Autour de la musique classique

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 Cinéma et musique, même réceptivité ?

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Pipus
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MessageSujet: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Lun 7 Sep 2015 - 14:44

Quand je lis des analyses d'oeuvres musicales, je retrouve souvent la notion de scenario, de plans... une histoire racontée par la musique... je pense par exemple à Jeux de Debussy, puisque j'ai l'immense privilège de conduire prochainement cette écoute. Cela me ramène systématiquement à la notion de cinéma.

Or autant je regarde un film rarement plus d'une fois, consommation unique avec le sentiment que ce sera lors de cette première fois que j'aurai les impressions les plus marquantes (un plan visuel particulier, la surprise d'un rebondissement inattendu...). J'ai le sentiment que tout ma réceptivité est liée au premier visionnage ; non pas dans l'effort que j'y mets, mais dans ce que je reçois.

Autant la musique, c'est en général l'inverse. J'ai besoin de nombreuses écoutes. Je reviens sur des parties, j'écoute plusieurs versions, avant de pouvoir commencer à percevoir l'oeuvre dans son ensemble, dans sa continuité, et de pouvoir l'apprécier de plus en plus au fur et à mesure que je la connais.

Après avoir vu un film de 2h, je peux le raconter juste après, quasiment plan par plan. Après avoir écouté une oeuvre de 15mn... je ne me souviens de quasiment rien. Mémoire visuelle VS auditive ?

Et vous ?
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B&mol
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MessageSujet: Re: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Lun 7 Sep 2015 - 23:49

Les rares fois où il m'arrive de faire un rapprochement entre musique et cinéma, c'est que je trouve la musique vraiment mauvaise.
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Pipus
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MessageSujet: Re: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Mar 8 Sep 2015 - 6:06

Ce n'était pas exactement le sens de mon interrogation, Bémol.
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ScareDe2
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MessageSujet: Re: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Mar 8 Sep 2015 - 9:17

Le cinéma et la musique c'est différent. Je m'explique. Alors voilà, j'étais dans une salle de cinéma l'autre soir, et tout a coup, un enfant se met à crier, quelqun lui a pris son mais soufflé. Je me dis, pauvre enfant quel sont les ignobles créatures qui oseraient voler à un môme son popcorn? Et la j'ai eu un flash. Pourquoi on bouffe du popcorn au cinéma? Quand on écoute un disque à moins que ce soit une musique d'ambiance on s'empiffre pas, on écoute. C'est encore plus vrai à un concert.

C'est une différence que j'ai noté, ca fera avancer le sujet. Voili voilou.
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B&mol
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MessageSujet: Re: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Mar 8 Sep 2015 - 11:46

Pipus a écrit:
Ce n'était pas exactement le sens de mon interrogation, Bémol.

Il est vrai que je n'ai pas été limpide. Disons-le autrement :

Hormis la raison, les mécanismes conscients par lesquels j'aborde musique et cinéma sont très différents.
De par sa nature évocatrice, voire évocatoire, la musique, m'est avis, a vocation moins à démontrer qu'a invoquer. Si les pensées musicales des compositeurs ont toujours et nécessairement été influencées par l'esprit de leur temps, elles n'en n'ont pas moins produit des œuvres inintelligibles à l'oreille avide de sens.
Mettrait-on le plus sagace des mélomanes face à un Pierre et le Loup inconnu, pour la première fois, le privant et du titre et du texte, il nous rendrait conte, si on devait l'y avoir poussé, d'un récit étranger à celui de Profofiev.
Le même mélomane, tout à la musique qu'il est, imaginons-le ainsi, ignore tout du cinéma. L'installerions-nous devant un film muet, par exemple L'Aurore de Murnau, ne lui soufflant mot ni du synopsis ni du titre, il saurait en fin de projection nous livrer un résumé parfait de l'œuvre.
Il est question, plus haut, d'œuvres narratives et déjà l'on note à quel point la musique et le cinéma requièrent des mécanismes distincts en l'intelligence. Le rapport au temps, dans les deux disciplines, est à cet égard très intéressant, puisqu'en musique le temps qui passe est le temps qui est quand le cinéma a recours aux ellipses, aux ralentis, aux accélérations ainsi qu'aux ridicules flash-back. Les modifications de tempo, de rythme, sont du temps de la musique, au cinéma ils sont du temps de l'action ou recul sur elle.
Il est courant, au cinéma, d'entendre le dialogue nous signifier le propos du film, tandis qu'en musique, si prosodique soient telles arpèges où prosaïques tels crescendi, ils n'en demeurent pas moins inefficaces à dire la pensée de leur auteur avec précision.
Bien sûr, la tonalité générale d'une œuvre musicale ne nous est pas nécessairement incompréhensible, bien sûr, la musique use d'astuces formelles, bien sûr, le compositeur, parfois, sait appuyer son propos ponctuellement, jouer de citations et de références, mais l'on fait difficilement des traités en musique. Si des philosophies ou des mystiques sont intelligibles, il n'en demeure pas moins que les seuls lieux communs et mécanismes brutaux sont susceptibles d'être compris et orientés ainsi qu'ils sont ourdis. Une esthétique est plus bavarde qu'une mesure si la mesure tient d'une cohérence esthétique avec celles qui la précèdent et les autres qui la suivent.
Et comme je dois y aller, j'ajouterai juste que les formes musicales, si elles ont leurs racines dans des dispositions dialectiques ou rhétoriques, n'en sont pas plus des constructions linéaires et didactiques, excepté là où le compositeur a décidé de ne plus faire de musique.
On use d'analogies pour dire la musique, et on le fait rarement en chantant.
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Pipus
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MessageSujet: Re: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Dim 13 Sep 2015 - 8:27

Merci Bémol pour ce commentaire riche et argumenté.

Comme tu le dis (avec une belle qualité d'écriture et d'analyse), un film explicite ce qu'une musique évoque. Il ne s'agit pas comme je l'ai supposé un moment d'une question de sens - la vue face à l'ouie. Ni même de support - image ou son. Mais plus de ce que l'auteur souhaite en faire et emploi le matériau.

Avant d'être un récit, la musique est une expérience sensorielle. Certains courts-métrages travaillent plus sur l'évocation par l'image que sur le récit. On les aborde alors dans une même logique d'immersion, on se laisse transporter, peut-être ressent-on plus que l'on ne comprend. D'ailleurs à la réflexion, je pense que je serais bien plus incapable de me remémorer un court-métrage de 10mn qui jouerait sur la perception visuelle, alternant images, couleurs, mouvements, qu'un film de deux heures contant une histoire.

En reprennant les annotations de la partition de Jeux de Debussy, je me suis rendu compte que l'on a affaire à un scenario plus concrêt et temporalisé : à chaque partie musicale est associée une étape de l'histoire des trois danseurs - mais il s'agit ici d'une musique de ballet. Et je me rappelle très bien des diverses scènes sans pour autant être capable de me souvenir de la musique qui les accompagne.

A l'inverse les 5mn de 'Reflets dans l'eau' du même Debussy, n'ont pour leur évocation qu'un titre servant de fil conducteur ; l'imaginaire de chacun l'emmène alors dans ses propres images.
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André
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MessageSujet: Re: Cinéma et musique, même réceptivité ?   Dim 13 Sep 2015 - 13:03

Il se passe plus de choses dans la musique que dans un plan au cinéma. Privé de disques ici, j'écoute celle-ci sur youtube. Fascinant:le cameraman focuse sur les vents, les bassons par exemple, qu'on voit s'époumoner et pourtant ça ne s'entend pas dans la masse orchestrale.

Dnas un plan de ciné on embrasse tout d'un regard.
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