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 BRITTEN : les OPERAS en VIDEO

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Mélomaniac
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MessageSujet: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Lun 26 Nov 2012 - 0:13

Quelques fils existent déjà sur Peter Grimes, Death in Venice ou le Midsummer Night's Dream.
Pas de fil généraliste sur les autres opéras.
En voici un, ciblé sur la vidéographie.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Lun 26 Nov 2012 - 0:36

Peter Pears (Vere)
Peter Glossop (Budd)
Michael Langdon (Claggart)
John Shirley-Quirk (Redburn)
Robert Tear, Benjamin Luxon, Nigel Rogers

= Charles Mackerras, London Symphony Orchestra

(BBC, 1966)



Je n'aime pas trop les opéras filmés en studio, mais je me suis quand même laissé tenter par cette entreprise, réalisée par la BBC en 1966, pour laquelle Britten condensa en deux Actes sa conception originale.

Noir et blanc bien restauré, images très propres, excellente prise de son qui valorise le relief de la direction de Mackerras, très suggestive.

Les effets visuels sont un peu datés (les nappes de brouillard par exemple) mais dans l'ensemble les images ne déçoivent pas, même si certains gros plans ne sont pas vraiment avantageux.
Costumes et accessoires appropriés au contexte de l'oeuvre (vers 1800), conventionnels décors pour évoquer le navire HMS Indomitable où se déroule toute l'intrigue : ces huis-clos se passent sur le pont, dans les quartiers d'équipage, dans la cabine du Capitaine.

Distribution de luxe, parfaitement idiomatique, prestation vocale globalement très satisfaisante, jusque dans les seconds rôles ; même un Nigel Rogers pour le Maintop ! Et comme Novice un Robert Tear viscéralement déchiré par le maléfique cerbère qui le pousse à suborner Billy. Bon trio d'officiers, parmi lesquels John Shirley-Quirk en lieutenant Redburn, même si leur importance ne dépasse guère la scène de la Cour Martiale dont ils s'acquittent avec la sévérité requise.
Michael Langdon a d'emblée le talent de se faire détester pour un Claggart physiquement très imposant, toujours prompt à user du chat à neuf queues, et qu'on ne saurait imaginer plus vil et haïssable.
Excellent Peter Pears, très bon acteur, particulièrement son dépit quand le Maître d'armes vient lui annoncer la trahison supposée de Budd. Le tourment du Capitaine Vere, partagé entre son idéalisme moral et la justice des hommes, est éloquemment rendu par son visage torturé lors du procès. On s'explique moins sa mine contente, contemplant l'horizon et y oubliant ses remords, lors de la pendaison finale illustrée par un intelligent effet quand au lieu de nous montrer le corps accroché au grand mât, les caméras surplombent en plongée les regards apitoyés des matelots.
Le héros est peut-être moins convaincant : succédant au svelte et charismatique Theodor Uppman qui en 1951 disposait de la silhouette de l'emploi, voici là un Peter Glossop peut-être déjà vieux pour le rôle principal, incarnant un Baby Budd replet, plus robuste et vaniteux que candide ou messianique. Plus de fragilité, d'ambiguité, n'auraient pas nui à cette composition qui ici ne parvient ni à m'émouvoir ni à révèler l'innocence sacrificielle du personnage.
Les figurants du Ambrosian Chorus n'ont pas toujours l'air motivé par les situations auxquelles ils doivent prendre part, quoique l'épisode du combat naval avec le vaisseau napoléonien vibre d'une communicative ardeur.
Ne manquerait qu'un surcroît de poids tragique, une scénographie plus travaillée et une figuration plus surveillée, qui auraient transcendé les conditions artificielles du studio, pour que le spectacle fasse oublier le petit écran et nous imprègne totalement.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Mar 18 Déc 2012 - 2:14

Je viens de regarder ce DVD.
Tourné en conditions studio à Snape Maltings pour la BBC, voilà un opéra antimilitariste que Britten écrivit sur une nouvelle de Henry James.
Un jeune homme pacifiste se refuse à embrasser la carrière militaire qui est de tradition chez ses ancêtres. Après un Acte I où l'étau psychologique se resserre sur Owen, dans le huis clos du manoir familial, l'Acte II verse dans le fantastique macabre : le héros va finalement périr mystérieusement dans une chambre hântée par la propre mort de son aïeul, vieux Colonel meurtier de son petit garçon qui avait refusé de se battre.
Un plateau de stars britanniques de l'époque (Harper, Luxon, Baker, Shirley-Quirk, Pears...) Odieuse galerie de personnages dont la Tante chantée par Sylvia Fisher, corsetée dans son austère robe victorienne, qui fait froid dans le dos par sa ire fanatique.
L'oeuvre fut télédiffusée en 1971, après que le compositeur, mécontent des premiers rushes, ait obtenu la réfection de certaines séquences.
Noué par des récitatifs capiteux, une orchestration constrictrice, des images glauques : climat asphyxiant et délétère, malgré les nobles ambitions qui nourrissent ce playdoyer.

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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Dim 30 Déc 2012 - 22:40

Mariefran, in Playlist, a écrit:
Britten, The Turn of the screw. Delunsch, Miller, McLaughlin, Schaer. Harding, mise en scène de Luc Bondy. On n'en sort pas indemne, à chaque fois le même malaise. Très fort, Britten !
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Mariefran
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Dim 30 Déc 2012 - 23:21



La gouvernante : Mireille Delunsch
Miles : Gregory Monk
Flora : Nazan Fikret
Mrs Grose : Hanna Schaer
Peter Quint : Marlin Miller
Miss Jessel : Marie McLaughlin

Mahler Chamber Orchestre dirigé par Daniel Harding
Mise en scène sobre de Luc Bondy


C'est un DVD superbe mais qui me met affreusement mal à l'aise. Un univers angoissant, de folie qui envahit peu à peu tous les personnages : il serait dommage de spoiler l'histoire pour ceux qui ne la connaîtraient pas… Mes souvenirs de la nouvelle d'Henry James sont trop lointains pour pouvoir juger l'adaptation. Un régal pour les psychanalystes. C'est vraiment un univers glauque, le monde de l'enfance - je devrais dire de l'innocence, bien sûr - est complètement perverti. Il y a dans cet opéra une violence psychologique parfois à la limite du soutenable, du moins pour moi.
La musique de Britten est sinistre comme l'histoire… On est asphyxié. J'aime beaucoup, évidemment.
Les interprètes sont tous épatants, belle direction d'acteurs, d'orchestre, Mireille Delunsch est magnifique, Miller et McLaughlin font vraiment peur. Les enfants sont très bons eux aussi. Franchement, il n'y a aucun point faible dans ce DVD. Reste à savoir si l'on est sensible à cette esthétique très glauque.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Dim 30 Déc 2012 - 23:30

Very Happy Merci MarieFran, justement je cherchais une vidéo de cet opéra, tu m'as donné envie de commander celle là.
Hop, dans le panier d'achat !

C'est pas du play-back au moins ?
C'est en live ou c'est filmé en studio ?
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Mariefran
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Dim 30 Déc 2012 - 23:53

Ce sont les représentations du Festival d'Aix en Provence de juillet 2001 mais on ne voit pas le public.
C'est très spécial quand même, je pense qu'il faut aimer Britten et son univers pour pouvoir entrer dedans. Mais puisque tu as ouvert ce fil, je suppose que c'est ton cas Very Happy
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Dim 30 Déc 2012 - 23:58

Mariefran a écrit:
Ce sont les représentations du Festival d'Aix en Provence de juillet 2001 mais on ne voit pas le public.
C'est très spécial quand même, je pense qu'il faut aimer Britten et son univers pour pouvoir entrer dedans. Mais puisque tu as ouvert ce fil, je suppose que c'est ton cas Very Happy

Merci de l'info
Beh oui.
Britten est un maître pour les huis-clos.
Dans le genre, Owen Wingrave est stressant aussi Confused
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Lun 31 Déc 2012 - 0:17

Mariefran a écrit:
Ce sont les représentations du Festival d'Aix en Provence de juillet 2001 mais on ne voit pas le public.
C'est très spécial quand même, je pense qu'il faut aimer Britten et son univers pour pouvoir entrer dedans. Mais puisque tu as ouvert ce fil, je suppose que c'est ton cas Very Happy
Pas forcément. De mon point de vue c'est d'assez loin la meilleure oeuvre scénique de Britten, aussi bien musicalement que dramatiquement. Ailleurs, je trouve toujours un petit quelque chose à redire, la sorte de réserve, d'absence d'évidence mélodique, la déclamation empruntée... mais dans cette oeuvre tout est vraiment parfait.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Dim 21 Avr 2013 - 23:14



Smile Je viens de visionner l'Acte I de cette production filmée à Glyndebourne en juin 2010.

Je réserve mon commentaire quand j'aurais vu l'Acte II, mais pour l'instant c'est une excellente surprise !
Très bien chanté, justesse des personnages, mise en scène sobre mais animée, et fidèle au contexte...
Comparativement, la version Mackerras de 1966 dont j'ai parlé ci-dessus risque de prendre un coup de vieux...
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hugo75
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Lun 22 Mai 2017 - 10:10

Mélomaniac a écrit:


Smile Je viens de visionner l'Acte I de cette production filmée à Glyndebourne en juin 2010.

Je réserve mon commentaire quand j'aurais vu l'Acte II, mais pour l'instant c'est une excellente surprise !
Très bien chanté, justesse des personnages, mise en scène sobre mais animée, et fidèle au contexte...
Comparativement, la version Mackerras de 1966 dont j'ai parlé ci-dessus risque de prendre un coup de vieux...

Je viens de l'acheter et c'est effectivement magnifique avec notamment un baryton au timbre splendide qui était pour moi un illustre inconnu : Jacques Imbrailo

J'ai vu qu'il avait chanté Pelléas en DVD mais dans une mise en scène assez décevante. Sinon, avez-vous d'autres idées d'enregistrements où on pourrait l'entendre?

Sinon, voici un court extrait de ce DVD qui permet de se faire une idée de la superbe mise en scène :

/watch?v=yQOVVWEa9ng
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Xavier
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Lun 22 Mai 2017 - 13:26

hugo75 a écrit:


J'ai vu qu'il avait chanté Pelléas en DVD mais dans une mise en scène assez décevante.

Ah, moi je la trouve très bien cette mise en scène de Lehnhoff.
Par contre Imbrailo n'a pas une diction parfaite et est limité dans l'aigü: un passage de la dernière scène du IV est même coupé pour le ménager...[/quote]
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Octavian
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MessageSujet: Re: BRITTEN : les OPERAS en VIDEO   Mar 3 Oct 2017 - 12:00

«The ceremony of innocence is drowned...» (Yeats, "The Second Coming")

Un petit tour d'horizon vidéographique du Tour d'écrou.




Jakub Hrůša / Jonathan Kent – FRA Musica

Captée en 2011, cette production estampillée Glyndebourne domine à mon avis très largement l'offre disponible en vidéo pour The Turn of the Screw.

Musicalement, c'est un sans-faute : aucune faiblesse ni du côté de la fosse ni du côté des voix (y compris des voix d'enfants, un des potentiels récifs de l'œuvre). La direction du chef tchèque Jakub Hrůša est captivante, faisant entendre les beautés de l’opéra, tant instrumentales que vocales, sans rien céder, bien au contraire, de son côté anxiogène et oppressant (pour le dire plus crûment : ce DVD me fout la flippe pale  ). Miah Persson incarne une gouvernante très "réaliste", dont on sent bien toutefois dès l'abord que sa normalité, pour ne pas dire sa banalité, est une pellicule recouvrant assez imparfaitement une tendance à l'exaltation qui pourrait vite se révéler toxique.

Quant à l'aspect visuel de la chose, Jonathan Kent démontre que l'on peut respecter le côté minimaliste et "bout d'ficelles" de l’opéra de chambre sans que cela soit forcément synonyme d'espace vide et d'absence d'idée. Transposant, sans que cela choque, décors et costumes dans les années 50 de la composition de l'œuvre, la scénographie tourne essentiellement autour d'une baie vitrée mobile qui figure selon les scènes une verrière, la surface de l'eau, etc. – et, si l'on veut suivre les explications du metteur en scène sur le plan symbolique, toute frontière entre deux mondes, dedans et dehors, conscient et inconscient, réalisme et fantastique... mais si vous n'êtes pas absolument convaincu par cet angle d'approche, ce n’est pas grave, ça fonctionne aussi très bien au premier degré.

Un seul regret pour ma part : qu'on ne trouve pas plus de production de ce calibre dans la vidéographie des autres opéras de Britten !




Richard Hickox / Katie Mitchell – Opus Arte

Ce (télé)film-opéra de la BBC Wales, tourné en 2004, se prévaut surtout de la présence de Mark Padmore dans le rôle de Quint, et de la direction musicale confié à Hickox, un habitué de Britten. Malheureusement, je ne trouve pas l'orchestre bien intéressant (ni bien joli), les enfants criaillent horriblement, et Lisa Milne en gouvernante est paradoxalement peu expressive vocalement alors même qu'elle en fait des caisses en termes de jeu (hystérie, évanouissement...). (Puisque je l'évoque, j'ajoute ici que le choix de faire "interpréter" de nombreux passages vocaux sans que Milne ne chante à l'écran, pour figurer les pensées du personnage, est par ailleurs, je trouve, assez déstabilisant.) Bref, côté interprétation musicale, on me semble loin d'une version idéale de l'œuvre, comme j'ai pu le lire ici ou là. Quant à la mise en scène et la réalisation de Katie Mitchell... disons que je l'ai connue depuis plus inspirée sur les tréteaux aixois (ses Alcina, Written on Skin et Pelléas et Mélisande qui sont tout ce que je connais d'elle en dehors de ce film).

Prenons un exemple emblématique. Sur la musique du prologue, le film s'ouvre sur une promenade en extérieur, filmée au ras du sol, fougères, matin brumeux, les enfants qui jouent au ralenti... et la découverte du cadavre de Quint. La première fois que je l'ai vu, j'ai plutôt bien aimé ce début, d'une part parce qu'il joue sur une atmosphère "gothique" qui m'est chère (et qui n'est évidemment pas déplacée ici), d'autre part parce que je peux assez facilement l'imaginer pointer vers une de mes propres hypothèses de lecture de l'œuvre, à savoir que ce sont les deux gamins qui ont zigouillé les précédents domestiques. hehe  Le hic, c'est que les mêmes images vont nous être resservies par la suite encore et encore et encore en inserts à travers le film, d'une façon qui, à supposer avec bienveillance qu’elle ne soit pas totalement gratuite, doit obéir à une logique qui m'échappe totalement... jusqu'à même venir refermer l'œuvre, avec en dernière image Miles toujours jouant dans son arbre.

La séquence est, hélas, symptomatique de l'ensemble. Les éclairages surlignent au stabilo les effets d' "atmosphère" (halos, floutages, toute la gamme) mais celle-ci est complètement détruite par les mouvements perpétuels, incessants travelings rapides, et inserts divers en veux-tu en voilà : flashbacks, vision de la mère morte, rêve érotique... Vite, vite, bouger, remplir, surtout que le spectateur ne s'ennuie pas ! Raté.




Daniel Harding / Luc Bondy – Bel Air

Je confesse d'entrée n'avoir pas subi pu apprécier l'entièreté de la chose, seulement les extraits trouvables sur Youtube (soit les deux apparitions de Quint et la scène finale). Je sais que Luc Bondy a ses fans et, si les choses n'ont pas changé, Mireille Delunsch carrément un autel votif dans les environs. Personnellement, je ne suis d'aucune des deux chapelles (surtout pas la première, en fait : souvenir particulièrement pénible d'une Seconde Surprise de l'amour aidant...), et ce n'est pas ce que j'en ai vu là qui me poussera à réviser mon jugement.

Si vocalement il n'y a rien de rédhibitoire dans ce que j’entends, la mise en scène (encore une fois, pour ce que j'en vois) semble entièrement déterminée par l'idée d'expliciter (lourdement) le possible implicite sexuel. On a donc Quint (Ian Bostridge) qui sort à moitié nu de dessous le lit du jeune Miles, se jette sur lui, le "prend" par derrière, plus tard se frotte lascivement contre l'enfant pendant qu'il chevauche son cheval à bascule, tandis que dans le final Delunsch en gouvernante le dévore du regard et lui lance tout en sautillant des "Did you steal my letter? Did you? Did you?" plus qu'aguicheurs, et complètement à contre-sens du livret, alors qu'on est censé être au climax (oui... je sais) de la tension de l’opéra.

Tant qu'à faire, à suivre cette piste, la production berlinoise Ivor Bolton / Claus Guth de 2014 (pour ce qu'on peut, là encore, en juger d'après la bande-annonce mise en ligne sur le compte YT du Staatsoper) avait l'air autrement plus "gratinée" mais aussi autrement plus riche dans son délire ! alors que "l'originalité" de Bondy en la matière semble à vue de nez se cantonner à faire de Quint un copié-collé de BOB de Twin Peaks.
Spoiler:
 

NB : également dans le registre de l’interprétation pédophile, on signalera aussi l'existence, "bizarrement" non rééditée en DVD mais toujours trouvable en intégralité (segmentée) sur le tube, de la version filmée par le Tchèque Petr Weigl en 82, avec des acteurs yougoslaves, pour la chaîne américaine PBS, sur la bande-son de l'enregistrement de Colin Davies. Un film qui commence par rajouter un prologue silencieux d'une bonne demi-douzaine de minutes, illustrant, dans une esthétique à la David Hamilton, à quel point Miles, Flora, Quint et Miss Jessel vivaient auparavant heureux dans leur petit quatuor érotique fusionnel et paradisiaque. Difficilement soutenable aujourd'hui. Confused
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