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 L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie

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Mandryka
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 1 Fév 2016 - 20:12

Un magnifique nouveau enregistrement de l'œuvre de Grigny

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 1 Fév 2016 - 20:18

Mandryka a écrit:
Je fais signe qu'il y a un magnifique nouveau enregistrement de l'œuvre de Grigny


Pour la Messe (Boizard-en-Thiérache), il n'y a pas mieux (à part Mikkelsen à Saint-Maximin), ça ronfle et rutile avec beaucoup de style, des couleurs incroyables comme toujours avec Tchebourkina… Il manque hélas le plain-chant, ce qui rend l'écoute un peu homogène et moins articulée aux situations, mais ça reste une référence formidable.

Toute la collection mérite le détour (un peu moins les russes, dont les œuvres ne sont pas toutes majeures).
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Cololi
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 1 Fév 2016 - 20:28

Ca a l'air d'être pas mal ... hélas on ne peut écouter que par bout de 30 secs ...

Edit : ah non trouvé sur musicme Smile

Mouai ... j'en reste encore à Bardon à Saint-Maximin.^
Hélas je n'ai plus vraiment le matos pour écouter ce genre de chose ...

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
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Mandryka
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 1 Fév 2016 - 20:52

DavidLeMarrec a écrit:
Mandryka a écrit:
Je fais signe qu'il y a un magnifique nouveau enregistrement de l'œuvre de Grigny


Pour la Messe (Boizard-en-Thiérache), il n'y a pas mieux (à part Mikkelsen à Saint-Maximin)  

Et à part Alain à Sarlat. Mais je devrais dire que je n'ai pas entendu Bardon.

Une autre perle rare sur spotify est du Dumage de Rogg!
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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 17 Avr 2016 - 16:40

Pour DeGrigny, je reste très attaché avec Isoir à Poitiers pour la Messe et Saint-Maximin pour les Hymnes.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 1 Juin 2016 - 0:13

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

François Couperin (1668-1733) :

Les Nations, Pièces de clavecin -transcr.

= Jean-Paul Lécot, orgue Formentelli de la Basilique Santa Maria degli Angeli de Rome

(Arion, mai 2002)

Smile Lully, Rameau, Charpentier, Marais... J.P. Lécot s'est fait une spécialité du répertoire grand-siècle transcrit à l'orgue.
Charmant programme ici, sur un vaste instrument (77 jeux) compatible avec le baroque français, en symbiose avec les « goûts réunis ».
Le verso du CD donne de curieuses dates pour Couperin (cf image ci-dessous), qui sont en fait celles de... D'Anglebert !


détail du verso du cd :
 

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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 0:35

Benedictus, in playlist, a écrit:

Organistes de cathédrales. Du Grand Siècle à l'orée des Lumières
Titelouze: Magnificat primi toni. Racquet: Fanataisie. Jullien: Livre d'orgue (extraits). Grigny: Ave Maris Stella. Du Mage: 1er Livre d'orgue
Frédéric Desenclos (orgue J. Boizard, 1714, de l'abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache)

Saint-Michel-en-Thiérache, IX.2006
Radio France «Tempéraments»


Superbe disque! Un bel instrument assez aéré, aux sonorités très franches, un peu frustes même (peut juste un tout petit peu réverbéré, et métallique dans certains registres, pour mon goût


Shocked Ne dis pas que tu découvrais cet instrument !?! qui est quand même un des plus enregistrés avec ceux de Saint-Pierre de Poitiers et de Saint-Maximin.
Oui, un joujou aux saveurs de terroir. David en raffole.


Benedictus, a écrit:

- au moins dans Titelouze, où je préfère le Dallam de Guimiliau).


Un autre instrument typé rustique -il faudra d'ailleurs que tu finisses par te procurer le subjuguant Gibbons-Tomkins enregistré par Hadrien Jourdan chez Syrius.


Benedictus, a écrit:

Une belle anthologie - avec un coup de cœur pour le magnifique contrepoint de la Fantaisie de Racquet


thumleft , une pièce envoûtante. On compte une vingtaine d'enregistrements au catalogue, mais pas tous disponibles. Essaie par exemple Latry à Saint-Antoine-l'Abbaye (RCA).


Benedictus, a écrit:

et pour la belle simplicité des pièces de Jullien; Grigny me laisse toujours la même impression: le contrepoint est magnifique, l'harmonie complexe, mais c'est souvent trop «majestueux» pour moi (gros son cuivré); j'ai moins aimé la volubilité de Du Mage.


Oui Jullien ça ne m'étonne pas que ça te plaise.
Grigny c'est plus chargé, façon gothique flamboyant.
Du Mage c'est le radieux crépuscule du répertoire classique, avec Clérambault et Marchand.
Le célèbre disque de Chapuis à Poitiers transforme cette révérence en feu d'artifice, mais je doute que ça te plaise -d'autant que les tuyaux sont captés de très près.

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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 0:39

Shocked Faut pas inclure Marchand avec les crépusculaires DuMage et Clérambault. Shit
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 0:48

Surprised Oui certes Marchand est né quelques années avant et vécut moins vieux (c'est un quasi-contemporain de François Couperin, à un an près).
Je le rattache néanmoins volontiers par le style aux pyrotechnies du dernier classicisme

Conseil pour Benedictus : pour Clérambault, le Tribuot (1699) de Seurre, aux lueurs amaties et néanmoins savoureusement timbrées, te conviendrait bien (voir Vernet chez Ligia).
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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 1:05

Non mélo. Sa musique en général est beaucoup plus près des Couperin et Grigny que des DuMage et surtout Clérambault. Son seul Quatuor
mérite le parnasse, rien à voir avec l'italianisme de Clérambault et ses quoui-quouis.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 1:13

plenum a écrit:

Non mélo.


A défaut de courtoisie, tu pourrais éventuellement tolérer mon avis. Enfin, je dis ça je dis rien.

Je suis peut-être trop influencé par des enregistrements trop flamboyants que j'ai pu entendre.

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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 1:17

Je ne sais pas, mais plusieurs de ses pièces sont trop en plein Louis XIV pour le classer dans les crépusculaires Louis Quinzième... Wink

Le seul italianisme que l'on pourrait si on force la donne associer avec Marchand, est son Fond d'orgue qui est unique dans la musique
française, d'un chromatisme si avancé, au point que ça évoque non pas un Corelli, mais un Frescobaldi! A un point tel d'ailleur que Dufourc
lui-même pendant un certain temps, hésitait à reconnaître la paternité de cette pièce à ce très Louis Quatorzième compostieur. Wink

Rééd: Ah j'oubliais, DuMage fut d'ailleurs un des élèves de Marchand. salut
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 15 Juin 2016 - 22:49

Ah oui, Marchand, ce n'est pas du tout italianisant comme Clérambault, on sent bien que la période stylistique de formation et d'exercice, malgré leurs âges proches, n'est pas tout à fait la même… (c'est pour ça que c'est meilleur, avant que tout ne soit corrompu par les Italiens sous Louis XV et par les Teutons sous Marie-Antoinette !)
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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Jeu 16 Juin 2016 - 21:26

Oui David et d'ailleurs, écoutons ces pièces pour clavecin et nous constaterons que ça se rapproche davantage d'un Chambonnière.

Enfin, son fameux grand dialogue en Ut, un des chef-d'oeuvres de l'orgue français, n'est que pur Louis Quatorzien, les éclats de soleil.

La seule différence dans sa musique d'orgue de celles de Couperin et Grigny, est que Marchand n'a pas utilisé le plein-chant contrairement
à ses deux pairs.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Jeu 16 Juin 2016 - 23:41

plenum a écrit:
Enfin, son fameux grand dialogue en Ut, un des chef-d'oeuvres de l'orgue français, n'est que pur Louis Quatorzien, les éclats de soleil.

C'est du Couperin tout craché, effectivement (en encore plus louis-quatorzien, avec des harmonies peut-être un peu moins sophistiquées). Effectivement, je mets ça dans la même vasque que Grigny.
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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Ven 17 Juin 2016 - 1:19

Wink Mais son grand dialogue en Ut, c'est royal comme atmosphère, alors que Grigny, c'est ecclésiastique. Very Happy
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Jeu 8 Déc 2016 - 0:32

Neutral J'attendais beaucoup de ce disque, hélas la déception s'avère cuisante.
Principal grief : l'ample prise de son enfle la réverbération.
Certes la taille et la forme de la chapelle ne facilitent pas les tâche des micros, mais le récital de Chapuis chez Plenum Vox (1999) se montrait un peu mieux capté en termes de précision et cohésion.
Le présent enregistrement gomme les plans (et donc annihile les effets d'écho qui sont un des ressorts de ces pièces), et noie les lignes dans une épaisse bouillie.
Moins que la perception lointaine, c'est la propagation sonore qui pose problème : la réflexion perturbe la localisation et restitue une image trop enflée, globale et diffuse. Les attaques perdent leur clarté, le toucher (et le relâché des touches) s'asphyxie à cause d'extinctions trop résilientes.
Même les timbres y perdent leur caractère, notamment le cromorne et le cornet insuffisamment différenciés (alors que la partition les établit comme principaux narrateurs). Presque l'antithèse de la version de Bardon à Saint-Maximin, qui offre un contact charnel avec les tuyaux.

A cela s'ajoute une interprétation qui ne fait qu'aggraver cette confusion, et pourtant l'organiste connaît les lieux. Retards, suspensions, emports qui laissent surnager des phrases démembrées. Or la rhétorique de ces Noëls repose sur des airs ornementés, que reste-t-il si on ne perçoit même plus la mélodie, dépenaillée et noyée dans un brouet de roucoulades ?
Seuls les pièces lentes réchappent au massacre, par exemple le début du IX°. Mais les variations sombrent ensuite dans un tricotage totalement inintelligible, où l'organiste semble même parfois ne plus savoir où elle en est, tant le galbe et l'équilibre apparaissent malmenés.
La fougue de l'interprète, son sens de la projection, auraient pu nous offrir une lecture incisive de ces pages. A l'instar du mordant du dernier Noël, vraiment intéressant, -que ne le joue-t-on toujours sur un tempo aussi ingambe ?! Mais dans cette acoustique cauchemardesque, ces audaces achèvent de ruiner le projet.
Projet qui à la base me semblait bien hasardeux voire fallacieux : la réputation du lieu peut attirer le néophyte, mais comment son acoustique ne contrecarrerait-elle les exigences de précision que requièrent ces pages parmi les plus volubiles du répertoire classique ?! Le danger était prévisible, et aurait dû proscrire d'y graver les enluminures de Daquin.
D'ailleurs, au-delà de la lisibilité, se pose la question du style : ces oeuvres populaires s'accommodent moins d'une solennité grandiloquente que de la candeur rustique. Parmi les instruments famés (et disposant de claviers d'écho et récit), celui de Saint-Michel-en-Thiérache reste un des mieux propices.
En tout cas, je ne saurais trop vous conseiller d'éviter ce CD, qui m'a agacé, dès le début et souvent au-delà du supportable.



Mélomaniac, in playlist le 04 12, a écrit:

Louis Claude Daquin (1694-1772) :

Nouveau Livre de Noëls

= Marina Tchebourkina, orgue Clicquot-Boisseau-Cattiaux de la Chapelle royale du Château de Versailles

(Natives, juin 2004)

Mad Plus qu'une déception, l'écoute m'a intensément agacé.
En cause, et le risque était prévisible : une acoustique beaucoup trop ample, par nature incapable de ciseler la fine et agile mécanique de ces vignettes de crèche, qui s'effondrent ici sous des tonnes de vernis.
La prise de son, l'interprétation ajoutent à la confusion, jusqu'au naufrage.




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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Ven 9 Déc 2016 - 0:17

Je n'ai pas écouté ce volume (Daquin n'est pas du tout mon cœur de répertoire comme toi, je m'impatiente après une poignée de noëls), mais pour tout le reste de la collection, en partie sur le même instrument, je trouve ça assez exceptionnel d'engagement, avec effectivement beaucoup de fantaisie, de vivacité, voire de surcharge, mais quelles orgues, quelle ardeur, et aussi quel beau sens du style !

Je n'ai pas du tout senti cette gêne de flou, même si je me figure que ce doit être moins propice pour des pièces plus dépouillées et directe comme les Daquin.

(Effectivement, on ne fait pas mieux que Thiérache… D'ailleurs si quelqu'un sait comment aller l'entendre – je n'ose dire le jouer… –, j'ai l'impression qu'il n'y a rien en dehors d'un petit festival aux dates et horaires assez inacessibles pour moi, et pas passionnant de toute façon. Je trouve incroyable qu'il n'y ait pas une véritable saison d'orgue, et je n'en trouve pas trace !)
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Ven 9 Déc 2016 - 19:15

Je suis d'accord avec Mélo. En écoutant son album de la Messe de Gaspard Corrette, c'est l'énervement assez vite. Son jeu est trop égal,
alors que ces pièces françaises doivent être jouées avec un jeu plutôt inégal. Ses tempos sont aussi souvent trop rapides. Aussi, elle a tendance à jouer un peu trop lié.  Elle est beaucoup mieux dans la musique ultérieure au Baroque.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 11 Déc 2016 - 23:13

J'ai dû écouter à peu près tous les disques de la collection (aussi bien les français baroques les russes du XXe), sauf ceux que vous citez !

Mais l'égalité, dont je souffre toujours (et en particulier chez Bach, où elle n'est pas censée poser de problème), ne me paraît pas du tout frappante dans ses Grigny et Couperin. C'est plutôt l'exubérance et la générosité, le trop-plein quelquefois, qui frappent. Et avec un beau sens du style dans les agréments nombreux, justement.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Sam 4 Mar 2017 - 16:17


Smile Évoqués dans ma récente playlist, voilà trois enregistrements qu'on peut considérer comme référentiels.
Enfin, pour Du Mage on n'oubliera pas le décapant témoignage de Michel Chapuis à Saint-Pierre de Poitiers (Astrée).



Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Louis Couperin (1626-1661) :

Sélection de Fugues et Fantaisies

= Davitt Moroney, orgue Boizart de l'abbaye de Saint-Michel en Thiérache

(Tempéraments, juin 1995)

Smile Tiré du second disque d'un coffret qui contribua alors à faire sortir du boisseau l'oeuvre pour clavier de l'oncle Louis,
qui était confinée dans la confidentialité.
Le langage sophistiqué des ces petits bijoux d'éloquence Grand Siècle résonne avec une certaine âcreté sur cet instrument accordé au tempérament Chaumont.



Le célèbre orgue Boizart (1714)  de l'abbaye :
 




Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Prytanée National Militaire de La Flèche (France, -Sarthe) :
 


Pierre Du Mage (1674-1751) :

Suite du premier ton

= David Ponsford, orgue Levasseur/Dangeville du Prytanée National Militaire de La Flèche

(Nimbus, juillet 2012)

Smile Il nous reste hélas bien peu de choses de ce compositeur qui abandonna précocément la carrière d'organiste alors que la noblesse et l'érudition de son style promettaient tant.
Interprétation très probe sur un des instruments habitués de ce répertoire.
Au clavier mais aussi en chaire, le Dr David Ponsford est un spécialiste du clavier français de l'époque.






Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Sarlat (France, Dordogne -à gauche l'arrière de la Cathédrale)


André Raison (1650-1719) :

Messe du premier ton
Messe du deuziesme ton


= Serge Schoonbroodt, orgue Lépine de la Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat


(Tempéraments, septembre 2005)

Smile En cette fin de XVII° siècle, alors que fleurissent les contributions de Nivers, Gigault ou Boyvin, Raison semble vouloir faire oeuvre de pédagogue : « mon dessein a été de travailler pour ceux qui n'ont qu'une science médiocre » avoue-t-il dans sa préface du second Livre.
L'absence de citation de plain-chant (alors que Couperin et Grigny...) trahit peut-être une ambition moins sacralisée. Les pièces s'animent des rythmes de danse dans l'air du temps mais pour autant les formes anciennes (plein jeu, duo, trio, grand jeu...) sont respectées. Et en tout cas, Raison a l'intuition des tournures qui captivent l'oreille (le Duo cromorne/trompette de l'Agnus Dei du premier ton !)
Très bonne interprétation de ces deux messes tirées du premier Livre. Au regard des capacités de l'instrument (doté de prestant 4' et trompette à chacun des deux claviers principaux, et d'une trompette au Récit), et dans la mesure où il restait bien de la place sur le disque, on peut regretter que Schoonbroodt n'ait aussi enregistré l'Offerte Vive le Roy des Parisiens, pièce la plus célèbre du compositeur qui l'écrivit à l'occasion d'une action de grâce de Louis XIV juste remis d'une opération de la fistule.



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 6 Mar 2017 - 11:48

Oui, pour Pierre du Mage, Ponsford est un pis-aller quand on a la possibilité d'entendre Chapuis (qui claque extraordinairement). La registration, déjà – même à La Flèche, que ça sonne germanique, avec des registrations assez blanchâtres qu'on utilise plutôt pour Bach. Néanmoins, très correctement phrasé, on passe à côté de la majesté mais pas de l'essence des œuvres.

Il faut dire que le legs est plutôt sinistré… Tout ce que j'ai, c'est Gustafsson (Swedish Society), qui joue ça sur le Magnusson de Marie-Madeleine à Stockholm, pourtant de facture française. Phrasés réguliers, épais, timbres exsangues, ça ne fonctionne pas du tout. Et puis Pascale Rouet (Triton) sur le Formentelli de Mouzon… ce n'est pas mal, mais je suis gêné par le fait que ses registrations occultent des parties importantes du spectre, parfois des lignes entières – pourtant, il n'y a quasiment pas de pédalier dans ce Livre d'orgue, donc moins de plans à équilibrer.

Chapuis est le seul à mettre en valeur les dialogues (pourtant notés) entre claviers de la dernière pièce, par exemple. Et puis avec lui, c'est ample, ça crie, c'est de la musique contemporaine. I love you
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 6 Mar 2017 - 12:08


J'aime beaucoup la version Chapelet et à l'orgue de Bordeaux.

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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 6 Mar 2017 - 13:01

plenum a écrit:

J'aime beaucoup la version Chapelet et à l'orgue de Bordeaux.


C'est pas l'album de l'inauguration de 97 ? Il y a toute la Suite ? Il me semblait qu'il n'y avait que des extraits…

Flûte alors, je suis passé à côté, Chapelet-Saint-Croix, difficile de demander mieux. Surprised
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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 6 Mar 2017 - 22:30

Oui c'est vrai que Chapelet en joue 9 sur 15 de la Suite et c'est bien dommage, mais pour ces neuf pièces à l'orgue de Bordeaux,
ça mérite l'écoute. Remarques que la Suite intégralement jouée par Chapuis, mérite également l'écoute, d'autant plus que c'est
à l'orgue que je préfère.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mar 7 Mar 2017 - 0:58

Plenum a écrit:

Chapelet en joue 9 sur 15 de la Suite et c'est bien dommage


scratch Hein ?
Tu as déjà entendu 15 pièces de Du Mage ?
On a retrouvé le Second Livre ?



DavidLeMarrec a écrit:

Oui, pour Pierre du Mage, Ponsford est un pis-aller quand on a la possibilité d'entendre Chapuis (qui claque extraordinairement).

Il faut dire que le legs est plutôt sinistré…



Smile Ce qui est surtout sinistré c'est l'état de la discographie disponible, car ce Livre de Du Mage a été souvent enregistré.
Outre les piécettes qu'on trouve éparpillées sur divers disques récitals, voilà quelques gravures intégrales (liste non exhaustive) :

Christine Gall (à Sarlat, chez le label Coriolan)
Jean-Christophe Geiser à la Cathédrale de Lausanne : https://www.amazon.fr/Various-Lorgue-%C3%A0-4-visages/dp/B000243EG6
François Espinasse à Saint-Pons-de-Thomière : https://www.amazon.fr/rambault-Mage-Marchand-Espinasse-1997-01-01/dp/B01KAQYY8W
Jean-Charles Ablitzer à Vinça (en complément des Couvents de Couperin), chez Harmonic records
Hans Jürgen Scholze à la Hofkirche de Dresde : https://www.amazon.fr/Orgelkonzert-Hofkirche-Dresden-Hans-J%C3%BCrgen-Scholze/dp/B000028AEK

Plus facilement trouvable :

Pierre Bardon à Saint-Maximin : https://www.amazon.fr/DAndrieu-Livre-DOrgue-Guilain-Suite/dp/B000CEZLZI

Very Happy Et j'ai gardé le meilleur pour la fin, car on sait que tu raffoles du Boizard de Saint-Michel-en-Thiérache :

Frédéric Desenclos : https://www.amazon.fr/Organistes-Cath%C3%A9drales-Grand-Si%C3%A8cle-Lumi%C3%A8res/dp/B000VX1QKY

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plenum
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mar 7 Mar 2017 - 1:03

Mélomaniac a écrit:
Plenum a écrit:

Chapelet en joue 9 sur 15 de la Suite et c'est bien dommage


scratch Hein ?
Tu as déjà entendu 15 pièces de Du Mage ?
On a retrouvé le Second Livre ?

hehe Je voulais le faire réagir, mais ça n'a pas marché.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mar 7 Mar 2017 - 1:05


Smile Je réserve un jugement approfondi à une réécoute ultérieure, voici mes impressions à chaud.
Et signalons Marie-Claudine Touyère a aussi enregistré les Hymnes, -pas encore écouté, ça ne saurait tarder, même si compte tenu de son interprétation de la Messe j'ai quelques préventions à entendre dénaturés leur relatif intimisme.
Car pour la Messe, voici une lecture d'apparat aux antipodes du magnétique spiritisme d'Isoir à Saint-Pierre de Poitiers (chez Calliope).
Et un antidote à la grisaille de Marie-Claire Alain (Erato), elle-aussi à Poitiers mais dans une approche que je trouve exsangue.



Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Nicolas de Grigny (1672-1703) :

Messe Cunctipotens Genitor Deus

= Marie-Claudine Touyère, orgue Formentelli de l'église Saint-François-de-Sales de Genève

(Gallo, avril 2001)

Smile Je découvre à la fois cet instrument (neuf : construit en 1989, d'esthétique post-classique français, inspiré par Dom Bedos ; 50 jeux sur 4 claviers) et cette interprétation.
Ce qui relativise mon avis, de prime abord assez mitigé.
Déjà je trouve claire la tonalité d'ensemble, malgré un diapason annoncé à 395 Hz.
Et les anches ont tendance à trop saillir dans les mélanges, dès le premier Kyrie en taille.
Enfin, c'est plutôt l'exécution qui me pose problème, en semblant aborder cette messe sous l'angle de la virtuosité et du brio au détriment de sa profondeur.
Pour prendre quelques célèbres points de repère,
les élans lyriques du Récit de tierce en taille deviennent des exercices plus superficiellement jaculatoires qu'authentiquement fervents (et la registration velue suggère insuffisamment les effets de lumière échappée de l'ombre),
le Dialogue conclusif du Gloria (amorcé dans un réjouissant désordre, non hors de propos pour une page aussi éclatante) est joué très carré, sans la souplesse propulsive qu'y inculquent un Coudurier (à Cintegabelle, BNL) ou un Chapuis (à Belfort, Astrée),
la Communion se transforme en conversation galante entre cromorne et cornet.
Globalement, je trouve que l'inspiration reste étanche au pouvoir d'émotion qui doit sourdre de la densité-même du texte.
Les phrasés paraissent un peu instables, les plans du discours (parmi les plus riches de ce répertoire) pas toujours bien hiérarchisés -la faconde prenant l'ascendant sur l'équilibre des rapports polyphoniques.
Bref, tout ça me semble parfois un peu... extérieur, voire hétéroclite.
Une fois admises ces licences, il nous reste quand même de quoi se régaler (pas vraiment le but de l'oeuvre, mais bon...), par exemple la suavité des flûtes dans l'Élévation.
Ou alors la construction de l'Offertoire, où l'interprète réussit une formidable mise en tension (presque enivrée) qui progressivement culmine dans une conclusion époustouflante, chapeau !
La console richement dotée en anches (dont plusieurs trompettes au GO et pédale de bombarde 16') concourt au spectacle, même si à mon sens les 8' pourraient suffire.

En regard d'un tel chef d'oeuvre, la discographie de Grigny reste bien trop pauvre pour qu'on puisse en récuser les contributions.
Cette version ostentatoire apporte sa pierre, s'avère certainement séduisante pour qui veut découvrir ce monument, quitte à le rhabiller dans un Rococo un peu anachronique.
Enfin, c'est un premier et modeste avis, -disque à réentendre, ce dont j'ai quand même fort envie, aussi singulière soit cette interprétation.
Excellente prise de son, vaste et dynamique.
Et pour en apprendre davantage sur l'orgue : http://www.organforum.com/forums/showthread.php?30003-classic-french-organ-in-geneva



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 13 Mar 2017 - 0:03


Smile Encore un jalon pour s'enivrer du Classicisme Grand Siècle à son apogée :


Mélomaniac, in playlist le 06 03 2017, a écrit:


Cathédrale Sainte-Marie d'Auch (France, -Gers) :
 



Jacques Boyvin (1653-1706) :

Suites des Premier, Second, Troisiesme & Quatriesme Tons

= Michel Chapuis, orgue Joyeuse/Muno de la Cathédrale d'Auch

(Plenum Vox, novembre 2004)

Smile Un Chapuis à son meilleur, un orgue robuste et coloré, une prise de son survitaminée :
voilà un double-abum très stimulant pour découvrir l'orgue classique français
(en l'occurrence dans les grandes largeurs puisque Chapuis a enregistré l'intégralité des deux Livres de Boyvin
-le second se trouve dans un autre volume chez le même label).



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Sam 8 Juil 2017 - 2:40

Smile Nouvelle parution chez Nimbus, dans la collection que le musicologue et organiste David Ponsford consacre au classicisme français :
la Messe et les Hymnes de Grigny, sur l'orgue de la Cathédrale de Sarlat.

https://www.amazon.fr/gp/product/B06XWBPVSJ

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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Sam 8 Juil 2017 - 18:02

Il y a aussi du Grigny à Sens, l'organiste est Anne Chapelin-Dubar, la qualité sonore est magnifique, c'est comme si votre salon se transforme en cathédrale, et l'interprétation est tonique, avec un irrésistible mouvement en avant.

https://www.aeolus-music.com/ae_fr/Instruments/Orgue/Sens-Cathedral-Saint-Etienne

Il n'y a pas beaucoup d'enregistrements sur cet orgue, qui est dommage parce que "Une grande partie des jeux du Positif et du Grand-Orgue sont anciens . . ."


https://france-orgue.fr/disque/index.php?zpg=dsq.fra.rch&org=&tit=&oeu=&ins=Sens&cdo=1&dvo=1&vno=1&cmd=Rechercher&edi=&nrow=0
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Sam 8 Juil 2017 - 18:06

Je mentionne aussi que j'ai récemment eu l'opportunité d'écouter le sensationnel Roberday de Claude Terasse. J'aime Roberday, surtout quand les fugues sont jouées par Wier ou Terasse!
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 19 Juil 2017 - 1:00

Mélomaniac a écrit:

Nicolas de Grigny (1672-1703) :

Messe Cunctipotens Genitor Deus

= Marie-Claudine Touyère, orgue Formentelli de l'église Saint-François-de-Sales de Genève

En regard d'un tel chef d'oeuvre, la discographie de Grigny reste bien trop pauvre pour qu'on puisse en récuser les contributions.

Oh, il y a tout de même Mikkelsen à Saint-Maximin qui règle assez la question pour moi ; et en sus la fureur de Tchebourkina en Thiérache. Aussi des versions très équilibrées de Vernet et Bardon, pour les Hymnes Lecaudey en Seurre… Ce n'est pas pléthorique comme les Couperin, certes, mais c'est tout de même vraiment pas mal, comparé à ce qui circule pour Du Mage ou Lebègue ou même Marchand…

Ce que tu dis de Touyère est très intriguant, mais je ne l'ai pas trouvé en flux (et pas sûr d'être prêt à l'acquérir). J'attendrai l'occasion et alors – oh ! simplement parce que c'est l'usage…
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 4 Sep 2017 - 23:53

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Église Notre-Dame-de-Guibray de Falaise (France, -Calvados)


Nicolas Lebègue (1631-1702) :

Suite du Ier ton

= Thierry Maeder, orgue Parisot de l'église Notre-Dame-de-Guibray de Falaise

(Pierre Vérany, juin 1996)

Smile Un instrument trop rarement enregistré.
Très beau disque, récompensé par un Diapason d'or à sa sortie.
Amplement mérité pour l'interprétation gouailleuse (mais digne !) des pièces du troisième Livre : étonnante souplesse rythmique, là où nombre d'exécutants restent perclus de rigidité.
Pour ce dimanche je m'en tiens à un programme plus sévère, tiré du premier Livre.
Mais écoutez par exemple comment Maeder fait danser la célèbre Simphonie sur le bémol fa qui ouvre le CD en fanfare. Quel rebond, quelle respiration !



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 19 Nov 2017 - 23:18


Smile Tiré d'un double-album qui propose aussi les quatre premiers Magnificat, enregistrés par Vernet à Aubervilliers.
Ces disques font partie d'une série de CD que le label Chamade consacra au patrimoine organistique d'Ile-de-France
(thésaurisez-les, ils s'arrachent à prix de collection).



Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Blason de la commune de Rozay-en-Brie
(France, Seine-et-Marne)



Michel Corrette (1707-1795) :

Magnificat des V°-VIII° tons

= Olivier Vernet, orgue de l'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Rozay-en-Brie


(Chamade, 1999)

sunny Pour parachever cette journée ensoleillée, la partie organistique de ce programme dominical se voudra gaie et radieuse.
Pour commencer, ces quatre Magnificat sur les quatre tons les plus joyeux parmi les huit modes ecclésiastiques : do, fa, ré et sol majeurs.
Bien que publiés au début de la carrière du compositeur, les deux Livres de Corrette (1737, 1750) voient vaciller les derniers feux de notre répertoire classique.
Structure et formes demeurent. Mais la tradition ennoblie depuis Titelouze, Nivers et Lebègue se prête ici d'un art à la mode du siècle de Louis XV :
musettes, tambourin, dissonances théâtrales, pathos affectent un discours extériorisé, décoratif où fleurissent les tournures et appellation italiennes (affettuoso, gracioso...)

Selon la légende, Rozay-en-Brie tire son toponyme de la fleur que le Comte Thibaut IV de Champagne ramena de ses campagnes d'Orient, au temps des croisades.
La devise de la ville signe Rosa inter flores, et ses armoiries affichent D'argent à trois roses de gueules sur fond sablé bleu azur.
L'église (XII°-XIII° siècles) abrite un orgue partiellement attribué à Louis-Alexandre Clicquot (années 1720), dans un buffet ensuite menuisé par Estienne Charpy (1737).
Confiée en 1989 à la manufacture Cabourdin, la restauration fut menée jusqu'à une inauguration en avril 1996, sous les doigts de Michel Chapuis (disparu dimanche dernier).
L'instrument compte 26 jeux sur trois claviers (dont Récit avec seul Cornet) et pédalier. Près de la moitié de la tuyauterie reste historique.




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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 19 Nov 2017 - 23:20


Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco


Gaspard Corrette (1671-1733) :

Messe du VIII° ton

= René Saorgin, orgue Boisseau de la Cathédrale de Monaco

(Harmonia Mundi, juillet 1998)

Les travaux universitaires d'Yves Jaffres et Philippe Lescat permirent de mieux connaître la vie de ce compositeur dont on ne savait quasiment rien : on le disait né à Delft en 1671,
mais plus sûrement à Rouen, à l'époque seconde capitale de l'orgue. Corrette y officie en plusieurs églises (Saint-Herbland, Saint-Pierre, Saint-Denis...)
Il ne parvient pas à hériter du poste à la Cathédrale Notre-Dame quand celui-ci reste vacant en 1706 au décès de Jacques Boyvin, qui avait pourtant été son témoin de mariage six ans auparavant.
On perd sa trace en 1720 quand il quitte sa charge à l'église Saint-Jean, sinon qu'on sait qu'il s'éteint à Rouen en 1732.
A peine trente ans : le jeune musicien se fait connaître par une oeuvre unique, publiée à Paris en 1703 qui, alors que le règne du Roi Soleil commence son crépuscule,
tire la révérence de la glorieuse série des Messes d'orgue du classicisme -un genre qui sera d'ailleurs réactivé un demi-siècle plus tard dans le Troisième Livre (1756) de son fils Michel.
Cette Messe du VIII° Ton à l'usage des Dames religieuses recèle-t-elle des arguments qui la distingueraient d'un épigone (provincial et un peu naïf) de la Messe des Couvents de Couperin, qui venait de paraître ?
Identique sol majeur radieux, semblable ordonnancement... Observons toutefois le pragmatisme du Normand, qui accompagne son édition par une série de conseils pratiques,
concernant la registration, le toucher, l'ornementation (une table d'agréments)...
Autre sollicitude : il permet à son oeuvre de s'adapter à la durée de la cérémonie liturgique,
en inscrivant sur la partition de petites étoiles qui indiquent les endroits qu'on peut abréger « quand la pièce est trop longue ».
Selon la circonstance d'exécution, la postface de l'ouvrage prévoit deux alternatives pour le Propre :
une Basse de trompette ou de cromorne en sus du Trio pour le Graduel ; et un Fond en sus du Cromorne en taille pour l'Elévation.

Concernant la valeur artistique de cette oeuvre, le musicographe Norbert Dufourcq, spécialiste du sujet, juge que « la partition de Corrette n'atteint le niveau ni de celle de Grigny ni de celles de Couperin.
C'est sans doute un élève de Boyvin qui parle, avec simplicité, élégance, et en utilisant tous les poncifs de l'heure ».
Dans un accès de clémence, André Pirro estime que « le tour sentimental et la nonchalance même de son style devaient être jugés par ses auditeurs comme des qualités.
Il atteint parfois à une sérénité soutenue, religieuse, au plus haut degré, et que ses contemporains français ont bien rarement connue ».

Aux claviers de la Cathédrale de Monaco dont il était alors titulaire depuis une quinzaine d'années, l'interprétation de René Saorgin déroule des lignes bien marquées,
mais pourrait-on souhaiter entendre une faconde plus éloquente dans le Trio à deux dessus, ou dans cette Basse de trompette qui manque un peu de tempérament ?
Le Dessus de tierce par accords, le Concert pour les flûtes (avec effets d'écho) ou le Récit tendre pour le nazard respirent ici avec une grâce qui me semble encore celle du Classicisme du XVII° Siècle,
non encore rafraîchie par l'esthétique galante du style Rocaille où triomphera le fils Michel.
Lors de l'enregistrement, l'orgue de 60 jeux était encore celui installé en 1976 par les ateliers Boisseau.
Malgré un clavier de Récit expressif d'esprit romantique, la facture est tout à fait adaptée au Grand Siècle.

Mr.Red C'était avant la rénovation de 2011...


...qui transforma le buffet en juke-box :
 



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 24 Déc 2017 - 0:01

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Église Saint Rémy de Dieppe (France, Seine Maritime)


Louis-Claude Daquin (1694 - 1772) :

Douze Noëls

= Christopher Herrick, orgue Parizot/Dupont de l'église Saint Rémy de Dieppe

(Hyperion, mars 1995)

Smile Je vous ai déjà souvent causé de cette version, mais je ne crois pas l'avoir réécoutée depuis que je suis sur le Forum.
Interprétation virtuose, foisonnante, très ornementée mais pourtant fluide,
sur un des plus prestigieux instruments de Normandie, armé d'une riche batterie d'anches jusqu'au seize pieds.
Pour l'intégrale des douze vignettes de Daquin, toujours parmi mes enregistrements préférés, auprès de Bardon à St Maximin.



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 4 Mar 2018 - 23:06

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Église Saint Martin de Seurre (France, Côte d'or)


Jehan Titelouze (1563-1633) :

Ad coenam
Veni Creator
Pange lingua
Ut queant
Ave Maris Stella
Conditor alme siderum


= Yves-G. Préfontaine, orgue Tribuot de l'église Saint Martin de Seurre


(Atma, mai 2007 - juin 2008)

Smile Titelouze, considéré comme un des pères fondateurs du répertoire classique français.
Remarquable interprétation, sur un instrument de 1699 (restauré par les ateliers Aubertin), entrecoupée par l'alternatim exécuté par Les Chantres du Roy.
Les six autres hymnes se trouvent aussi sur ce double album qui fait référence, au sein d'une discographie hélas fort pauvre,
longtemps dominée par le CD d'Ablitzer à Guimiliau (Harmonic Records), et que l'album de Robert Bates à Bolbec (chez Loft) vient d'enrichir d'une intégrale (avec les Magnificat).



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 5 Mar 2018 - 13:01

Mélomaniac a écrit:
Smile Nouvelle parution chez Nimbus, dans la collection que le musicologue et organiste David Ponsford consacre au classicisme français :
la Messe et les Hymnes de Grigny, sur l'orgue de la Cathédrale de Sarlat.

https://www.amazon.fr/gp/product/B06XWBPVSJ


J'adore le chant et le serpent dans la messe. En ce qui concerne David Ponseford, son style noble, transparent et pas trop vite m'a fait penser au Robertday de Gillian Weir.


Dernière édition par Mandryka le Lun 5 Mar 2018 - 13:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 5 Mar 2018 - 13:10

Mélomaniac a écrit:
Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Église Saint Martin de Seurre (France, Côte d'or)


Jehan Titelouze (1563-1633) :

Ad coenam
Veni Creator
Pange lingua
Ut queant
Ave Maris Stella
Conditor alme siderum


= Yves-G. Préfontaine, orgue Tribuot de l'église Saint Martin de Seurre


(Atma, mai 2007 - juin 2008)

Smile Titelouze, considéré comme un des pères fondateurs du répertoire classique français.
Remarquable interprétation, sur un instrument de 1699 (restauré par les ateliers Aubertin), entrecoupée par l'alternatim exécuté par Les Chantres du Roy.
Les six autres hymnes se trouvent aussi sur ce double album qui fait référence, au sein d'une discographie hélas fort pauvre,
longtemps dominée par le CD d'Ablitzer à Guimiliau (Harmonic Records), et que l'album de Robert Bates à Bolbec (chez Loft) vient d'enrichir d'une intégrale (avec les Magnificat).




Il y a aussi un intéressant intégral d'hymnes de Markus Goeke et un disque de Serge Schoonbrodt. Faut pas oublier aussi Xavier Daresse sur un 33 tours.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mer 30 Mai 2018 - 0:54

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède de Tarbes (France, Hautes-Pyrénées)


Jean-Baptiste Lully (1632-1687) :

Extraits de Rolland, Circé, Psyché, Atys, Acis et Galatée, Armide et Isis, arrangés en Suites du Ier et IIème tons

= Jean-Paul Lécot, orgue Delaunay de la Cathédrale de Tarbes

(Forlane, octobre 1993)

Smile On doit ces arrangements à Lécot lui-même, qui transcrivit aussi Rameau, Fr. Couperin ou Charpentier.
Il profite ici d'un enjôleur orgue pyrénéen, de 35 jeux sur trois claviers & pédalier en 8'.
Brio des anches en grands-jeux, fonds très expressifs (même si l'interprète tend à abuser des tremblants pour soutirer l'empathie).
Un récital qui impressionne, mais surtout qui touche au cœur.
L'autre partie du programme arrange d'autres célèbres airs lullystes en suites des cinquième et huitième tons (majeurs).



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 1 Juil 2018 - 23:06


Smile Une messe improvisée selon le schéma et le style classiques français,
jouée sur un instrument très rarement enregistré.
Un remarquable exercice de style, documenté dans le livret...
...qui omet d'avouer que certaines pages s'inspirent d'œuvres existantes.
Ainsi le début de la Basse de trompette : l'hommage vous rappellera certainement un des célèbres morceaux du répertoire !
 batman


Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Église Notre-Dame de Juvigny (France, Marne)


Freddy Eichelberger (1961-) :

Messe pour la Saint Michel

= Freddy Eichelberger, orgue Villers/Quoirin de l'église Notre-Dame de Juvigny-sur-Marne

(Alpha, octobre 2004)

Smile Une messe improvisée selon le schéma et le style classiques français,
jouée sur un instrument très rarement enregistré, qui remonte à 1663 mais connut de multiples altérations,
avant une restauration par les ateliers Quoirin au début des années 1990.
Il compte 29 jeux sur trois claviers + pédalier (flûte-trompette en huit pieds) en tirasse,
l'essentiel au GO où se trouve un archaïque flageolet 1' (rare dans le sens où ce type de jeux fut historiquement supplanté par le larigot).
On note aussi une moelleuse flûte d'Allemand 4' au Positif, qui situe cet orgue comme une transition entre la Renaissance tardive et le Grand Siècle,
ce que signale aussi le tempérament mésotonique.
Cette improvisation alterne avec des polyphonies tirées du Graduel diocésain de Poitiers, chantées par l'ensemble Ludus Modalis,
et soutenues par le serpent de Michel Godard -capté d'un peu près alors que l'orgue apparaît focalisé dans le fond de l'acoustique.
Image sonore au demeurant très naturelle, pour un remarquable projet de valorisation patrimoniale à travers la mémoire vivante :
« faire revivre ce que pouvait être un office religieux gallican au XVIIe siècle,
tâchant de nous couler dans le moule ordinaire de la pratique musicale quotidienne de l’époque » nous dit le livret.



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 9 Juil 2018 - 1:59

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Sarlat (France, Dordogne -à gauche l'arrière de la Cathédrale) :
 


Nicolas de Grigny (1672-1703) :

Messe Cunctipotens Genitor Deus

= David Ponsford, orgue Lépine de la Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat

(Nimbus, mai 2016)

Smile La notice nous explique qu'il reste peu de grands instruments de 16' datant de l'apogée du Classicisme.
Pour Couperin et Grigny, les orgues privilégiés au disque (Cathédrale de Poitiers, Saint Maximin la Sainte Baume...) s'avèrent souvent surdimensionnés
ou du moins postérieurs à l'écriture des œuvres.
Ma foi, c'est pourtant aussi le cas de celui de Sarlat (avec trompette au Grand clavier, mais aussi au Positif), construit en 1752 par un jeune facteur de vingt ans.
Cet enregistrement s'inscrit dans une anthologie du répertoire classique français entreprise par l'universitaire David Ponsford ;
ce volume 5 se consacre à l'aboutissement du Grand Siècle, au travers le génial Livre de Grigny.
Le copieux livret atteste que Ponsford maîtrise le fond du sujet, et son interprétation s'avère effectivement instruite et appliquée.
Mais ces phrasés très étudiés semblent à la longue précautionneux, au détriment de l'élan et de l'ivresse qui doivent rayonner de cette Messe.
Le sublime Récit de tierce en taille, le Dialogue de flûtes pour l'Élévation manquent d'émotion, faute de couleurs suffisamment incarnées, faute de séduction.
Les Basses de trompettes et les épisodes sur grands jeux apparaissent trop timides.
D'autant que la captation un peu cotonneuse n'optimise pas la lisibilité, et tasse par exemple les basses d'anche (préjudiciable au Dialogue du Gloria).
Au bilan, une version pudique et sobre, -trop édulcorée et sagement scolaire ?
Alternatim par les chantres de l'ensemble anglais L'École de Nivers, épaulés par le serpent de Philip Humphries.



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 9 Juil 2018 - 4:15

Assez d'accord avec toi sur Ponsford… c'est valeureux et exact, mais il n'y a pas la fougue de Tchebourkina ni la verve de Mikkelsen, par exemple.

(Sinon, Sarlat sonne tout de même moins large… Il y a bien sûr, moins monumental, Seurre ou Sainte-Croix, mais plus tardifs également… dur de trouver des orgues de la période concernée.)
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 9 Juil 2018 - 12:06

[quote="Mélomaniac"]
Mélomaniac, in playlist, a écrit:




.
Mais ces phrasés très étudiés semblent à la longue précautionneux, au détriment de l'élan et de l'ivresse qui doivent rayonner de cette Messe.
Le sublime Récit de tierce en taille, le Dialogue de flûtes pour l'Élévation manquent  d'émotion, faute de couleurs suffisamment incarnées, faute de séduction...


Ehhhh, je ne te comprends pas, c’est une messe, une cérémonie spirituelle, pas un divertissement ou un spectacle dans la cour de Louis XIV. Un peu de sobriété et d’introspection et de sérieux est tout à fait approprié.

De toute façon ce type d’interprétation, qui est plus sobre qu’épatante, est plus mon genre que l’inverse, à la longue.

Pour un Grigny plus “incarné” je viens d’acheter le disque de Sylvain Ciarovolo. Il y a une bonne revue de son Titelouze sur Amazon.fr,  j’ai pas arrivé à trouver le Titelouze à un prix que je peux me permettre, mais si c’est comme son Grigny, la revue est méritée.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 9 Juil 2018 - 21:46

Mandryka a écrit:

Ehhhh, je ne te comprends pas, c’est une messe, une cérémonie spirituelle, pas un divertissement ou un spectacle dans la cour de Louis XIV.
Un peu de sobriété et d’introspection et de sérieux est tout à fait approprié.



Smile Oui c'est sûr on n'est pas à la foire ni au bal, mais même dans l'église à cette époque la théâtralité et le faste ne sont jamais très loin en esprit.
Et de toute façon je préfère des interprétations à la fois claires et rythmées, comme Chapuis ou Coudurier.



DavidLeMarrec a écrit:

Assez d'accord avec toi sur Ponsford… c'est valeureux et exact, mais il n'y a pas la fougue de Tchebourkina ni la verve de Mikkelsen, par exemple.

(Sinon, Sarlat sonne tout de même moins large…

Smile La Cathédrale de Sarlat ne sonne pas étriqué, quand même.
A la Chapelle royale le volume acoustique, la réverbération sont problématiques.



DavidLeMarrec a écrit:

Il y a bien sûr, moins monumental, Seurre ou Sainte-Croix, mais plus tardifs également… dur de trouver des orgues de la période concernée.


Smile Le Dom Bedos/Quoirin de Sainte-Croix de Bordeaux moins monumental que le alla Clicquot de Versailles ?
En fait ils disposent du même nombre de jeux (une petite cinquantaine), mais à Bordeaux il s'agit d'un 16' en montre (8' à la Chapelle royale)
et plus richement doté en anches (deux trompettes au GO, bombarde manuelle & pédalier).

Le Tribuot de Seurre est exactement contemporain du Livre (1699) de Grigny !
C'est d'ailleurs là que Jean-Pierre Lecaudey a enregistré les Hymnes.
Mais je trouve que l'acoustique sonne un peu mate, surtout pour l'apparat de la Messe
qui nécessite ampleur et brio dans les plein jeux et les grands jeux (du moins à mon goût).



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Lun 9 Juil 2018 - 23:06

Mélomaniac a écrit:
La Cathédrale de Sarlat ne sonne pas étriqué, quand même.

Non, certes, mais pas démesurément monumental non plus, au disque en tout cas ça ne paraît pas (je l'ai vu, mais jamais entendu).


[quote]A la Chapelle royale le volume acoustique, la réverbération sont problématiques.[/color]

Je ne trouve pas, ni en vrai, ni au disque (ni spécifiquement dans les extraordinaires volumes de Tchebourkina). Pour les voix, partiellement, mais pour l'orgue, ça reste très net, pas de problème.


Citation :
Le Dom Bedos/Quoirin de Sainte-Croix de Bordeaux moins monumental que le alla Clicquot de Versailles ?

Ah non, je ne voulais surtout pas suggérer ça, le néo-Dom Bedos de Quoirin claque beaucoup plus ! Les jeux d'anche sont absolument telluriques…

En revanche, l'instrument est moins monumental que Saint-Maximin par exemple…


Citation :
Le Tribuot de Seurre est exactement contemporain du Livre (1699) de Grigny !

Ah, que voilà une belle intuition qui atteste de mon goût parfait. Cool


Citation :
C'est d'ailleurs là que Jean-Pierre Lecaudey a enregistré les Hymnes.
Mais je trouve que l'acoustique sonne un peu mate, surtout pour l'apparat de la Messe
qui nécessite ampleur et brio dans les plein jeux et les grands jeux (du moins à mon goût).

Oui, effectivement, a fortiori avec les phrasés peu théâtraux (remarquablement stylés cependant, ce n'est pas du tout un reproche) de Lecaudey. Une vision plus douce.

J'aime beaucoup – mais comme toi, mon mauvais goût me rend particulièrement vulnérable aux anches gouailleuses du type Dom Bedos.

--

(De toute façon, débat vain : il faudrait tout jouer sur le Boizard de Saint-Michel, même Widor et Messiaen, et ça règle le problème.
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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Mar 10 Juil 2018 - 21:18

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Cathédrale Notre-Dame de Rodez (France, -Aveyron)


Charles Racquet (1598-1664) :

Fantaisie sur Regina Coeli

= Frédéric Muñoz, orgue Joyeuse de la Cathédrale Notre-Dame de Rodez

(XCP, mai 1993)

Smile Tiré d'un magnifique disque consacré au répertoire français classique, des origines (Titelouze) jusque la révolution (Raison),
en passant par Louis Couperin, Jullien, Grigny et Gaspard Corette.
Et cette Fantaisie de Racquet (1636), une des pièces maîtresses du classicisme, bien qu'hélas fort peu enregistrée.
Le dépouillement de l'antienne mariale se déploie peu à peu avec une ivresse croissante, jusqu'à une conclusion jubilatoire.
Au sein de ce programme tout empreint de la magie du lieu et de l'instrument, propice à la contemplation poétique,
dans une vaste acoustique nimbée de mystère, Muñoz livre ici une interprétation grandiose et rayonnante.

Le superbe buffet en noyer d'Antoine Vernholles remonte à 1628 et demeure un des plus beaux du patrimoine national.
Dans cet écrin, Jean de Joyeuse reconstruisit l'instrument en 1676.
Après diverses altérations qui préservèrent heureusement une bonne part de l'historique tuyauterie,
une restauration fut entreprise au début des années 1980 par la maison Koenig et inaugurée en 1986.
Tempérament inégal, acidulé mais doux, diapason à 415, et un volume qui s'exprime en plénitude mais sans élever la voix.
La généreuse console comporte 47 jeux sur quatre claviers et pédalier (avec bombarde), dont un riche plan d'écho (avec petit plein jeu et voix humaine).
Le clavier principal inclut deux 16' (montre et bourdon), ainsi que deux trompettes (une autre encore au positif).
Outre cette large palette d'anches, c'est bien la quiétude quasi mystique qui signe la personnalité sonore de cet instrument très attachant.



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 22 Juil 2018 - 19:59

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Jacques Boyvin (1649-1706) :

Extraits des Suites des Tons I-IV

= Christophe Simon, orgue de l'église Notre-Dame de Carentan

(Pavane, septembre 1991)

Smile Première fois que j'écoute cet orgue depuis que je fréquente le Forum.
C'est pourtant un des fleurons du patrimoine (post)classique bas-normand, construit au tout début du XIX° par le Manceau Louis Lair
selon les techniques du siècle précédent (ce facteur était disciple de Parisot), et restauré dans cet esprit en 1990 par Boisseau & Cattiaux.
Trente-sept jeux, dont beaucoup d'anches : deux trompettes au grand clavier,
aussi une au Positif et une autre au Récit ; seulement en 8' de pédale mais avec ravalement !



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MessageSujet: Re: L'Orgue français sous l'Ancien Régime : discographie   Dim 30 Sep 2018 - 22:05

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Gaspard Corrette (1671-1732) :

Messe du VIII° ton

= René Saorgin, orgue Boisseau de la Cathédrale de Monaco

(Harmonia Mundi, juillet 1998)

Smile Treize ans après la Messe propre pour les Couvents de François Couperin, Gaspard Corrette publia en 1703 sa Messe du 8° ton [sol majeur] à l'usage des Dames religieuses,
qui constitue le dernier grand recueil de ce genre au temps de Louis XIV.
Aux claviers de la Cathédrale monégasque dont il était alors titulaire depuis une quinzaine d'années, René Saorgin déroule des lignes bien marquées,
mais pourrait-on souhaiter une faconde plus éloquente dans le Trio à deux dessus, ou dans cette Basse de trompette qui manque un peu de caractère?
Le Dessus de tierce par accords, le Concert pour les flûtes (avec effets d'écho) ou le Récit tendre pour le nazard respirent ici avec une grâce empesée.
Peut-être qu'un phrasé plus souple et nuancé y aurait fait percevoir les affects d'un langage rafraîchi qui anticipe parfois vers l'esthétique galante d'un style Rocaille.



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