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 festival de St Céré 2015

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calbo
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MessageSujet: festival de St Céré 2015   Mer 25 Fév 2015 - 21:14

Le pré-programme de l'édition 2015 est sorti : http://festival-saint-cere.com

A priori les oeuvres et programmes instrumentaux ne changeront pas mais les dates ne seront définitivement fixées que le 16 mars. Pour l'instant j'irai du 8 au 12 août avec quatre concerts à la clé.



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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Jeu 19 Mar 2015 - 22:16

Les russophiles et autres comploteurs du JDC ne pourront pas m'accuser de faire de la discrimination Mr.Red . Je verrai 5 spectacles de cinq compositeurs différents Cool

- 6 août : récitals de mélodies juives (Chostakovitch)

- 7 août : La périchole (Offenbach)

- 8 août : Passion selon St Jean (JS Bach)

- 9 août : L'histoire du soldat (Stravinsky)

- 10 août : Falstaff (Verdi)
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Ven 7 Aoû 2015 - 13:34

Hier soir récital de mélodies juives autour de Chostakovitch ------> un concert assez particulier pour qui n'est pas habitué à la musique juive mais intéressant quand même malgré une erreur inquiétante quant au choix du lieu. La mauvaise acoustique n'a aidé ni les trois chanteurs ni le pianiste.

Ce soir La Périchole.
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 17:11

Hier soir : La Périchole. Une excellente soirée avec un cast survolté. CR à venir la semaine prochaine

Ce soir Passion selon St Jean avec Christophe Einhorn en évangéliste
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 17:50

calbo a écrit:
Ce soir Passion selon St Jean avec Christophe Einhorn en évangéliste

Je suis officiellement jaloux de la saison de Calbo. bounce

Ça ne sera pas capté je suppose ? C'est avec quel ensemble ?
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 17:56

Pas capté en effet. Sinon c'est l'orchestre et le choeur d'Opéra Éclaté renforcé par les stagiaires du festival. Ceci dit j'avais annoncé la St Jean depuis un moment (en ignorant à l'époque (mars ou avril) que Einhorn serait présent) ... Smile


Dernière édition par calbo le Sam 8 Aoû 2015 - 18:01, édité 1 fois
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bAlexb
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 17:58

calbo a écrit:
Pas capté en effet. Sinon c'est l'orchestre et lécheur d'Opéra Éclaté renforcé par les stagiaires du festival. Ceci dit j'avais annoncé la St Jean depuis un moment (en ignorant à l'époque (mars ou avril) que Einhorn serait présent) ... Smile

affraid
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 18:02

bAlexb a écrit:
calbo a écrit:
Pas capté en effet. Sinon c'est l'orchestre et lécheur d'Opéra Éclaté renforcé par les stagiaires du festival. Ceci dit j'avais annoncé la St Jean depuis un moment (en ignorant à l'époque (mars ou avril) que Einhorn serait présent) ... Smile

affraid


Encore mon maudit correcteur d'orthographe pale . Et comme j'écris mes articles en même temps je n'ai pas fait attention Confused
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bAlexb
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 18:04

calbo a écrit:
bAlexb a écrit:
calbo a écrit:
Pas capté en effet. Sinon c'est l'orchestre et lécheur d'Opéra Éclaté renforcé par les stagiaires du festival. Ceci dit j'avais annoncé la St Jean depuis un moment (en ignorant à l'époque (mars ou avril) que Einhorn serait présent) ... Smile

affraid


Encore mon maudit correcteur d'orthographe pale . Et comme j'écris mes articles en même temps je n'ai pas fait attention Confused

Plusieurs relectures/relecteurs s'imposent pour les articles, dans ce cas tongue !
(EDIT : je trouvais l'hypothèse freudienne autrement séduisante...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 18:13

Merci. Oui, c'est bien la mention d'Einhorn qui me rend jaloux !


bAlexb a écrit:
calbo a écrit:
Pas capté en effet. Sinon c'est l'orchestre et lécheur d'Opéra Éclaté renforcé par les stagiaires du festival. Ceci dit j'avais annoncé la St Jean depuis un moment (en ignorant à l'époque (mars ou avril) que Einhorn serait présent) ... Smile

affraid

J'en vois un qui va se prendre une fessée qu'il n'aura pas volée…
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 18:23

J'avais bien compris ça Smile . Je dois reconnaitre que j'ai été très étonnée que Einhorn ait accepté de venir à St Céré, lui qui me disait il y a seulement quelques semaine qu'il préférait privilégier la Suisse, l'Alsace et le nord de la France. Ajoutons à cela une collaboration régulière avec Michel Corboz depuis plus de 15 ans et on a fait le tour de la question.

Ceci dit je n'irais pas me plaindre d'avoir un Évangéliste d'une telle qualité Very Happy . Avec La Périchole ça sera un article assez facile à écrire (à moins d'un gros coup de méforme ou d'un raté du côté des stagiaires mais j'ai des doutes quand même vu la rigueur d'Issmat)
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Cololi
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 18:32

calbo a écrit:
Les russophiles et autres comploteurs du JDC ne pourront pas m'accuser de faire de la discrimination Mr.Red . Je verrai 5 spectacles de cinq compositeurs différents Cool

- 6 août : récitals de mélodies juives (Chostakovitch)

- 7 août : La périchole (Offenbach)

- 8 août : Passion selon St Jean (JS Bach)

- 9 août : L'histoire du soldat (Stravinsky)

- 10 août : Falstaff (Verdi)

C'est vraiment très sympa comme programme !

_________________
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 8 Aoû 2015 - 19:11

Très sympa jusqu'à présent, mais un peu fatiguant car il faut accepter d'être couche-tard et lève-tôt. Je m'en plains d'autant moins que j'y retrouve des ami(e)s qui me sont cher(e)s.
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 9 Aoû 2015 - 15:47

Passion selon ST Jean : excellents Christophe Einhorn et Paul Henri Vila (Ponce Pilate)

Ce soir : l'Histoire du soldat
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Francesco
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 9 Aoû 2015 - 19:05

Paul-Henri Vila ... je me demande si ce n'est pas le PHV qui intervenait sur FO il y a une dizaine d'années.

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Otello
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 9 Aoû 2015 - 21:24

Francesco a écrit:
Paul-Henri Vila ... je me demande si ce n'est pas le PHV qui intervenait sur FO il y a une dizaine d'années.
oui c'est bien lui ...
Très belle voix de basse chantante au demeurant!
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Francesco
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 9 Aoû 2015 - 21:33

Vous vous connaissiez assez bien, il me semble.

Je me rappelle qu'il était encore choriste, à l'époque (enfin, je crois).
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Otello
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 9 Aoû 2015 - 21:43

Francesco a écrit:
Vous vous connaissiez assez bien, il me semble.
lol ... oui Wink
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bAlexb
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 9 Aoû 2015 - 22:44

Francesco a écrit:
Je me rappelle qu'il était encore choriste, à l'époque (enfin, je crois).

C'est toujours le cas : http://www.opera-lyon.com/pages/artistes-et-coulisses#2338 ; c'est une "silhouette" familière de la scène lyonnaise (dans le Comte Ory mis en scène par Pelly, par exemple). Je regrette qu'il n'intervienne pas plus régulièrement comme soliste ; ce dont il a largement les moyens et la musicalité (je me souviens de très belles choses dans le baroque avec Le Concert de l'Hostel Dieu de Franck-Emmanuel Comte ; évidemment aussi au Ritorno de Monteverdi par Christie).
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Lun 10 Aoû 2015 - 0:34

Tout juste rentrée de Cahors. Très belle Histoire du Soldat.
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Lun 10 Aoû 2015 - 10:41

bAlexb a écrit:
Francesco a écrit:
Je me rappelle qu'il était encore choriste, à l'époque (enfin, je crois).

C'est toujours le cas : http://www.opera-lyon.com/pages/artistes-et-coulisses#2338 ; c'est une "silhouette" familière de la scène lyonnaise (dans le Comte Ory mis en scène par Pelly, par exemple). Je regrette qu'il n'intervienne pas plus régulièrement comme soliste ; ce dont il a largement les moyens et la musicalité (je me souviens de très belles choses dans le baroque avec Le Concert de l'Hostel Dieu de Franck-Emmanuel Comte ; évidemment aussi au Ritorno de Monteverdi par Christie).


Bien dommage en effet Confused . Il nous a vraiment épatées en Ponce Pilate, et les échos que j'en ai eu hier en attendant l'ouverture des portes étaient tous aussi élogieux
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Lun 10 Aoû 2015 - 15:04

calbo a écrit:
bAlexb a écrit:
Francesco a écrit:
Je me rappelle qu'il était encore choriste, à l'époque (enfin, je crois).

C'est toujours le cas : http://www.opera-lyon.com/pages/artistes-et-coulisses#2338 ; c'est une "silhouette" familière de la scène lyonnaise (dans le Comte Ory mis en scène par Pelly, par exemple). Je regrette qu'il n'intervienne pas plus régulièrement comme soliste ; ce dont il a largement les moyens et la musicalité (je me souviens de très belles choses dans le baroque avec Le Concert de l'Hostel Dieu de Franck-Emmanuel Comte ; évidemment aussi au Ritorno de Monteverdi par Christie).


Bien dommage en effet  Confused . Il nous a vraiment épatées en Ponce Pilate, et les échos que j'en ai eu hier en attendant l'ouverture des portes étaient tous aussi élogieux

Ça ne m'étonne absolument pas.
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Mar 11 Aoû 2015 - 18:50

Hier soir : Falstaff désopilant avec un excellent Lacassagne dans le rôle titre. Particularité de cette production : c'est le livret français qui a été choisi.
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calbo
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Jeu 13 Aoû 2015 - 15:30

Je mettrai mes Comptes Rendu au fur et à mesure que les articles seront publiés sur classiquenews. Aujourd'hui CR sur le récital des mélodies juives hébraïques.

De retour au festival de Saint Céré nous entamons notre séjour lotois par un récital assez particulier. En effet les artistes invités en ce chaud jeudi d'été ont centré ce concert avec accompagnement au piano autour de Dmitri Chostakovitch (1906-1975) et des mélodies juives hébraïques.Un intéressant voyage qui part de Russie pour s'arrêter en Autriche, en France et aux États Unis d'Amérique, son terme. Pour cette soirée, placée sous le signe du voyage et, aussi, des souffrances endurées par les juifs au XXe siècle, Valérie Maccarthy, Sarah Laulan, Éric Vignau et leur accompagnateur le pianiste Manuel Peskine ont frappé fort.

L'église choisie, placée sous le vocable de Sainte Spérie, pour le concert est certes bien située, en plein centre de Saint Céré, mais son acoustique, au demeurant catastrophique, n'aide les chanteurs ni le pianiste. Cependant, et malgré le handicap sévère que représente l'acoustique, les sons tournent sous les voutes arrivant parfois déformés aux oreilles du public, du lieu, chacun fait au mieux et c'est d'autant plus appréciable que le défi est de taille. Les trois artistes chantent en quatre ou cinq langues : yiddish, araméen, russe, français et allemand; les deux premières sont plutôt rares, car ne concernant qu'un répertoires limité, et les efforts des chanteurs pour la diction, qu'ils ont particulièrement travaillé en amont, auraient été largement récompensés dans un autre lieu. Nous apprécions cependant la judicieuse répartition des différents cycles de mélodies, la beauté des voix et la complicité entre les chanteurs et leur pianiste à qui on pourrait reprocher un jeu parfois intempestif couvrant de temps à autres les voix des chanteurs qu'il accompagne. Dans les deux mélodies de Maurice Ravel (1889-1937), le ténor Éric Vignau fait montre d'une belle musicalité et même s'il semble parfois peu à l'aise avec un répertoire dont il n'est pas vraiment familier nous apprécions de voir que cet excellent artiste, pilier du festival, ne craint pas de se mettre en danger en abordant une musique aussi particulière mais très belle et très expressive. Si la soprano Valérie Maccarthy possède une voix ferme et plutôt bien maitrisée il manque le petit brin de folie qui ferait de sa performance une prestation idéale. En revanche la pétillante mezzo soprano Sarah Laulan fait montre d'un humour et d'une présence ébouriffante de bon augure pour Falstaff production ou elle chante Mrs Quickly. Les deux cycles de Viktor Ullmann (1898-1944), 3 Yiddische lieder et 6 sonnets de Louise Labbé (seuls trois d'entre eux ont été programmés) que Maccarthy et Laulan chantent en alternance sont empreints d'émotion. C'est le cycle de poésies populaires juives opus 79 (onze mélodies) composé par Dmitri Chostakovitch (1906-1975) qui, étant le plus long de la soirée, retient l'attention; chantées en duos ou en solos ces mélodies racontent chacune une histoire ou sont centrées sur un sentiment (amour, tristesse, désarroi, joie …). Et d'ailleurs les trois artistes se détendent quelque peu et les sentiments apparaissent plus nettement qu'en début de soirée. Le public accueille d'ailleurs chaleureusement les artistes, qui reprennent en bis la dernière mélodie du cycle de Chostakovitch.

Nous apprécions de voir que les responsables du festival et les artistes font de louables efforts pour varier les répertoires et ouvrir des portes pour entrainer leur public vers des musiques assez étonnantes, riches en mélodies et en tonalités diverses, parfois méconnues. Nous regrettons cependant que le lieu choisi, l'église Sainte Spérie, pour ce récital, ait eu une acoustique aussi mauvaise, nous empêchant ainsi d'apprécier pleinement la soirée. Malgré tout c'est un bel hommage qui a été rendu à Chostakovitch et, avec lui, aux compositeurs d'origine juive qui ont eu à subir l'antisémitisme et les persécutions de tous poils au cours du XXe siècle. Rappelons au passage que Victor Ullmann (1898-1944), d'abord interné au camps de Térézin (République Tchèque?), est mort gazé au camps d'Auschwitz (Pologne) pour avoir critiqué les nazis et leur régime de terreur dans son opéra L'Empereur d'Atlantis, et que Carlo Taube (1897-1944) est également mort en camps de concentration.

Saint Céré. Eglise Sainte Spérie, le 6 août 2015. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : poésies populaires juives opus 79 (cycle de 11 mélodies); Louis François Marie Aubert (1877-1968) : trois chansons hébraïques; Carlo Taube (1897-1944) : Ein jüdisches kind; Arthur Honegger (1892-1955) : Mimaamaquim; Maurice Ravel (1889-1937) : deux mélodies hébraïques; Léonard Bernstein (1918-1990) : Silhouette; Léon Algazi (1890-1971) : berceuse en yiddish, Ysmah'hatan (chanson de mariage); Viktor Ullmann (1898-1944) : 3 Yiddische lieder, 6 sonnets de Louise Labbé. Valérie Maccarthy, soprano; Sarah Laulan, mezzo soprano; Éric Vignau, ténor ; Manuel Peskine, piano

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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Ven 14 Aoû 2015 - 14:51

Aujourd'hui La Périchole (vue le 7 août)

Pour la seconde étape de notre périple musical, nous nous retrouvons, pour la dernière année (le futur théâtre de l'usine devant être livré début 2016), à la halle des sports de Saint-Céré pour une représentation de La Périchole. Ce petit bijou de la production lyrique de Jacques Offenbach (1819-1880) fut créé en 1868 puis re-créé en 1874 après que l'oeuvre ait été remise sur le métier par le compositeur; et c'est d'ailleurs la version de 1874 qui nous était présentée en cet étouffant vendredi soir d'été. Cette nouvelle production est une coproduction du festival de Saint Céré, allié pour la circonstance avec Les Folies d'O de Montpellier. Pour l'occasion, la mise en scène est réalisée à quatre mains par Olivier Desbordes et Benjamin Moreau.

Depuis 2013 Olivier Desbordes régale son public avec des mises en scène quasi parfaites dont nous avons déjà rendu compte dans nos colonnes (Lost in the stars, Le voyage dans la lune). Lors de cette édition 2015 il remet à l'honneur le fameux opéra bouffe de Jacques Offenbach (1819-1880) : La Périchole. L'oeuvre avait déjà été donnée par le passé et revient sur le devant de la scène en faisant peau neuve avec une Nouvelle Production. Avec Benjamin Moreau, Olivier Desbordes signe une mise scène dynamique et très cocasse, mais bridé par une co-mise en scène il manque un tout petit brin de folie pou en faire une production idéale. Néanmoins la mise en scène telle quelle est déjà très réussie. Si les décors sont dépouillés, les costumes eux sont bien adaptés aux personnages; ainsi le Vice Roi, censé se promener incognito débarque sur scène grimé en rappeur (dont il adopte le langage) provoquant l'hilarité du peuple de Lima, qui a bien compris à qui il a à faire, et d'un public conquis. Il faut bien avouer aussi que voir Don Pedro de Hinoyosa et le comte Miguel de Panatellas arriver costumés en indiennes est également assez cocasse, voire franchement hilarant. Autant de costumes et d'accessoires qui remplacent avec bonheur les éléments de décors éliminés au profit du reste.

Vocalement, la distribution convoquée pour cette Périchole séduit dès le début de soirée. La jeune Héloïse Mas est une Périchole mutine, drôle, sans complexes mais avec les pieds sur terre; pauvre chanteuse des rues, crevant la faim, le coup de foudre de Don Andrès de Ribeira est une aubaine pour elle, aubaine qu'elle compte bien utiliser à son avantage. La voix est ferme, ronde, chaleureuse et dès la scène d'entrée, le spectacle avec un Piquillo mordu de jalousie, elle s'impose comme une future grande titulaire du rôle; et les quatre airs dévolus à Périchole sont chantés sans faiblesses. Marc Larcher est aussi déchainé que sa partenaire et incarne un Piquillo qui en voit des vertes et des pas mures avec sa compagne dont la forte personnalité le fait souvent tourner en bourrique. Larcher possède lui aussi une voix prometteuse à la tessiture large qui donne à Piquillo une certaine forme de beauté, style beau ténébreux, dont il se sert avec talent. C'est Philippe Ermelier qui campe Don Andrès de Ribeira, vice roi du Pérou. En vieux briscard de la scène Ermelier entre dans la peau de son personnage avec une aisance déconcertante. Comédien de talent il joue les rappeurs (costume sous lequel il pense pouvoir se promener dans les rues de Lima sans être reconnu) avec délice. Cependant il est aussi un grand naïf et il tombe, tel un fruit trop mur, dans le piège tendu par Périchole qui veut à tout prix s'évader de la prison ou il l'a mise avec son cher Piquillo. La voix grave et parfaitement maitrisée de l'artiste séduit et ensorcelle pendant toute la soirée. Parmi les piliers du festivals, on retrouve l'excellent ténor Éric Vignau, lequel, comme lors de l'édition 2014, a assuré trois concerts d'affilé (Falstaff le 5 août dernier et dont nous rendrons compte après le représentation du 10 puis récital de mélodies juives hébraïques le 6 août). L'artiste, familier du rôle de Don Pedro de Hinoyosa, en fait un personnage hilarant tant il a peur de perdre la faveur de ses supérieurs; comédien consommé son Don Pedro se situe au delà de toute sphère réelle tant il est inclassable. Saluons aussi les très belles performances de Yassine Benameur en comte de Panatellas et du trio de cousines constitué pour cette production de Sarah Lazerges, Flore Boixel et Dalilah Kathir, une autre habituée du festival de Saint Céré. Ultime personnage de La Périchole, le choeur d'Opéra Éclaté joue et chante avec gourmandise un oeuvre pétillante. Dans la fosse, ou plutôt sur le côté de la scène, Jérôme Pillement dirige avec entrain l'orchestre d'Opéra Éclaté. Si la différence entre l'orchestre de Montpellier et la formation réduite du festival de Saint Céré peut surprendre quiconque ne connait pas ou mal la structure Opéra Éclaté, l'orchestre n'a pas à rougir de la prestation qu'il donne à entendre au public venu nombreux. La direction dynamique, légère et aérienne de Jérôme Pillement donne à cette Périchole la touche de folie indispensable pour parachever une production déjà très réussie.

C'est une soirée particulièrement agréable que nous avons passé en compagnie d'Offenbach malgré une chaleur étouffante et peu agréable. Outre une mise en scène très réussie, c'est une distribution regroupant jeunes talents et artistes confirmés qui a donné vie à cette nouvelle production de la Périchole. A quoi on ajoute un orchestre et un chef en grande forme pour obtenir un résultat décapant malgré les imperfections. Imperfections qui ne pourront que disparaitre lors des dernières représentations et par la suite lors de la tournée qui devrait suivre.

Saint-Céré. Halle des sports, le 7 août 2015. Jacques Offenbach (1819-1880) : La Périchole, opéra bouffe en trois actes sur un livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Héloïse Mas, La Périchole; Marc Larcher, Piquillo; Philippe Ermelier, Don Andrès de Ribeira, vice-roi du Pérou; Éric Vignau, Don Pedro de Hinoyosa; Yassine Benameur, le comte Miguel de Panatellas; Sarah Lazerges, Guadalena, première cousine-Manuelita,1ère dame d'honneur ;Flora Boixel,Berginella, deuxième cousine-Ninetta, deuxième dame d'honneur ; Dalila Kathir,Mastrilla, troisième cousine-Brambilla, troisième dame d'honneur ; Antoine Baillet-Devallez, Marquis de Tarapote, Marquis de Santarem; choeur et orchestre Opéra Éclaté; Jérôme Pillement, direction. Benjamin Moreau et Olivier Desbordes, mise en scène; Pascale Péladan, chorégraphie; Jean Michel Angays, costumes; Elsa Bélenguier, décors.


Dernière édition par calbo le Ven 14 Aoû 2015 - 17:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Ven 14 Aoû 2015 - 14:53

Et la Passion selon St Jean (concert du 8 août)

En ce troisième jour de notre parcours la pluie s'est invitée à la fête, obligeant ainsi les responsables du festival à replier vers la halle des sports le concert prévu au château de Castelnau Bretenoux. Au programme de ce samedi soir, la Passion selon Saint Jean de Johann Sebastian Bach (1685-1750); ce petit bijou de la période baroque marque le retour au festival de Saint Céré du Grand Oratorio tel qu'il sera appelé à se développer au cours des années à suivre. Créée en 1724, la Passion selon Saint Jean a été remise sur le métier à plusieurs reprises. Pour "compenser" les faiblesses de l'évangile selon St Jean, peu développé sur quelques points, notamment sur les pleurs de Pierre après qu'il ait par trois fois renié le Christ ("lorsque le coq chantera par trois fois tu m'auras renié") et la description du tremblement de terre, Bach est allé chercher  ces passages dans l'évangile selon Saint Mathieu. Pour marquer l'occasion Anass Ismat s'est adressé à l'évangéliste par excellence : Christophe Einhorn. Le ténor alsacien, bien qu'il ait un répertoire assez large, est un grand spécialiste de l'oeuvre de Bach et il l'a démontré une nouvelle fois en ce samedi soir.

Depuis de longues années le festival de Saint-Céré permet à des amateurs chevronnés de venir se perfectionner lors de sessions intensives de stage. En 2014 ils avaient chanté le requiem de Mozart avec un certain bonheur, pour l'édition 2015 ils ont abordé un des monuments de la musique baroque avec un certain panache. Et malgré un début de soirée compliqué du côté des sopranos très tendues et parfois à peine audibles, surtout dans les aigus, il nous faut bien admettre qu'ils ont donné de très belles choses à entendre. La diction est excellente, les voix bien préparées et globalement le travail avec le chef Anass Ismat et Jean Blaise Roch, leur chef de choeur et professeur de chant a donné un résultat remarquable. Côté solistes nous avons de grandes satisfactions et des impressions plus mitigées. Ainsi le jeune ténor Laurent Galabru, que nous avions apprécié en 2014 dans Le voyage sur la lune déçoit quelque peu; si la diction est excellente, musicalement la partition est trop tendue et il est à la peine dans les aigus dans ses deux arias ayant même parfois du mal à aller au bout de ses phrases. De même la mezzo soprano Eva Gruber a bien du mal à convaincre; ses deux arias sont assez monocordes et plutôt oubliables. En revanche les clés de fa séduisent au delà de toute attente; Marc Labonette (Jésus) et Paul Henri Vila (Ponce Pilate) font montre d'une belle assurance; les voix sont rondes, chaleureuses, larges et couvrent sans peine la tessiture des arias qui leur sont dévolus (même si, malheureusement Vila n'en n'a eu qu'un seul à chanter). La soprano Anaïs Constans séduit également; elle aussi a une diction claire nette, précise et ses deux interventions sont sobres, sans déchets. Quant à Christophe Einhorn, il campe un évangéliste remarquable. Le charismatique ténor strasbourgeois impose un rythme dynamique, vif et ne relâche jamais la tension. Il passe d'un moment de violence intense à un moment de tendresse (de Jésus mourant envers sa mère par exemple) ou de douleur sans que quiconque s'aperçoive de quoi que ce soit tant il y met de subtilité.Samedi soir c'est le chef d'origine marocaine qui dirige l'orchestre Opéra Éclaté. Les musiciens qui ont trois chefs différents (Dominique Trottein pour Falstaff et Jérôme Pillement pour La Périchole, complètent le "trio") s'adaptent avec un professionnalisme rare à la battue du jeune chef. Ismat dirige d'une main ferme un orchestre au taquet qui intègre pour l'occasion l'organiste Marcello Gianini.

Si nous regrettons de n'avoir pu profiter du cadre majestueux du château de Castelnau-Bretenoux, nous tenons à saluer le choeur de stagiaires du festival de Saint-Céré qui affronte crânement une partition particulièrement difficile qui lui fait la part belle. Quant aux solistes nous aurions, apprécié de voir un quintette cohérent, l'évangéliste étant un rôle à part. Malgré tout son talent, Laurent Galabru nous a semblé vraiment trop jeune pour chanter cette Passion vocalement redoutable; et une mezzo plus charismatique aurait également été bienvenue. Néanmoins le travail d'ensemble est, dans l'ensemble très satisfaisant.

Saint-Céré. La Halle des sports, le 8 août 2015. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon Saint Jean. Christophe Einhorn, l'évangéliste; Marc Labonette, Jésus; Paul Henri Vila, Ponce Pilate; Benjamin Villain, Pierre; Anaïs Constans, soprano, Eva Gruber, mezzo soprano; Laurent Galabru, ténor; Marcello Gianini, orgue; Orchestre Opéra Éclaté; choeur du stage de chant choral; Anass Ismat, direction.
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 15 Aoû 2015 - 14:45

Aujourd'hui Falstaff

Après Otello composé et créé elle 5 février 1887 à la scala de Milan, Giuseppe Verdi (1813-1901) avait souhaité se retirer de la scène lyrique. C'est le librettiste et compositeur Arrigo Boïto (1842-1918) qui relança le vieux compositeur dès 1889. Et après maintes hésitations et négociations (portant notamment sur l'écriture de deux livrets l'un en italien et l'autre en français), les deux hommes tombent d'accord et commencent à travailler sur Les joyeuses commères de Windsor, la fameuse pièce de William Shakespeare (1564-1616); Falstaff est créé avec succès à la scala de Milan le 9 février 1893 et à Paris l'année suivante. Pour cette nouvelle production, qui reprend largement celle de 2005, Olivier Desbordes réalise une mise en scène pétillante et totalement déjantée, mettant ses chanteurs dans un écrin. Les décors, certes dépouillés mais superbes, et les costumes sublimes contribuent grandement au succès de la soirée. La présence de comédiens chanteurs sur scène est également un atout majeur pour cette production donnée dans sa version française.

Olivier Desbordes, visiblement très inspiré, signe de nouveau une mise en scène très réussie. Falstaff, comédie dramatique par excellence, permet de réaliser un travail intemporel mais Desbordes a décidé de faire une mise en scène assez conventionnelle, ce qui peut surprendre quand on sait que le metteur en scène peut réussir de très belles transpositions (Par exemple une Traviata transposée dans les années 1920 très réussie). Il est aidé en cela par des costumes superbes, piochés dans l'immense réserve de la compagnie Opéra Éclaté et un décor certes minimaliste mais assez réaliste et plutôt réussi. La grande table carrée, entourée de tabourets symbolise à la fois l'auberge de Falstaff, la maison des Ford et la forêt dans laquelle se déroule la farce finale; quelques éléments de décors permettant de se retrouver dans un lieu ou dans l'autre au fil de la soirée.

La distribution convoquée pour cette nouvelle production est très largement francophone et réunit des artistes que, pour certains, nous avons vus dans d'autres concerts de l'édition 2015 du festival. A tout seigneur tout honneur, Christophe Lacassagne campe un Sir John hilarant; naïf et pas méchant pour deux sous, Falstaff fonce droit dans tous les pièges qui lui sont tendus tant par les joyeuses commères que par un Ford mordu de jalousie. Lacassagne fait siens les sentiments contradictoires du pauvre chevalier dont il fait un homme à la fois attendrissant, "l'air" d'entrée du second acte ("Monde cruel, monde coupable") montre un homme désabusé et écoeuré par son bain dans la Tamise, et incorrigiblement naïf (il lui suffit de lire la lettre d'Alice Ford au début du troisième acte pour retomber dans ses travers). La voix de Christophe Lacassagne couvre parfaitement la tessiture du rôle et, contrairement à l'édition précédente lors de laquelle il nous avait moyennement convaincus dans Lucia di Lammermoor (Raimondo), il chante la partition avec une parfaite maitrise, contrôlant sa belle voix de baryton avec maestria. Et il se hisse d'ailleurs, sans efforts, au niveau des grands titulaires du rôle (Renato Bruson ou Bryn Terfel par exemple). Marc Labonnette, qui chantait Jésus samedi dernier dans la Passion selon Saint Jean de Jean Sébastien Bach (1685-1750), campe un Ford remarquable; comédien excellent il fait preuve d'une gouaille et d'un dynamisme qui n'ont rien à envier aux meilleurs Ford. Loin des "soucis" du récital de mélodies juives hébraïques, Valérie Maccarthy est une Alice Ford aussi retorse que son mari (qui finit lui aussi par se faire piéger par sa femme et ses complices au dernier acte). Prête à tout pour se venger de son mari, qui veut marier Nanette sans son accord, et punir Falstaff qui la courtise en même temps que Meg Page, elle prend la tête des opérations sans complexes. La voix de la soprano américaine est à son avantage et la jeune femme l'utilise en jamais forcer. Sarah Laulan est une Mrs Quickly très honorable et Eva Gruber campe une Meg Page correcte, se montrant cependant nettement plus à son aise que dans la passion selon Saint Jean. Anaïs Constans, qui chantait elle aussi dans la passion selon Saint Jean, peut enfin faire entendre plus longuement sa belle voix de soprano. Quant à Laurent Galabru, peu à son avantage samedi dernier dans une partition trop tendue pour lui, il ne fait qu'une bouchée de Fenton. Dans le rôle des comparses de Falstaff, Jacques Chardon (Bardolfo) et Josselin Michalon (Pistola) prennent un plaisir gourmand à chanter et à jouer la comédie. Pilier du festival, Éric vignau semble infatigable, il chante aussi dans La Périchole et dans le récital des mélodies juives hébraïques. Son Docteur Caius ne démérite absolument pas; excellent comédien il en fait un personnage loufoque et quand même un peu naïf face à un Falstaff retors aux bons moments (la scène de l'auberge est d'ailleurs assez savoureuse) ou face à Alice Ford qui le ridiculise en poussant Ford à le marier à Bardolfo, le domestique de Falstaff. Pour cette production, l'orchestre est situé derrière la scène et est dirigé par Dominique Trottein. Pour que les chanteurs puissent suivre la battue du chef, deux écrans ont été placés de chaque côté de la tribune ou est installé le public. Autre pilier du festival, Dominique Trottein, qui a dirigé L'histoire du soldat d'Igor Stravinsky (1882-1971) la semaine précédente, passe avec bonheur d'un répertoire à l'autre. La battue du chef est claire, nette, précise et l'orchestre, comme les chanteurs suivent avec une précision millimétrée. La musique de Verdi est ici mise en valeur, ciselée, sans fioritures inutiles.

Avec cette nouvelle production de Falstaff, Olivier Desbordes signe là une de ses plus belles mise en scène. Les décors et les costumes contribuent pour beaucoup au succès de Falstaff auprès du public. Et si l'on peut s'étonner du choix de Desbordes et de Trottein de présenter la version française, le choix s'avère excellent car l'ultime chef d'oeuvre de Verdi est défendu par une très belle distribution à la diction impeccable. Nul besoin en effet de suivre avec un livret et le public peut se passer de sous-titres. Nous ne pouvons que conseiller de suivre cette production lors des tournées à venir tant elle est enlevée et dynamique.

Saint-Céré. Château de Castelnau-Bretenoux, le 10 août 2015. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Falstaff, opéra en trois actes sur un livret d'Arrigo Boïto (1842-1918) d'après la pièce Les joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare (1564-1616). Christophe Lacassagne, Falstaff; Marc Labonnette, Ford; Valérie Maccarthy, Alice Ford; Anaïs Constans, Nanette; Laurent Galabru, Fenton; Sarah Laulan, Mrs Quickly; Eva Gruber, Meg Page; Jacques Chardon, Bardolfo; Josselin Michalon, Pistola; Éric Vignau, Docteur Caïus; Choeur et Orchestre Opéra Éclaté; Dominique Trottein, direction. Olivier Desbordes, mise en scène; Patrice Gouron, décors et costumes; Laure Bouju, costumes; Pascale Fau, maquillages; Damien Lefèvre, assistant mise en scène.
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Sam 15 Aoû 2015 - 14:47

Et l'histoire du soldat

En ce quatrième jour de ballade lotoise, nous nous retrouvons à Cahors. Le mauvais temps ayant décidé de nous accompagner une journée de plus nous voila de nouveau contraints à un repli stratégique au théâtre de Cahors en lieu et place de la cour de l'archidiaconé (notons qu'à Saint-Céré, Nicole Croisille et ses musiciens, qui jouaient le même soir qu'Éric Perez, ont dû donner leur concert à la halle des sports). Pour cette quatrième soirée c'est un programme très différent des précédents que nous proposent les artistes invités en ce dimanche soir mettant ainsi en avant l'éclectisme qui est la marque de fabrique du festival. Éric Perez et Dominique Trottein qui se connaissent bien, ils travaillent régulièrement ensemble, ont eu, avec la tournée d'hiver, largement le temps de peaufiner leur vision d'un programme centré sur la musique moderne, avec des compositeurs et des librettistes contemporains les uns des autres, qui préfigure déjà ce que sera l'édition 2016 du festival.

L'histoire du soldat d'Igor Stravinsky (1882-1971) et Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) étant une oeuvre de courte durée (environ quarante cinq minutes), Éric Perez débute la soirée avec des oeuvres de Kurt Weill (1900-1950) et de son complice de toujours Bertold Brecht (1898-1956). Après un début en fanfare avec une interprétation remarquable de la Complainte de Mackie, tirée du fameux Opéra de quat'sous (composé et créé en 1928), Perez, comédien et chanteur chevronné, enchaine avec de charmantes mélodies de Weill. Il nous donne notamment à écouter un extrait de Marie Galante : Les filles de Bordeaux. Si nous regrettons une diction assez moyenne pour Und was bekam des soldaten weib?, la dernière des oeuvres de cette première partie, globalement ces mélodies sont interprétées avec un panache et une maitrise dignes de l'artiste accompli qu'est Éric Perez, qui n'hésite pas à prendre gentiment à parti le chef et le violoniste pour lancer leur solo au piano et au violon.

Après une courte pause, le temps d'enlever le piano, l'orchestre, qui adopte une forme très jazzy (souhaitée par le compositeur qui voulait bousculer les codes établis), entame L'histoire du soldat d'Igor Stravinsky (1882-1971) et Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947). Conçue pendant la première guerre mondiale, l'oeuvre est née de la rencontre de ces deux grands artistes tous deux installés en Suisse (Stravinsky y était même exilé à l'époque). Éric Perez qui a fait des études de théâtre avant de faire de la musique, il alterne d'ailleurs les deux sans efforts, fait ressortir avec talent les sentiments contradictoires du soldat Joseph et des habitants de son village. Stravinsky et Ramuz alternent les moments martiaux, et donc déclamés alla militaire, de manière carrée, concise avec des moments de "pauses" narrés de façon plus calme. Perez qui est un excellent comédien prend la voix de chaque personnage (le diable sous ses divers déguisements, Joseph, les gardes du château, le roi …) avec des intonations si justes qu'on se croirait véritablement en face d'un vieillard, d'une vieille femme ou de jeunes gens. Cette version revisitée du mythe de Faust (le pacte avec le diable, plus ou moins imposé ici) démontre qu'on ne peut pas tout avoir en même temps, fortune et amour par exemple, de même que nul ne saurait prétendre avoir été et être : on devient ce que notre passé fait de nous et nous ne saurions espérer redevenir tel que nous étions dans le passé. Et d'ailleurs Ramuz le dit fort joliment dans la morale finale du conte : "un bonheur est tout le bonheur, deux c'est comme s'ils n'existaient pas". La direction de Dominique Trottein, aussi bien dans l'oeuvre de Weill que dans celle de Stravinsky, est dynamique, claire, nette et précise. Le chef connait d'autant mieux le répertoire moderne qu'il en dirige régulièrement des oeuvres (Lost in the stars en 2011 puis en 2012 et pendant les tournées qui on suivi par exemple). La réussite de la soirée tient aussi à la complicité qu'il entretient avec ses musiciens et avec Éric Perez.

Dans l'ensemble nous avons passé une excellente soirée dans des contrées quelque peu intemporelles dans lesquelles, nous le savons à présent, il vaut mieux éviter d'écouter les personnes que nous ne connaissons pas. Car qui sait si derrière chacune d'entre elles ne se cache pas le diable en personne. Saluons l'excellente performance des artistes complets que sont Éric Perez et Dominique Trottein qui ont mis leur talent au service de compositeurs aussi hétéroclites que Kurt Weill et Igor Stravinsky.

Cahors. Théâtre, le 9 août 2015. Kurt Weill (1900-1950)/Bertold Brecht (1898-1956) : Le grand lustukru, Ballade de la bonne vie, Bilbao song, Je ne t'aime pas, la complainte de Mackie (extrait de l'Opéra de quat'sous), Les filles de Bordeaux (extrait de Marie Galante), Und was bekam des soldaten weib?; Igor Stravinsky (1882-1971)/Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) : L'histoire du soldat. Éric Perez, récitant; orchestre Opéra Éclaté; Dominique Trottein, direction.
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 16 Aoû 2015 - 1:22

Il fait terriblement envie, ce Falstaff en français ! J'espère que ça passera en Île-de-France (pas vu dans les programmes de la saison prochaine, pourtant je les ai à peu près tous faits Neutral ).

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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 16 Aoû 2015 - 8:38

La saison prochaine ils n'ont que 5 dates dont une à Mérignac; Je pense que la grande tournée sera plutôt pour 2016/2017.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: festival de St Céré 2015   Dim 16 Aoû 2015 - 11:21

Je l'espère, parce que je ne serai vraisemblablement pas à proximité de Mérignac à cette date… Neutral
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