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 Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?

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vinclec
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MessageSujet: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 31 Jan 2013 - 14:29

"La musique classique est morte depuis Mahler (ou Chostakovitch)", "il n'y a plus aucun grand compositeur", "le contemporain c'est inaudible", etc.

ASSEZ !!!!!!!!!!!!!! Very Happy

Quels sont vos conseils CDs pour convaincre (ou se convaincre) que la musique classique et bel et bien vivante ?

Attention, on se limitera aux sorties CDs de créations du 21ème siècle (voir le fil XX ème siècle pour les enregistrements d'oeuvres antérieures à 2001).


Dernière édition par vinclec le Dim 3 Fév 2013 - 12:07, édité 2 fois
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 31 Jan 2013 - 14:36

J'ouvre les hostilités en commençant par une œuvre facile (ah ah ah), accessible, généreuse et qui a récemment fait débat sur ce même forum, la Symphonie Istambul de Fazil Say (d'où le ha ha ha), sortie en 2012 (composée en 2009). Voilà de quoi rassurer les plus réfractaires aux expérimentations atonales (dont je ne fais pas partie) : la musique "tonale" à programme existe encore, dans sa forme la plus traditionnelle. Qu'on y soit sensible ou pas.

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Le faiseur de reines
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 31 Jan 2013 - 22:16

Pas très convaincu par l'intérêt du fil… Mr.Red L'offre discographique (ou de versions enregistrées) pour les œuvres très contemporaines est loin d'être pléthorique* (et encore si elles sont enregistrées/ diffusées au disque, ce qui est loin d'être le cas pour tout ce qui a pu être écrit depuis 2000).

Et puis le disque n'est peut-être pas forcément le meilleur moyen pour découvrir les compositeurs récents — généralement trop récents pour que les maisons de disques prennent le risque de les enregistrer — ; youtube, les blogs/ sites de compositeurs, les émissions radios de musique contemporaine (ne pas se limiter à france musique), etc. (bref internet quoi !) sont une bien meilleure façon de se tenir au courant de ce qui peut se faire (hors concerts évidemment**) en musique aujourd'hui. Wink

Bref, ouvrir un fil, dans le sous-forum général, sur les compositeurs d'aujourd'hui/ de demain est bien plus pertinent.

* genre 1 disque par œuvre voire par compositeur hehe .
** enfin… internet est un bien meilleur outils que les concerts pour découvrir par exemple un compositeur bolivien ou javanais…
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 31 Jan 2013 - 22:37

Et bien si mon fil n'a aucun intérêt, tu n'as qu'à demander à un modérateur de le faire fermer. kiss

Spoiler:
 





Dernière édition par vinclec le Jeu 31 Jan 2013 - 22:53, édité 1 fois
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 31 Jan 2013 - 22:48

Ce message s'adresse aux discophiles qui n'ont pas la chance d'avoir internet à la maison et qui souhaitent malgré tout se frayer un chemin au travers des milliers de CDs (je dis bien des milliers) qui existent déjà en ce qui concerne les créations au 21ème siècle... Il s'adresse aussi à ceux qui, vivant loin de Paris, n'ont que rarement accès aux concerts de création. A ceux aussi qui écoutent France Musique (par exemple Alla Breve ou les Lundis de la Contemporaine) mais qui préfèreraient pouvoir réécouter à volonté de belles œuvres contemporaines dont bien souvent la première écoute ne permet pas de les apprécier. Sous une forme ronde avec un trou au milieu par exemple.

Partageons donc nos coups de cœur "21ème siècle" et contribuons à faire connaître quelques-uns des 550 compositeurs contemporains (ou plus ? voir par exemple http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_21st-century_classical_composers.)...

Voici par exemple quelques-uns de mes coups de foudre récents

Pour une belle création française de 2012



Pour une symphonie stupéfiante (2005) sur des textes de William Blake, par l'un des plus
grands compositeurs actuels, auteur d'un prodigieux concerto pour piano :



Pour une belle suite symphonique tiré d'un opéra contemporain (2007)



J'adore, c'est immense. Tout Adams est là, dans son prosaïsme et son lyrisme. Un grand génie. J'espère vous convaincre que vous aimeriez, comme moi, avoir un tel CD chez vous ou dans votre voiture, pour écouter à pleine puissance sur l'autoroute A1 qui permet de fuir la pourriture parisienne vers le grand nord.

Pour aller voir un peu plus au nord,, justement, du côté de ce grand génie qu'est Peteris Vasks,
dont la Symphonie Voices a fait date (1991) -- ainsi que son lyrique concerto pour violon Tālā Gaisma (1997)
voici sa presque toute neuve 3ème symphonie (2005)



Pour une expérience parisienne en quatre mouvements à la frontière entre le Jazz et le "Contemporain" (2012) :



Juste pour le plaisir de découvrir la première symphonie écrite au XXIème siècle (celui démarrant en 2001),
ou pourra jeter une oreille dans la cinquième symphonie de Takashi Yoshimatsu (si si, ça existe) composée en 2001.
Assez loufoque, avec tous les travers "japoniaiseux" possibles, et tant mieux !



Pour vous convaincre qu'il y a encore du boulot pour tous les débroussailleurs du Dimanche :



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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 14:51

Vinclec devrait être décoré pour avoir monté ce topic. Les raisons de cette opinion ? Boulez écrivait, il y a quelques décennies : « Tout musicien qui n’a pas ressenti la nécessité du langage dodécaphonique est inutile. Car toute son œuvre se place en deçà des nécessités de son époque ». Il fut une époque où je trouvais qu’il poussait le bouchon un peu loin. Aujourd’hui, je lui donne entièrement raison. Les mêmes raisons qui me font préférer un meuble design à une armoire bretonne.

J'ai dit, sur le topic consacré au compositeur, tout le bien que je pensais du CD récent de Yann Robin décrit ci-dessus. Je confirme.
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 15:54

Merci pour ces recommandations.

Quelques visuels que j'ai sous la main, CD 100% XXIème (ce qui est finalement assez rare).



http://www.qobuz.com/album/christophe-desjardins-ensemble-intercontemporain-susanna-malkki-manoury-fragments-pour-un-portrait-partita-i/9120010281495


http://www.amazon.fr/Siddharta-Mantovani/dp/B004GX921A


http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Pascal-Dusapin-Dusapin-7-solos-pour-orchestre/Classique/Orchestre-Philarmonique-de-Liege-Wallonie-Pascal-Rophe/Naive/default/fiche_produit/id_produit-0822189014902.html


http://www.amazon.fr/Concertos-21e-Mantovani-Schoeller-Amy/dp/B001NZA0J2


http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Daniel-Brel-Quatre-chemins-de-melancolie/Classique/Alpha/default/fiche_produit/id_produit-3760014195099.html

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Siegmund
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 16:04

Amusant cette Istanbul symphony, il y a un certain nombre de références. Du ... Ligeti par exemple.
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 17:28

Siegmund a écrit:
Amusant cette Istanbul symphony, il y a un certain nombre de références. Du ... Ligeti par exemple.

Dans le mouvement About the travellers to Anatolia departing from the Haydar Pasha train station ; on trouve énormément ce choses, dont le thème de L'Île des morts de Rachmaninov.
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 18:58

vinclec a écrit:


Pour une expérience parisienne en quatre mouvements à la frontière entre le Jazz et le "Contemporain" (2012) :




J'écoute en ce moment, c'est juste génial. Même si je ne comprend pas les titres des morceaux Laughing
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 21:17

Merci !!!!!!!!!!!! pour vos réponses enthousiastes et surtout pour vos conseils, je ne connaissais pas cette oeuvre de Dusapin (7 solos pour orchestres), dont j'adore les études pour piano (antérieures au 21ème siècle). Je vais aussi m'empresser de "tester" Bruno Mantovani, dont on entend souvent parler, mais dont je ne connais pas la musique (...et pour cause, il est plus facile de nous passer pour la millième fois une ouverture de Rossini, comme en ce moment même sur Radio ClassFric", que d'exporer des voix (et des voies) nouvelles !)

Siegmund a écrit:
vinclec a écrit:


Pour une expérience parisienne en quatre mouvements à la frontière entre le Jazz et le "Contemporain" (2012) :




J'écoute en ce moment, c'est juste génial. Même si je ne comprend pas les titres des morceaux Laughing

Oui, c'est assez "dadaïste"

P.S. : très intéressante, cette analyse de l'Istambul Symphony, je vais réécouter le mouvement en question
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 2 Fév 2013 - 21:20

Cocotier a écrit:
Vinclec devrait être décoré pour avoir monté ce topic.

mains

Cocotier a écrit:
.... me font préférer un meuble design à une armoire bretonne.

Donc si je te suis bien, Boulez est (était) un meuble design, et Wagner une armoire bretonne ? Mr.Red


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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 3 Fév 2013 - 7:20

vinclec a écrit:
Cocotier a écrit:
.... me font préférer un meuble design à une armoire bretonne.

Donc si je te suis bien, Boulez est (était) un meuble design, et Wagner une armoire bretonne ? Mr.Red

Là, je vais finir par avoir des ennuis avec la Direction...



vinclec a écrit:

Pour une expérience parisienne en quatre mouvements à la frontière entre le Jazz et le "Contemporain" (2012) :



Parmi les jazzmen actuels Emile Parisien m'impressionne beaucoup par ses impros très structurées et son immense culture musicale. Je l'ai vu récemment sur Mezzo et c'était impressionnant (de même que les musiciens qui l'accompagnaient, d'ailleurs...)
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 3 Fév 2013 - 12:12

cocotier a écrit:

Parmi les jazzmen actuels Emile Parisien m'impressionne beaucoup par ses impros très structurées et son immense culture musicale. Je l'ai vu récemment sur Mezzo et c'était impressionnant (de même que les musiciens qui l'accompagnaient, d'ailleurs...)

Et bien nous sommes déjà trois à l'aimer ici, d'après vos réponses ! Bien sûr c'est du Jazz, mais avec un background culturel (enraciné dans les musiques du XXème siècle) impressionnant. J'ai déjà eu l'occasion de le souligner dans le fil que j'ai ouvert au sujet de ce compositeur (au sens large du terme) : http://classik.forumactif.com/t6452-emile-parisien-1982-un-choc-musical
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Cello
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Mer 6 Fév 2013 - 9:57

vinclec a écrit:
... je ne connaissais pas cette oeuvre de Dusapin (7 solos pour orchestres)

Tu peux franchement y aller. Je ne connais que la moitié du cycle mais ce que j'en ai entendu est à la fois puissant comme une lame de fond et très mémorable. Cela dit, les premiers solos datent des années 90 Boulet
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vinclec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 8 Fév 2013 - 18:06

Pour une magnifique et étonnante œuvre de musique de chambre écrite au début du 21ème (terminée le 11 septembre 2001), je vous conseille le Trio avec piano numéro 2 de Mauricio Kagel (cet étonnant compositeur germano-argentin né en 1931 et mort en 2008).



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ferencfricsay
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Mar 26 Fév 2013 - 17:01

Bonjour,

J'ai acheté ce très beau disque de concerto pour tuba du XXIème siècle il y a quelques mois après une très bonne critique dans une revue spécialisée qui commence par un "C" et je ne me lasse pas du premier, celui de Högberg. Une très belle œuvre, pleine de "paysages" et avec de la matière mélodique. De plus, les possibilités expressives de l'instrument étonnent. Le second concerto du disque, celui du plus connu Sandström, n'est pas mal non plus.
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shushu
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 1 Mar 2013 - 12:37


Parfois en parcourant se forum, je me dis: l'excès de musique ne tuerait-elle pas la musique?
Parce que s'il faut se préoccuper de la créaton contemporaine en plus du reste, allô maman, bobo.
Chacun dans sa niche musicale.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 1 Mar 2013 - 12:39

Je ne comprends pas ce que tu veux dire: en quoi la création contemporaine est-elle "en plus du reste"...?
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 1 Mar 2013 - 14:03

shushu a écrit:

Parfois en parcourant se forum, je me dis: l'excès de musique ne tuerait-elle pas la musique?
Parce que s'il faut se préoccuper de la créaton contemporaine en plus du reste, allô maman, bobo.
Chacun dans sa niche musicale.
Arrête donc de te faire du mal. La musique contemporaine, c'est un peu comme les suppositoires : ça fait un peu mal la première fois mais on finit par s'y habituer...
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 30 Aoû 2015 - 1:35

quelques idées...

1. Les albums de Carter avec des œuvres récentes. Et en particulier :

(2000 à 2003)(2002 à 2009)
 
Carter (1908) fut très productif pendant ses dernières années. Son langage atteint alors un niveau de classicisme, de concision et d’expressivité qui tient du génie et touche au sublime. On y trouve notamment de nombreuses miniatures, autant de petits joyaux.

2. Quelques anciens en pleine forme :

(2002 + 1985)(2006 à 2010 + 1974/1996)(2007 à 2008 + 1971)
(2001 + 1992)(2005 à 2009)(2006 à 2010)
 
Birtwistle (1934), anglais. J’avais beaucoup aimé Theseus Game (2002). On pourrait également citer Tree of Strings pour quatuor à cordes (2007).
Boesmans (1937), belge. D’une esthétique encore liée au post-sérialisme et pourtant très syncrétique, avec même des pastiches dans les Chambres d’à côté (2010). On trouve également ses opéras Julie (2005), Yvonne (2009) et Au monde (2014).
Wuorinen (1938), américain. Le second quintette avec piano (2008) est à mon avis une des grandes œuvres de musique de chambre de Wuorinen. Style plutôt strict mais intensément expressif. Le premier quatuor à cordes de 1971, une très belle œuvre, offre une comparaison intéressante. Son opéra Brokeback Mountain (2012) se trouve également en dvd.
Dufourt (1943), français. Spectral de la première génération. Le cycle des Hivers comprend quatre œuvres de grande ampleur, très intenses et contemplatives ; j’aime moins la deuxième pièce, la seule qui date du vingtième siècle. Par contraste, les deux Tiepolo publiés à présent sont moins planants, plus agités, notamment par la présence d’un piano.
Ferneyhough (1943), anglais. Je veux parler du troisième cd de l’intégrale pour quatuor à cordes, avec les cinquième et sixième quatuors, ainsi que Dum transisset et Exordium. Ce sont des pièces plutôt accessibles dans l’œuvre de Ferneyhough.

3. Les années 1950. Probablement la génération la plus importante depuis celle des années 20, et la génération des synthèses.

(2001)(2002 à 2007)(2009)
(2008)(1999 à 2003)(2000 à 2009)
(2004 à 2008)(1998 à 2005)(2002)
 
Rihm (1952), allemand. Difficile de le présenter rapidement, je vous renvoie au fil consacré. J’ai choisi trois cd qui me paraissent essentiels (et variés), mais il y en a beaucoup d’autres avec des œuvres du vingt-et-unième siècle.
Abrahamsen (1952), danois. L’Abrahamsen post-2000, c’est un univers intimiste, poétique et un peu bruitiste, avec beaucoup de consonances. Schnee est sous-titré « dix canons pour neuf instruments ». On y trouve beaucoup d’éléments (post)minimalistes, y compris des boucles.
Hurel (1955), français. Hurel est l’un des compositeurs français les plus importants, de la deuxième génération spectrale. Son œuvre veut concilier le spectralisme avec une écriture contrapuntique, et donc aussi le retour à la pulsation qu’on trouve dans les dernières œuvres de Grisey. Les Loops, en particulier, sont constitués de boucles quasi adamsiennes.
Blank (1957), suisse. Compositeur qui mériterait à mon avis la notoriété de Jarrell. Son style est beaucoup moins post-spectral, et l’influence de Webern y est encore nettement perceptible. Le concerto pour piano (2009) est une œuvre sombre et très belle.
Czernowin (1957), israélienne. Plus ou moins dans la lignée de la New Complexity, mais dans un langage très bruitiste. Musique difficile, donc. En musique de chambre, le cycle Shifting Gravity (2008), qui alterne quatuor à cordes et autres formations, est à mon avis une très bonne porte d’entrée. Du côté de l’orchestre, a également été édité le cycle Maim (2001–2007).
Lindberg (1958), finlandais. Pour le concerto pour orchestre, dont j’avais parlé sur le fil ad hoc. Pourquoi pas aussi le cd avec le second concerto pour piano (2009 à 2012).
Matalon (1958), argentin. Je trouve que le style de Matalon fait très « intercontemporain 1990 », si l’expression parle à quelqu’un. Mais pour autant ça ne manque pas d’originalité, c’est tout sautillant, dansant, avec des échos de jazz voire de tango. Il existe également un cd qui couple Hurel et Matalon (2001 à 2010), et qui est à écouter.

4. Les années 1960 :

(2003 à 2010)(2009 à 2013)(2008)
(2003)(2001 à 2005)(2003 à 2007)
 
Fafchamps (1960), belge. Typiquement syncrétique à la sauce belge. Je n’ai mis le visuel que d’un, mais les deux albums avec les lettres soufies sont à écouter. L’autre comprend des œuvres écrites entre 2000 et 2006.
Ledoux (1960), belge. Les Notizen-Fragmente pour orgue et voix (2009/13) sont une très belle œuvre, et très libre. L’orgue doit beaucoup à Messiaen. Couplé avec une œuvre de J.-P. Deleuze de 2011.
Sotelo (1961), espagnol. De oscura llama est une œuvre radicalement originale, qui mêle le flamenco à un langage contemporain.
Romitelli (1963), italien. Sorte de Murail sous hallucinogènes revu à la sauce rock. J’en ai parlé un peu plus longuement sur son fil. An index of metals est sa dernière œuvre avant sa mort prématurée en 2004.
Andre (1964), franco-allemand. Lachenmannien jusque dans sa dimension existentialiste. Indicibles souffles, bruits fragiles.
Moultaka (1967), libanais. Influence de la musique arabe très sensible. On peut également écouter l’album Où en est la nuit, avec des œuvres écrites entre 2004 et 2013.

5. Années 70 et 80 :

(1999 à 2003)(2002 à 2007)(2012)
(2014)(2014)(2011 à 2013)
(1999 à 2008)(2008 à 2011)(2010)
 
Combier (1971), français. Ce cd est très bien, mais j’avoue ne pas savoir comment le décrire.
Mantovani (1974), français. D’autres en parlent probablement mieux que je ne pourrais le faire sur le fil consacré. Il existe beaucoup d’autres choses post-2000 en cd et en dvd.
Cendo (1975), français. Rokh est pour l’instant le cd de « musique saturée » qui m’ait le plus convaincu, mais si on aime on peut trouver d’autres choses chez Cendo, Bedrossian et Robin. Influence de Murail, Ferneyhough et Romitelli, entre autres, avec violence.
Kourliandski (1976), russe. Sur un fond lachenmannien radical, Kourliandski propose une « musique objective », des sculptures sonores sans progression temporelle. Paris (pour accordéon et clarinette contrebasse) est je pense l’œuvre que je préfère, mais il y a d’autres choses fort intéressantes chez Fancy Music et Col Legno.
Þorvaldsdóttir (1977), islandaise. Contemplatif, pratiquement néo mais gentiment (et poétiquement) bruitiste. Ambiances nordiques. Il existe également un cd chez Deutsche Grammophon. EDIT : et encore un autre chez Innova !
Norman (1979), américain. Moderne mais syncrétique, avec l’influence d’un certain mininalisme, et tirant parti de la puissance acoustique des intervalles consonants. Un joyeux bordel, au final, très pulsé.
Bertrand (1981), français. Hurélien. Voir le sujet que j’ai créé sur lui.
Glerup (1981), danois. Voyons voir... c’est plutôt violent, cette chose-là. Assez bien bruitiste également. Il y a quelque chose de typiquement danois/scandinave que je retrouve chez d’autres compositeurs, mais je ne saurais dire précisément quoi.
Dorokhov (1984), russe. Une radicalité qui repousse les limites de la musique. Hypnotisant.

6. Je n’ai cité aucun des coffrets Donaueschinger Musiktage (Col Legno puis Neos), mais on y trouve des choses essentielles.


Dernière édition par lucien le Sam 12 Sep 2015 - 1:38, édité 2 fois
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 30 Aoû 2015 - 14:24

...et quelques cd chez Kairos dont j’ai oublié de parler :

(2006 à 2009)(2005)(2004)(2004 à 2006)
EDIT. rapidement :

Cerha (1928), autrichien. Récemment, la reconnaissance de Cerha a dépassé celle d’un « Monsieur troisième acte », et plusieurs cd ont été enregistrés chez Kairos avec une grande partie d’œuvres récentes. Le langage reste grosso modo dans la lignée de Berg (avec influences varésiennes et ligetiennes).
Mitterer (1958), autrichien. Je reprends ce que j’avais écrit en playlist : gros bordel post-moderne bruyant sur fond post-spectral, avec aplats d’orgue, string piano, saturation des vents, cordes amplifiées, batterie et électronique mi-noise mi-IDM.
Staud (1974), autrichien encore. Beaucoup plus classique (dans le genre moderniste contemporain, hein, mais qui ne cherche pas le modernisme pour lui-même). C’est tellement minutieusement et parfaitement écrit que ça pourrait manquer d’un peu de tensions.
Poppe (1969), allemand. Voir mon message introductif ici. Mais attention, cette œuvre (scénique) est ce que je connais de plus barje chez lui, c’est très délirant et frénétique.


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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 30 Aoû 2015 - 16:49

Smile Admirable travail ! Merci, je note ça pour mes prochaines expéditions à risque.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 30 Aoû 2015 - 20:47

oh, ce n’est rien de plus qu’une petite sélection personnelle.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 3 Sep 2015 - 19:01

j’en oubliais un très important, dont j’avais un peu parlé ailleurs :


(2002)

Philippe Manoury (1952), première sonate pour piano. Je cite Benedictus en playlist : « Ce qui me frappe c’est cette capacité à produire d’emblée dans les genres les plus canoniques et beethovéniens un discours aussi dense et intégré, dans un cadre formel aussi maîtrisé. » Une très belle œuvre. Manoury a écrit un grand nombre d’œuvres essentielles après 2001, mais il n’y a presque rien au disque... d’ailleurs, dans ce cas au moins, le compositeur doit y être pour quelque chose, puisqu’il accorde le plus d’importance aux concerts.

par ailleurs, j’ai écouté aujourd’hui celui-ci, et l’ai beaucoup aimé :


(2010 à 2011)

Agata Zubel (1978), polonaise, est à la fois soprano et compositrice, chose rare. Beaucoup de ses œuvres sont donc vocales, et un certain nombre utilisent l’électronique. Je dirais que c’est une musique débridée voire extravagante, expressionniste, très rythmée, qui s’évanouit pourtant quelquefois pour laisser place à des moments suspendus. Très travaillé, notamment dans le rapport entre la voix et l’ensemble. Elle utilise beaucoup de techniques étendues/bruitistes, mais de façon modérée (ce n’est pas lachenmannien), bien intégrées au reste. Textes de Szymborska (traduit), Miłosz et Beckett. Au disque, en plus de plusieurs cd du festival de Varsovie et d’autres choses, on trouve au moins une autre monographie (« Cascando »), que j’ai écoutée également, et dont les œuvres datent probablement du vingt-et-unième siècle.


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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 3 Sep 2015 - 22:55

allez, encore un nouveau pour la route :


(2001 à 2011 + 1994/1997)

Jason Eckardt (1971), américain. « Jason Eckardt began as a heavy metal guitarist and turned to contemporary music after hearing Webern. His music is highly complex and retains the energy and intensity of his heavy metal roots. » Musique complexe et dense, une influence sensible de Carter ou de Babbitt également, il y a des techniques étendues dans Tongues surtout, mais au final aérée, et d’une évidence et d’une force incroyables. Avec une rythmique sure, un gout certain pour l’harmonie et les textures, c’est loin de sonner “expérimental”, en fait, c’est très organique et profondément expressif. J’avais écouté récemment un autre cd, chez Mode, avec des œuvres du vingtième siècle ; la majorité des œuvres de ce Tzadik datent du vingt-et-unième, excepté deux pièces plus courtes et aux formations plus réduites (solo et duo).
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 3 Sep 2015 - 23:20

une image d’archive. Mr. Green

Spoiler:
 

j’ai un peu réfléchi, mon premier à moi doit être un Pärt quelconque, et ça doit remonter à 2012.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 10 Sep 2015 - 22:51

Je me dis qu’il peut être intéressant de clarifier certaines choses, et ça peut être un endroit pour le faire (même si on est en discographie... au moins ça se perdra moins facilement). Dans mes messages précédents, j’ai utilisé plusieurs fois les termes spectral, post-spectral, lachenmannien et bruitiste. En fait, pour comprendre quelque chose de la musique “classique” occidentale (au moins en Europe) de la fin du vingtième siècle et du début du vingt-et-unième siècle, il est je pense nécessaire de prendre en compte deux phénomènes, deux innovations majeures. Je ne dis pas qu’il n’y a que ça, ni surtout que les mouvements précédents ne se prolongent pas, mais elles redéfinissent néanmoins le paysage musical de façon importante. Les deux apparaissent vers 1970. Elles s’opposent toute deux explicitement à la musique sérielle, ou post-sérielle — le dernier terme ne veut pas dire grand-chose, mais disons que je l’entends comme tout ce qui dérive du sérialisme, mais qui concrètement n’a plus grand-chose de sériel (et encore moins de dodécaphonique). Je dis ça, mais c’est parce que le sérialisme avait énormément d’importance à l’époque. En fait, on peut aller jusqu’à dire que ces deux nouvelles tendances s’opposent radicalement aux musiques tonale, modale, atonale ou sérielle prises ensemble. Elles amènent de nouvelles conceptions de la musique, et de nouvelles postures d’écoute.

La première tendance est la musique spectrale. Dit rapidement, le principe est d’utiliser comme briques élémentaires non plus les douze notes de la gamme tempérée, mais les harmoniques naturelles d’une unique note de base. On prend donc un son d’une certaine fréquence (plutôt un son grave, voire inaudible), et on en déduit ses harmoniques : le premier, dont la fréquence est deux fois plus rapide, est à distance d’une octave ; le second, dont la fréquence est trois fois plus rapide, est plus haut d’une quinte supplémentaire ; et on continue, les intervalles étant de plus en plus petits, et apparaissent donc rapidement des sons étrangers à la gamme pythagoricienne. Dans ce sens, la musique spectrale est plus tonale que le système tonal classique. Un exemple simple est le Prologue pour alto seul de Gérard Grisey (1976). Au début de la pièce, l’écriture établit un contraste entre une figure mélodique constituée de quelques harmoniques d’un mi très grave et une note étrangère, la pulsation irrégulière d’un si. Au fur et à mesure de la pièce, les harmoniques s’ajoutent les uns aux autres du plus grave au plus aigu, jusqu’au 72e, ce parcours étant sans cesse interrompu par le battement du si. Les composantes spectrales sont donc ici utilisées de façon purement horizontale (les sons sont prononcés l’un après l’autre), ce qui est finalement rare.

On peut bien sûr faire plein d’autres choses, et le domaine est extrêmement riche. Verticalement, l’étude des harmoniques peut permettre de créer des objets complexes où harmonique et timbre se confondent. On peut alors distinguer les sons harmoniques, dont les partiels sont à des fréquences multiples (par exemple une note pure), et inharmoniques, dont les partiels ne le sont pas (ces sons se rapprochent donc des bruits). À ses débuts, le spectralisme est très lié à la lenteur, en particulier chez Grisey. Les œuvres déploient de lentes transitions d’un état à l’autre (par exemple d’un timbre à une harmonie), calculées de façon minutieuse par interpolation. Chez Murail, l’intérêt est rapidement porté sur l’analyse de sons naturels de plus en plus complexes pour reproduire ou s’inspirer de leur composition (in)harmonique. Puis Grisey reviendra à la vitesse, Hurel au contrepoint, etc. Dernière chose : quand je dis post-spectral, j’entends des musiques qui utilisent des ressources et des acquis de l’école spectrale, mais pour les mêler à d’autres techniques, ou pour les utiliser autrement (c’est très vague, donc).

La musique spectrale a beaucoup évolué lors de sa courte histoire, et c’est difficile d’en parler brièvement (je suis déjà plus long que prévu), du coup je passe des choses sous silence. Comme je l’ai annoncé, elle apparait vers 1970 (même si les théorisations sont ultérieures) chez Grisey, Murail et Dufourt, et restera très liée à la France (Levinas fut également important au début du mouvement). Le précurseur le plus important est Giacinto Scelsi, pas tant par ses techniques de composition que par un nouveau rapport au son. Les spectraux veulent non plus composer avec les sons mais composer le son, être à l’intérieur du son. La posture mystique de Scelsi trouve des échos particulièrement chez Rǎdulescu, chez Harvey et quelquefois chez Grisey. D’autres références importantes sont Scriabine et surtout Debussy.

Pour introduire la seconde tendance, j’aimerais reproduire une phrase pêchée récemment sur le fil Facebook de Philippe Hurel, dont l’un des projets a été de concilier écriture spectrale et contrepoint (en bref, ce n’est pas le compositeur le plus rétrograde du monde) : « Désolé, les djeun’s, il y a encore des notes, mais à 60 ans on ne se refait pas... ». J’aime bien cette phrase, parce qu’elle donne avec bonhomie une idée des décalages qu’il peut y avoir en musique contemporaine. Et en effet, si on regarde ce que font les jeunes compositeurs d’aujourd’hui (du côté de l’avant-garde, j’entends), en particulier de l’autre côté du Rhin, on constate qu’il n’y a pas beaucoup de notes, ou que les notes sont des éléments parmi d’autres. Ce changement radical de perspective élargit de façon inimaginable les champs des possibles. Certes, l’utilisation de nombreuses techniques de jeu étendues est loin d’être nouvelle, mais il ne s’agit pas vraiment de ça. Par ailleurs, on pourrait sans doute trouver des précurseurs de ce courant jusqu’au tout début du vingtième siècle (et pas seulement en musique classique), mais je n’ai pas creusé la question. Comme pour le spectralisme, toutes les utilisations, tous les stades intermédiaires et toutes les hybridations sont possibles.

Il n’était pas le seul à l’époque (il faudrait parler en particulier d’Holliger et de Sciarrino), mais c’est surtout Helmut Lachenmann qu’on retient, et qui fut sans doute le plus influent (facilement un des dix compositeurs les plus influents sur la musique du vingtième siècle, à mon avis). Ici, c’est le moment où je vous farcis un passage entier de quelqu’un d’autre, parce que les quelqu’un d’autre parlent mieux que moi. « La force de l’ancien système s’exerce jusque dans la musique contemporaine. Le rêve d’une sorte de tabula rasa, tel qu’il put apparaitre à Darmstadt au début des années 50, s’avéra bientôt n’être qu’une illusion. Dans la dynamique d’une renaissance, Stockhausen, Boulez, Nono et beaucoup d’autres pensaient pouvoir libérer la musique de toute aura, de toute “couleur locale”, de tout pathos historique. Mais bientôt, sous les nouveaux schémas, apparurent les ombres du passé : l’hédonisme sonore à la française dans Le Marteau sans Maitre, le belcanto italien chez Nono, et dans les Momente de Stockhausen, Lachenmann entend une succession d’accords et presque une tonalité de Si majeur. “Éviter les fonctions tonales était une des règles principales de la musique dodécaphonique. Dans les années 50, la musique sérielle éprouva l’insuffisance des moyens compositionnels qu’elle avait élaborés. En d’autres termes, l’utilisation même de la gamme tempérée implique déjà un effet tonal, de même que l’utilisation des techniques de jeu traditionnelles (...) ne sont que des clichés régis par la pensée tonale qui tous, dans le cadre de la tonalité, exercent une fonction de rapport avec un devenir harmonico-mélodique.” (...) Lachenmann souhaite avant tout libérer l’auditeur “soumis” à ses habitudes auditives — la beauté, dit-il, est le refus de l’habitude. L’art est une résistance active contre une abstraction représentée par une analyse désormais codifiée du son, dont la dynamique fut interrompue pour des raisons idéologique ou hédonistes. (...) Lachenmann a longtemps parlé d’une musique concrète instrumentale, faisant référence à un domaine de la musique électronique où les œuvres ne s’élaborent qu’avec des combinaisons de bruits. Le compositeur ne se contentera plus des barrières traditionnelles, particulièrement entre son et bruit, mais les fera rimer d’une manière nouvelle et personnelle. (...) Entre un col legno strident avec beaucoup de pression d’archet et un papier d’emballage vivement déchiré, entre le frottement de deux petits blocs de polystyrènes et un souffle brusque dans la clarinette, entre un coup dans l’intérieur du piano et une cymbale raclée, apparaissent des analogies qui dessinent une nouvelle échelle des sonorités, avec laquelle on peut former aussi bien des accords ou des mélodies, comme on le faisait autrefois avec l’échelle chromatique. Les sons s’analysent en quelque sorte eux-mêmes, dévoilant d’innombrables ramifications que les anciennes habitudes d’écoutes avaient occultées. Les hauteurs — fétiches de la musique sérielle — passent alors au second plan, ce qui rend d’autant plus poétique l’apparition fugitive d’une hauteur reconnaissable. » (ces extraits sont issus du livret du CD « Wiegenmusik » chez Accord)

Voilà, j’espère n’avoir pas écrit trop de bêtises, et peut-être en avoir éclairer quelques-uns.


Dernière édition par lucien le Ven 11 Sep 2015 - 15:13, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Jeu 10 Sep 2015 - 22:54

lucien a écrit:

une image d’archive.

Spoiler:
 


Surprised Oh, j'avais pas vu ce message.

Et je m'aperçois que j'avais menti, du moins par omission, puisqu'auparavant j'avais déjà entendu des oeuvres du XXI° siècle, mais c'était au concert.


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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 13 Sep 2015 - 13:35


(2005)

Très beau cycle vocal pour soprano et septuor du compositeur franco-marocain Ahmed Essyad (1939), d’après Hussein Mansour Al-Hallaj. La soprano, Françoise Kubler, chante sur trois pièces seulement sur les neuf, et la formation instrumentale varie d’une pièce à l’autre. La pièce la plus longue est un magnifique solo pour violoncelle. Une belle rencontre entre Orient et Occident.
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Rav-phaël
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 23 Oct 2015 - 14:11

J'adore ce sujet ( et encore un grand merci à Lucien pour ces quelques précieux conseils ! ).

Je suis de plus en plus fasciné par les oeuvres du XXIe siècle ! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'ai cette agréable impression que la musique, après un temps de reconstruction, de recherches, d'expérimentations diverses; s'est trouvée alors et qu'il vient de commencer un temps de maturité vis à vis de ce nouveau langage qu'on nomme musique contemporaine. J'ai cette impression que les compositeurs ont abouti désormais à une plaine possession de cet art, de leur art, et qu'ils marchent sur un chemin où germent et germeront peut-être les plus grandes merveilles de l'histoire "contemporaine" .

Du moins, c'est un avis qui fonctionne bien sûr beaucoup en rapport à mes goûts personnels. Quand je fais la liste des oeuvres contemporaines que je connais et aime le plus, je constate que, sur trois "catégories" ( 1950, 1980, 2000 ), celles des années 2000 sont ce qui me fait le plus saliver de bonheur !


D'ailleurs, je tiens à rajouter, pour alimenter le sujet :




In Tempus Praesens ( 2007 )
Concerto, n° 2, pour violon et orchestre
Glorious Percussion ( 2008 )
Concerto pour ensemble de percussions et orchestre
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 23 Oct 2015 - 14:54

Chouette, je n’avais pas pensé à citer un Gubaidulina. Ses œuvres auxquelles je suis le plus attachés sont antérieures à 2000 néanmoins.

J’en ajoute un moi aussi :


(2002 à 2005)

L’approche spontanée et organique du son de Heinz Holliger (1939), d’abord très expérimentale, se dirige à partir des années septante ou quatre-vingt vers une sorte de simplicité, un dépouillement, vers une musique intense et intimiste, intuitive, une sorte d’expressionnisme retenu, fréquemment bruitiste mais dans une mesure raisonnable. Une part importante de musique vocale et de chambre. Cela s’accompagne d’une relecture du passé, surtout dans les œuvres récentes, et d’une volonté d’écrire une musique proprement suisse, puisant dans le patrimoine culturel et linguistique du pays. Ce n’est pas forcément le cd que je conseillerais en premier, mais toutes les œuvres datent du vingtième siècle, et, petit plus, les œuvres vocales sont chantées dans des variétés alémaniques.


Dernière édition par lucien le Sam 24 Oct 2015 - 12:50, édité 1 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 23 Oct 2015 - 14:56

@ Rav-phaël : Sans partager tout à fait la générosité de ton enthousiasme, effectivement, j'ai l'impression que depuis une vingtaine d'années (mais ce peut être une illusion d'optique : ça correspond à l'époque où j'ai commencé à m'intéresser de près à la musique, à l'époque aussi où le disque a documenté plus généreusement, et à présent on peut faire son marché dans les radios du monde et sur YouTube, plus seulement en achetant à l'aveuglette les volumes de la collection 20/21 de DG…) les compositeurs quittent progressivement la recherche de la nouveauté, la conformation à des préceptes, pour travailler quelque chose de plus immédiatement chatoyant, variant les influences, les effets, plus accessibles pour le public.

En tout cas, je trouve ça frappant chez des compositeurs qui d'arides (Nunes), gris (Fénelon), bricoleurs (Manoury) sont devenus au cours des années 2000 des figures majeures de l'intelligibilité musicale (ou, concernant Fénelon, sont devenus écoutables Mr. Green ). C'est moins frappant chez Rihm qui a toujours eu ce souci, mais quand on compare Jakob Lenz à Die Eroberung von Mexico, on mesure le chemin parcouru !  

Donc oui, je serais plutôt d'accord avec toi – même si je pourrais citer peu de noms que j'aime à l'égal des grands noms de jadis, hélas.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 23 Oct 2015 - 15:15

La recherche radicale de l’innovation existe encore, mais surtout chez les compositeurs nés après 1970/75, donc naturellement peu documentés au disque. C’est d’ailleurs mon illusion d’optique à moi (qui me vient de mes classements), lire beaucoup de choses par générations — mais cela ne me semble pas absurde : des gens qui ont grandis avec les mêmes repères culturels (et extra-culturels) ont forcément des choses en commun. Et après la grande génération 1950, qui innove peu mais réalise de grandes synthèses en portant tous les acquis antérieurs à un niveau inédit d’intelligibilité en effet, je sens comme un effet de flux et reflux et un retour à une phase de recherche, même si elle n’est pas généralisée.
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Rav-phaël
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Ven 23 Oct 2015 - 17:46

DavidLeMarrec a écrit:

Donc oui, je serais plutôt d'accord avec toi – même si je pourrais citer peu de noms que j'aime à l'égal des grands noms de jadis, hélas.


C'est vrai pour moi aussi. L'histoire de cette musique ne fait que "commencer" , et je connais encore mal tout ces compositeurs. Mais justement, par rapport à mon impression, peut-être voyons nous aujourd'hui débuter une nouvelle ère, aboutissement, qui verra naître en nombre quelques futurs de tes idoles ( je doute que la tournure de ma phrase soit correcte ^^ ) !
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 7 Nov 2015 - 11:27


(1999 à 2009)

Jorge Sánchez-Chiong (1969) a des origines cubaines et chinoises, mais est actif en Autriche depuis presque trois décennies. À mon avis, l’éclatement des écoles nationales est un rêve d’après-guerre qui n’a pas tenu longtemps, et à côté de vrais néos (Doderer), de quelques “modernes classiques” (Staud) et d’un para-spectral (Haas), on peut je pense discerner une esthétique proprement autrichienne. Peut-être que le passé musical prestigieux du pays, ainsi que son histoire et sa culture bourgeoise font que faire de la musique contemporaine en Autriche ne peut-être qu’un geste rebelle, violent, anti-bourgeois et négateur (à relier à Bernhard, à Jelinek, etc. ?)... quelque chose qui fait que l’archétype du compositeur autrichien est un metalleux derrière une platine de mixage. Sánchez-Chiong compose davantage en collaboration avec des musiciens que dans une optique de postérité, dans un style qui mêle free jazz (ou improvisation libre), noise et metal, mélange explosif mais pas unique dans le paysage autrichien.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 7 Nov 2015 - 18:46

(2000 à 2003)(2004)
 
Autre autrichien, qui a des choses en commun avec le précédent, Bernhard Lang (1957). Le truc de Lang, c’est les boucles, et en général les boucles agressives. Le cycle Differenz/Wiederholung s’intéresse aux boucles erratiques inspirées par le turntablisme ou les cd défectueux. La distorsion est également quelque chose qui revient souvent. On a ici (à gauche) DW 3 pour flute, accordéon et violoncelle, DW 8 pour orchestre et deux turntablistes, DW 15 pour cithare, voix et son sur support, et (à droite) DW 17 pour alto électrique, violoncelle électrique, orchestre et électronique. Honnêtement, je n’adore pas ça (je n’ai pas trop aimé DW 3, en particulier), mais c’est tout de même chouette, intéressant et amusant.

En parlant d’autrichiens, j’ai complété mon second message du 30 aout.


Dernière édition par lucien le Dim 8 Nov 2015 - 12:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Lun 9 Nov 2015 - 17:24

Siegmund a écrit:

http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Pascal-Dusapin-Dusapin-7-solos-pour-orchestre/Classique/Orchestre-Philarmonique-de-Liege-Wallonie-Pascal-Rophe/Naive/default/fiche_produit/id_produit-0822189014902.html

Écoute du cycle complet cette après-midi. Je confirme que:

1 - c'est excellent.
2 - il vaut mieux se passer des petits groupes de 2-3 pièces. D'une traite, c'est un peu lassant mais isolément, presque chaque solo est impressionnant.

J'ai une préférence pour les derniers, surtout Uncut (7), Exeo (5) et Reverso (6). Go (1) et Clam (4) ne sont pas mal non plus.
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Lun 9 Nov 2015 - 17:29

Je ne l’avais pas cité parce que ça déborde méchamment sur le vingtième siècleparce que d’autres l’avaient fait, mais je partage cet avis, avec aussi une préférence pour les trois derniers. Ce sont justement les (deux) derniers qu’on trouve sur le récent cd chez DGG avec une œuvre de 2010 que je ne connais pas (Morning in Long Island)... encore un truc que je dois écouter. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Lun 9 Nov 2015 - 18:54

Les trois derniers solos sont post-2001 justement Wink .

Morning in Long Island, je ne sais pas si tu dois te précipiter, les avis que j'ai lus étaient mitigés.
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Lun 9 Nov 2015 - 22:45

Quelques ajouts du côté des russes, mais malheureusement l’offre est très réduite...
 
(2008 à 2013 + 1960/65)(2001 à 2006)(2003)(2006 à 2007)
 
Denisov et Schnittke ayant cassé leur pipe avant 2000, il ne reste des trois grands noms du renouveau de la musique contemporaine soviétique que Sofia Gubaidulina (1931). Ce cd contient deux œuvres originales faisant intervenir des guitares. Musiques mystérieuses et profondes. La superposition de gammes diatoniques et chromatiques, les unissons et les glissandos sont des trucs caractéristiques.
Boris Tichtchenko (1939) est à mon avis un compositeur génial, mais honnêtement ces œuvres ne sont pas ce qui m’intéresse le plus ; le concerto en particulier reste très appréciable néanmoins. On peut également trouver chez Northern Flowers la onzième sonate pour piano et le sixième quatuor à cordes (2008), tous les deux très bien.
Un beau requiem de Sergei Slonimski (1933), autre grand représentant de l’école de Saint-Pétersbourg. C’est pour moi une musique de l’authenticité, mais c’est assez “Russie éternelle”, vous êtes prévenus. Avec une symphonie en prime.
Anton Lubchenko (1985), compositeur et chef d’orchestre, en quelque sorte un continuateur de l’école de Leningrad. Malgré son jeune âge il a beaucoup écrit, et est tout naturellement détesté des compositeurs moscovites d’avant-garde. Ce cd est introuvable, je suppose, mais les trois œuvres qui s’y trouvent — la troisième symphonie, le septième quatuor et un concerto de chambre pour piano et orchestre — font partie, parmi ce que j’ai écouté, de ce qu’il a fait de mieux.
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Eusèbe
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Mar 10 Nov 2015 - 19:00

Je ne sais pas s'il en a déjà été question, mais j'ai écouté et bien aimé ce disque récemment:

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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Mar 10 Nov 2015 - 19:34

ah oui, merci ; il y a aussi celui-ci qui est chouette :


(2004 à 2006 + 1997)

Jörg Widmann (1973) est un compositeur et clarinettiste allemand, dont l’esthétique est peut-être à rapprocher de celles de Rihm et de Holliger. Sa musique concilie en général des recherches sonores parfois quasi expérimentales (surtout dans les œuvres plus anciennes, à vrai dire), souvent aussi une virtuosité importante, avec une sensualité lyrique et un langage au final post-romantique — et parfois aussi un peu de blabla contrapuntique à la Hartmann-Henze. Mr. Green


Dernière édition par lucien le Sam 26 Déc 2015 - 11:28, édité 1 fois
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 28 Nov 2015 - 19:11

(2001 à 2005)(2003 à 2005)
 
Avec Poppe et Widmann, Matthias Pintscher (1971) est le “jeune” compositeur allemand le plus célèbre aujourd’hui, célébrité qui à mon avis est loin d’être usurpée. C’est un musicien original qui joint radicalité et conservatisme d’une façon très étonnante ; il fut d’ailleurs soutenu à la fois par Henze et Lachenmann. Un musicologue a parlé de Zweite Neue Einfachheit au sujet de Pintscher, Widmann et Saunders (une compositrice anglaise, à découvrir). Et en effet, il semble qu’il poursuive, tout en embrassant les techniques modernes, un idéal d’expressionnisme et de pathos romantique. C’est une musique très libre, dont l’écriture minutieuse, subtile et variée fourmille de détails bruitistes. Je me suis dit plusieurs fois que c’était un peu du Lachenmann qui se meut comme du Rihm, à moins que ce ne soit du Rihm qui se meut comme du Lachenmann. Le programme est ici constitué de trois concertos, respectivement pour violon, alto et violoncelle. Les deux premiers sont plus modestes, et se répondent pas leur registre : le premier explore les aigus et le seconds les graves (avec intervention discrète d’électronique en temps réel). Le concerto pour violoncelle par contre fait appel à toute la puissance de l’orchestre symphonique et dure 35 minutes. Un très beau disque, je trouve.

Je m’étais demandé en aout si je pouvais citer quelque chose de Lachenmann (1935), et après l’avoir écouté je me dis que je peux mettre celui-ci, paru il y a quelques mois. Ce n’est clairement pas ce que je préfère chez lui, mais c’est tout de même très bien. On a ici deux beaux exemples de la tendance de Lachenmann à réintégrer depuis déjà plusieurs décennies des éléments traditionnels, non pas dans une optique rétrograde, mais pour les interroger à sa manière. Une œuvre pour orchestre complet (avec deux pianos et beaucoup de percussions) et une autre pour orchestre à cordes, qui est une amplification de son troisième quatuor à cordes, Grido (2001).
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Mer 9 Déc 2015 - 20:32

(2002 à 2008)(2009 à 2011)
 
Un autre Jason Eckardt (1971–), voir plus haut, consacré au cycle Undersong d’après Laura Mullen.

Col Legno a publiés quelques cd d’une collection dédiée aux lauréats du prix Ernst von Siemens, avec notamment Hèctor Parra (1976–), compositeur catalan en vogue depuis quelques années. J’étais en train d’écouter ce très beau disque quand j’ai eu une révélation en lisant cette phrase : « Hèctor Parra est un jeune compositeur catalan vivant à Paris qui a étudié avec Michael Jarrell et Brian Ferneyhough ». Parra conjoint en fait la complexité et les intrications de Ferneyhough — auxquelles s’ajoutent des ressources expressionnistes bruitistes (la parenté avec Lachenmann est particulièrement forte au début de Early Life) — et des conceptions harmoniques et timbrales de grande envergure (évoluant sur la macrostructure) à la Jarrell ; un univers foisonnant, complexe mais charnel, bouillonnant, suivant des parcours discursifs dans une conception organique inspirée par la biologie ou la physique.

EDIT. Autre Parra, un opéra sur un livret de Lisa Randall. La musique est foisonnante jusqu’au délire, et ce que j’ai dit juste au-dessus est valable pour cette œuvre également, particulièrement le dernier mot. En effet, le langage construit des parallélismes avec les théories physiques de la librettiste, et la transformation de l’hyperespace est aussi un parcours musical et dramatique, initiatique.


(2009)
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Sam 26 Déc 2015 - 11:16


(2005 à 2006 + 1997)

Ulrich Leyendecker (1946), qui a étudié à Cologne avec Rudolf Petzold, un élève de Jarnach, est je dirais un moderne conservateur, et l’abondance de formes traditionnelles dans son catalogue en est un indice. C’est une musique qui fonctionne selon des logiques tonales, même si elle n’en éloigne un peu ; chargée harmoniquement, très polyphonique mais pas ostentatoire ni bavarde (à mon avis). La tonalité dominante est lente, sombre et intériorisée (d’une grande beauté), mais ça s’agite aussi dans les mouvements rapides, parfois même violemment. Je conseillerais bien également la troisième symphonie, qui date de 1991, et le concerto pour violoncelle de 1983.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 27 Déc 2015 - 1:30

      

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter tout, mais je mets les quatre cds pour la cohérence. Cycle dans le cycle, ces huit œuvres de Stockhausen (1928) constituent les “heures” 5 à 12 du cycle inachevé Klang, et ont été écrites entre 2006 et 2007. La première est Harmonien, purement mélodique, et existe en trois versions : clarinette basse, flute et enfin trompette. À partir de ces trois versions, il a réalisé un trio, Schönheit. Les six autres pièces sont des réarrangements et adaptations de Schönheit pour des trios de natures diverses (Glanz est un septuor, un peu à part donc, mais avec trois instruments principaux). Dans ces œuvres culmine tout le génie mélodique dont est capable Stockhausen ; ces lignes d’un lyrisme presque étouffant se rencontrent prodigieusement avec une forte sensualité sonore. Comme dans d’autres œuvres de Klang, il y a quelque chose de très minimaliste, et dans l’esprit cela rappelle Nono... ou l’expression même de la sérénité. Dans chaque œuvre on trouve à un moment ou un autre une invocation divine prononcée à l’unisson et en lien avec le titre. On peut se rappeler que le compositeur, qui à une époque allait tous les jours à la messe avant de se rendre au studio de musique électronique de la WDR, avait conclut la partition de Gruppen par les mots : « Deo Gratias ».
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 27 Déc 2015 - 3:28

Gratias Luciano.
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 27 Déc 2015 - 7:19

lucien a écrit:
      

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter tout, mais je mets les quatre cds pour la cohérence. Cycle dans le cycle, ces huit œuvres de Stockhausen (1928) constituent les “heures” 5 à 12 du cycle inachevé Klang, et ont été écrites entre 2006 et 2007. La première est Harmonien, purement mélodique, et existe en trois versions : clarinette basse, flute et enfin trompette. À partir de ces trois versions, il a réalisé un trio, Schönheit. Les six autres pièces sont des réarrangements et adaptations de Schönheit pour des trios de natures diverses (Glanz est un septuor, un peu à part donc, mais avec trois instruments principaux). Dans ces œuvres culmine tout le génie mélodique dont est capable Stockhausen ; ces lignes d’un lyrisme presque étouffant se rencontrent prodigieusement avec une forte sensualité sonore. Comme dans d’autres œuvres de Klang, il y a quelque chose de très minimaliste, et dans l’esprit cela rappelle Nono... ou l’expression même de la sérénité. Dans chaque œuvre on trouve à un moment ou un autre une invocation divine prononcée à l’unisson et en lien avec le titre. On peut se rappeler que le compositeur, qui à une époque allait tous les jours à la messe avant de se rendre au studio de musique électronique de la WDR, avait conclut la partition de Gruppen par les mots : « Deo Gratias ».

Stock tous les jours à la messe ... Je n'aurais pas imaginé ça Cool  ... C'est lui qui accompagnait les chants à l'orgue cat  ?
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lucien
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MessageSujet: Re: Le 21ème siècle en CDs : conseils pour les profanes ?   Dim 27 Déc 2015 - 11:25

j’oubliais :


(2014)

Après avoir récompensé Carter, Babbitt, Wuorinen ou Sessions, le Prix Pulitzer de musique a essentiellement été décerné depuis deux décennies à des post-minimalistes et/ou néo-romantiques. La dernière lauréate, pour l’année 2015, est Julia Wolfe (1958) pour son œuvre Anthracite Fiels (2014) ; à la suite de ce prix l’œuvre a été enregistrée par Bang on a Can All-Stars (Wolfe fait partie des trois membres fondateurs de Bang on a Can) avec le chœur de la Trinity Church. C’est une sorte d’oratorio à la mémoire des victimes de l’exploitation minière en Pennsylvanie. Cinq mouvements plutôt disparates, et un langage globalement post-minimaliste (l’influence de Reich est particulièrement sensible) à renfort de glissandi et clusters, avec des emprunts au “folk” (au sens large) américain, disons jusqu’à ses prolongements dans le rock et le musical.
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