Autour de la musique classique

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 Edmund Rubbra (1901 - 1986)

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JerMu
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MessageSujet: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 15 Nov 2011 - 18:34

Edmund Rubbra (1901 - 1986), compositeur britannique. Qui connaît ? Que conseillez-vous ?
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JerMu
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 28 Nov 2011 - 15:07

Un doute m’effleure : me serais-je pris un bide monumental avec Edmund Rubbra ? Razz
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Xavier
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 28 Nov 2011 - 16:10

Ben c'est-à-dire qu'il est un peu inconnu, et tu as ouvert le sujet sans en dire un mot et sans le connaître. Du coup... Smile
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Cololi
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 28 Nov 2011 - 16:12

Xavier a écrit:
Ben c'est-à-dire qu'il est un peu inconnu, et tu as ouvert le sujet sans en dire un mot et sans le connaître. Du coup... Smile

Et David ne poste plus ... Mr. Green

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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 28 Nov 2011 - 16:15

et puis c'est assez touffu comme corpus, alors en dire quelque chose en quelques mots va s'avérer difficile. Il y a une presque intégrale des symphonies chez Chandos.
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benvenuto
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 28 Nov 2011 - 20:05

Cololi a écrit:
Xavier a écrit:
Ben c'est-à-dire qu'il est un peu inconnu, et tu as ouvert le sujet sans en dire un mot et sans le connaître. Du coup... Smile

Et David ne poste plus ... Mr. Green

Qu'est-ce qui lui arrive, d'ailleurs, il s'est enfin fait coffrer ou quoi? hehe
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Cololi
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 28 Nov 2011 - 21:20

benvenuto a écrit:
Cololi a écrit:
Xavier a écrit:
Ben c'est-à-dire qu'il est un peu inconnu, et tu as ouvert le sujet sans en dire un mot et sans le connaître. Du coup... Smile

Et David ne poste plus ... Mr. Green

Qu'est-ce qui lui arrive, d'ailleurs, il s'est enfin fait coffrer ou quoi? hehe

Si tu veux mon avis ... le wifi a été coupé à Herblay ... mais garde le pour toi, c'est un secret Mr.Red

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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 7 Mar 2012 - 21:46

Jusque-là j’ai écouté les symphonies 3, 5 et 9. Rien de révolutionnaire mais c’est agréable. Sans oublier son quatuor à cordes n° 2 op. 73, même remarque.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 21 Avr 2012 - 19:47

Mon premier CD de Rubbra (Chandos) : The Morning Watch et la Symphonie n° 9. Ça se laisse écouter, c’est plaisant mais je n’en raffole pas.
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JerMu
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 25 Aoû 2012 - 22:21

Un de mes derniers achats : le double coffret de Rubbra de ses quatuors à cordes par le Dante Quartet (sur Dutton). Je suis peut-être le seul sur le forum à écouter Rubbra mais j’assume zen
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Xavier
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 25 Aoû 2012 - 22:44

Tu veux pas essayer de nous en dire plus pour nous donner envie? Smile

Genre à quoi ça ressemble, quel style, à quels compositeurs ça fait penser...
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Philippe VLB
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyDim 26 Aoû 2012 - 0:32


Je viens d'écouter un peu de sa musique de chambre (il faut prendre les commentaires qui suivent comme des premières impressions jetées à la va-vite avec tout ce que ça comporte de jugements hâtifs et un peu outrés Wink ).

Le second quatuor op. 73 sonne d'emblée postromantique. Et puis on se rend compte en fait qu'il y a comme qui dirait des touches de musique répétitive. De loin, ça ferait penser, en caricaturant, à un genre de croisement bizarroïde entre du "Brahms" et du Philip Glass. Ca a son charme (mais ce n'est pas très consistant. Par exemple, le mouvement final finit littéralement en queue de poisson - mais pas du tout à la manière typique d'une fin de musique répétitive : c'est comme si il avait eu une panne d'écriture soudaine).

Le trio pour piano op. 68 offre des accents plus français à la Franck, avec toujours ce coté répétitif mais moins marqué (en fait, ça donne l'impression qu'il ne sait pas très bien comment développer son matériau musical).

Le tout se laisse écouter très agréablement mais, pour moi, ça s’arrête là. Ce n'est pas marquant et inoubliable. Wink




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greg skywalker
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 22 Sep 2018 - 8:19

idem Benedictus , les Mélo d'or me fait replonger dans les Corpus Symphoniques méconnus :

Rubbra Symphonie n°6 Hickox / BBC National Orchestral of Wales

J'ai un bon souvenir des symphonies de Rubbra : Déjà la superbe prise de son de chandos .
Et la qualité des oeuvres ! On pense à Sibelius et Nielsen (le 3eme mvt de cette symphonie , le coté "Inextinguible" ) en moins vif ( peut etre liée à l'interpretation de Hickox).
Des défauts ? Des idées mélodiques inferieure à celle de Sibelius ( noter quand même le mouvement lent sublime ..) ? orchestration et harmonie assez "classique" .
Une musique certes pas "spectaculaire" ni "accrocheuse" .
conclusion : une très bonne symphonie "nordique" ( mais moins bien que la Symphonie 4 de Nielsen et la Symphonie n°5 de Sibelius ...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 24 Sep 2018 - 21:05

Pour Sibelius, je trouve le parallèle beaucoup plus marquant avec le premier mouvement de la Deuxième : on est quelque part entre la raréfaction martiale de la Cinquième de Tchaïkovski, et une chaleur, un lyrisme plus nielseniens (effectivement, l'Inextinguible !). Une merveille, je trouve.

Sinon, la Première est formidable aussi, son grand Lento vaut bien les grandes pages de Magnard, Schmidt ou Alfano. Very Happy
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 24 Sep 2018 - 23:40

Surprised Pourtant, ce n'est pas dans la liste des «plus belles symphonies» sur CSS? On m'aurait caché des choses? Parce qu'à vous lire, ça devrait vraiment me plaire! (rien que l'idée d'un Lento qui vaut «Magnard, Schmidt ou Alfano...») Des recommandations spécifiques?
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 25 Sep 2018 - 15:20

Benedictus a écrit:
Surprised Pourtant, ce n'est pas dans la liste des «plus belles symphonies» sur CSS?

La liste n'a pas été mise à jour depuis un an ou deux, et comme je n'ai pas tout écouté, je continue de faire des découvertes. Smile

Effectivement, autant les 6 et 8 ont un côté plus formel et plus abstrait, plus Bax d'une certaine façon (mais dans une forme plus identifiable et discursive), autant les 1 & 2 ont beaucoup d'atouts à faire valoir pour toi.


Citation :
Des recommandations spécifiques?

Beaucoup ont été publiées chez Lyrita (Philharmonia et LPO, captés de façon directe et rêche, très convaincante). Et sinon il y a Hickox. Les deux lectures sont très chouettes (plus de spatialisation et de confort avec Hickox, plus de grain chez Lyrita).
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 25 Sep 2018 - 22:45

Apparemment, pas de 1 chez Lyrita (seulement des couplages 2/7, 3/4 et 6/8.)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 26 Sep 2018 - 10:48

Je confirme, j'ai écouté la 1 par Hickox faute de trouver chez Lyrita (mais en fin de compte, c'est possiblement encore mieux).
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Marchoukrev
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyJeu 27 Sep 2018 - 11:59

Parlant de Rubbra j'ai récemment écouté sa Sonate pour violoncelle et piano, très sombre, assez tragique. Je suis sûr que son finale en variations, majestueux à souhait avec sa fugue finale, trouvera ici des amateurs.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 15 Juil 2019 - 0:39

Edmund Rubbra (1901 - 1986) Rubbra10
Symphonie n°8, op. 132 «Hommage à Teilhard de Chardin»
Norman Del Mar / Philharmonia Orchestra
Londres, IX.1980
Lyrita


Une très belle œuvre - très anglaise dans son lyrisme modal élargi et ses climats. Ceux-ci oscillent entre une certaine pompe (climaxes à cuivres et timbales) et quelque chose de beaucoup plus subtil et insaisissable (les I et le III, qui évoquent un peu les couleurs mystérieuses et les atmosphères méditatives de la Pastoral Symphony de Vaughan Williams; la round dance impondérable, tantôt archaïsante tantôt sinueuse du II, avec une belle prégnance rythmique.) L’ensemble, comme sous-tendu par une sorte de poussée hymnique, se recommande par son sens de la progression et son élan d’ensemble, vraiment très persuasifs. (Et aussi par sa concision: des symphonies brèves, qui ne donnent jamais l'impression de délayage ou de bavardage.) Voilà qui donne envie d’explorer ce corpus symphonique.

(On en a déjà pas mal parlé au sujet de Bax, mais c’est incroyable ce que les prises de son Lyrita apportent aux orchestres anglais: même si le Philharmonia a toujours ce spectre «bouché» qu’on lui connaît dans les captations EMI, il sonne ici sans ce côté lointain et cotonneux, et possède, à défaut de couleurs très belles, des textures au grain bien plus savoureux.)
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Quasimodo
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 15 Juil 2019 - 10:21

Chez Rubbra, c'est le Concerto pour piano qui m'a fait la plus forte impression avec les symphonies.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 15 Juil 2019 - 11:19

Benedictus a écrit:
Edmund Rubbra (1901 - 1986) Rubbra10
Symphonie n°8, op. 132 «Hommage à Teilhard de Chardin»
Norman Del Mar / Philharmonia Orchestra
Londres, IX.1980
Lyrita


Une très belle œuvre - très anglaise dans son lyrisme modal élargi et ses climats. Ceux-ci oscillent entre une certaine pompe (climaxes à cuivres et timbales) et quelque chose de beaucoup plus subtil et insaisissable (les I et le III, qui évoquent un peu les couleurs mystérieuses et les atmosphères méditatives de la Pastoral Symphony de Vaughan Williams; la round dance impondérable, tantôt archaïsante tantôt sinueuse du II, avec une belle prégnance rythmique.) L’ensemble, comme sous-tendu par une sorte de poussée hymnique, se recommande par son sens de la progression et son élan d’ensemble, vraiment très persuasifs. (Et aussi par sa concision: des symphonies brèves, qui ne donnent jamais l'impression de délayage ou de bavardage.) Voilà qui donne envie d’explorer ce corpus symphonique.

(On en a déjà pas mal parlé au sujet de Bax, mais c’est incroyable ce que les prises de son Lyrita apportent aux orchestres anglais: même si le Philharmonia a toujours ce spectre «bouché» qu’on lui connaît dans les captations EMI, il sonne ici sans ce côté lointain et cotonneux, et possède, à défaut de couleurs très belles, des textures au grain bien plus savoureux.)

Pas forcément sa meilleure symphonie, mais j'aime beaucoup son legs, typiquement anglais, mais avec une force discursive particulière.

Comme tu dis, ces enregistrements Lyrita ont un grain extraordinaire (quel que soit l'orchestre), même si on entend à chaque fois que le Philharmonia est un peu moins précis et coloré que ses concitoyens.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 26 Aoû 2019 - 18:31

Edmund Rubbra (1901 - 1986) Rubbra11
Symphonies nº1, op. 44¹ et nº2, op. 45²
Richard Hickox / BBC National Orchestra of Wales
Swansea, XI.1995¹, I.1996²
Chandos


Je poursuis donc l’exploration du legs symphonique de Rubbra - et, décidémment, ce que j’entends me plait énormément. C’est très typé «XXᵉ britannique», avec de belles qualités «atmosphériques» (notamment par l’usage soliste de la petite harmonie, les harmonies modales et les rythmes archaïsants) mais aussi très personnel, mais aussi une vraie pensée formelle (l’écriture contrapuntique!) et, dans ces deux premières symphonies, une pâte plus dense (la houle de 1-I!), une expressivité plus inquiète et «cursive» (les bifurcations de 1-III et le très sibgulier incipit, quasi décadent, de 2-I...) que dans les symphonies suivantes, plus lumineuses mais aussi plus «abstraites», pour reprendre le mot de David.

Par ailleurs, ces enregistrements m’ont paru sensiblement au-dessus des standards de Hickox (toujours aussi fluide et lisible que d’habitude, mais plus tendu, plus habité) comme de Chandos (l’orchestre sonne moins brumeux, plus charnu.)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 27 Aoû 2019 - 10:31

Hickox est en général mieux défini (meilleur chef, tout simplement) et mieux capté que les disques de la période précédente chez Chandos. Ça reste flou, mais plus décent tout de même.

Ça fait longtemps que j'ai écouté ce disque, c'est évidemment moins marquant que les prises Lyrita (mais la 1 n'y figure pas, je crois). .
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyDim 1 Sep 2019 - 23:16

Edmund Rubbra (1901 - 1986) Rubbra11
Symphonie nº3, op. 49
Richard Hickox / BBC National Orchestra of Wales
Swansea, X.1997
Chandos


Encore une très belle symphonie!

Par rapport aux deux premières, on est ici dans un univers plus «germanique» - la référence est ici nettement brahmsienne, du moins dans les deux mouvements extrêmes qui se répondent: une forme-sonate très explicite dans le I, marqué par un lyrisme mélodique assez ample, et un thème varié avec fugue finale qui rappelle les Variations Haydn, mais sous une forme plus ramassée et contrastée (la conception de la symphonie est d’ailleurs contemporaine du travail d’orchestration effectué par Rubbra sur les Variations Haendel.) Cependant, on a à faire là à un Brahms qui module beaucoup plus que l’original - mais sans pour autant que ces accidents harmoniques sonnent «décadent»: ils apportent au contraire quelque chose d’assez lumineux, un peu à la façon du premier Nielsen.

Les deux mouvements intérieurs sont plus idiosyncrasiques: le II est une de ces danses aux rythmes asymétriques archaïsants qui semble être la forme privilégiée du scherzo chez Rubbra; le III un grand adagio tout en bifurcations harmoniques et rythmiques, mais d’un caractère insaisissable et lumineux (pas du tout le genre déprimiste-exalté des postromantiques, plutôt quelque chose de lointainement sibélien.)

Et puis, ces deux caractéristique constante chez Rubbra, et que j’aime beaucoup: le contrepoint fouillé auquel la distribution en strates aux textures et couleurs très caractéristiques donne beaucoup de relief; une économie formelle qui évite tout sentiment de dilution ou d’expansivité excessive.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 2 Sep 2019 - 16:25

J'ai des quatuors par le Maggini Quartet. Je crois bien que j'avais trouvé ça pas agréable et il va falloir que j'essaie à nouveau parce que c'est un CD que je n'ai pas écouté depuis des années.

Après réécoute : il faut vraiment écouter plusieurs fois pour parvenir à s'y intéresser !


Dernière édition par sergio le Lun 9 Sep 2019 - 11:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 4 Sep 2019 - 23:00

Tu devrais peut-être faire un tour du côté de sa musique sacrée a capella: on y trouve à la fois l'héritage de la polyphonie élisabéthaine et du néo-classicisme du XXe (ça me fait penser à du Poulenc en un peu moins inspiré).

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 4 Sep 2019 - 23:07

J'avais écouté cela il y a longtemps: dans mon souvenir, c'est en effet assez comme tu le décris (du moins les deux messes - les Tenebrae Motets étaient plus inspirés.) Mais les symphonies me semblent plus singulières dans leur langage comme dans leur économie. En revanche, je n'ai jamais entendu les quatuors.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 4 Sep 2019 - 23:17

Je suis peut-être un peu sévère dans ma formulation: je voulais surtout dire que ce n'était pas aussi suprême que Poulenc, mais oui, ces différents opus de motets que j'ai écoutés (par The Sixteen) sont dotés d'une grande force méditative.
Je vais tenter les symphonies - et les quatuors me tentent bien aussi (j'ai pas mal pratiqué les Maggini dans le quatuor anglais - Britten, Bridge, Bliss - mais Rubbra avait échappé à mon radar)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 21 Sep 2019 - 0:07

En Playlist, Iskender a écrit:
Benedictus a écrit:
Rubbra : Symphonie nº7 en ut majeur, op. 88
Sir Adrian Boult / London Philharmonic Orchestra
Londres, X.1968
Lyrita

drunken Il faudra vraiment que j’en parle quand j’aurai du temps...
À te lire, j'ai fait plusieurs tentatives sur Rubbra. Je ne suis pas du tout rentré dedans Embarassed . Ça me fait le même effet que la majorité des œuvres symphoniques de Bax que j'ai écoutées : l'esthétique a tout pour me plaire, mais je perds très vite le fil du discours. Je me demande à quoi cela mène et n'y décèle pas une inspiration susceptible de me toucher.
Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. C'est en effet une musique très élusive: comme chez Bax, on sent une sorte d'évitement de tout ce qui pourrait tendre à une prégnance immédiate - et en particulier de l'élément mélodique, particulièrement insaisissable. (Il n'est d'ailleurs pas impossible que ce soit une tendance de fond de la musique britannique.) En fait, ce que je trouve de plus fortement prégnant chez Rubbra, à savoir les rythmes asymétriques de ses Scherzos, relève d'une forme de complexité (et d'archaïsme) qui n'est pas forcément de nature à faciliter la saisie d'un discours.

Par ailleurs, ce en quoi Rubbra se distingue de Bax ne me semble pas forcément de nature à rendre ces symphonies plus évidentes.

D'une part, il y a ces atmosphères, globalement plus lumineuses et comme distanciées, qui, si elles rendent les symphonies de Rubbra plus immédiatement avenantes, offrent aussi moins de prises que l'amertume et l'âpreté de celles de Bax.

D'autre part, si les éléments mélodiques et discursifs (les effets cycliques, les jeux de tension-détente...) semblent chez l'un comme chez l'autre se «dissoudre» dans la forme symphonique, il faut bien voir qu'il s'agit de conceptions formelles assez différentes: chez Bax, on est vraiment dans une sorte d'évolution sinueuse mais organique de la matière orchestrale, où l'influence sibélienne est évidente (la 5ᵉ est d'ailleurs dédiée à Sibelius.) Du coup, vu ton avatar, je pense que tu devrais plutôt persévérer de ce côté-là...  hehe

Tandis que chez Rubbra, la conception relève, en dépit de couleurs harmoniques et timbrales typiquement anglaises, d'un formalisme très germanique, post-brahmsien à la Reger: c'est une musique fondamentalement contrapuntique, et qui se résout souvent (les Finales!) dans de grandes constructions abstraites et comme fermées sur elles-mêmes: thèmes avec variations passacailles, fugues... Cet élément-là aura assurément été un vrai point d'accroche pour moi - mais j'ai peur qu'il soit au contraire plutôt de nature à te tenir, toi, à distance de la musique de Rubbra.

(En revanche, si tu ne connais pas déjà, je ne peux que te conseiller The Trees so High de Hadley - là, pour le coup, une esthétique qui devrait te séduire et un discours d'une prégnance folle - voir ici.)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyJeu 31 Oct 2019 - 21:27

Après de peu concluantes tentatives sur les deux premières symphonies (et une écoute plus ancienne d'un éventail plus large, mais mon souvenir est encore plus vague), je suis présentement en train d'écouter la Septième (Hickox)...
C'est une musique qui se laisse difficilement saisir, et glisse sur mon attention sur un mode ichtyen (pardon, je me secoue violemment mais Mélomaniac refuse de s'extraire de mon corps).

Comme dans presque toute la musique anglaise de cette période, il y a des échappées vers d'étranges contrées, assez belles, mais ces visions sont bien plus laconiques que chez Bax (chez qui elles finissent assez souvent par dominer franchement le propos)... Ici, mon attention est souvent prise en défaut par un discours un peu impersonnel, qui (pour le moment) me donne l'impression tourner un peu à vide...

Toutefois, les épisode magnétiques parsèment l'ensemble des trois mouvements (surtout le deuxième à ce qu'il me semble), et si je les isole du reste pour l'instant comme de brèves séquences marquantes, il est possible qu'avec une certaine pratique - et l'accès à la dimension formelle de l'œuvre, qui m'est pour l'instant hermétique - la séduction immédiate de certains passages finisse par irriguer l'ensemble de l'œuvre...

Autrement dit, je ne suis globalement pas emballé, mais certains éléments me donnent envie d'y revenir - notamment le début et la fin, ce qui n'est pas négligeable...
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyVen 1 Nov 2019 - 16:28

Edmund Rubbra (1901 - 1986) 0747313228676_600

Une musique pudique et méditative, qui ne se livre pas facilement, tant tout effet quelque peu spectaculaire semble volontairement évité.  Ca n'a pas la modernité notamment harmonique d'un Bridge, ni l'inventivité rythmique d'un Britten. Superbe cavatine dans le 3e mouvement, dans lequel la recherche de simplicité et de concision n'est pas dépourvu d'un certain mystère.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyVen 1 Nov 2019 - 23:18

Pudique, en effet, et à un degré assez rare (j'ai l'impression qu'il faut remonter à Mozart pour trouver un équivalent)...
Ayant décidément plus envie d'écouter du Rubbra que du Tichtchenko (j'ai réésayé sans succès), j'écoute pour la 4e fois (au moins) la Première symphonie et - comme je le pressentais - je commence tout doucement à me lover dans cette musique -- j'ai même l'impression de connaître le même processus d'apprivoisement progressif qu'avec les symphonies de Bax il y a quelques années...
L'analogie avec Sibelius me semble assez évidente dans la Périgourdine ( Surprised )
Le Lento ne me parle pas plus que ça (du moins pour l'instant, en tout cas moins que les mouvements lents des 1 et 3 de Bax)... Toutefois je me sens très à l'aise dans cet univers, comme souvent dans la musique anglaise -- l'impression d'un cocon douillet, d'emblée bienveillant, même s'il faut tout de même apprendre à en connaître le langage propre et les recoins secrets...
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 2 Nov 2019 - 3:48

Eusèbe a écrit:
Edmund Rubbra (1901 - 1986) 0747313228676_600

Une musique pudique et méditative, qui ne se livre pas facilement, tant tout effet quelque peu spectaculaire semble volontairement évité.  Ca n'a pas la modernité notamment harmonique d'un Bridge, ni l'inventivité rythmique d'un Britten. Superbe cavatine dans le 3e mouvement, dans lequel la recherche de simplicité et de concision n'est pas dépourvu d'un certain mystère.

C'est étonnant ce que tu dis ; pour le coup je ne plaçais pas Britten parmi les génies du rythme, ni Bridge chez les novateurs harmoniques dans ses quatuors (et bien moins que Rubbra dans leurs œuvres symphoniques respectives).

Mais je n'ai pas écouté ces quatuors, donc je n'en sais rien ; c'est juste contre-intuitif à la lecture. Je tenterai ! (car moi j'aime beaucoup ses symphonies, bien davantage que celles de Bax dont je me suis un peu détourné en constatant qu'il y avait beaucoup mieux autour)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 2 Nov 2019 - 9:39

DavidLeMarrec a écrit:
ni Bridge chez les novateurs harmoniques dans ses quatuors (et bien moins que Rubbra dans leurs œuvres symphoniques respectives).

Surprised J'ai peut-être mal écouté, mais je n'ai pas été particulièrement frappé par l'audace harmonique des symphonies de Rubbra que j'ai écoutées, par rapport à des œuvres de Bridge bien antérieures comme Enter spring ou There is a willow grows aslant a brook.

Citation :
celles de Bax dont je me suis un peu détourné en constatant qu'il y avait beaucoup mieux autour

Je ne dis pas qu'il n'y ait aucune musique des années 1920 et 30 que j'aime davantage que les symphonies de Bax (quoique...), mais je serais curieux de savoir ce que tu trouves beaucoup mieux dans la musique orchestrale de cette période. bounce
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 2 Nov 2019 - 11:12

DavidLeMarrec a écrit:
Eusèbe a écrit:
Edmund Rubbra (1901 - 1986) 0747313228676_600

Une musique pudique et méditative, qui ne se livre pas facilement, tant tout effet quelque peu spectaculaire semble volontairement évité.  Ca n'a pas la modernité notamment harmonique d'un Bridge, ni l'inventivité rythmique d'un Britten. Superbe cavatine dans le 3e mouvement, dans lequel la recherche de simplicité et de concision n'est pas dépourvu d'un certain mystère.

C'est étonnant ce que tu dis ; pour le coup je ne plaçais pas Britten parmi les génies du rythme, ni Bridge chez les novateurs harmoniques dans ses quatuors (et bien moins que Rubbra dans leurs œuvres symphoniques respectives).

Mais je n'ai pas écouté ces quatuors, donc je n'en sais rien ; c'est juste contre-intuitif à la lecture. Je tenterai !  (car moi j'aime beaucoup ses symphonies, bien davantage que celles de Bax dont je me suis un peu détourné en constatant qu'il y avait beaucoup mieux autour)

Ce sont les caractéristiques saillantes qui me viennent spontanément pour ces quatuors, en sachant:

1/ Que le corpus de Bridge est assez varié. Je pense surtout au 2 (debussyste) et au 3 (d'inspiration plus viennoise) en écrivant cela. Mais ce n'est pas la seule caractéristique de ces deux oeuvres que place assez haut.

2/ Que je n'aime pas trop les quatuors de Britten, que j'ai toujours eu du mal à situer par rapport à son inspiration habituelle. C'est du côté du rythme que j'ai essayé de les comprendre (surtout le 3, mais aussi le 2), sans entrer pleinement là-dedans. Je préfère nettement ce 2e de Rubbra.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 2 Nov 2019 - 13:39

Eusèbe a écrit:
1/ Que le corpus de Bridge est assez varié. Je pense surtout au 2 (debussyste) et au 3 (d'inspiration plus viennoise) en écrivant cela. Mais ce n'est pas la seule caractéristique de ces deux oeuvres que place assez haut.

J'ai surtout dans l'oreille le 1, à vrai dire (qui est assez peu surprenant). Je retenterai les 2 & 3 qui ne m'ont pas particulièrement marqué non plus, mais ça remonte déjà à plusieurs années.


Citation :
2/ Que je n'aime pas trop les quatuors de Britten, que j'ai toujours eu du mal à situer par rapport à son inspiration habituelle. C'est du côté du rythme que j'ai essayé de les comprendre (surtout le 3, mais aussi le 2), sans entrer pleinement là-dedans. Je préfère nettement ce 2e de Rubbra.

Ah, le Deuxième de Britten, c'est sympa quand même. Mais ils ont un côté renfermé sur eux-mêmes, c'est vrai, sans le caractère direct de sa prosodie pour compenser. (Ce n'est pourtant, au fond, pas plus touffu que son écriture habituelle, mais en musique pure, pas évident.)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyDim 3 Nov 2019 - 23:26

2e Symphonie (Hickox) : le premier mouvement me parle plus directement que celui de la Première, malgré cette étrange retenue presque sévère qui me semble caractériser ce compositeur. La parenté avec Sibelius se confirme également (au-delà de ce que cette musique a de très spécifiquement anglais), à travers de longues séquences harmoniquement très stables, presque figées, au sein desquelles se déploie une progression presque imperceptible (je pense surtout à la Cinquième symphonie du Finlandais, mais au-delà de ce trait spécifique les deux compositeurs partagent un caractère insaisissable que je n'ai pas rencontré ailleurs à ce point).
Le Scherzo me captive moins, même si je suis probablement en train de tomber assez amoureux de cette musique...
... ce qui se confirme plutôt avec l'Adagio, d'une mélancolie extrêmement raffinée (je crois que raffinement et subtilité sont des caractéristiques évidentes de ce compositeur : en comparaison, Bax comme Vaughan William - mais pas Bridge - semblent chaussés de gros sabots).
Un moment un peu plus affirmatif vers la fin (après un développement central pas vraiment captivant), mais le mouvement se conclut - ou plutôt ne se conclut point - dans une "élusivité" qui donne envie d'y revenir pour tenter d'en percer le mystère (tout en sachant que ça n'a pas de sens, et c'est ça qui est bon drunken )...
Le Rondo final a un côté dansant-modal (et britannique) très prononcé, sans que la séduction opère sur moi cette fois-ci...
(Je note encore une fois une parenté avec Sibelius, en particulier avec les 3e et 5e symphonies.)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyLun 4 Nov 2019 - 0:16

3e Symphonie : là on est dans une sorte de Brahms modernisé et anglicisé, ce qui constitue pour moi une sorte de perfection... Mr. Green
Les fanfares autour de 3:15 (et plus généralement l'utilisation des cuivres - et celle des timbales) me sont particulièrement délicieuses...
(Au passage, je suis très impressionné et séduit par l'orcheste de la BBC galloise.)
La fin du mouvement est egalement plutôt élusive, mystérieuse, et donc fascinante - un trait spécifique de Rubbra, d'après mes impressions à ce stade...
Le Scherzo me semble nettement plus conventionnel que les deux précédents : malgré certaines tournures assez spécifiques, on est clairement dans un Scherzo de symphonie continentale des époques précédentes.
Le mouvement lent me semble, là encore, plus lié à une tradition largement établie par les générations antérieures (avec Brahms comme figure tutélaire). Rien de particulièrement renversant à première (ou deuxième) écoute, mais je reste dans le bateau sans aucune envie de lâcher.
J'ai l'impression que les symphonies de Rubbra constituent un corpus assez solide et considérable (plus que celles de Bax ?... Pas impossible, mais impossible de me prononcer pour le moment)...
Le fait que le dernier mouvement soit un "Thème-et-variations" m'a d'emblée rebuté, même si cela confirme le côté brahmsien de cette symphonie (sauf que non : en l'occurrence il s'agit d'un kaléidoscope assez disparate, la succesion des variations étant bien moins "organique" que chez Brahms)...
En tout cas, cette œuvre laisse l'impression - assez logique et pas péjorative - d'un Rubbra très préoccupé de forme pure, et d'inscription dans l'Histoire de la musique...

La fin est un peu surprenante et abrupte...
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 5 Nov 2019 - 15:17

Il faut vraiment te recommander, pour la lisibilité et la présence de cette musique, la série chez Lyrita. Ça révèle ces symphonies avec une tout autre acuité.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 5 Nov 2019 - 15:57

Je vais sans doute me procurer ces enregistrements, car j'ai bien l'intention de fréquenter ces œuvres de façon relativement régulière. Cela dit, je précise que j'ai initialement opté pour Hickox non seulement parce qu'il s'agit d'une intégrale (qui plus est, homogène), mais également à la lecture de ceci :

DavidLeMarrec a écrit:
Les deux lectures sont très chouettes (plus de spatialisation et de confort avec Hickox, plus de grain chez Lyrita).

DavidLeMarrec a écrit:
Je confirme, j'ai écouté la 1 par Hickox faute de trouver chez Lyrita (mais en fin de compte, c'est possiblement encore mieux).

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
[...] même si le Philharmonia a toujours ce spectre «bouché» qu’on lui connaît dans les captations EMI, il sonne ici sans ce côté lointain et cotonneux, et possède, à défaut de couleurs très belles, des textures au grain bien plus savoureux.)

[...]

Comme tu dis, ces enregistrements Lyrita ont un grain extraordinaire (quel que soit l'orchestre), même si on entend à chaque fois que le Philharmonia est un peu moins précis et coloré que ses concitoyens.

Benedictus a écrit:
[...] Par ailleurs, ces enregistrements m’ont paru sensiblement au-dessus des standards de Hickox (toujours aussi fluide et lisible que d’habitude, mais plus tendu, plus habité) comme de Chandos (l’orchestre sonne moins brumeux, plus charnu.)

Par ailleurs je regrette que V. Handley n'en ait pas enregistré davantage...
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMar 5 Nov 2019 - 16:10

Oui, c'est excellent Hickox (et mieux capté qu'il n'est d'habitude), juste que ça aide sans doute à saisir la forme.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 6 Nov 2019 - 11:13

Je viens de me procurer les Lyrita (même si je n'écouterai pas ça tout de suite), car je pense saisir la complémentarité des deux approches.

Je préfère généralement me laisser d'abord guider (un peu à tâtons) par la succession des couleurs et des ambiances, la compréhension globale ne venant qu'ensuite — un peu comme si l'on observait un grand tableau à cinquante centimètres de distance avant de s'en éloigner progressivement (ce cheminement étant tout de même plus logique avec la musique, où le changement d'« échelle d'observation » est purement intellectuel).

À cet égard, mes premières écoutes sont de toute façon rarement concentrées sur la forme — ce qui permet différentes strates successives de découverte, sans que l'effort mental de structuration ne bride jamais mon paresseux plaisir (le seul inconvénient étant une faible productivité, mais j'en ai pris mon parti).

(Après, évidemment, les critères ne sont pas tout à fait les mêmes en fonction des types de musiques : par exemple, je ne donne pas très cher de Hickox dans Chosta ni dans Webern.)
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 6 Nov 2019 - 13:01

Golisande a écrit:
par exemple, je ne donne pas très cher de Hickox dans Chosta ni dans Webern.)

Ça existe ?

En tout cas, ses Monteverdi et Beethoven sont excellents, avec de tout autres qualités…
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyMer 6 Nov 2019 - 13:33

DavidLeMarrec a écrit:
Ça existe ?

je n'en sais rien, c'était seulement pour dire que je ne me ruerais pas dessus.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyVen 8 Nov 2019 - 0:02

4e Symphonie, N. Del Mar / R. Hickox (écoute alternée par mouvements)

J'aime beaucoup l'étrange premier mouvement dans son ensemble, mais plus spécialement le début et la fin; comme pour les autres symphonies, la forme me reste assez hermétique, et je reste assez extérieur à tout ce qui sonne plus "robuste" et traditionnel (c'est-à-dire grosso modo toute la partie centrale). J'avais déjà remarqué cela dans les trois premières : un matériau original, dépaysant et envoûtant, entrecoupé de sections plus carrées harmoniquement et nettement moins prégnantes à mes oreilles.
La version Hickox me convainc plutôt davantage, pour les raisons que j'avais imaginées (elle me semble tirer l'ensemble vers ce que je préfère dans cette musique, un certain mystère équivoque, un raffinement plus pictural – là où Del Mar est plus frontal et solidement dessiné, peut-être tout simplement moins beau).

L'Intermezzo me laisse assez indifférent pour le moment : j'entends un discours un peu fuyant, sans trait saillant, et sans les atmosphères captivantes du premier mouvement.

Le final ne me séduit pas vraiment non plus, malgré son dramatisme sombre et la percée triomphale de sa coda (le tout très cuivré).
Néanmoins quelque chose d'insaisissable me retient, au-delà de l'absence de séduction immédiate – un charme spécifique qui baigne l'ensemble, mais ne se cristallise que rarement dans un élément saillant (on est très loin de Vaughan Williams, et même assez loin d'un Bax, chez qui le glamour - sinon le kitsch - n'hésite pas à s'affirmer).
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyVen 8 Nov 2019 - 1:14

La Sixième Symphonie me paraît d'un accès bien plus immédiat.

Je ne suis pas fanatique de la veine un peu rustique du début de l'Allegretto, toutefois la suite se déroule dans une lumière changeante, toujours optimiste mais sans baisse d'inspiration – et la coda retenue a (comme souvent) une belle couleur vespérale.
À l'écoute de la version Del Mar, j'ai l'impression d'une sorte de synthèse entre quelque chose d'assez français (peut-être Le Flem, Gaubert, ou quelque chose comme ça) et le Mahler le plus lumineux (celui du Rondo final de la Cinquième, en moins véhément et plus tamisé).

Le "Canto" nous ramène dans une sorte d'archaïsme mélancolique extrêmement raffiné (presque minimaliste), d'un modalisme tout à fait envoûtant, agrémenté de chromatisme et de frottements là encore assez mahlériens (mais dans une tout autre veine !), avec au milieu un sursaut d'une violence presque tragique.
On n'est pas très éloigné de Vaughan Williams pour le coup (celui de la 6e et surtout de la 9e), mais en plus abstrait et distancié.
Pour le coup ça me parle très directement, et j'aime vraiment beaucoup. Very Happy

Le Scherzo est plus anodin (bon, c'est un scherzo), mais cela reste constamment élégant (et tiens, en l'occurrence Del Mar me semble plus vivant et chatoyant, avec des timbres nettement plus individualisés et davantage de variété dans le discours)... Et là encore Rubbra nous gratifie d'une coda en demi-teintes doucement énigmatique...

Le final débute par une introduction lente à la mélancolie assez irrésistible (je renonce à convoquer d'autres compositeurs tant ce discours me semble original, quoique dans un langage globalement familier).
La suite ne dépare pas, avec encore une large section lente (les deux sections "Allegro moderato" étant en fait très brèves) et pas un seul fléchissement dans l'inspiration.

Une œuvre à laquelle je reviendrai à coup sûr très souvent, d'ores et déjà parmi mes symphonies préférées !
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 9 Nov 2019 - 22:37

Réécoute de la Deuxième Symphonie, cette fois dans la version Handley (Lyrita).

J'entends décidément pas mal de Sibelius dans le premier mouvement, mais également quelque chose de la 5e de Vaughan Williams - en beaucoup moins diatonique et étale (harmonie changeante, souvent proche de l'atonalité ou du moins sans pôle tonal clair – avec notamment une récurrence du mode 2 de Messiaen, jamais de façon systématique).
Les nombreux passages animés et dramatiques cohabitent avec un caractère globalement méditatif, presque flegmatique, comme si tout ce qui pourrait ressembler à une narration était constamment tenu à distance.

Même impression globale avec le Scherzo : un récit plein de rebondissements, d'un caractère presque épique mais dans des teintes constamment brouillées, mêlées, comme vues à distance ou à travers un rideau.
Il me semble que la direction de Handley accentue les contrastes, sans rien ôter au caractère insaisissable de l'ensemble.

De même, il n'est pas vraiment possible de qualifier l'Adagio de lyrique : en dépit des longues mélopées d'une expressivité intense (quoique toujours contenue), l'harmonie reste perpétuellement flottante et équivoque, et le dramatisme (presque déchirant... toujours presque) de la dernière section se résout dans une coda des plus sibyllines, comme le dévoilement d'un horizon brouillé et incertain.

Le Rondo retrouve des accents plus francs, presque rustiques par moments, mais là encore sans rien à quoi s'"accrocher" (je dois même avouer que je sens poindre un léger ennui)...

Bien que j'y trouve un certain plaisir, je peux dire que cette œuvre me reste globalement impénétrable, comme nimbée d'un voile expressif qui gomme le contraste entre les mouvements – ceux-ci m'apparaissant unis dans une sorte de nébulosité permanente (à ce titre, c'est peut-être la musique le plus essentiellement britannique que je connaisse, pour peu que cela ait une signification).
Rien à voir, en tout cas, avec l'évidence de la Sixième.
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptySam 9 Nov 2019 - 23:51

Septième Symphonie, Boult (Lyrita).

J'ai relu mon premier commentaire, et j'ai peine à comprendre que j'aie pu rester aussi extérieur à cette œuvre.

Le premier mouvement semble débuter dans la belle ambiance vespérale où s'achevait la 6e de Bax (cor solo sur tapis de do majeur), ponctuée de chorals moelleux des cordes et d'échappées mystérieuses proches de la 9e de RVW.
La dynamique s'exalte un peu avant l'Allegro moderato qui, toujours en demi-teintes, ménage quelques passages d'un charme ineffable (évocateurs d'ambiances assez proches d'un univers de fantasy, sans rien de la pompe épique que l'on peut associer à ce genre : on est plutôt chez les elfes accueillant pacifiquement les hobbits, mais en beaucoup mieux Mr.Red ).

Le Scherzo (aux rythmes fréquemment asymétriques) distille une ravissante étrangeté, avec un côté scherzo de Mahler dont la face grinçante serait remplacée par une espièglerie de lutins.
Le langage modal est beaucoup plus limpide que celui des premières symphonies, sans rien céder de sa singularité (bien au contraire), mais en la prodiguant de façon incomparablement plus séduisante à mes oreilles.

La Passacaglia (dont la forme m'échappe pour le moment, mais je n'éprouve pas le besoin de forcer ma compréhension) me parle moins directement que le Canto de la symphonie précédente (peut-être en raison de ce cadre formel plus sévère), mais la mélancolie tenace qui s'en dégage finit néanmoins par devenir très prégnante.
(Il y a même un côté très légèrement indigeste, que je rencontre pour la première fois chez ce compositeur, dans la réitération de ce thème...)
La fugue qui s'enchaîne sans interruption (ni contraste clairement perceptible à des oreilles peu attentives) reste dans le même tempo et la même couleur générale, mais subtilement délestée de la tristesse un peu lourde du "mouvement" précédent.
La symphonie se termine donc dans la lenteur et dans le calme, par une suite d'accords d'ut majeur surgissant inopinément (mais de façon très heureuse) d'un contexte harmonique bémolisé.

Encore un coup de cœur, quoique moins évident que pour la symphonie précédente (mais j'ai apparemment plus d'atomes crochus avec les œuvres plus tardives de ce compositeur; reste à savoir si cela se confirmera avec les symphonies 8 à 11 – dont la fameuse 9e qui me fait un peu peur).
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MessageSujet: Re: Edmund Rubbra (1901 - 1986)   Edmund Rubbra (1901 - 1986) EmptyVen 15 Nov 2019 - 1:49

Je continue mon tour d'horizon des symphonies du gentleman barbichu avec la Huitième, qui me séduit d'emblée beaucoup (ce qui confirme ma préférence pour ce qui pourrait ressembler à une "deuxième manière" du compositeur).

Le début du premier mouvement fait effectivement penser celui de la Troisième de RVW par son côté flottant, erratique et un peu invertébré au premier abord – à ceci près que le caractère pastoral laisse place à un paysage bien plus minéral, à la fois plus tourmenté et étrangement archaïsant (quintes à vide, mode 2, accords parfaits presque toujours contrariés par une pédale étrangère), avec une multiplicité de plans produisant de beaux effets de spatialisation.
Comme souvent, s'ensuit une section plus animée, énergique et narrative, qui ne produit toutefois pas de réel contraste : on baigne jusqu'au bout (très belle coda en ut majeur "parfait", mais plus mystérieuse qu'apaisée) dans une atmosphère à la fois fantastique et élégiaque, une sorte d'épopée vue de très loin, baignée d'une étrange clarté crépusculaire... Singulier et envoûtant. (Edit : à la relecture de ce post et au souvenir de cette musique, c'est l'image d'un vitrail qui me vient à l'esprit — ce qui rejoint ce que j'ai pu lire sur l'inspiration médiévale / Renaissance de Rubbra...)

L'Allegretto qui tient lieu de scherzo possède (en toute logique) un caractère plus robuste et entraînant, mais avec une grande variété de couleurs, de rythmes et d'atmosphères produisant un foisonnement narratif très jouissif – avec toujours ce mélange de (grand) raffinement harmonique et d'archaïsme étrange, comme lointain – et une séduction de chaque instant qui maintient constamment mon attention en éveil.

Le Poco lento final débute dans une amblance énigmatique et interrogative, souvent proche d'une franche atonalité mais avec un sentiment général de consonance (je commence à entrevoir l'amorce d'une compréhension un peu plus nette du vocabulaire harmonique de Rubbra, qui fait décidément un usage assez étendu – quoique toujours discret – des modes à transposition limitée, notamment 2 et 3), mais avec (du moins au début) une sorte de fixité "livide" plus franchement tragique ou funèbre, et des frottements harmoniques plus "méchants" qui le rapprocheraient presque d'une forme d'expressionnisme soft, voire d'une esthétique ancrée plus loin vers l'Est...
La seconde partie s'arrondit un peu, mais on ne retrouve pas l'archaïsme insaisissable des deux autres mouvements : il me semble que l'on bascule ici dans quelque chose de plus post(ou néo ?)-romantique, moins coloré, d'une expressivité plus franche et "carrée" (et moins séduisante à mes oreilles).
La coda est encore une fois mystérieuse, mais cette fois plus sombre, avec des murmures désolés de flûte et de clarinette sur une longue tenue de sol majeur aux cordes graves, puis aux cordes+cuivres graves, avec in fine l'intervention du célesta sur un mode 3 défectif...
Assez différent de ce que je connais pour l'instant de Rubbra (l'ébauche d'une troisième manière ?).

C'est, cela dit, celle que je préfère pour le moment avec la 6...
(Edit : en l'occurrence, j'ai plutôt préféré la version de N. Del Mar à celle de R. Hickox, qui a tendance à lisser et émousser des angles déjà peu saillants, sans que j'ai perçu de plus-value notable du côté des couleurs ni de la spatialisation...)
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