Autour de la musique classique

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 Pierre Boulez (°1925)

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lucien
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Mer 24 Aoû 2016 - 0:42

lucien a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Je voulais dire, quels éléments sont choisis pour être multipliés ?  Ce ne sont pas simplement deux accords successifs qui sont superposés, je suppose (d'autant que ça finirait que par produire de gros agrégats illisibles, ce qui n'est pas le cas de Boulez).
Je l’ai dit, ce sont des bouts de séries.

Attends, je viens de comprendre ta question (je crois). C’est pas un truc qu’on fait comme ça au cours de l’œuvre, hein, genre à un moment on aurait deux accords/arpèges qui se suivent et pour connaitre le suivant on ferait une multiplication et le résultat serait une sorte de résolution ou de progression. C’est une dérivation du matériau qui se fait en amont. On ne va donc jamais trouver dans une œuvre un accord suivi par un second puis la multiplication des deux comme je l’ai fait dans mes exemples, c’était juste pour montrer le processus.
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B&mol
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Dim 25 Sep 2016 - 2:40

lucien, tu causais quelques pages auparavant de Livre pour quatuor et en un temps, si je ne m'abuse, où l'œuvre n'avait pas été révisée. Ne savoir qu'en dire, c'est ce que tu exprimais et comme tu sembles connaître bien Boulez, peut-être aurais-tu l'amabilité de signifier à au moins un curieux les raisons de ton silence à ce propos.
Par ailleurs, 2015 a vu paraître ceci :


dont on peut entendre là quelque extrait par les excellents Diotima ici.


Mon oreille se plaît dans ce peu qu'on entend et sur lequel je n'ai jamais trouvé rien que de plat en termes d'éloges, et de creux en matière de repoussoir. Le seul livre révisé m'intéresse, la première version me laissant plus que dubitatif sur celui des deux mots, bordel ou foisonnement, devant qualifier pour moi-même ce que j'ai très vite cessé d'écouter. Alors, cette révision a-t-elle eu l'heur de retenir l'attention de mélomanes ici présents ?

Les questionnements sur l'œuvre se confondant avec le sujet discographique, je prendrai soin de mettre en copie toute réponse devant nourrir la section ad hoc.

Merci
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lucien
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Dim 25 Sep 2016 - 10:20

Bémol a écrit:
lucien, tu causais quelques pages auparavant de Livre pour quatuor et en un temps, si je ne m'abuse, où l'œuvre n'avait pas été révisée. Ne savoir qu'en dire, c'est ce que tu exprimais et comme tu sembles connaître bien Boulez, peut-être aurais-tu l'amabilité de signifier à au moins un curieux les raisons de ton silence à ce propos.

parce qu’à l’époque je connaissais très mal cette œuvre (d’ailleurs je ne la connais pas encore très bien), et n’y étais pas sensible.
mais depuis je l’aime beaucoup... il me faudra encore un peu de temps néanmoins.

la révision est très légère et ne change pas fondamentalement les choses, à mon avis.
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B&mol
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Dim 25 Sep 2016 - 15:28

Merci. Voilà qui m'éclaire sur ton ressenti mais pas mieux sur l'œuvre — ce dernier point ne t'étant pas reproché.
Ce sont donc des extraits épars d'une version et de l'autre dont a pu jouir ou souffrir mon ouïe. Peut-être l'écheveau qui me fit l'impression d'être inextricable est-il un instant de la pièce dont il faut, pour l'entendre avec intelligence, avoir su les prémisses que seraient selon toute vraisemblance les minutes offertes à l'écoute par Diotima.

Très conquis par cette formation, je me procurerai le disque pour ne pas risquer d'abîmer mon désir en entendant la version historique par d'autres, bien que tu dises ne pas trouver mille différences entre la plus ancienne et cette nouvelle écriture.
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lucien
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Ven 4 Nov 2016 - 22:14



Éclat

pour écouter, je conseille la version discographique de l’Ensemble intercontemporain :
/watch?v=FTstGUUniy4
jusque 9:18 (après commence Multiples)

(note : une bonne partie du texte qui suit a été écrit il y a plusieurs mois, le reste rapidement ce soir, d’où sa possible hétérogénéité.)

Je suis en difficulté. Parler d’œuvres contemporaines, pour les défendre, est difficile, a fortiori si elles sont de ces mains ; en fait, il suffit que son propriétaire les ait soutenues. Si vous parlez de beauté, de lyrisme, de poésie, que sais-je d’autre, on dira que vous déviez le sens des mots, que vous les videz de signification. N’essayez même pas d’aborder l’expression, si seulement c’était possible, on ne vous écoute déjà plus. Alors vous allez un peu plus loin, et quelques réflexions plus tard on vient vous ratrapper en disant que si une œuvre a besoin de tant de blabla, c’est que ce n’est pas une bonne œuvre. Mais si vous ne dites rien, c’est qu’il n’y a rien à dire, ce n’est pas bon non plus. Essayez par la négative, on vous dira qu’il ne suffit pas de ne pas être trop chiant, moche ou imbitable, d’être un peu agréable ou tout juste intéressant pour avoir de la valeur. Vous tentez une autre approche. Puisqu’on vous répète qu’on ne peut rien tirer de ce fatras incompréhensible, vous allez expliquer le discours, montrer, par petites touches et autant que vos moyens vous le permettent, ce qu’on peut y comprendre. Vous êtes déjà pris au piège. Vous ouvrez les partitions, et c’est trop tard : C.Q.F.D., Boulez est intéressant à lire pour quelques spécialistes, à l’écoute c’est néant, de la fausse musique pour techniciens bouchés. Par je-ne-sais-quel miracle, vous n’êtes pas encore abattu. Vous reprenez, en prenant soin de ne montrer aucune note, de ne faire allusion à aucun clin-d’œil seulement visible. Tantôt la forme était imperceptible, à présent on dénonce une forme sans contenu, de la technique sans idée. Dans tous les cas on vous reproche votre prosélytisme. Enfin, vous pensez que sur la musique les mots sont peut-être de trop, que chacun doit faire sa propre rencontre. Cette idée en tête, au risque d’être laconique, vous affirmez que c’est là un chef-d’œuvre génial. Au mieux vous essayez de vous donner un genre, mais il est plus probable que votre attitude soit prescriptive et idéologique. Vous savez pourtant bien que ces gens, forts de leur esprit critique, ne veulent pas de cette pillule qu’on voudrait leur faire avaler, feignant sans doute d’ignorer que depuis plusieurs décennies on nous pousse à détester Boulez davantage qu’à l’adorer. Oubliez aussi les arguments d’autorité : si tant d’illustres interprètes la défendent, c’est soit une preuve supplémentaire que c’est une œuvre pour spécialistes uniquement, soit un argument en faveur de la thèse de l’officiel injustement imposé ; sans doute êtes-vous aussi esclave du système. Alors tant pis ; d’ailleurs votre acharnement est depuis longtemps suspect. Et pourquoi vouloir convaincre à aimer ce qu’ils n’aiment pas — que les raisons qu’ils se donnent soient bonnes ou pas ? Ah oui, ceci : quand écouter devient une activité solitaire, peut-on apprécier la beauté si on ne peut la partager avec quelqu’un d’autre ?

Jusque maintenant j’ai écrit deux textes. Le premier sur la deuxième sonate. J’avais voulu donner deux pistes à qui voudrait s’intéresser à cette œuvre merveilleuse, la première étant historique donc externe, et la seconde plus interne, décrivant la structure de l’œuvre, à peine de détails, juste de quoi s’orienter. Mais de loin j’ai cru entendre des rires : haha, voici la technique, voici la forme, mais aucun contenu, aucun sens, rien. Est-ce que j’étais passé à côté de mon objectif ? Je ne sais pas. Deuxième épisode, les Structures. J’y tenais, d’une part car j’y suis attaché depuis très longtemps, pour son importance généalogique ensuite. Le parti pris était abstrait et théorique, je le pensais justifié pour cette seule œuvre, mais je ne crois pas que l’argument ait pu convaincre. Cependant l’essentiel n’est pas là. Tout au long de ces laborieux commentaires, j’ai annoncé un langage libre, une technique souple qui n’arrivent jamais. D’où la nécessité d’un troisième épisode : Éclat.

Rappelons brièvement. Dans la Deuxième sonate, l’écriture est essentiellement constituée de cellules qui se superposent et s’enchainent les unes sur les autres pour créer une trame fabuleuse mais dont la nécessité ou la cohérence ne sont pas toujours évidentes. Dans le premier livre des Structures, au contraire, les notes sont isolées et individualisées par des caractéristiques propres déterminées minitieusement. Deux étapes nécessaires, probablement. Avec Éclat, le geste est beaucoup plus organique et naturel. L’écriture se fait musique et discours, qui se moule directement dans la forme.

Enfin on va pouvoir parler d’une œuvre sans passer par des préalables théoriques ? Presque. Il faut encore préciser quelque chose de nouveau, qui est lié au “hasard”. Mais j’espère montrer l’intérêt de la chose, qui n’est pas une élucubration théorique supplémentaire mais un principe esthétique. Chez Boulez, il vaudrait mieux parler de mobilité que de hasard. Pour les détails théoriques, je vous renvoie à Aléa qui est un article fascinant ; Boulez y défend sa conception de la mobilité tout autant qu’il condamne le hasard comme épuisement des possibilités (dans l’espoir que parmi un million une au moins soit intéressante). La mobilité d’Éclat a au moins deux visées. Tout est écrit, mais c’est le déploiement et l’ordre local qui peut varier légèrement. Pour le dire rapidement, le chef envoie des signaux auxquels les musiciens répondent plus ou moins librement ; ces signaux souples remplacent en quelque sorte la battue métronomique. Cette ouverture relative permet à l’œuvre de garder son urgence et son éclat. Un autre élément qui participe à cela est l’écriture rythmique qui est le plus souvent imprécise et là encore souple. On évite ainsi la rigidité : les musiciens ne doivent pas sacrifier toute leur concentration a réaliser des traits très compliquées et peuvent ainsi s’approprier ce qu’il joue et l’articuler avec beaucoup d’expression, un peu comme dans le jazz.

Plus généralement, l’ouverture chez Boulez est une façon de dépasser la conception traditionnelle de l’œuvre comme une trajectoire fixe d’un point A à un point B. Loin de s’effacer, le compositeur devient en fait l’architecte d’une ville dans laquelle l’interprète peut se déplacer selon des trajectoires multiples conservant chaque fois la fièvre de la nouveauté. Cependant — je reste circonspect face aux grandes formes mobiles à la Domaines (Boulez l’était lui-même, du reste, et prévoyait une réécriture) — l’ouverture d’Éclat est beaucoup plus locale tandis que le déroulement global est unique et déterminé. Les mises en place sont diverses mais le principe est à peu près le même. Si à certains endroits les réponses des intrumentistes sont réglées avec les signaux du chef dans un ordre déterminé, à d’autres le temps linéaire laisse la place à un temps circulaire. Dans des passages plus ou moins brefs, le musicien débute au signal sur un des endroits indiqués, continue normalement jusqu’au bout puis revient au début jusqu’à avoir joué tout le passage. Je sais ce qu’on va me dire, qu’on n’entend pas si on ne sait pas. Mais il reste l’esprit. Quelque chose d’oriental c’est certain, et Boulez n’a pas caché cette inspiration profonde. À ce titre ces petits cartouches aux flèches cycliques sont programmatiques. Rappelons-nous aussi qu’en ce temps Boulez publiait sous étiquette Tel Quel, et que ces recherches ne sont pas sans analogie avec celles que Sollers conduisait à la même époque à partir de la culture extrême-orientale.

« Éclat est un mot très ambigu. Je choisis parfois les titres pour qu’ils aient de multiples acceptions. D’abord, Éclat veut dire fragment. Le premier Éclat est, en effet, une pièce très courte. Il y a aussi le sens éclat-explosion et le sens reflet de lumière, reflets très fugitifs. Mais tous ces mots ont des sens différents qui s’appliquent aussi bien à la forme de la musique qu’à sa substance, qu’à son expression poétique. J’ai choisi ce mot “éclat” parce qu’il a beaucoup de significations. » Un réseau de signifiance qui est très parlant à l’écoute de l’œuvre. Mais je ne suis pas un bon écrivain ni n’ai de don pour extérioriser ce que je ressens. Je suppose cependant que ces images sont suffisamment parlantes puisque je les ai lues et relues, y compris sur ce forum.

Éclat est écrit pour 15 instruments, organisés en deux groupes : les instruments à résonances (les territoires de l’oubli de Murail) — piano, célesta, harpe, accompagnés par les glockenspiel, vibraphone, mandoline, guitare, cymbalum et cloches — ; et les instruments à notes tenues : flute, cor anglais, trompette, trombone, alto et violoncelle. L’œuvre suit une trajectoire claire. Tout commence par un solo de piano, et d’abord deux traits rapides, le second créant une longue résonance. Cette résonance est soutenue par le deuxième groupe d’instruments dans un large accord qui va organiser toute la pièce. Mais celui-ci s’éteint et le solo de piano reprend en renaissant de ses propres résonances — quel magnifique solo ! Granitique et fluide, fluctuant au fil de ses accélérations et décélérations successives (notées sans précisions), lachant certaines notes et en tenant d’autres pour tenir la résonance. Suit une longue période de stases. Seuls les instruments du premiers groupes sont présents. Puisque leurs sons s’évanouissent inéluctablement, il ne peuvent les maintenir que par des trilles, qui ont un rôle majeur ici. Chaque instrument ne joue le plus souvent que quelques notes à la fois, surtout intéressés à créer résonances et scintillements. J’imagine un joyau sombre en lente rotation qui ne renverrait que de fugaces éclats. Çà et là des moments d’agitations qui rapellent plus clairement le début de la pièce. Puis l’œuvre évolue vers quelque chose de plus sombre et plus mat, des sons espacés, douloureux et obsédants, en particulier les retours lancinants du piano. Puis de nouveaux éclats, de nouveaux traits rapides, où les instruments se relaient les résonances, et des trilles très marqués auxquels tous se joignent. Quelque chose va arriver. En quelques accords, le piano nous remet en mémoire le tout début de la pièce. Mais c’est surtout le retour des instruments à notes tenues, qui vont enfin pouvoir se réaliser. D’abord des petits contrepoints, ponctués par le piano, où apparaissent des fragments de l’accord initial. Comme la première fois, l’accord complet va naitre de la résonance du piano, mais plus comme simple coloration, puisque c’est le point de départ de quelque chose de nouveau. Le piano semble vouloir réitérer son solo, mais il est tout de suite pris de court par le groupe des instruments à notes tenues qui vont présenter quelque chose de très différent de tout ce qui a déjà été entendu : un perpetuum mobile staccato à l’homorythmie très marquée (un peu à la Messiaen). L’autre groupe tentera bien quelques interventions, mais il n’est plus en position de force. Enfin, l’œuvre se termine en répetant le geste initial du piano, la tenue, et le grand accord est appuyé par tous réunis comme une seule voix. Comme si cet accord et ses résonances n’avaient jamais cessé, avaient toujours été là dans une temporalité libérée de sa pauvre linéarité.
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Jeu 24 Nov 2016 - 14:43

J'étais passé à côté de ton magnifique texte. Embarassed
Etant à la base plus sensible à "Multiples" (pour le côté pulsé et foisonnant), je vais tenter de réécouter "Eclat" avec ton texte en tête. Wink
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athos
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Mar 6 Déc 2016 - 10:26

Oui magnifique texte !

Je ne dispose pas (encore) d'"éclat" dans ma discotèque, pourtant pas mal fournie en oeuvres du maitre.
Dès que je l'aurai, je reviendrai à ton texte.

En attendant je vais écouter Mémoriale, dérives 1 et 2, avec l'ensemble intercontemporain; les premières notes m'accrochent bien !
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Hval
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Mar 6 Déc 2016 - 19:34

@lucien
Ton texte sur Eclats (et autres œuvres) est à la fois érudit et très intéressant. Pour ma part, je me suis imposé un long apprentissage à la musique de Boulez et j'ai lu beaucoup de ses écrits. Aujourd'hui, je m'aperçois que j'attache moins d'intérêt aux descriptifs et analyses d'œuvres parce que je prends beaucoup plus de plaisir à l'écoute de ces dernières et que je me fiche pas mal, finalement, de connaître les intentions du compositeur. L'important est que ça "sonne bien" et c'est mon ressenti aujourd'hui à l'égard de la plupart des œuvres de Boulez. Il reste que l'"apprentissage" était incontournable en ce qui me concerne. Ça paraît assez cérébral, dit comme ça, mais le plaisir, au terme de cette approche, s'en trouve décuplé et... durable.
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lucien
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Mar 6 Déc 2016 - 21:19

Mon cas est un peu inverse. J’écoute Boulez depuis un certain temps — temps relativement court par ailleurs (moins de trois ans, je pense ?) —, et ce n’est que très récemment (qui quant à lui commence à devenir long de plusieurs mois) que je me suis intéressé à ses écrits. J’écoutais sans me préoccuper des intentions ou des circonstances historiques, je ne connaissais pour ainsi dire rien d’autre sur Boulez que mon expérience personnelle et intuitive avec sa musique, n’ayant même pas subi sa médiatisation (né trop tard, dans le mauvais pays, sans environnement musical, et sans télévision !), et pouvais même revendiquer à l’occasion mon statut de non-informé. Je m’y suis mis un peu par hasard, par ricochet, mais ça m’a captivé. Surtout les textes anciens en fait (les Relevés surtout), les plus vifs et les plus corrosifs, parfois antiacadémiques dans leur style, et aussi, malgré leurs partis pris souvent douteux, les plus enrichissants je trouve. Ça n’a pas beaucoup changé mon rapport intime à la musique de Boulez en vérité ; c’est plutôt un regard oblique, qui m’a intéressé en soi.
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Hval
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MessageSujet: Re: Pierre Boulez (°1925)   Jeu 8 Déc 2016 - 10:48

Evidemment, il ne saurait y avoir une approche unique de l'univers de Boulez. Plusieurs univers, du reste : la direction d'orchestre, la composition, l'écrivain-théoricien-analyste et le polémiste. Beaucoup d'écrits sont d'une rare qualité. Voir, par exemple, l'analyse de Lulu de Berg ou cette remarquable réflexion sur le sprechegesang de Schoenberg dans Regards sur Autrui. Concernant la polémique, elle a eu son époque et était, à mon avis, parfaitement justifiée tant la musique française de la première moitié du XXème était habitée par un conservatisme pesant. Et, qui plus est, revendiqué et assumé avec une certaine hauteur qui appelait nécessairement une agressivité rédemptrice dans le camp d'en face. Mais, attention, il faut ramener ces polémiques à leur juste réalité. Elles n'agitaient que le microcosme de la musique classique. Soit, à l'échelle nationale, quelque chose qui relevait de l'agitation moléculaire, en exagérant à peine.
En ce qui me concerne, il m'a fallu du temps pour apprécier les compositions de Boulez mais je ne regrette pas aujourd'hui de m'être acharné à ce point. Il est vrai que j'étais aidé, en cela, par ma fascination pour le chef prestigieux qu'il était (New York, Cleveland, Chicago et bien d'autres). Notamment pour son volontarisme à promouvoir au travers du disque des compositeurs déterminants tels que les 3 viennois, Varèse, etc.
Ton approche de la musique de Boulez m'intéresse d'autant plus qu'elle est l'exacte inverse de la mienne.
En tout cas, merci pour ton point de vue.
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Pierre Boulez (°1925)
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