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 Plateforme téléchargement de Deutsche Grammophon

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MessageSujet: Plateforme téléchargement de Deutsche Grammophon   Sam 18 Sep 2010 - 13:21

Deutsche Grammophon (DG) avait mis entre parenthèse sa plateforme de téléchargement* pendant quelques mois avec un laconique : "en cours de rénovation. Réouverture en mai 2010" - je cite de mémoire. C'est arrivé un peu plus tard mais, bref, ce n'était pas grave. Le plus curieux est d'essayer de comprendre en quoi consiste ladite rénovation. Car, j'ai cherché à télécharger certains CD et je n'y suis pas arrivé. Même après avoir téléchargé le Downloader "maison", aucun prix ne s'est affiché -un détail, j'en conviens - et je n'ai rien compris.
Je me demande depuis longtemps si l'industrie du disque s'intéresse vraiment à la vente de ses produits en dépit des cris d'orfraie qu'elle n'a pas manqué de pousser au moment des multiples débats sur la loi Hadopi. Quant aux prix, si l'on veut du Flac (sans perte), ils sont proprement rédhibitoires si lon se réfère aux sites Qobuz ou Fnac. Dans bien des cas, on arrive, pour le même prix, à acheter le CD "matériel", transport compris, chez certains vendeurs de Marketplace chez Amazon.
En tant que défenseur acharné du téléchargement légal, je me dis parfois que je rêve.

*Plateforme DG
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Froberger
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MessageSujet: Re: Plateforme téléchargement de Deutsche Grammophon   Jeu 7 Oct 2010 - 2:16

Je comprends pas très bien.

Oui, DG, c'est un peu ce que font les distributeurs qui n'ont pas bien compris le numérique. Un peu ce que vient de faire Harmonia Mundi (avec un peu plus de succès) après avoir longtemps voulu enfouir sa tête dans le sable en ce qui concerne le numérique.

Mais le prix moyen pour le FLAC d'un disque qui vient de sortir chez Qobuz, c'est 8 euros, car ils bénéficient pendant dix jours d'une remise de -20% ; et sinon, c'est 10 euros. De nombreuses offres ponctuelles permettent d'avoir des réductions sur tel ou tel catalogue (par exemple, le catalogue Ambronay était disponible intégralement à -20% pendant toute la durée du festival, et ce même sur le format Studio Masters qui est ce qui sort directement des la table de l'enregistreur-son). Et ça s'améliore encore au fil du temps : le site essaie dans un premier temps de convaincre tout le monde fournir du lossless ; et tentera dans un second temps de ramener systématiquement au prix du MP3 (ce qui est déjà le cas sur une bonne partie du site).

Qu'attends-tu de plus ?

Le problème est que les attentes des gens sont souvent impossibles, et il y a de grosses tendances : (a) les gens qui estiment que comme ils peuvent télécharger légalement faut pas pousser, les prix devraient être complètement casser parce qu'on fait une faveur aux producteurs de télécharger légalement et (b) les gens qui opposent disque physique et téléchargement, et estiment que ce dernier est une pale copie, phantomatique et chétive du premier. Pour les gens du (a) il y a bien sûr que les majors ont très longtemps exagéré avec les prix et leur dominion quasi-complet ; pour les gens du (b) il y a aussi que beaucoup d'acteurs ont souvent fait très peu d'efforts pour les plateformes de téléchargement, considérant souvent qu'il suffisait d'extraire les pistes du disque, et paf !

Mais à partir d'un moment, il faut dépasser cela : quand une plateforme comme Qobuz tente de proposer les avantages du numérique, c'est-à-dire le livret au format numérique, la commodité d'écouter immédiatement son achat, la possibilité de faire réencoder par le site la musique à tous les formats imaginables, la possibilité de rétélécharger ses achats autant de fois que nécessaire, et (bientôt) la possibilité de les streamer à partir de son téléphone ou n'importe où, et tente aussi de créer des offres originales (par exemple les sonates de Félicien David qui sont mises en ligne au fur et à mesure de leur enregistrement, avant la parution officielle du disque complet)... il faut arrêter de délirer ! Je veux dire tu peux assumer, comme d'autre, que tu préfères le disque physique à la distribution numérique, mais une opinion aussi catégorique celle que tu viens de livrer me semble un peu trop dure.

Tu voudrais quels prix ? Moi je voulais acheter le dernier disque d'Amandine Beyer qui coûte 10 euros sur Qobuz, et 17 euros sur Amazon Marketplace (sans parler du fait qu'Amazon est à moitié convaincu qu'il vend des enregistrement de Adam Beyer [sic]).
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MessageSujet: Re: Plateforme téléchargement de Deutsche Grammophon   Jeu 7 Oct 2010 - 16:33

Je vois que tu es plus qu'impliqué dans la démarche de Qobuz. Mais peu importe...

Comme beaucoup de gens de ma génération, je reste fasciné par le disque physique. Je ne dis pas que c'est bien; c'est ainsi, voilà tout. Pour autant, le téléchargement m'est immédiatement apparu comme un complément avant de s'imposer comme une alternative possible au disque. Un complément car j'imaginais dans ma grande naïveté que toutes les majors allaient se dépêcher d'offrir au téléchargement les musiques introuvables en CD. Rien de tel ne s'est produit. J'ai une liste d'une page remplie de ces introuvables, les principaux étant en jazz.
Parallèlement - c'était à la fin des années 90 -, je ne cessais de m'étonner de ces débats sans fin sur le téléchargement illégal. Personnellement, je réprouvais cette pratique tout en contatant l'absence persistante d'offre de téléchargement payant. Mais, quand cette offre est apparue, j'ai cru à une plaisanterie. Non seulement, les titres étaient en format compressé avec pertes (MP3 ou WMA) mais leur prix n'était que légèrement en-deçà de leur équivalent en support physique. Amazon persiste dans une offre garantissant seulement un encodage MP3 de bonne qualité, le débit réel ne pouvant être découvert qu'une fois le produit téléchargé et payé (j'ai eu droit récemment à un 192 kbps (!). D'autres pratiquent de même comme la Fnac par exemple.

Alors que le format sans pertes Flac commençait à se généraliser, certains, tel le site DG mentionné ci-dessus, ont proposé ce format moyennant une forte plus-value de l'ordre de 2 à 4€. Qobuz a fait pareil (si, si) avant, j'en conviens, de se rallier à des pratiques plus raisonnables comme tu l'as souligné et, pour l'avoir moi-même constaté il y a quelques instants*. Evidemment, j'entends dire ici et là que le MP3 à 320 kbps diffère très peu du signal d'origine et que je suis perfectionniste. C'est un peu vrai et pour avoir moi-même fait le test sur une bonne chaîne hifi avec un non moins bon casque, je reconnais que la différence est inaudible sauf à tester un CD de bonne qualité dont on connaît bien l'enregistrement. Je l'ai d'ailleurs admis en ce qui concerne le jazz et la variété qui peuvent s'accommoder d'une technique moins pointilliste.
Néanmoins, j'ai un peu de mal à comprendre que l'on parte d'un signal capté en studio (ou en live) pour le compresser avant de le vendre à un prix donné pour ensuite ressortir ledit signal d'origine réputé parfait et le revendre plus cher ! C'est vrai, l'espace disque sur les serveurs a un prix, l'immobilisation de canaux pour le téléchargement via ADSL a un coût également mais n'exagérons rien. Et personne ne s'appesantit sur le fait que ces stupéfiantes machines travaillent 24h/24 et 7j/7, qu'elles encaissent l'argent, qu'elles téléchargent toutes seules pendant que leurs propriétaire dort du sommeil du juste. J'exagère ? Que sont devenus les frais de pressage, de mise en boîtier des CD, leur transport, leur mise en rayon, leur vente ? Je crois qu'un adversaire du téléchargement illicite est fondé à poser ces questions et à attendre des fournisseurs de téléchargement musical une meilleure écoute de ses clients mélomanes.

Pour répondre à une autre de tes questions, je ne saurais dire ce qu'est un juste prix et ce serait malhonnête de me réfugier dans le très classique "le moins cher possible" pour ce faire. Ceci dit, je crois que Qobuz a beaucoup progressé récemment dans ce domaine en renonçant (tout ou partie ?) à la plus-value "sans perte". Néanmoins, il reste quelques progrès à faire car, sauf erreur de ma part, il n'est possible d'avoir la "qualité CD" que lorsque l'intégralité du CD est téléchargé.

S'agissant enfin de la dématérialisation de la musique, j'ai de bonnes raisons de m'en méfier. En tant qu'amateur de musique contemporaine, les parutions sont plutôt rares, il faut bien le dire. Alors, lorsqu'un CD sort, il vaut mieux l'acheter rapidement et ne jamais le perdre car sa reparution n'est jamais garantie.

Voilà, ma réponse est un peu longue mais je voulais expliquer dans quel état d'esprit je conçois ma pratique de la musique enregistrée.

* sur Qobuz le 7/10/2010 : Penderecki - Utrenja (Naxos) - 5,99€ en téléchargement en format "Qualté CD" (c'est du "sans perte" ?). Comparativement chez Amazon Marketplace (moviemars-amerique), je trouve le même CD à 6,65€ port de 2,49€ compris).
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Froberger
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MessageSujet: Re: Plateforme téléchargement de Deutsche Grammophon   Dim 10 Oct 2010 - 20:26

Plein de choses bien vraies dans ce que tu dis.

D'abord, oui, je suis « plus qu'impliqué dans la démarche de Qobuz », ce que je n'ai jamais cache (à l'agacement général parfois Smile). C'est parfaitement subjectif, mais j'estime qu'à défaut d'être parfait, c'est l'un des acteurs qui démontre le plus d'efforts pour faire avancer l'affaire de façon raisonnée et raisonnable. (Spotify étant l'acteur qui a la technologie la plus propre et la plus avancée --- de très loin.)

Ensuite, encore une fois, l'attachement au disque est parfaitement défendable et tu n'as pas besoin de le justifier.

Les plateformes numériques se sont longtemps moqués du monde parce que la logique n'était pas, à l'origine, d'entretenir un marché, mais de pouvoir dire « Oui, il y a une alternative à l'illégal, c'est juste que les gens sont malhonnêtes. » La tendance a changé, lentement, au fur et à mesure que les différents acteurs ont réalisé à quel point le numérique était inévitable et incontournable. Le réveil a été à la fois lent et violent.

Oui, le format MP3 320 kbps et le FLAC sont virtuellement indistinguables pour bon nombre de gens, mais il y a plein d'autres raisons de préferer ce dernier : qui dit que le matériel de haute fidélité pour lequel la qualité fait la différence ne deviendra pas très abordable bien tôt ? d'autre part, si tu as besoin de réencoder ton MP3 320 kbps à une qualité inférieure pour pouvoir mettre plus de morceaux sur ton baladeur (par exemple) ou pour envoyer par mail, tu vas avoir une double perte de qualité, car chaque recodage successif perd de l'information. Donc ce n'est pas juste de l'obsession de vouloir du lossless, c'est un droit et insister pour le MP3 participe de cette logique (qui a persisté dans les esprits des majors) que le numérique est inférieur au disque.

Les prix outrageux pratiqués par les plateformes de ventes sont majoritairement pour raisons contractuelles : les majors ont longtemps rechigné à mettre à disposition leur catalogue en lossless, et lorsqu'ils ont enfin accepté en partie (pour Warner, cela ne date que d'il y a quelques mois) ils ont longtemps fait mauvaise foi et insisté pour le faire à des prix exorbitants. L'introduction du format progressivement a permis de faire pression sur les majors et de faire baisser les prix, mais c'est un processus long et pénible pour tout le monde. Tout cela est complexifié par des négociations complexes : les majors (qui donnent le la en général) négocient individuellement avec chaque acteur (iTunes, Amazon, Qobuz, MusicMe, Deezer, Spotify), pour obtenir des conditions différentes, pour ne pas souffrir d'une standardisation des pris. Et ce n'est pas encore le cas sur tout le catalogue (la variété chez Universal n'est, à ma connaissance, pas disponible en Lossless).

Et c'est un marché qui fluctue en permanence : je viens d'apprendre qu'un major a l'intention d'annoncer sous peu qu'il va augmenter le prix de sa musique en lossless pour qu'elle vale +50% du prix du MP3.

Maintenant l'impossibilité de vendre des pistes à l'unité en lossless peut avoir plusieurs raisons :
  • ou bien le vendeur n'en a pas obtenu l'autorisation ;
  • ou bien le vendeur n'en a pas obtenu l'autorisation à un prix raisonnable (par exemple, tu parles de majoration absurde : MusicMe vend une piste à l'unité en MP3 à 0.98 euros, et la même piste en lossless à 1.49 euros) ;
  • ou bien c'est une stratégie commerciale raisonnée. En effet, ce n'est pas le même public qui achète à la piste, et qui achète à l'album. Moi j'achète très rarement une unique piste, et quand je le fais c'est toujours pour la même raison : pour faire écouter un extrait à quelqu'un. (Et il n'y a rien de malhonnête dans cette stratégie : tu ne demanderais pas à un restaurant côté de te vendre du fastfood.)

À terme le MP3 n'a aucune raison d'être sur un site de vente de musique dématérialisé ; ce sera un format proposé par commodité, mais on achetera que du lossless. Mais le chemin, partiellement entamé, est encore un peu long.

Pour ce qui est de l'impact commercial de la dématérialisation : déjà les prix du numérique sont bien moins élevés que ce que tu trouverais à la FNAC, où tu paies le stockage et la mise en rayon. Mais même, les opérations de pressage, de distribution, sont tellement bien rodées qu'elles représente bien moins que ce qu'on peut penser. (C'est la même question avec les livres numériques d'ailleurs.) Et ce n'est pas la même logique, d'ailleurs : comme tu le pointais, l'intérêt du numérique est de pouvoir vendre des choses qui ne sont pas rentables à avoir en stockage.

Enfin, quand on cite des vendeurs tierces, il faut souvent voir que les prix très bas ne sont pas toujours naturels : les grossistes rachètent, par exemple, des gros lots de disquaires ou de magasins qui font faillite, et donc peuvent faire du bénéfice même en revandant à prix très faible --- ce qui n'est pas envisageable dans une perspective de rentabilité ; Amazon.fr lui-même ne se fait pas de marge sur les produits culturels comme le disque. Etc.

Le but du numérique est de mieux s'adresser aux niches que n'ont pu le faire jusqu'à présent le disque. Le but est que tu puisses retrouver la création contemporaine sans avoir à sauter dessus. On y arrive. Le catalogue ajouté à un site l'est a priori de façon permanente...
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Plateforme téléchargement de Deutsche Grammophon   Dim 10 Oct 2010 - 21:20

Et ceux qui sont attachés au CD, à son livret, qui se construisent patiemment une belle discothèque, ils peuvent c****r dans leur coin ? Evil or Very Mad

Surtout si c'est pour confier leur discothèque à qobuz, filiale d'abeille, dont on connaît la politique. (et à l'Alliance du Mal : Classica - Radio Classique - Qobuz)

Vive le CD ! batman
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