Autour de la musique classique

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 Albéric Magnard (1865-1914)

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luisa miller
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Dim 15 Juil 2018 - 14:13

C'est courageux. Je n'ai jamais pu aller jusqu'au bout
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Roupoil
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Lun 16 Juil 2018 - 10:33

En même temps, le contraire serait plutôt surprenant venant de toi (un peu comme si Opérateur Opérationnel venait soudain nous déclarer son admiration pour la sonate de Barraqué). Moi qui suis nettement plus coeur de cible pour cette musique, j'ai trouvé ça vraiment pas mal mais avec quelques réserves quand même. Il y a beaucoup de très belle musique, indiscutablement, mais le livret est vraiment pale (bon, j'avais été prévenu certes), et je trouve quand même que ça ne tient pas totalement sur les trois heures que dure l'opéra. Certaines scènes sont poussives (le duo des amoureux à l'acte II est certes beaucoup plus court que dans Tristan mais il semble quand même trop long !), et les scènes béates dans les cieux avec les choeurs ça va cinq minutes, le troisième acte m'a vraiment barbé. Reste une oeuvre à ne pas négliger pour les amateurs d'opéra post-wagnérien.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Lun 16 Juil 2018 - 11:01

Oui, entre le livret insupportable, le chœur à la peine et la prise de son opaque, on passe à côté ce qui aurait pu être un chef-d'œuvre. Les autres opéras de Magnard ne ressemblent d'ailleurs pas du tout à cela, beaucoup plus Magnard-gris (cela dit, je me demande si je n'aime pas davantage Bérénice que Guercœur).

Il existe une version Aubin, plus franche que Plasson, qui pourrait éventuellement aider…
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Dim 22 Juil 2018 - 1:11

Puisque David l’a évoqué, je m’y suis collé...


Guercœur: acte I
Bernard Demigny (Guercœur), Yvette Darras (L’Ombre d’une vierge), Freda Betty (L’Ombre d’une femme), Joseph Peyron (L’Ombre d’un poète), Marcelle Bunlet (Vérité), Jacqueline Delusseux (Bonté), Jane Rolland (Beauté), Denise Scharley (Souffrance), Tony Aubin / Orchestre et Chœurs Radio-Lyriques de la R.T.F.
Paris, 1951
Bourg


Je n’avais pas réécouté cet enregistrement depuis des lustres; j’ai énormément aimé ce que je viens d’entendre mais je doute de pouvoir le recommander à tous sans réserves.

Tout d’abord, l’œuvre est ce qu’elle est, et le livret est réellement impossible (cette suite de monologues abstraits, bavards et grandiloquents: «Jardins d’azur, séjour du rêve, soyez purifiés des révoltes de l’être!» Confused ...) Par ailleurs, si ce premier acte en est apparemment exempt, je crois qu’il y a beaucoup de coupures (surtout dans le II), de sorte qu’on peut difficilement le considérer comme «référentiel» Enfin, la captation est plutôt médiocre (studio de radio très sec, l’image de l’orchestre est nette, mais il y a beaucoup de fluctuations dans la captation des voix solistes et les chœurs sont lointains et nébuleux) et le report vraiment très mauvais (énormément de bruits de surface - mais comme je ne crois pas qu’il y en ait eu d’autre depuis...)

En revanche, il y a ici des choses infiniment plus exaltantes que dans le studio de Plasson. D’abord, l’acidité habituelle du Radio-Lyrique et la prise de son très sèche concourent à donner à l’orchestre une clarté d’articulation qui permet d’éviter les clichés du «wagnérisme» sombre, opaque et nébuleux; si l’on y ajoute la direction très cursive et animée de Tony Aubin (auquel on doit aussi une version d’Ariane et Barbe-Bleue qui est loin d’être la pire), on a vraiment un discours orchestral très direct, qui souligne la grande poussée, les ruptures dramatiques, les circulations des thèmes: une forme d’exaltation de l’écriture orchestrale qui n’a vraiment rien d’indigne du modèle wagnérien - avec cependant des couleurs qui sonnent aussi parfois françaises. (Mais comme on s’en sera douté à la page précédente ou ici, je suis sensible à la musique de Magnard.)

Les chœurs sont malheureusement comme je l’ai dit très mal captés, probablement mal équilibrés aussi, et avec ces sortes de chevrottements et des stridulations assez typiques des chœurs français de cette époque.

En revanche, du côté des solistes, il y a des choses tout à fait admirables, et qui témoignent vraiment à un très haut degré de l’art du chant français de cette époque. D’abord: formidable Bernard Demigny! Cette précision verbale, ce timbre à la fois chaud et vaillant (avec quelque chose de ténorisant dans le métal) et la sobre intensité de déclamation (peu «théâtrale» ou «dramatique», certes, mais cette façon de passer de l’intériorité à la proclamation!) font de son Guercœur une prestation touchante et belle, de bout en bout - en dépit de la piètre qualité du texte. (Dans mon souvenir, Van Dam est beaucoup plus rond et sombre d’émission, et plus monotone d’expression.) Peut-être plus extraordinaire encore, l’Ombre d’un poète de Joseph Peyron: la qualité du verbe est peut-être encore plus extraordinaire que chez Demigny (avec des nuances incroyables dans l’aperture et la nasalisation des voyelles), et la tessiture tendue, le timbre à nu ont quelque chose de direct et de presque douloureux qui vient renforcer encore l’expressivité de la déclamation.

Comme souvent dans l’école française des années 30 à 50, la qualité et le style même des chanteuses semble beaucoup plus disparate. J’ai été assez déçu par Marcelle Bunlet, soprano dramatique très réputé à l’époque, mais qui m’a semblé présenter, quoique à un degré moindre, le même type de défauts que Germaine Lubin: timbre très blanc, et émission mal maîtrisée qui tend à distordre la déclamation. (Dans le rôle de Vérité, je préfère le timbre de Hildegard Behrens chez Plasson, malgré le volapück.) Jacqueline Delusseux et Jane Rolland, dans leurs courtes interventions m’ont paru assez inégales (leur bref ensemble au début de la scène 5 est mal capté, mais leurs apostrophes après le monologue de Guercœur sont en revanche assez saisissants, surtout celui de Bonté.) En revanche, Denise Scharley est assez remarquable: le timbre est idéal, avec ses couleurs sombres, mais la diction d’une clarté impeccable, et surtout la caractérisation est formidable: l’austère venin de ses imprecations est terriblement impressionnant (quand on pense à sa Prieure dans les Carmélites de Dervaux, on se dit qu’on tient là une très grande tragédienne.)

Donc, entre l’orchestre et les prestations de Demigny, Peyron et Denise Scharley, on tient vraiment là un premier acte d’une intensité que l’on n’imaginait pas a priori.

À suivre, donc, pour les deux actes suivants. (Pas forcément tout de suite: au casque, le report est vraiment éprouvant.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Dim 22 Juil 2018 - 11:27

L'évoquer, c'est t'invoquer.

Ah, Scharley !  Incomparable aussi en Uta (Sigurd) ou en Sanseverina (La Chartreuse de Parme).

Et Peyron, je suis totalement fan de sa voix étroite et ouverte, de ses apertures exactement pleines de mouillures, de terroir, de saveur… Le guetteur dans le Roi d'Yvetôt ou l'oncle du Farfadet, parmi vingt autres de ses rôles. bounce

Bon, je vais me mettre à écouter ça, parce qu'effectivement Plasson ajoute tellement à la nébuleuse abstraction déjà présente dans la langue du livret et l'orchestration de Magnard que ça devient de la bouillie. Dommage pour les chœurs, on n'a donc pas de version satisfaisante de ce point de vue-là alors qu'il y a des pages très originales à servir.

L'Opéra de Paris, la Monnaie, Bru Zane ou l'Opéra-Comique auraient une carte à jouer.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Dim 22 Juil 2018 - 13:58

DavidLeMarrec a écrit:

Et Peyron, je suis totalement fan de sa voix étroite et ouverte, de ses apertures exactement pleines de mouillures, de terroir, de saveur… Le guetteur dans le Roi d'Yvetôt ou l'oncle du Farfadet, parmi vingt autres de ses rôles. bounce

Ah ça... Peyron, moi je suis fan. Je sais que certains détestent, mais c'est génial. Son Hadji dans Lakmé... très courte intervention mais quelle finesse! Very Happy

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Mar 31 Juil 2018 - 0:03

J'ai réécouté Guercœur (que j'ai finalement peu écouté jusqu'ici), et je suis extrêmement séduit. J'avais été rebuté par le livret très délibératif (et, de fait, à part se commenter avec de grandes phrases, les personnages ne font à peu près rien), mais en réalité tout cela est très bien chanté (même Lakes et Behrens, et les chœurs dont j'ai souvent lu pis que pendre, très beaux – s'il y a des problèmes de justesse, ce doivent être des attaques un peu basses çà et là, pare que c'est sinon assez impeccablement lisible). Jusqu'à la prise de son, étonnamment aérée et lisible pour un EMI de la période ! Je ne dis pas qu'on entend tout, mais le spectre sonore reste assez ample et agréable.

Surtout, orchestralement, que de merveilles, que d'élans. Du beau postwagnérisme, je n'avais qu'une envie, réécouter ça.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Mar 31 Juil 2018 - 1:39

Je suis presque d'accord, mais les chœurs sont quand même vraiment très faux… je ne l'ai pas écouté 50 fois, mais j'ai ce souvenir très vif à propos des chœurs, je n'ai jamais entendu ça dans aucun autre disque.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   Mar 31 Juil 2018 - 9:50

De mon côté il m'en restait l'impression d'une diction et d'une prise très flou, alors que ce n'est pas le cas (même si Behrens est clairement moins à son aise pour croquer les mots qu'en allemand). Lakes est même vraiment excellent.

Pour le chœur, honnêtement, je n'ai pas entendu. C'est peut-être trop raffiné pour que j'entende les fautes d'harmonie, mais de ce que j'ai perçu, les intonations paraissaient justes et les enchaînements très cohérents : je vois beaucoup de chœurs contre qui je n'aurais pas échangé Donostiarra !
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MessageSujet: Re: Albéric Magnard (1865-1914)   

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Albéric Magnard (1865-1914)
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