Les voix ne sont jamais blanches . C'est une crème dégraissée, de la maké plutôt que de la chantilly.

J'ai trouvé l'antithèse de cette version dans celle de Karajan avec Schwarzkopf. Ozawa laisse couler comme une rivière traversant collines et vallées, Karajan préfère se baigner dans un grand fleuve légèrement boueux traversant de vastes espaces qu'il risque d'envahir (la crue n'est jamais loin).

Prise de son très détaillée, à la fois fouillée et enveloppante, mais toujours cristalline. Aucun effet spécial, c'est très naturel. Le seul bémol est que le chef a pris le parti de ne pas exploiter les rares occasions o\u la Messe permet au soliste de développer une vision personnelle, ce dont Schwarzkopf et Ferrier ne se privent pas. Parlant des solistes, ce sont des noms européens passablement connus: Barbara Bonney, Angelika Kirschlager, John Mark Ainsley et Alastair Miles. Très belle affiche.

Quand je compare à ce que j'ai d'autre, je me dis que voilà une messe en si mineur intime, allante, dépouillée mais profonde également. Définitivement une approche de type protestant plutôt que catholique (Munchinger, Karajan, Jochum). À mi-chemin entre la retenue de René Jacobs et le côté festif, voire truculent de Munchinger.
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draffin
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Mer 2 Sep 2015 - 3:44

André a écrit:
Le disque est complété par le Concerto pour orgue, timbales et cordes de Poulenc.

J'ai un gros faible pour cette œuvre (ce qui revient à dire que j'aime le tablier de sapeur lyonnais). Et cette version d'Ozawa occupe une place de choix dans ma discothèque. D'ailleurs, j'en suis tellement satisfait que je n'ai jamais cherché à écouter cette œuvre dans une autre version.
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LeKap
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Mer 2 Sep 2015 - 19:33

C'est toujours un plaisir de lire tes commentaires André
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 3 Sep 2015 - 1:48

Merci ! Wink

J'en suis maintenant aux Gurrelieder de Schoenberg, un des phares de la discographie ozawaienne. Édité sur Philips, le nouveau label du BSO à l'époque, cet enregistrement date de 1979.. On y retrouve dans les rôles principaux l'immense James McCracken, l'immense Jessye norman et l'immense Tatiana Troyanos. Le récitant est Werner Klemperer, acteur de comédies télévisées très populaires aux USA et, accessoirement, le fils de l'autre.

D'entrée de jeu je confesse être toujours en phase d'apprentissage des Gurrelieder, dont je ne possède un disque - deux en fait - que depuis une couple d'années (Gielen sur Hänssler et Kegel sur Berlin Classics). Je me demande toujours ce qui fait courir les foules dans cette oeuvre. Mais ce n'est pas ici le fil des Gurrelieder, donc je reviens à cette production fameuse.

J'ai en fait déjà vendu la mèche en qualifiant d'immenses les chanteurs des rôles principaux - Waldemar et Tove en particulier. J'entends ici une égalité de volume, d'ambitus, de couleurs et de projection vocales qui met les deux chanteurs à égalité. Une version italienne aurait eu Del Monaco et Tebaldi comme protagonistes.

McCracken était un chanteur du Met, rarement actif sur les scènes dites internationales. Fameux Otello, Canio, Don José, Radamès, il avait un timbre dont les vibrations rappelaient Domingo, mais dont la puissance de projection s'approchait de celle d'un Vickers ou d'un Del Monaco. Un ténor barytonnant. Le défaut de la cuirasse était une voix dont les différentes parties laissaient entrevoir beaucoup de coutures grossières, voire même déplaisantes. Il avait cependant un charisme remarquable.

Norman est ici une Waltraute Tove saisissante de charme , de noblesse et de puissance retenue. La voix est simplement parfaite pour le rôle, du moins à mes oreilles inexpérimentées. C'est toujours un immense plaisir d'entendre cette voix royale - même si parfois on lui souhaiterait plus de gouaille ou de simplicité dans l'énonciation du texte.

OZAWA maintenant: il faudrait que je réécoute Gielen et Suitner, leurs orchestres et leurs chanteurs pour me faire une idée plus précise. Pour Waldemar et Tove c'est déjà fait: "game set and match" pour ce disque DGG/Philips. Ce qui me frappe lors de ces écoutes (trois en deux jours) est le raffinement sonore des vents de l'orchestre et la transparence de la prise de son. Pour ce qui est des vents, je peux dès lors exprimer ma préférence pour ceux de Boston: à Baden-Baden et à Leipzig ils agissent plus comme un orgue (registres très fondus avec des percées ici et là). Les bostonniens ont cette faculté de parler avec individualité mais dans un ensemble parfait. La différence est que les américains sont familiers avec Ravel, les allemands pas. Ozawa est ici le serviteur parfait d'une partition faisant appel autant à l'instant présent (le prisme de différentes couleurs intervenant simultanément) et du mouvement général - l'élan symphonique typiquement germanique des parties chorales.

Je serai heureux d'entendre les recommandations pour cette oeuvre que je dois approfondir.


Dernière édition par André le Jeu 3 Sep 2015 - 2:25, édité 1 fois
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Xavier
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 3 Sep 2015 - 1:51

André a écrit:


Je serai heureux d'entendre les recommandations pour cette euvre que je dois approfondir.

Ben c'est là: http://classik.forumactif.com/t2134-schoenberg-operas-et-oratorios
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 3 Sep 2015 - 2:04

Petit post rapido presto pour le disque Berliner Philharmoniker DGG de Prokofiev comprenant la 5ème symphonie et la suite Lieutenant Kijé (avec Andreas Schmidt dans les deux brefs morceaux vocaux).

Datant de 1991, cette production a la particularité d'avoir été enregistrée, non dans la Philharmonie, mais bien dans la Jesus-Christus Kirche, site de tant de triomphes phonographiques pour le label jaune. Et c'est tant mieux: on y entend les couleurs de l'orchestre (particulièrement les percussions) de façon quasi miraculeuse. L'interprétation est excellente - mais je n'en connais pas de mauvaise. À placer au même niveau (mais pas plus haut) que Koussevitsky BSO, Szell Cleveland O. ou Karajan BP. Ozawa tire cette musique du côté de Roméo et Juliette. Ce qui n'est pas une indication de faiblesse ou de mièvrerie: R&J est une oeuvre extraordinaire dont les mouvements les plus puissants sont à tomber sur le c...

En passant ce R&J est un des meilleurs disques du BSO sur DGG durant la période Ozawa. Comment se fait-il qu'il ne fasse pas partie de ce coffret ?   scratch

Le complément, astheure: Lieutenant Kijé est ici présenté avec la participation du baryton Andreas Schmidt. C'est un très bon enregistrement, peut-être pas aussi drôlatique que Dorati ou virtuose que Ormandy, mais parfaitement à sa place dans cette production majeure.
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 3 Sep 2015 - 2:10

Xavier a écrit:
André a écrit:


Je serai heureux d'entendre les recommandations pour cette euvre que je dois approfondir.

Ben c'est là: http://classik.forumactif.com/t2134-schoenberg-operas-et-oratorios

Ah bon ? Pourtant ce n'est ni un opéra ni un oratorio. J'aurais dû lire plus avant, désolé.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 3 Sep 2015 - 2:18

Oui, ni une cantate, ni rien de très défini!... On peut mettre ça à mi-chemin de l'opéra et de l'oratorio quand même. (un peu comme la Damnation de Faust, quoi)
En tout cas les 3/4 de ce sujet sont consacrés aux Gurrelieder.
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 3 Sep 2015 - 2:28

Ok, merci. Au moins je sais que je dois explorer Chailly pour les Gurrelieder. Je pourrai alors me faire une meilleure idée, merci !
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Lun 14 Sep 2015 - 22:10

Prokofiev (concerto no 2 en sol mineur) et Ravel (concerto en sol majeur). Berliner Philharmoniker, Yundi Li.

Je n'attendais pas ce pianiste dans le 2ème de Prokofiev, souvent abordé comme une oeuvre d'affirmation, voire guerrière. Avec Li il y a une transparence et un fini qui ne sont pas en contradiction avec l'écriture pianistique (genre grosse araignée qui tisse sa toile avec art pour mieux y attraper des proies).

Danc le Ravel, j'applaudis à la délicatesse et au ciselé de la partie orchestrale, laquelle se colle à la partie de piano comme deux amibes s'interprénétrant.

L'orchestre est très bien capté, Ozawa ne se donne pas en spectacle, le tout est très bien rendu.
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 17 Sep 2015 - 2:31

Une version extraordinairement raffinée de la célèbre Symphonie alpestre de R. Strauss conclut ce coffret que dans l'ensemble je qualifierai de superbe. Non pas tant pour des réussites individuelles singulièrement marquantes, mais plutôt en ce qu'il révèle l'art de la direction d'orchestre sans ostentation comme Monteux, Martinon, Blomstedt ou Haitink l'ont pratiqué. On n'entend jamais le chef prendre son pied ou son contre-pied, il respecte trop la musique pour se mettre en avant. Perso, il me fait entendre certaines nuances et une continuité dans le discours qui ne sont pas l'apanage de tous les chefs, loin de là.

À titre d'exemple, ce monument de la littérature pour grand orchestre, qui trouve ici une illustration fraîche, jeune, délicate du discours straussien, qui d'ordinaire est beaucoup plus massif et coloré, plus gras et robuste. Ozawa tire la trame orchestrale du côté des opéras tels que Capriccio et Ariadne. Les WP sont un enchantement de tous les instants. Quelle phalange diaphane et iridescente, jamais blasée dans l'expression de son plaisir de faire de la musique!

Parmi les réussites sans réserve, méritant une place parmi les meilleures ou pas loin dans l'ensemble de la discographie:

Dvorak: La Sorcière du midi
Strausss: Eine Alpensinfonie
Schoenberg: La Nuit transfigurée et les Gurrelieder
Bach: la Messe en si mineur
Stravinsky: Apollon musagète (une oeuvre que j'ai toujours un peu de difficulté à piffer)
Schubert: la neuvième symphonie
Poulenc: le concerto pour orgue, cordes et timbales
Mendelssohn: A Midsummer Night's Dream
Prokofiev : la cinquième symphonie

Dans ces interprétations j'entends un raffinement et une pudeur qui contribuent à l'expression de la musique comme une organisation des sons destinée à procurer une joie des sens.

Aucun des disques avec soliste concertant ne me semble figurer parmi les meilleurs, ne serait-ce que parce que, par définition un concerto avec soliste met davantage le focus sur l'instrument que sur le chef. Il y a ici du Prokofiev, du Stravinsky, Chostakovich (2), Tchaikovsky, Sibelius, Takemitsu, Schumann-Chostakovich, Berg. Ozawa ne me semble pas être le facteur déterminant de la réussite de ces interprétations. DGG aurait pu ajouter l'excellent Empereur avec Eschenbach et le Boston Symphony, une version qui se compare aux meilleures.
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Jeu 17 Sep 2015 - 13:30

Merci beaucoup à André et LeKap sans qui je n'aurais pas le coffret Ozawa de Deutsche Grammophon que je viens juste de recevoir. Maintenant qu'André semble conclure sa revue, je débute mes écoutes mais ne puis promettre d'en dire autant et aussi bien que lui. Tout juste puis-je jurer de n'ajouter qu'un silence contemplatif et conquis, à ses commentaires, comme déjà à la musique dirigée par Seiji Ozawa : concerto de Schumann et maintenant Ravel.
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Lun 21 Sep 2015 - 12:31

Rock le brave a écrit:
Merci beaucoup à André et LeKap sans qui je n'aurais pas le coffret Ozawa de Deutsche Grammophon que je viens juste de recevoir. Maintenant qu'André semble conclure sa revue, je débute mes écoutes mais ne puis promettre d'en dire autant et aussi bien que lui. Tout juste puis-je jurer de n'ajouter qu'un silence contemplatif et conquis, à ses commentaires, comme déjà à la musique dirigée par Seiji Ozawa : concerto de Schumann et maintenant Ravel.


Bonjour RLB

En fait, c'est exactement comme moi
André en parle tellement bien , que je la ferme et me contente d'écouter
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Lun 21 Sep 2015 - 16:45

mains
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Sam 3 Oct 2015 - 1:16

J'ai été suffisamment impressionné par ce coffret pour explorer plus avant. J'ai acheté le double Decca contenant les 4 symphonies de Brahms, avec les Saito Kinen, enregistré au début des années 90. Ce soir j'ai écouté la Première.

D'entrée de jeu Ozawa montre d'évidence qu'il connaît son Brahms. Il existe d'ailleurs un disque de vingt ans antérieur (?) sur DGG avec les Boston Symphony. 

Avec son orchestre japonais, Ozawa obtient une pâte solide, une sonorité dense, des textures transparentes. Les timbales sont très présentes, l'harmonie un peu en retrait, les cordes soyeuses mais collectivement 'ramassées' dans l'espace. Ce n'est pas du Brahms pelucheux (Barbirolli, Boult). Le premier mouvement est attaqué avec une mâle bravoure, un assaut frontal qui ne laisse aucun doute que la propulsion du matériau orchestral sera au coeur de l'affect. Pas de reprise dans ce mouvement, ce qui est en accord avec une interprétation qui privilégie un rythme soutenu tout du long. Dans l'Andante on peut entendre les qualités purement instrumentales des solistes du Saito Kinen (il s'agit de solistes ou de premiers pupitres d'autres orchestres réunis le temps d'un festival annuel, un peu comme à Lucerne). Malgré tout Ozawa entraîne son monde sans ralentir la cadence (c'est terminé en 8:15). Le III est très allegretto sans être indûment grazioso


Le Finale est tout d'une pièce et me rappelle plusieurs autres versions que j'aime beaucoup. Non par imitation, mais par la personnalité conquérante qui s'en dégage. Encore là c'est turbopropulsé, à l'exact inverse des versions Giulini (3) qui ont tendance à s'alourdir et ralentir avec le passage des ans. J'adore Giulini LAPO et je peux prendre mon pied avec les WP dans ce qui est une version objectivement glacée, somptueuse, sombre et fortement typée.  Mais je préfère un Böhm à Munich ou Berlin ou même Vienne, un Munch à Boston, ou un Ozawa à Saito. On a ici une combinaison de noirceur et d'intensité rythmique, une plastique sonore raffinée et une discipline dans l'expression qui emportent l'argument vers des sommets toujours plus exaltés. Superbe énonciation du thème aux cors, suivi de l'écho donné par les flûtes. Les trombones sont superbes d'intonation. La péroraison n'est jamais vulgaire, simplement musicale dans son emportement. 

Il y a une éternité que je n'ai entendu la version Ozawa-Boston (vinyle) mais je me rappelle une prestation aux couleurs plus affirmées, mais aussi des textures et une rythmique plus entendues, plus conventionnelles. À Saito Ozawa a acquis une sagesse et une maturité qui demeurent assujetties à un élan omniprésent. Légèrement plus acéré.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Sam 3 Oct 2015 - 12:24

André, au sujet de la symphonie n°1 de Brahms, a écrit:

Il existe d'ailleurs un disque de vingt ans antérieur (?) sur DGG avec les Boston Symphony. 


alien Pour être plus précis, cet enregistrement fut réalisé entre le lundi 28 mars et le samedi 2 avril 1977.
En cette année-là, le printemps s'annonça précocement sur Boston : le 13 avril, on dépassait déjà les 30°C.

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anaëlle
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   Ven 27 Juil 2018 - 22:15

Mélomaniac a écrit:
anaëlle a écrit:

https://www.amazon.fr/Phillips-Years-Seiji-Ozawa/dp/B00MG8V7MY


colors Plein de jolies choses chatoyantes dans ce coffret : Schéhérazade, les Planètes, l'Alpensinfonie, les Carmina Burana...
Je ne connais pas trop la dernière période d'Ozawa, avec son orchestre nippon, mais dans sa discographie antérieure on trouve de solides références, notamment à Boston les symphonies de Mahler et les Gurrelieder.
Concernant les poèmes symphoniques de Dvořák, le plus célèbre et réussi me semble L'Ondin -non présent dans ton coffret,
mais tu sauras certainement en dénicher une bonne version (Talich, le plus stimulant).



Oh oui, sa Shéhérazade est vraiment somptueuse, quelles couleurs ! (et quelle orchestration)
Ses Mahler sont excellents, aussi.
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MessageSujet: Re: Seiji Ozawa   

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Seiji Ozawa
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