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 Paul Bley (1932)

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Thelonious
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MessageSujet: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 16:29

Cadet d’Oscar Peterson de 7 ans son ainé, Paul Bley (né en 1932), également né à Montréal se révèle vite comme un pianiste prodige voire plus tard prodigue. Je vous passe ses années d’études au McGill Conservatory et à la Juilliard School.

Bopper, HardBopper, Freezzien (terme que j’ai inventé) il est avant tout inclassable au même titre qu’un George Russell ou un Gil Evans (histoire de situé le bonhomme, même si les comparaisons risquent d’en émouvoir plus d’un).

Même s’il a participé à de nombreux enregistrements, en plus grandes formations avec des pointures cités ci-après, ses terrains de jeu favoris restent le trio et les prestations solos, position qu’il affectionne particulièrement et dans laquelle il excelle. Aussi à l’aise dans l’interprétation du « répertoire » que pour servir les compositions de son ex Carla (que j’affectionne particulièrement) et bien sûr, son propre répertoire d’une grande richesse.

Il a joué avec pléthore de musiciens dont les plus connus sont les bassistes, Mingus, Charlie Haden, Scott lafaro, Gary Peacock, Dave Holland et Steve Swallow, les batteurs, Art Blakey, Billy Higgins, Paul Motian et les souffleurs, Chet Baker, Ornette Coleman, Don Cherry, Jimmy Giuffre, Don Ellis, Sonny Rollins et Coleman Hawkins.

Il s’est essayé aux synthés de 1969 à1972 mais reste avant tout un pianiste. Il reviendra vers les joujoux électroniques pour l’album Synth Thesis (1993) sur lequel je reviendrai plus tard.

Le plus intéressant reste sa vie sentimentale qu’il a partagé avec Carla , aujourd’hui compagne  de Steve Swallow et d’Annette Peacock qu’il a piqué à Gary. Rien ne se perd, rien ne se crée mais qu’est-ce qu’on rigole.

Cette petite présentation du Maestro est bien évidemment incomplète et surement bourrée d’erreur, que je vous invite à corriger.
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Alifie
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 16:42

Thelonious a écrit:
Le plus intéressant reste sa vie sentimentale qu’il a partagé avec Carla , aujourd’hui compagne de Steve Swallow, et Annette Peacock qu’il a piqué à Gary. Rien ne se perd, rien ne se crée mais qu’est-ce qu’on rigole.

pété de rire Il en a chopé une troisième depuis, son épouse actuelle, vidéaste.

Sinon, rien à ajouter, à part l'adresse de son site perso, http://www.improvart.com/bley/ , tu es alllé à l'essentiel avec la rubrique people. Mr. Green
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Thelonious
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 16:53

Alifie a écrit:
pété de rire Il en a chopé une troisième depuis, son épouse actuelle, vidéaste.

'tain, il est chaud papy.
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Alifie
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 17:00

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne sens pas nécessairement ce fil parti sur de bons rails. Razz
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Thelonious
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 17:05

Au contraire, les histoires de fesses sont toujours une bonne "introduction" à un sujet. Arrow
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Alifie
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 17:22

Sinon, on peut toujours compléter par (Mélo y est évidemment pour quelque chose) : http://classik.forumactif.com/t6699p50-#906405
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néthou
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 18:08

Thelonious a écrit:
Au contraire, les histoires de fesses sont toujours une bonne "introduction" à un sujet. Arrow

Et puis c'est bien connu, tous les moyens sont bons pour faire du Bley.



(je me moque, mais même moi j'ai un disque de lui:



C'est pour faire croire à ma fille que moi-aussi j'écoute de la musique de petit jeune qui plane).
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 18:36

Malheureusement, s'il y en a un à jeter dans sa disco, c'est bien celui-ci : Dave Pike, le vibraphoniste, est particulièrement insupportable et la session, qui ne vaut pas tripette, a pour seul intérêt, plutôt anecdotique, d'être le premier enregistrement de Charlie Haden, qui venait d'être engagé par Bley après avoir débarqué à Los Angeles.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 19:10

Citation :
Malheureusement, s'il y en a un à jeter dans sa disco, c'est bien celui-ci : Dave Pike, le vibraphoniste, est particulièrement insupportable et la session, qui ne vaut pas tripette, a pour seul intérêt, plutôt anecdotique, d'être le premier enregistrement de Charlie Haden, qui venait d'être engagé par Bley après avoir débarqué à Los Angeles.


Ça, c'est fait.

J'écoute actuellement son Live In Bremen (1966).
J'aime beaucoup le développement rythmique sur New Love et sa manière de tourner autour du thème.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 21 Déc 2014 - 21:36

Tu attaques par les bootlegs ? Quel !

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Mar 23 Déc 2014 - 9:48

Alifie a écrit:
Il a pourtant été, juqu'à ce qu'il atteigne un âge précanonique *, l'homme de toutes les aventures : en cherchant bien, je suis presque certain qu'on pourrait trouver un enregistrement live avec Moustache et les Petits Français !

La quantité ne fait pas la qualité hehe. Et pis il a même pas joué avec Miles, Ouh le nul Arrow.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Mar 23 Déc 2014 - 10:59

Thelonious a écrit:
Alifie a écrit:
Il a pourtant été, juqu'à ce qu'il atteigne un âge précanonique *, l'homme de toutes les aventures : en cherchant bien, je suis presque certain qu'on pourrait trouver un enregistrement live avec Moustache et les Petits Français !

La quantité ne fait pas la qualité hehe. Et pis il a même pas joué avec Miles, Ouh le nul Arrow.

Oui, c'est triste, et avec Moustache et les petits français non plus, j'ai vérifié les ROIO.

Ceci dit, à voir la courte vidéo du concert d'Oslo dont il donne le lien sur son site *, il m'a l'air bien fatigué, Papy Paulot. Je ne serais pas étonné outre mesure que ce fil consacré à sa vie sentimentale serve bientôt de nécro.


* la chronique de l'album sur Jazzman/Mag qui y est reproduite est assez sympathique (et un peu agaçante pour moi, il me manque, coupable négligence, une demi-douzaine de ses albums solo) : http://www.improvart.com/bley/BleyECM2373_French_Review.htm
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 15:34

Pourquoi l'album JACO (1974), Paul Bley, Jaco Pastorius, Pat Metheny et Bruce Ditmas, s'intitule t'il ainsi alors que les compositions sont de Paul et de ces drôles de dames?
Je suis sur qu'Alifie aura une anecdote à nous narrer concernant ce disque.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 17:12

Parce que c'est un album produit par Bley pour son label IAI, cf. www.improvart.com/cds/iaicat.htm ou encore http://classik.forumactif.com/t6038p800-#904007 où un pignouf dit du mal de l'album le plus connu de Paul Bley.

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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 17:48

Merci pour ces précisions, mais ça répond pas vraiment à ma question.

Si c'est lui qu'il l'a produit, pourquoi c'est Pasto sur la pochette et son nom écrit en gros?
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 19:03

Tout le monde n'est pas obligé d'avoir le melon. L'album est conçu pour mettre Pastorius en valeur, cf. les notes de pochette de la réédition en cd dans le post précédent.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 19:34

Alifie a écrit:
Tout le monde n'est pas obligé d'avoir le melon. L'album est conçu pour mettre Pastorius en valeur, cf. les notes de pochette de la réédition en cd dans le post précédent.

Tout à fait, mais c'est tellement pas commun. Sinon c'est en anglais et ça me fatigue déjà I don't want that .
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 19:56

Embarassed désolé, j'ai toujours l'idée, qui n'a évidemment pas le moindre fondement, que tout le monde baragouine au moins un peu le rosbif, même médiocrement comme moi-même... ce qui me fait d'ailleurs hésiter à me lancer dans la lecture des 245 pages de



sans compter que Bley n'est pas toujours facile à suivre, cf. (pour ceux qui lisent l'anglais uniquement) http://tedpanken.wordpress.com/2013/04/01/an-uncut-blindfold-test-with-paul-bley-around-2002/
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 20:05

Non, non, je comprends un peu l'anglais, mais ça me demande un effort et comme je suis diablement fainéant...

Si tu lis cet ouvrage, penses à nous en faire un résumé en 20 pages fouet .
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 20:34

Uniquement si on trouve des anecdotes croustillantes sur sa vie sentimentale. Mr. Green

Un autre article/interview (toujours en anglais, désolé), qui date de la sortie de son précédent album solo chez ECM : www.andyhamilton.org.uk/andy_pdfs/Paul_Bley.pdf

et une bio un peu sommaire en français : www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/paul-bley-emc/


Dernière édition par Alifie le Ven 26 Déc 2014 - 23:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 22:54

Je lirai ça demain avec attention; peut-être que cela m'apportera des pistes.
Mes premières impressions sur Bley sont confuses. Je sens que c'est intéressant, mais je n'arrive pas encore à analyser pourquoi. Je ne suis pas directement envouté comme j'ai pu l'être avec d'autres.
Il faut que je réécoute les quelques enregistrements que j'ai de lui. Étonnement (ou pas), c'est Synth Thesis qui pour l'instant me semble le plus à ma portée.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 26 Déc 2014 - 23:38

Tu n'es pas seul dans ce cas , cf. www.jazz.com/dozens/the-dozens-aaron-parks-selects-12-essential-paul-bley-tracks

P.S. je viens de voir ton nouvel avatar : ne serait-ce pas un mini-moog ?
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Sam 27 Déc 2014 - 11:03

Non ce n'est pas un Moog, c'est un schmidt, http://www.emc-de.com/index.php?option=com_content&view=article&id=235:schmidt-synthesizer&catid=65:schmidt-synthesizer&Itemid=143 (sounds demos en bas de page) et https://www.youtube.com/watch?v=oDiOi7VwpNs (sounds demos à 5:05).
AMHA, le Graal des synths analos.
Il n'a, me semble t'il, jamais été commercialisé (son prix aurait été de 20 à 30K€, une paille).
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 4:01

A la demande de Thelonious, ou du moins après m'être défilé de son invitation à un choix trop cruel pour moi, sélectionner une dizaine d'albums de Paul Bley dans son abondante discographie (une centaine d'albums environ, jazzdisco.org comme allmusic sont tous les deux incomplets), quelques élements discographiques donc, regroupés par périodes. Je précise que ne m'étant pas encore attaqué à l'ouvrage cité dans un post précédent, les éléments biographiques que je peux donner à l'appui de sa discographie ne sont pas toujours totalement blindés.

Canadien, né en 1932, comme l'a déjà précisé Thelonious, il est dès 17 ans un pianiste suffisamment expérimenté pour remplacer Oscar Peterson, parti pour les Etats-Unis, et accompagner les solistes américains de passage à Montreal, notamment Sonny Rollins, qui l'embauchera plus tard, et Charlie Mingus avec qui il noue une relation privilégiée pour animer une association canadienne assez en phase avec le Jazz Workshop plutôt collectif de Mingus de l'époque.

Après avoir rejoint New-York en 1953 pour suivre des cours à la Julliard School of Music, c'est assez naturellement que Mingus, qui l'intégrera à plusieurs reprises à ses formations, comme pianiste ou conducteur, l'enregistre sur son label Debut, en trio avec Art Blakey à la batterie et lui-même à la basse. Rien de vraiment révolutionnaire dans cet album, ni dans le suivant, sur un autre label, mais le style de Bley est déjà assez affirmé, avec quelques tics caractéristiques de son jeu, comme celui de doubler systématiquement des notes.



En 1957, après quatre années passées à New-York, qui lui ont permis de cotoyer de nouveau les solistes qu'il avait accompagné à Montreal et quelques autres évidemment, et une fois sa scolarité à Julliard achevée, il se rend sur la côte Ouest avec un bassiste et un batteur, dans un périple visiblement assez kerouackien, pour un engagement de longue durée (plus de deux ans en définitive) au Hillcrest Club de Los Angeles, à raison d'une prestation tous les soirs, au jour de relâche hebdomadaire près.

Charlie Haden qui vient d'arriver à Los Angeles, puis Billy Higgins, remplacent les deux membres du trio d'origine, partis vers d'autres horizons. Dans cette configuration particulièrement (Haden et Higgins se font vite une réputation de terreurs dans les jams alentour), le trio attire de nombreux musiciens locaux qui viennent régulièrement se joindre à lui au Hillcrest. C'est visiblement une période d'expérimentation très féconde, dont il ne reste que deux enregistrements, l'un calamiteux, à fuir, dont on peut penser que le véritable leader en a été le vibraphoniste Dave Pike, totalement insupportable à mon goût, et un autre, enregistré par Bley lui-même au Hillcrest, après qu'à l'initiative de Charlie Haden il ait invité pour plusieurs sessions Ornette Coleman et Don Cherry, enregistrement qu'il fera paraître beaucoup plus tard sur un label français.



Réedité maintenant sous le nom d'Ornette Coleman, ça n'est rien de moins que le futur quartet d'Ornette Coleman qu'on trouve en effet réuni autour de Paul Bley, enregistrement très précieux donc et qui vaut largement d'être écouté, d'autant plus qu'il est assez correctement enregistré, même si le piano y est un peu lointain.

(à suivre, puisqu'il faut aller jusqu'en 2008, date de son dernier enregistrement publié à ce jour)

P.S. je précise que je poste les pochettes sous la forme "vignette forum", à agrandir donc en cliquant dessus (à condition d'être connecté, sans quoi ça ne marche pas); pour plus de détails, voir www.jazzdisco.org/paul-bley/catalog/album-index/ ou à défaut, puisque certains albums de Bley, des années 80 notamment, y ont été oubliés, discogs ou encore allmusic
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 10:50

Merci Alifie, ça commence très fort. Bonne année à toi.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 13:54

C'est ce qu'on appelle se faire avoir en beauté, puisque j'ai freiné des quatre fers pour ne pas me lancer dans ce pensum (quand je saurais faire bref, je vous préviendrai). Thelonious, tu es un bon diable. Smile
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 14:15

De retour à New-York, Bley participe à deux albums de Charlie Mingus, dont l'un fait partie des Candid Sessions de celui-ci, cf. http://classik.forumactif.com/t7376p900-#981287

Il s'engage ensuite avec le saxophoniste et clarinettiste Jimmy Giuffre, jusque là une figure du jazz cool, connu autant comme arrangeur que comme instrumentiste. Celui-ci, qui a déjà largement tâté de l'avant-garde, vient de dissoudre son trio avec le guitariste Jim Hall, qui lui a apporté une petite notoriété, pour en constituer un nouveau avec Paul Bley donc et le contrebassiste Steve Swallow. Durant les moins de deux ans que durera ce trio, il prend une orientation de plus en plus avant-gardiste, notamment lors d'une tournée européenne, qui a semble-t-il marqué les bataillons en devenir du free-jazz européen. Le 3ème album du trio, Free Fall, le plus expérimental, est un échec tel que le disque est rapidement mis au pilon et le trio se sépare faute d'engagements.



pour plus de détails, voir www.jazzdisco.org/jimmy-giuffre/catalog/album-index/

En 1957, Bley a rencontré, puis épousé une jeune femme, Carla Borg, vendeuse de cigarettes au Birdland, qui l'a accompagné à Los Angeles. Bley l'encourage à composer et en 1962 et 1963, il commence à enregistrer ses compositions, dont il sera le meilleur interprète tout le long de sa carrière, sur deux albums en trio (avec le contrebassiste Steve Swallow et le batteur Pete LaRoca) où l'influence de Lennie Tristano et de Bill Evans se mêle à une approche harmonique développée par Bley à Los Angeles, pour une grande partie du fait de sa relation privilégiée avec Ornette Coleman. Ces deux sessions, aujourd'hui regroupées en un seul album, sont assez longtemps mal éditées. Bley y joue encore sur des tempos assez rapides alors que la marque de fabrique de ses trios suivants dans les années 60 sera d'ouvrir beaucoup plus d'espace sur des tempos plus lents, notamment avec les thèmes composés par sa deuxième épouse, Annette Peacock.

=>

En 1963, Bley est engagé par Sonny Rollins, avec qui il enregistre l'album Sonny meets Hawk, où son inventivité et son goût pour la prise de risque dans des solos affranchis des conventions du genre est déjà manifeste. Il accompagne également Rollins dans une tournée au Japon.

http://www.jazzdisco.org/sonny-rollins/catalog/#rca-victor-lpm-2712

(à suivre, plus que 45 ans à parcourir)
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 16:57

Les années 1964 et 1965 sont plus ostensiblement free pour Paul Bley : il est, avec son épouse Carla, dont il ne va pas tarder à divorcer, et le nouveau compagnon de celle-ci, le trompettiste Michael Mantler, un des principaux organisateurs du Jazz Composers Orchestra, un collectif ayant pour vocation de permettre à des musiciens de la New Thing, parmi lesquels Cecil Taylor, de s'inscrire dans des projets avec une formation très large (cf. par ex. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jazz_Composer's_Orchestra ).

Il enregistre également en 64 et 65 deux albums avec des membres éminents de l'orchestre de Sun Ra, les saxophonistes John Gilmore et Marshall Allen. Je suis personnellement un peu mitigé sur le premier, malgré la présence de Gilmore, un musicien dont la fidélité à Sun Ra a largement occulté les qualités et l'influence qu'il a exercé sur d'autres saxophonistes de sa génération : l'album a un petit côté sautillant qui en fait de mon point de vue plutôt un brouillon du second, véritablement free celui-ci, grâce au bouillant saxophoniste alto Marshall Allen et au batteur Milford Graves.



De 1965 à 1968, hormis cet album Barrage, publié sur le label ESP, Bley n'enregistre plus qu'en trio, en studio ou, pour la plupart de ses albums publiés à l'époque ou ultérieurement, lors de concerts et de tournées à l'étranger. Avec des partenaires remarquables, les bassistes Kent Carter et Gary Peacock particulièrement, les batteurs Barry Altschul et Billy Elgart, il construit un univers vraiment personnel, en s'appuyant dorénavant largement sur les compositions évanescentes et mélancoliques de sa deuxième épouse, Annette Peacock, une jeune femme issue du milieu underground new-yorkais, fortement influencée par Albert Ayler qu'elle a accompagné en Europe quelques années auparavant avec son premier mari, Gary Peacock, alors bassiste d'Ayler. Comme pour Carla, c'est Paul Bley qui l'encourage à composer (totalement autodidacte, elle suivra quelques cours à Juillard) et sera le principal interprète de ses compositions.




Pour des possibilités d'écoute de ces trios, outre celles offertes par les sites de streaming (deezer, grooveshark ou autre), que je n'ai pas vérifiées, mais on doit logiquement y trouver les deux albums ECM avec Gary Peacock, cf. http://classik.forumactif.com/t6038p800-jazz-playlist pour l'album Virtuosi, avec Gary Peacock et Barry Altschul, et pour deux des trois suivants cités sur cette page, tous deux parus en LP mais non réédités en cd, le blog mentionné en spoiler dans les posts.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 17:49

Alifie a écrit:
Thelonious, tu es un bon diable.

C'est pas faux. Néanmoins, je te retourne le compliment.
Qui a réussi avec maintes subterfuges à me faire écouter du Free-Jazz?
J'ai écouter tout à l'heure le Live In Haarlem de 1966. Mon dieu, toutes ces notes qui ne vont pas ensemble et tous ces coups de tambour. Et le plus terrible, c'est que j'y ai pris du plaisir.

Maintenant j'écoute The Paul Bley Quartet de 1987 et mes petites filles chantent (tu as contaminé toute la famille, seul ma gauloise résiste).

Merci pour tes écrits concis mais précis. Ça éclaire ma lanterne et j'espère celle d'autres membres.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 18:10

Fort de ces encouragements, je continuerai donc dans les jours à venir, en allant au moins jusque là où j'en suis rendu actuellement en playlist jazz, c'est à dire les années 80. Wink
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 19:19

Thelonious a écrit:


Merci pour tes écrits concis mais précis. Ça éclaire ma lanterne et j'espère celle d'autres membres.

thumright    Ouaip ! c’est magnifiquement fait : commentaires fouillés et précis, critique sans ostentation, références et anecdotes, bravo Alifie, bel effort et beau résultat.   cheers

Mais moi qui voulais ouvrir un topic sur l’Art Ensemble of Chicago j’hésite désormais, j’aurai peur de souffrir de la comparaison   pale   (et puis surtout ça risque d’intéresser encore moins de monde que Paul Bley, alors que pourtant...)    Mr.Red
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 20:38

J'ai bien peu de mérite : je vous rappelle, si ça vous avait échappé jusque là malgré un bombardement en règle, que je fréquente Paulot depuis plus de 45 ans maintenant et que j'en suis une groupie depuis la première fois où je l'ai vu sur scène, lors d'un mémorable concert Shocked bounce drunken avec Annette Peacock, partiellement publié dans leur discographie commune, sujet du prochain épisode sur le fil (j'espère que mes bonnes résolutions ne vont pas faiblir, le plus laborieux pour moi est de retrouver les liens des pochettes déjà postées, que j'imaginais assez naïvement avoir correctement classées).

Tu es le meilleur connaisseur de l'Art Ensemble au sein du groupusculaire jazz-club du forum et tu as une belle plume, donc ça sera forcément bien. Quant au nombre de lecteurs, peu importe si tu en as envie (Paul Bley, ça intéresse vraiment qui, à ton avis ?), sans compter qu'il y a peut-être des lecteurs intermittents non-membres qui peuvent trouver des informations dans ce type de fil (au moins, eux ne peuvent pas pointer d'éventuelles grosses conneries qu'on laisserait passer dans nos topos Smile ).
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 20:40

Alifie a écrit:
Fort de ces encouragements, je continuerai donc dans les jours à venir, en allant au moins jusque là où j'en suis rendu actuellement en playlist jazz, c'est à dire les années 80. Wink
... Et j'attends la suite avec impatience! Surtout qu'on devrait bientôt arriver à Open, To Love (1972) qui est peut-être mon Paul Bley préféré (mais vraiment aux confins du jazz et de la musique contemporaine, non?)
En tous cas, merci pour cette rétrospective! mains

darkmagus a écrit:
Mais moi qui voulais ouvrir un topic sur l’Art Ensemble of Chicago j’hésite désormais, j’aurai peur de souffrir de la comparaison   pale   (et puis surtout ça risque d’intéresser encore moins de monde que Paul Bley, alors que pourtant...) Mr.Red
Ah, si, moi ça m'intéresse beaucoup, surtout sur ce qui suit Nice Guys dans la discographie de l'AEoC, non seulement parce que je n'en ai pas des masses (seulement Full Force, Urban Bushmen et Tribute to Lester ) et surtout parce qu'on lit un peu tout et son contraire à ce sujet.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Jeu 1 Jan 2015 - 23:25

Alifie a écrit:


Tu es le meilleur connaisseur de l'Art Ensemble au sein du groupusculaire jazz-club du forum et tu as une belle plume, donc ça sera forcément bien.

tutut   la brosse à reluire n’y fera rien,   Wink   je suis conscient de mes faiblesses,      et puis ça n’est pas parce-que j’ai beaucoup écouté l’AEC que ça fait de moi un spécialiste...si je me lance un jour, ça sera beaucoup plus sommaire que toi.

Benedictus a écrit:
Ah, si, moi ça m'intéresse beaucoup, surtout sur ce qui suit Nice Guys dans la discographie de l'AEoC, non seulement parce que je n'en ai pas des masses (seulement Full Force, Urban Bushmen et Tribute to Lester   ) et surtout parce qu'on lit un peu tout et son contraire à ce sujet.

Pour le moment j’ai bien peur qu’il faille te contenter des quelques albums mis en play list vers la fin du mois d’octobre, je ne me sens pas vraiment apte à lancer ce topic…faut que ça murisse…avec le risque que ça se flétrisse avant d’être mûr.   hehe   les albums que tu possèdes sont excellents, dans le même esprit, "the third decade" et "ancien to the future" ne dépareraient pas ta collection (qu'Alifie me pardonne de pervertir son topic)
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 1:25

Personne ne t'a désigné comme un spécialiste de l'AEOC : connaisseur, c'est déjà bien ! (personnellement, j'ignore une grande partie, la dernière comme Benedictus si j'ai bien compris, de leur discographie).

C'est un peu comme pour les bt : quand tu auras l'envie, le temps et l'inspiration pour le faire sera le bon moment (et tu n'es pas obligé d'en faire des tartines : c'est le seul moyen par lequel j'ai pu me dispenser de désigner les "incontournables" de Bley, dont la production est trop vaste et variée pour que ce ne soit pas un crève-coeur, sans compter que je me fie modérement à mon jugement à l'écoute ou la réécoute, qui dépend largement de l'humeur, de la disponibilité du moment et que sais-je encore).

Et si tu tardes trop à le faire, il sera toujours temps d'user du subterfuge que m'a appliqué Thelonious * : ouvrir un fil dédié jusqu'à ce que tu te décides, moyennant quelques relances sournoises, à y poster de façon conséquente. Smile


* je te fais dire d'ailleurs que ce fil n'est pas "mon topic", mais que son initiateur est bien Thelonious
(le fourbe, on peut recommencer à balancer, la trêve des confiseurs est passée) et qu'il est toujours bon de dévier un peu du sujet ou de flooder allègrement (la rubrique people des familles Bley-Peacock, par exemple, est assez plaisante) pour éviter qu'un fil ne devienne soporifique
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 11:34

En 1969, Bley, qui avait eu l'opportunité de visiter le studio-son de Klaus Schulze à Cologne (cf. le lien en pdf un peu plus haut) et Annette Peacock obtiennent de Robert Moog qu'il leur offre un de ses instruments (et plus tard un deuxième). Annette Peacock a raconté de façon assez amusante dans une interview comment ils se sont retrouvés avec "cette énorme machine au milieu du salon, sans aucun mode d'emploi" et donc sans savoir comment l'aborder. Bley et Peacock s'en débrouillent pourtant suffisamment bien pour commencer à se produire sur scène avec leur Moog à partir d'avril 1969, pour donner à la fin de l'année un concert au Lincoln Center sous le nom de The Paul Bley-Annette Peacock Synthesizer Show, édité partiellement en 1971 sur la face B de l'album Revenge: The Bigger The Love The Greater The Hate, la face A étant consacrée au groupe qu'Annette Peacock était en train de constituer pour commencer une carrière solo.

Ils sont les premiers, au moins dans le jazz, avec Sun Ra, à utiliser le Moog lors de prestations en public : quiconque a déjà manipulé un synthétiseur analogique sait à quel point la mémorisation de tout réglage y est des plus compliquées, pour ne pas dire quasiment impossible. Dans un premier temps, Bley privilégie d'ailleurs plutôt dans leurs concerts, donnés en trio ou en quartet, le synthétiseur ARP, dont les oscillateurs sont réputés plus stables, en même temps qu'il double aux pianos acoustique et électrique, tandis qu'Annette Peacock qui joue elle en concert du vibraphone électrique et de la guitare basse, utilise le Moog pour des effets sonores, notamment vocaux sur un mode proche de ce qui sera plus tard le vocodeur.

Le PB-AP Synthetiser Show tourne pendant plus de deux ans, jusqu'à la séparation du couple, produisant un jazz free électronique totalement inouï à l'époque, dont il reste comme témoignages quatre albums, dont un signé par Bley sans Annette. Bley participera encore avec le Moog au premier album solo d'Annette Peacock en 1972, I'm the One, puis il monte avec Dave Holland et Barry Altschul un trio électrique, Scorpio, où il alterne entre pianos acoustique et électriques Fender Rhodes et RMI en y utilisant encore dans un premier temps le synthétiseur ARP. Ce n'est qu'une vingtaine d'années après qu'il reviendra vers la synthèse sonore, l'espace d'un disque singulier, Synth Thesis, microtonal autant que percussif dans l'utilisation que Bley y fait du synthétiseur (Thelonious doit nous entretenir plus longuement, mais il se fait prier).

cf. discogs pour ces albums, qu'on ne trouve pas sur jazzdisco.org

Revenge n'ayant à ma connaissance été jamais réédité en cd et les trois autres n'étant, je pense, plus disponibles actuellement, plusieurs plages de ces albums, ainsi qu'un bootleg (de mauvaise qualité sonore) d'un concert autrichien de 1970, sont accessibles via le tube : www.google.fr/search?hl=fr&q=annette+peacock+paul+bley&tbm=vid

L'album signé par Bley seul a lui été réédité il y a quelques années en cd sous le titre Circles, mais tronqué d'un titre, avec le seul album enregistré par le trio Scorpio :

+ =>


P.S. ouf, j'ai scratché le post en l'éditant pour y repiquer le lien d'une pochette, mais je viens de le retrouver sur mon ordinateur grâce à un utilitaire sympathique, bien que n'ayant pas sauvegardé le texte.


Dernière édition par Alifie le Sam 3 Jan 2015 - 12:42, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 16:57

Ça y est, ça balance.

Ouvrir un sujet sur un mec dont je ne sais rien, juste pour t'inciter à faire ton travail; si c'est pas la classe ça.

Trêve de galéjades, je l'ai vraiment fait pour que s’instaure un dialogue sur un artiste que tu aimes profondément et dont tu nous rabats les oreilles depuis des mois Laughing .
Ce que tu es en train de nous proposer est bien plus intéressant et structuré que des simples posts en playlist.
Je suis donc plutôt content de mon coup  Wink .
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 18:08

Thelonious a écrit:
Ça y est, ça balance.

On est le 2 janvier, non ? On peut donc reprendre les hostilités : je n'oublie pas que je bataillais avec toi au classement des bt pour les 3 qui se courent après, continuer à te chambrer au cas où la compétition reprendrait un jour est donc sage. Mr. Green

Citation :
Ouvrir un sujet sur un mec dont je ne sais rien

Surprised Oh, la mauvaise foi du gus qui a fait un carton plein dans un bt , http://classik.forumactif.com/t7216-bt-jazz#917453 , où on entend Paulot pas moins de 10 fois !

Citation :
Ce que tu es en train de nous proposer est bien plus intéressant et structuré que des simples posts en playlist.

C'est à peu près la même chose pourtant, en un peu plus ordonné peut-être et sur le même fil, ce qui peut présenter, je veux bien en convenir maintenant, un petit intérêt... mais sans les anecdotes, désolé darkmagus, je suis déjà assez bavard comme ça. *

Citation :
Je suis donc plutôt content de mon coup

Je n'en doute pas, roué que tu es ! Very Happy ... bon, à part ça, et cette chronique de Synth Thesis ? bounce


* siffle :
 
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 19:25

Bon je me lance.

J'ai trouvé l'album Synth thesis vraiment intéressant et je pense que j'y reviendrai souvent.

C'est une approche du synthé dont je ne suis pas coutumier et c'est à la fois ça qui me perturbe et m'interpelle.

J'aime bien l'échange de solos Piano/Synthé de Poetic License. Par contre je ne suis pas fan du son de synthé utilisé (flûte percussive) et je trouve son jeu au synthé un peu « poussif » dans le premier titre, même si je sens que c'est volontairement naïf.

L'utilisation des nappes (accompagnement) dans Augmented Ego permet à Bley de développer son solo très librement et c'est plutôt réussi.

Dans Atir et Shock treatment Paulot se lance dans une "cuisine" de timbres donnant par moments des choses du plus bel effet .

J’adore Polygons, le titre le plus original de l'album. Je trouve très drôle le jeu des questions réponses entre le piano et cet hybride « Tuba, cor,… ». La fin est particulièrement prenante.

Dans Cold Fusion, morceau sans harmonie affichée, il utilise le synthé comme instrument de percussion qui dialogue avec le piano. Encore une forme qui permet beaucoup de libertés. Mais pas sur qu'il l'ai exploitée à fond.

Pas de synthé dans Still Life, c'est reposant et ça permet d'équilibrer le disque pour mieux repartir sur le morceau suivant dans un délire que je goute beaucoup moins.

Out of Control porte bien son nom, il fait un peu un mix de toutes les formes utilisées auparavant et c'est assez jubilatoire. Le dernier titre nous permet de reprendre le contrôle et de revenir doucement à la réalité. Ce disque est décidément intelligemment ordonné.

En conclusion, j'ai trouvé ce disque singulier, extrêmement bien construit, même si certaines réalisations (choix de sons, retenue sur certaines plages...) m'ont laissé sur ma fin. La quasi absence de mélodie ne m'a même pas gêné.
Un indispensable.

Il double souvent les notes le Paulot. Je crois que tu l'as écrit plus haut, mais jusqu'à l'écoute de ce disque, ça ne m'avait pas choqué plus que ça.

Tu as des infos sur la réalisation et quelques anecdotes croustillantes. Est-ce qu'il joue des deux instruments simultanément (à l'écoute j'imagine que oui)?
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 20:20

Thelonious a écrit:
Tu as des infos sur la réalisation et quelques anecdotes croustillantes.

Non, et pas de photo de Carla Borg en vendeuse de cigarettes non plus, désolé.

Citation :
Est-ce qu'il joue des deux instruments simultanément (à l'écoute j'imagine que oui)?

J'imagine que oui aussi, puisque c'est ce que je l'ai vu faire les deux fois où je l'ai vu en concert, avec Annette d'abord, puis avec NHOP quelques années plus tard, à une époque où il doublait au piano acoustique et au Fender Rhodes. Et je pense que ça doit s'entendre sur certains albums, comme Scorpio.

Après, un certain Dan Stein, qui a travaillé plus tard avec John Zorn, est crédité de la programmation, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait du re-recording sur cet album, ça ne me paraît de plus pas coller avec Bley et son côté "on fait une prise, là tout de suite, dans l'instant, tout autrement, ça ne présente aucun intérêt".

Ceci dit, si c'est ce Dan Stein qui a choisi certains presets orgue Bontempi dont tu parles fort justement, on ne le félicitera pas (mais je pense plutôt que c'est Bley lui-même, sur son album sans Annette ou sur celui avec Scorpio, il tire parfois des sons pas très jolis jolis de son Arp).
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Ven 2 Jan 2015 - 21:55

Sinon t'en penses quoi de ce disque, débat, pas débat?
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Sam 3 Jan 2015 - 0:22

A peu près la même chose que toi, sans aller aussi loin dans le détail : que c'est plutôt très inventif venant d'un pianiste de jazz, mais qu'il faut passer outre à quelques choix de sonorités pas forcément heureux, pour ne pas dire franchement rébarbatifs.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Sam 3 Jan 2015 - 12:21

En 1972, outre sa participation au premier album signé par Annette Peacock seule, I'm the One, et la constitution du trio Scorpio, qui vivra quelques années, semble-t-il jusqu'à la parution de l'album Jaco, cité un peu plus haut par Thelonious, et auquel se joindront, suivant le mode expérimenté par Bley au Hillcrest de Los Angeles, d'autres musiciens (Sam Rivers notamment), Bley enregistre son premier album solo pour le label ECM, Open, To Love, de tonalité très intimiste, qui lui apportera une notoriété plus large que celle, un peu confidentielle, qui était la sienne jusque là (pour l'anecdote, puisque Thelonious en est friand, le titre de l'album est aussi celui de la dernière composition qu'Annette Peacock écrit pour Bley au moment où ils se séparent... Bley conclut toutefois l'album avec un titre plus ancien d'Annette, Nothing ever was, anyway siffle ).

Bley enregistre également peu de temps auparavant un bel album en duo avec le contrebassiste Niels-Henning Orsted Petersen (NHOP pour les pressés), où il délaisse le piano électrique RMI, aux sonorités un peu brutales, qu'il utilisait jusque là, pour lui préférer le Fender Rhodes, dont il use avec beaucoup de délicatesse, dans un esprit proche de celui d'Open to Love.



En 1974, il crée avec sa nouvelle compagne, Carol Goss [qu'il épousera en 1980, fin de l'insert people] son propre label discographique, Improvising Artists Incorporated, sur lequel il enregistre, outre lui-même, des artistes dont il est proche, parmi lesquels Sun Ra, cf. www.improvart.com/cds/iaicat.htm déjà cité (Carol Goss produit dans le même temps des vidéos musicales, dont je ne peux rien dire, n'en ayant vu aucune, cf. www.improvart.com/video/vidcat.htm ). Avec IAI, son activité de producteur se double d'une activité d'organisateur de concerts avec plusieurs des artistes signant sur le label, Jimmy Giuffre notamment, qui sort d'une traversée du désert après avoir enregistré deux albums assez condidentiels d'inspiration orientalisante. Les albums IAI signés ou co-signés par Bley valent tous le détour, particulièrement Alone, again en solo, que je préfère personnellement à Open, to Love, ou Jaco, déjà cité, aboutissement de la période électrique de Bley ouverte avec l'album Scorpio deux ans auparavant.




L'activité d'IAI s'interrompt en 1978, signant la fin des deux décennies les plus créatives de Bley de mon point de vue, même si dans les 25 ans allant de 1983, date à laquelle il recommence à enregistrer, jusqu'à 2008, avec son dernier album solo paru récemment chez ECM, on trouve encore beaucoup de belles choses.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Sam 3 Jan 2015 - 13:57

Beau boulot, même si les anecdotes ne sont pas assez crues à mon goût.
Annette ou Carla (ou les deux, oh oui les deux bounce ) passant sous le piano par exemple.
OK je Arrow .
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Sam 3 Jan 2015 - 15:20

L'inverse serait tout à fait possible, puisqu'elles sont toutes deux également pianistes (mais cela ne nous regarde pas bien sûr, m'enfin, Thelonious ! Rolling Eyes ). Qui plus est, le magazine Closer, homonyme pourtant d'un thème composé par Carla Bley, ne nous renseigne pas sur la vie sentimentale de Gary Peacock une fois achevé le jeu de chaises musicales des familles Bley-Peacock dans les années 60. La presse pipeule alternative est heureusement plus performante, bien qu'elle délivre, comme il se doit j'imagine, des informations contradictoires : http://fr.mediamass.net/people/gary-peacock hehe

Blague à part, je pense m'arrêter là, au moins pour l'instant, ayant à peine commencé à revisiter en playlist jazz la suite de discographie de Paul Bley, de façon nécessairement moins exhaustive puisque je suis loin d'avoir toute sa production après les années 70.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 4 Jan 2015 - 11:26

Alone, Again (1975)

Ce disque aurait pu s'appeler Fluide (Antoine Hervé, 1995), tellement pure, inspiré.

Je ne comprends pas la comparaison faite entre Bley et Jarrett. Ce dernier a peur du vide alors que Paulot respire, met de l'espace, s'écoute (dans le bon sens du terme).
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 4 Jan 2015 - 13:23

Il y a des périodes où le lyrisme de Bley est moins économe de notes, mais plutôt dans la seconde partie de sa carrière, à partir des années 80 où, comme le fait également Jarrett à la même époque, il enregistre de nouveau des standards, ce qu'il n'avait plus fait depuis ses débuts... tout en affirmant qu'il ne les joue que sous la pression commerciale des labels pour lequels il enregistre (cf. le blindtest de Downbeat un peu plus haut sur le fil), ce qu'on a un peu de mal à croire, vu le plaisir manifeste qu'il y prend, mais l'homme aime les paradoxes.

Son influence sur Jarrett est à chercher, je pense, dans sa capacité, assez tôt mise en oeuvre, à divaguer en dehors des sentiers battus de l'improvisation et sans doute dans une tonalité assez sytématiquement "bluesy", qu'on retrouve aussi chez Jarrett et qui pourrait paraître un peu simplette s'ils n'étaient pas, l'un comme l'autre, de brillants improvisateurs (pour ce qui est de l'inspiration, ma préférence va sans hésiter à Bley, qui déjà m'émeut beaucoup plus, critère hautement subjectif, et dont le jeu, même quand il est plus prolixe, me semble exempt du narcissisme et du goût un peu récurrent pour la facilité que j'entends la plupart du temps chez Jarrett, que je ne veux pas dézinguer pour autant : on ne peut probablement pas être à la fois bleymane et jarrettophile).
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 4 Jan 2015 - 14:40

Alifie a écrit:
on ne peut probablement pas être à la fois bleymane et jarrettophile

Dans ce cas, mon choix est vite fait. (En plus Paul Bley n'a pas enregistré quelques-unes des versions les plus ennuyeuses de Bach ou de Chostakovitch, lui.)
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 4 Jan 2015 - 15:33

Alifie a écrit:
me semble exempt du narcissisme et du goût un peu récurrent pour la facilité que j'entends la plupart du temps chez Jarrett

Ça me semble être, au contraire, extrêmement objectif.

Alifie a écrit:
que je ne veux pas dézinguer pour autant

Et pourquoi pas? Ça fera venir les Jarrettiens pour des joutes verbales amicales mais néanmoins musclées.

Benedictus a écrit:
Dans ce cas, mon choix est vite fait

mains

Tu me conseilles un ou deux des albums solos de standards, STP.
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MessageSujet: Re: Paul Bley (1932)   Dim 4 Jan 2015 - 18:45

Alifie a écrit:
me semble exempt du narcissisme et du goût un peu récurrent pour la facilité que j'entends la plupart du temps chez Jarrett, que je ne veux pas dézinguer pour autant

Les fans de Jarrett en conviennent en général assez facilement, ce qui ne les empêche pas de l'aimer. Personnellement, je trouve aussi qu'il y a de vrais moments de grâce chez lui, même si je n'arrive à l'écouter qu'à faibles doses. Quant à ses incursions dans le répertoire classique, disons qu'il a un ego vraiment très affirmé.

Thelonious a écrit:
Tu me conseilles un ou deux des albums solos de standards, STP.

Difficile de m'y aventurer sans avoir réécouté, ce que je commence à peine à faire pour cette période, et je n'ai pas forcément gardé un très grand souvenir des albums où il joue essentiellement des standards (la petite pique dans son blindfold test est probablement pour Steeplechase, label sur lequel il a pas mal enregistré et dont le catalogue est d'un style plus daté que le sien).

Un peu à la louche alors, celui-ci peut-être, ne serait-ce que parce qu'il est en solo, ce qui laisse à priori plus d'espace à un pianiste comme Bley pour ce type de répertoire : www.discogs.com/Paul-Bley-Jazz-n-EMotion/release/2950734 . Mais tu peux aussi aller voir par toi-même, il n'y en a pas tant que ça d'ailleurs.
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