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 Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013

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Guillaume
lapineau huguenot
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MessageSujet: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 4 Mai 2013 - 16:11

... je crée un fil pour moi seul, mais je prépare un compte-rendu - c'est une question d'heures - de la représentation de jeudi 2 mai. Voilà déjà la vidéo de présentation : http://www.operkoeln.com/programm/57356/video/

Je lève juste le suspense : c'était intégral, la seule coupure que j'ai repéré est la disparition du rôle du serviteur d'Alviano au I, ce qui supprime la phrase "Herr - der Notar !". Durée de 3h15 avec un entracte de 25 minutes entre II et III. Et superbe Gürzenich-Orchester... j'y reviendrai. Même si la mise en scène n'est pas sans poser (des) problème(s).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 4 Mai 2013 - 16:46

J'attends ça avec vif intérêt, j'hésite toujours à y aller pour les dernières représentations. bounce

Effectivement, sur les extraits, l'orchestre a l'air fulgurant (et Vinke aussi !).
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 4 Mai 2013 - 16:57

Attention, pour les dernières représentations (12 et 18 mai), ce n'est pas Beller Carbone mais Ingeborg Greiner qui assure le rôle de Carlotta. Beller Carbone était assez magnétique, et même si dans certaines phrases du III (celles de la scène avec Adorno), elle semblait atteindre certaines limites, l'ensemble de sa prestation fut superbe, avec les beaux aigus attendus et une belle assurance dans les tirades plus verbales.

Et oui Vinke très très bon, il faut juste s'habituer à son timbre un peu bizarre (nasal ?), mais c'est vraiment bien, meilleur que Brubaker je trouve (mais peut-être en dessous de Kruse dont l'expressivité est un cran supérieur).

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 4 Mai 2013 - 16:59

Les extraits (très brefs !) peuvent bien sûr être trompeurs, mais je n'ai jusqu'à présent entendu aucun Salvago aussi bien chantant... Oui, un peu nasal (et farineux dans le médium), mais alors quelle voix mixte dans le haut de la tessiture !
Rien à voir avec tout ce que j'ai entendu de lui jusqu'ici (documents bons, beaucoup moins flatteurs).

Guillaume a écrit:
Attention, pour les dernières représentations (12 et 18 mai), ce n'est pas Beller Carbone mais Ingeborg Greiner qui assure le rôle de Carlotta.
N'étant pas fanatique de NBC, je survivrai. Déjà, il faut que je trouve l'envie de dévouer 24h de ma vie à 3h de spectacle, ce qui n'est que modérément mon genre. Embarassed
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 4 Mai 2013 - 18:30

Die Gezeichneten - Franz Schreker
Oper Köln - 2 mai 2013

Herzog Antoniotto Adorno : Oliver Zwarg
Graf Vitelozzo Tamare : Simon Neal
Lodovico Nardi, Podestà : Jyrki Korhonen
Carlotta Nardi, seine Tochter : Nicola Beller Carbone
Alviano Salvago, genuesischer Edelmann : Stefan Vinke

Après der Ferne Klang à Strasbourg, les Stigmatisés se sont donc joué cette saison dans une autre métropole rhénane, Cologne ; opéra ambitieux pour une maison d'opéra en travaux dont la salle principale, l'opéra moderne en centre-ville, est en rénovation et qui impose d'emblée ses limites à l'entreprise des Stigmatisés, montés dans un ancien local industriel, le Palladium, à Mülheim, rendu accessible par un "Opernbus" partant de la cathédrale jusqu'à ce faubourg ; le dispositif est assez original, puisque les deux tribunes de spectateurs se font face ; au milieu, une scène d'environ 15m sur 15, et à côté de la scène, à l'opposé des entrées de la salle, l'orchestre est installé sur deux étages. Acoustiquement, c'est tout à fait honorable, et la proximité de la scène (puisque les tribunes sont assez petites, je pense que le total des places ne devait pas excéder 600 en comptant les spectateurs placés sur les côtés à l'étage) permettait d'éviter astucieusement les problèmes de couverture des chanteurs par l'orchestre, même s'il faut accepter d'entendre souvent les chanteurs de dos, ce que la proximité du spectacle rend presque sans dommage. Plus dommageables sont certains bruits parasites, parfois venant de l'extérieur, même s'ils ne gênent pas vraiment l'écoute. Un bel effort pour adapter une salle à mille lieues de l'opéra.

La spatialisation est un autre point fort de la soirée, dans un opéra qui sait en jouer : on rappelle que l'approche progressive des choeurs chantant "Welche Nacht" au III nécessite cette spatialisation : placés en partie derrière la tribune où je me trouvais, le surgissement des choeurs a quelque chose de surnaturel, faisant de l'ensemble de la salle et ses coulisses l'île d'Elysée, de même également pour la petite "fanfare" du prélude du III.

Bien évidemment, la partition monumentale et si complexe (rythmiquement) à mettre en place appelle un orchestre à sa mesure, et si l'on tient le bon orchestre et la bonne direction, une grande partie du « boulot » est fait. Le Gürzenich Orchester n’a pas laissé que des bons souvenirs dans Schreker, un disque Conlon témoigne, à ce que je m’en souviens, d’un Prélude peu net. L’orchestre est dirigé par Markus Stenz aujourd’hui. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est la cheville ouvrière de la soirée. Le Prélude commence sublimement, toutes les strates orchestrales sont perceptibles, les paillettes instrumentales resplendissent, et pour le premier climax, l’orchestre claque à la figure, entraînant la fin des quelques bruits du public dans la salle pour le saisir, car l’impact physique de ce Prélude est réel. Ce que fait le Gürzenich réalise presque avec les versions studio : on note juste certaines phrases un peu hâtées (la conclusion orchestrale du II), mais si l’on regarde sur un morceau aussi exemplaire que l’introduction au II, si la première partie manque de netteté mais impressionne par sa massivité qui rompt tout d’un coup et sans transition ni applaudissement avec une fin de I plus recueillie, Stenz et ses troupes arrivent bien à en rendre le caractère mouvant. Les soli sont tout à fait bien réalisés, le violon dans le prélude du III avec sa mélodie si caractéristique d’une extase artistique que l’on imagine ressentie devant une sculpture de l’île d’Elysée, quelque chose d’apollinien, s’il est moins beau que chez Nagano, parvient à rendre palpable un certain hédonisme. Un tapis sonore vraiment magnifique, qui a fait impression sur l’assistance, et, suscitant continuellement la tension – pas toujours maintenue par la mise en scène dans les scènes clé de la fin du I et du II – ménageant les chanteurs, parvient à éclater lors des apothéoses orchestrales. Qui plus est, si je ne voyais pas directement tout l’orchestre (ceux de la tribune A ont eu plus de chance), la proximité avec la « fosse » est vraiment appréciable.

Les chanteurs sont dans l’ensemble à la hauteur du défi. Si l’on observe quelques inégalités dans les voix des Huit, ce qui donne un ensemble au I pas extrêmement bien fondu, on note que la plupart des parties sont bien assurées dans ces petits rôles (même si le chanteur qui chante Guidobald n’est pas Bernard Richter cette fois-ci, et qu’on a ni Goerne, ni Wottrich, ni Sigmundsson…). Pietro est bien chanté, Martuccia une voix qui manque un peu de fondu et presque trop légère. Assez bons sénateurs, très bons hommes du peuple assurant plusieurs parties. Côté bourgeois, Korhonen est un Podestat dans la grande tradition de la basse grand diseur, et ce rôle, bien que relativement court, est comme à l’accoutumée (Polgar, Ridderbusch) distribué au meilleur diseur du plateau. Beller Carbone, impressionnante sur le plan scénique – bien que la mise en scène lui impose parfois des poses trop statiques – atteint les grands aigus où on l’attend (Sonne, riesenhaft), et franchit sans peine les grands obstacles des longues tirades. La voix est à la fois assez pleine et parfois un peu restreinte, atteignant ses limites dans les phrases les plus échevelées du III, dans le duo avec Adorno, lorsqu’elle s’accuse (Verzweiflung und Tod) et inversement célèbre le côté sublime d’Alviano, avec la tentation de passer sur les grands intervalles, de lisser les phrases ; mais le Welche Nacht rachète toutes ses inégalités, inévitables dans un tel rôle. Côté noble, Zwarg est un peu tassé en Adorno/Capitaine de Justice (de la Polizei des bidonvilles de M. Kinmonth), sans rayonnement particulier. Neal en Tamare vraiment bien, tout à fait dans la morgue et sachant faire claquer sa voix dans les moments de colère. Enfin Vinke : je l’ai dit, une voix très bizarre, comme nasale, un peu maladroite, mais un assez bon diseur et une prise en charge de l’ensemble de la tessiture avec une voix très égale capable à la fois d’aigus et d’allègements.

Les chœurs sont excellentissimes, est-il besoin de le souligner ? On sent en fait dans l’orchestre et les chœurs le grand professionnalisme des ensembles allemands, et Cologne est une assez grande maison, pour la quatrième métropole d’Allemagne. Le Gürzenich se produit en symphonique par ailleurs. On aurait peut-être pu fermer les yeux et jouir d’une exécution musicale assez parfaite de l’œuvre et que les conditions de la salle rendaient plus saisissante que quand on la jouera à Bastille en 20XX. Mais on pouvait aussi regarder ce qui se passait sur scène, et tout n’y était pas à jeter, même si le III soulignait les limites d’une transposition osée bien que conforme à un certain esprit du Regietheater.

Quand on entre dans la salle, on prend la mesure d’un dispositif scénique apparemment complètement décalé – les critiques allemandes parlent d’un truc digne de Tatort – composé de deux cahutes surélevées se faisant face, l’une piaule d’Alviano, l’autre atelier en verre d’une peintre abstraite – Carlotta. Au milieu, une casse, avec des carcasses de voiture. Le parti-pris est le suivant, si j’ai bien compris (les critiques allemandes que j’ai dû toutes lire – une quinzaine – vont également dans ce sens, quoiqu’aucun texte du metteur en scène ne figure dans le programme) : Alviano, marginal habitant une casse de voitures, rêve d’un monde Renaissance qui se superpose à son amour pour la peintre d’en face, aboutissant au III à l’exposition des tableaux de Carlotta. L’action scénique s’ouvre, pendant le prélude, par la dissimulation du cadavre de Tamare tué dans un coffre de voiture, et se referme sur le suicide d’Alviano, après avoir tué Carlotta et Tamare. Incompréhensible à première vue, pourtant on se surprent pris au jeu, surtout dans les I et II où le metteur en scène superpose de manière relativement cohérente les deux mondes : les nobles au I, Carlotta lors de son entrée, le Podesta et Tamare après son entrée revêtent ou portent des costumes Renaissance, et manifestent des égards envers Alviano. La difformité d’Alviano, occultée par Lehnhoff, est ici présente sous la forme d’une claudication, mais on peut se demander si le côté social ne fausse pas totalement le livret. Parmi les très bonnes idées de la mise en scène :
- la figuration de Pietro/Martuccia en couple vêtu à la manière de la commedia dell’arte, Pietro passant d’un costume de Pierrot lunaire au I à celui d’un diable au III, retrouvant en quelque sorte le côté surnaturel des faunes des buissons prévus par le livret.
- le dévoilement accidentel du tableau au II et l’apothéose orchestrale qu’il suscite sont bien rendus par la projection du supposé tableau – abstrait et coloré mais on peut y reconnaître une main – sur le sol, faisant coïncider musique et visuel.
- les rapports tendus entre Adorno et Tamare. Si l’on fait abstraction de la grammaire assez Regietheater dans laquelle ils sont rendus (baiser, empoignades jusqu’à jeter par terre l’autre, tables renversées etc – une constante de notre époque), on perçoit l’ambiguïté de ces rapports et le dilemme éprouvé par Adorno.
- la figuration de l’Elysée évoquée au II par Tamare avec un mouvement stylisée qui fait penser à un geste de contemplation dans un miroir, geste obsessionnel que répètent les danseurs dans une pose figée, et qui fait écho à ce que dit Alviano et qui est montré pendant l’interlude du II, à savoir son refus des miroirs.
Cette mise en scène réussit à figurer des moments, et la succession de scènes du I et du II lui est favorable : elle réussit à faire concorder, malgré des moments où la divergence est gênante (le Prélude) le visuel à la musique, ce qui est un tour de force, et ce en dépit de cette transposition qui hypothéquait, semble-t-il, dès le départ la réussite de l’entreprise. Mais lorsque les évolutions psychologiques amorcées dans les deux premiers actes aboutissent au III foisonnant, compliqué et marqué par des revirements, le metteur en scène se livre à une complication inutile. S’il gère bien le peuple et la bacchanale (où, idée intéressante, Tamare et Carlotta sont accompagnés de plusieurs couples doubles reproduisant exactement leurs mouvements, symbolisant leur intégration dans l’orgie collective et le fait que Carlotta, lorsqu’elle se donne à Tamare, perd ce caractère d’exceptionnalité que voulait lui accorder Alviano), tout se gâte après l’arrivée de la Polizei allemande, spectaculaire mais n’aboutissant qu’à une confusion inutile. Les cadavres se multiplient à la fin et on se perd dans quelque chose très loin de l’intrigue et qui ignore la complexité psychologique, notamment en faisant mourir Carlotta à peine atteinte alors qu’elle est censée souffrir du cœur, par la main (le cutter…) d’Alviano. Là, la mise en scène échoue, alors que le pari de la transposition semblait tenable. Il aurait fallu peut-être éviter les excès policiers et criminels de la dernière scène pour redonner sa cohérence. On est évidemment, dans l’ensemble très éloigné du livret, et on peut se demander si les dommages infligés à la complexité du texte égalent ceux des coupures pratiquées par Lehnhoff. Sentiments ambivalents : une volonté de réussir la transposition, de beaux moments d’accord avec la musique et d’effets scéniques en accord avec la musique, une grammaire et un thème de transposition Regietheater avec des clichés un peu lourds (et parfois un sacré manque d’imagination : la fin du I assez statique, Carlotta jouant de la barrière de son escalier comme Isolde chez Marthaler à Bayreuth chantait la Liebestod sur le lit médicalisé de Tristan). Vous pouvez regarder les photos en ligne et demander le moment auxquelles elles correspondent. Perplexité chez moi quant à l’interprétation du livret mais tout n’y est pas à jeter, la direction d’acteurs dans l’ensemble est réussie.

Mais le plus grand mérite de cette soirée, c’est d’avoir entendu la partition intégrale et magnifiquement exécutée, et cette soirée démontre, comme celles de Strasbourg (l’univers de Braunschweig aurait pu mieux s’adapter que Kinmonth à la partition), que les œuvres de Schreker sont jouables intégralement – j’ai trouvé que cette soirée a passé extrêmement vite et j’ai été ravi pendant tout le spectacle par la musique, signe de réussite non ? - , montrables, et même dans des conditions techniques inhabituelles et sans des moyens démesurés, malgré leurs 34 rôles, leurs 2h50 et leurs 120 musiciens ; si l’Opéra de Cologne dont le budget ne dépasse pas quelques dizaines de millions d’€ peut jouer les Stigmatisés, qu’attendent les maisons d’opéra au budget de 100 millions, aux 9 plateaux et à la machinerie ultramoderne pour les mettre à leur répertoire (par ailleurs, les Stigmatisés n’ont jamais été joués en France, je rappelle) ? L’Opéra de Cologne fait donc œuvre utile, et on passe une excellente soirée, surtout musicalement.


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Guillaume
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 4 Mai 2013 - 20:45

Une autre vidéo, réalisée par la WDR, qui permet de mieux voir le dispositif et de visualiser quelques aspects de la mise en scène que j'ai décrits, ainsi que d'entendre un peu de la musique : http://www.wdr.de/mediathek/html/regional/2013/04/22/lokalzeit-koeln-premierenreport.xml

On remarquera que la mise en scène est jugée peu verständlich (compréhensible) pour celui qui ne connaît pas l'opéra avant. Pas d'accord par contre avec eux sur l'acoustique, qui était très bonne.
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptyDim 5 Mai 2013 - 11:41

Pour ceux qui lisent l'allemand, quelques autres critiques, assez unanimes en général sur la qualité musicale :

http://www.rundschau-online.de/kultur/oper--die-gezeichneten--in-koeln-tod-auf-dem-schrottplatz,15184894,22551272.html

http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/buehne-und-konzert/schrekers-gezeichnete-in-koeln-der-psychopath-lauert-auf-dem-autofriedhof-12158381.html

Tu es décidé, David ? hehe
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptyDim 5 Mai 2013 - 13:24

Guillaume a écrit:
le dispositif est assez original, puisque les deux tribunes de spectateurs se font face
Ach, je déteste ça ! Difficile de se plonger dans l'illusion théâtrale lorsqu'on regarde des spectateurs...
Citation :
même s'il faut accepter d'entendre souvent les chanteurs de dos,
Neutral


Citation :
Le Gürzenich Orchester n’a pas laissé que des bons souvenirs dans Schreker, un disque Conlon témoigne, à ce que je m’en souviens, d’un Prélude peu net.
C'est le moins qu'on puisse dire (j'aurais dit honteusement opaque, moi).

Effectivement, Stenz, c'est tout autre chose !


Citation :
Un tapis sonore vraiment magnifique, qui a fait impression sur l’assistance, et, suscitant continuellement la tension – pas toujours maintenue par la mise en scène dans les scènes clé de la fin du I et du II – ménageant les chanteurs, parvient à éclater lors des apothéoses orchestrales. Qui plus est, si je ne voyais pas directement tout l’orchestre (ceux de la tribune A ont eu plus de chance), la proximité avec la « fosse » est vraiment appréciable.
Ca, c'est une grande nouvelle. Very Happy


Citation :
Neal en Tamare vraiment bien, tout à fait dans la morgue et sachant faire claquer sa voix dans les moments de colère.
Ca c'est bien, aussi ! Very Happy


Citation :
quand on la jouera à Bastille en 20XX.
Tu es optimiste, j'aurais mis 2XXX. Mr. Green

Cela dit, dans cet intervalle, la salle elle-même aura disparu. hehe


Citation :
Alviano, marginal habitant une casse de voitures, rêve d’un monde Renaissance qui se superpose à son amour pour la peintre d’en face, aboutissant au III à l’exposition des tableaux de Carlotta. L’action scénique s’ouvre, pendant le prélude, par la dissimulation du cadavre de Tamare tué dans un coffre de voiture, et se referme sur le suicide d’Alviano, après avoir tué Carlotta et Tamare. Incompréhensible à première vue, pourtant on se surprent pris au jeu, surtout dans les I et II où le metteur en scène superpose de manière relativement cohérente les deux mondes : les nobles au I, Carlotta lors de son entrée, le Podesta et Tamare après son entrée revêtent ou portent des costumes Renaissance, et manifestent des égards envers Alviano. La difformité d’Alviano, occultée par Lehnhoff, est ici présente sous la forme d’une claudication, mais on peut se demander si le côté social ne fausse pas totalement le livret.
C'est un peu dommage de bidouiller à chaque fois, comme Lehnhoff et Kušej, le livret... ce n'est pas une oeuvre représentée si souvent, et elle est exceptionnellement construite. Faire vivre l'intrigue telle qu'elle est prévue, avec tous ses enjeux et toutes ses strates, ce serait déjà tellement immense... pourquoi prendre ce genre de risque ? Pour se sentir créateur ?

Pour Carmen, ok, très bien, on joue ça tous les deux jours, si dans les quelques pays où l'opéra est resté un art vivant on bouscule un peu le livret, pas de problème. Mais dans la fine construction des Gezeichneten, difficile de toucher à un aspect sans faire écrouler au moins une partie du livret.


Citation :
- la figuration de Pietro/Martuccia en couple vêtu à la manière de la commedia dell’arte,
J'en avais vu un bout sur les vidéos, ça avait l'air en décalage assez ridicule. Et puis dans le genre didactique, c'est peut-être exagéré, je crois que tout le monde avait remarqué qu'il s'agissait d'un duo comique. Après, si ça introduit les Faunes, je suis prêt à beaucoup pardonner. Very Happy


Citation :
(baiser, empoignades jusqu’à jeter par terre l’autre, tables renversées etc – une constante de notre époque)
M'en parle pas ! Ostermeier m'a traumatisé dernièrement : baffles à fond pour faire "dramatique" (alors que c'était tout mou...), gestes obscènes pour donner l'impression de paroxysmes... et surtout, il faut qu'à la fin de l'oeuvre on ait soigneusement renversé chaque pauvre chaise pliable. Laughing A croire qu'ils font un concours que qui sera le plus dans le cliché - un peu dommage d'être si prévisible, quand on se revendique de l'avant-garde. hehe


Citation :
- la figuration de l’Elysée évoquée au II par Tamare avec un mouvement stylisée qui fait penser à un geste de contemplation dans un miroir, geste obsessionnel que répètent les danseurs dans une pose figée, et qui fait écho à ce que dit Alviano et qui est montré pendant l’interlude du II, à savoir son refus des miroirs.
Ah, ça, ce devait être plus intéressant et structurant !


Citation :
(où, idée intéressante, Tamare et Carlotta sont accompagnés de plusieurs couples doubles reproduisant exactement leurs mouvements, symbolisant leur intégration dans l’orgie collective et le fait que Carlotta, lorsqu’elle se donne à Tamare, perd ce caractère d’exceptionnalité que voulait lui accorder Alviano),
Bien vu ! (même si tu excèdes sans doute la finesse du metteur en scène Smile )


Citation :
si l’Opéra de Cologne dont le budget ne dépasse pas quelques dizaines de millions d’€ peut jouer les Stigmatisés, qu’attendent les maisons d’opéra au budget de 100 millions, aux 9 plateaux et à la machinerie ultramoderne pour les mettre à leur répertoire (par ailleurs, les Stigmatisés n’ont jamais été joués en France, je rappelle) ?
Le problème est que pour bien remplir, il faudrait être bon en comm'. Avec la force de frappe de l'ONP (radios largement ouvertes, affichages, abonnés...), c'est à mon avis possible. Je crois que Mortier avait assez bien réussi avec Cardillac par exemple (en venant sur les ondes expliquer sa saison d'hommage à Paris, etc.).

Ou alors en confiant (rayer la mention inutile) Salvago à Kaufmann / Carlotta à Netrebko / Adorno à Terfel / Ginevra Scotti à Gheorghiu, et la mise en scène à quelque gloire du cinéma.
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hommepiano
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MessageSujet: Re: Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013   Schreker - Die Gezeichneten - Cologne mai 2013 EmptySam 28 Fév 2015 - 23:35

bonsoir mes amis
le mois prochain mars 2015
l'opera die GEZEICHNETEN DE SCHREKER sera produit à l'opera de LYON

http://www.opera-lyon.com/spectacle/opera/les-stigmatises-0

OPÉRA
LES STIGMATISÉS
FESTIVAL LES JARDINS MYSTÉRIEUX
FRANZ SCHREKER
DU 13 AU 28 MARS 2015

de 13 à 64 euros.duree opera 3h30mn
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