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 Bruckner-symphonie n°1

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aurele
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MessageSujet: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptySam 21 Aoû 2010 - 12:37

Pauken a écrit:
Le problème avec Chailly c'est qu'il est formidable dans le répertoire contemporain et lorsqu'il ne s'appuie pas sur un orchestre luxueux.

Dans son intégrale la 1ere avec le RSO est très bien vraiment

Pauken a écrit:
Symphonie N°1 : Abbado Vienne DG (le must , je connais aussi Barenboim qui est un peu plus lourd ... beaucoup même) et Wand Cologne (extrait de l'intégrale)

Zoilreb a écrit:
Symphonie no. 1: Eugen Jochum, Dresde (Emi)

Zoilreb a écrit:
Ecouté la 1ère symphonie par Chailly et le RSO Berlin (version de Vienne), ça m'a plus plût qu'à la première écoute, lecture claire et bel équilibre de l'orchestre, mais j'ai une très grande réserve concernant le 4ème mouvement qu'il prend vraiment trop lent et emphatique à mon goût… ça en devient très lourd. Et comme ça commence bien, mais que ça finit mal, l'impression générale est mitigée.

Ma préférence va toujours pour l'instant à Jochum/Dresde, mais si on n'a pas envie d'acheter le coffret (dans lequel il y a aussi une très belle 6ème et une très belle 9ème), alors on peut se replier sur Abbado à Vienne.

aurele a écrit:
J'ai découvert la symphonie n°1 dans l'interprétation de Jochum à la tête de la Staatskapelle de Dresde (intégrale EMI). C'est une oeuvre que je trouve belle, touchante. Jochum est génial dans sa direction. Il y a un vrai travail sur les couleurs de l'orchestre. C'est très contrasté comme interprétation, profond, dynamique, poétique. C'est également d'une grande puissance, un feu énorme. J'écouterai d'autres interprétations pour comparer.

Strad78 a écrit:
Les 1 et 2 peuvent être en outre écoutées dans des révisions différentes et intéressantes, par exemple :
* pour la 1 : dans sa version de Linz (1865-66) Neumann et le Gewandhaus (1967, Berlin Classics) - et dans sa révision de Vienne (1890-91) Wand et le radio symphonique de Cologne (1982, RCA)


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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 12:51

Les grandes premières de Bruckner ??
Sawallisch/radiodiffusion Bavaroise
Blomstedt/Gewandhaus Leipzig
Jochum/Dresde, aussi
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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 13:12

J'oubliais,
Abbado Lucerne...
Quel adagio, c'est magique...
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 13:16

Surprised Hors intégrale, mentionnons cette excellente lecture de Vaclav Neumann : http://www.amazon.fr/Bruckner-Symphonie-n%C2%B0-Vaclav-Neumann/dp/B0000669W6
 
 
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 16:03

Je seconde. La première par Neumann est impeccable. Pleine de feu, d'ardeur et de verdeur. Hors intégrale c'est un incontournable.

J'aime aussi beaucoup celle de Haitink avec le Concertgebouw. L'orchestre y fait montre d'un 'punch' peu courant et Haitink d'une alacrité qu'on ne lui prête habituellement pas. C'est ma version préférée à cause de la prestation de l'orchestre et la superbe prise de son. La direction de Neumann est un peu plus tranchante et vigoureuse. Ces deux versions sont mes préférées.

Des interprétations de Jochum, je préfère de loin celle faite à Berlin (DGG), solide, lumineuse et vigoureuse..

Également fort recommandables: Andreae (versions de Linz ET de Vienne), Abbado WP (Decca, je n'ai pas entendu la dernière en date sur DGG), Georg Ludwig Jochum et l'orchestre de la RIAS de Berlin ainsi que Rozhdestvensky avec l'orchestre de la radio et TV de Moscou (ne pas confondre avec celle de son intégrale avec un autre orchestre russe).
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 16:21

Non André.
La dernière en date de Abbado est celle en live de Lucerne en 2002.
C'est très très beau, orchestre superlatif, un adagio à faire pleurer les pierres, un scherzo bondissant et enfin un dernier mouvement annonçant le Bruckner bien plus tardif.... Celui de la 7 ou 8è.
J'ai écoute ceci tout à l'heure et j'ai été comblé.
Il s'agit le la version de Vienne et non celle de Linz
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 16:27

Smile Je n'ai pas compris ce que tu objectes à André.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 17:51

Non, non, je n'objecte rien.
J'apporte une précision; la dernière en date n'est pas Abbado et Vienne DGG, mais Abbado et l'Orchestre du festival de Lucerne en 2012.
C'est tout.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 19:33

Quand je disais "le dernière en date sur DGG" , il s'agissait bien du Wiener Philharmoniker, enregistrée en 1996 (également dans la version de Linz). J'aurais dû préciser. Abbado a effectivement réenregistré l'oeuvre à Lucerne en 2012. Je ne l'ai pas entendue non plus.

Il faut mentionner que dans ce dernier enregistrement (Lucerne), Abbado utilise la révision de Vienne (1891) alors qu'il avait adopté la version originale de Linz (1877) pour ses premiers enregistrements, comme la très grande majorité des chefs. Personnellement je n'aime pas la révision de Vienne. Le langage très direct et relativement peu élaboré des premières symphonies se prête mal à ce rhabillage à l'orchestration plus touffue, voire pléthorique.

Il existe une version que je recommande d'éviter absolument: celle de Martin Haselböck avec le Wiener Akademie (Capriccio). Sur papier, l'idée de jouer Bruckner avec des instruments d'époque est intéressante, mais la réalisation est un ratage. Même dans la version moins dense de Linz, l'harmonie de Bruckner (son écriture pour les vents et les cuivres) s'accommode très mal d'une si maigre phalange de cordes qui ne vibrent pas. Le concept serait à réviser
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 19:41

Au temps pour moi.
Bien que n'étant pas fan de la version de Vienne, si tu en as l'occasion, écoute la dernière en date de Abbado.
J'ai beaucoup aimé.
Justement, avec lui , malgré une orchestration revue et "densifiée", les lignes restent claires, la lisibilité parfaite et l'orchestre nous fait entendre une merveilleuse agilité, notamment dans le scherzo.
L'adagio est très intériorisé et recueilli.
A écouter, vraiment
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 19:50

Smile Je crois qu'elle avait reçue un Diapason d'or, non ?

Quant à la toute première gravure avec le Wiener Philharmoniker (Decca, décembre 1969), la réalisation manque d'aboutissement à mon goût : trop velléitaire dans le I, manque de plénitude dans le Finale...

 
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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyDim 12 Jan 2014 - 19:58

Franchement, je ne sais pas quelle distinction cet enregistrement a reçu....
Et puis, pour moi ça a peu d'importance, je préfère écouter et me faire mon idée par moi-même ou par échange avec mes amis.
Quant au premier enregistrement DECCA de l'oeuvre, je ne l'ai encore pas entendu.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyLun 22 Aoû 2016 - 20:47

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Une interprétation saisissante de la Première symphonie. Un dynamisme apparemment inépuisable, proche de l'hyperactivité. Enregistré au Musikverein de Vienne au début des années 50. L'orchestre est un peu maigre et les cuivres criards. Pas un premier choix, mais un document important, voire essentiel.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMar 23 Aoû 2016 - 1:45

Oui, c'est ça, c'est assez irrésistible dans son genre, et encore plus pour les suivantes, une véritable lecture complètement à l'opposé des monuments ordinaires : orchestre fruste, allant étourdissant. (Sinon, pour la 1, je suis très conservateur : Jochum-Dresde et Jochum-Berlin. Embarassed Venzago est superbe tout de même.)
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMar 23 Aoû 2016 - 16:43

Longtemps référence Jochum est dépassé. Citons surtout Karajan, orchestre et adagio sublimes, Sawallisch dans un grand moment d'inspiration (scherzo ) et Inbal à l'aise dans une prise publique
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMar 23 Aoû 2016 - 17:03

georges2 a écrit:
Longtemps  référence Jochum est dépassé. 

Ah, à quel point de vue ? Musicologiquement peut-être, mais à ce compte-là Karajan, hein… scratch

Les Inbal au Japon chez Exton sont effectivement remarquables, et documentent le vieil Inbal, encore plus ardent que le jeune.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMar 23 Aoû 2016 - 17:16

scratch J'ai un peu de mal à comprendre ce que tu veux dire par «dépassé» au sujet de Jochum. Parles-tu d'un point de vue musicologique (les éditions utilisées)? J'en doute, il me semble que Karajan, Sawallisch et Inbal utilisent eux aussi l'édition de 1866 de la version de Linz (à vérifier, cependant - mais ce n'est pas dans la 1 que la question des éditions est vraiment problématique).

D'un point de vue interprétatif? Si c'est le cas, je trouve un peu curieux que tu cites alors Karajan et Sawallisch, dont les interprétations sont tout aussi traditionnelles (surtout pour Sawallisch). Quant à Inbal, si sa lecture est assez dégraissée en termes d'image sonore de l'orchestre, elle est, elle aussi, traditionnelle, allant plus dans le sens d'une grande poussée unificatrice que de la mise en valeur des ruptures de dynamique et des audaces harmoniques et rythmiques. À ce compte-là, Venzago donne davantage à entendre autre chose.

Du point de vue de la qualité technique des orchestres? C'est aussi très discutable. Franchement, les orchestres de Jochum ont à la fois une couleur plus marquée (profondeur d'une Philharmonie de Berlin encore marquée par Furt et Fricsay, tranchant et acidité de Dresde) et font preuve de plus de précision et de virtuosité que le très modeste Bayerisches Staatsorchester de Sawallisch - voire que l'orchestre de la Radio de Francfort sous Inbal. Le Berlin karajanesque, oui, sans doute, mais c'est un son très particulier qu'on pourrait aussi juger légèrement hors-style (ce legato...)

Alors pour la prise de son? Certes, elle est tres sèche et agressive pour Jochum-Dresde, mais pour Jochum-Berlin, c'est très bien, tout à fait au niveau des grandes réussites de DG en la Jesus-Christus-Kirche dans ces années-là. Et ni Inbal ni Sawallisch ne me semblent particulièrement superlatifs de ce point de vue (à supposer qu'il soit si important).

Et puis Bruckner-symphonie n°1 2648177732 André écoute Andreae!
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMar 23 Aoû 2016 - 21:03

Quiconque ayant acheté l'intégrale Jochum DG se sentira très satisfait de sa lecture de la Première. Je la trouve à la fois majestueuse et primesautière, gorgée de sève et généreuse dans ses épanchements. En fait, dans cette intégrale, les symphonies 1-3 sont les plus réussies. Que ce soit à Berlin (la première) ou à Munich (2 et 3). Pour les autres symphonies il y aurait matière à débat, mais dans l'ensemble je dirais que 5 et 6 sont remarquables. Les autres (4, 7-9) sont celles où la concurrence est la plus féroce. Jochum lui-même a atteint un sommet-nîrvana dans la 8ème à Bamberg et dans la 9ème à Munich, à la toute fin de sa vie.

Pour ce qui est de son intégrale de Dresde, honnêtement, malgré de très belles interprétations isolées (3, 7, 8 ) je ne lui trouve ni unité de pensée (c'est très inégal) ni excellence technique: vu la date (1975-80 environ) on pourrait s'attendre à infiniment mieux. Les cuivres sont criards, la prise de son trop réverbérée et confuse. Le produit vendu au consommateur est d'une qualité nettement inférieure à l'intégrale DG. Le tranchant et l'acidité, qu'en théorie j'aime bien, deviennent pour moi une surdose de cumin et de paprika fort (on ne goûte plus rien). Sérieusement, il n'y a aucune raison de préférer ce coffret à quantité d'autres.

Pour Karajan, j'ai la même quantité (ou le même niveau) de réserves que pour Jochum EMI. Il n'y a à proprement parler aucun point de comparaison entre les deux visions des chefs ni des ingénieurs du son. Résultat très inégal, avec de bonnes 2-3 et une remarquable 9ème. Dans le cas de la première (le sujet de ce fil), Karajan séduira ceux qui aiment sa Première de Tchaikovsky (une de mes symphonies préférées, mais où Karajan est loin derrière des interprétations aussi disparates que Haitink, Tilson-Thomas ou K. Ivanov). Son interprétation est très bonne, mais il y a surenchère de la part de l'orchestre et des ingénieurs du son. Au milieu du mouvement lent, c'est carrément une saturation de sensations vasouilleuses et de décibels agressants. Aucune tranparence, aucune innocence. Cette Gretchen-là a vu passer les troupes...

Pour cette Première symphonie, j'en reviens toujours à Haitink 69 (une interprétation à la fois fougueuse de la part du chef et infiniment détaillée de la part de l'orchestre et des  preneurs de son de la Philips), ainsi qu'à Neumann avec le GewandhausOrchester de Leipzig (lumineux/noir, kinétique/extatique).

Parenthèse concernant Sawallisch. Ce chef a relativement peu joué Bruckner. J'y entends le chef de Capriccio, d'Intermezzo, des symphonies de Schumann. Un expert dans la distribution efficace des tâches. Je n'entends pas un brucknérien. Sa Première est bonne (l'orchestre), mais terriblement neutre malgré des tempi toujours justes. Ce n'est pas une question de lenteur ou de rapidité. Sawallisch est un grand technicien. Mais je n'ai jamais l'impression qu'il aime Bruckner. Pour comparaison: Herbert Blomstedt, un immense brucknérien, dont chaque témoignage porte en lui une charge positive inspirée d'une profonde identification aux racines musicales du compositeur.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMar 23 Aoû 2016 - 23:27

André a écrit:
Pour ce qui est de son intégrale de Dresde, honnêtement, malgré de très belles interprétations isolées (3, 7, 8 ) je ne lui trouve ni unité de pensée (c'est très inégal) ni excellence technique: vu la date (1975-80 environ) on pourrait s'attendre à infiniment mieux. Les cuivres sont criards, la prise de son trop réverbérée et confuse. Le produit vendu au consommateur est d'une qualité nettement inférieure à l'intégrale DG. Le tranchant et l'acidité, qu'en théorie j'aime bien, deviennent pour moi une surdose de cumin et de paprika fort (on ne goûte plus rien). Sérieusement, il n'y a aucune raison de préférer ce coffret à quantité d'autres.

Justement, après avoir été très gêné par les cuivres (vraiment très stridents, à côté les russes de Mravinsky et les français de la RTF, c'était Berlin), j'ai fini par trouver un degré de cohésion et de finition finalement supérieur dans l'intégrale de Dresde. Plus de pensée, moins de plastique, d'une certaine façon.

Ça baisse un peu en intensité à partir de la Cinquième, assez en deçà (mais Jochum l'a-t-il jamais vraiment réussie ?), mais les quatre premières sont des références quasi-absolues, à mon sens, aussi bien en tension qu'en construction.


Citation :
Pour comparaison: Herbert Blomstedt, un immense brucknérien, dont chaque témoignage porte en lui une charge positive inspirée d'une profonde identification aux racines musicales du compositeur.

Qu'est-ce qu'on trouve de Blomstedt ? Je n'ai qu'une bande (sous le manteau) de la Troisième avec San Francisco, le mouvement lent y est d'une grâce rare ; pour le reste, c'est vraiment Blomstedt, rond mais engagé.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMer 24 Aoû 2016 - 2:56

scratch  

Blomstedt ? Mais voyons, j'ai - juste moi qui te parle - 7 disques. Et c'est sans compter son intégrale commerciale avec le Gewandhaus qui me fait saliver (je ravale, car c'est hors de prix; label Querstand) et plusieurs live qui sont facilement disponibles.

Dans ma collection: symphonie no 2 (NDR 17.12.2009), symphonie no 3 , San Francisco (31-5-93); la 4ème à Dresde sur Denon; la 5ème avec le WP (13-10-2013), la 7ème sur Denon à Dresde. Et la 9ème, deux fois: superbe enregistrement Decca avec le Leipzig Gewandhausorchester , ainsi que la version du Swedish Radio Symphony qui a servi de bande sonore au dernier film de Bergman, Saraband.

Sans compter le remarquable concert de la version originale de la # 2 avec l'OSM auquel j'ai assisté il n'y a pas si longtemps. Pour une première visite (je crois ?), Blomstedt aurait pu se contenter d'un Sibelius ou d'un Nielsen. Mais il savait que Bruckner faisait salle comble à Montréal depuis plusieurs décennies. Selon moi c'est la marque d'un chef plus intéressé par la musique que par la renommée.

Que ce soit sous le manteau (ce sont quand même des liens internet faciles à trouver) ou sous étiquette commerciale, les Bruckner de Blomstedt sont un témoignage important. Sa 7ème de Dresde sur Denon est une référence. Et ses enregistrements  commerciaux de la # 4 (Denon) et # 9 (Decca) sont des interprétations d'une très grande intégrité. Je dirais presque 'dans le top'.


Dernière édition par André le Mer 24 Aoû 2016 - 16:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMer 24 Aoû 2016 - 16:29

Je retire Sawallisch et Inbal qui sont des gouts personnels, mon trio serait Barenboim/Chicago : beaucoup d'éemotionse, Karajan
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georges2
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMer 24 Aoû 2016 - 16:31

Et Wand qui utilise Vienne.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMer 24 Aoû 2016 - 17:55

georges2 a écrit:
Je retire Sawallisch et Inbal qui sont des gouts personnels
Ah, mais personne ne te demande de «retirer» quoi que ce soit, a fortiori tes goûts personnels!
(Et franchement, je serais plus intéressé de lire ton compte-rendu critique des versions Jochum ou ton apologie des version Inbal et Sawallisch qu'une nouvelle pétition de principe impersonnelle, en faveur cette fois de Barenboim/Chicago...)

Sur l'esprit, je t'ai répondu plus en détail ici.
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georges2
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 25 Aoû 2016 - 10:23

Ne vous prenez pas trop la tête avec l'hyper subjectivité des interprétations. Ce qui plait aujourd'hui déplait demain .
J'écoute Bruckner depuis plus de 40 ans et en fin de compte, je constate que tout est lié a l'état d'esprit de l'instant présent.
Barenboim.Wand, Sawallisch...tous sont excellents ,le contraire serait dommage vu la qualité du matériel engagé.

Bonne journée
Georges.

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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 25 Aoû 2016 - 22:36

Il y a bien 40 ans que je m'enthousiasme pour la version Haitink/Concertgebouw de 1969, une oeuvre qui semble avoir sollicité en lui les germes de la jeunesse, de l'insolence, de la pétulance même. Un produit de studio, mais de la plus belle eau. Et quelle prise de son sensationnelle! Profonde, naturelle, sans additif ou agent de conservation. La grande époque Concertgebouw/Philips.

L'écoute de son concert de février 1974 avec le BRSO (Herkulessaal, Munich) confirme qu'il ne s'agit pas d'un accident de parcours. Cette interprétation, à la tête d'une phalange plus 'légère' (c'était l'orchestre de Kubelik à l'époque) semble portée par des ailes: bruissantes, claquantes, puissantes, selon le moment. J'ai littéralement adoré cette interprétation, libérée des contraintes de la barre de mesure, du tempo imposé: une interprétation qui fleurit et s'épanouit sans contrainte.

Même minutage pour Amsterdam ou Munich, sauf dans l'Adagio, qui prend ici une grosse minute de plus. Côté sonore: à noter les contrebasses et les bassons, nettement plus isolés par les techniciens de la Bayerisches Rundfunk. Mais ça demeure un concert, donc difficile de départager le naturel de l'artificiel. Question de salle aussi. Les deux sont parmi les plus réputées.

Autant j'ai aimé l'irascibilité beethovenienne (parallèle avec le finale de la 2ème symphonie de LvB) avec laquelle Volkmar Andreae subjugue littéralement son orchestre, autant je dois dire que je ressens un plaisir plus authentique - parce que plus intime, donc plus participant - avec la respiration très légèrement plus naturelle de Haitink, capté ici dans l'enthousiasme de sa jeune quarantaine.

Comme le dit Benedictus, nos critères et points de contact avec une esthétique interprétative donnée sont largement variables. Ce disque magnifique m'amène pas très loin de l'hyperventilation (un feeling trompeur, dont je me méfie), tout en étant fermement ancré dans mes choix brucknériens personnels de vitalité et de classicisme.
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georges2
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyVen 26 Aoû 2016 - 10:19

Energie a couper le souffle.Haitink est superbe ds cette version de 72 .
(1969 est erronée) .

Je conseille le 33t qui restitue mieux la prise de son.
Connaissez-vous Adler/Vienne?

Bonne journée
Georges.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyVen 26 Aoû 2016 - 11:34

georges2 a écrit:
Connaissez-vous Adler/Vienne?
Pas dans la 1, seulement dans la 6 (le live de l'ORF avec les Symphoniker en 52, paru chez Tahra).
Comment est-ce? (Comme ce live de la 6 ne m'avait pas enthousiasmé outre mesure, je n'étais pas allé au-delà, mais j'ai peut-être loupé des pépites dans ses enregistrements Unicorn?)
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georges2
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyVen 26 Aoû 2016 - 14:22

Une écoute est possible à la boutique microsoft .
Des documents précieux.

Bonne après-midi
Georges
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 28 Mar 2019 - 0:47

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Bruckner-symphonie n°1 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 184°/250



Bruckner-symphonie n°1 Neuman10
Václav Neumann (1920-1995)


Anton Bruckner (1824-1896) :

Symphonie n°1 en ut mineur

= Václav Neumann, Orchestre du Gewandhaus de Leipzig


(Eterna, décembre 1965)

Smile Benedictus s'est confié : « c'est par la 5ᵉ qu'a commencé ma brucknéromanie ».
C'est elle qui instilla ma brucknérophobie.
Durant mes jeunes années, je m'étais laissé convaincre que c'est par celle-ci qu'il faut aborder le maître autrichien, notamment dans l'interprétation d'Eugen
Jochum live à Ottobeuren avec le Concertgebouworkest (Philips) -enregistrement encensé dans la presse musicale qui constituait alors ma principale source d'information.
Hélas ce supposé sésame ne s'avéra que portique verrouillé à double-tour. La douche froide : j'ai persévéré à coup d'écoutes et réécoutes, dans diverses circonstances,
sans jamais trouver les clés. Un pont aux ânes. Bruckner était devenu synonyme de purge qu'on se farcit parce qu'on le doit.
Avec un sentiment de honte, de complexe d'infériorité, nourri par des préjugés du genre « on ne peut prétendre au rang de mélomane séreux s'il nous résiste. »
L'accès que je tentais obstinément via cette 5° n'était tout bêtement pas la bonne porte (pour moi).
Depuis une quinzaine d'années, je fréquente désormais tout le corpus sans que ni le langage ni les divines langueurs ne m'indisposent, au contraire.
Car un beau jour, ce sont les 9° et 4° qui me déniaisèrent, et me conquirent presque instantanément, à tel point qu'on les retrouvera dans le TOP 50 de ces Mélomaniac d'Or.
Mais il est une autre symphonie que j'apprécie beaucoup aux antipodes des trois dernières : c'est la première, du moins celle labellisée comme n°1 (puisque le compositeur
s'était déjà mesuré au genre dès 1863, trois ans avant celle-ci).
Certainement la plus terre-à-terre, immanente, des créations brucknériennes : un Allegro au rythme de marche, un Adagio qui ne s'enlise pas (et dont la section centrale comporte,
si je ne m'abuse, le seul exemple de métrique ternaire dans toute ses symphonies), un Scherzo aux rustiques allures de Landler (comme une extension du scherzo schubertien),
un Finale fiévreux et conquérant, sans temps mort.

J'avais déjà entendu cet opus dans les deux intégrales Jochum (DG, Emi) et celle de Günter Wand à Cologne (RCA), que j'avais acquises en coffret, mais c'est Václav Neumann
(son seul enregistrement brucknérien, au demeurant, -hélas) qui engendra le coup de foudre.
Envergure de la perspective, noblesse des proportions, clarté des plans, fermeté des traits, vigueur du propos, justesse des tempos (observez comment bondit le Scherzo
sans menacer son équilibre d'ensemble !)
Capté en l'église Heilandskirche de Leipzig, l'orchestre du Gewandhaus déploie son ramage aristocratique, à la fois lumineux et patiné (le basson qui filigrane les violoncelles
dans l'Adagio, 6'19-6'38), qui permet aux contrastes (parfois abrupts, du ppp au fff) de ne pas éblouir ni de verser dans le clinquant. Grâce aussi à l'extrême saturation des teintes.
Sous cette baguette, le Finale rayonne magnifiquement. Bewegt und feurig : c'est effectivement une flamme sacrée qui semble d'abord l'embraser, avant que resplendisse
le troisième thème, repris en choral par les trombones (4'50-). L'on ne peut qu'y admirer l'éclat et la distinction des cuivres saxons.
Sans emphase, le chef tchèque enjoint ses pupitres à une ardente célébration qui s'intensifie dans la section du développement (8'18-10'30). Écoutez les violoncelles à 9'15 !
Dans la réexposition, Neumann réussit à conjoindre un climat impatient et grandiose, qui s'achemine vers une conclusion solennelle, couronnant une vision si haute.
Je n'ai pas entendu toute la discographie (fort vaste au demeurant), mais difficile d'imaginer une lecture qui atteigne une telle magnitude sans grandiloquence.
A l'époque où Jochum déroulait son cycle intégral pour Deutsche Grammophon, on doit saluer le courageux choix du label Eterna de se consacrer à cet opus de jeunesse,  
et on peut regretter que Neumann ne se vit offrir d'enregistrer les autres !

Pour les exégètes qu'intéresse la question épineuse des révisions, la partition ici jouée est celle dite de Linz dans l'édition de Robert Haas (1935) : celle que suivirent
Bernard Haitink (Philips), Kurt Masur (Eurodisc-RCA, avec le même orchestre) et Georg Solti (Decca) dans le cadre de leur intégrale.
Une version plus récente, marquante, qui m'a aussi enthousiasmé : celle de Claudio Abbado au Festival de Lucerne (DG, 2012) qui utilise la partition viennoise éditée
par Guenter Brosche (alors que le maestro italien s'en était tenu à la version Haas lors de son enregistrement de 1969 avec le Wiener Philharmoniker).
Enfin, rien qui rivalise avec la grandeur, l'expressivité et l'opulence de Neumann. Chapeau vraiment !
Quant à la prise de son, on ne vante plus le réalisme des captations Eterna. La consistance, l’ampleur, la dynamique sont au-delà de tout éloge.
Tous répertoires confondus, un disque édifiant. Mieux qu'une référence : un modèle.
Et surtout un idéal tremplin qui, à pied d'œuvre, exhorte à entreprendre l'ascension de l'intimidant massif brucknérien.


Bruckner-symphonie n°1 Bruckn20

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 28 Mar 2019 - 10:19

Mélomaniac a écrit:
Benedictus s'est confié : « c'est par la 5ᵉ qu'a commencé ma brucknéromanie ».
C'est elle qui instilla ma brucknérophobie.
Durant mes jeunes années, je m'étais laissé convaincre que c'est par celle-ci qu'il faut aborder le maître autrichien, notamment dans l'interprétation d'Eugen Jochum live à Ottobeuren avec le Concertgebouworkest (Philips) - enregistrement encensé dans la presse musicale qui constituait alors ma principale source d'information.
Hélas ce supposé sésame ne s'avéra que portique verrouillé à double-tour. La douche froide : j'ai persévéré à coup d'écoutes et réécoutes, dans diverses circonstances, sans jamais trouver les clés. Un pont aux ânes. Bruckner était devenu synonyme de purge qu'on se farcit parce qu'on le doit.
Avec un sentiment de honte, de complexe d'infériorité, nourri par des préjugés du genre « on ne peut prétendre au rang de mélomane séreux s'il nous résiste. »
L'accès que je tentais obstinément via cette 5° n'était tout bêtement pas la bonne porte (pour moi).
Précisons quand même: le live de Jochum à Ottobeuren m'a tout autant rebuté que toi. En revanche, j'ai écouté dans la foulée Haitink / Vienne (Philips) et Jochum / SOBR (DG), qui m'ont permis de sentir que cette symphonie, c'était tout de même autre chose que le gros truc opaque d'Ottobeuren - et, peu de temps après, Schuricht / Vienne (DG, dans le coffert pout les 150 ans du Philharmonique de Vienne) et Wand / NDR (RCA), puis Beinum / Concertgebouw (Philips) qui là, pour le coup, en ont fait une de mes symphonies préférées de tout le répertoire.

Sinon, oui, Neumann / Leipzig pour la 1, c'est excellent.

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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 28 Mar 2019 - 19:58

La 5° c'est quand même pas l'idéal pour aborder Bruckner franchement …

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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 28 Mar 2019 - 22:37

Réédité il y a un peu moins de dix ans, ce témoignage de l'art de Neumann - mahlérien de premier ordre - dans Bruckner m'a toujours intrigué - au-delà de ses qualités, bien décrites par Mélo.

Cet enregistrement est-il, comme il me semble, resté isolé? Si oui, pourquoi, alors que quand un chef n'enregistre qu'une symphonie de Bruckner, c'est plutôt la Quatrième, la Septième ou la Neuvième? Ou bien était-ce un projet de plus grande ampleur, interrompu très tôt en raison de son départ de Leipzig moins de trois ans plus tard ou pour toute autre raison?
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyMer 23 Oct 2019 - 23:26

Hier, en Playlist:
Mélomaniac a écrit:
1) Anton Bruckner (1824-1896) :
Symphonie n°1 en ut mineur (Linz, éd. Nowak)
= Eugen Jochum, Orchestre de la Staatskapelle de Dresde
(Emi, décembre 1978)
Bruckner-symphonie n°1 Bruckn23
Cololi a écrit:
Bruckner : Symphonie n°0 (Haitink)
Ca se bonifie à la 2° écoute.

Du coup, aujourd’hui:

Bruckner-symphonie n°1 Bruckn32
Symphonies nº0 en ré mineur (2ᵉ version, 1869) et nº1 en ut mineur (1ᵉ version, 1869)
Mario Venzago / Tapiola Sinfonietta
Espoo, XI.2010
CPO


Je crois avoir déjà dit un mot de l’intégrale Venzago: des lectures singulières, qui renouvellent assez profondément l’écoute du corpus, et mettent en œuvre de façon très fouillée et aboutie des parti-pris interprétatifs forts, étayés et argumentés (les notices du chef sont vraiment éclairantes) mais aussi discutables - et assez à rebours de la manière qui domine ce répertoire depuis les années 60-70.

Tout d’abord, Venzago propose de revenir aux effectifs que Bruckner avait réellement à sa disposition lorsqu’il a composé ses œuvres - d’où le choix d’orchestres aux effectifs réduits par rapport aux mastodontes actuels (mais comparables à ceux de Liszt à Weimar vers 1850); cet allègement du spectre se trouve par ailleurs accentué ici par les timbres astringents (certes un peu exotiques) et très focalisés de l’orchestre finlandais et par des modes de jeu au vibrato réduit. Cet allègement permet de trouver des équilibres sonores qui évitent de surligner les doublures, donnent un vrai impact à chaque pupitre et exaltent le tissus contrapuntique de ces deux œuvres. C’est en particulier sensible dans les scherzos qui trouvent un caractère emporté et un élan folklorisant, et déploient des contrastes de textures et de rythmes assez éloignés des fracas de blocs «verticaux» qu’on y entend d’habitude.

Cela permet aussi d’avoir des tempi beaucoup plus vifs que ce qui prévaut d’ordinaire, d’articuler et d’animer le discours avec une vraie fluidité, restituant opportunément le premier Bruckner dans la filiation du premier romantisme (on est davantage dans un post-Schubert ou un post-Schumann que dans des symphonies «wagnériennes.») Des tempi vifs, mais aussi un usage très libre de l’agogique, avec un rubato très souple (on n’est pas du tout dans la vigueur un peu sèche et les phrasés courts d’un Schuricht) qui permettent d’intensifier les phrasés. C’est sensible en particulier dans les mouvements lents, où Venzago propose une autre acception de l’expression «feierlich» (récurrente chez Bruckner): non pas la solennité fondée sur une sorte de statisme post-Parsifal, mais plutôt une sorte de ferveur animée qui exalte le caractère quasi vocal et liturgique des chorals.

Des lectures, donc, essentiellement vives, lisibles, contrastées et ductiles de ses œuvres - et au total assez exaltantes. Le seul reproche que je leur ferais est de passer à côté des ruptures et des silences qui fonctionnent comme des changements de registration à l’orgue - et constituent à mon sens une des grandes singularités de l’écriture brucknérienne.

Après, on pourra leur préférer d’autres lectures, moins «novatrices» (Jochum / Berlin, Jochum / Dresde, Andreae / Wiener Symphoniker, Neumann / Gewandhaus dans la 1 - vigoureuses et emportées, mais avec une profondeur de son assez phénoménales; moins de références absolues dans la «Nullte»: Chailly / RSO et Haitink / Concertgebouw ont de belles couleurs mais l’expression reste assez gentille, Solti est trop carré, Inbal / Francfort sec et acide.) Mais pour entendre autrement ces deux œuvres, cet enregistrement est plus que recommandable.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 EmptyJeu 24 Oct 2019 - 10:40

D'accord avec toi sur les versions de la Zéroïème… il n'y a que Chailly (belles couleurs, mais pas très véhément en effet) et Solti (un peu carré comme tu dis, quoique plus réussi que dans les symphonies plus tardives où ça manque vraiment de souplesse et de poésie) qui m'aient plu, et ils sont loin d'épuiser le potentiel de l'œuvre.

Je ne m'explique pas, sinon par l'absence de numéro, le fait qu'on ne joue pas la Nullte : elle est complètement du niveau de ce qui suit, même si le style en est un peu plus romantique tradi. Ce n'est pas la 00 ni le bout de symphonie d'étude, où l'on entend clairement que le style n'est pas fixé.

Je crains de connaître la réponse – elle n'est pas numérotée, comme certains très grandes symphonies de Mozart qu'on ne joue et n'enregistre jamais non plus, même dans la plupart des intégrales –, et ça me navre un peu.
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MessageSujet: Re: Bruckner-symphonie n°1   Bruckner-symphonie n°1 Empty

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