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 Alfredo Casella (1883-1947)

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Alfredo Casella (1883-1947)   Dim 16 Avr 2017 - 20:01

C'est en effet étonnant, comme on peut avoir des impressions d'écoute à ce point divergentes. (Ce qui ne veut pas dire que celles de Marchoukrev soient irrecevables: au contraire, la confrontation est même passionnante.)

Marchoukrev a écrit:
La Deuxième est vraiment grandiose, dans le style de la Résurrection.
Ah? C'est bizarre: à la première écoute (avec Noseda, justement), c'est justement cette absence de démesure qui m'a frappé (déjà, difficile de comparer avec la Résurrection - le dispositif, les dimensions, le projet expressif me semble très différents - à la rigueur avec la 5 ou la 6, n'était la coupe plus rigoureuse de Casella): malgré l'idiome postromantique, j'ai plutôt eu le sentiment d'un discours un peu retenu - que ce soit par l'attachement à un cadre formel qui laisse peu de place aux grands gestes à la Mahler ou peut-être par une visée expressive plus introspective. Un discours qui semble plus soucieux de grandeur que de grandiose, finalement.

Au demeurant, c'est peut-être par ce biais-là que je finirai par m'attacher à cette symphonie: ce sentiment d'inquiétude profond mais intériorisé, et ce côté un peu formaliste - parce que ce n'est pas si éloigné, finalement, de ce que j'aime tant chez Franz Schmidt.

Marchoukrev a écrit:
Son scherzo emporte tout sur son passage
Pareil, c'est sans doute le mouvement qui m'a le moins convaincu: je l'ai trouvé, pour le coup, assez formel, dans le mauvais sens du terme (je n'y sens pas la poussée d'une profonde nécessité intérieure, contrairement aux trois autres mouvements), sans l'ironie grinçante des scherzos mahlériens, et pour le coup un peu cravaté par rapport aux scherzos les plus dévastateurs de Bruckner.

Marchoukrev a écrit:
quant à la marche finale, elle peu paraître pompière mais c'est justement son côté tragique exacerbé qui me plaît...
Tragique, là aussi: je dirais plutôt inquiet, angoissé; je n'y trouve pas en profondeur le numen du tragique (a fortiori exacerbé) - et du coup, la grandiloquence m'y semble un peu plaquée (ce pourquoi j'ai parlé de pompiérisme, alors qu'il y a objectivement bien plus pompier ailleurs, et pas que chez Respighi).

DavidLeMarrec a écrit:
[...] une expression infiniment moins extravertie. Quant à la puissance de son exultation et à l'élan de ses éclats… quels éclats, justement ?
Voilà, cela correspond bien davantage à ce que j'ai entendu.

DavidLeMarrec a écrit:
Le lien avec Mahler m'échappe tout à fait : j'y entends une pâte beaucoup plus dense et opaque
Enfin, disons qu'il y a quand même un idiome postromantique commun - mais pas plus spécifiquement mahlérien que ça, en effet (c'est même assez surprenant, quand on y pense, compte tenu de la proximité personnelle de Casella avec Mahler et sa musique rappelée par André: van Gilse ou Tyberg, par exemple, sonnent à l'écoute beaucoup plus expressément mahlériens.)
Oui, plus dense et plus opaque - et aussi très loin des coloris généreux et des irisations translucides d'Alfano.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Alfredo Casella (1883-1947)   Dim 16 Avr 2017 - 21:21

Bien, je me retrouve effectivement grandement dans ta description (davantage que dans la première à laquelle j'ai réagi, d'ailleurs Smile ).

(Alfano, normal, il doit beaucoup à la musique française – et le plus bel orchestre d'Europe dans une prise de son CPO d'ampleur extraordinaire, ça aide aussi.)
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Marchoukrev
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MessageSujet: Re: Alfredo Casella (1883-1947)   Lun 17 Avr 2017 - 16:14

Benedictus a écrit:
C'est en effet étonnant, comme on peut avoir des impressions d'écoute à ce point divergentes. (Ce qui ne veut pas dire que celles de Marchoukrev soient irrecevables: au contraire, la confrontation est même passionnante.)

Marchoukrev a écrit:
La Deuxième est vraiment grandiose, dans le style de la Résurrection.
Ah? C'est bizarre: à la première écoute (avec Noseda, justement), c'est justement cette absence de démesure qui m'a frappé (déjà, difficile de comparer avec la Résurrection - le dispositif, les dimensions, le projet expressif me semble très différents - à la rigueur avec la 5 ou la 6, n'était la coupe plus rigoureuse de Casella): malgré l'idiome postromantique, j'ai plutôt eu le sentiment d'un discours un peu retenu - que ce soit par l'attachement à un cadre formel qui laisse peu de place aux grands gestes à la Mahler ou peut-être par une visée expressive plus introspective. Un discours qui semble plus soucieux de grandeur que de grandiose, finalement.

Au demeurant, c'est peut-être par ce biais-là que je finirai par m'attacher à cette symphonie: ce sentiment d'inquiétude profond mais intériorisé, et ce côté un peu formaliste - parce que ce n'est pas si éloigné, finalement, de ce que j'aime tant chez Franz Schmidt.

Marchoukrev a écrit:
Son scherzo emporte tout sur son passage
Pareil, c'est sans doute le mouvement qui m'a le moins convaincu: je l'ai trouvé, pour le coup, assez formel, dans le mauvais sens du terme (je n'y sens pas la poussée d'une profonde nécessité intérieure, contrairement aux trois autres mouvements), sans l'ironie grinçante des scherzos mahlériens, et pour le coup un peu cravaté par rapport aux scherzos les plus dévastateurs de Bruckner.

Marchoukrev a écrit:
quant à la marche finale, elle peu paraître pompière mais c'est justement son côté tragique exacerbé qui me plaît...
Tragique, là aussi: je dirais plutôt inquiet, angoissé; je n'y trouve pas en profondeur le numen du tragique (a fortiori exacerbé) - et du coup, la grandiloquence m'y semble un peu plaquée (ce pourquoi j'ai parlé de pompiérisme, alors qu'il y a objectivement bien plus pompier ailleurs, et pas que chez Respighi).

Je n'en démordrai pas : le premier mouvement me fait penser à la Totenfeier !
Ceci dit je comprends tout à fait ton point de vue, même si j'ai du mal à percevoir la différence entre grandeur et grandiose dans le cas de cette musique...

Le scherzo, formel ? Mais le trio central est magique non ? Ses sonorités de bois sont tout à fait oniriques. On dirait la musique de l'après-fin-du-monde ! En tout cas c'est comme ça que je le ressens (mais ce n'est pas forcément rationnel).
Par contre, d'accord avec toi : aucune ironie, il faut le prendre au premier degré je pense...
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MessageSujet: Re: Alfredo Casella (1883-1947)   

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