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 Dvorak : Rusalka

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hugo75
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MessageSujet: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyLun 3 Mar 2014 - 18:56

On a parlé de la discographie de ce chef d'œuvre de l'opéra tchèque dans la rubrique "général" et j'espère qu'on ne m'en voudra pas de reprendre ces interventions dans ce nouveau fil de manière à faciliter les recherches des internautes :

aurele a écrit:
Je sais qu'on est pas en rubrique discographie mais autant en parler ici. J'ai visionné la production de Carsen de Rusalka filmée à l'ONP en 2002. Cela m'a clairement changé de la production vue à Nancy il y a deux ans me semble-t-il. Si la direction d'acteurs en elle-même n'est pas transcendante, le travail sur l'effet miroir et les lumières est remarquable. Le décor fonctionne très bien avec l'oeuvre.

Belle direction de James Conlon, beau lyrisme.

Renée Fleming que je connaissais par le biais d'un témoignage du Met de 2009 est superlative dans ce rôle qui est un de ses rôles favoris. Je ne connais pas encore la version de studio Mackerras en entier, antérieure à ce live de l'ONP. Vocalement, c'est somptueux. Après, sur le plan scénique, ce n'est pas très intéressant. Fleming n'a jamais été une grande actrice de toute manière. La production ici ne l'aide pas de toute manière à être extraordinaire sur ce plan là. Les sentiments de la nymphe ressortent bien néanmoins, notamment au III que j'ai trouvé extraordinairement réussi. Pour la romance à la lune, je la préfère dans le récital avec Solti ou dans le studio avec Mackerras. En me basant sur ces dernières interprétations de cet air, j'ai quelques réserves sur sa Rusalka à venir l'an prochain au Met. Ce sera sa quatrième incursion dans le rôle là-bas dans la production de Schenck.
Larissa Diadkova est parfaite en sorcière machiavélique. Le grain de voix convient idéalement au rôle et elle a une présence scénique fantastique.
Sergei Larin est un Prince superbe, il a une beauté de timbre indéniable et le duo du III est un des grands moments de cette captation.
Franz Hawlata est investi dans son rôle et touchant dans son air au II. Vocalement, c'est très bon.
Eva Urbanova est celle qui m'a le moins séduit, la voix manque de séduction, c'est trop criard et elle ne m'a pas marqué par sa présence scénique.
Michel Sénéchal est tout simplement savoureux, intelligent dans le rôle du Garde Forestier.
Karine Deshayes a fait du chemin depuis ce petit rôle de garçon de cuisine, rôle qui lui convient d'ailleurs comme un gant.
Beau trio de nymphes et bon chasseur.
C'est dans l'ensemble une version très recommandable et très réussie, équilibrée.

Polyeucte a écrit:
Encore une écoute de cette Rusalka de studio avec Fleming... et si certains entendent du Puccini ou du Tchaikovsky, moi j'ai été frappé par la parenté avec le Rimsky féérique... Sadko en particulier pour les ambiances marines, la façon de passer d'un thème tranquille à une fanfare presque pompière lors de l'arrivée du surnaturel...

Autre question... j'avais écouté la version avec Milada Šubrtová et si les chanteurs étaient superbes, j'avais trouvé l'orchestre un petit peu trop discret, sans les couleurs que peut retransmettre la version Mackerras...
Et du coup, quelqu'un connait ces deux autres versions?

Dvorak : Rusalka 51UmuY4nEyL
Dvorak : Rusalka 20187g

Nylund dans un cas... Barker dans l'autre... à priori des bonnes critiques lues dans les deux cas... mais voilà, où se lancer en priorité?

Séjour à Prague, l'an dernier, et discussion chez un petit disquaire (il en reste encore là bas !) au lendemain d'une représentation de Russalka que j'avais vu la veille au Théâtre national. Et naturellement, la discussion dévie sur "quelle est la meilleure version de l'œuvre ?". Bon, je pensais ne pas me ridiculiser en citant Mackerras mais mauvaise pioche : tous les client trouvaient cela trop wagnérien. Je joue mon joker avec Chalabala : c'était déjà beaucoup mieux mais la prise de son date un peu me fait-on remarquer. Et je leur rétorque : "mais qui choisir ?". Réponse en chœur du disquaire et de tous ses clients tchèques : Neumann ! Et joignant le geste à la parole, ils mettent le CD dans la boutique pour écouter religieusement Benackova (qu'ils vénèrent là bas) et Ochman dans la scène finale. Timbre de miel chez elle, couleurs cuivrées chez lui et nuances infinitésimales chez les deux : anthologique !  Et naturellement, bouleversé, j'ai acheté cette 3ème version de Russalka sans le regretter : jamais entendu mieux avec en cadeau bonus le splendide Vodnik de Novak, la direction frémissante de Neumann et une philharmonie tchèque chantant dans son arbre généalogique et idéalement captée.

Bon, maintenant, j'ai bien conscience de compliquer ton choix, Polyeucte :

Dvorak : Rusalka 61YIV2CfdiL._SP160,160,0,T_


Dernière édition par hugo75 le Mar 4 Mar 2014 - 9:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyLun 3 Mar 2014 - 19:13

Merci! Alors ça fera une troisième version possible... même si je n'y connais personne! hehe
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hugo75
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyLun 3 Mar 2014 - 20:37

Polyeucte a écrit:
Merci! Alors ça fera une troisième version possible... même si je n'y connais personne! hehe

Benackova est une icône en république tchèque (elle fut à son zénith dans les années 70-80) où l'influence de la pop music est moindre. Voici son grand air de Russalka :

/watch?v=Qul0b3e631k

Quant à Ochman, c'était le plus grand ténor polonais des années 60-70. Karajan (il est le Narraboth de sa Salomé avec Behrens) comme Böhm (dans certains Mozart), l'aimaient beaucoup. Voici un extrait du duo du tsarevitch de Lehar (avec Stratas qui, elle, n'est pas terrible) où tu peux te faire une bonne idée de son timbre et en plus, c'est d'un kitsch effréné:

/watch?v=KdyhDusA9cs

Malheureusement l'un et l'autre étaient à leur meilleur à l'époque du "rideau de fer"; ce qui n'aidait pas pour faire carrière à l'ouest...
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyLun 3 Mar 2014 - 21:02

En effet, Benackova c'est magnifique... lyrique et pur à la fois! Very Happy

Pour Ochman, c'est chouette aussi, mais Benockova, c'est vraiment superbe! Very Happy Very Happy
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyLun 3 Mar 2014 - 22:36

(c'est volontaire les deux "s" à Rusalka/Russalka? Je l'ai toujours vu écrit avec un seul...)
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:04

Beňačková, c'est toujours grandiose... La meilleure Aida que j'aie entendue, je crois bien. Et évidemment, dans son répertoire tchèque, elle plane magnifiquement.

Xavier a écrit:
(c'est volontaire les deux "s" à Rusalka/Russalka? Je l'ai toujours vu écrit avec un seul...)
On trouve parfois Roussalka, en translittération française, mais ça ne concerne que le russe. Comme le tchèque s'écrit en alphabet latin, il n'y a aucune raison de ne pas conserver Rusalka. Smile
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:06

Donc, pour répondre au vœu de Polyeucte et prolonger les efforts d'Hugo, j'essaie un petit point sur la discographie de Rusalka.

Je n'ai écouté que Keilberth, Krombholc, Chalabala, Apelt, Elder, Mackerras, Conlon et Hickox. Pour les autres, je me contente d'hypothèses (donc de préjugés) sur l'affiche... ça donne toujours une direction, mais ne garantit absolument rien.

Dans l'ordre de citation : Rusalka, Ježibaba, Prince, Ondin, Princesse Étrangère.

--

1951 – Joseph KEILBERTH – Urania, Hänssler (en allemand)
Chœurs de l'Opéra de Dresde. Staatskapelle de Dresde.
Elfride Trötschel, Helena Rott, Helmut Schindler, Gottlob Frick, Ruth Lange.

Version pas très intéressante : l'œuve perd beaucoup de saveur en allemand, la direction est très sommaire (aussi bien dans l'intention que dans la réalisation), et Trötschel est tout sauf gracieuse. Une version en force, dont la poésie n'est pas le fort

--

1952 – Jaroslav KROMBHOLC – Supraphon
Chœur et Orchestre du Théâtre National de Prague.
Ludmila Červinková, Marta Krásová, Beno Blachut, Eduard Haken, Marie Podvalová.

Première version chez Supraphon, dans un son assez extraordinaire pour l'époque : les voix restent un peu en avant, mais l'orchestre est très lisible (et remarquablement assuré), avec des couleurs typées et beaucoup de chaleur dramatique.
On dispose en outre de plusieurs des plus grands chanteurs tchèques de tous les temps : Červinková, voix de dramatique placée avec clarté, très expressive (seule réserve : un peu stridente à l'acte III), et le divin Blachut, sorte de Bergonzi tchèque (quelque part entre l'héroïsme et la préciosité). Sans parler du grand luxe de Podvalová en Princesse étrangère.

Une version cohérente de bout en bout, très bien chantée, bien captée. Très belle référence.

--

1954 – Felix PROHASKA – Walhall (en allemand)
Radio autrichienne.
Eleanor Schneider, Hilde Rössel-Majdan, Waldemar Kmentt, Walter Berry, Gerda Scheyrer.

J'avoue n'être tenté par rien ici : ni l'orchestre de second ordre, ni la distribution pas exactement séduisante. Et toujours cette question de l'aplatissement prosodique en allemand.

--

1961 – Zdeněk CHALABALA – Supraphon (DVD également)
Chœur et Orchestre du Théâtre National de Prague.
Milada Šubrtová, Marie Ovčáčíková, Ivo Židek, Eduard Haken, Alena Míková.

La version légendaire de l'œuvre. Très belle, mais j'ai deux réserves importantes : j'aime beaucoup Šubrtová d'ordinaire (fantastique Léonore du Trouvère en tchèque), mais je trouve la voix un peu étroite et aigrelette pour un rôle de grand lyrique de ce genre. Plus gênant, la prise de son et la direction de Chalabala sont assez plates, le relief des pages est largement gommé.

Très bonne version, mais qui ne donne pas toute sa mesure à l'œuvre.

--

1971 – Arthur APELT – Eterna, Berlin Classics (extraits en allemand)
Chœur du Staatsoper Berlin, Staatskapelle Berlin.
Elka Mitzewa, Annelies Burmeister, Peter Bindszus, Theo Adam, .

Version originale et très typée, avec ses bois berlinois presque aigres, pour un univers plus dur et moins féerique. Assez convaincant, même si Mitzewa n'est pas la meilleure titulaire du rôle.

--

1976 - Bohumil GREGOR - Opera d'Oro
Chœurs de l'Opéra Néerlandais. Orchestre de la Radio Néerlandaise.
Teresa Stratas, Gwendolyn Killebrew, Ivo Žídek, Willard White, Gwendolyn Killebrew (Ježibaba et Princesse !).

En ce qui me concerne, un peu curieux (Stratas a ses qualités d'interprète, indéniables), mais pas vraiment tenté, mis à part la découverte des couleurs de l'orchestre...

--

1983 – Václav NEUMANN – Supraphon
Chœur Philharmonique de Prague. Orchestre Symphonique de Prague.
Gabriela Beňačková, Věra Soukupová, Wiesław Ochman, Richard Novák, Drahomíra Drobková.

Pas écouté, mais c'est clairement la version qui me tente le plus (avec la version sur le vif de 1987). Si Neumann, que je trouve trop neutre d'ordinaire, s'investit un peu, ce doit être la meilleure référence possible.

--

1986 – Mark ELDER – Arthaus DVD (en anglais)
Chœur et Orchestre de l'English National Opera. Mise en scène de David Pountney.
Eilene Hannan, Ann Howard, John Treleaven, Rodney Macann, Phillis Cannan.

Cette production est une excellente surprise : Pountney réussit une très belle lecture assez concrète, mais féerique, qui déborde de petits gestes éloquents. Par ailleurs, l'orchestre palpite avec beaucoup de chaleur sous la direction de Mark Elder, dont on sent clairement la maîtrise stylistique.

Eilene Hannan chante remarquablement, et Treleaven rayonne complètement à cette époque...

Principale réserve, l'anglais, totalement en bouillie : très peu de choses sont intelligibles, et l'intérêt du changement de langue paraît ténu.


--

1987 – Václav NEUMANN – Orfeo
Chœur et Orchestre de l'Opéra de Vienne.
Gabriela Beňačková, Eva Randová, Peter Dvorský, Yevgeny Nesterenko, Eva Randová (Ježibaba et Princesse).

Distribution encore plus tentante que celle de Supraphon, mais Neumann et Vienne mêlés, je crains vraiment la neutralité expressive et stylistique. À essayer.

--

1997 – Alexander RAHBARI – Koch
Academic Choir « Ivan Goran Kovačić ». Orchestre Philharmonique de Zagreb.
Ursula Füri-Bernhard, Nelly Boschkova, Walter Coppola, Marcel Rosca, Tiziana K. Sojat.

Pas essayé – Rahbari m'évoque les mauvaises années Naxos où l'on enregistrait le grand répertoire dans une atmosphère de cacheton. Mais peut-être, comme Halász, a-t-il un autre visage.

--

1998 – Charles MACKERRAS – Decca
Chœur mixte de Kühn. Orchestre Symphonique de Prague.
Renée Fleming, Dolora Zajick, Ben Heppner, Franz Hawlata, Eva Urbanová.

La version la mieux distribuée et la plus écoutée de l'œuvre. Elle n'est pas sans vertus ; plateau de stars, mais très soucieuses de se fondre dans le style :les liquidités affectées de Fleming se fondent assez bien dans ce personnage plaintif de conte bariolé, une vision très différente de la tradition, Heppner à son zénith chante avec application, mais pas sans générosité, et Urbanová est glaçante et superbe à la fois en Princesse Étrangère – elle aurait peut-être été un peu trop dramatique pour le rôle-titre, mais j'aurais aimé essayer tout de même.

Orchestralement, tout est merveilleusement détaillé, dans une lecture beaucoup plus hédoniste que dramatique : Mackerras exalte les velours plutôt que les reliefs, à rebours ici aussi de la tradition tchèque, beaucoup moins soignée et bien plus impétueuse.

Une très belle version qui peut servir de référence, mais qui ne dispense pas d'essayer d'autres lectures plus frémissantes et tranchantes.

--

2002 – James CONLON – TDK DVD
Chœur et Orchestre de l'Opéra de Paris. Mise en scène de Robert Carsen.
Renée Fleming, Larissa Diadkova, Sergej Larin, Franz Hawlata, Eva Urbanová.

Moyens et esthétique proches de Mackerras. Le problème réside précisément dans la comparaison : la distribution largement commune est dans un moins bon jour (ou plus fatiguée), Conlon cherche l'hédonisme mais trouve surtout la mollesse (et l'Orchestre de l'Opéra de Paris sonne évidemment considérablement moins bien dans cette musique), le visuel de Carsen tend surtout à retirer le merveilleux de la scène.

--

2006 – Franz WELSER-MÖST – Orfeo
Chœur de l'Opéra de Vienne. Orchestre de Cleveland.
Camilla Nylund, Birgit Remmert, Piotr Beczala, Alan Held, Emily Magee.

Intéressant s'ils sont dans un bon jour... Je m'interroge surtout sur le chef et l'orchestre (« style international » ?).

--

2007 – Richard HICKOX – Chandos
Opera Australia Chorus. Autralian Opera and Ballet Orchestra.
Cheryl Barker, Anne-Marie Owens, Rosario La Spina, Bruce Martin, Elizabeth Whitehouse.

Pas très enthousiaste sur celui-ci : Barker sonne très mûre, La Spina évoque vraiment l'école australo-américaine (avec ce timbre un peu farineux et pincé dans le nez)... sans parler de l'état du tchèque. L'intérêt est surtout à chercher chez Hickox, qui propose une lecture chambriste étonnante, très délicate et suspendue.

--

2009 – Jiří BĚLOHLÁVEK – Glyndebourne
Glyndebourne Festival Chorus. London Philharmonic Orchestra.
Ana María Martínez, Larissa Diadkova, Brandon Jovanovich, Mischa Schelomianski, Tatiana Pavlovskaya.

Parution récente dont on n'a pas à attendre beaucoup de grâce, mais j'aimerais beaucoup essayer l'Ondin de Schelomianski, à vrai dire, surtout que le rôle n'est pas extraordinairement servi au disque.

--

2010 – Tomáš HANUS – Unitel Classica DVD
Chœur et Orchestre de l'Opéra de Munich. Mise en scène de Martin Kušej.
Kristine Opolais, Janina Baechle, Klaus Florian Vogt, Günther Groissböck, Nadia Krasteva.

Là non plus, je n'imagine pas forcément Opolais idéale, mais le plateau est intrigant – en revanche, il faudra survivre à la relecture Kampusch de Kušej (tout le monde n'a pas envie de voir ça, surtout là-dedans).

--

Je crois que j'ai mentionné à peu près tous les enregistrements officiels. Il faut bien sûr se précipiter avec gourmandise sur les bandes enregistrées au Národní Divadlo (Théâtre National), pour la typicité du son serré et chaleureux... et le profil de distributions généralement très adéquates.

Si je devais conseiller, ce serait assez simple. Krombholc et Mackerras s'imposent, très belles alternatives opposées. Et puis, pour la chaleur dramatique, Elder, avec la réserve de l'anglais (mal articulé en plus).

Et Neumann 1983 peut tout exploser, j'ai envie de l'entendre depuis longtemps...


J'en profite pour dire que dans ce domaine, Dvořák me paraît clairement inférieur à Smetana, et que les meilleures versions de Rusalka ne peuvent que chatouiller les pieds de versions moyennes de Dalibor ou Libuše... Donc plutôt que de multiplier les versions, vous pouvez aussi aller voir de ce côté-là.


Dernière édition par DavidLeMarrec le Mar 4 Mar 2014 - 0:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:11

Ah tiens, je l'ai vu le DVD Hanus, ça mérite l'écoute et la vision, avec effectivement une mise en scène très particulière, mais pas mauvaise en soi.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:12

Comment est Opolais ? Je craignais un timbre un peu fruste pour le rôle (je l'aime bien d'habitude, je l'ai entendue en Lisa sur scène, c'était impressionnant).
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:18

Je n'ai que Fleming en comparaison dans ce rôle, donc j'ai trouvé ça très bien.  Smile 
Je ne pourrai pas te donner plus de détails, en plus ça date.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:19

Mais Fleming n'est vraiment pas mal ici, surtout chez Mackerras. Après ça reste Fleming, ça ne déborde pas de naturel, c'est sûr.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:21

J'ai franchement du mal pour ma part avec ce dégoulinage permanent, et c'était dans la version DVD de Bastille.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 0:32

Elle fait davantage du Fleming avec Conlon ; elle était plus tenue avec Mackerras.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 9:40

Tout content de voir que ce fil ait suscité autant de réponses. Je l'ai rebaptisé Rusalka avec un s même s'il s'agit de l'écriture anglaise mais il faut savoir qu'en thèque, cela se prononce Roussalka. Mais bon, "peu importe le flacon, pour peu qu'on ait l'ivresse".

Sinon, pour rebondir sur l'intéressante discographie de David, je voudrais juste donner quelques commentaires personnels sur :

- Krombholc : le gros point faible, c'est Cervinkova assez acide et, à mon avis, très inférieure à Subrtova (Chalabala), plus féminine et quand même beaucoup plus séduisante de timbre.

- Chalabala : là je te trouve un peu sévère tant la direction frémissante et poétique du chef est merveilleuse, la distribution, excellente, et la prise de son en stéréo, très correcte pour l'époque. En un mot, c'est assez proche des grands enregistrements quasi contemporains de Callas ou Schwarzkopf. Maintenant, il est vrai que cela n'égale pas une prise de son moderne.

- Mackerras : Fleming pourra paraitre un peu trop maquillée pour Rusalka mais cela reste quand même superbe. En revanche, il y a vraiment une grosse erreur de casting avec Ben Heppner beaucoup trop lourd et germanique pour cet emploi de ténor lyrique et qui nous chante davantage Tristan que Rusalka. A mon avis, comparé à Blachut et Zidek qui disposent de voix infiniment plus flexibles et de timbres plus flatteurs, il ne fait pas le poids.

- Welser-Möst : cela me tente bien et il n'est pas exclu que ce soit ma 4ème version de l'œuvre...

- Neumann : Foncez ! Car Neumann est dans un grand jour, la distribution, idéale et la prise de son en studio, excellente. Si je ne devais choisir qu'une version de Rusalka, ce serait celle là.


Dernière édition par hugo75 le Mar 4 Mar 2014 - 9:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 9:41

Oui, en direct avec Conlon, le chant est moins propre, plus de notes prises par en dessous, d'effets étranges... mais ça reste quand même superbe je trouve!

Bon, après vérification dans mes disques, les deux versions que j'ai sont les deux KROMBHOLC et MACKERRAS... moralité, va falloir que je trouve autre chose parmi ce que proposent David et Hugo! Mr.Red

Après, c'est vrai que la version NEUMANN de 83 me tente bien... mais aussi HICKOX, parce que j'aime bien Barker Embarassed (sa Butterfly par exemple...). Pour WELSER-MÖST, c'est bien l'orchestre que je crains... j'ai jamais été passionné par ce que faisait ce chef Neutral


En tout cas, un grand merci pour les retours... ça va me décomplexer quand je vais succomber à une autre version! hehe



Et pour faire un peu de pub, n'hésitez pas aussi à aller écouter le Rusalka de Dargomijsky... pas vraiment la même histoire, mais une chef d'oeuvre aussi (version Svetlanov magistrale!)

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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 9:45

Allez, fais nous confiance et prend Neumann !
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 9:51

hugo75 a écrit:
Allez, fais nous confiance et prend Neumann !

Et je peux prendre les deux? Mr.Red
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 10:02

Polyeucte a écrit:
hugo75 a écrit:
Allez, fais nous confiance et prend Neumann !

Et je peux prendre les deux? Mr.Red

Et même les trois avec Nylund : comme cela tu nous diras ce que cela vaut (lol).

Sinon, Franchement, commence par Neumann 83 car en 87, tu perds Ochman (plus séduisant de timbre et plus subtil que Dvorsky en général), Novak (la grande basse tchèque de l'époque et cela te changera de Nesterenko que tu connais par cœur), la Philharmonie tchèque et une bonne prise de son en studio.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 10:14

hugo75 a écrit:
Et même les trois avec Nylund : comme cela tu nous diras ce que cela vaut (lol).
On va commencer par Neumann... Mr.Red On verra après (mes finances mon pauvre monsieur...)

Citation :
Sinon, Franchement, commence par Neumann 83 car en 87, tu perds Ochman (plus séduisant de timbre et plus subtil que Dvorsky en général), Novak (la grande basse tchèque de l'époque et cela te changera de Nesterenko que tu connais par cœur), la Philharmonie tchèque et une bonne prise de son en studio.

Cela va de soit voyons! Mr.Red
Dvorsky, c'est quand même jamais l'extase, et Nesterenko, je suis loin d'être un grand fan... donc bien sûr, studio avant tout! Very Happy
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fomalhaut
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMar 4 Mar 2014 - 18:21

J'ai acheté la version Neumann/Supraphon en 2004 et j'en fus tellement satisfait que je n'ai jamais eu envie d'acheter une autre version...sinon la version Krombholc, le numéro 21 de la série "Le Monde de l'Opera en 2007.
Pourtant, j'ai entendu René Fleming dans ce rôle et je l'ai trouvée magnifique. Peut-être me déciderai-je un jour à acheter la version Mackerras à moins que la production actuelle du Met ou elle chante ne soit disponible en DVD dans quelque temps.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMer 9 Avr 2014 - 17:24

Je viens de me rendre compte que je n'avais même pas mis un petit mot...

Mot pour remercier pour ces précieux conseils car la version Neumann de 83 est tout bonnement magnifique!! Moins magique que Mackerras mais plus "folklorique" dans le bon sens du terme... on sent les danses, la vie... et le chant est magnifique.

Vraiment merci!! Very Happy

Du coup, j'ai peur de ré-écouter Mackerras maintenant! hehe
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyMer 15 Juil 2015 - 11:52

Et un autre DVD qui devrait sortir :
Dvorak : Rusalka 0044007438732

Prévu pour septembre... j'avais trouvé ça assez splendide. Très littéral, mais vraiment chouette. Et musicalement on était vraiment haut avec une Fleming en grande forme et Beczala dans son répertoire de prédilection... Very Happy
Content que ça sorte. Un beau contre-point au DVD de la mise en scène de Carsen (passionnante elle aussi! Very Happy)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyDim 31 Jan 2016 - 13:39

J'ai complété la discographie (et il y avait beaucoup à faire). À l'exclusion des pirates sauvages, il doit y avoir tout ce qui est commercialisé.

L'ensemble, avec d'autres commentaires sur la discographie ou l'œuvre, se trouve chez moi (http://carnetsol.fr/css/index.php?2016/01/26/2757-antonin-dvorak-rusalka-discographie-exhaustive), mais pour ce qui concerne la discographie, je finis ce que nous avions commencé ici : 




 .

Je commence par préciser que je n'ai pas tout écouté : je le mentionne dans ce cas, et je me contente alors d'hypothèses (donc de préjugés) sur l'affiche... ça donne toujours des informations sur les habitudes des interprètes et du label, mais ne garantit absolument rien en termes de résultat final.

Dans l'ordre de citation des rôles : Rusalka, Prince, Ondin, Ježibaba, Princesse Étrangère.

--

1951 – Joseph KEILBERTH – Urania, Hänssler, Brilliant Classics (en allemand)
Chœurs de l'Opéra de Dresde. Staatskapelle de Dresde.
Elfride Trötschel, Helmut Schindler, Gottlob Frick, Helena Rott, Ruth Lange.
Dvorak : Rusalka Putto2

Version pas particulièrement passionnante : l'œuvre perd beaucoup de sa saveur spécifique en allemand (et joué dans un style qui fait peu de place à la couleur), la direction est très sommaire (aussi bien dans l'intention que dans la réalisation), et Trötschel est tout sauf gracieuse. Une version en force, dont la poésie n'est pas le fort.

Par ailleurs, coupures significatives (20 minutes manquantes).

--

1952 – Jaroslav KROMBHOLC – Supraphon, Line Cantus Classics
Chœur & Orchestre du Théâtre National de Prague – Národní divadlo Praha.
Ludmila Červinková, Beno Blachut, Eduard Haken, Marta Krásová, Marie Podvalová.
Dvorak : Rusalka Putto5

Première version chez Supraphon, dans un son assez extraordinaire pour l'époque : les voix restent un peu en avant, mais l'orchestre est très lisible (et remarquablement assuré), avec des couleurs typées et beaucoup de chaleur dramatique.
On dispose en outre de plusieurs des plus grands chanteurs tchèques de tous les temps : Červinková, voix de soprano dramatique placée avec clarté, très incisive et expressive (seule réserve : un peu stridente à l'acte III), et le divin Blachut, sorte de Bergonzi tchèque (quelque part entre l'héroïsme et la préciosité), usant d'une émission large mais constamment mixée. Sans parler du grand luxe de Podvalová, autre soprano dramatique de premier plan, en Princesse étrangère.

Une version cohérente de bout en bout, très bien chantée, bien captée. Très belle référence.

--

1954 – Felix PROHASKA – Walhall, Line Cantus Classics, The Art of Singing (en allemand)
Radio autrichienne (Großes Wiener Rundfunkorchester).
Eleanor Schneider, Waldemar Kmentt, Walter Berry, Hilde Rössel-Majdan, Gerda Scheyrer.
Dvorak : Rusalka Putto3

Évidemment, les bandes de la radio autrichienne des années 50 sont toujours aussi frustrantes orchestralement (lointain, gris, écrasé, très peu détaillé), et Prohaska dirige assez droit, façon germanique, pas beaucoup d'alanguissements ni de poésie. En revanche, tout le monde s'exprime ici avec une véritable chaleur, en particulier Kmentt (qui paraît chanter une sorte d'opérette viennoise héroïque, mais le fait avec charme et conviction). En CD, ma seule version allemande satisfaisante sur le plan prosodique.

Ce n'est vraiment pas mal, mais insuffisant pour profiter pleinement de l'œuvre, dans la mesure où l'on perd le tchèque, et où il s'agit d'une version très coupée – il manque 30 minutes de musique, même en prenant en compte le tempo vif !

--

1961 – Zdeněk CHALABALA – Supraphon
Chœur & Orchestre du Théâtre National de Prague – Národní divadlo Praha.
Milada Šubrtová, Ivo Židek, Eduard Haken, Marie Ovčáčíková, Alena Míková.
Dvorak : Rusalka Putto3

La version légendaire de l'œuvre. Fort belle, mais deux réserves importantes : Šubrtová est très séduiante d'ordinaire (fantastique Léonore du Trouvère en tchèque), mais la voix paraît un peu étroite et aigrelette, ainsi captée, pour un rôle de grand lyrique de ce genre. Plus gênant, la prise de son et la direction de Chalabala sont assez plates, le relief des pages (couleurs harmoniques, effets d'orchestration, solos, intensité dramatique) est largement gommé.

Très bonne version, mais qui ne donne pas toute sa mesure à l'œuvre.

En 1975, Bohumil Zoul en fait un film avec des acteurs mimant le chant – cela ressemble à une mise en scène de théâtre très tradi filmée de près, avec un Ondin tout vert et des gestes très empruntés. Vraiment pas pas exaltant, sauf à considérer Otto Schenk comme un avant-gardiste hystérisant.

--

1971 – Arthur APELT – Eterna, Berlin Classics (extraits en allemand)
Chœur du Staatsoper Berlin, Staatskapelle Berlin.
Elka Mitzewa, Peter Bindszus, Theo Adam, Annelies Burmeister, pas de Princesse Étrangère.
Dvorak : Rusalka Putto4

Version originale et très typée, avec ses bois berlinois presque aigres, pour un univers plus dur et moins féerique. Assez convaincant, même si Mitzewa n'est pas la meilleure titulaire du rôle.

--

1975 – Peter SCHNEIDER – Gala (en allemand)
Chœur der Deutsche Oper am Rhein, Düsseldorfer Symphoniker.
Hildegard Behrens, Werner Götz, Malcolm Smith, Gwynn Cornell, Hana Svobodová-Janků.

Découvert son existence en préparant cette notule. Lu les plus grands éloges sur Werner Götz, au sein d'une interprétation paraît-il particulièrement germanique ; mais l'élan de Schneider et l'aplomb de Behrens (alors d'une fluidité et d'une musicalité exceptionnelles) rendent bien sûr très curieux, probablement une version allemande qui fonctionne.
J'ai l'impression que c'est indisponible depuis longtemps, en revanche.

--

1976 – Bohumil GREGOR – Opera d'Oro, BellaVoce
Chœurs de l'Opéra Néerlandais. Orchestre de la Radio Néerlandaise.
Teresa Stratas, Ivo Žídek, Willard White, Gwendolyn Killebrew (Ježibaba et Princesse).
Dvorak : Rusalka Putto3

Un peu de souffle sur la bande, les équilibres de la prise ne sont pas toujours parfaits (obturation d'une partie du spectre du microphone par les cors, par exemple).

Gregor joue la partition de façon essentiellement lyrique, en exaltant les mélodies supérieures au détriment des autres détails (cela tient aussi à la façon toujours élancée de la Radio Néerlandaise) ; je ne trouve pas les transitions (pourtant toujours superbes, vraiment sur le modèle wagnérien) bien soignées, et on passe à côté de beaux détails à l'intérieur du spectre orchestral, mais ce n'est pas déplaisant.

Vocalement, Stratas surprend, mais pas désagréablement : une boule de son bien efficace au fond de la bouche, une implication notable, ça se défend très bien pour une voix pas le moins du monde tchèque. Žídek est clairement sur le déclin, la voix s'est beaucoup asséchée ; la technique lui permet de tenir son rang, mais ce n'est plus aussi aisé et séduisant.

Une version très valable, si l'on n'avait que celle-là, on serait déjà bien contents.

--

1983 – Václav NEUMANN – Supraphon
Chœur & Orchestre de la Philharmonie Tchèque.
Gabriela Beňačková-Čápová, Wiesław Ochman, Richard Novák, Věra Soukupová, Drahomíra Drobková.
Dvorak : Rusalka Putto5

Neumann n'est pas le plus ardent des chefs, mais la mise en situation à l'Opéra l'a poussé, semble-t-il, à une générosité dont il n'est pas si coutumier. La Philharmonie Tchèque est comme toujours le moins idiomatique des orchestres du territoire, et l'on se surprend à trouver les composantes structurelles germaniques (motifs, harmonie), mais l'ensemble demeure d'une transparence et d'un style parfaits.
À cette belle lecture orchestrale s'ajoute la meilleure distrbution depuis Krombholc. Certes, les amants ne sont pas des tchèques (il y a chez Beňačková, somptueuse, une petite rondeur typiquement slovaque, presque une mollesse façon Caballé, qui compense la grandeur acide du format dramatique à la tchèque), mais la langue est très respectée, les irisations vocales remarquables.

--

1987 – Václav NEUMANN – Orfeo
Chœur & Orchestre de l'Opéra de Vienne.
Gabriela Beňačková-Čápová, Peter Dvorský, Yevgeny Nesterenko, Eva Randová (Ježibaba et Princesse).

La distribution peu paraître encore plus tentante que chez Supraphon, avec Dvorský (en général plus solaire qu'Ochman, mais potentiellement plus court aussi, surtout à cette date) et Randová. Duo principal cette fois-ci entièrement slovaque – et, pour les avoir entendus avec Pešek ou en concert à Prague, la différence se perçoit avec les tchèques (légèrement plus rond et confortable, moins incisif). Tchèque, c'est Urbanová ; slovaque, c'est Popp.
Néanmoins, l'association Neumann-Vienne fait craindre une certaine neutralité expressive et stylistique – je ne suis pas si pressé de tenter, d'autant que la version pragoise fonctionne sur tous les points (Ochman y est très aisé et délicat, un peu plus blanc que Dvorský, mais aussi considérablement plus souple).

--

1997 – Alexander RAHBARI – Koch, Brilliant Classics
Academic Choir « Ivan Goran Kovačić ». Orchestre Philharmonique de Zagreb.
Ursula Füri-Bernhard, Walter Coppola, Marcel Rosca, Nelly Boschkova, Tiziana K. Sojat.
Dvorak : Rusalka Putto4

Comme pour Halász, il existe un autre visage à l'art de Rahbari, beaucoup plus valorisant, que ses contributions cachetonnantes au jeune label Naxos. Profil orchestral absolument pas tchèque, avec des cordes très rondes et homogènes, mais l'ensemble demeure habité. Le ténor blanchit en essayant la demi-teinte, la basse sonne extraordinairement italienne (on croirait entendre Siepi sauvé des eaux), mais tout le monde concourt avec générosité à un drame prenant.

Une belle version qui, considérant son prix, constitue un choix tout à fait satisfaisant.

--

1998 – Charles MACKERRAS – Decca
Chœur mixte de Kühn. Orchestre Philharmonique Tchèque.
Renée Fleming, Ben Heppner, Franz Hawlata, Dolora Zajick, Eva Urbanová.
Dvorak : Rusalka Putto4

La version longtemps la plus aisément disponible, et probablement la plus écoutée dans la plupart des pays.Elle n'est pas sans vertus ; plateau de stars, mais très soucieuses de se conformer à l'esprit spécifique de l'œuvre : les liquidités affectées de Fleming se fondent assez bien dans ce personnage plaintif de conte bariolé, une vision très différente de la tradition, Heppner à son zénith chante avec application, mais pas sans générosité, et Urbanová est glaçante et superbe à la fois en Princesse Étrangère – elle aurait mérité une immortalisation dans le rôle-titre, même si son format est un rien plus dramatique que Beňačková, et sa souplesse pas tout à fait équivalente.

Orchestralement, tout est merveilleusement détaillé, dans un confort sonore remarquable (Decca), pour une lecture plus hédoniste que dramatique, mais très sensible : Mackerras exalte les velours plutôt que les reliefs, à rebours ici aussi de la tradition tchèque – qui est beaucoup moins soignée et bien plus impétueuse. Mackerras tire plutôt vers l'évocation poétique que vers le drame en musique. (Le minutage en témoigne fidèlement : 15 à 30 minutes de plus que les autres versions.)

Une très belle version qui peut servir de référence, mais qui ne dispense pas d'essayer d'autres lectures plus frémissantes et tranchantes.

--

2006 – Franz WELSER-MÖST – Orfeo
Chœur de l'Opéra de Vienne. Orchestre de Cleveland.
Camilla Nylund, Piotr Beczała, Alan Held, Birgit Remmert, Emily Magee.

Mis à part Nylund, qui m'intrigue (vu la date, la voix pourrait encore être fraîche, et pas courte et cassante comme dans ses mauvais jours désormais), ce n'est pas très engageant : quel respect du style et de la langue attendre de ces spécialistes des grands titres germaniques lourds – Beczała, à cette date, a peut-être plus de clarté que désormais, mais la voix me paraît robuste et ancrée dans le sol pour ce rôle où je me suis habitué aux plus souples et lumineux (sans doute très beau, mais pas forcément indispensable à découvrir).

Quant à Welser-Möst et Cleveland, déjà pas toujours engagés dans leur meilleur répertoire, je ne suis que modérément curieux (résultat stylistique ?).

--

2007 – Richard HICKOX – Chandos
Opera Australia Chorus. Australian Opera and Ballet Orchestra.
Cheryl Barker, Rosario La Spina, Bruce Martin, Anne-Marie Owens, Elizabeth Whitehouse.
Dvorak : Rusalka Putto3

Pas très enthousiaste sur celui-ci : Barker sonne très mûre, La Spina évoque vraiment le versant efficace-si-pas-séduisant de l'école australo-américaine (avec ce timbre un peu farineux et pincé dans le nez)... sans parler de l'état du tchèque. L'intérêt est surtout à chercher chez Hickox, qui propose une lecture chambriste étonnante, très délicate et suspendue.

--

2009 – Jiří BĚLOHLÁVEK – Glyndebourne
Glyndebourne Festival Chorus. London Philharmonic Orchestra.
Ana María Martínez, Brandon Jovanovich, Mischa Schelomianski, Larissa Diadkova, Tatiana Pavlovskaya.

Parution récente dont on n'a pas à attendre beaucoup de grâce (et puis Bělohlávek, très en cour à Paris, et surtout Londres et Glyndebourne, ne se départit jamais d'une petite indolence) mais j'aimerais beaucoup essayer l'Ondin de Schelomianski, à vrai dire, surtout que le rôle n'est pas extraordinairement servi au disque.




3. Vidéographie exhaustive et commentée

En bleu, les films en studio (pas forcément disponibles commercialement). En rouge, les captations de représentations.

--

1962 –  Václav KAŠLÍK – Filmexport Home Video
Arrangement, mise en scène et réalisation de Václav Kašlík.
Chœur & Orchestre du Théâtre National de Prague – Národní divadlo Praha.
Milada Šubrtová, Zdeněk Švehla, Ondrej Malachovský, Věra Soukupová, Ivana Mixová.
Dvorak : Rusalka Putto4

La vidéo la plus célèbre de l'œuvre, un studio très littéral (production du studio Barrandov de Prague, joué par des acteurs professionnels), aux teintes verdâtres pas toujours avenantes, mais qui tient assez bien ses promesses : dans le genre théâtre de studio, si l'on accepte la part de naïveté, voilà qui vaut bien la Flûte de Bergman.

Kašlík y est à la fois chef et réalisateur, et pour une version avec Šubrtová, l'ensemble est autrement vivant (et plus coloré) que Chalabala ; sans parler de la valeur ajoutée de l'Ondin Malachovský, ample et mordant, pas du tout élimé comme Haken.

Attention, la version est très coupée (il manque au moins 30 minutes de musique).

--

1975 – Zdeněk CHALABALA – télévision tchécoslovaque
Réalisation de Bohumil Zoul.
Chœur & Orchestre du Théâtre National de Prague – Národní divadlo Praha.
Milada Šubrtová, Ivo Židek, Eduard Haken, Marie Ovčáčíková, Alena Míková.
Dvorak : Rusalka Putto2

Doublage par des acteurs professionnels (sauf Haken qui tient son propre rôle) du fameux studio de 1961. C'est à peu près ce qu'on fait de pire dans cette veine : images très lisses (où personne ne semble très concerné), mal raccordées entre elles, suite d'images de catalogue qui n'ont plus aucun impact dramatique, le tout soutenu par le son un peu plat (orchestre gris et écrasé) de la prise de son de 61.
C'est un peu dans la veine des pires productions de Ponnelle, avec des couleurs plus crues caractéristiques de la télé slave occidentale de cette période (sans parler du goût des surimpressions). À tout prendre, écoutez le disque.

Je n'ai pas eu le courage de tout regarder, on y voit quelques jolies gambades dans les fleurs et peut-être de réels bons moments, mais je doute que ce soit complet de toute façon.

--

1976 – Libor PEŠEK – ZDF
Réalisation de Petr Weigl.
Chœur & Orchestre de la Radio Bavaroise.
Gabriela Beňačková-Čápová, Peter Dvorský, Ondrej Malachovský, Libuše Márová, Milada Šubrtová.
Dvorak : Rusalka Putto5

Très proche du studio Neumann, étrangement (alors que seule Beňačková est commune), encore plus habitée. La Radio Bavaroise joue cela avec un naturel tchèque très surprenant, parfaitement éloigné, jusque dans les timbres, des habitudes germaniques.
Dvorský est un peu plus tendu qu'Ochman, mais plus radieux aussi, dans une belle forme ; Malachovský, un rien moins splendide qu'en 62, demeure beau diseur. Šubrtová, à cette date, s'est acidifiée, mais sonne encore très bien, pour une Princesse Étrangère de format plus léger que de coutume (et une impression de jeunesse moindre), mais pas plus fragile que les autres. Beňačková y est un peu plus ronde et confortable, un peu moins engagée, mais l'ensemble constituerait facilement une référence absolue (en tout cas, musicalement, on n'a pas mieux dans le choix vidéo) s'il n'y avait, à nouveau, des coupures significatives (il manque 20 minutes de musique).

Car visuellement, malgré le studio, il y a là une forme de simplicité très réussie : traditionnel et naïf, mais soigné, avec de beaux plans (le manteau ondoyant et mousseux de l'Ondin, les départs des personnages toujours très expressifs…). Le doublage des acteurs se révèle adroit (très exact, en faisant semblant de chanter tout en gommant l'effort, c'est assez réussi) ; Weigl montre pendant le ballet des épisodes laissés dans des ellipses du livret, de façon assez élégante. J'aurais simplement aimé que le rythme des pas corresponde au tempo, ce qui n'est pas le cas et gâte un peu la majesté de belles séquences.

Une réussite à tous les niveaux, qui peut constituer un bon premier choix, malgré les coupures.

--

1976 – Marek JANOWSKI – ZDF
Réalisation de Petr Weigl.
Chœur & Orchestre de la Radio Bavaroise.
Lilian Sukis, Peter Hofmann, Theo Adam, Rose Wagemann, Judith Bekmann.

Mêmes visuels, mais cette fois en version allemande. Je n'ai hélas pas encore pu mettre la main dessus ; Janowski dans une partition colorée et lyrique, Hofmann en Prince très terrien, Adam dans un rôle de basse… beaucoup de raisons d'être intéressé.

--

1986 – Mark ELDER – Arthaus (en anglais)
Chœur & Orchestre de l'English National Opera. Mise en scène de David Pountney.
Eilene Hannan, John Treleaven, Rodney Macann, Ann Howard, Phillis Cannan.
Dvorak : Rusalka Putto4

Cette production constitue une excellente surprise : Pountney réussit une très belle lecture assez concrète, mais féerique, qui déborde de petits gestes éloquents. Par ailleurs, l'orchestre palpite avec beaucoup de chaleur sous la direction de Mark Elder, dont on sent clairement la maîtrise stylistique.

Eilene Hannan chante remarquablement, et Treleaven rayonne complètement à cette époque...

Principale réserve, l'anglais, totalement en bouillie : très peu de choses sont intelligibles, et l'intérêt du changement de langue paraît ténu.

--

2002 – James CONLON – TDK
Chœur & Orchestre de l'Opéra de Paris. Mise en scène de Robert Carsen.
Renée Fleming, Larissa Diadkova, Sergej Larin, Franz Hawlata, Eva Urbanová.
Dvorak : Rusalka Putto3

Moyens et esthétique proches de Mackerras. Le problème réside précisément dans la comparaison : la distribution largement commune est dans un moins bon jour (ou plus fatiguée), Conlon cherche l'hédonisme mais trouve surtout la mollesse (et l'Orchestre de l'Opéra de Paris sonne évidemment considérablement moins bien dans cette musique).

Surtout, la mise en scène de Carsen, entièrement à base de jeux de miroir, évidents comme à l'acte I (où le reflet permet de se placer d'instinct dans un univers subaquatique), ou ajoutés au livret comme à l'acte II (la Princesse Étrangère comme un double de Rusalka, piégée derrière son miroir muet), est complètement ruinée par la captation vidéo. Les gros plans empêchent de comprendre la mise en scène, et les plans d'ensemble ne sont de toute façon pas télégéniques – alors que cette production est réellement à couper le souffle sur scène, probablement ce que j'ai vu de plus intense sur une scène d'opéra.
En l'état, cela évoque surtout une relecture bourgeoise du mythe (ce qui n'est absolument pas le propos de Carsen, dont les intérieurs ne sont pas une transposition, mais une forme d'univers alternatif), sans grand intérêt.

Fleming s'est déjà amollie ; Larin reste toujours assez monolithique et farineux. Rien de mauvais, mais pas du tout prioritaire.

--

2010 – Tomáš HANUS – C Major
Chœur & Orchestre de l'Opéra de Munich. Mise en scène de Martin Kušej.
Kristīne Opolais, Klaus Florian Vogt, Günther Groissböck, Janina Baechle, Nadia Krasteva.
Dvorak : Rusalka Putto3
(Aussi disponible en Blu-Ray.)

On retrouve la violence intime habituelle des productions de Martin Kušej : ici les nymphes vivent dans la maison Kampusch (ou dans le sous-sol de leur souteneur), se traînant misérablement parmi les fuites d'eau, violentées de façon assez crue sur la scène. Je suis un peu gêné par la complaisance de certaines images (viol, ou peu s'en faut, de Rusalka par son « père » ; ses habits complètement mouillés ; la tenue très révélatrice de la Princesse Étrangère), qui semblent rechercher le scandale ou, en matière aquatique, le rinçage d'œil à bon compte.
Je trouve aussi désagréable la contradiction, pour ne pas dire le sabotage de la féerie évoquée par la musique. Dans le même temps, il faut admettre que ces amendements fonctionnent très bien sur scène : le milieu oppressif gouverné par l'Ondin qui menace de mort ses filles désobéissantes à l'acte I, les pouvoirs inquiétants de Rusalka qui brûlent le Prince et terrifient la Princesse Étrangère à l'acte II… Ce sont malgré tout des images fortes, très opérantes sur scène – disons que ce n'est simplement pas le type d'émotion suscité par Rusalka, et que l'on peut trouver dommage de nous imposer autre chose. (Le ballet avec les carcasses de faons, par exemple.) Cet autre chose fonctionne assez bien, en tout cas. Voyez ces deux critiques assez opposées, toutes deux assez révélatrices.

Kristīne Opolais est très impressionnante, pas du tout stridente au bout du spectre comme quelquefois, au contraire d'une rondeur et d'une facilité extrêmes ; l'exploit est d'autant plus notable qu'elle doit chanter (certes peu) à l'acte II en étant complètement mouillée (sa robe de mariée trempe pendant de longues minutes dans un aquarium surélevé, dont elle doit descendre dégoulinante sans que ses pieds ne puissent toucher le sol !), ce qui doit être particulièrement inconfortable. Une rivale mal intentionnée aurait tôt fait de ménager le bon courant d'air…
Réserve notable : le texte n'est pas du tout articulé, si bien que malgré la beauté de la voix et les qualités expressives du phrasé, on perd vraiment le détail des mots (ce pourrait aussi bien être du bulgare chanté par une américaine).

Le reste est moins intéressant : Vogt impavide dans un tchèque complètement lessivé, particulièrement peu idiomatique et généreusement inexpressif, Krasteva qui caricature les mezzos russes épais…

La direction de Hanus est très vivante, et l'ensemble constitue une curiosité pas du tout déplaisante.

--

2012 – Ádám FISCHER – Euroarts
Chœur & Orchestre de la Monnaie de Bruxelles. Mise en scène de Stefan Herheim.
Myrtò Papatanasiu, Pavel Černoch, Willard White, Renée Morloc, Annalena Persson.

(Aussi disponible en Blu-Ray.)

Avec une Rusalka purement lyrique et le meilleur Prince de tous les temps – Černoch est dans la tradition tchèque d'émission très antérieure et de voix mixte, capable de surcroît de changer son émission par degrés d'héroïsme, de poésie, de couleur, au fil des besoins non pas techniques (totalement dominés) mais expressifs du rôle –, voilà qui promet beaucoup. Ensuite, que produisent Fischer et la Monnaie là-dedans, je n'ai pas testé.

La production de Herheim (également passée à Dresde et à Lyon) s'inscrit aussi dans la perspective d'une démystification – esthétiquement un peu bric-à-brac, à ce que j'ai lu et vu, mais je ne puis juger du propos et de la direction d'acteurs.

Je n'ai pu en apercevoir que des extraits, où Papatanasiu fait entendre un médium étonnamment renforcé et corsé, dans un tchèque pas du tout idiomatique, mais pas inintéressant. Visuellement, un peu difficile à décrypter (en costume de scène sur un piédestal au milieu d'une ruelle modeste), pas possible d'émettre un avis avant d'avoir tout vu.

En tout cas, la prochaine version sur la liste, assurément.

--

2014 – Yannick NÉZET-SÉGUIN – Decca
Chœur & Orchestre du Metropolitan Opera de New York. Mise en scène d'Otto Schenk.
Renée Fleming, Piotr Beczała, John Relyea, Dolora Zajick, Emily Magee.
Dvorak : Rusalka Putto3

Schenk réussit très bien le conte concret : les décors, dans le même genre que ceux du Ring (mais plutôt de ses parties réussies, comme la fin de Siegfried), rendent assez bien l'atmosphère naïve des clichés de chasse, par exemple.
Vocalement, ce n'est évidemment pas la fête du tchèque, même chez le seul slave de l'équipe, qui semble tâtonner pour trouver la bonne couleur – par ailleurs, de nombreux réflexes issus du répertoire italien (obturations audibles, attaques par palier) ne cadrent pas très bien avec le style attendu (même si c'est, évidemment, très bien chanté !).




4. Conseils

D'autres versions peuvent apparaître dans les discographies, mais toutes celles qui me manquaient étaient jusqu'ici (János Fürst pour la vidéo de la production de Jacques Karpo à Marseille, Janowski en version CD…) issus du marché pirate – autrement dit, des sites qui commercialisent sauvagement des bandes radio ou vidéo, pas toujours en état convenable, sans rémunérer les ayants droit (ce ne sont pas des éditions officielles, à ce compte-là il faudrait doubler ou tripler les discographies).
Quitte à descendre dans l'interlope, autant se délecter des bandes enregistrées au Národní Divadlo (Théâtre National), pour la typicité du son serré et chaleureux de l'orchestre... et le profil de distributions alignant les voix antérieures, acides, parfaitement idiomatiques et généralement très adéquates. [Les visuels scéniques sont en revanche plutôt évocateurs de ce que la tradition a pu produire de moins conforme au Goût.]

Pour une fois, le choix sera facile, et correspond assez à la hiérarchie traditionnelle : en CD, sur les 3 habituellement recommandées (Chalabala, Neumann, Mackerras), 2 le sont vraiment à bon droit, et sur les 4 qui ont été le mieux diffusées (Kombholc, Chalabala, Neumann, Mackerras), 3 demeurent les meilleures références.

En ce qui me concerne, c'est sans hésitation Krombholc qui me donne le plus de satisfaction, mais il faut considérer le tropisme personnel : voix antérieures et claires (tranchante pour Rusalka, souple pour le Prince), drame intense, timbres acides de l'orchestre… Pour l'éloquence et la couleur, on ne fait pas mieux ; pour le confort d'écoute ou la rondeur d'émission, ce n'est pas le bon choix.
Neumann 83 (le studio Supraphon) est susceptible de plaire à tous : les voix sont magnifiques, le drame est là, le style est respecté sans trop exalter les spécificités de timbres qui peuvent rebuter (la Philharmonie Tchèque est l'orchestre tchèque de loin le moins typé).

Par ailleurs, Mackerras, qu'on trouve aisément du fait de sa distribution prestigieuse et de son label hôte (Decca), mérite tout à fait d'être entendu ; peut-être pas un premier choix considérant sa perspective avant tout rêveuse et poétique (assez peu dramatique, l'ensemble dure d'ailleurs 15 à 20 minutes supplémentaires), mais une vision alternative aux antipodes de la tradition, très intéressante et réussie, dans un confort sonore délectable.

Moins original, Rahbari constitue une autre fréquentation tout à fait recommandable. Si vous êtes curieux de la tradition de Dvořák en allemand, très significative en Allemagne, c'est plutôt vers Prohaska qu'il faut se tourner – ou vers les extraits d'Apelt –, très chaleureux vocalement pour l'un, plein de ravigotante verdeur orchestrale pour l'autre.

Je mettrais donc surtout en garde contre Chalabala, souvent citée comme la version des initiées, mais où l'orchestre est capté très en arrière, et surtout comme aplati, sans couleurs. Les chanteurs semblent aussi demeurer assez inhibés par le studio… Cela ressemble vraiment à ces studios de radio en lecture à vue, pas très frémissants, même si parfaitement chantés.

Côté vidéo, le cas est plus compliqué : le film Weigl-Pešek est formidable, sorte de Neumann plus généreux, mais coupé ; la représentation Pountney-Elder de l'ENO, superbe, est en anglais (mal articulé de surcroît) ; Kušej-Hanus a ses hauts et ses bas, alternativement complaisant ou neuf visuellement, fade ou intense musicalement ; et je n'ai pas vu Herheim-Á.Fischer, autre relecture du quotidien contestée, mais dotée d'une distribution qui promet beaucoup. Difficile d'imposer une norme là-dessus, chacun doit vraiment choisir selon ce qu'il est prêt à voir…

hickx, gregor ; rahbari




5. Se les procurer et poursuivre

Pour un premier essai en extraits (tirés de l'œuvre, ou d'une minute sur chaque piste) ou en intégralité : quelques possibilités (toutes légales). Pour Qobuz et Naxos, l'abonnement est nécessaire pour entendre l'intégralité des pistes.

==> Les droits de Keilberth sont à vérifier (date de première commercialisation ?) ; il se trouve chez Naxos, en extraits sur Qobuz.
==> Krombholc est libre de droits ; il se trouve sur Deezer et YouTube, en extraits sur Qobuz et Naxos.
==> Prohaska est libre de droits ; il se trouve sur Deezer.
==> Chalabala (audio) est libre de droits ; il se trouve sur YouTube, en extraits sur Qobuz et Naxos.
==> Apelt se trouve sur Deezer, Qobuz et Naxos.
==> Gregor se trouve sur Deezer.
==> Neumann 83 se trouve en extraits sur Deezer.
==> Rahbari se trouve sur Deezer.
==> Mackerras se trouve sur Deezer et Qobuz.
==> Hickox se trouve sur Deezer et Naxos.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyDim 31 Jan 2016 - 13:47

Désolé, les courleurs n'apparaissent pas sur le forum. Ce n'est pas compliqué, ce sont tous des films jusqu'à Weigl. Puis uniquement des représentations.
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyJeu 29 Sep 2016 - 16:59

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Xavier
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyJeu 29 Sep 2016 - 17:09

Ce n'est qu'une réédition, ça date de 2010, on en a déjà parlé plus haut avec David. Wink (d'ailleurs, pourquoi rééditent-ils des trucs encore disponibles?...)
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MessageSujet: Re: Dvorak : Rusalka   Dvorak : Rusalka EmptyJeu 29 Sep 2016 - 17:10

carton rouge à moi...
Pardon désolé... Embarassed
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