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 Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort

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Polyeucte
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MessageSujet: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 15 Aoû 2010 - 17:37

Contexte de l'écriture :
Moussorgsky composa des pièces toujours très personnelles. Depuis les fameux "Tableaux d'une Exposition" jusqu'à "Boris Godounov". Parmi ses mélodies, il composa trois cycles : "Les Enfantines", "Sans soleil" et "Chants et Danses de la Mort". Si Sans soleil est d'une grande tristesse, "Chants et Danses de la Mort" sont quant à elles particulièrement lugubres et glauques!
Il faut dire qu'à l'époque de la composition, Moussorgsky était dans une période très sombre. En effet, dans les années qui suivirent 1874 (année de compositions de "Sans Soleil" ou encore "Tableaux d'une Exposition" par exemple), le sors semble s'être acharné sur lui. Son problème d'alcoolisme s'aggrava, poussé à essayer d'oublier les différents décès qui l'entouraient. Mais dans ces années de désespoir, émergèrent les quatre mélodies qui forment peut-être ce qu'il a composé de plus fort et de plus personnel.
Les poèmes sont d'un de ses amis, Arseny Arkadyevich Golenishchev-Kutuzov ( hehe ) qui partagea son appartement pendant un certain temps avant de se marier.
Composées en 1877, Moussorgsky n'aura pas le temps d'orchestrer la partition et ce seront donc Glazunov (Berceuse et Trepak) et Rimsky-Korsakov (les deux autres) qui l'orchestreront peu de temps après sa mort.
Puis en 1962, ce sera au tour de Shostakovich d'en faire une autre version orchestrale, dédiée à Galina Vishnevskaya.


La version de Shostakovich :
Le 22 février 1961, Galina Vishnevskaya chantait un récital comprenant les "Chants et Danses de la Mort" dans sa version pour piano et des compositions de Shostakovich (parmi lesquelles "Tableaux du passé"). Accompagnée par son époux Rostropovich, Vishnevskaya fit très forte impression et fit découvrir les mélodies de Moussorgsky une nouvelle fois à Shosta. Frappé par la force imprimée, il voulut en faire une version orchestrale et donc, l'été suivant, il envoya une partition à Galina Vishnevskaya avec sur la première page : "Je dédie cette orchestration des Chants et Danses de la Mort à Galina Pavlovna Vishnevskaya. D. Chostakovitch". Cette version fut créée le 9 février 1963 à Moscou sous la direction de Rostropovich et avec bien sûr Galina Vishnevskaya au chant!
Cette version s'est peu à peu imposée, et de nos jours, la seule version orchestrée qui subsiste est la version de Shostakovich. Il faut dire qu'ici, les paroles et les intentions de Moussorgsky sont poussées à l'extrême, l'orchestre grinçant et rugissant puis se faisant séducteur.


Les poèmes :
I. Berceuse :
Dialogue entre la mort et la mère d'un enfant malade.
Spoiler:
 
II. Sérénade :
La mort tente une jeune fille pour qu'elle se suicide
Spoiler:
 

III. Trépak (Danse russe) :
La mort danse dans la nuit glacée avec un paysan ivre.
Spoiler:
 

IV. Le Général d'Armée :
La mort regarde un champ de bataille, prête à récolter les morts.
Spoiler:
 


Petite discographie subjective :
Version originale pour piano :
196? : Arkhipova/Wustman : Si la voix d'Arkhipova reste très à l'aise avec la tessiture, il ne se passe malheureusement pas grand chose dans cet enregistrement. Seul le "Général d'armée" la trouve impressionnante. Le pianiste est au diapason de la mezzo…

1961 : Vishnevskaya/Rostropovich : C'est quelques mois après les avoir chantés devant Shostakovich que la soprano grava cette version magistrale du cycle. La voix est clairement encore soprano, et du coup cette version surprend. Mais l'intelligence et la personnalisation sont fulgurantes! Dès la "Berceuse", le dialogue s'engage entre la voix "normale" et une autre grinçante et sinistre. La "Sérénade" trouve là encore une couleur différente des deux précédentes, douce et caressante, elle hypnotise et séduit! Le "Trepak" par contre montre déjà le caractère inhumain de la mort et c'est avec grincements et graves poitrinés que la danse macabre entraîne le paysan vers la mort! Pus enfin la démesure pour le "Général d'Armée"! Aigus tranchants et voix métallique!
Vishnevskaya présente donc ici une vision très personnelle et forte. On aime ou on n'aime pas, mais on ne reste pas indifférent en tout cas! C'est à trembler! Et Rostropovich pousse le piano sur les mêmes cimes pour créer des climats immenses.

1971 : Talvela/Gothoni : Si la voix de Talvela est magnifique, très bien en place pour la "Sérénade", l'interprétation reste assez premier degré, sans beaucoup de sensibilité et de volonté de caractériser cette mort multifacettes… C'est très lisse et beau, mais Moussorgsky doit-il être lisse et beau? Même son "Général d'Armée" n'a pas toute la puissance qu'on pourrait attendre de cette grande voix. Un rendez-vous raté ou une inadéquation à ce cycle?

1993 : Ghiaurov/Dokovska : Passé sa crise vocale des années 80, Ghiaurov peut se mesurer à ces mélodies et y propose une interprétation carnassière, noir et sombre. Point ici de cri ou de hurlement. C'est l'irrémédiable mort qui arrive, sachant qu'elle aura ce qu'elle veut! Faisant sonner son bronze quelque peut terni dans la "Berceuse", le côté sinistre est superbement rendu, la voix s'animant lors des dialogues de la mère. La "Sérénade" se rappelle le Don Giovanni, allégeant et arrondissant les angles, proposant cette longue mélodie sans rupture et d'un ton quelque peu détaché. Petit à petit le personnage se dessine à mesure que la voix se libère pour finir sur un dernier mot qui englouti tout! Le "Trepak" met quelque peu en difficulté Ghiaurov par les aigus revenant souvent. Il chante cela à la manière d'une chanson populaire. Pour le "Général d'Armée", le bronze résonne et brille dans les parties de la mort, alors que sinon les murmures sont beaucoup plus ternes et sombres. Une version assez belle, mais qui me touche principalement par la présence de Ghiaurov et son timbre.

1993 : Leiferkus/Skigin : Leiferkus montre dès le début son adéquation à ce cycle. La voix déjà possède ce timbre si particulier qui rend inquiétant tout ce qu'il chante. Sachant magnifiquement créer le dialogue de la "Berceuse", il se fait reptilien pour la sérénade, prenant petit à petit plus d'emprise sur la jeune fille. Avec Trepak, le caractère carnassier arrive, se cachant de moins en mois derrière les joliesses. Puis, final de ce grand crescendo, le "Général d'Armée " arrive, implacable et sec. On peu imaginer, avec cette voix sèche et droite, le squelette sur son cheval, attendant les morts. Il y a une sorte de jouissance dans cette façon de chanter, jouissance de se renforcer! Vraiment génial! Et bel accompagnement de Skigin, même si Leiferkus vole totalement la vedette!


Orchestration de Glazunov et Rimsky-Korsakov :
1956 : Christoff/ Tzipine : Occasion rare d'écouter la première version orchestrale du cycle. Christoff commence par un "Trepak" (l'ordre est modifié dans cette version) impressionnant et ironique. La "Berceuse" serait à donner des cauchemars à l'enfant tellement elle est noir! Point ici de séduction ou de second degré : la mort veut et elle prend. La "Sérénade" par contre trouve Christoff plein de nuances et allégeant énormément, malgré tout on le voit venir de très loin, restant tout de même très noir et mauvais. Le "Général d'Armée" est d'une grande stature, particulièrement impressionnant par l'autorité sans appel de ce bloc de haine massif.
Version intéressante pour Christoff et l'orchestration. Mais on trouvera mieux ailleurs pour l'œuvre en elle-même.


Orchestration de Shostakovich :
1963 : Vishnevskaya/Rostropovich : Enregistré en direct lors de la création de cette version, Vishnevskaya possède encore toute sa voix. Totalement bluffante dans la "Berceuse", on a l'impression d'entendre deux chanteuses se répondant tellement l'émission est différente. La mort semble mezzo grinçante là où la mère semble soprano lyrique. Le frémissement de l'une répondant à la résolution froide de l'autre. Dans "Sérénade", la voix est d'une fermeté impressionnante autant que séductrice. Pour le "Trepak", c'est une voix droite; suivant les courants d'airs de la tempête qui introduit la danse, avant de devenir grinçante et dansante par la suite, entraînant le paysan dans une course folle. Tenant cette danse d'une main de glace et d'une voix de fer, on est entraîné dans le cauchemar du pauvre homme. Le "Général d'Armée" est marqué par une clarté d'émission tranchant avec l'orchestre bouillonnant. Sans réplique, cette mort est froide et oppressante, enlevant tout espoir de repos final. La direction de Rostropovich met en lumière magnifiquement les propositions de Shostakovich, accompagnant sa femme avec la même démesure que ce qu'elle peut donner à l'interprétation chantée. La version qui m'a marqué au fer rouge pour longtemps je pense. Tellement puissante et sombre, totalement vécue et ressentie. S'il ne devait en rester qu'une, ce serait sans conteste celle-ci pour moi! Totalement galvanisée par le public lors de cette création, il y a déjà presque toute l'interprétation de 1976, mais avec la voix en très grande forme en plus et un accompagnement beaucoup plus efficace.

1976 : Vishnevskaya/Rostropovich : A cette date, la voix de la soprano est déjà assez amochée… Elle est beaucoup plus à l'aise dans les graves qu'avant, mais la voix possède un vibrato qui peut être dérangeant. Dès la "Berceuse", c'est une vision inhumaine qui s'impose, la soprano arrachant certains passages en parlant, en tirant sur une note. L'expressionnisme est ici roi! Par volonté plus que par perte de voix tout de même, la mère retrouvant un chant beaucoup plus lyrique et rond. Dans la "Sérénade", la voix se fait plus légère, presque aérienne pour la première partie, malgré quelques grave qui déjà préfigurent la suite oppressante. Car la partie plus rapide s'impose non comme une douce sérénade mais plus comme une danse infernale qui entraînera la jeune fille dans les ténèbres! Le chant se fait haché et saccadé, impérieux et puissant. Par contre, le vibrato empêche quelque peu la tenue voulue par moments. Ne cherchant nullement à faire jolie, "Trépak" dévoile la voix de Vishnevskaya a nu, avec ses stridences, ses graves poitrinés et son vibrato. Totalement crispant, c'est la mort dans sa dimension la plus sordide ici. Chant de joie et de jubilation, la Mort se réjouie dans le "Général d'Armée". D'une autorité froide et glaçante, la mort prend ses morts avec bonheur et violence! Version expressionniste s'il en est, cet enregistrement montre la personnification extrême de ces mélodies par Vishnevskaya. Totalement crispant et terrifiant, cela peut choquer, mais reste marquant! L'orchestre par contre est totalement oblitéré par la performance de la soprano!

1989 : Arkhipova/Svetlanov : Alors qu'elle était très plate en studio accompagnée au piano, ce témoignage en direct dirigé par Svetlanov montre une Arkhipova beaucoup plus incisive et violente. Même si la voix est moins aisée qu'avant l'intelligence d'interprétation est plus grande, différenciant beaucoup mieux les deux personnages de la "Berceuse" et sachant se faire plus envoûtante dans la "Sérénade". Dans "Trepak", les nuances sont bien marquées, rendant saillant certains passages. Son "Général d'Armée" retrouve les qualités du studio, avec plus de vie et de hargne encore. Belle version, plus pour montrer Arkhipova dans une meilleure interprétation que celle du studio. Direction de Svetlanov très bonne, suggestive et ironique.

1994 : Hvorostovsky/Gergiev : Dès la "Berceuse", on voit que nous ne serons pas ici dans la sobriété. Ainsi, la mort se fait grinçante et sinistres immédiatement. La mère éplorée restant du coup très discrète et peu vraisemblable. La "Sérénade" possède un galbe magnifique, enchanteresse, elle ne peut que tenter la jeune fille par la beauté du timbre et cette longueur de souffle. Puis le chant se fait plus haché, plus possessif, signifiant bien l'emprise progressive de la mort sur l'esprit de sa proie… finissant sur un aigu qui coupe toute possibilité de survie. "Trepak" est mené à une vitesse assez inhabituelle, sautillante et virevoltante par moments avant de replonger dans les tourbillons de la tempête. Hvorostovsky montre un caractère joueur de la mort, s'amusant visiblement à entraîner ce pauvre homme dans la mort. Pour le "Général d'Armée", la voix manque de quelque chose d'inhumain pour le coup. Le timbre rond et chaud ne convient pas trop à la personnification de la grande faucheuse. Diverse et non homogène, il n'en reste pas moins que cette version est intéressante, mais loin d'être une priorité! Gergiev très bien pour faire sonner l'orchestre et imposer sa marque (dans "Trepak" particulièrement") par ses changements de rythmes.

2002 : Podles/Kontorovich : Sa voix ronde et profonde fait merveille ici. La "Berceuse", chantée avec calme et retenue, avec seulement ces "Chut" qui peuvent interpeller par leur caractère sinistre. Et puis ce dernier, qui claque comme une porte qui se ferme. La "Sérénade" continue sur la même délicatesse, chantée à mi-voix, susurrée au creux de l'oreille… pour se terminer par une possession implacable. "Trepak" marque un contraste. Ici, les effets sont beaucoup plus marqués, avec des graves poitrinés (alors qu'elle n'était pas obligée du tout) et des notes piquées. C'est véritablement ici une danse traditionnelle avec ses accès de fureur. Pleine de nuance, cette danse nous emporte donc dans la tempête et ne nous lache pas! Avec sa voix d'outre tombe, Podles ne fait qu'une bouchée du "Général d'Armée", sorte de trompettes du jugement dernier avec ce timbre si particulier. L'orchestre est à la même hauteur d'excellence que la chanteuse, sachant mettre en avant les climats de la partition, montrant la tempête, faisant raisonner les éclats saillants. Une version fascinante : Podles d'une intelligence rare et cette voix si particulière…



Voici donc un mot sur ces "Chants et Danses de la Mort". Cela fait partie des cycles de mélodies qui me fascinent, au même titre que le "Poème de l'Amour et de la Mer", les "Nuits d'Eté" ou encore les "Wesendonck-Lieder".
Toujours à la recherche de nouvelles découvertes, je suis preneur de toute autre proposition de version!

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 15 Aoû 2010 - 18:36

Tu veux bien nous faire le plaisir de doublonner ce début en Gé, STP ? cheers

Tu ne dis pas de qui sont les traductions... elle sont de toi ? Smile

Perso, je n'écoute pas ça tous les jours, mais quand je le fais, j'aime beaucoup Tourel / Bernstein (oui, c'est mal).
J'avoue qu'il faudrait que je retente Hvorostovsky qui ne m'a pas laissé de souvenir spécialement saillant (si ce n'est que c'était très bien).

Il me semble avoir vu que Kotcherga avait fait ça en concert, ça m'intéresserait beaucoup, il faudra que je me mette en quête. bounce
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 15 Aoû 2010 - 21:38

DavidLeMarrec a écrit:
Tu veux bien nous faire le plaisir de doublonner ce début en Gé, STP ? cheers

T'es sûr qu'il y aura assez de discutions pour alimenter deux sujets?

Citation :
Tu ne dis pas de qui sont les traductions... elle sont de toi ? Smile
De Michel Roubinet... je ne parle le russe malheureusement...

Citation :
Perso, je n'écoute pas ça tous les jours, mais quand je le fais, j'aime beaucoup Tourel / Bernstein (oui, c'est mal).

Ah? tiens je connais pas... faudra que j'écoute ça...

Citation :
J'avoue qu'il faudrait que je retente Hvorostovsky qui ne m'a pas laissé de souvenir spécialement saillant (si ce n'est que c'était très bien).

Oui, c'est bien le soucis en fait...

Citation :
Il me semble avoir vu que Kotcherga avait fait ça en concert, ça m'intéresserait beaucoup, il faudra que je me mette en quête. bounce

Oui, ça existe je crois, dirigé par Abbado en plus... jamais écouté...

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 15 Aoû 2010 - 22:00

Polyeucte a écrit:
T'es sûr qu'il y aura assez de discutions pour alimenter deux sujets?
Peu importe, il nous FAUT ça en rubrique Gé !

Citation :
Oui, ça existe je crois, dirigé par Abbado en plus... jamais écouté...
Je crois que j'avais eu ça entre les mains que je l'avais à peine mis, ou pas du tout. pale
Si c'est édité, tant mieux, je pourrai le retrouver.
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Jorge
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 15 Aoû 2010 - 22:05

Très intéressant sujet et très belle découverte.

Pour Podles, j'ai trouvé un enregistrement voix/piano (avec Ohlsson) et un enregistrement voix/orchestre (avec Orbelian et l'orchestre philharmonique de Russie) mais pas celui dont tu parles... Connais-tu aussi ces versions ?

Vines' est très incarnée mais le vibrato gène un peu parfois (version 76). Il se dit et se passe quelque chose en tout cas
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 15 Aoû 2010 - 22:22

Jorge a écrit:
Pour Podles, j'ai trouvé un enregistrement voix/piano (avec Ohlsson) et un enregistrement voix/orchestre (avec Orbelian et l'orchestre philharmonique de Russie) mais pas celui dont tu parles... Connais-tu aussi ces versions ?

Non, je les ai vues passer, mais jamais écoutées...

Citation :
Vines' est très incarnée mais le vibrato gène un peu parfois (version 76). Il se dit et se passe quelque chose en tout cas

Dans ce cas, essaye de trouver ce CD :

Mussorgsky: Songs and Dances of Death (orch. Shostakovich); Shostakovich: Seven Romances to Poems by Alexander Blok;
Shostakovich: Satires (Pictures of the Past);
Prokofieff: Five Poems by Anna Akhmatova

Elle est plus jeune (1963) et c'est tout aussi impressionnant! Mais plus chanté! Very Happy

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Sam 11 Sep 2010 - 23:08

2007 : Finley/Drake : Eh oui, encore une version (que j'avais en fait oublié de mettre avant...) Cette version est assez glaçante. Non pas par l'expressionnisme de certains ou par le timbre d'autres, mais plus par le recul que prend Finley. Il nous chante ces mélodies comme auraient peu le faire des chanteurs comme DFD je pense : à la manière d'un Lied. Ici tout est musical et chanté, mais cette distanciation donne un côté inéluctable et sûr de lui qui fini par glacer! Que ce soir la Berceuse du début, inéluctablement froide et directe ou le Sérénade : la séduction est plutôt remplacée par un conviction que de toute façon, elle finira pas céder! Si le Trepak donne souvent droit à des débordements, là non! C'est l'hiver qui prend sa proie sans joie, mais parce que c'est sa façon de vivre! Et enfin de Général plus comptable que fou de guerre, méthodique et froid. Finley apporte donc sa vision froide et claire de ce cycle et c'est assez troublant et fascinant! Drake l'accompagne magnifiquement, de façon là aussi très froide, ménageant de ralentissement ou de blancs pour accentuer les effets. Une super belle version en fait!

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Xavier
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Ven 4 Fév 2011 - 1:39

Quelqu'un a écouté Fassbaender/Järvi?
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Iskender
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Ven 4 Fév 2011 - 13:17

Xavier a écrit:
Quelqu'un a écouté Fassbaender/Järvi?

Et Lloyd / Jansons ? (1995- version Chostakovitch)
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aurele
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 6 Fév 2011 - 22:29

Vishnevskaya/Rostropovich, 1976 :

Wolferl a écrit:
Oui, les mélodies sont superbes, mais là... Confused

J'en ai un très mauvais souvenir aussi bien pour Vishnevskaya (que je peux apprécier en temps normal, mais là je trouve vraiment ça ingrat), que pour l'orchestration de Chosta qui ne me semble pas du tout adaptée à cette musique.

Cette oeuvre est une découverte pour moi et je n'ai donc pas de points de comparaison. Néanmoins, je trouve Vishnevskaya magnétique et le grave est extraordinaire. C'est extrêmement habité comme interprétation et elle prend toute la place comme l'a fait remarqué Polyeucte. Je ne connais pas encore beaucoup la dame et je n'avais pas vraiment aimé sa Marina dans Boris Godunov dans l'enregistrement de studio de Karajan, pourtant antérieur.
Quels sont les pochettes s'il te plaît des autres versions avec Vishnevskaya?
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 6 Fév 2011 - 22:40

aurele a écrit:
Quels sont les pochettes s'il te plaît des autres versions avec Vishnevskaya?


orchestration de Shosta, en public, création de cette version

Pour l'autre, je ne trouve pas la pochette...

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aurele
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 6 Fév 2011 - 22:45

Ok. Tu te rappelles chez qui elle était publiée néanmoins?
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 6 Fév 2011 - 22:50

Oui, c'était chez Philipps...

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aurele
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Dim 6 Fév 2011 - 22:51

Polyeucte a écrit:
Oui, c'était chez Philipps...

J'espère tomber dessus pour comparer.
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ovni231
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Ven 13 Jan 2012 - 11:33

Il existe aussi une version orchestrale (complète) de Denisov avec Rozhdestvensky à la direction et Nesterenko au chant soliste. Par contre, je n'ai pas encore trouver d'image de la pochette (je n'ai qu'une version originale numérisée d'un vynil "Melodya" de 1989, donc j'espère qu'il y aura une réédition très prochainement.)bounce
Sinon, au niveau de l'interprétation, c'est très immédiat, avec beaucoup de conviction de la part de Nesterenko, Gennady dirigeant toujours comme un chef ! C'est une version intéressante en tout point. Très intéressant aussi, notons la présence sur ce vynil d'une version orchestrale (aussi complète) de "Sans Soleil", orchestration offerte aussi par Denisov.


Edit : J'ai trouvé, par contre, sur Google une pochette de Nesterenko interprétant "Sans Soleil" (disque melodya). Mais pas sûr que ce soit la même version, il y a pas de précision au sujet de l'accompagnant... En tout cas, il y a du Tchaïkovsky avec, donc sûrement un moment de plaisir musical...

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gilles78
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Sam 14 Jan 2012 - 18:56

Félicitation pour le sujet et son développement
Une version intégrale avec Gmyria existe en disque vinyle, ainsi qu'une version avec Alexis Ivanov que je viens de mettre dans musique ouverte.
Des versions isolées de grands interprètes russe incontournable Nelepp Reizen Kozlovsky et Pirogov mis en ligne Very Happy
Bonne écoute


Dernière édition par gilles78 le Sam 14 Jan 2012 - 20:39, édité 1 fois
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Sam 14 Jan 2012 - 20:08

Merci! cheers
Le Général par Kozlovsky, c'est assez génial je trouve! Very Happy

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bAlexb
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Jeu 19 Jan 2012 - 10:02

Polyeucte a écrit:
Merci! cheers
Le Général par Kozlovsky, c'est assez génial je trouve! Very Happy

Superbe sujet que tu as créé, merci !
Ton avis sur la version de Silja : http://www.amazon.fr/Russian-songs-Rachmaninow/dp/B002BANC8Y/ref=sr_1_3?s=music&ie=UTF8&qid=1326962916&sr=1-3 ? C'est la version avec piano. Personnellement, je ne fréquente pas spécialement l'oeuvre ; à la rigueur, je serais plus familier des "Enfantines" (Seefried drunken !).
Avec son état du moment, avec ses raideurs, son tranchant (ce qu'elle transpire, pourtant, encore d'élégance dans le "traveling" de la Vocalise de Rachmaninov !), la voix de Silja m'apparaît comme une évidence dans ce cycle mortifère (j'aimerais l'entendre dans Erlkönig silent !). Il y a comme une intelligence naturelle de la voix à se couler dans le texte, sans apprêts, sans métaphysique, non plus ; il y a une logique d'immédiateté, ici, un théâtre plus vrai que nature, glaçant (la Sérénade) qui me retourne complètement.
Mais j'ai développé une telle affinité avec la voix de Silja que je passe peut-être à côté d'un contresens. D'où ma question initiale Embarassed ...
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Jeu 19 Jan 2012 - 10:13

bAlexb a écrit:
Superbe sujet que tu as créé, merci !
Mais de rien... et merci! Very Happy

Citation :
Ton avis sur la version de Silja : http://www.amazon.fr/Russian-songs-Rachmaninow/dp/B002BANC8Y/ref=sr_1_3?s=music&ie=UTF8&qid=1326962916&sr=1-3 ? C'est la version avec piano. Personnellement, je ne fréquente pas spécialement l'oeuvre ; à la rigueur, je serais plus familier des "Enfantines" (Seefried drunken !).
Avec son état du moment, avec ses raideurs, son tranchant (ce qu'elle transpire, pourtant, encore d'élégance dans le "traveling" de la Vocalise de Rachmaninov !), la voix de Silja m'apparaît comme une évidence dans ce cycle mortifère (j'aimerais l'entendre dans Erlkönig silent !). Il y a comme une intelligence naturelle de la voix à se couler dans le texte, sans apprêts, sans métaphysique, non plus ; il y a une logique d'immédiateté, ici, un théâtre plus vrai que nature, glaçant (la Sérénade) qui me retourne complètement.
Mais j'ai développé une telle affinité avec la voix de Silja que je passe peut-être à côté d'un contresens. D'où ma question initiale Embarassed ...

Pas écouté. Je reste marqué à vis je pense par ce que j'avais entendu de Silja en Herodias à Pleyel il y a quelques années Confused Confused (C'est super moche...
Après, sur le principe de ce que tu en dis ("raideurs", "tranchant") ça pourrait être intéressant, plus dans la lignée expressionniste d'un Vishnevskaya des années 70 voir même des années 60, où si la voix est à priori en meilleur état que celle de Silja (je me réfère cette fameuse Salomé hein...), elle est poussée dans ses retranchements les plus violents et presque laids par moments. Mais il n'empêche que j'en reste toujours marqué.
Si tu veux tenter, l'enregistrement de la création de l'orchestration de 63 est gigantesque!! Very Happy Very Happy

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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Mer 25 Jan 2012 - 11:55

Orchestration de Denisov :
1989 : Nesterenko/Rozhdestvensky : Version très intéressante principalement pour l'orchestration. Moins grinçante que ce que propose Shosta, elle se fait plus "folklorique" par ses couleurs. Ainsi, les deux premières mélodies sont baignées par exemple dans une sorte de souvenir rural plus que directement dans la torture... mais à travers ces couleurs et sonorités, on a quand même une sorte de glas lugubre derrière. Les suivantes s'enfoncent toujours dans le côté sombre, mais le Général en Chef par exemple ne possède pas la violence glaciale de ce que peut proposer Shosta! Question interprétation, un bien bel orchestre de Rozhdestvensky. Par contre, une interprétation un peu trop molle de Nesterenko qui reste un peu trop sur la beauté de sa voix...

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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Lun 22 Oct 2012 - 15:46

Que vaut ce live de Podles (programme palpitant sur le papier) : http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=747&cntnt01returnid=55 ?
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Lun 22 Oct 2012 - 15:55

C'est très chouette, mais je préfère Podles avec orchestre, son instrument écrasant un peu trop le piano je trouve... hehe
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MessageSujet: Re: Moussorgsky : Chants et Danses de la Mort   Mar 28 Mar 2017 - 13:11

Un autre enregistrement des Chants et danses de la mort avec orchestre, par un casting inhabituel : un live de février 1959 de Kim Borg, accompagné par le Concertgebouw dirigé par Jochum. On pourra être surpris de trouver Jochum dans ce répertoire, mais il faut se rappeler qu'il avait imposé sa vision de Boris Godounov, chantée en allemand avec Hans Hotter dans le rôle-titre ! Mais ici, les Pesni i pl'aski smierti sont bien chantés en russe.

Ce live a été publié par Tahra dans l'un de ses trois coffrets de 4 CD parus fin 2002 : https://www.amazon.fr/Jochum-Oeuvres-Beethoven-Moussorgski-coffret/dp/B00006RNHM/ref=sr_1_2?s=music&ie=UTF8&qid=1490698420&sr=1-2&keywords=tahra+jochum (c'est de loin ce qu'il y a de plus intéressant dans ce coffret, avec le Requiem allemand... et la discographie complète de Jochum dans le livret !).

L'interprétation abrupte de Kim Borg (voix magnifique comme toujours, et il se montre implacable sans chercher à en rajouter à l'horreur de ce qui est décrit) se marie parfaitement aux timbres légèrement "flous" de l'orchestre du Concertgebouw, qui semblent envelopper sa voix comme s'il était la Mort personnifiée surgissant dans le blizzard.


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