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 Igor Markévitch (1912-1983)

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gluckhand
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MessageSujet: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 20 Nov 2013 - 2:53

Igor Markévitch,plus connu encore comme chef d'orchestre pour l'instant que comme compositeur, ce chef né en 1912 à Kiev, après avoir pris la nationalité italienne en 1947 et la nationalité française en 1982, un an avant sa mort.Il a laissé pas mal de disques qui sont pour moi des références absolues, il a laissé une édition critique des symphonies de Beethoven et a composé quelques oeuvres pour orchestre qui ne sont pas mésestimables?Bon il y en a une tartine sur Wikipedia et sur ses origines nobles et tout le tintouin , donc je mets le lien pour les curieux et les inconditionnels de Markévitch, il y en a j'en suis sûr, il y a des inconditionnels partout, à condition de les trouver !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Igor_Markevitch

                                                   


Dernière édition par gluckhand le Mer 20 Nov 2013 - 12:58, édité 1 fois
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 20 Nov 2013 - 4:14

La fin de la guerre marque le début d'une carrière internationale. Il entreprend une carrière de chef d'orchestre qui le rendra universellement célèbre, à la tête principalement de l'Orchestre Lamoureux, de l'Orchestre philharmonique de Berlin et du Philharmonia à Londres. C'est pourquoi il est aujourd'hui plus connu pour son activité de chef que pour ses talents de compositeur.
De 1948 à 1956, il assure la classe de direction d'orchestre du Mozarteum de Salzbourg où il forme de futurs chefs prestigieux, tel Jean-François Paillard.
De 1952 à 1955, il est le chef de l'Orchestre de Stockholm. Il y découvrira le compositeur Franz Berwald et en laissera de magnifiques disques grâce aux sessions d'enregistrement des années 1953 à 1955 avec le Philharmonique de Berlin. MERCI WIKIPEDIA

J'avoue méa culpa, que je ne connais pas  hélas ses enregistrements de Berwald



Mais on peut aborder sa période ou il enregistre beaucoup pour la marque jaune dont une Création de Haydn qui reste pour moi encore une référence aujourd'hui, ainsi que la Messe de sainte-Cécile de Gounod, oeuvre à l'époque très peu ou pas du tout enregistrée.
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Jeu 21 Nov 2013 - 14:36

Dommage que personne n'ait quelques mots à ajouter sur Markévitch et sur ses disques , mais c'est pas grave, il y aurait presque une tribune des critiques de disques à faire ,sur le Sacre ,rien qu'avec les enregistrements de Markévitch, là j'écoute une version du Sacre enregistré avec l'Orchestre de la Suisse romande qui répond au quart de tour ,vraiment comme un seul homme, bon c'est pas la version survoltée que j'attendais mais par contre, elle est remarquablement enregistré ,mais j'y reviendrais!
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Jeu 21 Nov 2013 - 14:41

En effet, très bel enregistrement de la Messe de Gounod, beaucoup plus noire que les autres versions. Que ce soit dans le choix des solistes ou de la direction, Markevitch semble vraiment vouloir donner une tournure sombre et impressionnante de l'oeuvre. Pas sûr que ce soit le souhait de Gounod pour cette oeuvre qui me semble plus baignée de lumière qu'autre chose, mais le résultat est assez saisissant.

Sinon, parmi ses disques références, il y a aussi sa Damnation de Faust (Berlioz)...
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Jeu 21 Nov 2013 - 15:12

Moi personnellement j'aime beaucoup sa version de la Création de Haydn, oeuvre pour finir à l"époque pas si enregistrée que cela, faut dire que les chanteurs sont superbes!
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 23 Nov 2013 - 1:30

gluckhand a écrit:

Dommage que personne n'ait quelques mots à ajouter sur Markévitch et sur ses disques ,
Smile Il y a tellement à dire, on ne sait pas quoi commencer.


gluckhand a écrit:

il y aurait presque une tribune des critiques de disques  à faire ,sur le Sacre ,rien qu'avec les enregistrements de Markévitch, là j'écoute une version du Sacre enregistré avec l'Orchestre de la Suisse romande qui répond au quart de tour
Ah oui, on peut évoquer ses Sacre...

Deux fois avec le Philharmonia pour Columbia, + de multiples lives (avec le LSO, le Philharmonique de Varsovie...)

Je ne garde pas un grand souvenir de la version que tu cites, avec l'OSR. De mémoire ça date de 1981 ou 1982, en tout cas la toute fin de sa carrière. Une interprétation très sontanée, jaillissante, mais aussi des moments brouillons, dépenaillés (la Glorification...)
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Xavier
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 23 Nov 2013 - 1:33

gluckhand a écrit:
Dommage que personne n'ait quelques mots à ajouter sur Markévitch et sur ses disques , mais c'est pas grave, il y aurait presque une tribune des critiques de disques  à faire ,sur le Sacre ,rien qu'avec les enregistrements de Markévitch, là j'écoute une version du Sacre enregistré avec l'Orchestre de la Suisse romande qui répond au quart de tour ,vraiment comme un seul homme, bon c'est pas la version survoltée que j'attendais mais par contre, elle est remarquablement enregistré ,mais j'y reviendrais!
C'est qu'on a déjà pu parler de tout ça dans les sujets dédiés aux oeuvres en question.

Il me semble qu'on a déjà parlé de ses différentes versions du Sacre et beaucoup aussi de sa Damnation de Faust.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 23 Nov 2013 - 1:45

Sa discographie est quand même très riche, et riche en surprises.

Comme ce disque Boulanger que je viens de trouver en fouinant :

Réédité en CD chez Everest, et aussi par Emi (mais à prix d'or).

Spoiler:
 
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 23 Nov 2013 - 4:23

Moins surpris Mélomaniac par son enregistrement de Lili Boulanger que par ses enregistrements des symphonies de Berwald qu'il me personnellement semble n'avoir jamais vu en 33 tours .Pour Lili Boulanger, j'ai souvent vu traîner ce disque FESTIVAL, avec d'autres oeuvres d'elles dirigé toujours par Markévitch moins que celui dont tu parles Mélomaniac .



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gluckhand
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 23 Nov 2013 - 4:30

Mon premier souvenir de Markévitch remonte à ses enregistrements avrc l'Orchestre Lamoureux, orchestre dont je sais pas s'il existe encore mais qui avait encore à l'époque une grande renommée?
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warren 60
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 1 Fév 2014 - 4:02

J'ai réécouté il y a quelques jours La Création de Haydn par Markévitch (DG) est c'est vraiment superbe ! Il est d'une attention incroyable envers ses solistes : Seefried, plus qu'angélique, me semble par moment d'une candeur presque adolescente et le chef respire avec elle. Kim Borg est excellent, comme toujours, et Richard Holm a des faux airs de Dermota qui passent très bien, surtout dans les récitatifs. Mais c'est avant tout l'orchestre qui est remarquable, jamais trop puissant, chaleureux, un peu "à l'ancienne" pour la sonorité d'ensemble, mais très clair quant aux lignes des bois.

Sinon, malgré quelques bémols, j'ai trouvé bien de l'intérêt à un double CD Lys (édité en 2000), consacré à des "concerts moscovites" (titre du CD) donnés avec l'orchestre symphonique d'U.R.S.S. Voici la composition de l'ensemble :
CD 1 :
4ème symphonie de Brahms (1960) : très puissant, avec un son russe d'époque typé (vibrato des cordes, cuivres) sans que ce soit Golovanov quand même, andante un peu trop carré, mais mouvements finaux impériaux, presque hautains (fin du III à tomber   ).
1ère symphonie de Chostakovitch (1960) : très ironique, vif (étonnamment pour le lento), quelques toux inopportunes....
Danse des bergers de Casse-Noisette de Tchaïkovski (1960) : anecdotique.

CD 2 :
Ouverture de Rousslan et Ludmila de Glinka (1960) : presque aussi fort que Mravinski !
Valse de Ivan Sussanine de Glinka (1964) :  thumleft 
Danses Polovstsiennes du Prince Igor de Borodine (1960) : un peu séquentiel par moments, mais ultra-vivant (les tempi !).
Anthologie Wagner (ouverture de Tannhäuser, Chevauchée des Walkyries, ouverture des Maîtres Chanteurs, Prélude et Mort d'Isolde, Lever de soleil et voyage de Siegfried sur le Rhin) : seule partie que je n'ai pas réécoutée récemment, désolé, mais dans mon souvenir les extraits de Tannhäuser et de Siegfried dominaient le corpus.

Attention, le son n'est pas extraordinaire (saturations) et l'orchestre non plus (bois pas très justes dans Brahms), mais dans l'ensemble, tout ceci est pris à bras le corps, ça flamboie vraiment et l'alliage de rigueur et d'enthousiasme du chef avec l'extraversion des musiciens russes est passionnante.
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 1 Fév 2014 - 13:02

warren 60 a écrit:

Danse des bergers de Casse-Noisette de Tchaïkovski (1960) : anecdotique.

 
 
Une "Danse des Bergers" dans Casse-Noisette, tu es sûr ?  scratch
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warren 60
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Sam 1 Fév 2014 - 13:25

Embarassed désolé...c'était en fait la danse des mirlitons (voilà où ça mène d'envoyer des messages à 4 heures du matin !). Pour ma peine, je vais la réécouter, tiens !
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 16 Avr 2014 - 0:57

Mélomaniac, in Symphonie n°5 de Beethoven, a écrit:

C'est d'ailleurs significatif voire paradoxal que deux interprétations parmi les plus exaltantes émanent de chefs plutôt réputés pour leur rigueur et leur froide méticulosité : le présent témoignage de Markevitch, et Szell avec le Wiener Philharmoniker lors de leur dernier concert au Festival de Salzbourg (1969).



DavidLeMarrec a écrit:

Markevitch, froid ?  Ce n'est quand même pas l'effet que produisent ses Berlioz. Il était plus prudent dans les répertoires où il était moins à l'aise, mais ça ne me paraît pas une caractéristique généralisable.

La comparaison avec Szell / Vienne est évidente, mais à l'avantage de Markevitch pour moi : j'entends moins de virtuosité (et pour cause hehe), mais une mise en valeur tellement habitée de chaque strate... rien n'est tourné vers l'éclat, j'y perçois une densité supérieure. Peut-être est-ce grâce à la prise de son, d'ailleurs, mais peu importe, le résultat est là.


A quels Berlioz penses-tu ? La Damnation ?

Son Harold, que j'ai réécouté récemment, reste assez frigide.
Pour la Fantastique, les Lamoureux apportent un peu de chair et de chaleur à une approche qui se distingue par son implacable contrôle. Quant à la précédente version berlinoise de 1953, le cérémonial est encore plus lapidaire.

C'est quand même Markevitch qui proclamait inutile de transpirer en s'agitant comme un diable, ce qui transparaît dans la perfection glaciale de nombre de ses enregistrements -et qui ne retranche rien à leur valeur intrinsèque, ni à leur édifiante stature.

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 16 Avr 2014 - 1:07

Mélomaniac a écrit:
A quels Berlioz penses-tu ? La Damnation ?
Damnation évidemment. Et puis les trois premiers mouvements de la Fantastique, inégalés.

Citation :
Pour la Fantastique, les Lamoureux apportent un peu de chair et de chaleur à une approche qui se distingue par son implacable contrôle. Quant à la précédente version berlinoise de 1953, le cérémonial est encore plus lapidaire.
Pas du tout d'accord, il y a là une chaleur mais aussi une grande souplesse (certes très travaillée, mais c'est le métier), surtout quand on compare aux autres chefs français...

Citation :
C'est quand même Markevitch qui proclamait inutile de transpirer en s'agitant comme un diable
Mais ça n'a rien à voir avec le contenu de la direction ; ça peut tout au plus nous donner des indications sur le tempérament du chef. Il a raison, d'ailleurs : quand on est chef permanent, le travail se fait en amont. C'est lorsqu'on est invité occasionnel qu'il faut être expressif même pendant le concert...
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 16 Avr 2014 - 21:03

il serait peut-être temps de parler de l'immense compositeur plutôt que du grand chef?
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Tontonjimi
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 2 Mai 2014 - 17:44


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fomalhaut
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Dim 18 Mai 2014 - 19:31


Réflexion brutale : Que de louanges pour ce chef...... qui ne m'a jamais enthousiasmé !
Quelqu'un dont on parlait beaucoup dans les années cinquante et qui faisait parler de lui quand on oubliait d'en parler !
Un des interprètes les plus grossiers et les plus bruyants des symphonies de Beethoven !

Un peu de sérieux !

La damnation de Faust, un exemple ? Avec des coupures pour faire tenir l'affaire en 2 LPs, de qui ce moque-t-on ?
Une direction musicale nerveuse (la ou d'autres diront incisive) mais finalement incomplète et inaboutie.....

Plus qu'un chef ou un compositeur, Markevitch me semble avoir été un animateur : le meilleur de ce qu'il a fait, c'est le LP consacré à la musique de Lili Boulanger.
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Aoû 2015 - 0:21

Smile A paraître, dans la collection Icon, un pavé consacré aux enregistrements Columbia-HMV, dont plusieurs avaient déjà été réédités par Emi (notamment dans le coffret Les Introuvables) ou Testament.
Mais des raretés comme deux symphonies de Haydn, la de Tchaikovsky, la de Chostakovitch, L'Italienne, L'Inachevée, des Ouvertures de Rossini... et deux oeuvres de Markevitch lui-même (L'Envol d'Icare, Le Nouvel Âge).

http://www.amazon.fr/gp/product/B010RQBBJA

Programme ici : http://www.prestoclassical.co.uk/r/Warner%2BClassics/2564615493

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Anaxagore
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mar 12 Jan 2016 - 1:31



L'une des meilleures intégrales des symphonies de Tchaikovsky selon moi. Idéale pour tous ceux qui n'aiment pas les excès de sirop ... C'est sec, précis, violent. Un seul regret, le LSO est parfois un peu bourrin ...

Je ne comprends par contre pas la mention du New Philharmonia en couverture. Les six ont été enregistrées par le LSO.
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mar 12 Jan 2016 - 1:40


Pour Philips, Markevitch enregistra aussi des poèmes symphoniques (Francesca da Rimini, Hamlet) en juin 1967, avec le Philharmonia, mais ils ne sont pas repris dans ce coffret.
Au verso du boîtier Newton, il n'est fait mention que du LSO. C'est donc une erreur qui apparaît sur la couverture Wink




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Anaxagore
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mar 12 Jan 2016 - 1:46

Mélomaniac a écrit:

Pour Philips, Markevitch enregistra aussi des poèmes symphoniques (Francesca da Rimini, Hamlet) en juin 1967, avec le Philharmonia, mais ils ne sont pas repris dans ce coffret.
Au verso du boîtier, il n'est fait mention que du LSO. C'est donc une erreur qui apparaît sur la couverture Wink






Oui, je connais ces poèmes symphoniques avec le Philharmonia, excellents d'ailleurs. Mais, en regardant l'envers du boîtier ci-dessus, il n'était fait mention que des symphonies. D'où ma surprise. Mais tu me confirmes qu'il s'agit bien d'une erreur Very Happy . La négligence éditoriale des labels qui bradent les catalogues atteint des sommets aujourd'hui Rolling Eyes . Mais bon, il y a un revers positif à la médaille, ça ne coûte plus rien hehe .
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mar 12 Jan 2016 - 8:03

Anaxagore a écrit:
Mais bon, il y a un revers positif à la médaille, ça ne coûte plus rien hehe .

Un deuxième : c'est réédité et accessible !
(Quand je pense au mal que je me suis donné pour mettre la main, en son temps sur la Shéhérazade et le Manfred avec le LSO pale ...)
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mar 12 Jan 2016 - 22:43

Smile Je me suis penché sur deux enregistrements de Roméo et Juliette (Tchaikovsky) que Markevitch réalisa pour Columbia :

1) Orchestre national de la Radio française (mars 1954)

2) Philharmonia Orchestra (février 1959)

J'ai succombé à la première version : les bois si expressifs au début, les césures dramatiques (rarement entend-on silences si oppressants), la dramatisation du conflit qui oppose les familles rivales, la grandeur tragique de la conclusion...
En sus de ses couleurs typiques, l'orchestre de la Radio a rarement semblé si virtuose que sous cette baguette !

Certains chefs tirent cette oeuvre vers l'univers féérique des ballets, alors qu'ici on reste verrouillé dans un pathos assez froid, sans sirop romantique dans les épisodes lyriques.
J'attire votre attention sur l'exceptionnelle foucade entre 4'50-5'09 (jamais entendu ce passage joué de façon si perturbatrice !), -comme si le sort funeste des amants était déjà scellé sous une irrépressible déréliction. Voilà qui nous rappelle que Markevitch dirigea aussi le répertoire chorégraphique et savait ménager quelques effets de scène où parle le sang slave.
Dans le disque anglais de 1959 se reproduit ce même débordement (4'51-5'14), un peu différemment assumé par l'orchestre londonien dont les textures plus veloutées et chaudes qu'à Paris se soumettent néanmoins à l'approche intransigeante du chef russe.

Voilà le fichier à télécharger pour entendre ces enregistrements : https://yadi.sk/d/K5Na87iemrHKG  santa

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Anaxagore
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 13 Jan 2016 - 2:00

Mélomaniac a écrit:
Smile  .... dans un pathos assez froid, sans sirop romantique dans les épisodes lyriques.

Voilà qui pourrait m'intéresser. C'est rare les versions de Roméo qui ne caramélisent pas  hehe  ...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 13 Jan 2016 - 13:23

Merci beaucoup. Autant je ne suis pas favorablement impressionné par ses Symphonies (qui me paraissent étrangement lisses), autant les poèmes symphoniques de Markevitch m'ont jusqu'ici largement convaincu. Cette version de la RTF (que je découvre, merci à toi) est effectivement très particulière : les bois qui sonnent comme un harmonium, les cordes peu vibrées, orchestre pas très beau mais capté de façon beaucoup plus équilibrée qu'à l'ordinaire. Les ponts et épisodes intermédiaires sont très réussis.
Tu as raison, c'est très nerveux, mais il y a une forme de distance – j'ai l'impression néanmoins que c'est surtout lié aux limites des musiciens (je n'avais jamais entendu un flûtiste de ce niveau faire une gamme aussi saccadée que le piccolo ici…), on sent qu'ils hésitent, lèvent le nez vers la partition, et qu'ils ont besoin de certaines respirations pour terminer le geste. Néanmoins, c'est chouette, très différent de l'ordinaire, avec des couleurs vraiment françaises… J'aime beaucoup, merci.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 13 Jan 2016 - 22:12

DavidLeMarrec a écrit:

une forme de distance – j'ai l'impression néanmoins que c'est surtout lié aux limites des musiciens


Quoique, comme je l'écrivais, l'Orchestre de la Radio ne m'a jamais semblé plus virtuose qu'ici -ce à quoi tu vas cyniquement répondre que nos propos ne sont pas contradictoires bedo
Je n'ai noté aucune détresse instrumentale, ni impéritie particulière. Il règne vraiment une concentration parmi les pupitres, on sent que Markevitch est parvenu à instiller une implication qui se ressent dans l'impeccable tension narrative maintenue de bout en bout.
Je ne m'étendrai pas sur les timbres qui spécifient un orchestre français de l'époque -notamment ces bois d'une verdeur d'harmonium, comme tu l'écris fort justement.
L'atout de cette interprétation vient qu'elle réussit une synthèse spontanée entre une transparence typiquement cartésienne de la texture (et aussi des intentions dramatiques) et une sorte de passion à froid. Sa compréhension s'assortit d'une distance qui lui évite les implications trop racoleuses et le sirop lacrymal.
On retrouve donc ici le même type d'approche que dans sa Fantastique berlinoise (DG) où il épure une magistrale rationalisation de la dramaturgie berliozienne, répondant à son credo artistique d'inspiration sans transpiration.


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 13 Jan 2016 - 22:25

Mélomaniac a écrit:
Quoique, comme je l'écrivais, l'Orchestre de la Radio ne m'a jamais semblé plus virtuose qu'ici -ce à quoi tu vas cyniquement répondre que nos propos ne sont pas contradictoires

Exactement. Smile Ils sont vraiment beaucoup plus homogènes qu'à l'ordinaire, mais on les sent tout de même fébriles dans les moments les plus périlleux. Comme ce sont de grands lecteurs, ils s'en sortent très bien, mais il y a une multitude de petites césures où l'on sent que les têtes se relèvent vers la partition, où les doigts se positionnent pour la suite.


Citation :
Sa compréhension s'assortit d'une distance qui lui évite les implications trop racoleuses et le sirop lacrymal.

On dit toujours ça, et c'est peut-être que je n'écoute que de bonnes versions, mais du Tchaïkovski facile, racoleur, trop lacrymal, je n'en ai jamais entendu. C'est une musique qui exhale le pathos, mais c'est tellement bien écrit que ça peut difficilement sonner facile. En tout cas je serais incapable de citer un enregistrement où j'aie ressenti ce type d'écœurement. Trop lyrique à mon goût, soit, mais pas de faute.


Citation :
On retrouve donc ici le même type d'approche que dans sa Fantastique berlinoise (DG) où il épure une magistrale rationalisation de la dramaturgie berliozienne, répondant à son credo artistique d'inspiration sans transpiration.

Peut-être le même type d'approche, mais le résultat n'est pas du tout le même (là, c'est l'inverse, l'orchestre très rond et cohérent avec lui-même lisse un peu sa lecture par rapport aux Lamoureux).
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 13 Jan 2016 - 22:32

DavidLeMarrec a écrit:

une multitude de petites césures où l'on sent que les têtes se relèvent vers la partition, où les doigts se positionnent pour la suite.


J'ai oublié de préciser que je préfère ce type d'interprétations où l'on sent les musiciens s'approprier la partition dans l'instant, plutôt que des grosses machines où les interventions se jouent et s'enchaînent mécaniquement, et qui génèrent un fatal ennui de prévisibilité.



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Mer 13 Jan 2016 - 22:46

Oh, c'est loin d'être un problème pour moi, on l'aura remarqué ; mais en l'occurrence, je crois que c'est la source de leur distance émotionnelle plus que les directives de Markevitch… Au demeurant, je l'ai dit, j'ai beaucoup aimé.
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Rav-phaël
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Jeu 27 Juil 2017 - 17:52

Parce que je suis dans une de ces périodes "Mythologie grecque" en ce moment, au gré de promenades musicales ;

J'en suis venu aujourd'hui à (ce qui me paraît être une obsession, j'apprends même qu'il en a écrit un essais philosophique ... ) l'évocation du mythe d'Icare dans l'oeuvre d'Igor Markevitch  Smile .

Et ça m'a plu ! Beaucoup !

Alors, je viens d'écouter son ballet  Icare
Il trouve son origine dans une composition de 1932 – 33,  L'envol d'Icare, un projet de ballet retravaillé et terminé en 1943.

paru chez Naxos !



C'est une musique à l'esthétique dépouillée, nue, ascétique, où il ne reste que des effets de musique "pure", mais elle porte toutefois son costume figuraliste : il s'agit bien d'un ballet (avec un argument, donc). Elle me fait exactement le même effet qu'une oeuvre comme Popol vuh chez Ginastera, par exemple.

C'est une musique mécanique, dans son fonctionnement, l'influence de toute cette école, de toute cette modernité me paraît dominante, qui s’articule autour de figures, elles–mêmes mises en forme dans un travail prononcé et complexe du rythme, et du pupitre des percussions.

De plus, elle possède ses originalités musicales, dans le travail d'orchestration, jusque dans son emploi fait du quart–de–ton.

L'ensemble donne une oeuvre qui possède une belle énergie, charismatique (dans certains mouvements comme L'Envol d'Icare, qui d'ailleurs est magnifique je trouve !).

C'est une grande musique ! vraiment ! Du moins pour moi  Very Happy . à écouter ! J'y entends quelque chose de très beau — j'ai employé l'adjectif "charismatique" (le terme me semble juste). C'est une musique bâtie d'intelligence, qui possède beaucoup de noblesse aussi et je ne suis pas étonné d'apprendre que Darius Milhaud avait considéré sa création comme une date probablement influente dans l'évolution de la musique.

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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Jeu 27 Juil 2017 - 18:10

Naxos avait publié, il n'y a pas si longtemps, une grosse portion de ses œuvres orchestrales. Je n'avais pas été complètement ébloui, je crois bien (en tout cas je n'avais pas éclusé le fonds), et notamment par Icare. Je retenterai, alors (j'avais classé ça dans la catégorie on-le-joue-pour-satisfaire-la-légitime-curiosité-des-fans-du-chef, plutôt du côté de Furtwängler que de Fried ou Doráti).
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Rav-phaël
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Jeu 27 Juil 2017 - 18:19

Je ne sais pas si c'est une musique, à proprement parler, "géniale" (^^), du moins qui retient l'attention comme quelque chose de miraculeux ! Il faut bien évidemment être sensible à ce genre de démonstration esthétique. Mais, pour me répéter Smile , j'y entends (j'y crois beaucoup !) une véritable grandeur et une remarquable intelligence, qui possède beaucoup de noblesse aussi, etc ... 

Bref. Je juge comme toujours sous le coup de mes émotions toutes chaudes (elle tourne encore dans ma chambre), mais je pense avoir raison d'y entendre de la valeur ! Si je peux me permettre de donner un peu de crédit à mon expérience acquise de mélomane  dwarf  .

Non, non (contrairement à des cas comme Fürtwangler ou Walter, effectivement [  silent  ] ), j'ai bien envi de considérer, à la seule lumière de cette petite expérience d'aujourd'hui, certes, que Igor Markevitch a quelque chose, vraiment, quelque chose !

Dans sa famille esthétique ; j'ai parlé de Popol vuh d'une certaine manière, j'aurais pu citer Phèdre de Georges Auric et je crois que la comparaison est plus sensible, y compris en terme de valeur : on doit être au même niveau. Messiaen n'est pas loin aussi.

En tout cas, de mon côté, c'est totalement ma came, dans l'art et la manière ! la manière dont il a traité musicalement "L'Envol d'Icare" ! (proche de Pacific 231), ou bien le fantastique tableau à la Messiaen intitulé "Icare et les Oiseaux" !, je vais aller prendre le temps de m'intéresser à toute sa musique !

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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 10:14

Rav-phaël a écrit:
Dans sa famille esthétique ; j'ai parlé de Popol vuh d'une certaine manière, j'aurais pu citer Phèdre de Georges Auric et je crois que la comparaison est plus sensible, y compris en terme de valeur : on doit être au même niveau. Messiaen n'est pas loin aussi.

J'ai entendu le dépouillement dont tu parles, mais quand même, par rapport à Auric et Ginastera, c'est une musique ouvertement atonale, non ?
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 12:16

Oh, je n'ai pas l'oreille absolue, je n'ai pas une paire d'oreilles aussi expertes que celles de Xavier (ou les tiennes Wink ), et d'ailleurs tu vois, ça ne m'a même pas marqué, je n'y ai même pas prêté attention. Je suis un auditeur plutôt superficiel, quand je découvre une oeuvre, tout absorbé par le plaisir que j'y prends, et l'histoire racontée et la manière (formelle) dont elle l'est.

Dans le détail, je ne me suis même pas posé la question, m'enfin oui c'est clairement une musique dont la modernité du langage ne doit pas être très loin d'une atonalité ; totale ? quand même, ça ne m'étonnerait pas qu'il reste tout de même par ci par là quelques pôles structurants. Je ne m'en souviens pas.

Effectivement, de mémoire, c'est une musique qui semble véritablement fonctionner d'une autre manière. J'ai fait le rapprochement avec la peinture (bon, c'est toujours un peu comme ça chez moi, je ne peux pas percevoir la musique autrement). Il y a une forme d'abstraction dans cette musique qui m'a fasciné. Elle me paraît effectivement justifier ta question, l'emploi d'un langage dominant autre que celui du système tonal dû à l'organisation formelle particulière de l'oeuvre. 

Ceci dit, lorsque j'évoque Ginastera, c'est surtout pour l'effet sensible que les deux oeuvres produisent sur moi, qui est sensiblement le même, avec une certaine parenté esthétique dans ces paysages sonore ascétiques, rythmiques, assez picturale. J'avais l'impression d'observer le même type de paysages. Phèdre aussi, à ceci près qu'il me semblait y trouver une parenté stylistique encore plus juste (d'autant que Markevitch vit dans le bain de ces compositeurs, avec qui il devait certainement être ami).

Ce n'est que mon impression ; pour vous faire une description la plus efficace possible de ce à quoi ressemble cette musique, j'étais assez fier du mélange de tout ce que j'ai évoqué Very Happy : Pacific 231, Phèdre, Popol vuh, un peu de Messiaen, ... 

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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 12:52

À la réécoute, attentive maintenant à cette question, ... et bien je ne sais pas ^^ .

C'est très étrange comme manière, lorsqu'on s'interroge là–dessus ! On perçoit quand même nettement, dans les mouvements mélodiques c'est évident, quelques choses de totalement tonal, normal lorsqu'on regarde du côté de n'importe quel compositeur tonal du début du XXe siècle (la parenté avec l'écriture de Roussel vient de me sauter à la figure !). Isolées, j'ai l'impression que la plupart des éléments sont parfaitement identifiables par rapport à un contexte tonal.

La plupart des éléments, pris séparément, me paraissent s'y inscrire. C'est leur rencontre, leur organisation qui révèle un langage peut–être ouvertement atonale tel que tu l'as remarqué. C'est leur agencement, sur la toile, qui, maintenant je m'en rends compte, révèle cette modernité tout à fait intéressante, certainement à l'origine du commentaire de Milhaud. Il y a beaucoup de jeu de mouvement par demi–ton, où l'on passe d'un évènement à l'autre par là. C'est frappant dans "L'Envol d'Icare", qui avance doucement, de transposition en transposition par effet chromatique. Et puis il y a un travail de la répétition qui semble préfigurer les John Adams & co., qui rappel aussi les manières de Janáček qui aime exploiter par la répétition toute la substance contenue dans ses motifs. C'est perturbant, parce qu'on aurait vite fait de conclure à un langage décousu, fait de collage, et qui ne va nul part. Pourtant, il me semble que Markevitch à su conserver justement peut–être de ces évocations tonales (peut–être plus que véritable présence), à moins que ce ne soit justement de la force du chromatisme, leur capacité à créer un discours qui avance, qui raconte son histoire et va, sans se perdre, suivant son propre chemin tout à fait perceptible.

Ici, la capacité de mon oreille s'arrête, j'aurais besoin de la partition mais, franchement, je suis fasciné par son intelligence ! C'est une musique extrêmement picturale. Mais à ta question, sincèrement, j'aurais presque envi de répondre non. J'ai cette impression forte que c'est une musique tonale, si si, mais qui ne s'affirme pas, comme une tonalité qu'on entendrait taper à la porte sans jamais la lui ouvrir. Elle est là, mais Markevitch ne la laisse pas s'exprimer. Quelqu'un dirait "Ceci n'est pas la tonalitéWink .

À la réécoute, j'aime encore plus qu'hier !!



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 13:36

J'ai donc réécouté. C'est plus évident dans Icare que dans l'Envol d'Icare : on a vraiment des bouts de discours tout à fait familier, comme tu disais, effectivement de la tonalité dégingandée (quitte à superposer un peu vers de la polytonalité), mi-populaire mi-touffue, pas sans rapport avec Milihaud et Auric, c'est vrai. Pas vraiment mon genre, cette hésitation (comme Prokofiev, qui me gêne assez pour ça), mais oui.

Dans l'Envol, c'est une tonalité beaucoup plus lâche et discutable, plus proche des logiques du Sacre que du Groupe des Six.

Ça ne me renverse pas (et j'avais mis ça sur le compte de la composition au delà de mes goûts), mais je vois mieux ce que tu veux dire.

Ce n'est effectivement pas anodin dans le sens où ça reproduirait des choses familières en moins bien (comme Furtwängler), mais je ne suis pas sûr que ce sont fabuleusement bon pour autant.

D'autres titres qui t'ont attiré ? Je n'avais écouté que le disque avec l'Envol, je crois. Peut-être un autre aussi, mais il faudrait que je cherche lequel, si j'en ai trace dans mes notes.
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 15:22

DavidLeMarrec a écrit:
Rav-phaël a écrit:
Dans sa famille esthétique ; j'ai parlé de Popol vuh d'une certaine manière, j'aurais pu citer Phèdre de Georges Auric et je crois que la comparaison est plus sensible, y compris en terme de valeur : on doit être au même niveau. Messiaen n'est pas loin aussi.

J'ai entendu le dépouillement dont tu parles, mais quand même, par rapport à Auric et Ginastera, c'est une musique ouvertement atonale, non ?

Tu entends beaucoup de tonalité dans Popol Vuh?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 15:36

Je parlais de Ginastera en général. Effectivement, j'ai jeté une oreille au début, on est bel et bien chez Markevitch, comme le disait Rav-phaël, entre ça et Auric, il y a des traits des deux !

Pas du tout d'aspect tonal, en effet (Markevitch a quand même des réminiscences beaucoup plus nettes, même dans l'Envol).
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MessageSujet: Re: Igor Markévitch (1912-1983)   Ven 28 Juil 2017 - 23:52

DavidLeMarrec a écrit:

Ça ne me renverse pas (et j'avais mis ça sur le compte de la composition au delà de mes goûts), mais je vois mieux ce que tu veux dire.

Ce n'est effectivement pas anodin dans le sens où ça reproduirait des choses familières en moins bien (comme Furtwängler), mais je ne suis pas sûr que ce sont fabuleusement bon pour autant.


Non non, clairement  Smile  ; sans vouloir me donner une autorité en la matière, je suis de plus en plus persuadé des qualités de Markevitch, aussi bien technique que sensible !

Après, c'est encore mon goût tout à fait subjectif qui parle bien sûr. Moi j'adore ce genre de musique ! C'est une poétique, autant qu'un imaginaire poétique, qui me parle beaucoup ! Mais je peux concevoir que pour d'autres ce ne soit qu'une sympathique curiosité (même si, quand même, roh, c'est franchement une musique ..., roh !!).

Je suis content qu'on en parle un peu depuis hier. Peut–être qu'il est temps qu'on commence à le considérer en tant que véritable compositeur.



DavidLeMarrec a écrit:

D'autres titres qui t'ont attiré ?  Je n'avais écouté que le disque avec l'Envol, je crois. Peut-être un autre aussi, mais il faudrait que je cherche lequel, si j'en ai trace dans mes notes.


Je suis trop pris par le boulot ... snif   Mad  ! Quand j'aurais le temps je continuerais mon voyage. Après, j'ai déjà jeté un oreille sur quelques pièces comme la Partita , la Cantate ou surtout La Taille de l'Homme et c'est cette dernière qui a le plus retenu mon attention. Mais, encore une fois, étant donné que je suis particulièrement réceptif à ce genre de personnalité ... je ne sais pas si ça peut t'intéresser. Icare reste ma référence !

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