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 Bruckner: Symphonie 9

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Francoistit
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MessageSujet: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 11:56

La Neuvième de Bruckner

Pour pouvoir désengorger le topic discographie des symphonies de Bruckner, je propose que l’on se penche un peu sur la neuvième.

Histoire

Cette neuvième symphonie, la dernière de Bruckner, est une oeuvre inachevée (le compositeur décédant lors de la composition du final). Il n’existe donc qu’une seule version, ce qui facilite déjà la discographie. Elle fut commencé en 1887 et le compositeur la laissa de côté pendant un certain temps, préférant s’attaquer au Psaume 150 et à Helgoland… En effet, le refus par le chef d'orchestre Hermann Levi en 1887 d'assurer la création de la première version de la Huitième symphonie fut probablement un élément déclencheur qui contraint ensuite Bruckner à se remettre en question... La première de cette symphonie eu lieu à Vienne 7 ans après sa mort, à savoir en 1903 et conduite par le chef Ferdinand Löwe sous une forme reorchestré...



La discographie, quant à elle, est très complète, attirant bon nombre de chefs de renommé mondial et des spécialistes de Bruckner (Wand, Jochum, Celibidache, Bernstein, Giulini, Abbado, Karajan, Sinopoli – pour Siegmund Mr.Red …)



Voici ce que les membres de ce forum ont pu dire à propos de cette ultime symphonie de Bruckner.


Spoiler:
 




Pour simplifier, et pour ceux qui ne veulent pas lire, je signale que:

- Bernstein Vienne: dernier concert life ou Cd chez DGG.

- Jochum Dresde: Jochum/Bruckner, la référence. Ayant écouté cette neuvième, je suis tout à fait d'accord, prise de son très bonne, et le chef est spectaculaire.

- Furtwängler DGG: Très engagé.


On peut déconseiller Wand et pour ceux qui veulent quelque chose de plus mystérieux et plus lent, je conseille Celibidache ou Giulini.



Pour terminer, je vous propose quelques sites qui peuvent avoir une utilité pour cette symphonie:

- La partition: http://imslp.org/wiki/Symphony_No.9_in_D_minor,_WAB_109_(Bruckner,_Anton)

- 2 sites de discographie complète parfois commentée:
http://patachonf.free.fr/musique/bruckner/9e.php
http://www.abruckner.com/discography/symphonyno9indmino2/

- Enfin, une vidéo de répétition de l'adagio par Celibidache et les München P. est disponible sur le site Medici.tv.
extraits:
/watch?v=7aU0Q3NTGls (partie 1)
/watch?v=fXNVDCNuZP0&feature=related (partie 2)


Dernière édition par francoistit le Mer 10 Aoû 2011 - 22:38, édité 3 fois
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aurele
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 12:03

aurele a écrit:
J'ai découvert il y a quelques semaines la symphonie n°9 dans l'interprétation de Karajan enregistrée en studio en 1966. Il dirige comme souvent le Berliner Philarmoniker. J'ai pris une grosse claque, j'ai trouvé sa direction électrisante, très dramatique, pas du tout extérieure. Il me semble qu'il a fait encore mieux au niveau de cette symphonie dans d'autres enregistrements mais je dois dire que c'est une excellente entrée en matière pour appréhender cette oeuvre.

Bravo pour ton travail Francoisit. Aimant beaucoup Bernstein, j'aimerais pouvoir entendre sa 9e enregistrée pour Deutsche Grammophon mais je ne la trouve pas sur musicme.
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 12:44

J'approuve tout ce que dit Scherzian sur Kabasta, d'ailleurs il faut aussi connaître la 4ème du même.
Pour retrouver le même type de direction, il faut aussi aller jeter une oreille du côté d'Andreae, c'est très particulier par rapport au Bruckner que l'on nous sert aujourd'hui. La polyphonie est très travaillée, avec en particulier des bois qui jouent fort, et des cordes qui évitent de sortir un tapis continu. D'ailleurs c'est très drôle de rabâcher sans arrêt que Bruckner orchestre comme un organiste et ensuite de mettre en avant des versions où les bois sont bouffés par le reste de l'orchestre. Le scherzo lacère, les 1er et 3ème mouvements sont extrêmement intenses avec des climax qui font trembler les murs. Andreae ne cherche pas à retenir son orchestre dans ces passages n'étant pas à la recherche de belles textures, l'impact est prioritaire.
L'analogie avec le dernier Schubert et Beethoven est aussi très bien vue, jamais elle n'aura paru aussi forte qu'avec Kabasta et Andreae. Encore faut-il pour cela aérer les textures.
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Horatio
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 12:57

Magnifique travail francoisit cheers ! Chapeau thumleft !

_________________
Si Titus Andronicus avait compté six actes, Shakespeare s'en serait pris aux spectateurs des premiers rangs du parterre et les aurait fait périr dans d'atroces souffrances.
(Jan Kott, Shakespeare, notre contemporain)

La vérité est si vraie, la force si forte, la finesse si fine, la profondeur si profonde et la philosophie si universelle dans ce texte qu'il vaut bien la peine d'y passer un instant.
(Un journaliste américain, 1894)
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 13:10

Rule Kabasta !
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Francoistit
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 13:11

aurele a écrit:
aurele a écrit:
J'ai découvert il y a quelques semaines la symphonie n°9 dans l'interprétation de Karajan enregistrée en studio en 1966. Il dirige comme souvent le Berliner Philarmoniker. J'ai pris une grosse claque, j'ai trouvé sa direction électrisante, très dramatique, pas du tout extérieure. Il me semble qu'il a fait encore mieux au niveau de cette symphonie dans d'autres enregistrements mais je dois dire que c'est une excellente entrée en matière pour appréhender cette oeuvre.

Bravo pour ton travail Francoisit. Aimant beaucoup Bernstein, j'aimerais pouvoir entendre sa 9e enregistrée pour Deutsche Grammophon mais je ne la trouve pas sur musicme.

Horatio a écrit:
Magnifique travail francoisit cheers ! Chapeau thumleft !

Merci bien Smile et j'avais oublié de mettre ton commentaire Aurele, chose faite à présent.
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jpwol
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 13:50

Déconseiller Wand?! Shocked

Un de mes enregistrements préférés de la 9ème, une humilité et une humanité incroyable dans ce concert avec les Berliner, je trouve ça absolument bouleversant... Je trouve une alchimie rare dans l'adagio.

J'adore aussi Giulini/Wiener: là aussi un concert incroyable, un orchestre encore plus sublime que les Berliner avec Wand, les deux mouvements extrêmes sont pris très lents, mais c'est là aussi bouleversant: il y a un vrai travail sur la pate sonore, et ces tempis sont tellement habités qu'ils paraissent nécessaires. Le Scherzo est quant à lui foudroyant, et dire que certains trouvent de la mollesse chez ce chef..!

En tout cas merci pour ce sujet et le rassemblement d'infos! Wink
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 18:12

jpwol a écrit:


J'adore aussi Giulini/Wiener: là aussi un concert incroyable, un orchestre encore plus sublime que les Berliner avec Wand, les deux mouvements extrêmes sont pris très lents, mais c'est là aussi bouleversant: il y a un vrai travail sur la pate sonore, et ces tempis sont tellement habités qu'ils paraissent nécessaires. Le Scherzo est quant à lui foudroyant, et dire que certains trouvent de la mollesse chez ce chef..!


Ne jamais se lasser de dire combien cet enregistrement est fascinant et abyssal Wink
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 10 Aoû 2011 - 19:45

jpwol a écrit:
Déconseiller Wand?! Shocked

Un de mes enregistrements préférés de la 9ème, une humilité et une humanité incroyable dans ce concert avec les Berliner, je trouve ça absolument bouleversant... Je trouve une alchimie rare dans l'adagio.

J'adore aussi Giulini/Wiener: là aussi un concert incroyable, un orchestre encore plus sublime que les Berliner avec Wand, les deux mouvements extrêmes sont pris très lents, mais c'est là aussi bouleversant: il y a un vrai travail sur la pate sonore, et ces tempis sont tellement habités qu'ils paraissent nécessaires. Le Scherzo est quant à lui foudroyant, et dire que certains trouvent de la mollesse chez ce chef..!

En tout cas merci pour ce sujet et le rassemblement d'infos! Wink

Tout à fait, Wand et Giulini sont en haut de ma discographie, alors que je ne les vénère pas forcément dans les autres Bruckner qu'ils ont légués (sauf la 5e pour Wand-Berliner). Giulini avec Vienne, je suis d'accord aussi, même si Chicago tient largement la route aussi.

Jochum-Dresde, bof, quand même, il faut les supporter ces cuivres... C'est à connaître, mais une référence ? Vraiment ?

Enfin, ne pas oublier Walter-Columbia !

Oui, Wand-Berlin, Giulini-Vienne, Walter-Columbia, voilà certainement mon trio de tête !
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nugava
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 31 Mai 2012 - 9:21

Tiens, je sais pas si on en a déjà parlé ici mais y a ça qui est sorti:



D'après Jean-Pierre Rousseau, c'est une bonne surprise...

http://rousseaumusique.blog.com/
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Cololi
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 31 Mai 2012 - 9:43

Très intéressant les infos que donne cette critique.

Mais sont elles correctes ? Il dit que le 4° mouvement était quasi complet , je cite :
"il manque certes souvent l’orchestration, ainsi que plusieurs transitions et la coda, mais l’architecture générale était écrite".

J'ai toujours lu que Bruckner n'arrivait pas à achever cette symphonie, et qu'il s'était résigné à ne pas l'achever ... proposant même un temps de finir par le Te Deum.

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Montfort
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Ven 1 Juin 2012 - 14:26

Outre la question de l'authenticité, qu'est-ce que ça donne à l'écoute ??

Montfort
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Cololi
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Ven 1 Juin 2012 - 14:59

Franchement si ce que dis la critique plus haut est vraie, je crois que je vais me acheter ce disque.

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Cololi
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Ven 1 Juin 2012 - 15:39

C'est écoutable ici :

http://www.musicme.com/Sir-Simon-Rattle/albums/Bruckner:-Symphony-No.9---Four-Movement-Version-5099995296951.html

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sylvain
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Sam 2 Juin 2012 - 13:42

Et d'après Classica c'est loin d'être exceptionnel (si on peut leur faire confiance).
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Utnapištim
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Sam 2 Juin 2012 - 21:26

Pour une version en 4 mouvements, je conseille plutôt la version de Nicolas Couton. Certes on n'a pas Berlin, mais au niveau direction, c'est tout même autre chose.

https://sites.google.com/site/coutonnicolas/francais/enregistrements

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Marc Mailly
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mer 8 Aoû 2012 - 20:01

Utnapištim a écrit:
Pour une version en 4 mouvements, je conseille plutôt la version de Nicolas Couton. Certes on n'a pas Berlin, mais au niveau direction, c'est tout même autre chose.

https://sites.google.com/site/coutonnicolas/francais/enregistrements

Très intrigué et intéressé par le finale proposé par Sébastien Letocart, j'ai vu que la version de Nicolas Couton est, à ce jour, la seule à jouer son finale, contrairement à celui des 4 musicologues Samale, Cohrs, Mazucca, Philips (SPCM), joué plus souvent, y compris dans la récente version Rattle. Je suis convaincu que le finale de Sébastien se tient, et a du panache. La coda, la principale divergence de Sébastien par rapport à la version SPCM, s'accompagne d'une "coda de la coda" basée sur une reprise extatique du trio du scherzo. Cela dit, Nicolas Couton ne dispose pas du meilleur orchestre, mais sa version a de l’ampleur. Les finale SPCM et Letocart mériteraient d'être interprétés par Claudio Abbado, Nikolaus Harnoncourt, Bernard Haitink.

Pour en savoir plus sur le finale Letocart, se rendre sur le site abruckner.com, menu Articles en français.
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Scherzian
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 16 Sep 2012 - 12:33

Golisande (fil général « Tout sur Bruckner ») a écrit:
[...] Quant à la 9e, je l'écoute presque tous les jours en ce moment, et seul le premier mouvement parvient à me captiver (c'est tout de même assez impressionnant); mais le Scherzo m'est franchement désagréable, et quant à l'Adagio, comme aucun de ses thèmes ne me séduit (à l'opposé de la 8e), je reste à la porte... En fait, plus j'écoute cet Adagio moins j'accroche, alors que j'espérais l'inverse. [...]
Je me permets de recopier ici. Le Scherzo de la Neuvième est assez souvent pris à un train de sénateur, si bien qu'on se retrouve avec trois mouvements successifs aux tempos modérés ou amples... As-tu écouté par exemple Oswald Kabasta avec la Philharmonie de Munich dans la Neuvième ? C'est un vieil enregistrement (1943), en public (mais très bien tenu étant donné ce que le chef exige des musiciens, en particulier dans le Scherzo !), mais c'est fabuleux et tout à fait terrible dans le Scherzo. Un merveilleux rapport et un contraste saisissant avec les sections lyriques centrales, aussi, qu'il me semble beaucoup plus difficile d'obtenir si le tempo de base du mouvement est plus ample. Pour avoir une idée avec le tuyau : /watch?v=SAhWHu6WRys (le Scherzo à 21'53'' à peu près, le mouvement lent à 30'44'').
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Golisande
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 16 Sep 2012 - 13:18

Merci, j'essaierai Kabasta ! Pour l'instant je connais Furtwängler (1944) qui le prend aussi assez vite, et je n'ai pas accroché non plus, et pourtant dieu sait que je vénère Furtwängler dans cette musique (j'ai eu une re-révélation avec la 8 sunny )... Je crois que c'est le côté "grimaçant" dont je parlais, auquel s'ajoute le morcellement en séquences juxtaposées propre à Bruckner (que je trouve maladroit dans ses scherzi), qui me rend ce mouvement pénible.

Dans la catégorie "scherzo diabolique" comme dans beaucoup d'autres, je vote Mahler sans hésiter (celui de la 7e ou le 2e scherzo de la 10e)...
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Ben.
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 16 Sep 2012 - 13:59

Dans la catégorie Scherzo rapide, on peut mentionner aussi Walter, et la très étrange version de Cantieri, avec le Baltic New Philharmonia: ça joue faux de partout - ou du moins, les timbres sont vraiment bizarres -, mais c'est furieusement génial dans l'impuls et l'engagement.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 24 Sep 2012 - 22:41

Je préfère des chefs qui ne se laissent pas enliser, tels Eduard van BEINUM, Jascha HORENSTEIN, ou Carl SCHURICHT (je pense surtout à sa version de 1939).
Mais dans l'absolu le modèle reste selon moi l'interprétation puissante, radieuse, souverainement équilibrée de Bruno WALTER en 1959, dorée par le soleil californien, avec des cuivres et des cordes d'une majestueuse plénitude.

Parmi les disques récents, j'ai été secoué par Cristian MANDEAL et le Hallé Orchestra, impulsifs, sanguins, qui retrouvent la fougue de grands anciens (KABASTA à Munich), notamment le Scherzo brutalisé comme j'ai rarement entendu, et qui entre alors en singulière dialectique avec les apaisements du Finale.
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 24 Sep 2012 - 22:55

Tiens, je n'ai pas encore vanté Sinopoli dans ce fil Mr. Green

Et bien, c'est sa plus grande réussite Brucknerienne, à découvrir d"urgence. Tout y est magnifique ; le Scherzo est une danse du diable (rythmique acéré, lisibilité des énergies mais profondeur du son) ; Adagio particulièrement splendide, vous redécouvrirez ses harmonies.
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Utnapištim
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 24 Sep 2012 - 23:05

Ma préférée, et de loin c'est Schuricht/Vienne en 1961.
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*Nico
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 25 Sep 2012 - 8:07

Siegmund a écrit:
Tiens, je n'ai pas encore vanté Sinopoli dans ce fil Mr. Green

Et bien, c'est sa plus grande réussite Brucknerienne, à découvrir d"urgence. Tout y est magnifique ; le Scherzo est une danse du diable (rythmique acéré, lisibilité des énergies mais profondeur du son) ; Adagio particulièrement splendide, vous redécouvrirez ses harmonies.

J'ai commencé l'écoute des enregistrements de Bruckner par Sinopoli avec la 7ème hier soir et c'est excellent ! J'attends beaucoup de la 9ème qui en plus a été enregistrée en concert. Smile
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 25 Sep 2012 - 10:19

Ha, je la trouvais justement moins réussite. Mais c'est une symphonie que j'aime moins, et que j'écoute peu.

Sa huitième est très luxueuse, quelle plastique ! On va sans doute plus loin ailleurs pour le discours ; mais c'est quand même excellent, et à entendre.

Et bien sûr, la 9 I love you
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André
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 12 Déc 2013 - 3:07

Le chef russe Vladimir Delman et l'Orchestre Arturo Toscanini d'Emilie-Romagne semblent un curieux choix ("odd bedfellows" disent les anglais). Cette remarquable interprétation fera lever les sourcils jusqu'au front de la plupart. Je suggère la lecture de cette recension sur Musicweb et un achat à petit prix (ça se trouve en liquidation ici et là, quelquefois avec cette image comme pochette) pour se faire une idée totalement différente de ce que la neuvième peut donner quand on met de côté les modèles reçus.

Dans le genre plus conventionnel, j'aime beaucoup Mehta, Klemperer, Karajan (2), van Beinum, Haitink II, Jochum Munich en 82, Eschenbach, Skrowaczewski Minnesota, Wallberg, Keilberth Hambourg, Barenboim Chicago, Schuricht Vienne, Giulini Chicago, Nézet-Séguin Montréal, Blomstedt Leipzig - en plus des déjà cités Walter, Giulini Vienne, Sinopoli, Horenstein, Wand etc.

Pour quelque chose de complètement différent, difficile de faire mieux pire que Maximianno Cobra. Et bien sûr, il y a les derniers témoignages de Celibidache.

Jamais pu m'habituer aux neuvièmes de Jochum Dresde et Berlin (je déteste ses accelerandos sans queue ni tête), mais dans son tout dernier témoignage sur disque (Munich '83) on me dit qu' il semble avoir enfin trouvé la clé du phrasé qui révèle tout. Je vais essayer de me la procurer. Au vu de ses dernières huitièmes (à Bamberg à la même époque) ça vaudrait la peine.
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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 23 Déc 2013 - 19:57

Bonjour à tous, je suis nouveau ici..
Cette œuvre étant l'une de mes préférées, voici mon "top 5", qui pourrait être 10.....
Furtwängler/Philh; Berlin/1944
G-L Jochum /RIAS Berlin/1957
E. Jochum / Philh Berlin/1964
Bernstein (Pas Vienne, non, New York années 60 ; Remarquable, à redécouvrir !!!)
Giulini / Symph De Chicago/ 1976
Après, quantités de versions remarquables : Kubelik / Etat de Bavière /1983, Blomstedt/Gewandhaus Leipzig/2010, Rattle/Philh. Berlin avec le final reconstitué (Grande réussite pour moi), Celibidache /Philh Munich, Van Beinum/ RCO,
Et tant d'autres.
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André
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 23 Déc 2013 - 20:17

Ce sont toutes de très bonnes versions (je ne connais pas celle de G.L. Jochum, quoiqu'elle soit disponible sur internet). Celle de Bernstein est un peu particulière, comme si le chef était un vacher aux prises avec un animal particulièrement imprévisible. Ceci dit, je la préfère à celle faite plus tard à Vienne.
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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 23 Déc 2013 - 20:57

La version de G.L Jochum est extrêmement intéressante :des tempos très vifs, aucune vision métaphysique façon Furt, ça reste très humain ; c'est réellement à écouter. Cette version était disponible dans un coffret Testament (je crois) où il se partageait l'intégrale avec son frère Eugen.
Bonne définition de la version Bernstein des années 60 qui correspond bien à ce que faisait le chef à l'époque (Fantastique de Berlioz, Tableaux d'une exposition Moussorgsky et autres...)
J'aime bien sûr aussi la version Vienne chez DG mais elle ne me transporte pas..... Avec le même Orchestre, la même époque et le même éditeur Giulini est plus près de moi.
Le dernier Bernstein est très particulier ; je ne suis finalement pas absolument sûr d'adorer ça ; j'en écoute par période.... Sa pathétique, par exemple, portée au nues ne me convainc pas du tout... Écoutez Andris Nelsons avec le Birmingham (Orfeo) en live, c'est vertigineux et très concentré....
Et pour revenir à Bruckner, la 9, Harnoncourt a aussi fait quelque chose de très intéressant. Dans les versions récentes, je ne supporte pas Marek Janowski avec son ex-orchestre de la suisse Romande, par exemple: Peu d'idées, il s'ennuie, et m'ennuie......
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André
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Ven 3 Jan 2014 - 18:56

J'entreprends aujourd'hui la recension des versions de la neuvième que je possède. Je donnerai une appréciation succincte de chaque écoute.

Première remarque: à part le problème du Finale, il n'existe pas vraiment de divergences dans la partition d'une édition à l'autre. Seule la version Loewe de 1903 fait entendre des différences qui sautent aux oreilles. Le scherzo en particulier y est passablement différent, ainsi que le premier climax de l'Adagio (et sa reprise) et la coda du même mouvement . Comme cette édition depuis longtemps abandonnée n'a pas été enregistrée commercialement, elle demeure peu connue. Il en existe des live de Adler, Krips et Knappertsbusch.

C'est justement par deux versions de cette édition que j'ai commencé mon périple neufbrucknérien. Le concert du 30 janvier 1950 sous Hans Knappertsbusch avec les Berliner Philharmoniker a été édité nombre de fois. Je ne connais pas les qualités sonores respectives des différents reports, mais je suppose qu'ils se ressemblent tous. Le mien provient d'un coffret Music & Arts.

Prise de son acceptable. Exécution cataclysmique de l'orchestre. Les grandioses climaxes du premier mouvement sont à couper le souffle. Minutage de 22:27, 11:16 et 22:50, ce qui indique une tendance au dramatisme. Les tempi sont soit vifs, soit raisonnablement étirés. Aucun alanguissement. Kna y va pour la jugulaire (*) et déchaîne des tempêtes terrifiantes. Dans l'ensemble il se dégage une impression de sauvagerie et une intensité qui tire quelquefois le drame vers le mélodrame. Les nombreux portamentos sont probablement le fait du chef.  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven 

Il existe un autre enregistrement de cette édition (Krips, NYPO 1965) que je possède. Je vais comparer les styles d'exécution. Les minutages de I et III sont très semblables. Dans mon souvenir c'était aussi plutôt rock'n roll comme expérience.

(*) 'Go for the jugular' est une expression anglaise dont il n'existe pas d'équivalent en français. Quand un fauve attaque une proie il plante ses crocs dans la jugulaire.


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André
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Ven 3 Jan 2014 - 21:34

Josef Krips, New York Philharmonic Orchestra. Concert diffusé le 14 février 1965. La retransmission de ce concert commence par une intéressante interview du présentateur avec le maestro. Krips avait en tête un programme dans lequel la neuvième devenait une autobiographie en musique du compositeur. Ses doutes, ses combats. Sa relation avec Dieu est très présente dans le programme de Krips qui voit notamment dans le grand climax dissonant du III la vision du Créateur - à la façon d'Elgar dans Gerontius (le flash précédant 'Take me away!'). Puis la coda qui représenterait l"entrée de Bruckner au ciel. Intéressant, car il existe une gravure fameuse caricaturant le Ciel des musiciens. On y voit Bruckner y faire son entrée (accueilli par Wagner !). De plus, sur son lit de mort le compositeur aurait dit à sa logeuse qu'il croyait bien que Dieu lui ferait une petite place en haut (raconté par Krips, mais j'ai déjà lu ça quelque part). Donc pour Krips cette coda est une transfiguration de l'âme admise en présence de Dieu.

Même édition (Loewe 1903), présentant des différences notables avec la version standard. Curieusement, Knappertsbusch semble les accentuer, alors que Krips adopte des phrasés et indications de dynamique qui gomment un peu ces surprenantes formulations. Je me demande sur la foi de quelle source écrite le texte de Loewe peut bien provenir ?

Prise de son: deux crans en-dessous de celle de la radio berlinoise de 1950. Beaucoup de saturation, des timbres durs et stridents. L'orchestre (époque Mitropoulos) en fait des tonnes et joue avec une intensité sidérante. La direction de Krips n'est pas aussi brusque et tranchée que Knappertsbusch, mais de toute évidence il suit le même plan de match. Les climaxes sont identiques (il y en a beaucoup dans cette oeuvre). Le chef autrichien réussit même à rendre encore plus épuisante et écrasante la coda de I. Quiconque connaît Krips par l'image avunculaire des photos ou des enregistrements où tout coule joyeusement de mouvement en mouvement en sera quitte pour ramasser ses yeux et son dentier sur la moquette. Une autre neuvième qui braie, grince et fouette, jouée par un orchestre qui a collectivement sniffé des substances illégales. Ça ne se joue plus ainsi de nos jours.  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  ( Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ) (pour la prise de son).

Kabasta et Abendroth ont un peu la même approche. Furtwängler aussi, à un degré nettement moindre cependant - le but de Furt n'est clairement pas le même que Kna et Krips.


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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 7 Jan 2014 - 3:43

Succédant à l'édition de 1904, celle d'Alfred Orel nettoya la partition des modifications apportées à l'original par Loewe. C'est ce texte, avec très peu de corrections (Nowak en 1951) qui a été utilisé par à peu près tous les chefs depuis son introduction en 1932. Les interprétations de Krips et Knappertsbusch sont donc des anachronismes. Les premières réalisations discographiques de l'édition Orel sont celles de Siegmund von Hausegger (1938) et Oswald Kabasta (1943), toutes deux avec le Philharmonique de Munich.

Les minutages sont très semblables dans les deux cas (55 et 54 minutes), mais ceci cache de profondes divergences dans la conception de l'oeuvre.

Von Hausegger dirige avec beaucoup d'élégance et de retenue dans les effets. Sa vision est toute classique et empreinte d'objectivité. Les proportions des mouvements sont particulièrement bien jugées. Le premier mouvement en particulier est le plus long jamais écrit par Bruckner et nombreux sont les chefs qui en dissèquent la structure et accentuent l'affect de chaque séquence au détriment de la grande ligne symphonique. L'impression d'ensemble serait sans doute plus positive si la prise de son n'était pas si moche. Il se cache dans ces sillons une très grande subtilité dans les détails. L'auditeur averti pourra en déceler les contours et les intentions, et recréer mentalement la fresque voulue par le chef.  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ) (prise de son)

Oswald Kabasta propose une vision volcanique, quasi dantesque par moments (le scherzo), qui accentue les tensions harmoniques et les arêtes rythmiques de l'oeuvre. Sa direction extrêmement précise permet de révéler nombre de détails (dans l'articulation des cordes en particulier) que la prise de son, là aussi, ne permet pas de révéler dans toute sa sidérante incisivité. Après le Scherzo proprement infernal, Kabasta propose un Adagio mouvementé, grinçant, avare de consolations et de lumière. La coda est particulièrement réussie, avec des cors justes et sonores même dans leur expression la plus apaisée. Une des très grandes versions, que la plupart des connaisseurs tiennent en haute estime. Parmi les témoignages historiques, c'est un incontournable.
 Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven) (prise de son). 


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gluckhand
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 9 Jan 2014 - 7:16

S'il y a un chef qui s'est énormément investi dans Bruckner, et pourtant assez peu souvent mentionné c'est Skrowacewski, au point d'enregistrer toutes ses symphonies même la 0 , ce qui prouve encore plus son intèrêt pour ce compositeur, d'ailleurs ce serait interessant de fairer un topic sur cette symphonie 0, mais bon.Skro, je l'appelle ainsi car c'est trop long en entier, est un formidable brucknèrien, il fait merveilleusement ressortir la pâte brucknèrienne sans l'excès abusif pour les vents de certains chefs, il reste dans la simplicité et aussi  dans la finesse, car Bruckner demande compréhension, finesse et subtilité,tout correspond à quelque chose chez lui, c'est une espèce d'hydre à mille têtes , dont plus on écoute ses oeuvres , plus on en est conscient et plus justement on aime ça, ça n'empêche pas non plus , comme toutes les grandes oeuvres d'avoirs différentes possibilités d'interprètation. Chez Skro, on ressent que c'est pensé et architecturé, pas de faux-semblants chez lui,il a un parti-pris, qu'on peut aimer ou pas mais il en a un, c'est le moins qu'on puisse dire, par exemple cette quasi lenteur presqu'au ralenti du début du 3ème mouvement , c'est presque de la dentelle de Calais (bon j'ai visité le musée récemment )que c'est beau ,ce parti-pris et que c'est de la belle musique, on s'envole presque, il faut le faire, certains définissent la musique par les tempos, là Skro prend son temps , et l'on voit et entend à quel point, il aime ce compositeur, beaucoup de douceur dans cette version, il prend soin de sa bien-aimée, même si c'est Bruckner, une vraie belle version de coeur et d'esprit et d'amour, sans amour il n'y a pas de belle musique .
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 9 Jan 2014 - 8:48

gluckhand a écrit:
chez lui,il a un parti-pris, qu'on peut aimer ou pas mais il en a un, c'est le moins qu'on puisse dire

Tout à fait d'accord (mais Skro me semble, en général, extrêmement personnel quel que soit le répertoire, cf. Beethoven & Brahms ; un vrai Kapellmeister probe, honnête, je dirais presque objectif dans son souci de rendre lisible les oeuvres abordées, un peu à l'image du dernier Klemperer). Il mériterait un sujet dédié.
Donc parti-pris, c'est vrai ; comme Tintner, même si le geste est peut-être moins immédiatement assumé parce que le chef n'a pas, dans son intégrale Naxos, un orchestre en capacité de le suivre dans toutes les ramifications de sa pensée : http://www.amazon.fr/Bruckner-Symphonie-n%C2%B09-Anton/dp/B000026CWK/ref=sr_1_1?s=music&ie=UTF8&qid=1389253637&sr=1-1&keywords=tintner+bruckner+9 .
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Oudread
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 9 Jan 2014 - 8:54

gluckhand a écrit:
S'il y a un chef qui s'est énormément investi dans Bruckner, et pourtant assez peu souvent mentionné c'est Skrowacewski .

 mains Enfin une voix - qui rejoint la mienne - pour rendre justice à ce remarquable brucknerien qu'est Skrowaczewski ! Merci pour lui. Il mérite tellement qu'on s'y intéresse... . Et lui a de plus cet autre mérite d'être encore vivant !  Smile Aussi, ne pas rater l'occasion d'un concert Bruckner sous sa direction. (Mais vu son âge, les occasions risquent, malheureusement, de se faire rares... .)
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Jeu 9 Jan 2014 - 8:55

Je le définirais comme toi, beaucoup de clarté et de lisibilité mais pas scolaire non plus ,certains chefs avec des orchestres moyens ont fait de très belles choses et le contraire aussi.C'est vrai que Skro, est très particulier comme chef, j'ai écouté du Bartok et le Sacre par lui , il réussit tout  parfaitement sans être génial mais à la perfection et surtout sans nous ennuyer et ce n'est pas mince, un don d'empathie sûrement ?
Oudread, bien sûr qu'il mérite un topic, tu as l'air d'être plus au fait de ses enregistrements , moi j'ai reçu son coffret anniversaire assez récemment, mais on peut toujours en parler pour ne pas le faire oublier?
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 12 Jan 2014 - 18:42

Je viens de finir d'écouter cette symphonie par Eugen jochum à Berlin, enregistrement Palexa de 1977.
Magnifique; les tempos sont évidents, les lignes claires, le dynamiques bien respectées (Merci les ingénieurs).
Il faudra que je réécoute Berlin 1964 et Dresde 1978 pour essayer de sortir celle qui m’émeut le plus....(Il y en a sans doute d'autres par lui que je ne connais pas ; tout avis est bienvenu !)
Mais celle ci est en tous points remarquable.
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 14 Jan 2014 - 1:46

Toujours dans la version d'Alfred Orel, l'interprétation de Wilhelm Furtwängler avec le Philharmonique de Berlin (DGG octobre 1944). La prise de son est précaire. Les tutti, souvent cataclysmiques dans I et III souffrent de saturation, compression et distortion. Il y a fort longtemps que je fréquente cette interprétation, qui a connu pas moins de 38 rééditions en cd.

J'ai toujours eu beaucoup de difficulté avec les accelerandos du I, qui culminent par une gigantesque explosion de l'orchestre - en soi un moment orgasmique. Jochum reprendra la recette à son compte, à mon grand dépit (je n'aime pas ses neuvièmes).

Le scherzo est pris à un tempo infernal ce qui, couplé avec la confusion sonore de l'enregistrement brouille toutes les strates de la texture orchestrale - bref c'est du porridge à grande ébullition.

Furtwängler prend l'Adagio beaucoup plus lentement que ses contemporains Kabasta, Schuricht ou von Hausegger. Du moins dans l'introduction, les gesangperioden et les transitions. Dans les tutti il adopte un tempo plus urgent, une manière dramatique et ostentatoire qui tranche singulièrement avec l'authentique catastrophe nucléaire de Kabasta ou le climax symphonique parfaitement intégré de von Hausegger.

Bref cette version fameuse est fautive à maints égards, victime à mon avis d'une vision où cohabitent malaisément le tragique et le sentimental, et d'une technique d'enregistrement primitive (Kabasta était nettement mieux servi l'année précédente - 1943 !) . Eût-il vécu encore 10 ou 15 ans, Furtwängler aurait pu ré-enregistrer l'œuvre en excellente stéréo. Nous aurions pu alors mieux apprécier sa vision. Contrairement à son impérissable huitième du 15 mars 49, cette neuvième n'a pas passé le cap des ans sans dommages collatéraux.  Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven 1/2) (prise de son).


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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 21 Jan 2014 - 2:55

Interprétation remarquablement vivante et engagée de Bruno Walter dirigeant le New-York Philharmonic le 10 février 1957 dans la salle Carnegie. Très bonne prise de son monophonique.

Walter utilise la version Orel mais y apporte ses propres retouches (parties de timbales notamment). Expédiée en moins de 51 minutes, cette interprétation d'une grande intensité dure environ 8 minutes de moins que son légendaire enregistrement de studio de 1959. Les minutages sont: 20:30, 10:19 et 19:44. Et pourtant il n'y a aucune hâte. Walter donne toute sa mesure dans les gesangperiode de I et III. En écoutant ces passages on a l'impression que le temps s'arrête. Les grandes envolées paroxystiques font preuve d'un grand dynamisme. Et pourtant on n'y perd pas en majesté ou en dramatisation de l'argument.

Il existe d'autres neuvième par Walter: 1946, 1948, août et décembre 53. Elles tournent toutes autour de 50-51 minutes et chaque mouvement est remarquablement similaire en durée (pas plus de 30 secondes de différence dans I ou III de ces cinq réalisations discographiques). C'est donc dans celles-ci (et surtout celle de février 57, en raison de sa prise de son nettement préférable) qu'il faut chercher l'authentique neuvième de Walter.

Sous ce chef on a un Bruckner intensément ductile, profondément humain, émotif, fiévreux même. Il y a une nette filiation entre ceci et sa neuvième de Mahler de 1938, ou sa cinquième de 1947. Pas de métaphysique, pas d'introspection. Pas de pauses de 2-3 secondes entre les paragraphes. La coda de III est très rapide en comparaison de ce qu'on entend habituellement. Mais c'est totalement juste dans ce contexte.  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ) (prise de son).

J'ai toujours eu une immense affection pour sa version stéréo sur Sony, mais l'expérience est toute différente. J'en reparlerai plus tard. C'est ma prochaine écoute dans la série.


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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 26 Jan 2014 - 2:13

Bruno Walter à nouveau, cette fois l'enregistrement studio de 1958 sur Sony. Le Columbia Symphony Orchestra est en réalité un pick up dont la plupart des membres originaient du Los Angeles Philharmonic et de free lance travaillant dans les nombreux studios de Hollywood. 

Détails techniques: l'orchestre joue superbement, quoiqu'avec un peu moins de caractère (vents, timbales) qu'à New York. Les cuivres sont vraiment superbes: justes, ronds, mais aussi saillants quand il le faut (coda de I, scherzo, dernier climax de III). Et les cordes ! Malheureusement pas assez nombreuses, mais superbes de sonorité.

Walter élargit considérablement le tempo (8 minutes de plus), mais même à 58:15 il reste un bon 5-9 minutes en-deça des fameuses versions de Mehta, Klemperer, Giulini et presque 20 minutes sous Celibidache. En fait, ses minutages de 23:30, 11:30 et 23:00 sont plutôt célères, jamais lourds ou empesés. Et pourtant... plusieurs trouvent cette neuvième fatiguée, atone, voire exsangue. Je n'ai aucune idée d'où peut provenir une telle impression.

Les tempi de Walter sont - à leur face - plutôt rapides, mais par je ne sais quelle magie (le legato, l'appui sur certaines notes), ils semblent lents. Les importantes interventions des vents dans I n'en ont que plus de proéminence (la clarinette au début de la coda ! - mais ça c'est Walter: encore plus surprenant à New-York). Et le chef n'est pas allergique aux manipulations de tempo (il lit entre les lignes et insère ses propres nuances, comme il était coutumier avant que la rectitude textelle ne devienne une religion).

En définitive, ce qui fait de cette version une des cinq ou six plus 'signifiantes' de la discographie (parmi peut-être une centaine), c'est cette impression d'un organisme vivant, où tempo, nuances dynamiques, phrasé, expression semblent évoluer et interagir devant nous comme si on écoutait l'oeuvre pour la première fois. J'ai l'impression qu'on ne peut faire mieux. Différent, certes. Mais mieux - non.

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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 26 Jan 2014 - 2:51

Je n'ai plus de versions Orel. Mais il faut dire que les différences textuelles sont minimes (accords de timbales en coda de I).

Alors je continue en ordre plus ou moins chronologique.

Eugen Jochum enregistra la neuvième plusieurs fois, et il existe des témoignages 'live' de différentes époques. Personnellement, la version que je préfère - et de loin - est la première qu'il fit en studio pour la Deutsche Grammophon Gesellschaft. L'orchestre d'abord: le BRSO est tout simplement parfait de transparence, d'homogénéité, de luminosité et d'intensité dans l'expression. La prise de son ensuite: monophonique et datant d'il y a 60 ans, elle est claire, limpide, profonde (malgré la monophonie). Seule une saturation dans les forte impliquant l'harmonie trahit son âge.

L'interprétation ensuite: fidèle à sa vision pendant plus de quarante ans, Jochum donne un premier mouvement très plastique, ductile, mouvant, puissant et vigoureux dans ses épanchements, voluptueux et mystique dans les épisodes contemplatifs. Perso je ne vois pas la musique comme ça, mais ça se défend puissamment lorsque livré avec une telle passion, une telle vérité sonore. Son Scherzo est toujours rapide, démoniaque sans être volcanique, rapide sans être totalement méchant (Kabasta). Contrairement à ses contemporains, Jochum n'hésite pas à étirer le III jusqu'à 27 minutes bien sonnées, un bon 5 minutes de plus que la norme à l'époque (les tempi se sont lourdement allongés depuis). Est-ce lent, lourd, pompeux, poussif ? Absolument pas. Impossible de voir (entendre) où exactement il étire le tempo. C'est naturel, doux, ardent, coulant, séraphique.
 Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven ) (prise de son).

Comme quoi il faut éviter de se faire une opinion sur la base de données purement mathématiques.

Je n'ai pas l'intention d'écouter les versions Berlin (très bonne) et Dresde (presque une caricature de Munich '54). Je serais déçu. Deux autres Jochum m'attendent plus loin, millésimes 1983 et 1987 - son dernier concert. Ce sera une découverte, je ne l'ai pas encore entendu.


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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Dim 26 Jan 2014 - 16:57

Poursuivant avec les versions Nowak, pas ordre chronologique.  Eduard van Beinum et le Concertgebouw (1956) adoptent des tempi proches de ceux de Jochum (quelques secondes seulement les séparent dans I et III). Mais la comparaison s'arrête là. Alors que la pulsation interne change constamment, l'éclairage varie, l'intensité connaît de brusques fluctuations chez Jochum, on a au contraire l'impression d'une mer de calme chez van Beinum. Non pas qu'il escamote l'aspect dramatique du I, la sauvagerie du II, la douleur du III. Simplement que tout est plus étale, plus régulier, prévisible. Du coup il me semble que la tension se situe à un niveau nettement plus bas.

Reste la magnifique prestation de l'orchestre. Par contre la prise de son DGG est plus fine, plus transparente. Au Concertgebouw on a une chaleur, une vibrance fort accommodantes. Mais peut-être cela convient-il mieux à Brahms.  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven) (prise de son). 
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 27 Jan 2014 - 4:01

Je saute par-dessus quelques versions des années soixante: Mehta 1965  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven , Bersntein 69  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven 1/2, Haitink 65  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven, Barbirolli 66  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven(Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven  1/2) (prise de son et orchestre), Jochum Berlin (64)  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven,  Karajan Berlin, DG 66  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven , Keilberth Hambourg (Teldec 66)  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven .

J'en ai d'autres en réserve, dont celle-ci: Heinz Wallberg et le Österreichische Symphonieorchester (1968) édité par la Guilde internationale du Disque. Selon John Berky, cet orchestre qui n'a jamais eu d'existence réelle est en réalité le WP. Je crois qu'il est facile de se rendre compte qu'il s'agit effectivement du même orchestre qu'on entend dans le Ring de Solti, la Neuvième de Mehta, les Schumann et Bruckner de Solti, etc. Fa-bu-leux si on aime le tartare avec beaucoup de sauce anglaise et de tabasco. Prise de front 'dans le nez' qui manque cruellement de recul et d'aération, mais certainement pas de couleur ou de volume. Au niveau sonore c'est intimidant, voire légèrement agressant par moments. Par contre, rien à redire sur la superbe direction de Wallberg. Tempi standard (+- 23, 11 et 22). Excellente différenciation des épisodes de développement tumultueux et des gesangperiode. Beaucoup d'effusions et de sentiment dans III, qui en acquiert un caractère opératique (wagnérien, mais Berg n'est pas loin derrière).

Une version peu connue, facilement disponible sur le web (voir le site de John Berky). Surprenante et définitivement une des meilleures dans son genre. Imaginez la version Mehta WP en légèrement accéléré. Seule la prise de son crue empêche une recommandation sans réserve.  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven ).














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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 27 Jan 2014 - 11:28

Je ne dispose que de la version Rattle/Berlin et j'avoue que j'en suis très satisfait : interprétation grandiose, avec un orchestre qui brille de mille feux (trop ?). En revanche je n'aime pas trop ce fameux 4e mouvement : non pas qu'il soit mal fagotté, au contraire, mais je préfère vraiment m'arrêter sur l'adagio.
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 27 Jan 2014 - 11:47

tomseche89 a écrit:
Je ne dispose que de la version Rattle/Berlin et j'avoue que j'en suis très satisfait : interprétation grandiose, avec un orchestre qui brille de mille feux (trop ?). En revanche je n'aime pas trop ce fameux 4e mouvement : non pas qu'il soit mal fagotté, au contraire, mais je préfère vraiment m'arrêter sur l'adagio.

Ce n'est pas pour rien si Bruckner ne l'a pas terminée de façon. Il n'y arrivait pas ...
A partir de là, toutes les reconstruction sont anachroniques en quelques sorte.

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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 27 Jan 2014 - 16:34

Je ne dispose que de deux versions qui incluent ce fameux finale. Je les écouterai en dernier. J'en ai entendu plusieurs autres isolément (le finale seulement) et je suis toujours resté sur ma faim - et de beaucoup.

Cololi a raison d'utiliser le terme 'anachronique' (d'une autre époque).  À ce stade de sa vie et de son art, Bruckner était un maître accompli. Pour faire une analogie, je dirais que chaque année de sa  vie de travail comptait pour deux ou trois ans d'accomplissements vs sa période d'apprentissage (symphonie d'étude, symphonies 0 et 1). Et comme il a travaillé sur l'oeuvre de nombreuses années, son style et ses idées ont nécessairement dû évoluer grandement depuis sa mise en chantier.

Chaque fois que j'entends la neuvième, je suis frappé par l'évolution du langage dans l'adagio vs les deux premiers mouvements. Le chromatisme tortueux, l'étirement des séquences mélodiques, l'ambiguïté tonale, les dissonances, sont déjà les premiers indices d'oeuvres à venir de Mahler, Schönberg et Berg. Cet adagio est comme une porte ouverte sur l'avenir.

Pas surprenant que le finale lui ait donné du fil à retordre. En évoluant comme artiste, le problème de 'connecter' ce mouvement à ceux déjà achevés et d'en faire un tout organique devait représenter tout un défi. Quand j'entends ce mouvement, j'ai l'impression d'une structure décousue (déroulement, repères) et d'une image sonore émaciée, longuement étirée (durée). Jusqu'à quel point cela est dû à la version choisie (il y en a une demi-douzaine) et à l'interprétation, impossible à déterminer car il n'y a pas d'historique de performances multiples. Chaque interprétation de la symphonie avec le finale est un cas d'espèce non répété.

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André
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Lun 27 Jan 2014 - 23:23

Version Hans Rosbaud et l'orchestre de la SWF de Baden-Baden.

Voici un orchestre dont l'excellence repose sur le patient travail de Rosbaud durant ses années à Baden-Baden (de 1948 jusqu'à sa mort en 1962). Rosbaud est né à Graz, tout comme Karl Böhm, son aîné d'un an. Reconnu pour son travail en musique contemporaine, le régime nazi lui interdit de diriger ces oeuvres. Il 'déménagea' à Strasbourg en 1941. En 1945 les américains l'installèrent à la tête du Philharmonique de Munich. Les autorités du Philharmonique n'étant pas satisfaites de sa programmation centrée sur le répertoire contemporain, il passa à Baden-Baden où il fut roi et maître de tous les aspects de la vie musicale locale. Rosbaud créa Moses und Aron de Schönberg ainsi que des symphonies de Hartmann. Il emmena le SWF plusieurs fois au festival de Donaueschingen, un des hauts lieux de la musique contemporaine en Allemagne.

Malgré ce palmarès apparemment peu congruent avec la musique de Bruckner, il en était un des plus ardents défenseurs de son époque (ainsi que de Mahler). De plus, l'orchestre qu'il bâtit est devenu un des meilleurs dans la musique du Maître. Ma version préférée de la neuvième est jouée par ce même orchestre (Ferdinand Leitner, sur label Hanssler), qui a en outre joué et enregistré plusieurs autres symphonies de Bruckner, notamment sous Jochum.

Bref, tout ceci pour dire que voici une interprétation forte de la neuvième, jouée avec passion par un orchestre puissant et raffiné qui donne audiblement tout ce qu'il a pour son chef et cette musique. La prestation date du 25 février 1959 et seuls quelques bruits et une couple de couacs des cors indiquent qu'il s'agit d'un live. Minutage de 21-10-23, ce qui était la norme à l'époque.  Les interprétations éléphantesques, alanguies ou surdramatisées n'existaient pas encore.

Rosbaud apporte énormément de précision dans la mise en place du discours. Quantité de dtails montrent le soin apporté à l'exécution. Noter la cohésion et la sonorité puissante des cordes dans les passages 'Pacific 231' du premier mouvement, l'exécution brillante des vents et cuivres dans le scherzo, la puissance apocalyptique des timbales dans le climax 'fin du monde' de l'Adagio.

 Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven ( Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven) (prise de son monophonique et couacs des cors, compression dans les climaxes).
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warren 60
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MessageSujet: Bruckner 9ème symphonie   Mar 28 Jan 2014 - 14:34

Bonjour à tous !
Je suis nouveau sur ce forum, et je vous avoue d'emblée être impressionné par la culture et la passion qui se dégagent de vos divers messages.
Quelqu'un aurait-il entendu (ou entendu parler d') une version par Mravinski ? Adorant ce chef, je serais très curieux d'entendre son appréhension de cet univers.
D'ici peu, je proposerai une synthèse rapide de mes versions coup de coeur, en évitant autant que possible de répéter (en moins bien) ce qui a déjà été dit.
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Jaky
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 28 Jan 2014 - 15:57

warren 60 a écrit:

Quelqu'un aurait-il entendu (ou entendu parler d') une version par Mravinski ? Adorant ce chef, je serais très curieux d'entendre son appréhension de cet univers.
Il y a un enregistrement de la neuvième dans le coffret brilliant, je l'ai écouté mais il y a longtemps.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Bruckner: Symphonie 9   Mar 28 Jan 2014 - 21:41

warren 60 a écrit:
Bonjour à tous !
Je suis nouveau sur ce forum, et je vous avoue d'emblée être impressionné par la culture et la passion qui se dégagent de vos divers messages.
Quelqu'un aurait-il entendu (ou entendu parler d') une version par Mravinski ? Adorant ce chef, je serais très curieux d'entendre son appréhension de cet univers.
D'ici peu, je proposerai une synthèse rapide de mes versions coup de coeur, en évitant autant que possible de répéter (en moins bien) ce qui a déjà été dit.
Les trois dernières se trouvent : la 7 de 1967, chez EMI, Russian Disc ou Venezia, la 8 de 1959 (Accord, BMG, Melodiya, RCA, Venezia...), et la 9 (1980) dans un grand nombre de labels (BMG, Melodiya, Olympia, Brilliant et plein d'autres).
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