Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Le Spectre et la Série.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ave do Brasil
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 827
Age : 32
Localisation : Paris - France
Date d'inscription : 16/12/2010

MessageSujet: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:01

Dans la publication Voix Nouvelles du Centre de la Voix de la Fondation Royaumont (année 1991), Marc Texier écrivait un texte, Le Spectre et la Série, qui m'avait passionné à l'époque, sur les deux principaux courants artistiques de la musique contemporaine, la musique spectrale et la musique sérielle. Avec ces deux écoles, c'est une vieille opposition musicale qui se poursuit : doit-on composer avec des notes ou avec des sons ? Qu'est-ce qui prime : l'architecture formelle, ou le flux insensible du temps qui passe... Doit-on composer avec des notes ou avec des sons ? Voilà qui donne à méditer; c'est là une clé essentielle pour mieux appréhender le discours musical et comprendre la spécificité du génie des plus grands maîtres.

L'auteur commence par une brève description du projet du musicien sériel. Être sériel, ce n'est certes plus se servir d'une technique tombée en désuétude, mais garder un certain état d'esprit fait de rigueur, d'attention portée au contrepoint et à l'écriture; c'est se méfier des sons nouveaux, des bruits, que l'on trouve irréductibles aux sons instrumentaux traditionnels. C'est vouloir que la syntaxe prime sur le son, le langage sur le phonème, la structure sur l'objet [l'article scientifique Entre Ordre et Chaos de Pierre Boulez est cité]. Car la musique, avant tout, se pense, c'est une abstraction : la composition est l'art d'écrire avec des notes, non celui de mêler des sonorités...

Note : je me souviens de l'ouvrage de Pierre Boulez, Penser la musique aujourd'hui, dont j'avais fait l'acquisition après avoir découvert les Sonates pour piano magistralement interprétées par Claude Helffer. J'étais fasciné par cette impression troublante d'être en train de lire un livre d'algèbre, avec des termes abstraits comme "cohérence structurelle" ou "matrice", et même des formules mathématiques; une sorte d'étrange grimoire, difficile à décrypter, dont il fallait percer les secrets, en somme !

Mêler si subtilement des sonorités qu'il semble que toutes les frontières s'abolissent entre l'harmonie et le timbre, entre un accord et le suivant, continue Marc Texier, tel est le projet du musicien spectral. [...] L'harmonie, le développement traditionnel ne peuvent plus être appliqués : il faut tirer des bruits eux-mêmes la syntaxe par laquelle on les organisera; extrapoler du microcosme d'un son, le macrocosme de l'œuvre; respecter toujours la continuité de l'univers sonore [le compositeur Tristan Murail est évoqué : j'aurai l'occasion de reparler de lui plus tard]. On parle alors de couleurs et de coloristes. Pour ces musiciens la musique est un art concret, qui avant tout s'entend - les notes ne sont que pis-aller. Les notes ne sont que pis-aller !

Schématiquement, on a donc deux axes, opposés en apparence mais intimement complémentaires en réalité, l'un horizontal et d'essence contrapuntique (les notes...), et l'autre vertical et d'essence harmonique (les sons...). Le premier suit une discipline soumise à des règles plutôt strictes, tandis que le second semble toujours vouloir s'en affranchir dans un désir tenace de liberté et d'émancipation.

Où se situe Olivier Messiaen ? On peux le considérer à juste titre comme l'un des pères de la musique spectrale (avec Edgar Varèse, sans oublier la féconde lignée de tous les "héritiers de Frédéric Chopin", compositeurs du XIX ème siècle au début du XX ème siècle qui se sont plus souciés des sonorités que du respect des normes académiques). Ainsi, dans son Catalogue d'Oiseaux, il s'appuie sur les propriétés acoustiques de la résonance naturelle, sélectionne et renforce certaines harmoniques issues d'une fréquence fondamentale, les entrechoque parfois, dans le but de restituer le timbre exact des chants d'oiseaux à retranscrire. L'exemple qui m'a paru le plus extraordinaire quand je l'ai entendu pour la première fois est le chant étincelant du loriot : nous sommes ici en présence d'un des tous premiers exemples de fusion entre l'harmonie et le timbre, phénomène destiné à devenir une des composantes les plus remarquables de la musique spectrale.

Bien qu'ayant été involontairement l'initiateur du sérialisme intégral avec son fameux Mode de valeurs et d'intensités, "trois minutes de musique de piano dont sortit tout le mouvement post-webernien de l'après-guerre qui allait bientôt gagner le monde entier" (extrait d'une note de programme), Olivier Messiaen n'est pas, à proprement parler, un représentant de l'école sérielle. Certes, il usera quelques fois de la méthode sérielle dans ses compositions, mais c'est surtout son utilisation systématique et restrictive des modes à transpositions limitées, le recours constant à des ressources clairement définies et classifiées, dans le domaine rythmique entre autres (voir Techniques de mon langage musical), et un goût évident pour les correspondances symboliques, qui montrent chez lui une "subordination aux notes"; cela n'a rien de péjoratif mais prouve plutôt, dans le cadre de cette courte étude, qu'il aura su réconcilier les deux mouvements jadis rivaux en une synthèse de toutes les données de l'espace sonore...


Note : cet article est extrait de mon blog, mais je tenais cependant à le partager ici, car il me semble apporter un éclairage utile sur ces questions qui touchent aussi bien à la musique contemporaine qu'à la musique en général; cela dit en toute modestie, car je ne suis ni musicologue ni un expert en la matière... Avec l'aide précieuse de la responsable des archives de la Fondation Royaumont qui a eu l'amabilité de me retrouver le texte de Marc Texier et d'en autoriser les courtes citations.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 28756
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:07

Question intéressante, qu'on se pose tous un jour je crois.
Pour moi la réponse est claire : des notes !
Là où je ne suis pas d'accord c'est de mettre Boulez et les sérialistes dans cette catégorie. Ils me semblent tout l'inverse au contraire. Ils composent vraiment pour faire des sons.

Je complète : ça me semble aussi le cas des sepctralistes. Debussy est p être le 1° d'entre eux. Je l'adore pourtant. L'opposition est p être plutôt entre compositeurs du passé du présent.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)


Dernière édition par Cololi le Lun 27 Déc 2010 - 0:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
avatar

Nombre de messages : 81651
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:09

C'est un sujet passionnant, mais il risque être difficile d'embrayer, il ne faudra pas te vexer si ça a peu de succès. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://operacritiques.free.fr/css/
Christophe
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 1592
Age : 51
Localisation : Haute savoie
Date d'inscription : 29/06/2007

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:21

Remarque de neuneu : des sons, ce sont bien de toute façon des notes, donc ce débat n'est-il pas biaisé dès le départ, ou alors, débat du genre "qui de l'oeuf ou de la poule ... " ?

En essayant de creuser un peu avec mes maigres arguments, ce sujet risque d'être très intéressant, mais quel en est le fond réel ? Y a-t'il vraiment 2 écoles, 2 catégories de compositeurs, les uns écrivants des notes quand les autres produisent des sons.

Sous la grande naïveté de cette intervention, aucune intention de polémique de ma part, juste comprendre "l'intérêt" ou les motivations de ces 2 catégories, genres musicaux.

Un partisan des sons doit connaitre les notes pour les produire. Un "partitioniste" couche sur le papier des notes en vue de produire une mélodie, donc une succession de sons.

Bref, qu'est ce qui oppose ces 2 approches ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
jerome
Fugueur intempéré
avatar

Nombre de messages : 8868
Date d'inscription : 10/03/2008

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:30

Christophe a écrit:
Bref, qu'est ce qui oppose ces 2 approches ?
Son...
Spoiler:
 
... notes.
Spoiler:
 

Mr.Red
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Christophe
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 1592
Age : 51
Localisation : Haute savoie
Date d'inscription : 29/06/2007

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:33

En prenant au pied de la lettre ton message humouristique, tu sous-entendrais que les partisans du son sont plutôt des minimalistes ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ave do Brasil
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 827
Age : 32
Localisation : Paris - France
Date d'inscription : 16/12/2010

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:36

Christophe a écrit:
Remarque de neuneu : des sons, ce sont bien de toute façon des notes, donc ce débat n'est-il pas biaisé dès le départ, ou alors, débat du genre "qui de l'œuf ou de la poule ... " ?

En essayant de creuser un peu avec mes maigres arguments, ce sujet risque d'être très intéressant, mais quel en est le fond réel ? Y a-t'il vraiment 2 écoles, 2 catégories de compositeurs, les uns écrivants des notes quand les autres produisent des sons.

Sous la grande naïveté de cette intervention, aucune intention de polémique de ma part, juste comprendre "l'intérêt" ou les motivations de ces 2 catégories, genres musicaux.

Un partisan des sons doit connaitre les notes pour les produire. Un "partitioniste" couche sur le papier des notes en vue de produire une mélodie, donc une succession de sons.

Bref, qu'est ce qui oppose ces 2 approches ?
CC a écrit:
Deux axes, opposés en apparence mais intimement complémentaires en réalité.
Il est important de préciser qu'il n'y a aucune dualité entre ces deux approches, mais qu'elles coexistent chez tout compositeur, avec une primauté, variable, de l'une sur l'autre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
jerome
Fugueur intempéré
avatar

Nombre de messages : 8868
Date d'inscription : 10/03/2008

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 0:41

Citation :
En prenant au pied de la lettre ton message humouristique, tu sous-entendrais que les partisans du son sont plutôt des minimalistes ?
Pas forcément, parce que les partisans du son peuvent tout à fait rechercher des fourmillements pointillistes qui noircissent aussi la partition (2 exemples me viennent en tête : Ligeti, et le Feldman d'Atlantis).
Je ne me sens pas très qualifié pour me hasarder à développer sur ma boutade, en fait... ciao coucou Arrow
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Resigned
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 1181
Age : 34
Localisation : Saint-Germain-en-Laye
Date d'inscription : 27/08/2008

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 27 Déc 2010 - 17:12

L’un des traits essentiels de la musique savante, c’est le respect d’une grammaire qui fait que la musique peut se transmettre dans l’espace dans le temps. Est-ce qu’en privilégiant le son à la note, on ne perd pas cet aspect là ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ave do Brasil
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 827
Age : 32
Localisation : Paris - France
Date d'inscription : 16/12/2010

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 7:40

Resigned a écrit:
L’un des traits essentiels de la musique savante, c’est le respect d’une grammaire qui fait que la musique peut se transmettre dans l’espace dans le temps. Est-ce qu’en privilégiant le son à la note, on ne perd pas cet aspect là ?
Pouvez-vous en dire plus ? Je pense qu'en musique contemporaine, l'élaboration d'une nouvelle grammaire est nécessaire et inévitable, de toutes façons... Elle se crée par tâtonnements, chaque compositeur apportant sa pierre à l'édifice.

Il faut distinguer deux groupes de compositeurs, les représentants de la jeune école spectrale d'une part, spectrale au sens strict du terme (Fritsch, Maiguashca, Grisey, Murail, Dufour, Radulescu, Tremblay, Vivier, Harvey, pour citer les plus importants), et ceux qui d'autre part ont ouvert la voie au spectralisme (Messiaen, et ses recherches de reproduction de timbres) ou ont toujours fait preuve d'une pensée typiquement spectrale (Debussy, sans doute le premier musicien à faire de la musique avec des sons).

Une vision plus large de cette conception musicale sons/notes telle qu'elle apparait dans le second groupe me semble plus pertinente; c'est elle qui permet, entre autre, de voir chez Bach une pensée plus sérielle que spectrale, privilégiant l'écriture contrapuntique dans toute sa rigueur, ce qui n'exclue pas des trouvailles merveilleuses en harmonie. On parle de tendances : il n'y a rien de très tranché, ni surtout de catégories bien délimitées dans lesquelles il paraitrait facile de classer tel ou tel autre compositeur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 28756
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 9:32

Le souci c'est que je ne vois comment on peut dire que Boulez n'essaye pas de faire des sons.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 10:46

Je ne saisis pas trop cette distinction formelle entre les notes et les sons. Un son est la traduction d'une note et, à ce titre, il peut être plus ou moins complexe quant à ses caractéristiques spectrales. A tel point, d'ailleurs, que la fréquence fondamentale puisse disparaître presque complètement au profit des harmoniques. Dit autrement, c'est toute la problématique de la mélodie qui s'efface devant des procédés qui heurtent une oreille habituée à une musique conçue de manière traditionnelle.
Non, je ne vois pas où est le problème. On peut déplacer le curseur comme on veut et ça ne nuit pas à l'esthétique sauf pour une partie des mélomanes qui ne "reçoivent plus le message". Lorsque l'on écoute de la musique électroacoustique, il est certain que l'on assiste à une succession de notes et non plus à une mélodie. L'intérêt réside alors dans l'originalité de la "banque" de sons mise en oeuvre. Mais est-ce un problème ?
Xenakis a été jusqu'à traduire des concepts mathématiques et physiques en musique et le résultat est loin d'être délirant. Je crois d'ailleurs que c'est plus le procédé de composition qui a choqué que le résultat en tant que tel. Pour la bonne et simple raison que peu de gens ont eu l'occasion d'écouter véritablement de la musique de ce compositeur en raison du peu d'enregistrements disponibles (sauf la relativement récente intégrale Timpani initiée à la fin des années 90).
Mais bon, ce débat ne cessera jamais et mes arguments sont ici de pure forme sachant qu'ils seront pas ou peu entendus.
Revenir en haut Aller en bas
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 28756
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 11:01

Cocotier a écrit:
Je ne saisis pas trop cette distinction formelle entre les notes et les sons. Un son est la traduction d'une note et, à ce titre, il peut être plus ou moins complexe quant à ses caractéristiques spectrales. A tel point, d'ailleurs, que la fréquence fondamentale puisse disparaître presque complètement au profit des harmoniques. Dit autrement, c'est toute la problématique de la mélodie qui s'efface devant des procédés qui heurtent une oreille habituée à une musique conçue de manière traditionnelle.
Non, je ne vois pas où est le problème. On peut déplacer le curseur comme on veut et ça ne nuit pas à l'esthétique sauf pour une partie des mélomanes qui ne "reçoivent plus le message". Lorsque l'on écoute de la musique électroacoustique, il est certain que l'on assiste à une succession de notes et non plus à une mélodie. L'intérêt réside alors dans l'originalité de la "banque" de sons mise en oeuvre. Mais est-ce un problème ?
Xenakis a été jusqu'à traduire des concepts mathématiques et physiques en musique et le résultat est loin d'être délirant. Je crois d'ailleurs que c'est plus le procédé de composition qui a choqué que le résultat en tant que tel. Pour la bonne et simple raison que peu de gens ont eu l'occasion d'écouter véritablement de la musique de ce compositeur en raison du peu d'enregistrements disponibles (sauf la relativement récente intégrale Timpani initiée à la fin des années 90).
Mais bon, ce débat ne cessera jamais et mes arguments sont ici de pure forme sachant qu'ils seront pas ou peu entendus.

Franchement c'était nécessaire de rajouter ça ?

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 11:12

Cololi a écrit:
Cocotier a écrit:
...
Mais bon, ce débat ne cessera jamais et mes arguments sont ici de pure forme sachant qu'ils seront pas ou peu entendus.
Franchement c'était nécessaire de rajouter ça ?
Oui, parce que c'est la vérité. Mais c'est un constat et non l'expression d'une quelconque amertume. Tu ne vas tout de même pas te mettre à adorer la musique de Boulez pour peu qu'on t'avance un jour les "bons" arguments. Et, d'ailleurs, tu n'as aucune raison de le faire.
Revenir en haut Aller en bas
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 28756
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 11:55

Cocotier a écrit:
Cololi a écrit:
Cocotier a écrit:
...
Mais bon, ce débat ne cessera jamais et mes arguments sont ici de pure forme sachant qu'ils seront pas ou peu entendus.
Franchement c'était nécessaire de rajouter ça ?
Oui, parce que c'est la vérité. Mais c'est un constat et non l'expression d'une quelconque amertume. Tu ne vas tout de même pas te mettre à adorer la musique de Boulez pour peu qu'on t'avance un jour les "bons" arguments. Et, d'ailleurs, tu n'as aucune raison de le faire.

Ah ça effectivement ce n'est pas à coup d'arguments, quels qu'ils soient, qu'on va se mettre à apprécier une musique.
Il m'est arrivé par contre que certains arguments commence un processus qui me permette de changer d'avis - entame une (re)découverte. Parfois de façon radicale.

Mais c'était pas ce que je voulais dire : je voulais dire que tes arguments sont entendus. Je trouve ce sujet intéressant moi, car il y a bien opposition, selon moi, entre avant Debussy et après Debussy, sur le sujet note / son.
J'ai beau idolatrer Debussy ... et des compositeurs postérieurs, je suis malgré tout convaincu que la musique c'est avant tout les notes, et non des recherches sur les sons.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
kegue
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3774
Age : 47
Localisation : Là où repose Cocteau
Date d'inscription : 27/10/2008

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 14:42

Cololi a écrit:
J'ai beau idolatrer Debussy ... et des compositeurs postérieurs, je suis malgré tout convaincu que la musique c'est avant tout les notes, et non des recherches sur les sons.

Ce n'est pas complètement vrai, dans la mesure où une orchestration est plus proche de la recherche des sons que de celle des notes. D'ailleurs, je ne suis pas trop specialiste en la matière mais le timbre a acquis une importance de plus en plus grande au fur et à mesure que les instruments se sont développés.

Un autre exemple me vient en tête, celui de la musique concrète ou des expériences dans le domaine de l'aléatoire où ce n'est pas forcément le choix des notes qui va être primordial, mais plutôt le travail sur la texture sonore.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cololi
chaste Col
avatar

Nombre de messages : 28756
Age : 36
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 14:44

kegue a écrit:
Cololi a écrit:
J'ai beau idolatrer Debussy ... et des compositeurs postérieurs, je suis malgré tout convaincu que la musique c'est avant tout les notes, et non des recherches sur les sons.

Ce n'est pas complètement vrai, dans la mesure où une orchestration est plus proche de la recherche des sons que de celle des notes. D'ailleurs, je ne suis pas trop specialiste en la matière mais le timbre a acquis une importance de plus en plus grande au fur et à mesure que les instruments se sont développés.

Un autre exemple me vient en tête, celui de la musique concrète ou des expériences dans le domaine de l'aléatoire où ce n'est pas forcément le choix des notes qui va être primordial, mais plutôt le travail sur la texture sonore.

Beh justement je précise que pour moi la musique c'est avant tout des notes, et non des sons Smile

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://discopathe-anonyme.fr/
kegue
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 3774
Age : 47
Localisation : Là où repose Cocteau
Date d'inscription : 27/10/2008

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 14:47

Oui, je comprends bien ce que tu dis, mais essaye de jouer une pièce pour orgue aux timbales, ça n'aura pas franchement le même résultat Mr. Green Le son à donc son importance dans l'écriture d'une pièce.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 14:58

Cololi a écrit:
Cocotier a écrit:
...
Oui, parce que c'est la vérité. Mais c'est un constat et non l'expression d'une quelconque amertume. Tu ne vas tout de même pas te mettre à adorer la musique de Boulez pour peu qu'on t'avance un jour les "bons" arguments. Et, d'ailleurs, tu n'as aucune raison de le faire.
Ah ça effectivement ce n'est pas à coup d'arguments, quels qu'ils soient, qu'on va se mettre à apprécier une musique.
Il m'est arrivé par contre que certains arguments commence un processus qui me permette de changer d'avis - entame une (re)découverte. Parfois de façon radicale.
Mais c'était pas ce que je voulais dire : je voulais dire que tes arguments sont entendus. Je trouve ce sujet intéressant moi, car il y a bien opposition, selon moi, entre avant Debussy et après Debussy, sur le sujet note / son.
J'ai beau idolatrer Debussy ... et des compositeurs postérieurs, je suis malgré tout convaincu que la musique c'est avant tout les notes, et non des recherches sur les sons.
Merci de préciser ton point de vue qui n'est finalement pas si éloigné du mien. Mon cheminement s'appuie sur 45 ans de passions musicales et, autant te dire que mes goûts ont considérablement évolué même si j'ai ressenti, dès le départ, une attirance - perverse diront certains - pour la dissonance. Je me suis convaincu, au fil des ans, que la musique du 20ème siècle n'était qu'une extension de ce qui précédait et non la rupture radicale qui nourrit le débat entre "modernistes" et "classiques". Ça me permet d'écouter avec autant d'intérêt Debussy que Xenakis ou... Bach. Depuis 2 ou 3 ans, j'explore même avec intérêt la musique électroacoustique. C'est pourquoi, je ne perçois pas de frontière véritable entre la note et le son.
Mais, encore une fois, ce rejet du principe de rupture musicale ne m'est apparu que ces 10 dernières années.
Revenir en haut Aller en bas
Resigned
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 1181
Age : 34
Localisation : Saint-Germain-en-Laye
Date d'inscription : 27/08/2008

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Mer 29 Déc 2010 - 16:23

Corvus Corax a écrit:
Resigned a écrit:
L’un des traits essentiels de la musique savante, c’est le respect d’une grammaire qui fait que la musique peut se transmettre dans l’espace dans le temps. Est-ce qu’en privilégiant le son à la note, on ne perd pas cet aspect là ?
Pouvez-vous en dire plus ? Je pense qu'en musique contemporaine, l'élaboration d'une nouvelle grammaire est nécessaire et inévitable, de toutes façons... Elle se crée par tâtonnements, chaque compositeur apportant sa pierre à l'édifice.

En fait je pensais à un article de Saint-Saëns que j’ai lu récemment où il disait son plaisir de pouvoir lire une partition de Beethoven au coin du feu comme on lirait un livre. Avec la musique spectrale (bien que je n’y connaisse rien), je suppose que c’est exclu. Et je suppose qu’un musicien lambda à l’autre coin du monde serait relativement pantois face à une « partition » de musique spectrale…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ave do Brasil
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 827
Age : 32
Localisation : Paris - France
Date d'inscription : 16/12/2010

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Sam 1 Jan 2011 - 18:04

Resigned a écrit:
Corvus Corax a écrit:
Resigned a écrit:
L’un des traits essentiels de la musique savante, c’est le respect d’une grammaire qui fait que la musique peut se transmettre dans l’espace dans le temps. Est-ce qu’en privilégiant le son à la note, on ne perd pas cet aspect là ?
Pouvez-vous en dire plus ? Je pense qu'en musique contemporaine, l'élaboration d'une nouvelle grammaire est nécessaire et inévitable, de toutes façons... Elle se crée par tâtonnements, chaque compositeur apportant sa pierre à l'édifice.

En fait je pensais à un article de Saint-Saëns que j’ai lu récemment où il disait son plaisir de pouvoir lire une partition de Beethoven au coin du feu comme on lirait un livre. Avec la musique spectrale (bien que je n’y connaisse rien), je suppose que c’est exclu. Et je suppose qu’un musicien lambda à l’autre coin du monde serait relativement pantois face à une « partition » de musique spectrale…
Je vous invite à consulter le sujet sur Tristan Murail, et à vous rendre sur son site officiel. Vous aurez ainsi un aperçu de ce à quoi peut ressembler cette étrange "musique spectrale".

Corvus Corax a écrit:
Pulcino a écrit:
J'en profite pour signaler le site officiel du compositeur, sur lequel il présente un certain nombre de ses œuvres.

http://www.tristanmurail.com/fr/
Ce site est particulièrement bien réalisé et comprend de très nombreux extraits dans les sections "Œuvres" et "Discographie" : parfait pour se faire une petite idée de ce grand compositeur, et de la musique spectrale en général.

Personnellement, je recommanderais surtout ses œuvres pour instruments traditionnels (le piano, entre autres), sans trop de bidouillages électroacoustiques. Je trouve qu'on s'y retrouve plus facilement, sans être troublé par des effets artificiels.




Note : une curiosité que je ne connaissais pas, Vampyr !, pour guitare électrique !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Percy Bysshe
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 9940
Date d'inscription : 06/04/2009

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Sam 1 Jan 2011 - 22:24

A mon avis: les notes, et de loin.

Il suffit de convoquer le cas de la transcription: on voit vite qu'il y a tout de même une assez forte prédominance des notes sur les sons, tant la différence de timbres (elle peut-être extrêmement importante, entre un orchestre et un simple piano) ne change pas grand chose à l'expressivité finale de l'idée musicale.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cello
Chtchello
avatar

Nombre de messages : 5476
Age : 42
Date d'inscription : 03/01/2007

MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   Lun 3 Jan 2011 - 13:00

Les deux pour moi. Ca dépend de ce que j'écoute.

Bach par exemple, c'est les notes. C'est pour ça que ça passe bien dans toutes les transcriptions imaginables. Par contre, à partir de Debussy et plus on s'approche du présent, plus le son prend de l'importance jusqu'à devenir prépondérant dans mon appréciation du contemporain. Là, les transcriptions ne me satisfont plus car il me semble que les timbres voulus par le compositeur sont au moins aussi importants que notes elles-mêmes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Spectre et la Série.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Spectre et la Série.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Spectre et la Série.
» Pourquoi un orgue virtuel n'égalera jamais un orgue à tuyaux
» MIXAGE : S'entre-aider / Apprendre / Partager
» Mixage - la methode du novice que je suis.
» Opera de Lyon 2011-2012

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique (Divers)-
Sauter vers: