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 "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"

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Pat17
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MessageSujet: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 8:09

Il s'agit d'un article paru hier sur l'édition gratuite du Monde. Wink

L'article dans son intégralité se trouve ici : http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/01/05/serge-dorny-non-l-opera-ne-coute-pas-cher-au-contribuable_1626241_3246.html

Serge Dorny, qui dirige l'Opera National de Lyon, a commandé une étude dont le resultat est interessant a étudier (extrait de l'article) :

(...) Alors que l'on considère généralement que l'opéra coûte cher au contribuable et ne concerne qu'un petit nombre de citoyens, il nous apprend que notre activité est saine et que les retombées économiques ne sont pas négligeables. En gros, pour 1 euro de subvention, l'Opéra de Lyon génère le triple de recettes en retour, c'est-à-dire 80 millions d'euros d'impact économique, hors impact touristique. 66 % de ces retombées économiques se font au niveau local (ville, département, région). Notamment, les dépenses de bouche que font 60 % des spectateurs dans les cafés et restaurants alentour. (...)

A mon humble avis, ce genre d'approche ne peut qu'aller dans le bon sens. Dans une periode économique très difficile, ou les rares ressources publiques disponibles sont prioritairement affectées à la relance de l'économie et/ou au soutien de tranches de la population fragilisées par la crise, parvenir à démontrer que les subventions publiques en faveur de la culture sont "rentables" permet quelque part d'assurer leur pérennité.

Bien sûr, l'Etat ne s'y retrouve pas complètement : car les 3 euros de recettes générés pour chaque euro de subvention ne sont pas forcément pour sa poche. Le calcul "du retour sur investissement" serait d'ailleurs assez complexe a faire : il faudrait pouvoir determiner la TVA collectée sur la restauration ou les nuitées d'hôtel, les charges sociales et impôts de ceux qui vivent de ses retombées, l'indemnisation chômage économisée sur ceux qui en tirent une activité directe ou indirecte, etc...

Mais quelque part, ce n'est pas le plus important : si ce genre de demarche peut permettre de faire évoluer les mentalités, ce sera autant de gagner pour l'avenir de la musique classique.
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néthou
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 9:01

Pat17 a écrit:
Bien sûr, l'Etat ne s'y retrouve pas complètement : car les 3 euros de recettes générés pour chaque euro de subvention ne sont pas forcément pour sa poche.
Ils n'y reviennent même pas du tout, sauf sous forme de TVA et de charges sociales, mais c'est très indirect. Bon, après tout on s'en fout, c'est le principe-même d'une subvention; le problème, c'est que cette justification de retombées économiques ne peut pas suffire. Autant subventionner un club de foot qui va régulièrement attirer au stade plusieurs (dizaines de) milliers de personnes avec le même type théorique de retombées. Sur ce plan et seulement sur celui-là, ça sera donc toujours beaucoup plus "rentable" pour une municipalité que de subventionner une salle de spectacles classiques (concerts, opéras).
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Pat17
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 9:30

néthou a écrit:
Ils n'y reviennent même pas du tout, sauf sous forme de TVA et de charges sociales, mais c'est très indirect.

On pourrait arguer qu'avec un taux de prélèvement obligatoire de 44% en France (c'est le chiffre que j'ai en tete, mais je pense qu'il est maintenant plus élevé), sur 3 euros de recettes on dépasse l'euro d'investissement. Mais je suis d'accord qu'il s'agit la d'une simplification abusive, car les prélèvements obligatoires ne bénéficient pas qu'a l'Etat. Wink

Citation :
Bon, après tout on s'en fout, c'est le principe-même d'une subvention; le problème, c'est que cette justification de retombées économiques ne peut pas suffire. Autant subventionner un club de foot qui va régulièrement attirer au stade plusieurs (dizaines de) milliers de personnes avec le même type théorique de retombées. Sur ce plan et seulement sur celui-là, ça sera donc toujours beaucoup plus "rentable" pour une municipalité que de subventionner une salle de spectacles classiques (concerts, opéras).

Je prendrais le problème a l'envers pour ma part : bien sur que l'opera pese moins que le foot, surtout en termes électoraux.

Le problème est ailleurs : si l'on peut démontrer que subventionner la musique classique ne se fait pas a fonds perdus comme on le pense trop facilement, cela permet surtout de considerer ce genre de contributions comme plus facilement acceptable dans le contexte actuel plutôt difficile. Et en soi, ce n'est pas rien. Cool
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 12:52

Le problème dans ce discours c'est que l'opéra n'a pas à être justifié par des critères économiques. L'opéra, c'est de la culture classique comme le théâtre, les bibliothèques, les musées. Ça rentre donc dans le champ de la politique culturelle : la retombée économique n'en est ni l'objectif ni la condition, ni la justification, à aucun moment. C'est un peu comme si on cherchait à connaître les retombées économiques de l'école, même le gouvernement actuel n'a pas encore osé lancer une telle étude hehe

Après ce n'est pas le centre du discours de Dorny, ce qui fait du titre choisi par Machat un mauvais titre, voire une déformation du discours de son interlocuteur, ce qui est au minimum un signe d'incompétence et au pire malhonnête. Ce que je retiens avant tout ce sont des éléments comme :
- « nos spectateurs déclarent, selon l'étude, une moyenne de 37 000 euros de revenus par an, contre 34 700 pour la population française en général » ; même si Dorny fait là une erreur puisque le salaire moyen annuel des Français est de 28 000 € et qu'on aimerait plutôt une comparaison sur le revenu médian (18 000 € pour l'ensemble des Français). N'empêche, c'est assez proche d'une moyenne de revenu en considérant une zone urbaine comme Lyon. Ce qui n'est a priori pas le cas de la moyenne des revenus du public de l'opéra de Paris par exemple.
- « le public manifestait 8,1 sur 10 d'intérêt moyen pour la culture, alors que la moyenne française est de 6 sur 10 » : si je comprends bien c'est le signe d'un taux de mondanité assez bas, là aussi Dorny a raison de s'en féliciter, ça démontre que l'opéra n'a pas besoin d'un public d'incultes fortunés qui ne savent pas se tenir mais vont aux cocktails. Encore un choix différent de ce qu'on voit à l'ONP, au TCE, à Versailles...
- « Chez nous, son âge est de 47 ans en moyenne. 52 % d'entre les spectateurs ont moins de 45 ans, 25 % moins de 26 ans. » : le jour où une salle parisienne quelconque aura de tels chiffres il y aura eu une révolution.

C'est avec de tels indicateurs qu'on peut mesurer le succès d'une institution culturelle comme un opéra, parce qu'ils reflètent une politique culturelle qui vise un public à l'image de la société française, en termes de diversité sociale et d'âges. D'une certaine façon l'opéra de Lyon réussit à la fois à être accessible à tous et à attirer en priorité les passionnés. La comparaison avec l'ONP est encore une fois facile, puisque dans ce dernier cas c'est un opéra qui limite l'accès des moins riches et attire en priorité les mondains, les touristes, bref tous ceux pour qui l'opéra est un prétexte à sortir avant d'être une passion. Mais je prends l'ONP parce que c'est le plus flagrant, on pourrait en dire autant de 90% des institutions culturelles, y compris hors opéra.

Le problème de l'opéra, ce n'est pas qu'il coûte cher au contribuable pour une minorité, mais qu'il coûte cher à tous les contribuables (c'est à dire majoritairement à des gens qui touchent moins d'un smic et demi) pour bénéficier à une minorité de priviliégiés qui, en plus, évoquent souvent des cochons à qui on donnerait de la confiture. Alors que s'il coûte cher à tous les contribuables pour bénéficier à tous les citoyens, on peut dire d'un établissement culturel quel qu'il soit qu'il fonctionne selon des principes justes.
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Glocktahr
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 13:06

discobole a écrit:


C'est avec de tels indicateurs qu'on peut mesurer le succès d'une institution culturelle comme un opéra, parce qu'ils reflètent une politique culturelle qui vise un public à l'image de la société française, en termes de diversité sociale et d'âges.
En dehors du prix (ce qui n'est déjà pas négligeable), tu verrais quoi comme différence de politique culturelle ? (J'ai du mal à comprendre la réalité du terme ronflant de "politique culturelle")
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 13:18

Il y a aussi les questions de programmation, variété du répertoire, création contemporaine, valorisation du patrimoine, ça doit rentrer dans les missions d'une institution culturelle. Ainsi que, dans une institution musicale, la valorisation d'un orchestre et de chanteurs, et même leur niveau. Mais ça aujourd'hui on s'en fout un peu, en France du moins.

Ensuite, les programmes pédagogiques et d'ouverture aux publics complètement étrangers à telle ou telle forme artistique, par exemple l'opéra ou le concert classique. Les anglais sont les plus forts là-dedans, et puis l'exemple en ce moment c'est le programme Zukunft créé par Rattle à Berlin. Le but étant d'aller plus loin que la réflexion sur le prix lorsque, même avec des places peu chères, les non initiés ne viennent pas (parce qu'ils ne savent pas que c'est accessible, parce qu'ils ont l'impression que ce n'est pas pour eux...)

Mais sinon, oui, le prix reste le premier levier et souvent le moins utilisé.
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Pat17
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 15:27

discobole a écrit:
Le problème dans ce discours c'est que l'opéra n'a pas à être justifié par des critères économiques. L'opéra, c'est de la culture classique comme le théâtre, les bibliothèques, les musées. Ça rentre donc dans le champ de la politique culturelle : la retombée économique n'en est ni l'objectif ni la condition, ni la justification, à aucun moment.

Sauf que, en cest temps difficiles, il n'est pas difficile d'imaginer que si des coupes sombres ont a etre effectuees, la culture classique fera tres certainement partie des domaines vers lesquels l'effort sera porte en priorite. En conservant a l'esprit que ce secteur n'est pas le gouffre sans fond que certains imaginent, cela peut lui donner une chance de passer au travers des mailles du filet. Wink

Citation :
Après ce n'est pas le centre du discours de Dorny

Certes, mais vu que de nombreux themes sont abordes, j'ai prefere me concentrer vers celui qui me semblait le plus interessant. Et cela tombe bien, c'est ce meme theme qui correspond au titre de l'article !

Citation :
Le problème de l'opéra, ce n'est pas qu'il coûte cher au contribuable pour une minorité, mais qu'il coûte cher à tous les contribuables (c'est à dire majoritairement à des gens qui touchent moins d'un smic et demi) pour bénéficier à une minorité de priviliégiés qui, en plus, évoquent souvent des cochons à qui on donnerait de la confiture. Alors que s'il coûte cher à tous les contribuables pour bénéficier à tous les citoyens, on peut dire d'un établissement culturel quel qu'il soit qu'il fonctionne selon des principes justes.

Point de vue interessant, mais qui aurait le defaut s'il etait integralement applique de ne permettre le financement que de manifestations populaires (chanson contemporaine par exemple) et risquerait d'envoyer des pans entiers de la culture classique dans les poubelles de l'histoire. Embarassed
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 16:16

Pat17 a écrit:
discobole a écrit:
Le problème dans ce discours c'est que l'opéra n'a pas à être justifié par des critères économiques. L'opéra, c'est de la culture classique comme le théâtre, les bibliothèques, les musées. Ça rentre donc dans le champ de la politique culturelle : la retombée économique n'en est ni l'objectif ni la condition, ni la justification, à aucun moment.

Sauf que, en cest temps difficiles, il n'est pas difficile d'imaginer que si des coupes sombres ont a etre effectuees, la culture classique fera tres certainement partie des domaines vers lesquels l'effort sera porte en priorite. En conservant a l'esprit que ce secteur n'est pas le gouffre sans fond que certains imaginent, cela peut lui donner une chance de passer au travers des mailles du filet. Wink

Sauf que, en ces temps difficiles, entrer dans ce type de raisonnement c'est perdre à coup sûr. L'opéra n'est pas, ne peut pas être et ne doit pas être rentable économiquement. Encore une fois c'est comme pour l'école. La culture est un service public, il n'y a pas besoin d'une autre justification pour les financements publics.

Pat17 a écrit:
Citation :
Le problème de l'opéra, ce n'est pas qu'il coûte cher au contribuable pour une minorité, mais qu'il coûte cher à tous les contribuables (c'est à dire majoritairement à des gens qui touchent moins d'un smic et demi) pour bénéficier à une minorité de priviliégiés qui, en plus, évoquent souvent des cochons à qui on donnerait de la confiture. Alors que s'il coûte cher à tous les contribuables pour bénéficier à tous les citoyens, on peut dire d'un établissement culturel quel qu'il soit qu'il fonctionne selon des principes justes.

Point de vue interessant, mais qui aurait le defaut s'il etait integralement applique de ne permettre le financement que de manifestations populaires (chanson contemporaine par exemple) et risquerait d'envoyer des pans entiers de la culture classique dans les poubelles de l'histoire. Embarassed

C'est bien pourquoi j'ai parlé de culture classique, seule cible nécessaire d'une politique culturelle cohérente. Les Black Eyed Peas sont un divertissement, pas un service public, qu'on vende leurs places à 200€ n'est ni un problème ni une injustice. Qu'on vende des places d'opéra à ce prix, si.
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néthou
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 17:48

discobole a écrit:
L'opéra n'est pas, ne peut pas être et ne doit pas être rentable économiquement. Encore une fois c'est comme pour l'école. La culture est un service public, il n'y a pas besoin d'une autre justification pour les financements publics.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi.
Ce n'est pas que l'opéra n'a pas à être rentable, mais que la logique de son financement ne doit pas se concevoir sous le seul angle d'une éventuelle rentablilité. Le financeur cherchera surtout à savoir si son investissement est bien employé; manifestement à Lyon, ça semble être le cas en termes de programmation, d'"ambition artistique" (notion à nuancer évidemment) et donc de fréquentation.
Le rapprochement avec l'école ne me semble ensuite pas pertinent. D'abord, l'école, ce n'est pas de la culture: c'est de l'éducation. Pas pareil. Ensuite, et je suis bien placé pour le savoir, le fonctionnement du système éducatif, ça passe comme le reste par des choix, que ce soit au niveau national ou au niveau local, qui se traduisent en termes financiers. Avec des conséquences souvent concrètes sur les élèves et leurs profs.
Enfin, sur le long terme l'école prise au sens large peut être "rentable": elle est responsable de la formation des générations qui vont suivre et de la société qui sera la leur. Donc d'un point de vue économique les choix faits dans le domaine éducatif aujourd'hui auront un impact demain.

Ceci étant, je ne sais pas si la culture est un service public, mais c'est vrai qu'un service public, par définition, ça a un coût que l'Etat (et nous avec nos impôts) doit nécessairement prendre en charge. Même si certains s'emploient à mettre en cause cette "nécessité" (notamment en pointant les coûts, avec une démonstration par l'absurde) pour mieux refiler ça au (aux copains du) privé.
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Renard
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 22:08

Ce qui est sûr, c'est que la musique classique, et plus spécifiquement l'opéra, font partie du panel culturel des élites. Pas besoin d'être un grand bourdieusien pour voir la simplicité du calcul : l'ensemble de la population paie pour des services publics accaparés par les catégories sociales supérieures. Et ça ne vaut pas que pour la culture, malheureusement. Je connais nombre d'autres exemples assez évocateurs, des exemples du genre où des gens en HLM paient, par le biais de taxes locales dont ils ne voient jamais la couleur (sauf éventuellement pour un pauvre organisme de commisération envers les chômeurs), des prestations extrêmement onéreuses qui ne peuvent bénéficier qu'à une infime partie de la population, parce que ce qui reste à payer après la subvention est rédhibitoire pour les plus pauvres.

Quand on est de gauche, malheureusement, il faut être cohérent, et militer pour une réduction drastique du financement de ce genre de galipettes culturelles. L'opéra, c'est très bien, mais c'est honteux, le prix auquel je paie mes places, avec ce que je gagne aujourd'hui. Mr. Green Que l'on promeuve ce genre de culture au travers des institutions n'est pas dérangeant tant que l'on n'abreuve pas de subventions les spectacles de ceux qui pourraient largement les payer plein pot. Ou alors, on finance aussi à la même hauteur les concerts de musique populaire, que le sens de service public soit retrouvé.
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 22:43

Ben non, il ne peut pas y avoir de service public du divertissement. Enfin il ne devrait pas, malheureusement il y a des chaînes de télévision publiques.

Si on mettait les places d'opéra toutes à 20 euros et sans catégories, ne t'inquiète pas, tu verrais qu'il y aurait beaucoup moins de riches à l'opéra, ils trouveraient un autre endroit où se retrouver. Les riches ne viennent en général pas écouter la musique, et sont une frange du public qui se comporte particulièrement mal.

Une politique culturelle de gauche, ce n'est pas une politique qui estime que les pauvres n'écoutent que Johnny et que leurs enfants écoutent Beyoncé. C'est une politique qui finance la culture (c'est à dire, pas le divertissement) avec l'idée de la rendre accessible à tous. Mais cette culture politique-là est très peu cultivée en musique, du moins en France (hormis chez Boulez mais c'est son côté allemand), il faut plutôt aller voir du côté du théâtre pour trouver ce type d'engagement (à commencer par Vilar).

Sinon, pour néthou, je n'ai pas dit que la politique culturelle et l'éducation c'était la même chose, j'ai dit qu'il doit y avoir un service public de la culture comme il y en a un de l'éducation, de la justice (de moins en moins tu me diras), de la police... Et qu'on ne demande pas à un service public d'être rentable ou d'avoir des « retombées » économiques.
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Guillaume
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 22:51

Attention, dès que vous parlez de "politique culturelle de gauche" vous tombez dans la politique tout court, alors que quand vous ne reliez pas politique culturelle et couleur politique, vous restez dans la politique culturelle, donc dans les limites autorisées ici.
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 22:54

Je reprenais le temre utilisé, mais c'est vrai. De toute façon c'est un peu un pléonasme...
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Guillaume
lapineau huguenot
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 22:56

Bah non, regarde Malraux dans les années 60...
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 23:06

Guillaume a écrit:
Bah non, regarde Malraux dans les années 60...

Bah, si tu prends les Maisons de la culture, ça correspond à un mouvement lancé par les MJC (communistes) et qui correspondent chez Malraux à une sensibilité de gauche qu'il n'a jamais reniée. Si tu prends le reste (la politique au service du prestige, des amitiés) ça correspond plutôt à une conception droitisante. Malraux n'était pas un idéologue, on trouve sous son ministère à la fois démocratisation et mondanités. Ce n'est pas parce qu'on est gaulliste qu'on ne fait que des choses de droite. De même que ce n'est pas parce qu'on est socialiste qu'on a une politique de gauche, Lang en fut un bon exemple.

Par contre, si tu t'intéresses à Vilar, ça laisse peu de place à la compromission.
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Renard
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 23:07

discobole a écrit:
Ben non, il ne peut pas y avoir de service public du divertissement. Enfin il ne devrait pas, malheureusement il y a des chaînes de télévision publiques.

Si on mettait les places d'opéra toutes à 20 euros et sans catégories, ne t'inquiète pas, tu verrais qu'il y aurait beaucoup moins de riches à l'opéra, ils trouveraient un autre endroit où se retrouver. Les riches ne viennent en général pas écouter la musique, et sont une frange du public qui se comporte particulièrement mal.

Une politique culturelle de gauche, ce n'est pas une politique qui estime que les pauvres n'écoutent que Johnny et que leurs enfants écoutent Beyoncé. C'est une politique qui finance la culture (c'est à dire, pas le divertissement) avec l'idée de la rendre accessible à tous. Mais cette culture politique-là est très peu cultivée en musique, du moins en France (hormis chez Boulez mais c'est son côté allemand), il faut plutôt aller voir du côté du théâtre pour trouver ce type d'engagement (à commencer par Vilar).

Oui, enfin, je trouve ça triste l'ambition d'un monde où chacun écoute de la musique classique et va à l'opéra, parce que je ne vois pas en quoi ça vaut techniquement plus que tout autre genre musical pour remplir les fonctions qu'on en attend, et qui relèvent, ne t'en déplaisent, du divertissement. Sauf à me sortir des bêtises plus ou moins mystiques sur la musique évidemment. Quand je vais assister à un concert, c'est pour passer un bon moment, pas pour purifier ma pauvre âme de toutes les impiétés que j'ai pu commettre dans la semaine. hehe

Et quand je te dis que le prix auquel je paie mes places est honteux, c'est vraiment sous les 20€. 10€ la place pour l'ONPL (l'orchestre du coin), et... 5€ la place d'opéra 3e catégorie, où on voit très bien, etc. J'ai un tarif "jeunes" certes, mais bon, c'est ridicule de me faire payer ça, au vu de ce que je gagne, et au vu du public jeune bobo qui vient profiter des aises offertes par le contribuable à ce prix. Comme quoi, la cherté relative des places de catégorie plus intéressante n'est absolument pas la condition d'un entre-soi, observable même sur des places bon marché. Même si c'était gratuit, nous aurions très probablement le même public, à quelques variations près. Tu as eu de nombreuses études de sociologues, justement, démontrant que le prix n'était en rien un facteur de choix en matière culturelle.

Et puis les goûts musicaux sont aussi une sorte d'héritage culturel, dont la sortie est souvent conditionnée par une ascension sociale parallèle. Tu n'as pas beaucoup d'ouvriers ou d'employés qui s'y rendent, tout simplement parce que ce genre musical n'est techniquement pas supérieur aux autres. Si le classique provoquait des miracles, guérissait les cancéreux et les mecs qui ont le SIDA, tu en aurais sans doute, mais en attendant, leur culture populaire leur convient, et elle n'a rien d'inférieur. Avec des places à 20€, tu ne verras donc non seulement pas moins de cadres incommodés par du prolétaire endimanché, mais tu vas juste leur offrir quelques bières ou un resto supplémentaire après la représentation. Aux frais de la princesse, cela s'entend.

Guillaume a écrit:
Attention, dès que vous parlez de "politique culturelle de gauche" vous tombez dans la politique tout court, alors que quand vous ne reliez pas politique culturelle et couleur politique, vous restez dans la politique culturelle, donc dans les limites autorisées ici.

Si tu veux, on peut planquer ça sous de la sociologie de comptoir, c'est pas bien compliqué.
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Cololi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Ven 6 Jan 2012 - 23:12

Je suis désolé, mais la politique est interdite (en tout cas jusqu'à nouvel ordre).

Je vérouille temporairement. Xavier décidera.

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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 6:42

On va dire que la discussion peut se poursuivre tant que tout le monde essaie de faire en sorte que ça ne prenne pas (plus) un tournant politique. (si c'est possible)

Et toi depuis le temps il faudrait que tu saches comment s'écrit le verbe "verrouiller". Mr.Red
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Glocktahr
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 7:01

Finalement cette discussion montre que le genre de texte comme le rapport cité à peut etre une utilité. Même si ce genre de choses dépend d'idéologies, il me parait difficile de rationaliser et d'estimer leur portée. Parfois "c'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui" et pour prendre un exemple un peu extrême les dépenses culturelles complètement délirantes (critiquées en leur temps) de Louis II de Bavière (Wagner + chateaux) ont du rapporter cent fois la mise à l'Allemagne depuis. Il n'est pas impossible que la France aujourd'hui soit dans la même situation. Ce que rapporte un étranger qui passe 2 semaines à Paris est énorme.
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Pat17
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 7:03

discobole a écrit:
Le problème dans ce discours c'est que l'opéra n'a pas à être justifié par des critères économiques. L'opéra, c'est de la culture classique comme le théâtre, les bibliothèques, les musées. Ça rentre donc dans le champ de la politique culturelle : la retombée économique n'en est ni l'objectif ni la condition, ni la justification, à aucun moment.

Si nous étions dans un monde ideal, je ne pourrais qu'être d'accord avec toi. Mais ce n'etait pas dans cette perspective que s'inscrivait mon propos. C'est bien au contraire parce que les gouvernements (quelle que soit leur coloration politique d'ailleurs) sont de plus en plus sensibles a ce que l'on pourrait appeler le rendement des investissements publics (pour des raisons politiques, économiques, sociales, qu'il nest pas forcement besoin de développer ici) qu'il est interessant de développer ce point de vue.

D'ailleurs, j'imagine que si Serge Dorny a ressenti le besoin de lancer ce type d'étude, s'il a souhaité communiquer sur cet aspect, et si "Le Monde" a choisi cet aspect saillant pour titrer son article, c'est bien que quelque part cela correspond bien a une préoccupation du moment. Wink

Citation :
C'est un peu comme si on cherchait à connaître les retombées économiques de l'école, même le gouvernement actuel n'a pas encore osé lancer une telle étude hehe


A cette difference significative, comme l'a souligné Néthou, que l'éducation touche un service public beaucoup plus vital pour un pays donné et qu'il concerne l'ensemble de la population, ce qui est moins évident pour la culture classique.

Citation :
Le problème de l'opéra, ce n'est pas qu'il coûte cher au contribuable pour une minorité, mais qu'il coûte cher à tous les contribuables (c'est à dire majoritairement à des gens qui touchent moins d'un smic et demi) pour bénéficier à une minorité de priviliégiés

Sur cet aspect la je suis davantage en phase avec toi. Wink
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Glocktahr
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 7:23

discobole a écrit:


Si on mettait les places d'opéra toutes à 20 euros et sans catégories, ne t'inquiète pas, tu verrais qu'il y aurait beaucoup moins de riches à l'opéra, ils trouveraient un autre endroit où se retrouver. Les riches ne viennent en général pas écouter la musique, et sont une frange du public qui se comporte particulièrement mal.
Je trouve ça un peu gonflé ces généralités haineuses sur les riches.

Edit : Et les généralités en général. Le stade de France a du recevoir aussi des aides publiques et j'ai aussi payé ma place pour les Black Eyed Peas aussi cher que celle pour le crépuscule. "La musique de jeune" n'est pas universelle non plus, si il y a un age ou on ne peut plus pogoter dans la fosse du stade de france pour AC/DC il faut en tenir compte.


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Xavier
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 7:27

Ce que dit Discobole est vrai pour une petite partie du public, mais on ne peut pas réduire "les riches" à ça, c'est une minorité de cette tranche qui ne vient au spectacle que pour se montrer, ça se trouve un peu à Garnier ou au TCE lors de certaines soirées précises, mais pas du tout à Bastille par exemple.
D'une façon générale, c'est une classe sociale qui a un accès plus facile à la culture, voilà tout, mais la plupart viennent parce qu'ils aiment ça, pas juste pour "se retrouver entre eux".
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 8:13

Glocktahr a écrit:
Même si ce genre de choses dépend d'idéologies, il me parait difficile de rationaliser et d'estimer leur portée. Parfois "c'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui" et pour prendre un exemple un peu extrême les dépenses culturelles complètement délirantes (critiquées en leur temps) de Louis II de Bavière (Wagner + chateaux) ont du rapporter cent fois la mise à l'Allemagne depuis. Il n'est pas impossible que la France aujourd'hui soit dans la même situation. Ce que rapporte un étranger qui passe 2 semaines à Paris est énorme.

Parallele interessant, mais qui quelque part n'est pas totalement adapte : les chateaux de Louis II de Baviere n'avaient aucune vocation a devenir des destinations touristiques (tout comme le Chateau de Versailles d'ailleurs) alors que la musique classique a bien pour but une certaine diffusion vers le public (de plus en plus large au fur et a mesure que nous nous rapprochons de la periode contemporaine). Wink
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 8:19

Xavier a écrit:
Ce que dit Discobole est vrai pour une petite partie du public, mais on ne peut pas réduire "les riches" à ça, c'est une minorité de cette tranche qui ne vient au spectacle que pour se montrer, ça se trouve un peu à Garnier ou au TCE lors de certaines soirées précises, mais pas du tout à Bastille par exemple.

Ma maigre experience de seances d'opera est tres lointaine, et elle se limitait a des scenes bien modestes de province. Le public clairseme qui y assistait (je me souviens notamment d'un Don Giovanni de Mozart) n'etait la que pour l'oeuvre, c'etait clair. Wink

Mais je ne me risquerai pas a generaliser sur des exemples aussi limites et anciens. Garnier etait inaccessible pour ma bourse quand j'etais etudiant a Paris, Bastille venait juste d'ouvrir sur fond de polemique (notamment accoustique), et depuis je n'ai vecu que dans des endroits ou l'Opera etait un lieu relativement exotique au regard de la culture locale. Embarassed
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 12:58

Glocktahr a écrit:
discobole a écrit:


Si on mettait les places d'opéra toutes à 20 euros et sans catégories, ne t'inquiète pas, tu verrais qu'il y aurait beaucoup moins de riches à l'opéra, ils trouveraient un autre endroit où se retrouver. Les riches ne viennent en général pas écouter la musique, et sont une frange du public qui se comporte particulièrement mal.
Je trouve ça un peu gonflé ces généralités haineuses sur les riches.

Edit : Et les généralités en général. Le stade de France a du recevoir aussi des aides publiques et j'ai aussi payé ma place pour les Black Eyed Peas aussi cher que celle pour le crépuscule. "La musique de jeune" n'est pas universelle non plus, si il y a un age ou on ne peut plus pogoter dans la fosse du stade de france pour AC/DC il faut en tenir compte.

Oui, je hais, c'est vrai, certains riches qu'on trouve dans certains endroits où ils se sentent tellement en sécurité qu'ils se permettent n'importe quoi. Venir parader avec leur maîtresse dont on peut penser qu'elle n'est pas majeure, chanter en même temps que le ténor, parler à voix haute, tourner bruyamment les pages de leur programme parce qu'après deux heures ils s'ennuient, et autres exemples. Je hais ces riches de l'opéra (et c'est la même à certains concerts) parce qu'ils ne sont pas là pour la musique. Alors bien sûr, il y a sûrement des gens parmi ces mal élevés qui ne sont pas si fortunés, mais enfin comme ces mauvaises expériences sont toujours celles que j'ai pu avoir aux meilleures places au TCE, à Garnier (certes Xavier) mais aussi au parterre de Bastille, disons qu'il y a une forte suspicion plutôt « CSP+++ » qu'autre chose.

Mais nous sommes en des temps civilisés. Je ne demande pas à ce qu'ils soient tous pendus à des crocs de boucher, en tout cas je ne mélange pas ça avec un débat sur l'opéra. Simplement, l'opéra est un service public qui devrait être à 100% accessible (donc 1) tarif unique et 2) bas) et à placement totalement libre. En tout cas l'opéra public, c'est à dire en premier lieu l'ONP. Ce serait la seule façon de briser les coteries. Riche ou pauvre ne serait plus le marqueur principal de la ségrégation interne à une salle d'opéra. Subventionner des catégories à l'opéra, c'est un peu comme subventionner une première et une deuxième classe dans le train, c'est juste une façon pas très subtile de perpétuer un schéma mental et de détourner la mission du service public culturel comme du service public de transports dans un but qui, qu'on le veuille ou non, est politique.
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Cololi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 13:12

Soit dit en passant +1000 sur ce dit Disco sur ce sujet.

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Glocktahr
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 13:14

ouah le délire...je n'ai jamais constaté de trucs pareils, peut etre que je ne fais pas assez attention.
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 13:14

Cololi a écrit:
Soit dit en passant +1000 sur ce dit Disco sur ce sujet.
tiens? j'aurais plutôt pensé prudent de verrouiller le sujet Mr.Red Mr. Green drink bedo What the fuck ?!?
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néthou
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 15:49

Renard a écrit:
Quand on est de gauche, malheureusement, il faut être cohérent, et militer pour une réduction drastique du financement de ce genre de galipettes culturelles.
Sans souhaiter verser dans le discours politique, je ferai juste remarquer que malheureusement ce sont la plupart du temps des municipalités de droite qui, une fois arrivées aux affaires, commencent par réduire drastiquement les subventions aux diverses activités culturelles en place (justement sous le prétexte de "galipettes culturelles"), quelquefois en remettant en cause l'existence de manifestations ayant fait la preuve de leur succès avec le temps. Et les exemples sont légion.
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 16:44

néthou a écrit:
Sans souhaiter verser dans le discours politique

C'est pas la peine de dire ça pour ensuite s'y engouffrer. Mr.Red

Si le premier verrouillage de Cololi ne vous a pas satisfait, on peut aussi faire un verrouillage définitif. Wink
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néthou
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 18:20

salut
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Renard
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 21:19

néthou a écrit:
Renard a écrit:
Quand on est de gauche, malheureusement, il faut être cohérent, et militer pour une réduction drastique du financement de ce genre de galipettes culturelles.
Sans souhaiter verser dans le discours politique, je ferai juste remarquer que malheureusement ce sont la plupart du temps des municipalités de droite qui, une fois arrivées aux affaires, commencent par réduire drastiquement les subventions aux diverses activités culturelles en place (justement sous le prétexte de "galipettes culturelles"), quelquefois en remettant en cause l'existence de manifestations ayant fait la preuve de leur succès avec le temps. Et les exemples sont légion.

Mon propos concernait uniquement l'opéra, et dans une certaine mesure, la musique classique. C'est là que la divergence entre ceux qui financent et ceux qui en bénéficient est la plus criante.

J'admire tout de même l'aspect un peu béat des prétentions universalistes concernant le genre musical qui nous occupe. Ça me fait toujours marrer, et me rappelle vaguement les relents politiques plus ou moins douteux qui sous-tendent régulièrement les propos concernant la supériorité absolue de la musique dite savante sur tous les autres genres. Mr.Red
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 21:26

Les concerts et festivals d'autres genres bénéficient d'aides aussi.
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 7 Jan 2012 - 23:43

La musique classique n'est pas un genre. Ce n'est pas un complexe de supériorité, c'est comme ça. Les comédies musicales de Kamel Ouali ne sont pas non plus un genre d'opéra, et les magazines ne sont pas un genre de littérature.
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Pat17
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Dim 8 Jan 2012 - 6:35

discobole a écrit:
Simplement, l'opéra est un service public qui devrait être à 100% accessible (donc 1) tarif unique et 2) bas) et à placement totalement libre. En tout cas l'opéra public, c'est à dire en premier lieu l'ONP. Ce serait la seule façon de briser les coteries. Riche ou pauvre ne serait plus le marqueur principal de la ségrégation interne à une salle d'opéra. Subventionner des catégories à l'opéra, c'est un peu comme subventionner une première et une deuxième classe dans le train, c'est juste une façon pas très subtile de perpétuer un schéma mental et de détourner la mission du service public culturel comme du service public de transports dans un but qui, qu'on le veuille ou non, est politique.

Je comprends mieux a la vue de cette vision que la demarche de Serge Dorny te laisse pour le moins si indifferent (pour utiliser un terme relativement neutre). Wink

La question est plutot de savoir ce que l'on veut. Car si l'on reste campe sur des positions aussi fermes, il est clair que non seulement tu n'auras jamais satisfaction (au risque de me repeter nous ne sommes pas dans une periode qui permette une telle demarche... et je me place sur un terrain plus financier que politique), mais au surplus la generalisation d'une telle demarche risquerait plutot de porter un coup fatal a l'Opera.

En deux clics j'ai eu acces aux tarifs de la representation du Ballet Royal du Danemark, actuellement a l'affiche de Garnier. C'est certes un ballet et non pas un opera, mais ce n'est pas la le plus important. Le prix des places s'etage de 9 a 92 euros. Quel serait a ton avis l'impact financier si toutes les places cheres etaient supprimees au profit d'un tarif unique a 9 euros ? Je ne suis pas sur que l'Opera pourrait continuer longtemps une programmation aussi fournie... faute de moyens, tout simplement. Wink

Je comprends bien que les notions financieres soient mal vues quand l'on parle de culture. Mais est-ce en les niant purement et simplement, en appelant de ses voeux un Service Public de l'Opera degage de toute contingence materielle que l'on arrange les questions et les problemes que ces memes notions financieres peuvent susciter ? Embarassed

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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Dim 8 Jan 2012 - 16:33

Je n'ai rien nié, j'ai dit que si on cherche de la rentabilité on peut tout de suite supprimer tous les budgets culturels, la culture ne sera jamais rentable. Ou alors on les consacre à autre chose que leur objet, ce qui est de plus en plus le cas (et l'opéra ne rentre pas dans ce champ).
Je ne dis pas qu'il faut mettre les places de l'ONP à 9 euros. J'ai dit que, soit il s'agit d'un service public et alors il n'y a aucun choix acceptable hormis le tarif unique suffisamment bas et le placement libre, soit il s'agit d'une institution de divertissement dans sa programmation et son offre tarifaire et alors il n'y a pas à y attribuer un centime d'argent public. L'ONP pourrait très, très bien vivre en étant privatisé.
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Lun 9 Jan 2012 - 6:42

discobole a écrit:
Je n'ai rien nié, j'ai dit que si on cherche de la rentabilité on peut tout de suite supprimer tous les budgets culturels, la culture ne sera jamais rentable. Ou alors on les consacre à autre chose que leur objet, ce qui est de plus en plus le cas (et l'opéra ne rentre pas dans ce champ).

Et pourtant, c'est ce que laisse entendre l'etude commandee par Serge Dorny : la culture peut etre rentable. Tout depend de la notion de rentabilite recherchee. Une rentabilite directe, ou l'Etat retrouve integralement les fonds investis est illusoire. Une rentabilite globale, ou les fonds investis permettent d'alimenter une partie de l'economie tout en produisant des revenus non negligeables a l'Etat, c'est deja nettement plus possible.

discobole a écrit:
Je ne dis pas qu'il faut mettre les places de l'ONP à 9 euros.

C'est pourtant ce que laissait supposer cette affirmation :

Citation :
Simplement, l'opéra est un service public qui devrait être à 100% accessible (donc 1) tarif unique et 2) bas) et à placement totalement libre.

Ou alors j'ai mal compris...

discobole a écrit:
J'ai dit que, soit il s'agit d'un service public et alors il n'y a aucun choix acceptable hormis le tarif unique suffisamment bas et le placement libre, soit il s'agit d'une institution de divertissement dans sa programmation et son offre tarifaire et alors il n'y a pas à y attribuer un centime d'argent public. L'ONP pourrait très, très bien vivre en étant privatisé.

Deux remarques :

- tu te referes constamment a l'ONP, mais il faut malgre tout considerer que les 4/5 de la population ne vivent pas en region parisienne. La situation est beaucoup plus complexe que tu ne le laisses entendre. Et d'ailleurs l'article initialement cite ne concerne pas Paris.

- pourquoi n'y aurait-il que deux solutions ? Les extremes (ici le 100% public ou 100% prive) sont rarement les voies les plus perennes. Il me semble que le debat serait plus porteur s'il s'agissait davantage de doser l'une et l'autre composante que de les exclure mutuellement...
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 11:13

Je trouve que l'argumentaire de Serge Dorny est sympathique, mais un peu faiblard : tout ce qui aboutit à augmenter l'attractivité touristique d'un endroit peut entrer dans cette catégorie, et l'idée d'une évaluation économique d'un "retour sur subvention" me semble très hasardeuse.
Il est justifié qu'un site qui a des ambitions touristico-culturelles se doive d'avoir des monuments, musées, théâtres, opéras, restaurants - le statut de ces entités et leur mode de financement est une autre affaire.
Supposer que tout ça doive relever d'un service public, et donc d'un financement sur ressources publiques me parait faire preuve d'une myopie et d'une méconnaissance du sujet confondante : il y a des pays qui financent une activité culturelle qui, AMHA, n'est pas inférieure en qualité à notre offre domestique sans qu'il y ait un centime de subvention ni meme de Ministère de la culture.
Alors je comprends que dans un contexte de resserrement des budgets les patrons des institutions culturelles tentent de passer au travers des mailles du filet, mais je doute qu'ils y arrivent : chaque fois qu'un spectateur de l'ONP achète un billet, il reçoit une subvention de l'Etat de 100 à 130 € (mode de calcul : subvention annuelle divisée par le nombre de billets vendus sur une saison) - ce n'est nullement une question politique, c'est une question d'arbitrage entre différentes priorités budgétaires - j'ai beau aimer beaucoup l'opéra, je comprendrais que sa subvention soit diminuée si c'est pour financer des budgets comme la recherche, la justice ou l'éducation.
Hors AROP, je ne crois pas que l'opéra soit fréquenté principalement par les CSP +++ : il y en a quelques uns, mais j'ai l'impression que si élitisme il y a, c'est plus une élite intellectuelle, donc probablement beaucoup d'enseignants, d'universitaires.

Montfort
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 15:25

Montfort a écrit:
Je trouve que l'argumentaire de Serge Dorny est sympathique, mais un peu faiblard : tout ce qui aboutit à augmenter l'attractivité touristique d'un endroit peut entrer dans cette catégorie, et l'idée d'une évaluation économique d'un "retour sur subvention" me semble très hasardeuse.

Bien d'accord sur ce point. Mais cette démarche, pour insuffisante qu'elle soit intrinsèquement, a le mérite d'exister. Les réactions sur ce fil montrent d'ailleurs qu'il y a encore beaucoup à faire pour faire évoluer les mentalités. Very Happy

Citation :
Supposer que tout ça doive relever d'un service public, et donc d'un financement sur ressources publiques me parait faire preuve d'une myopie et d'une méconnaissance du sujet confondante : il y a des pays qui financent une activité culturelle qui, AMHA, n'est pas inférieure en qualité à notre offre domestique sans qu'il y ait un centime de subvention ni meme de Ministère de la culture.

Comme tu le dis par ailleurs, c'est une question d'arbitrage. Il n'est pas inintéressant de constater chez nos voisins d'Outre-Manche, chez qui la notion de financement public est dans un état de démembrement plus avancé qu'en France (et ce quelle que soit la coloration politique du gouvernement), que l'entrée des musées est gratuite par exemple. Avec certes des tours de passe-passe, où l'entrée du musée proprement dite est gratuite, mais pas celle de l'exposition qui va drainer la majeure partie des visiteurs pendant sa durée, mais quand même, on peut passer une journée entière au British Museum sans débourser un centime (pardon, un penny). Wink

Maintenant, parvenir à mettre en place un financement intégralement privé, qui évite toute subvention publique, j'ai quelques doutes, du moins en France. Le mécenat (d'entreprise ou autre) est forcément limité en volume, surtout par ces temps de crise. La publicité me semble également insuffisante, le coeur de cible que représente le public de l'Opéra n'étant pas forcément porteur (revenus importants mais représente une tranche numériquement faible de la population). On peut à mon sens prévoir un mix de financements privés qui allégeront d'autant les finances de l'Etat, sans qu'ils puissent prendre intégralement le relais. Sans oublier qu'un financement privé posera potentiellement la question de la liberté de programmation, en fonction de son importance globale.

Citation :
Alors je comprends que dans un contexte de resserrement des budgets les patrons des institutions culturelles tentent de passer au travers des mailles du filet, mais je doute qu'ils y arrivent : chaque fois qu'un spectateur de l'ONP achète un billet, il reçoit une subvention de l'Etat de 100 à 130 € (mode de calcul : subvention annuelle divisée par le nombre de billets vendus sur une saison)

Calcul intéressant s'il est confirmé. Car avec des billets compris entre 9 et 92 € (exemple cité précédemment, mais je ne sais pas s'il est représentatif), cela veut dire que pour un billet plein tarif, la subvention n'est "que" d'environ la moitié... Wink
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Fiordiligi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 15:45

discobole a écrit:
Venir parader avec leur maîtresse dont on peut penser qu'elle n'est pas majeure, chanter en même temps que le ténor, parler à voix haute, tourner bruyamment les pages de leur programme parce qu'après deux heures ils s'ennuient, et autres exemples.
Je n'ai jamais vu de comportements pareils à l'opéra, pourtant j'y vais environ 10 fois par an (il faut dire que le public dont tu parles ne fréquente peut-être pas, comme moi, la 5ème catégorie).
Comme Montfort, je n'ai pas le sentiment que l'opéra soit principalement fréquenté par des CSP+++ (ces gens-là sont trop occupés à faire du shopping à Morzine). Il y en a sûrement quelques uns en 1ère catégorie, mais pas de façon majoritaire.
Même en 1ère catégorie, il y a des gens tout à fait "normaux" (selon mes critères du moins) : j'ai des collègues qui gagnent bien leur vie, de façon confortable mais pas extravagante, et qui achètent des places très chères parce que c'est leur passion et que, n'ayant pas d'enfants, ils ont un pouvoir d'achat assez élevé. Je ne vois pas comment on pourrait les confondre avec des CSP+++.

Après, il ne faut pas être naïf, le public de l'opéra n'est pas composé de "Monsieur tout le monde", c'est un public plus éduqué, plus âgé et plus à l'aise financièrement que la moyenne, en tout cas à Paris. C'est d'ailleurs assez préoccupant. Quand on voit des spectacles comme le Rigoletto de Savary, qui est vraiment un divertissement populaire, et plutôt un très bon divertissement populaire, on peut regretter que le public ne soit pas plus varié.
A l'ONP, c'est peut-être spécial (les spectacles sont déjà tellement pris d'assaut !).
Mais il me semble vraiment indispensable de faire venir d'autres publics à l'opéra.
Pourquoi est-ce que les gens viennent si nombreux voir Aïda ou Carmen au Stade de France ? Parce que les canaux de distribution sont simples (Fnac, Carrefour, etc.) et que la campagne communication de ces spectacles arrive à convaincre les gens que ça leur plaira peut-être.


Dernière édition par Fiordiligi le Mar 10 Jan 2012 - 15:52, édité 1 fois
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Xavier
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 15:49

Fiordiligi a écrit:

Après, il ne faut pas être naïf, le public de l'opéra n'est pas composé de "Monsieur tout le monde", c'est un public plus éduqué, plus âgé et plus à l'aise financièrement que la moyenne, en tout cas à Paris. C'est d'ailleurs assez préoccupant. Quand on voit des spectacles comme le Rigoletto de Savary, qui est vraiment un divertissement populaire, et plutôt un très bon divertissement populaire, on peut regretter que le public ne soit pas plus varié.
A l'ONP, c'est peut-être spécial (les spectacles sont déjà tellement pris d'assaut !).
Mais il me semble vraiment indispensable de faire venir d'autres publics à l'opéra.
Pourquoi est-ce que les gens viennent si nombreux voir Aïda ou Carmen au Stade de France ? Parce que les canaux de distribution sont simples (Fnac, Carrefour, etc.) et que la campagne communication de ces spectacles arrive à convaincre les gens que ça leur plaira peut-être.

Pourtant ils paient encore plus cher et pour être encore plus loin... Confused
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Fiordiligi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 15:51

Xavier a écrit:
Pourtant ils paient encore plus cher et pour être encore plus loin... Confused
Oui tout à fait ! Ca démontre bien que les barrières pour aller à l'opéra ne sont pas de nature financière.
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Xavier
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 16:02

Ca fait peur aux gens de rentrer en contact avec l'Opéra de Paris par téléphone ou internet alors?
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OYO TOHO
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 16:48

en partie, oui !
Mais c'est surtout que les gens qui ne sont pas habitués à l'opéra s'imaginent plein de choses. Par exemple, je pense qu'ils considèrent qu'a priori ils ne sont pas du même monde et qu'ils feront tache à l'opéra. Du coup, ils préfèrent le côté rassurant de se fondre dans la masse du public du stade de france, en sachant qu'en plus la promotion est bien assurée par les canaux classiques et qu'ils peuvent se rendre à la FNAC, comme d'hab, pour réserver leurs billets (comme la dernière fois quand ils étaient allés voir un spectacle sur glace ou le dernier spectacle de Canteloup).
Et je pense que l'Opéra de Paris ne fait rien pour se rendre plus accessible : pas envie de voir débouler tous les fans de Michel Druker avec leurs appareils photos et leurs chemises à fleurs.
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Xavier
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 16:55

Oui c'est sans doute à peu près ça, ma question valait pour réponse...

En tout cas c'est bien dommage.

J'ai l'impression qu'à Pleyel on voit plus de public un peu néophyte qui n'a pas l'habitude du concert. (et qui applaudit entre les mouvements Smile )
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Fiordiligi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Mar 10 Jan 2012 - 17:08

OYO TOHO a écrit:
Mais c'est surtout que les gens qui ne sont pas habitués à l'opéra s'imaginent plein de choses. Par exemple, je pense qu'ils considèrent qu'a priori ils ne sont pas du même monde et qu'ils feront tache à l'opéra.
Oui, de la même façon qu'il ne me viendrait pas à l'esprit d'aller suivre une conférence de sociologie au Collège de France.
Je suis convaincue que je suis trop bête pour ça.

Alors que, si ça se trouve, non ! fleurs (et pourtant je suis bien brune...)
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Sam 10 Aoû 2013 - 17:37

C'est drôle : voilà justement un professeur de sociologie au Collège de France, qui présente sans aucun jargon technique un élément que je crois central dans ce type de discussions...titre de la vidéo :
Bourdieu - L' « économie du bonheur »
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Fiordiligi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Lun 23 Juin 2014 - 11:59

Un article alarmant de Mediapart sur le coûteux renouvellement des cadres de l'ONP décidé par Lissner et d'une manière générale sur la piteuse gestion du budget de l'ONP.

http://www.mediapart.fr/article/offert/5aca68b232c5d5364cea40af7bc0a738
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Cololi
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Lun 23 Juin 2014 - 12:26

Fiordiligi a écrit:
Un article alarmant de Mediapart sur le coûteux renouvellement des cadres de l'ONP décidé par Lissner et d'une manière générale sur la piteuse gestion du budget de l'ONP.

http://www.mediapart.fr/article/offert/5aca68b232c5d5364cea40af7bc0a738

Preuve supplémentaire qu'il faut faire éclater cette énorme mascarade qu'est l'ONP.

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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   Lun 23 Juin 2014 - 12:31

Comme toujours tu es dans l'exagération et ta haine de Paris te fait dire des sottises Neutral . Il y a certes des excès mais (les parisiens me corrigeront) pas plus qu'ailleurs me semble-t-il
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MessageSujet: Re: "Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"   

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"Non, l'opéra ne coûte pas cher au contribuable"
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