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 Debussy - Pelléas et Mélisande (3)

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 1:13

DavidLeMarrec a écrit:
Je suis tout à fait d'accord, ce sont les deux plus sombres, mais de façon très différente.

Desormière, c'est un conte étouffant, où tout le monde est morne, abattu.

Boulez, c'est carrément ailleurs, autre chose, une maison de névroses un peu abstraites.

En effet.

DavidLeMarrec a écrit:
Et musicalement, ce n'est pas non plus le même univers, entre le fond sonore et le français métronomique de l'un et le détail glacé au français étrange de l'autre.

D'une certaine manière, je dirais que l'articulation du français dans les deux versions finissent par produire, par des moyens diamétralement opposés, une même sorte d'estrangement par rapport au texte: l'extrême rigueur de la métrique et de l'articulation chez Désormière, l'opacité des accents et l'indétermination des phrasés chez Boulez éloignent l'un comme l'autre de toute idée d'un français naturel, d'un jeu où on met le ton (ce qu'on trouve chez Baudo - sans doute la version que, subjectivement, j'aime le moins, pour cette raison, justement).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 1:30

Benedictus a écrit:
D'une certaine manière, je dirais que l'articulation du français dans les deux versions finissent par produire, par des moyens diamétralement opposés, une même sorte d'estrangement par rapport au texte: l'extrême rigueur de la métrique et de l'articulation chez Désormière, l'opacité des accents et l'indétermination des phrasés chez Boulez éloignent l'un comme l'autre de toute idée d'un français naturel, d'un jeu où on met le ton (ce qu'on trouve chez Baudo - sans doute la version que, subjectivement, j'aime le moins, pour cette raison, justement).

Moins que Cooper, Fournet, Ansermet Decca II, Ansermet Met, Jordan… ?

Baudo n'est pas du tout mon idéal dans Pelléas (j'aime beaucoup le couple principal, mais ça sonne trop comme du Massenet à l'orchestre), mais ça reste une grande version assez parfaite sur tous les plans, par rapport à quelques versions mineures de la discographie…

Mais je vois ce que tu veux dire.

Personnellement, j'ai beaucoup de mal avec Desormière, dont j'admire beaucoup l'atmosphère orchestrale (et Etcheverry !), mais cette raideur absolue (et les pépiements de Joachim), j'ai vraiment de la difficulté à écouter.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 1:56

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
D'une certaine manière, je dirais que l'articulation du français dans les deux versions finissent par produire, par des moyens diamétralement opposés, une même sorte d'estrangement par rapport au texte: l'extrême rigueur de la métrique et de l'articulation chez Désormière, l'opacité des accents et l'indétermination des phrasés chez Boulez éloignent l'un comme l'autre de toute idée d'un français naturel, d'un jeu où on met le ton (ce qu'on trouve chez Baudo - sans doute la version que, subjectivement, j'aime le moins, pour cette raison, justement).

Moins que Cooper, Fournet, Ansermet Decca II, Ansermet Met, Jordan… ?

Baudo n'est pas du tout mon idéal dans Pelléas (j'aime beaucoup le couple principal, mais ça sonne trop comme du Massenet à l'orchestre), mais ça reste une grande version assez parfaite sur tous les plans, par rapport à quelques versions mineures de la discographie…

Je disais version que j'aime le moins subjectivement, précisément parce que la langue m'y semble perdre toute étrangeté (or c'est, et de plus en plus, ce à quoi je suis le plus attaché dans Pelléas); mais à l'inverse, je reconnais qu'objectivement, dans son genre, c'est une des mieux dites - d'ailleurs je la conseille souvent à des amis, lorsque je les crains réfractaires à la diction des versions Boulez, Desormière ou Karajan.

Alors, oui, puisque tu me rappelles Fournet, Ansermet Decca et Jordan (je ne connais ni Cooper ni Ansermet Met): cette question mise à part, il y en a des tonnes que j'aime moins (pas réécoutées depuis des lustres, cela dit). Disons donc que Baudo est, parmi les très bonnes versions de Pelléas celle que personnellement j'aime le moins. (Et effectivement, je préfère Abbado, dont je pense exactement la même chose que toi, et les différentes versions Inghelbrecht, dont aucune n'est pleinement satisfaisante.)

DavidLeMarrec a écrit:
Mais je vois ce que tu veux dire.

Personnellement, j'ai beaucoup de mal avec Desormière, dont j'admire beaucoup l'atmosphère orchestrale (et Etcheverry !), mais cette raideur absolue (et les pépiements de Joachim), j'ai vraiment de la difficulté à écouter.

Moi, il n'y a guère que Joachim qui me gêne un peu (et encore: on s'y fait quand même bien mieux qu'à Janine Micheau, je trouve.)
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Xavier
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 2:00

Oh, un autre dingue de Pelléas!  cheers 
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 2:11

Benedictus a écrit:
Disons donc que Baudo est, parmi les très bonnes versions de Pelléas celle que personnellement j'aime le moins.

Ah oui, je vois, dans ce cas, nous sommes donc totalement d'accord (zut).

Citation :
(Et effectivement, je préfère Abbado, dont je pense exactement la même chose que toi, et les différentes versions Inghelbrecht, dont aucune n'est pleinement satisfaisante.)

Même pas 62 (Jansen-Grancher-Roux) ? 52 aussi est un quasi-sans faute pour moi, mais je suis un peu seul à aimer Groote, je crois.

Après, c'est vrai que dans Pelléas, plus encore que dans Strauss ou dans Wagner, je ne dis pas non à un orchestre bien capté et à un équilibre sonore un peu plus naturel que les bandes radio surexposées d'alors.


Citation :
Moi, il n'y a guère que Joachim qui me gêne un peu (et encore: on s'y fait quand même bien mieux qu'à Janine Micheau, je trouve.)

Plutôt Micheau que Joachim, sans hésiter (Micheau est pâle, mais pas rédhibitoire). Mais elles pépient, et c'est mal.

Une qui est injustement accuser de pépier, justement, c'est Spoorenberg, qui est très bien chez Ansermet II et carrément impressionnante chez Auberson.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 2:32

Xavier a écrit:
Oh, un autre dingue de Pelléas!  cheers 

Oui, mais après lecture du fil, je fais quand même petit bras à côté de vous deux.

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
Disons donc que Baudo est, parmi les très bonnes versions de Pelléas celle que personnellement j'aime le moins.

Ah oui, je vois, dans ce cas, nous sommes donc totalement d'accord (zut).  

Je ne te le fais pas dire. D'autant que je viens de découvrir dans un autre fil que ce n'est pas non plus sur le Via Crucis de Liszt que nous allons pouvoir nous écharper.

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
(Et effectivement, je préfère Abbado, dont je pense exactement la même chose que toi, et les différentes versions Inghelbrecht, dont aucune n'est pleinement satisfaisante.)

Même pas 62 (Jansen-Grancher-Roux) ?  52 aussi est un quasi-sans faute pour moi, mais je suis un peu seul à aimer Groote, je crois.

Pour Groote, oui, tu resteras seul, je le crains...

DavidLeMarrec a écrit:
Après, c'est vrai que dans Pelléas, plus encore que dans Strauss ou dans Wagner, je ne dis pas non à un orchestre bien capté et à un équilibre sonore un peu plus naturel que les bandes radio surexposées d'alors.

Voilà. Et curieusement, dans Pelléas, le son studio des années 40 chez Desormière me gêne beaucoup moins que le son radio des années 50 ou 60 chez Inghelbrecht.

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
Moi, il n'y a guère que Joachim qui me gêne un peu (et encore: on s'y fait quand même bien mieux qu'à Janine Micheau, je trouve.)

Plutôt Micheau que Joachim, sans hésiter (Micheau est pâle, mais pas rédhibitoire). Mais elles pépient, et c'est mal.

Moi, c'est globalement avec le timbre de Micheau que j'ai un problème (c'est encore pire dans Les Pêcheurs de perles).

DavidLeMarrec a écrit:
Une qui est injustement accuser de pépier, justement, c'est Spoorenberg, qui est très bien chez Ansermet II et carrément impressionnante chez Auberson.

Je garde en effet un assez bon souvenir de Spoorenberg chez Ansermet, alors qu'on a plutôt tendance à l'éreinter. (Mais bon, de là à réécouter Ansermet...) En revanche, je ne connais pas la version Auberson (quand je vous disais que j'étais petit bras, sur la discographie de Pelléas...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 2:35

Auberson (Tappy en forme, Souzay) et Gui (avec Duval !) sont des versions sales, qui sentent l'urgence malsaine du théâtre, c'est fantastique à mon avis. Ce qu'on peut faire de plus opposé à Baudo, Karajan studio (en revanche, pas loin de sa version de 54) et Abbado studio.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 9:07

Bon, donc Auberson à écouter. Gui, j'ai déjà entendu - très, très bon souvenir (mais j'aime tellement Denise Duval, de toute façon...) et j'aimerais bien le réécouter; d'ailleurs, ce n'est pas encore libre de droits?

(Je dois aussi confesser un penchant coupable pour Karajan 54. Et même, en particulier, pour Schwarzkopf: je comprends qu'on puisse ne pas aimer; mais en lisant le livret je me suis toujours fait l'hypothèse d'une Mélisande moins jeune et moins innocente qu'on ne se l'imagine généralement - et ça, Schwarzkopf me le donne à entendre, et elle est à peu près la seule.)
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fgero
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 9:15

DavidLeMarrec a écrit:

Orchestralement, Vienne est d'une perfection immaculée, mais Abbado ne bouscule pas beaucoup les choses.

Parmi les versions studio "sans risque" je trouve quand même que Abbado fait respirer son orchestre, il le fait parler, ce qui sied très bien à cet opéra. Certes ça n'est ni heurté, ni sur le fil. D'ailleurs aujourd'hui j'ai un peu envie d'autre chose.
J'appliquerais ton commentaire bien plus à Karajan.

DavidLeMarrec a écrit:

Et puis c'est un Golaud qui n'est ni méchant, ni grand seigneur, plutôt un ourson bourgeois, et ça me frustre un peu,

Sur Van Dam Golaud, je ne suis que partiellement d'accord. Pour moi si sa manière de faire est très (trop?) typée JVD, cela le rend Golaud victime rapidement, il fait déjà pitié, malgré ses emportements - ce qui n'est pas si frustrant comme éclairage.
J'adore Courtis aussi, sa voix est très inhabituelle par rapport à ce qu'on entend habituellement dans ce rôle, je trouve. Ca peut fortement déplaire.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 14:16

Benedictus a écrit:
Bon, donc Auberson à écouter. Gui, j'ai déjà entendu - très, très bon souvenir (mais j'aime tellement Denise Duval, de toute façon...) et j'aimerais bien le réécouter; d'ailleurs, ce n'est pas encore libre de droits?

Non, 1969. Et ça ne le sera pas avant longtemps en France, parce qu'avec la réforme européenne du droit d'auteur, ce sera non pas 2019, mais 2039…

En revanche, ça se trouve sur les sites de flux (je l'avais vu sur MusicMe et Qobuz, peut-être que c'est sur Deezer), si tu peux y accéder.


Citation :
(Je dois aussi confesser un penchant coupable pour Karajan 54. Et même, en particulier, pour Schwarzkopf: je comprends qu'on puisse ne pas aimer; mais en lisant le livret je me suis toujours fait l'hypothèse d'une Mélisande moins jeune et moins innocente qu'on ne se l'imagine généralement - et ça, Schwarzkopf me le donne à entendre, et elle est à peu près la seule.)

C'est avant tout l'orchestre un peu cassant qui me fascine ici, mais effectivement, Schwarzkopf est très intéressante, dans son genre roué un peu sophistiqué.

En revanche, je ne dirais pas qu'elle est la seule Mélisande adulte, outre certains exemples pas trop juvéniles comme von Stade, Command, Yakar, Ewing, Hunt, Delunsch, Kirchschlager ou Arnet, il y en quelques-unes qui sont vraiment femmes, par exemple Gens, Márquez ou… Duval, qui est quand même une Mélisande très bourgeoise, avec ses petites perles au cou et son chignon.


fgero a écrit:
J'appliquerais ton commentaire bien plus à Karajan.

Karajan studio n'est pas paisible, il dépeint un univers assez sombre, et surtout, très étrange. Il romantise beaucoup Pelléas, mais je ne le décrirais vraiment pas comme lisse ou banal.

Citation :
Sur Van Dam Golaud, je ne suis que partiellement d'accord. Pour moi si sa manière de faire est très (trop?) typée JVD, cela le rend Golaud victime rapidement, il fait déjà pitié, malgré ses emportements - ce qui n'est pas si frustrant comme éclairage.

C'est possiblement très personnel : chez Karajan, je suis convaincu que c'est trop chanté, puis à partir des années 2000, il y a de gros problèmes de vieillissement de la voix (obligé de changer les notes assez aléatoirement), mais chez Abbado, il n'y a rien à redire.

Simplement, justement, ce côté ourson gélatineux, tout de suite pleurnichard, ça enlève l'un des pivots du drame qui est l'humanité de Golaud, dans le sens le plus complet du terme, avec ses peurs, sa jalousie, sa violence sous-jacente. Et simplement d'un point de vue pratique, vu que les valeurs sont très brèves, si les attaques ne sont pas nettes,n on entend un halo pas très en style.

Ça me frustre vraiment, au point de me faire éviter ses versions – sauf Rattle-Berlin, parce qu'il y a tellement d'autres qualités (et puis du côté de van Dam la voix est tellement élimée que les attaques sont paradoxalement plus franches).


Citation :
J'adore Courtis aussi, sa voix est très inhabituelle par rapport à ce qu'on entend habituellement dans ce rôle, je trouve.

Oui, la voix résonne plus en arrière, avec beaucoup de rondeur, je crois qu'il mixe un peu aussi (ce qui est très rare pour une basse). Je l'adore partout, mais en Arkel, c'est tout particulièrement adéquat.


Citation :
Ca peut fortement déplaire.

Si on veut Ghiaurov, oui.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 14:31

DavidLeMarrec a écrit:
Si on veut Ghiaurov, oui.

Il m'a longtemps donné envie d'écouter la version Abbado en direct Ghiaurov! Mais même lui n'a pas réussi à me faire franchir le cap! hehe
Et maintenant que j'ai survécu, je n'irais pas écouter je pense Sad
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 14:39

Ollmann est très bien là-dedans.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 14:44

Tiens, en voilà une version que je n'ai pas encore écoutée...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 14:47

Xavier a écrit:
Tiens, en voilà une version que je n'ai pas encore écoutée...

Très différent, plus sombre et rugueux que la version viennoise (mais plutôt pour des contraintes matérielles, vu que l'orchestre et les chanteurs n'ont pas la même facilité). Pas une version majeure.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 15:15

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
Bon, donc Auberson à écouter. Gui, j'ai déjà entendu - très, très bon souvenir (mais j'aime tellement Denise Duval, de toute façon...) et j'aimerais bien le réécouter; d'ailleurs, ce n'est pas encore libre de droits?

Non, 1969. Et ça ne le sera pas avant longtemps en France, parce qu'avec la réforme européenne du droit d'auteur, ce sera non pas 2019, mais 2039…

Ma question ne portait pas sur Auberson, mais sur Gui - début des années 50 à Glyndebourne, si je ne m'abuse... donc début des années 2020?


DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
(Je dois aussi confesser un penchant coupable pour Karajan 54. Et même, en particulier, pour Schwarzkopf: je comprends qu'on puisse ne pas aimer; mais en lisant le livret je me suis toujours fait l'hypothèse d'une Mélisande moins jeune et moins innocente qu'on ne se l'imagine généralement - et ça, Schwarzkopf me le donne à entendre, et elle est à peu près la seule.)

C'est avant tout l'orchestre un peu cassant qui me fascine ici,

C'est vrai. D'ailleurs, je trouve que Pelléas fait partie des quelques œuvres où le Karajan tranchant des années 50 est aussi intéressant que le Karajan hédoniste des années 80 (avec les symphonies de Sibelius).

DavidLeMarrec a écrit:
mais effectivement, Schwarzkopf est très intéressante, dans son genre roué un peu sophistiqué.

En revanche, je ne dirais pas qu'elle est la seule Mélisande adulte, outre certains exemples pas trop juvéniles comme von Stade, Command, Yakar, Ewing, Hunt, Delunsch, Kirchschlager ou Arnet, il y en quelques-unes qui sont vraiment femmes, par exemple Gens, Márquez ou… Duval, qui est quand même une Mélisande très bourgeoise, avec ses petites perles au cou et son chignon.

Oui, mais si elles ne sont pas toutes jeunes, celles-là sont du moins innocentes (même si un peu névrosées comme Ewing, que j'adore aussi). Alors que Schwarzkopf est, de celles que je connais (ce qui exclut donc pas mal de chanteuses seulement disponibles en live ou en vidéo, et celles qui ne l'ont chantée qu'ailleurs qu'à Paris ou depuis 2001) la seule à donner corps à l'hypothèse d'une Mélisande consciemment manipulatrice.  

DavidLeMarrec a écrit:
ce côté ourson gélatineux, tout de suite pleurnichard, ça enlève l'un des pivots du drame qui est l'humanité de Golaud, dans le sens le plus complet du terme, avec ses peurs, sa jalousie, sa violence sous-jacente.

 hehe Je n'aurais jamais osé le formuler ainsi en public, mais c'est effectivement l'impression que me fait le Golaud de Van Dam (au moins jusqu'à l'enregistrement d'Abbado, après je ne connais pas).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Lun 4 Aoû 2014 - 19:19

Benedictus a écrit:
Ma question ne portait pas sur Auberson, mais sur Gui - début des années 50 à Glyndebourne, si je ne m'abuse... donc début des années 2020?

Les droits voisins ont déjà expiré, mais j'avais vu des projets de rétroactivité (!) dans la transposition de la directive, ce doit être fait maintenant, il faut que j'aille lire.

De toute façon, le problème reste un peu le même, puisque Maeterlinck ne sera libre de droits qu'en 2019, et Pelléas davantage, avec les quasiment quinze ans (eh oui) de guerre à ajouter.


Citation :
C'est vrai. D'ailleurs, je trouve que Pelléas fait partie des quelques œuvres où le Karajan tranchant des années 50 est aussi intéressant que le Karajan hédoniste des années 80 (avec les symphonies de Sibelius).

En général, j'aime davantage le second Karajan (parce que le premier peut être froid et fruste à la fois, surtout dans les années 40…), ou celui de la transition, mais en l'occurrence, même si les deux sont intéressants, le premier emporte la palme, sans hésiter.


Citation :
Oui, mais si elles ne sont pas toutes jeunes, celles-là sont du moins innocentes (même si un peu névrosées comme Ewing, que j'adore aussi). Alors que Schwarzkopf est, de celles que je connais (ce qui exclut donc pas mal de chanteuses seulement disponibles en live ou en vidéo, et celles qui ne l'ont chantée qu'ailleurs qu'à Paris ou depuis 2001) la seule à donner corps à l'hypothèse d'une Mélisande consciemment manipulatrice.  

Ah, il y a quand même des traits de ce genre Kirchschlager et surtout Kožená :
http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2007/11/13/765-trainee-de-melisande .

La jubilation de Brothier me paraît plus enfantine, mais elle est ouvertement manipulatrice d'une certaine façon (mais plus dans le caprice que dans la conspiration, alors que Kožená, tout enfant qu'elle paraisse…).


Citation :
 hehe Je n'aurais jamais osé le formuler ainsi en public, mais c'est effectivement l'impression que me fait le Golaud de Van Dam (au moins jusqu'à l'enregistrement d'Abbado, après je ne connais pas).

Bah, ce n'est pas méchant non plus, d'autant que je lui rends justice sur la qualité objective de son interprétation chez Abbado.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 14 Aoû 2014 - 13:16

À propos de mètre-étalon dans le fil Karajan :

Benedictus a écrit:
(par exemple, Karajan est pour moi la référence pour savoir jusqu’où on peut aller / je suis prêt à suivre dans la romantisation de Pelléas).

J'aurais été d'accord il y a peu de temps… mais pour l'avoir réécouté la semaine dernière (trois premiers actes, pour Xavier Very Happy ), la limite de cette interprétation n'est pas la romantisation (que Baudo soutient très bien, même si personnellement, ça ne passe pas à l'acte IV) mais la mollesse d'articulation, qui ne peut pas fonctionner pour du récitatif, et l'étouffement des bois qu'on entend très mal (or, dans Pelléas, on ne peut pas faire sans).

Mais sur le principe, oui, c'est intéressant pour entendre une autre atmosphère, un peu brumeuse, très différente de la littéralité de l'œuvre, je suis d'accord.

(D'ailleurs, suite à cette dernière réécoute, je trouve ça bien chanté en fait : c'est surtout que les voix sont épaisses et très terriennes – Stilwell est un vrai baryton, pas de doute – , en contradiction non seulement avec le texte mais aussi la lecture plus évanescente de Karajan. Raimondi s'y fond à merveille, par exemple.)
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Cololi
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 14 Aoû 2014 - 13:29

DavidLeMarrec a écrit:
À propos de mètre-étalon dans le fil Karajan :

Benedictus a écrit:
(par exemple, Karajan est pour moi la référence pour savoir jusqu’où on peut aller / je suis prêt à suivre dans la romantisation de Pelléas).

J'aurais été d'accord il y a peu de temps… mais pour l'avoir réécouté la semaine dernière (trois premiers actes, pour Xavier Very Happy ), la limite de cette interprétation n'est pas la romantisation (que Baudo soutient très bien, même si personnellement, ça ne passe pas à l'acte IV) mais la mollesse d'articulation, qui ne peut pas fonctionner pour du récitatif, et l'étouffement des bois qu'on entend très mal (or, dans Pelléas, on ne peut pas faire sans).

Mais sur le principe, oui, c'est intéressant pour entendre une autre atmosphère, un peu brumeuse, très différente de la littéralité de l'œuvre, je suis d'accord.

(D'ailleurs, suite à cette dernière réécoute, je trouve ça bien chanté en fait : c'est surtout que les voix sont épaisses et très terriennes –  Stilwell est un vrai baryton, pas de doute – , en contradiction non seulement avec le texte mais aussi la lecture plus évanescente de Karajan. Raimondi s'y fond à merveille, par exemple.)

Sauf que ça a son charme ! Voix épaisses ? Mais non ... Stilwell épais ? Faudra repasser alors ... Vrai baryton ? Et bien c'est vraiment sur lui que j'émet le plus de doutes, car les aigus sont extrêmement faciles et lumineux, vraiment la couleur du ténor.
von Stade épaisse ? Raimondi épais ? Non ça ne tient pas la route. Van Dam à la limite oui évidemment. Mais ça reste un Golaud merveilleux.
D'ailleurs ... c'est une merveille mais ça n'empêche pas de trouver par exemple chez Abbado une lecture sensiblement plus française, moins brumeuse, plus précise, plus du tout wagnérienne, mais qui arrive à garder malgré tout toute la magie de l'œuvre. Mais l'une n'invalide pas l'autre pour le coup.

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 14 Aoû 2014 - 13:33

DavidLeMarrec a écrit:
À propos de mètre-étalon dans le fil Karajan :

Benedictus a écrit:
(par exemple, Karajan est pour moi la référence pour savoir jusqu’où on peut aller / je suis prêt à suivre dans la romantisation de Pelléas).

J'aurais été d'accord il y a peu de temps… mais pour l'avoir réécouté la semaine dernière (trois premiers actes, pour Xavier Very Happy ), la limite de cette interprétation n'est pas la romantisation (que Baudo soutient très bien, même si personnellement, ça ne passe pas à l'acte IV) mais la mollesse d'articulation, qui ne peut pas fonctionner pour du récitatif, et l'étouffement des bois qu'on entend très mal (or, dans Pelléas, on ne peut pas faire sans).

Mais sur le principe, oui, c'est intéressant pour entendre une autre atmosphère, un peu brumeuse, très différente de la littéralité de l'œuvre, je suis d'accord.

(D'ailleurs, suite à cette dernière réécoute, je trouve ça bien chanté en fait : c'est surtout que les voix sont épaisses et très terriennes –  Stilwell est un vrai baryton, pas de doute – , en contradiction non seulement avec le texte mais aussi la lecture plus évanescente de Karajan. Raimondi s'y fond à merveille, par exemple.)

Oui, quand je parlais de romantisation, c'était pour essayer de caractériser en gros l'autre chose que Karajan donne à entendre. Oui, c'est très bien chanté (trop même, et pas assez parlé), je n'ai jamais trop compris pourquoi les Guides de la cédéthèque idéale des 500 références d'or du classique étaient si négatifs à ce niveau-là (en particulier au sujet de Stilwell, qui pose des problèmes de cohérence, mais pas de chant).

Mais enfin ce n'est pas non plus ma version préférée, comme je l'ai dit plus haut, et je ne l'ai pas réécoutée depuis un moment.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 14 Aoû 2014 - 14:35

Cololi a écrit:
Sauf que ça a son charme !

Je ne dis pas le contraire. En revanche, je trouve que ça ne fonctionne pas tout à fait, alors que le principe n'est pas absurde en soi. Les interludes sont très beaux dans leur genre, par exemple.


Citation :
Voix épaisses ? Mais non ... Stilwell épais ? Faudra repasser alors ... Vrai baryton ? Et bien c'est vraiment sur lui que j'émet le plus de doutes, car les aigus sont extrêmement faciles et lumineux, vraiment la couleur du ténor.

Non, non, il a une véritable assise, il sonne très adulte. C'est ce que voulais dire par épais (pas au sens technique, mais au sens où elles semblent appartenir à de vrais humains très charnus, pas à des personnages de conte).


Citation :
Raimondi épais ?

Qu'est-il arrivé, Cololi ? Tu ne comprends plus ce que je dis.

J'ai écrit exactement l'inverse. Smile


Citation :
Non ça ne tient pas la route. Van Dam à la limite oui évidemment. Mais ça reste un Golaud merveilleux.

J'ai été surpris de trouver, contrairement à mes dernières réécoutes, van Dam pénible chez Abbado et intéressant chez Karajan (plus violent, en fait, sous une fausse bonhommie qui masque mal le caractère profondément ombrageux). Après, ça reste un peu trop chanté à mon goût, mais c'est finalement assez véniel. J'aime plus que Bacquier, par exemple.
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 22 Aoû 2014 - 14:21

DavidLeMarrec a écrit:

J'ai été surpris de trouver, contrairement à mes dernières réécoutes, van Dam pénible chez Abbado et intéressant chez Karajan (plus violent, en fait, sous une fausse bonhommie qui masque mal le caractère profondément ombrageux). Après, ça reste un peu trop chanté à mon goût, mais c'est finalement assez véniel. J'aime plus que Bacquier, par exemple.

Tiens tiens !... Very Happy
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Sam 30 Aoû 2014 - 1:57

Haitink 2003 Boston

Lorraine Hunt Lieberson (Mélisande)
Simon Keenlyside (Pelléas)
Gerald Finley (Golaud)
John Tomlinson (Arkel)
Natalie Stutzman (Geneviève)

J'ai écouté les actes 1 à 3, et je suis un peu tiède.

Tout d'abord, Haitink n'est pas aussi bon qu'en 2007 avec l'ONF, la scène Golaud-Yniold est ratée notamment à cause de ce manque de tension, ça finit tout plan-plan.
Mais j'ai l'impression que les chanteurs (peut-être par contagion) ont un peu le même défaut: Finley est très élégant, très fin, mais finalement vraiment placide.
Hunt, c'est très bien, même si je trouve qu'elle n'apporte rien de très très nouveau, et puis on la sent peu à l'aise avec certaines notes un peu aigües.
Keenlyside est plus corseté lui aussi que ce qu'il fera plus tard notamment avec Rattle. (et ses problèmes rythmiques toujours là)
Tomlinson est déjà assez dégueulasse vocalement, alors que son Golaud est formidable à peine 4 ans plus tôt. (DVD Davis)

Après, peut-être que c'est moi qui ai le tort d'écouter ça à volume assez bas, mais sinon les toussotements et râclements de gorge très audibles (des spectateurs voisins du pirate qui a enregistré ça) m'agacent vraiment trop.
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Sam 30 Aoû 2014 - 2:24

Je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis (même si la conception de Haitink est plus proche de celle de 2007 que de celle de 2000), mais tu es quand même bien sévère. Je n'y reviens pas souvent, parce qu'il y a encore mieux dans le même genre (et puis Hunt a une couleur très affirmée, très mature, qui est peu adaptée), mais l'ensemble est quand même extrêmement convaincant pour moi, avec une belle couleur nocturne qui plane sur cet orchestre pendant toute la représentation… Very Happy
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Sam 30 Aoû 2014 - 2:29

Oui j'aime bien cette couleur aussi, mais c'est un peu monotone sur la durée, avec vraiment peu de contrastes.
Effectivement, Hunt est quand même un peu mûre.

C'est une belle représentation dans l'ensemble, c'est sûr, mais à froid, ce n'est pas suffisant pour faire une excellente version, tant il y a mieux à tous les niveaux.
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 18 Déc 2014 - 9:02

bAlexb a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Mais contrairement aux autres, tu ne débarques pas avec des témoignages de concerts improbables ou des incunables, je m'interrogeais. Very Happy

Je n'avais suggéré "que" Karajan/Güden à Vienne & Ansermet/Moffo au MET ...

Ansermet au Met, c'est le pire témoignage de toute la discographie, haut la main, donc je ne reviens pas dessus… mais Karajan-Vienne, ça a été édité officiellement ? Je ne l'ai jamais vu passer…
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 18 Déc 2014 - 9:27

DavidLeMarrec a écrit:
Karajan-Vienne, ça a été édité officiellement ?  Je ne l'ai jamais vu passer…

silent
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 18 Déc 2014 - 9:51

Bien, alors maintenant, la combine et plus vite que ça, sinon je balance aux autorités. rambo
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 2 Jan 2015 - 1:27

Oriane a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Bart a écrit:
Oriane a écrit:
Pelléas et Mélisande / Claude Debussy
Claudio Abbado + Wiener, Van Dam, Ewing, Le Roux ...

I love you I love you I love you I love you +

C'est surtout la magie de l’œuvre et la direction d'Abbado qui emportent mon adhésion ici.

Oui c'est une des meilleures versions pour l'orchestre. Et François Le Roux est quand même un Pelléas magnifique, tu ne trouves pas ? Very Happy

… et Ewing, et van Dam… ça commence à faire pas mal de points forts, malgré Ludwig et Ghiaurov (qui ne sont pas horribles pour autant).

Cette fois, ce n'est pas moi qui te contredirai concernant Ludwig. Je ne sais pas quel âge elle avait, mais c'est sûr que sa voix n'était plus celle de sa prime jeunesse. Du coup, elle m'a presque gâché mon plaisir. C'est triste, sachant que je l'aime vraiment beaucoup.

Ewing est un peu mûre, mais j'aime bien Mélisande mûre. Ou du moins, ça ne me dérange pas que ce ne soit plus une enfant.

Ludwig a fait de très belles choses à cette époque (quelle Fricka !), c'est surtout le français, et l'émission très intérieure qui ne correspond pas du tout à la langue.

Ewing a quelque chose de plus adulte, c'est sûr, mais de vraiment mystérieux malgré son timbre capiteux. C'est une Mélisande assez vénéneuse, plus une Leblanc qu'une Garden, mais ça fonctionne vraiment très bien, plus que les Mélisandes juvéniles mais très féminines (Gens, d'Oustrac, Schwarkopf… autant d'incarnation que j'aime énormément cela dit !).
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Jeu 12 Fév 2015 - 12:08

Je radote, mais ce que fait Ewing à partir de la fin de l'acte II – et particulièrement dans l'acte V – reste inapproché pour moi du point de vue de la pure jouissance sonore... même si a priori je préfère nettement d'autres interprètes (pour moi c'est Grancher, Soderström, von Stade, Hagley, Kožená, ou Tsallagova en ce moment à Bastille), et si j'ai même du mal à supporter Ewing dans l'acte I et la majeure partie du II (quoique : je dis ça sans avoir écouté cette version depuis longtemps, et la dernière fois que j'en ai entendu des extrais sur RTS j'avais trouvé ça bien mieux que dans mon souvenir...)

Je ne sais plus qui a parlé de Mélisandes "brunes" et "blondes" : disons que généralement je préfère la catégorie "brune juvénile", or Ewing est plutôt une blonde sur le retour un peu agaçante, mais tellement émouvante (et audiblement amoureuse) qu'elle en devient extrêmement belle. I love you


Dernière édition par Golisande le Ven 13 Fév 2015 - 13:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 13 Fév 2015 - 10:37

J'ai du sans doute survoler le topic, mais je ne crois pas avoir vu un avis précise sur la version De Billy, Pelly, N2C, Naouri ?
Est-ce que notamment N2C arrive à se distancier de son "bougisme" habituel pour restituer le coté énigmatique du personnage de Mélisande ?

  Montfort
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 13 Fév 2015 - 11:08

Personnellement j'ai fui cette version jusqu'à présent, pour cause d'intransigeance en matière mélisandienne.
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 13 Fév 2015 - 11:19

Golisande a écrit:
Personnellement j'ai fui cette version jusqu'à présent, pour cause d'intransigeance en matière mélisandienne.

 Merci pour cette réponse : c'est un peu ce que je subodorais - comme par ailleurs on ne manque pas de bonnes versions...
 Autre question : est-ce que la production du TCE en 2007 dirigée par Haitink avec Kozema, Lapointe et Naouri a été captée ? Je l'avais vue et j'en garde un fort souvenir...

   Montfort
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 13 Fév 2015 - 11:41

Il me semble qu'il n'y a eu qu'une captation pour Arte, et pas de DVD...
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 13 Fév 2015 - 13:04

Il faut bien voir que ce sujet a déjà deux chapitres de 20 pages!
On a déjà parlé du DVD De Billy en fait, peut-être dans les dernières pages du 1er chapitre notamment... http://classik.forumactif.com/t529-debussy-pelleas-et-melisande
C'est une belle version je trouve, mais en partie gâchée par Dessay à mon sens.
La version Haitink/Martinoty est en effet passé sur Arte mais jamais sortie en DVD, bizarrement; dommage car la mise en scène est belle mais surtout c'est une grande version d'un point de vue musical.
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Ven 13 Fév 2015 - 13:24

Je dirais même que je trouve la partie musicale beaucoup mieux que la mise en scène, dont je me passe volontiers...
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 0:45

C'est fou comme les Mélisandes antérieures à 1970 prononcent le français d'une manière "pointue" et vieillotte (outre les maniérismes de chant), qui me gâche quelque peu le plaisir... Neutral (Je suis en train d'écouter Micheline Grancher, qui est pourtant celle qui m'enthousiasme le plus parmi les Anciennes...)

Je me rends de mieux en mieux compte à quel point Elisabeth Söderström (avec Boulez en 1970) fut une petite révolution à elle toute seule... I love you
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 1:04

J'ai enchaîné sur la première scène dans la version Abbado – que je n'avais pas écoutée depuis presque deux ans, pensant que j'avais un vrai problème avec Ewing dans tout ce début... Eh bien, décidément je crois que j'adore sa Mélisande dans son ensemble (cette tristesse, ce ton de détresse éperdue, ces nuances fabuleuses dans la voix), et du coup il est possible que cette version soit vraiment ma version de chevet...

Edit : je préfère tout de même Söderström (Boulez CD, 1970) dans cette scène — et McIntyre est un Golaud vraiment magnétique... De toute façon j'en reste toujours à la même trilogie (Boulez studio, Karajan, Abbado) et ne parviens pas à choisir entre les trois...
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 2:26

J'allais répondre et je vois que tu as édité, finalement on est d'accord je crois: j'ai abandonné depuis longtemps l'idée d'une version de chevet.
Tant de versions dont je ne pourrais pas me passer, et aucune qui ne puisse rendre à elle seule toutes les facette de l'oeuvre et de chaque rôle. (ce qui prouve, s'il en était besoin, la richesse inépuisable de l'oeuvre)
Donc entre Abbado, Karajan, Désormière, Boulez studio, Boulez DVD, A.Davis DVD pour Tomlinson et la mise en scène de Vick, Baudo, Inghelbrecht 62, Rattle 2006, Haitink 2007, Cluytens, Fournet, et j'en passe... il ne faut pas chercher à choisir, c'est juste impossible.
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 2:36

Bizarrement, je ne suis pas aussi tolérant que pour Wagner... Parmi toutes les versions que tu cites il n'y en a que sept ( Mr.Red ) que je réécoute ou revisionne régulièrement (mais il y a aussi les Inghelbrecht des années 50)...
Davis/Vick, c'est assez énorme quand même, même si ça ne correspond pas du tout à ma vision "interne" de l'œuvre (beaucoup moins que Boulez DVD, et pourtant dans celle-ci il n'y a que Hagley que j'aime vraiment).
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 10:40

Par exemple : de "Oh ! Vous avez déjà les cheveux gris" à "je les ferme la nuit", Stade + van Dam + l'orchestre et la direction de Karajan (tout, quoi) sont absolument... Je ne trouve pas de mot adéquat – "obsédants" peut-être – enfin je pourrais me repasser cette minute de musique en boucle longtemps sans m'en lasser...
Alors que chez Boulez ça tombe à plat (Söderström perd beaucoup de charme d'un coup, se transformant en une "simple" cantatrice avec même quelques sonorités presque moches – comme ça arrive hélas à plusieurs reprises dans cet enregistrement –, McIntyre devient ensuite bizarrement hystérique...), et que Ewing en fait des tonnes et "pleure" de façon assez déplacée à ce moment précis (ces larmes un peu trop systématiques dans la voix sont un des défauts agaçants de sa Mélisande, bien qu'en soi elles sonnent extraordinairement vrai et "sincère").

Quant à Grancher, c'est toujours bien – mieux que Danco, par exemple, pour moi –, mais ça sonne un peu trop franc et cordial, trop familier, avec ce français bien-de-chez-nous que je trouve inadapté au rôle (c'est d'ailleurs sans doute une des raisons pour lesquelles M. Garden a été préférée à G. Leblanc)...
Néanmoins il y a quand même chez Grancher un mystère qui fait totalement défaut à Joachim par exemple – mais le cadre de la version Désormière en fait une figure totalement abstraite, donc ça fonctionne quand même –, à Alliot-Lugaz chez Dutoit, sans parler de Duval (et de bien d'autres dans des styles différents, parfois pires)...


Dernière édition par Golisande le Dim 15 Fév 2015 - 10:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 11:06

Citation :
je préfère tout de même Söderström (Boulez CD, 1970) dans cette scène

... Au début de cette scène, donc... Par exemple la façon dont elle chante (ou plutôt dit) "Ahh oui ! Oui ! Oui !" au lieu de "Oh" : je trouve ça irrésistible, et tellement plus naturel...
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 15 Fév 2015 - 11:14

J'écoute cette scène (un jour je passerai à autre chose Mr. Green ) dans la version Inghelbrecht 1951 (au son tout-à-fait acceptable, décidément !) : Danco est très droite et assez claire, mais très élégante, sans grand mystère mais sans défauts non plus; en fait j'aime quand même beaucoup... Very Happy

Et sapristi, je n'arrive pas à me lasser d'écouter cette scène...
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Sam 11 Avr 2015 - 10:17

Xavier, in \"Ravel - Opéras", a écrit:
[...] Je suis d'accord, Rattle n'a pas fait de bons Debussy symphoniques (sans que ce soit indigne)... par contre son Martyre et ses Pelléas!

Golisande a écrit:
Xavier a écrit:
et ses Pelléas!

Beh non, justement... spiderman

fgero a écrit:
Si, si, avec Kirchschlager en 2006, c'est très bien.

Bien que me sentant un peu seul, je me refuse à mettre en doute mes propres perceptions. hehe

Pour moi Rattle aplatit complètement le propos de l'œuvre, son mystère, en fait une (très) jolie rhapsodie pour orchestre avec voix, avec de belles sonorité lumineuses et léchées : toute l'insondable étrangeté, les clair-obscurs subaquatiques (j'ai cherché un meilleur adjectif pour exprimer cette espèce de translucidité sombre, mais pas moyen Confused ), l'ambiance crépusculaire de cauchemar "soft" – bref : la magie ineffable qui fait de Pelléas un omni unique en son genre –, Rattle passe joyeusement à côté.
Après, évidemment, c'est excellemment exécuté, Berlin est brillantissime, on entends la partition dans tous ses détails, et comme c'est cette partition-là ça ne peut-être que merveilleux, et pourtant, parmi tous ceux que j'ai entendu, Rattle est un des rares à n'avoir (à mon sens) rien compris à l'œuvre : je trouve sa lecture bête. Alors c'est peut-être moi qui me fait des films, qui rajoute à l'œuvre une couche d'intentions qu'elle n'a pas, puisque tout est dans la partition et que Rattle l'exécute à la perfection, etc., — il n'empêche que je ne suis pas ému, qu'il ne se passe rien dans mes tripes lorsque j'écoute cette interprétation (les chanteurs, notamment Kirchschlager, y sont aussi pour quelque chose), et du coup j'ai un peu de mal à ne pas réagir lorsqu'on en parle comme d'une version fabuleuse...

Si je devais mentionner un défaut "objectif", je dirais que cette direction morcelle le discours : un peu comme partout, Rattle privilégie le détail sur la continuité – ce qui pourrait sembler moins rédhibitoire dans Pelléas qu'ailleurs, pourtant il est évident que l'émotion passe largement par la dimension temporelle (la mémoire étant un des facteurs essentiels de la perception musicale, etc.).
Il faudrait que je refasse une écoute comparée (ce qui est un des mes (trop) nombreux projets actuels, puisque je m'étais arrêté à la première scène...) pour donner des exemples précis, d'autant qu'il n'y a pas que cet aspect : il y a (évidemment) un réseau infini de problèmes d'agogique, de nuances, de focus sur tel instrument à tel moment avec tel phrasé individuel, telle nuance, telle sonorité, qui suppose de connaître intimement la partition – pas seulement dans ses détails "objectifs", mais dans toutes les dimensions qui se révèlent à mesure qu'on la mûrit (la souplesse et l'intelligence d'Haitink - chef réputé "raide" - en 2007 m'avait frappé lorsque j'ai découvert les deux versions successivement, idem pour Abbado dont le traitement de l'orchestre est peut-être plus comparable par ailleurs)...
Bref, c'est un boulot de fourmi chef d'orchestre qui implique de questionner les tréfonds de la partition pour obtenir un impact émotionnel global, dans l'épaisseur de l'orchestre comme dans la durée du discours ; or il ne me semble pas que Rattle ait pénétré bien profondément les arcanes de la partition – soit qu'il ne l'ait pas assez mûrie en 2006 (peut-être va-t-il nous sortir une version officielle géniale...), soit tout simplement que celle-ci ne l'inspire pas particulièrement...
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Dim 12 Avr 2015 - 9:11

Ce que tu viens d'écrire, je le ressens souvent avec Rattle/Berlin, quelle que soit l'oeuvre, je dirais presque  Mr. Green
Mais il y a des exceptions, où cette lecture un peu premier degré est certes un petit peu présente mais où les très nombreuses qualités l'emportent, comme avec Pelléas 2006.
Je citerais aussi son Szymanowski qui fait très bien ressortir les couleurs de la 3e, entre autres.
Note que je te suis sur Haitink qui en est même totalement surprenant dans le (très) bon sens en 2007. Encore mieux que Rattle.
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Sinbad
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Mar 23 Juin 2015 - 10:12

Quelle version DVD me conseilleriez-vous, sachant qu'au disque mes versions préférées sont Karajan 2 et Abbado 2 (François Le Roux Pelléas idéal pour moi) ?
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Golisande
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Mar 23 Juin 2015 - 11:33

Si tu aimes Le Roux (et van Dam, j'imagine), il y a ça :
, mais je ne te le conseillerai tout de même pas en priorité, ne serait-ce que parce que les interludes en sont absents (je laisse à d'autres le soin de démolir cette version pour laquelle je garde une certaine affection, ne serait-ce que parce que je l'ai vue à la télévision lors de sa diffusion en 1988, et que c'est une des premières versions de Pelléas que j'ai connues).

Ce que je conseillerais en revanche à tout le monde, c'est ça :
, qui est somptueux tant par l'interprétation que par la mise en — même si je dois reconnaître que l'une comme l'autre s'éloignent assez radicalement de ma conception interne des personnages et de l'univers esthétique de l'œuvre : disons que, exceptée la musique elle-même (ce qui est tout de même l'essentiel, n'est-ce pas ?), c'est un superbe objet visuel et un magnifique moment de théâtre, mais que pour moi ce n'est pas tout-à-fait Pelléas... Cela étant, ça mérite amplement d'être connu.

Après, dans un esprit beaucoup plus littéral et consensuel, a priori plus satisfaisant (je pense que presque tout le monde te le conseillera), il y a Boulez : , avec notamment la Mélisande délicieuse d'Allison Hagley, mais le problème est que c'est à peut près tout : je trouve les autres chanteurs falots (en particulier les deux rôles masculins principaux, ainsi qu'un Yniold pénible), l'orchestre médiocre, la direction de Boulez assez éteinte, et la mise en scène quelconque... Confused À mon sens cette version n'apporte rien par rapport aux meilleures versions audio (contrairement à la version CD du même Boulez qui fait partie de mon trio de tête avec les deux que tu cites), si ce n'est, encore une fois, A. Hagley – et rien que pour elle, ça mérite tout de même le détour.

Bon, et sinon il y a la captation de Jordan/Wilson à Bastille, mais hélas en 2012 (j'y étais en 2012 et cette année, et c'était vraiment beaucoup mieux la seconde fois)... Ainsi que plusieurs autres versions que je ne connais pas (et dont aucune ne m'attire plus que ça)...
(mais de toute façon, soyons clair, aucun DVD ne vaudra jamais un bon vieux Karajan ou un bon vieil Abbado bounce )


Dernière édition par Golisande le Mar 23 Juin 2015 - 12:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Mar 23 Juin 2015 - 11:45

J'allais aussi proposer Boulez/DGG, parce que la production de Stein sert particulièrement bien l'oeuvre (aussi bien texte proprement dit que texte "musical", je dirais) ; et celle de Jordan/Wilson pour son sens de l'épure et la "réduction" à l'essence de l'oeuvre (là aussi : musique & texte ensembles).
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Sinbad
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Mar 23 Juin 2015 - 12:19

Merci pour ta réponse rapide. Je crois bien que je vais rester sur des versions audio par crainte de ne pas retrouver l'atmosphère et les images que j'avais associées à cette œuvre. J'ai peur de ne pas retrouver l'onirisme des visiteurs du soir, du baron fantôme ou de la belle et la bête alors qu'en écoutant.... il suffit de se laisser dériver. Peut-être tenter la version (au disque) Haitink.... (Désormière j'ai déjà, c'est avec elle que j'ai découvert Pélleas, mais je trouve - maintenant - l'orchestre trop en retrait et chez Debussy ça ne pardonne pas).
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Mar 23 Juin 2015 - 12:25

La version CD de Haitink en 2000 est chiante comme la pluie... Tente plutôt n'importe quelle autre Boulez Covent Garden, Inghelbrecht 1963, ou même (si tu ne veux pas de mono) Baudo ou Dutoit.
Mais je renchéris sur bAlexb, le DVD Boulez est très fidèle à l'esprit de l'œuvre (disons que tu ne risques pas d'être dérangé), et la Mélisande de Hagley est une de mes préférées...
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Xavier
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MessageSujet: Re: Debussy - Pelléas et Mélisande (3)   Mar 23 Juin 2015 - 14:18

Oui, vu ce que tu dis, prends le DVD Boulez, mais surtout pas Gardiner.
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