Autour de la musique classique

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 Maîtrises et « chœurs avec enfants »

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Thomas Savary
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MessageSujet: Maîtrises et « chœurs avec enfants »   Lun 14 Mar 2016 - 0:44

Sauf erreur de ma part, ce sujet n’existe pas encore sur le forum. Mes plus plates excuses si j’ai mal cherché.

Un petit mot, pour commencer, sur l’intitulé du sujet. Même si je les emploie moi-même par commodité, je n’aime pas les expressions  de « chœur d’enfants » ou « chœur de garçons » quand elles désignent en fait des chœurs mixtes (au sens de
mêlant voix aiguës et voix graves). « Chœur avec enfants » est sans doute lourdingue, mais plus juste quand il s’agit de désigner des formations comme les chœurs traditionnels britanniques ou les Regensburger Domspatzen, avec voix d’hommes.

En guise d’introduction, voici un article que j’avais écrit il y a quelques années pour inaugurer une série de chroniques qui devaient paraître sur le site Internet de quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime, qui se reconnaîtra s’il me lit. Faute de temps, je n’ai jamais réussi à en écrire plus de huit. Voilà quelques mois a cependant germé en moi un projet que j’espère réussir à lancer avant la fin de cette année, pour lequel je refondrai tous les textes en question avant de compléter l’ensemble.

Je ne compte pas tout poster sur le forum — comment ça, « ouf » ? Mais j’ai pensé que le texte reproduit ici serait une bonne amorce pour lancer la discussion sur le thème. Surtout, j’avais la flemme d’écrire une nouvelle introduction Mr.Red



Ils ont été indissociables du renouveau de la pratique des musiques anciennes. Au début du siècle dernier, à la tête du chœur de la cathédrale de Westminster, Richard Runciman Terry exhumait les Lamentations de Thomas Tallis et les messes de William Byrd, mais aussi les œuvres de Tomás Luis de Victoria. Dès 1950 au disque, Rudolf Mauersberger commençait à rendre hommage à son lointain prédécesseur à la direction du Dresdner Kreuzchor, alors presque oublié, Heinrich Schütz. Dans les années 1960, le chef des Wiener Sängerknaben, Hans Gillesberger, enregistrait le Requiem en fa mineur de Biber ainsi que la Passion selon saint Jean de Bach, avec la collaboration de Nikolaus Harnoncourt. Avec peu ou prou la même équipe, ce dernier grava bientôt les cantates BWV 83 et BWV 197, la Messe en si, avant la révélation en 1970 du Stabat Mater d’Agostino Steffani. En 1972, à la tête du Tölzer Knabenchor et du Collegium Aureum, Gerhard Schmidt-Gaden proposait le premier enregistrement du Magnificat de Bach sur instruments anciens, puis, sept ans plus tard, également la première version baroque du Stabat Mater de Pergolèse. Entre-temps, Nikolaus Harnoncourt et Gustav Leonhardt s’étaient lancés dans la première intégrale au disque des cantates de Johann Sebastian Bach, avec là encore les Wiener Sängerknaben puis le Tölzer Knabenchor, mais aussi le Knabenchor Hannover, dirigé par Heinz Hennig — Heinz Hennig qui dès 1973 enregistrait des motets de Schütz en petit effectif avec, parmi les solistes, un certain René Jacobs.

Ils ont été indissociables du renouveau de la pratique de la musique sacrée renaissante et baroque. Quoi de plus naturel, au fond, puisque de fait c’est très souvent à eux que ces œuvres furent destinées ? Ils ont été remerciés. Aujourd’hui, plus personne ou presque ne fait appel à eux. Plus personne ou presque ne l’envisage seulement. Comme si déjà ils avaient disparu du champ des consciences. De la part des interprètes peu soucieux d’« authenticité », on peut le comprendre ; mais, au sein du courant de la pratique « fondée historiquement », comment donc expliquer l’existence d’un tel point aveugle ? Pourquoi n’entend-on plus guère aujourd’hui de garçons dans Schütz, Purcell, Bach… ? Au moins au disque.

Ces chroniques seront consacrées aux enregistrements de chœurs et solistes enfants (essentiellement garçons) dans les musiques anciennes. À travers ces articles, j’entends montrer non seulement ce que ces voix apportent à ce répertoire, mais en quoi même elles lui sont essentielles. Et parce que les mots seuls bien sûr sont impuissants à en apporter la preuve, des extraits musicaux viendront appuyer mon propos. Textes de fond et présentation de morceaux alterneront ainsi à une fréquence bimensuelle. N’étant malheureusement pas musicien, c’est en tant que simple mélomane que je m’efforcerai de commenter au mieux ces extraits d’enregistrements, anciens ou récents.

On connaît l’origine des chœurs de garçons, des falsettistes et des castrats : « Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. » (I Cor. 14, 33‑34) Attribuée à l’apôtre Paul, cette phrase servit longtemps à interdire l’ordination des femmes, mais aussi à leur défendre de chanter à l’église. Si le luthéranisme invita les femmes à prendre part aux cantiques entonnés par l’assemblée, il ne semble pas avoir remis en cause cet interdit hérité de l’Église catholique s’agissant de la musique composée pour le service divin.
Plus qu’un attachement à l’antique interdiction, il convient peut-être d’y voir un simple reflet de la société de l’époque : de manière générale, les femmes étaient maintenues à l’écart de la vie publique, leur rôle étant conçu comme celui de tenir la maison et d’élever les enfants. En terre luthérienne, le chant féminin en public a longtemps été associé à l’opéra, tandis que c’est aux écoliers que Luther avait assigné comme mission de chanter la musique vocale écrite pour le culte — voir Le Cam (Jean‑Luc), « les Chorales liturgiques scolaires en Allemagne luthérienne entre tradition et Réforme (xviᵉ‑xviiᵉ siècles) » in Dompnier (Bernard), Maîtrises & Chapelles aux xviiᵉ et xviiiᵉ siècles. Des institutions musicales au service de Dieu, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2003. Or, s’il existait bien en Allemagne des écoles de filles, l’enseignement secondaire et universitaire fut longtemps réservé aux garçons et jeunes hommes. Très logiquement, les interprètes chargés d’exécuter la musique liturgique dans la majorité des villes luthériennes furent donc des hommes et des garçons, et cela jusqu’à la seconde moitié du xviiiᵉ siècle. Il semble que les premières chanteuses à se produire dans la musique d’église aient été introduites par Johann Mattheson à Hambourg, au début de ce même siècle… mais derrière un rideau ! Rien de tel par contre à Leipzig, où l’on sait du reste qu’une partie des élus municipaux se défiait du genre de l’opéra, estimant néfaste son influence sur la musique d’église — ayant dû fermer ses portes en 1720, l’opéra de Leipzig ne rouvrit d’ailleurs qu’en 1766 ! En terre catholique, si l’interdit justifié par une lecture étroite de la première Épître aux Corinthiens a pu être contourné de diverses manières, par exemple en composant de la musique pour des couvents transformés en pépinières de chanteuses et en lieux de concerts déguisés, il n’en demeure pas moins que la majeure partie de la musique sacrée exécutée jusqu’à la fin de l’époque baroque — et même bien au-delà, dans certains pays comme l’Autriche — le fut par les seules voix masculines (hommes seuls ou avec garçons).

Un hautbois da caccia n’est pas un hautbois d’amour ni un simple hautbois. Faire appel à des voix féminines dans cette musique revient à opter pour un instrument sinon inadéquat du moins clairement distinct, par ses caractéristiques acoustiques, de la voix d’enfant du garçon comme du falsetto de la voix muée. Pour ma part, je trouve assez ubuesque de s’étriper, au nom de l’« authenticité », sur le nombre de chanteurs par partie dans les cantates de Bach quand on ne prend même pas en considération la possibilité de faire appel à des garçons pour les interpréter. Voilà qui me paraît contradictoire avec les fondements de l’approche fondée historiquement des musiques anciennes censée prévaloir depuis une trentaine d’années.

Que pour des raisons pratiques il ne soit pas possible de recourir à des voix de garçons de façon systématique est bien compréhensible, que cela ne soit de toute façon pas souhaitable est également évident : interdire aux femmes l’accès à ce répertoire où abondent les pièces sublimes serait non seulement profondément inique, mais absurde, car il va de soi que les chanteuses ont beaucoup apporté à l’interprétation de ces œuvres et continueront de le faire.

Voilà toutefois qui ne justifie en rien l’éviction des garçons dans les pans de la musique ancienne qui furent destinés à leurs voix. La perte causée par cet évincement n’est pas uniquement d’ordre acoustique : il ne s’agit pas juste d’une question de timbre ou de volume sonore, mais aussi d’un problème d’interprétation. On n’ignore pas l’importance du texte dans la musique baroque. Or un texte n’a manifestement pas le même impact selon qu’il est porté par un adulte ou par un enfant. Les mêmes qui se gaussent à l’idée de faire chanter par un jeune garçon la brévissime partie de la servante de la Passion selon saint Jean de Bach ou celle à peine moins courte de l’épouse de Pilate dans la Saint Matthieu curieusement ne tiquent pas en entendant une femme trentenaire chanter « Ich armes Kind » (« Moi, pauvre enfant », BWV 138) ou encore l’alto déclarer à la soprane qui l’accompagne « Ich erquicke dich, mein Kind » (« Je t’apporte du réconfort, mon enfant », BWV 172), et bien sûr ils ont autant raison dans le second cas qu’ils ont tort dans le premier : ni les cantates d’église ni les passions ne sont des opéras, et les chanteurs symbolisent des personnages ou des états psychologiques plutôt qu’ils les incarnent. Reste à savoir dans cette musique d’église qui « symbolise » le mieux, et dans bien des cas, à mon sens, ce seront les jeunes garçons plutôt que les chanteuses.

Ces chroniques s’appuieront souvent sur la musique de Bach, les premières y seront même entièrement consacrées. Voilà qui n’est pas uniquement affaire de goût, bien que je ne cache pas qu’il s’agisse de mon compositeur préféré : c’est avant tout parce que c’est avec Bach, principalement grâce aux enregistrements de Nikolaus Harnoncourt et de Gustav Leonhardt, que je pourrai produire le plus grand nombre d’exemples. Les autres compositeurs n’en seront pas pour autant oubliés, ses contemporains non plus que ceux du premier Baroque ou de la Renaissance, protestants comme catholiques.

Dans la prochaine chronique, j’entamerai une réflexion sur la voix de soprano dans la musique d’église de Bach. D’ici là, en guise d’avant-goût, voici un duo pour soprano et alto extrait de la cantate Es ist das Heil uns kommen her : « Herr, du siehst statt guter Werke » (BWV 9‑5). Nous écoutons un soliste soprano anonyme du chœur de la cathédrale de Ratisbonne, le falsettiste Paul Esswood et le Leonhardt-Consort, enregistrés en 1972 sous la direction de Gustav Leonhardt.

© Thomas Savary, 2016. Tous droits réservés. — J’ai dit que j’allais écrire un livre ? Eh bien non, ce n’est même pas cela. Mais j’en reparlerai ici le moment venu.

watch?v=n553QMZqKxc
Traduction française, avec le texte original, sur le site Bach Cantatas (nouveau membre, je n’ai pas encore le droit de poster le lien) : <URL DU SITE BACH CANTATAS>/Texts/BWV9-Fre6.htm.
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Thomas Savary
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MessageSujet: Ma découverte des « maîtrises »   Mer 16 Mar 2016 - 23:49

Snif ! mon sujet n’intéresse personne. Sans doute mon introduction n’était-elle pas une très bonne idée.

J’ai employé des guillemets dans le titre de ce message, car c’est par commodité que dorénavant j’emploierai le terme de maîtrise pour désigner tout chœur d’enfants ou « avec enfants », que ce chœur soit ou non rattaché à une institution religieuse.

Petit parcours autobiographique, en n’espérant ne pas être assommant. Je ne vois pas en effet comment mieux faire comprendre la force de mon attachement à ces formations (ou du moins aux meilleures d’entre elles, car j’ai moi aussi les oreilles fragiles).

C’est relativement tard que j’ai vraiment commencé à découvrir la musique classique, à dix-huit ans passés. Bien sûr, j’avais fait du piano « comme tout le monde », mais surtout pour faire plaisir à mes parents, sans réelle motivation personnelle. Aux premières vraies difficultés, j’ai pris en grippe l’instrument et la pratique de la musique elle-même. Au collège, j’écoutais avec plaisir les morceaux que nous passait le professeur de musique, mais sans que cela suscite jamais vraiment l’envie en moi d’écouter du classique à la maison (à une exception près, Smetana, pendant quelques semaines). Ce n’est finalement qu’en hypokhâgne que j’ai fini par éprouver le manque lié à cette inculture. Les discussions que pouvaient avoir sur la musique certains de mes nouveaux amis me fascinaient. Je voulais essayer de comprendre leur passion, et me sentir moins bête, accessoirement.

Mon premier contact avec la musique classique en chair et en son fut le fruit du hasard, lors d’une flânerie sur l’île de la Cité : la répétition à Notre-Dame d’une maîtrise britannique, peut-être celle de la cathédrale de Westminster. Un choc à plusieurs titres : le son d’un chœur de cette qualité dans une cathédrale, la découverte impromptue que de jeunes garçons  pussent chanter de la sorte. Jeune encore, n’ayant moi-même mué que moins de quatre ans plus tôt, j’ai senti à côté de quoi j’étais passé. Et si enfant j’avais appris à chanter plutôt qu’à détester le piano ?
Je commençai à acheter mes premiers CD de « classique » : une anthologie de musique maniériste (Marenzio, Wert, Gesualdo, le Monteverdi du livre IV), un CD des Petits Chanteurs à la Croix de bois (on ne rit pas, s’il vous plaît, j’ai très vite compris mon erreur), et puis du Bach. Paraphrasant Cioran, un de mes amis disait alors : « En musique, il y a Bach et les autres. » Et vu que les autres, ça faisait beaucoup, je me dis qu’il était donc tout indiqué de poursuivre mon exploration par le compositeur du générique d’Il était une fois l’homme.

Ayant passé mon adolescence à écouter en boucle les Beatles, Lennon et McCartney seuls, Gainsbourg et les Doors, je voulais commencer par sa musique vocale. Et quelque chose de joyeux, si possible. Das Weihnachtsoratorium ? Noël : une œuvre festive, je risque moins de m’ennuyer. Nikolaus Harnoncourt ? Prénom allemand, patronyme français, voilà qui en jette ! Concentus musicus Wien ? Quel joli nom ! Mit Originalinstrumenten ? Une reconstitution ? Chouette, ça m’a l’air sérieux. Wiener Sängerknaben ? Et même un chœur avec des garçons, comme celui dont j’avais surpris la répétition à Notre-Dame, quelques semaines plus tôt. Cerise sur le gâteau, c’était à l’époque la version la plus chère. Sans doute une des meilleures, donc — oui, bon, quand on n’y connaît rien, on s’accroche aux branches…

Résultat ? Lourd, pompeux, incompréhensible. Je m’ennuie. Sur ma minichaîne, le son du chœur n’a rien à avoir avec celui des Anglais de Notre-Dame. La voix de Siegmund Nimsgern me rebute. Heureusement, cependant, que j’avais pris la version la plus chère. Je l’avoue, si tel n’avait pas été le cas, il est probable que je n’aurais pas persévéré dans l’écoute de cette œuvre, voire dans celle de JSB tout court. J’appliquai donc sans le savoir la « méthode Glazounov ». Au bout de la troisième écoute, la lumière a commencé à se faire. À partir de la sixième ou septième, c’en était fait de moi : Bach était devenu le phare de mes années d’étude.

J’ai continué avec les Passions, toujours par Harnoncourt. Avant d’attaquer les cantates, je me suis mis à Mozart, Beethoven, Berlioz (la Fantastique), Bruckner, Bach au clavecin et à l’orgue, Fauré. Et à vingt ans, tentative de suicide. Je ne détaille pas… En somme, je fus un romantique idiot — ma culture littéraire et la déréliction, les hormones, l’âge…

Bien des années plus tard, j’allais être fasciné par le Pont des Arts d’Eugène Green, notamment parce que l’histoire du personnage principal ne serait pas sans présenter d’étonnantes similitudes avec la mienne à l’aube de mes vingt ans : un étudiant en Lettres déphasé, candidat au suicide, sauvé littéralement par une voix d’outre-tombe, l’enregistrement du Lamento della Ninfa par une soprano ayant elle-même mis fin à ses jours quelques mois plus tôt.

Après ma lamentable tentative, ce fut en effet la cantate 127, Herr Jesu Christ, wahr Mensch und Gott, qui joua pour moi ce rôle de planche de salut, en particulier l’air de soprano Die Seele ruht in Jesu Händen, interprété par le soprano garçon Sebastian Hennig : « L’âme reposera entre les mains de Jésus / Quand la terre recouvrira ce corps. Ah ! que pour moi bientôt résonne ton appel, ô glas ! / Je ne crains pas de mourir, / Car Jésus me réveillera. » Alors que la mort habitait mes pensées, ces paroles jaillies de la bouche d’un jeune garçon et si magnifiquement interprétées furent un baume à mon désespoir. Sebastian Hennig était « mort » à ma place, ou plus précisément sa voix, enregistrée quelque dix ans plus tôt. Miracle de l’enregistrement, bouteille lancée à la mer du temps. Mais c’est toute la cantate qui mériterait d’être évoquée : la mécanique inexorable du chœur d’entrée en route vers la mort, le récitatif vibrant de l’inégalable Kurt Equiluz, auquel succède donc l’air de soprano, suivi du récitatif et de l’air de basse fascinant qui prennent vie à travers la voix chaleureuse de Max van Egmond («Cramponne-toi seulement / À moi, mon enfant : / D’une main forte et secourable, je brise / Le lien si solidement noué de la mort. »), la sobre conclusion d’un choral à la foi inébranlable.

watch?v=XBPYmcr14eU

Puissance de la musique… J’allais ensuite pendant quelques années renouer avec le christianisme et faire le flûtiste du dimanche à l’église luthérienne Saint-Luc de Vanves.

Et dire que si j’avais acheté ce volume en particulier pour commencer mon exploration des cantates de Bach, c’est uniquement parce qu’il s’agissait de l’un des rares simples et donc des moins chers — la grande majorité des autres volumes se présentaient à l’époque en coffrets de deux CD même pas remplis — ! Quand on compte ses francs avant de passer à la caisse d’Ed l’Épicier, c’est le genre de détail qui compte.

En 2004, alors que je travaillais pour le label Alpha, j’ai eu la chance d’assister à un enregistrement de Gustav Leonhardt. À l’issue de la session, je suis allé le remercier, tout particulièrement pour avoir enregistré cette cantate qui m’avait redonné le goût de vivre. Il m’a sobrement répondu : « Cela me va droit au cœur, mais remerciez Dieu avant tout. » Je n’ai pas eu le courage de lui dire que je n’y croyais plus.

Ou peut-être que si, d’une certaine manière… « Dieu » n’existe plus pour moi qu’à travers la musique sacrée.

Et les maîtrises, avec ou sans guillemets ? J’y reviendrai une prochaine fois.

Mais un autre exemple pour la route : watch?v=ScyonjxlRPc
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Thomas Savary
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MessageSujet: Vox clamantis in deserto : ne vaut rien ce qui est éternel.   Mar 29 Mar 2016 - 0:44

Finalement, qu’est-ce qui fait le prix d’une voix d’enfant chanteur, d’un garçon en priorité ? La brièveté à laquelle la mue la condamne. Les filles muent aussi bien sûr, et avant les garçons, mais le changement est beaucoup plus graduel et moins spectaculaire. Rares sont les femmes ténors ou barytons… D’aucunes conserveront même des timbres très juvéniles : Emma Kirkby, Ann Monoyios, Susan Hamilton… Les caractéristiques de la voix du garçon disparaissent, elles, à jamais.

Malgré les falsettistes espagnols ou allemands, malgré les castrats (dans leur grande majorité, des musiciens d’église), les maîtrises traditionnelles ont traversé les âges. Je doute fort qu’une telle longévité soit due uniquement à l’observation rigoriste d’un précepte attribué au sinistre Paul de Tarse, le tristement célèbre « Mulieres in ecclesiis taceant », qui du reste visait non le chant, mais la prise de parole, dans un contexte qui en plus n’avait rien à voir avec ce qu’allait devenir la liturgie catholique, orthodoxe ou luthérienne. En terre luthérienne, les femmes chantaient, d’ailleurs, en tant que membres de l’assemblée — comme leurs époux, et leurs enfants.

Tiens, à ce propos, quelqu’un a-t-il entendu la reconstitution d’un office luthérien par John Butt avec la Passion selon saint Jean ? Cloches, orgue, chants d’assemblée, motet, passion en deux parties, prédication, tout y est, ou presque… Même dans les interventions de l’assemblée, pas une seule voix d’enfant ! Une reconstitution, cela ? Du toc, oui. Un objet abstrait, mort, dont la vie a été évacuée dans la plus parfaite inconscience, j’en suis sûr, des musiciens réunis. Techniquement, il aurait été très facile de réunir une ou deux chorales d’enfants, garçons et filles, pour enrichir le son, voire de faire appel à une vraie maîtrise pour une plus grande qualité. Je suis convaincu que Butt n’y a pas seulement songé… Symptomatique du rapport à l’enfance. L’éducation, la transmission, la participation à la vie collective ? On s’en fiche ! Après moi, le déluge ! Triste monde… Mais à part cela, cet enregistrement est passionnant. Et si certains chanteurs sonnent très anglais, ce n’est pas le cas du « pasteur », Marc Prowe, qui parle un allemand plus vrai que nature (encore que certainement pas prononcé comme dans le Leipzig du dix-huitième).

Revenons à nos moutons, enfin, aux miens, seulement, pour l’instant, j’en ai peur…

Si ses propos sont frappés au coin du bon sens, Frédéric Schiffter exprime cette idée avec son élégante nonchalance habituelle : ce qui est éternel ne vaut rien.
watch?v=2Vbut_H7NG0

A contrario, ce qui est éphémère n’a pas de prix.

Le chœur de New College au sommet, un an avant le départ en retraite du génial Edward Higginbottom :
watch?v=rbtkZgJC9uk

Et un Schütz par Sebastian Hennig :
watch?v=VrnTuqQZ7Dc
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math
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MessageSujet: Re: Maîtrises et « chœurs avec enfants »   Mar 5 Avr 2016 - 15:56

drunken drunken drunken
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Thomas Savary
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MessageSujet: Nonne in uino ueritas?   Mar 5 Avr 2016 - 21:06

math a écrit:
drunken drunken drunken

Dois-je comprendre que ma prose est enivrante, ou bien qu’elle te saoule ?  drink

Pour rester dans le-sujet-qui-n’intéresse-que-moi, je viens d’apprendre que Daniel Hyde va quitter la direction du chœur de Magdalen College pour succéder à feu John Scott à la tête du chœur de l’église Saint Thomas de New York — au moins un qui est sûr de quitter l’Union européenne, quel que soit le résultat du référendum britannique.

Tant mieux pour les New Yorkais, mais voilà qui est sans doute fort dommage pour Oxford ! Je n’aimais pas trop ce que Bill Ives avait fait du chœur de Magdalen College : malgré quelques beaux enregistrements, le son du chœur était bien plus intéressant du temps de John Harper. En quelques années, Daniel Hyde a su donner des couleurs inédites à cette vénérable maîtrise du quinzième siècle. Après des Membra Jesu nostri de Buxtehude inégaux mais habités d’un véritable esprit religieux, une géniale incursion dans John Ward et un disque inattendu consacré à Matthew Martin, j’attendais avec impatience leur Tomkins, à paraître dans quelques mois chez Opus Arte, sans imaginer que ce serait le dernier enregistrement de Hyde à la tête du chœur.

http://www.magdalencollegechoir.com/
http://www.saintthomaschurch.org/music/dirmusapptd


1. John Ward (v. 1589 – 1638), Fantasies & Verse Anthems, Linn Records :
http://www.hyperion-records.co.uk/dc.asp?dc=D_CKD427
http://www.linnrecords.com/recording-ward-fantasies-and-verse-anthems.aspx (enregistrement  24 bits 192 kHz en vente pour nos amies chauves-souris)

Un ami charmant me l’offrit voilà deux ans. Une révélation ! À la fois pour la musique et pour l’interprétation.


2. Dietrich Buxtehude, Membra Jesu nostri, Opus Arte :
https://www.highresaudio.com/artist.php?abid=192615
http://www.qobuz.com/fr-fr/album/buxtehude-membra-jesu-nostri-john-mark-ainsley/0809478090236

Une interprétation inégale, disais-je. Version chorale, maîtrise oblige. Les inconditionnels du un par voix passeront tout de suite leur chemin. On a toutefois de belles réussites dans cette optique, à commencer par Koopman I. Mais pourquoi diable Hyde fait-il chanter tous ses trebles dans la majorité des parties de soprano I et II qu’on ne saurait envisager sérieusement autrement qu’en distribution soliste ? C’est d’autant plus incompréhensible que les deux solistes garçons que l’on entend dans le Vulnerasti cor meum, notamment, sont tout à fait honorables. Sans parler de ce « détail » horripilant du latin à l’italienne… Malgré tout, une atmosphère magique (la dimension religieuse que j’évoquais), que pour ma part je n’entends plus guère dans les enregistrements de cette œuvre depuis Jacobs I, hormis dans une certaine mesure Suzuki. (je n’en connais toutefois que dix)


3. Matthew Martin (né en 1976), Jubilate Deo, Opus Arte :
https://www.highresaudio.com/artist.php?abid=367645
http://www.qobuz.com/fr-fr/album/matthew-martin-jubilate-deo-magdalen-college-choir-daniel-hyde/0809478090304

Le disque s’est pris cinq Diapasons. Cela dit, j’ai du mal à entrer dans cette musique. Le seul motet de Martin qui m’ait fait forte impression ne figure pas sur cet album, puisqu’il n’avait pas encore été composé : Ut unum sint (on en trouvera sur YT la création, fort mal captée, par le chœur de New College Oxford, dirigé par Robert Quinney, avec un pupitre de soprano en très petite forme)
watch?v=SlZvjZ6kBxI

Bon, j’espère que le successeur de Daniel Hyde commencera par mesurer la chance qui sera la sienne de disposer d’un si bel instrument, plutôt que par vouloir tout changer du jour au lendemain comme certains, au risque de tout casser…
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MessageSujet: Edward Higginbottom et NCO : à votre bon c(h)œur !   Dim 1 Mai 2016 - 12:50

Higgi : Inspiring Voices est un projet de documentaire consacré à Edward Higginbottom et au chœur de New College Oxford.

Décoré de l’ordre des Arts et des Lettres pour son engagement en faveur de la musique française et le soutien apporté au renouveau des maîtrises en France, Edward Higginbottom fut sans doute le plus francophile des chefs de maîtrise britannique. En 2014, apprenant que ce dernier prendrait sa retraite à la fin de l’année universitaire, les cinéastes Loïc Porcher et Philippe Reypens ont décidé de rendre hommage à la carrière de ce musicien d’exception en réalisant un documentaire consacré à ses dernières semaines à la tête du chœur de New College.

Le temps était compté, qui ne leur permettait pas de se préoccuper du financement dans un premier temps. C’est donc sans avoir contacté de chaîne de télévision qu’ils se sont rendus à Oxford pour filmer leur documentaire.

Ils s’en sont retournés en Belgique avec un matériau abondant. Le documentaire a pris forme rapidement.

C’est encore Loïc Porcher, premier réalisateur, qui en parle le mieux :
Citation :
« Le film axe son récit sur les pas d’Edward Higginbottom et explore essentiellement sa pédagogie. […] Ce sont les dernières semaines d’un chef au sein de son chœur, qui parle de sa vocation et de l’outil de travail qu’il a mis au point. Au-delà du personnage, c’est évidemment la tradition des maîtrises anglaises qui est dévoilée et, dans le prolongement, sa défense. Car Edward pressent que cette tradition est en danger, y compris en Angleterre. Le sujet est posé, réfléchissons-y ensemble. »

Malheureusement, que ce soit en Belgique, en France, en Allemagne ou en Autriche, aucune des chaînes de télévision contactées au fil des mois ne s’est montrée suffisamment intéressée pour les aider à financer la post-production: étalonnage, montage, traitement du son, etc.

Pour relancer leur projet, ils ont fini par décider de recourir au financement participatif sur la plate-forme Kickstarter.

https://www.facebook.com/HiggiTheMovie/
https://www.kickstarter.com/projects/higgiethemovie/higgie-inspiring-voices



Don, partage des ces informations : tout soutien, quel qu’il soit, serait le bienvenu.

Et pour la route, je remets ici le lien vers un concert de 2012 ou 2013 :
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Thomas Savary
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MessageSujet: Higgi, Inspiring Voices (suite)   Lun 16 Mai 2016 - 22:33


Loïc Porcher et Philippe Reypens sont en passe d’atteindre l’objectif fixé pour le financement de la postproduction de leur documentaire consacré à Edward Higginbottom, soit 12 000  €.

À dix jours de la clôture de la campagne, il ne manque plus que 250 €. Le documentaire devrait donc voir le jour, alléluia !

Pourquoi le mieux devrait-il cela dit être l’ennemi du bien ?

Qui ne rêverait en effet d’un magnifique Blu-ray sur ces étagères ?

Blourai riche en boni : montage de répétitions, concert de gala au Sheldonian Theatre (Hændel, Mozart, Mondonville…), dernier concert donné à la chapelle de New College (Pergolèse, Rachmaninov, Hændel…) et le concert privé de la fin de trimestre (solos et duos par les meilleurs sopranos garçons du monde).

Il faudrait pour cela au moins 4 000 € supplémentaires.

Si cela peut en motiver quelques-uns à part moi, voici les extraits ou vidéos mises en ligne entre-temps.

Splendide séquence d’ouverture (montage provisoire) :
https://vimeo.com/166393707

Répétition d’« Exceeding Glad » (extrait des Coronation Anthems de Hændel) :
https://vimeo.com/162712864

Autre extrait du documentaire (montage provisoire) :
https://vimeo.com/166393707

Court extrait du Miserere d’Allegri (ne figurera pas dans le film, car capté par un simple téléphone portable, lors du dernier concert dirigé par Edward Higginbottom, à Toulouse en juillet 2014 — j’y fus) :
https://vimeo.com/164094667

À votre bon c(h)œur, messieurs et dames ! (je ne m’en lasse pas — oh ! et puis, si ! je m’enlace)


Dernière édition par Thomas Savary le Lun 16 Mai 2016 - 22:43, édité 1 fois (Raison : Sans rime ni raison)
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MessageSujet: Des nouvelles du front maîtrisien   Lun 30 Mai 2016 - 21:59

Le documentaire Higgi, Inspiring Voices verra le jour : la campagne de financement sur Kickstarter s’est vu couronner de succès. L’objectif ayant été nettement dépassé, il est probable qu’une édition en Blu-ray puisse voir le jour.



Le dernier disque du chœur de New College Oxford vient d’ailleurs de paraître, le premier sous la direction de Robert Quinney.

http://www.newcollegechoir.com/john-blow-symphony-anthems-recordings.html
Mon exemplaire est en route, que j’espère recevoir vers le 3 ou 4 juin.  Je suis… fébrile. Robert Quinney est attendu au tournant, et bien sûr pas que par moi. Certainement le sait-il. Or je dois dire que les quelques offices mis en ligne depuis 2015 m’ont souvent déçu et surtout inquiété. J’ai toutefois noté un net progrès au cours des derniers mois. Même si le disque a été quant à lui enregistré en juin ou juillet 2015, les extraits que j’ai entendus m’inspirent plutôt confiance. Si les solistes garçons semblent moins brillants que Jonty Ward ou Inigo Jones, qui avaient cela dit placé la barre très, très haut, ils n’en tiennent pas moins tout à fait la route, à la différence du pauvre treble calamiteux qui avait été enregistré l’an dernier à Saint-Pierre du Vatican.

Robert Quinney a récemment été invité dans l’émission In Tune de la BBC Radio 3.
http://www.bbc.co.uk/programmes/b07c3xmg (à partir de 57 min 20 s — Quinney dans les Triosonaten de Bach, pour commencer)
Dans l’extrait du disque Blow diffusé dans l’émission, j’ai été frappé par la voix du falsettiste : le jeune James Bowman ressuscité !


Le dernier disque du chœur de St. John’s College vient également de paraître, chez Signum, consacré à l’œuvre religieuse du regretté Jonathan Harvey (1939-2012). Un bijou !

http://www.qobuz.com/fr-fr/album/jonathan-harvey-deo-various-artists/0635212045626

Je renvoie les personnes intéressées à la courte présentation que je viens d’en faire sur le fil consacré ici au compositeur.
http://classik.forumactif.com/t2551-jonathan-harvey-ne-en-1939#1057253


Le dernier disque du chœur de Westminster Cathedral est sorti lui aussi. Faute de sous et parce qu’il faut bien faire des choix, j’attendrai encore un peu avant d’en faire l’acquisition.

http://www.hyperion-records.co.uk/dc.asp?dc=D_CDA68106
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MessageSujet: Re: Maîtrises et « chœurs avec enfants »   Lun 15 Mai 2017 - 0:43

Smile Voilà un an et demi, Decca avait rassemblé l'ensemble des enregistrements Argo du choeur du King's College/Willcocks.
A paraître d'ici un mois, un autre gros coffret où figure l'intégrale des disques des St John's College dirigés par George Guest.


https://www.amazon.fr/dp/B0143R4ET8

https://www.amazon.fr/dp/B06XPTGS9C

 
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MessageSujet: Re: Maîtrises et « chœurs avec enfants »   

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