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 Tchaïkovsky - Eugène Onéguine

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Horatio
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Horatio

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MessageSujet: Tchaïkovsky - Eugène Onéguine    tchaikovsky - Tchaïkovsky - Eugène Onéguine  EmptyJeu 14 Avr 2016 - 7:32

antrav, sur le fil consacré aux opéras de Tchaikovsky, a écrit:
Il est quand même scandaleux que ce forum ne propose pas de sujet discographique sur les oeuvres lyriques de ce grand compositeur.

… et le succès du fil en question, ainsi qu’une demande d’André, motive l’ouverture du présent sujet, consacré plus spécifiquement à Eugène Onéguine. Je regroupe ci-dessous les messages postés à propos de cette œuvre sur le sujet discographique général. Ils sont repris dans l’ordre chronologique. Pour faciliter un peu la relecture, je sépare par quelques tirets les différents blocs de discussion, et en donne les directions.

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Gergiev au MET


Morloch a écrit:
tchaikovsky - Tchaïkovsky - Eugène Onéguine  712ZPrRkqkL._SY679_[/img]

Très belle version d'Eugène Oneguine par le Met, direction de Valery Gergiev, mis en scène par Robert Carsen.

L'orchestre du Met est plutôt en forme et rend de façon hédoniste la partition de Tchaïkovsky. Je ne me rends pas bien compte, comme je manque de comparaison, mais je me demande s'il n'y aurait pas moyen de dramatiser plus que cela.

La mise en scène de Robert Carsen est classique, direction d'acteur honnêtes avec très beaux costumes et décors abstraits, mais cela ne m'a pas paru si fouillé. De ce que j'ai perçu, c'est linéaire et fidèle à la trame, mais il manque un soupçon d'ambiguïté dans cet Oneguine. Le livret de Tchaiko me parait rendre de façon un peu univoque l'histoire de Pouchkine.

Dmitri Hvorostovsky est sur la même ligne. Impeccable et crédible en Eugène Oneguine, il est tout de même monocorde dans le style du dandy oisif et froid. Vocalement, c'est quand même plus que très très bien, il donne aisance et prestance à son personnage.

Je vois d'avance les sourires narquois, mais Renée Fleming en Tatiana est plus subtile. Elle rend bien l'évolution de son personnage entre le premier et le dernier acte. Elle est presque à l'aise sur scène pour une fois. Vocalement, c'est magnifique et elle me parait parfaite dans le style de Tchaïkovsky, et très en confiance devant son public. La scène de l'écriture de la lettre est à couper le souffle.

Ramon Vargas est aussi parfait en Lenski. Voix pleine de nuances, d'une grande musicalité. Le monologue avant le duel est fabuleux. Ramon Vargas a vraiment la classe, peut-être juste qu'il manque un peu de puissance pour entrer dans la catégorie des immenses ténors ?

Dans les rôles secondaires, c'est du très bon avec en particulier l'apparition de Jean-Paul Fouchécourt en Triquet, qui chante sa petite romance avec élégance.

Bref, un bon DVD. Je découvre cet opéra de Tchaiko qui est vraiment splendide et moins sucré que je ne le craignais.

DavidLeMarrec a écrit:
Si tu as aimé ce chef-d'oeuvre dans cette version sans en sortir écoeuré, tu le supporteras dans toutes les situations à présent. Very Happy

(Je confesse le petit sourire narquois, tu avais bien vu. Embarassed )

Morloch a écrit:
Ménon, ménon, tout cela est très bon.

Miss Renée ne s'épanche pas trop dans le style nunuche dans le premier acte un peu quand même, mais pas trop. Une leçon de presque bon-goût et est parfaite à la fin. Que tu le croies ou non , elle est le point fort de cette représentation  Razz

Peut-être que quelques aspérités seraient les bienvenues une petite pointe d'acide dans le sucre.

Mais j'étais prêt aux basses attaques (des attaques par en dessous quoi)  venant du front du  alien  et de ses alliés anti-Miss-Renée  keuf rien ne me démontera.

senga a écrit:
L’Onéguine de Gergiev au Met est désespérément lisse, à l’image des chanteurs.
Sur scène à Lyon, Peter Stein n’était que parfaitement illustratif et Carsen non plus n’a pas réussi au Met à donner de l’épaisseur au drame.  
Mais est-il possible de faire cette oeuvre un drame saisissant ? J’en doute, c’est juste une histoire intimiste. Du moins dans l’adaptation du livret, parce que chez Pouchkine, ça déménage ( Lenski surtout en prend pour son grade : s’il n’était pas mort dignement en duel voilà ce qui lui serait arrivé : « Quittant la muse, il eût pris femme,/Dans sa campagne aurait vécu/en vieux peignoir, heureux, cocu/Aurait connu la vie réelle/Gagné la goutte à quarante ans,/Gris, rance, lourd, ventripotent « , mais la famille Larine aussi et même Tatiana et son prénom de paysanne !)

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Recommandations générales et questions de minutage


DavidLeMarrec a écrit:
Issu de 'bons plans CD' :

DavidLeMarrec a écrit:
WoO a écrit:
Xavier a écrit:
Ouais m'enfin autant prendre une bonne version.

ça n'a pas l'air mauvais non plus (musique + chant)
Ah oui, si tu l'écoutes comme un CD, pourquoi pas !  Tout est un peu rectiligne (Weikl en dandy dans un environnement poétique ?), la direction très métronomique de Solti en premier lieu, mais c'est amplement estimable.
Cela dit, franchement, plutôt que les versions avec des Russes prosaïques (Khaikin), plutôt que les grands machins internationaux (Levine est bien fade comme il faut), plutôt que les versions avec Vichneskaya (Khaikin et Rostropovitch entre autres), mon choix est tout fait !

Sinon, il faut tout de bon aller piocher dans l'authentique : Nébolsine. Son qui pleure terriblement, mais une atmosphère.


Edit : En réalité, après avoir remis cette version que je n'avais pas écoutée depuis longtemps, je trouve ça vraiment bien, surtout comparé aux autres. Ce qu'il y a, c'est que je l'avais écoutée après Rozhdestvensky, dont on connaît le caractère évocateur et la souplesse.
En fait pas si métronomique que ça, et beaucoup de poésie pour un studio.
WoO a écrit:
Bon, ça donne à réfléchir le Rozhdestvensky est à moins de 15 euros sur Amazon (avec 3 semaines d'attente Confused ), j'aviserai.
En tout cas ce que j'ai vu et entendu ne m'a pas déplu.
Pas de contre-indications pour les autres DVD ?
Donc, outre Rozhdestvensky 98 que je louais pour sa fraîcheur, son naturel, sa simplicité, qui me semble le sommet de la discographie.

=> Solti 74. Je l'ai dit, très bonne version, un peu rectiligne (la danse, c'est très instrumental). Ca reste quand même dans ce qui s'est fait de mieux, la discographie n'est pas régulière que ça.
Le problème réside dans le ridicule playback dans la campagne... ce n'est pas très sérieux tout ça. Du bricolage visuel pour occuper ceux qui s'ennuient en écoutant la musique. (Méritent-ils d'écouter Pikoyava Dama ?)

L'extrait que j'ai vu de Gergiev 2007 semble très habité (et extrêmement bien chanté pour Hvorostovky, bien plus rond que chez Bychkov quatorze ans plus tôt, très éloquent et parfait en dandy). Il y en a beaucoup d'autres, pas le temps de tous les lister. Il y a quand même Mattei avec Barenboim (c'est un de ses grands rôles).

Non, pas de contre-indications.

WoO a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
=> Solti 74. Je l'ai dit, très bonne version, un peu rectiligne (la danse, c'est très instrumental). Ca reste quand même dans ce qui s'est fait de mieux, la discographie n'est pas régulière que ça.

Le DVD dure 117 minutes : il y a eu des coupes sévères non ? Je viens de relire le compte-rendu de Morloch (représentation à Garnier en septembre dernier) et celui-ci précise que le spectacle durait plus de 3 heures...
Qu'est-ce qui est passé à la trappe ?

J'ai vraiment beaucoup aimé cet opéra romantique : le chant, la musique, les danses, les choeurs, le livret "réaliste". Même la mise en scène du film, parfois plus que limite (cf. la lettre d'amour avec ce bonnet de nuit hideux sur la tête pendant un quart d'heure  Rolling Eyes ) ne m'a pas déplue dans son ensemble. Esthétiquement on navigue à vue entre Raison et Sentiments et Harlequin avec de petites touches de Visconti (les costumes et les décors sont très réussis). Bref, une très belle découverte.  Very Happy

Morloch a écrit:
Faut pas toujours lire ce que j'écris comme parole d'évangile  bedo

Mais je regardais, la retransmission télé de l'Onéguine Bolchoï-Garnier fait 155 minutes, la version Gergiev 2007, 156 minutes.

Donc pour 117 minutes, il doit bien y avoir une petite coupe quelque part. D'ailleurs, c'est curieux, ce n'est pas la doctrine Solti en général.
L'édition Telerama serait différente ?

DavidLeMarrec a écrit:
WoO a écrit:
Le DVD dure 117 minutes : il y a eu des coupes sévères non ? Je viens de relire le compte-rendu de Morloch (représentation à Garnier en septembre dernier) et celui-ci précise que le spectacle durait plus de 3 heures...
Qu'est-ce qui est passé à la trappe ?
Je ne comprends pas : le disque dure 139 minutes... Or ce sont les mêmes musiciens...

Même Nebolsine qui dirige à toute allure fait 133 minutes...

Citation :
J'ai vraiment beaucoup aimé cet opéra romantique : le chant, la musique, les danses, les choeurs, le livret "réaliste".
Oui, enfin, réaliste... par rapport à d'Albaret. Laughing

C'est vrai que par rapport à l'esquisse de Pouchkine, c'est plus concret. Tchaïkovsky transformait beaucoup ses sources (avec un véritable bonheur), c'est vrai également de Pikovaya Dama.

WoO a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Oui, enfin, réaliste... par rapport à d'Albaret. Laughing

Plaît-il ? scratch

qui est ce monsieur ?

J'ai bien mis le mot réaliste entre guillemets. En regardant ce film j'ai eu l'impression de lire un Balzac : complètement romantique et en même temps de grosses tendances réalistes. L'enchaînement des situations est logique, la manière dont les choeurs interagissent avec les protagonistes est parfaitement crédible, etc.

Je n'ai aucune idée de ce qui a pu être coupé. L'opéra commence avec le choeurs des paysannes. Je vais essayer de comparer avec le livret s'il est disponible sur ODB. En tout cas si j'avais su que l'opéra n'était pas complet je n'aurais jamais acheté le DVD.

DavidLeMarrec a écrit:
WoO a écrit:
Plaît-il ? scratch

qui est ce monsieur ?
Le librettiste de Sylla & Glaucus. Mr. Green

Citation :
L'enchaînement des situations est logique, la manière dont les choeurs interagissent avec les protagonistes est parfaitement crédible, etc.
Oui, c'est bien ce que je dis, c'est ta définition du réalisme qui est biaisée par de mauvaises fréquentations. hehe

Citation :
Je n'ai aucune idée de ce qui a pu être coupé. L'opéra commence avec le choeurs des paysannes. Je vais essayer de comparer avec le livret s'il est disponible sur ODB. En tout cas si j'avais su que l'opéra n'était pas complet je n'aurais jamais acheté le DVD.
Je suis navré de t'avoir induit en erreur, je ne comprends pas bien ce qui a pu se passer. scratch

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Belohlavek au MET


aurele a écrit:
Voici mon ressenti sur le live du Met diffusé hier sur France Musique que j'ai écouté en entier en suivant le livret en russe et la traduction française disponible sur ODB.

C'est la deuxième fois que j'écoute cet opéra. J'avais vu en 2007 la retransmission sur Arte du live du Met avec Hvorostovsky, Fleming et Vargas notamment. L'oeuvre m'avait plutôt plu mais avec cette nouvelle écoute, cela s'est accru. La musique est superbe. Il y a beaucoup de moments magnifiques dans cet opéra : scène de la lettre, air de Lenski, fin de l'Acte II sur le plan musical, air de Gremin, scène finale qui est ma préférée de l'opéra, etc...

Karita Mattila même si elle n'est plus toute jeune, arrive à faire croire au personnage et m'a subjugué par son chant magnifique. Bien entendu, les aigus ne sont plus aussi extraordinaires qu'il y a quelques années même si encore très bien négociés. Le grave en revanche n'est pas très beau. Elle est très touchante dans ce rôle, la prononciation est excellente, on voit qu'elle chante souvent en russe ou en tchèque, elle maîtrise bien les langues des pays de l'Est. Elle a beaucoup de tempérament, est emportée comme il faut dans la scène finale. Très bonne prestation. J'avais beaucoup aimé Fleming dans le role qui faisait ses débuts dans celui-ci mais Mattila est un cran au-dessus, notamment par sa maîtrise de la langue.
Thomas Hampson a déjà chanté le rôle tout comme Mattila mais c'est la première fois qu'ils chantent ces rôles ensemble. Leur binôme fonctionne bien car ils ont déjà chanté plusieurs fois ensemble : Arabella au Chatelêt par exemple. Hampson n'a pas la classe de Hvorostovsky dans ce rôle, son chant est un peu trop brusque mais il compose néanmoins un Oneguine très convaincant. C'est globalement bien chanté.
Piotr Beczala a une très jolie voix, son interprétation de l'air de Lenski est somptueuse, très émouvante. Je préfère son Lenski à celui de Vargas, il est plus dans la finesse. Jolie incarnation.
Ekaterina Semenchuk est une bonne Olga, elle a un jolie timbre de voix.
Barbara Dever est bien en Filippyevna, néanmoins, on entend beaucoup le souffleur lorsqu'elle intervient, il est vrai que la langue russe doit être plus difficile à mémoriser que de l'italien et du français.
Le déclin de James Morris est malheureusement confirmé, il peine pour arriver au bout de son air. J'ai été déçu par sa prestation. Je connais peu d'interprétations de cet air mais j'adore celle de Ghiaurov pleine de sensibilité.
Tony Stevenson est un Triquet plein de truculence. Il est génial dans ces 2 couplets avec une bonne prononciation du français.
La direction de Jiří Bělohlávek est superbe, pleine de raffinement et de lyrisme.
J'ai passé un très bon moment à l'écoute de cet Eugène Onéguine.

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Tchakarov (Sony)


Passage a écrit:
Je viens d'acheter l'Onéguine de Tchakarov que Sony réédite pour une bouchée de pain (mais sans le livret). Avec entre autres Gedda et Tomowa-Sintow. Ai-je fait une bêtise ou est-ce assez potable pour découvrir l'œuvre? Si quelqu'un connaît cette version...

DavidLeMarrec a écrit:
Puisque personne ne se dévoue...

Tchakarov, c'est très prosaïque orchestralement, en général.

Papageno a écrit:
je l'ai écouté vite fait à la mediatheque , je prefere Levine et Bychkov .

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Levine (DGG) et Ozawa (Orfeo)


ojoj a écrit:
Mirella Freni chez Levine.....c'est somptueux  Embarassed

Polyeucte a écrit:
Ozawa est beaucoup plus vivant que Levine je trouve, mais la distribution est un peu moins intéressante... (Freni, Brendel, Ghiaurov, Dvorsky...)

J'ai un gros faible pour une version russe de 37, avec Pantaleïmon Nostrov (Onegin), Evgenya Kruglikova (Tatiana) et Ivan Kozlovsky (Lenski)... réédité chez Naxos pour pas grand chose et dans un très bon son pour l'époque...
La plus bouleversante je trouve!

ojoj a écrit:
Ozawa a laissé un Eugène Onéguine?

Polyeucte a écrit:
ojoj a écrit:
Ozawa a laissé un Eugène Onéguine?

Oui, c'est diffusé chez Orfeo, enregistré en direct à Vienne bien sûr!
C'est beaucoup plus exalté orchestralement. Levine est presque plat à côté... Mais par contre, entre Allen et Brendel par exemple, mon choix est fait pour Allen... idem pour Shicoff par rapport à Dvorsky...

Freni est peut-être un peu plus vivante aussi dans le direct... Et puis on a Ghiaurov... en début des années 90 si je me souviens bien...

ojoj a écrit:
Pour ce qui est de Thomas Allen je suis d'accord avec toi. Je le préfère à Wolfgang Brendel méme si ce dernier est loin d'étre nul!
Par contre je trouve Paata Burchuladze assez convainquant chez Levine

Polyeucte a écrit:
ojoj a écrit:
Par contre je trouve Paata Burchuladze assez convainquant chez Levine

Oui, il est bien, mais j'aime énormément Ghiaurov... et l'entendre là dedans, je trouve que c'est très émouvant, particulièrement quand Freni chante Tatiana (oui, je sais c'est bête...)

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Vedernikov au Bolshoï


Hidraot a écrit:
J'ai aujourd'hui regardé pour la première fois Eugène Onéguine dans cette version :


tchaikovsky - Tchaïkovsky - Eugène Onéguine  71IztZ8b-9L._SY679_

Mes impressions sont plutôt mitigées.
J'ai trouvé pleins de passages intéressants, agréables, dramatiques ou autre sans jamais pour moi atteindre un point culminant. J'ai attendu pendant 2h30 que quelque chose se débloque, j'ai attendue d'être surprise, il en résulte un sentiment de frustration.
Je ne sais pas si c'est du à la musique ou à l'interprétation ...
C'est l'effet que m'avait fait Le château de Barbe-Bleue à la première écoute.
Je l'ai pourtant regardé jusqu'au bout sans m'ennuyer.
Je pense qu'une deuxième écoute s'impose ou bien une autre oeuvre de Tchaikovsky, la Dame de Pique par exemple.

(…)[\i]

J'ai bien aimé les rôles principaux, les rôles secondaires un peu moins.
Pour la mise en scène, je ne l'ai pas trouvé terrible. J'ai même été obligé de lire l'argument en même temps pour être sûr de bien comprendre, ça parait un peu problématique.


Morloch a écrit:
la version du Bolchoï qui était passée à Garnier passe mieux le test du DVD direction d'acteurs sur le mode intimiste) qu'en salle, je trouve que c'est une bonne version.


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Khaikin au Bolshoï



WoO a écrit:
J'ai écouté aujourd'hui l'Eugène Onéguine dirigé par Boris Khaikin (Bolshoï 1956) :

Mme Larina : Valentina Petrova
Tatiana : Galina Vishnevskaya
Olga : Larissa Avdeyeva
Philippievna : Eugenia Verbitskaya
Eugène Onéguine : Eugène Belov
Vladmir Lenski : Sergei Lemeshev
Prince Grémine : Ivan Petrov
Le Capitaine : Georgi Pankov
Zaretzki : Igor Mijailov
Triquet : Andrei Sokolov

Les choeurs (et parfois les chenteurs) sont assez agressifs, voire désagréables. Le Lenski campé par Lemeshev est faible et indolent mais son air est superbe (il est aidé par la musique il faut dire). Déception, l'air de Triquet est chanté en russe, le français se limite à "Mademoiselle et  Mesdames". La Tatiana de Vishnevskaya manque de douceur et de rondeur, et on a parfois un peu de mal à croire au personnage mais au final elle s'en sort bien et elle est même émouvante à la fin. La distribution masculine m'a plus convaincu que les rôles féminins, exception faite de Tatiana.


DavidLeMarrec a écrit:
Je me souviens que la direction de Khaikin était très spécifique, il faudra que j'aille vérifier dans mes notes si c'était en bien ou en mal. Mr. Green


WoO a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Je me souviens que la direction de Khaikin était très spécifique, il faudra que j'aille vérifier dans mes notes si c'était en bien ou en mal. Mr. Green

"russes prosaïques" me semble-t-il si on revient quelques pages en arrière.

Je place Solti plusieurs niveaux au-dessus, sans une once d'hésitation.
Par contre j'ai entendu des extraits de Bychkov 1992 (Philips) et ça a l'air vraiment très très bien.


DavidLeMarrec a écrit:
Oui, Bychkov est très très bien, je confirme. Smile

(Et c'était Nébolsine que je trouvais intéressant, effectivement Khaikin. Mr. Green )


WoO a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
(Et c'était Nébolsine que je trouvais intéressant, effectivement Khaikin. Mr. Green )

Nébolsine est aussi très intéressant dans Boris Godounov mais la deuxième Khovantchina de Khaikin me semble indépassable.
Un chef d'oeuvre et un très grand chef que ce Khaïkin  tutut  

Même si dans Onéguine on peut trouver mieux (surtout au niveau des chanteurs en fait)
J'ai bien pris note pour Bychkov  Smile


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Matacic et le Wiener Staatsoper (Gala)



senga a écrit:
Et la version exotique (en allemand - c'est toujours surprenant) de Matacic avec Jurinac et Fischer-Diskau?
Jurinac refroidit dans ce rôle de jeune fille inexpérimentée au début et de femme digne et blessée à la fin: toujours trop sèche.
DFD (je ne suis pas fan habituellement): un timbre absolument magnifique, des effets fascinants à entendre mais au service d’un Eugène peu ordinaire : sentimental et affecté.
Direction : que c'est lent! Presque aussi lourdaud que Levine.


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Bychov (Philips)



DavidLeMarrec a écrit:
Non seulement la version Bychkov est excellente à écouter, mais en plus elle est électrisante en vidéo, puisque ça a été capté :

/watch?v=8eiLwUCuzTY .

Ils pourraient pas sortir ça en DVD ?


La voix de Focile est proprement extraordinaire de densité (elle a commensé dans Oscar d'un Bal Masqué !), ça sonne assez russe d'ailleurs, cette façon de timbrer très intensément, mais avec la richesse de voix italienne. Je trouve ça absolument confondant.

C'est un peu le rôle de sa vie, en revanche, parce que partout ailleurs la voix est bien plus banale, sans parler de l'expression.


Polyeucte a écrit:
C'est vrai que c'est super bien... j'avais jamais écouté le studio... mais c'est magnifique!

Tout petit, j'avais eu la chance de la voir dans Roméo à l'Opéra Comique, avec un certain Alagna... je sais plus trop si c'était bien ou pas, mais bon... mes parents en gardent un très grand souvenir, et d'elle notamment...


keane a écrit:
J'étais dans la salle : l'un de mes plus grands souvenirs d'opéra...


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Bychov et recommandations générales (bis)



aurele a écrit:
J'aimerais avoir une version au miminum dans ma discothèque personnelle de ce très bel opéra. Quelle version (avec le livret traduit en français) de préférence me conseillez vous? Merci d'avance pour les réponses. J'ai déjà une petite idée pour la version. Je suis tenté par Levine studio mais j'espère qu'elle comporte un livret traduit en français.


DavidLeMarrec a écrit:
Pour moi Levine studio est sans hésiter un premier choix, il y a un feu dément, et c'est individuellement remarquable aussi.

Ou alors, au moins aussi bien, le DVD Rozhdestvensky / Lehnhoff.

Sinon Bychkov est très très chouette.

Je pense que tous, au moins dans les éditions originales, on le livret traduit.


keane a écrit:
Aurele, mieux vaut choisir Bychkov qui respecte l'intimiste de ces scènes lyriques, conformément aux voeux de Tchaïkovsky, là où Levine fait du grand spectacle. De surcroit, Hvorostovsky dans son plus grand rôle déploie une beauté de timbre, un mordant et un idiomatisme très supérieurs a Allen. Quant à Shicoff, il a souvent déclaré dans ses interviews qu'il préfèrait sa prestation plus sensible chez Bychkov. Et cerise sur le gateau : en dépit d'aigus un peu ouverts, Nucia Focile a une jeunesse dans la voix qui convient mieux à Tatiana que la prestation plus sure techniquement mais un peu trop mure et puccinienne de Mirella Freni.

Bref, il n'y a pas à hésiter, c'est Bychkov qu'il te faut dans l'édition originale (avec boitier en carton pour avoir la traduction française).


Polyeucte a écrit:
Pas vraiment d'accord... Surtout pour Allen, parfait en Onegin. Je trouve Hvorostovsky encore un peu jeune avec Bychkov alors qu'il est parfait plus tard...

Sinon, Kaikhin, avec Vishnevskaya, Belov et Lemeshev... doit bien y avoir des éditions avec livret (c'était paru dans la collection du Monde de l'Opéra...)


WoO a écrit:
Nuccia Focile me donne l'impression d'être éteinte par rapport à Mirella Freni (je viens d'écouter leur scène de la lettre)... De son côté Teresa Kubiak (Solti) semble elle aussi chanter au ralenti...  J'écoute assez souvent la version de Cherkassov (Ermler ?), essentiellement pour Milashkina, ensuite pour l'orchestre et les choeurs plus séduisants que dans les vieux enregistrements, mais je ne conseillerais pas ce disque : air de Triquet chanté en russe (comme chez Khaikin) et Lensky catastrophique de Atlantov. Sinon j'écoute Khaikin : Vichnevskaya est une Tatiana ardente (même si je n'aime pas spécialement la voix) et le kuda kuda de Lemeshev est difficilement surpassable.


Polyeucte a écrit:
WoO a écrit:
... et le kuda kuda de Lemeshev est difficilement surpassable.

C'est sûr que c'est splendide. Pour moi, y a bien que Kozlovsky qui est au dessus... mais bon, c'est pinailler...
Pour Freni, je la trouve encore mieux avec Ozawa... mais par contre, si l'orchestre est beaucoup plus vivant que chez Levine, le reste de la distribution est moins bien (sauf Ghiaurov bien sûr!! Surprised )


keane a écrit:
Polyeucte a écrit:
Pas vraiment d'accord... Surtout pour Allen, parfait en Onegin. Je trouve Hvorostovsky encore un peu jeune avec Bychkov alors qu'il est parfait plus tard...

Sinon, Kaikhin, avec Vishnevskaya, Belov et Lemeshev... doit bien y avoir des éditions avec livret (c'était paru dans la collection du Monde de l'Opéra...)

Evidemment Khaïkin, c'est le top. Mais pour la prise de son assez ancienne et l'absence de livret français, est-ce un choix prioritaire pour celui qui souhaite découvrir l'oeuvre ? Pas sur d'autant plus que Belov est très quelconque.


DavidLeMarrec a écrit:
Oui, je trouve Hvoro un peu pâle moi aussi, assez timide en fait, ce qui est étrange pour Onéguine, un jeune premier. Mr. Green
Focile, c'est au contraire superbement couvert (tu parles de l'exactitude des voyelles russes peut-être ?), et Shicoff reste très bon, mais moins électrique que chez Levine.

Donc je penche tout de même pour Levine, en plus la prise de son est beaucoup plus flatteuse. Mais clairement, ce sont deux très grandes versions.


Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Oui, je trouve Hvoro un peu pâle moi aussi, assez timide en fait, ce qui est étrange pour Onéguine, un jeune premier. Mr. Green

C'était pas encore tout à fait mûr pour lui dans sa tête peut-être. Ce qu'il a proposé au MET il y a quelques années était autrement plus impressionnant et passionnant d'un point de vue caractérisation...
Mais bon, dans les deux cas ça reste super bien quand même au minimum! Very Happy


DavidLeMarrec a écrit:
A part ça, j'ai vu qu'il existait une version viennoise en allemand dirigée par Klobucar avec Rysanek / Dermota / London / Frick.  

Vous en penserez ce que vous voudrez, mais rien qu'à le lire, je vais avoir peur pendant plusieurs jours.


Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
A part ça, j'ai vu qu'il existait une version viennoise en allemand dirigée par Klobucar avec Rysanek / Dermota / London / Frick.  

Vous en penserez ce que vous voudrez, mais rien qu'à le lire, je vais avoir peur pendant plusieurs jours.

Oui... j'en connais juste la scène finale...
Disons que Rysanek et London c'est pas mal question engagement. Mais on, ça manque un peu de subtilités je trouve... Disons qu'on pourrait s'attendre à pire! Ce n'est pas non plus Sieglinde et Wotan qui chantent Tchaïkovsky... on reste dans le domaine du raisonnable.

Mais je pense que ce sera beaucoup trop pour toi! Mr.Red


DavidLeMarrec a écrit:
Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Onéguine est suffisamment bien servi au CD (Levine, Bychkov, Nebolsine, les deux Orlov...) et au DVD (Vedernikov, Rozhdestvensky...)  

Oh que oui! Plein de superbes versions...
Oui. J'avoue que je privilégie autant que possible les russes, parce que ça a tout de suite plus de saveur, même si certains (Focile !) imitent à la perfection.


Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Oui. J'avoue que je privilégie autant que possible les russes, parce que ça a tout de suite plus de saveur, même si certains (Focile !) imitent à la perfection.

Perso, je reste un peu fixé sur Orlov/Melik-Pashaïev... et puis un peu Freni quand même (Levine studio ou Ozawa à Vienne...)
Après, je ne connais pas encore Bychkov... va falloir que j'essaye.

Gergiev (Fleming/hvorostovsky) est chouette, mais je dois dire que Fleming a pâli suite à l'expérience de Guryakova à Bastille... On est pas dans la même dimension là...


DavidLeMarrec a écrit:
J'aimais bien Guryakova à Aix, mais pour moi, Fleming dans ce rôle, c'est abominable (de la bouillie tout en glissando, avec ces sons ambrés retenus dans les fosses nasales, beurk pour Tat')... et Guryakova à Bastille pas beaucoup mieux, ça braillait sévère. Je ne vais pas répéter l'anecdote comme quoi j'ai cru au début que c'était Larina qui chantait et que je trouvais effectivement Denize abîmée. Laughing
En fin de compte, je crois que je trouve Fleming mieux.

Il est vrai que les deux sont desservies par des mises en scène assez plates.

Non, les grandes Tat', pour moi, c'est du côté de Focile et Boylan (Kruglikova bien sûr aussi). Monogarova m'a beaucoup plu aussi. Et en extraits, assez magnétisé par Chtcherbatchenko et Gorchakova.


Citation :
Perso, je reste un peu fixé sur Orlov/Melik-Pashaïev...

Citation :
et puis un peu Freni quand même (Levine studio ou Ozawa à Vienne...)
Mais qu'est-ce que tu lui trouves Freni dans ce répertoire ?  C'est très correct, certes, mais c'est une Tatiana avec son tablier à carreaux, bien éduquée...

Citation :
Après, je ne connais pas encore Bychkov... va falloir que j'essaye.
On peut considérer ça comme idéal d'équilibre, les trois rôles principaux sont parfaitement tenus.


DavidLeMarrec a écrit:
Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
=> Onéguine, Vedernikov (I,1)
=> Onéguine, Orlov 37 (I,1). Ca me vaudra une indulgence de la part du saint arménien local.

Orlov et Melik-Pashaïev!
Mais bravo... sunny
Je dois avouer que je trouve ça très sympathique et réussi, mais loin de l'expression de Nébolsine.

Jamais mis la main sur la version Nebolsine... mais par rapport à Khaikin par exemple, on est beaucoup plus intéressant je trouve Mis à Part Vishnevskaya, le reste de la distribution manque un peu de profondeur dans les rôles même si Lemeshev est magnifique...
Je n'aime pas du tout Khaikin (la direction, et Elle Mr. Green ).


Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
J'aimais bien Guryakova à Aix, mais pour moi, Fleming dans ce rôle, c'est abominable (de la bouillie tout en glissando, avec ces sons ambrés retenus dans les fosses nasales, beurk pour Tat')... et Guryakova à Bastille pas beaucoup mieux, ça braillait sévère. Je ne vais pas répéter l'anecdote comme quoi j'ai cru au début que c'était Larina qui chantait et que je trouvais effectivement Denize abîmée. Laughing
En fin de compte, je crois que je trouve Fleming mieux.

Il est vrai que les deux sont desservies par des mises en scène assez plates.

Non, les grandes Tat', pour moi, c'est du côté de Focile et Boylan. Monogarova m'a beaucoup plu aussi. Et en extraits, assez magnétisé par Chtcherbatchenko et Gorchakova.

Assez d'accord avec les trois derniers noms... de magnifiques Tatiana en effet!

Fleming, j'avais beaucoup aimé au MET... un peu moins maintenant,... mais elle garde quand même quelque chose de bien...
Guryakova, j'ai vraiment trouvé ça génial à Bastille... un peu difficile par moments, avec un vibrato un peu large... mais une présence vocale, une personnification... enfin bref, un personnage frémissant et vivant... un grand moment pour ma part!

Citation :
qu'est-ce que tu lui trouves Freni dans ce répertoire ?  C'est très correct, certes, mais c'est une Tatiana avec son tablier à carreaux, bien éduquée...

Ben oui, mais c'est un peu ça aussi Tatiana... une jeune fille bien comme il faut... Freni, disons que d'abord c'est ma première approche de Tatiana... que je suis très sensible à son timbre. Et puis j'y trouve une fraicheur, une spontanéité.... mais je ne suis pas très objectif...

Citation :
On peut considérer ça comme idéal d'équilibre, les trois rôles principaux sont parfaitement tenus.

Je n'en doute pas... mais en fait, j'ai peur d'être déçu par Hvoro... parce que globalement, je le trouve beaucoup moins vocal mais plus sensible maintenant qu'à ses débuts... alors j'ai peur d'avoir un Eugen brut mais sans vraie personnage.

DavidLeMarrec a écrit:
Je n'aime pas du tout Khaikin (la direction, et Elle Mr. Green ).

Assez d'accord pour la direction. Par contre Elle... magnifique à mes oreilles!
Very Happy


DavidLeMarrec a écrit:
Polyeucte a écrit:
Assez d'accord avec les trois derniers noms... de magnifiques Tatiana en effet!
Tu as Chtcherbatchenko et Gorchakova en intégrale ? Very Happy

Citation :
Guryakova, j'ai vraiment trouvé ça génial à Bastille... un peu difficile par moments, avec un vibrato un peu large... mais une présence vocale, une personnification... enfin bref, un personnage frémissant et vivant... un grand moment pour ma part!
Franchement, je l'ai subie, je trouvais, sans être indigne non plus, qu'elle abîmait la musique, sans être expressive en échange.

Citation :
Ben oui, mais c'est un peu ça aussi Tatiana... une jeune fille bien comme il faut... Freni, disons que d'abord c'est ma première approche de Tatiana... que je suis très sensible à son timbre. Et puis j'y trouve une fraicheur, une spontanéité.... mais je ne suis pas très objectif...
Je la trouve bien en Tatiana, cela dit, peut-être un de ses meilleurs rôles. Mais une "jeune fille bien comme il faut" qui écrit des lettres d'avance à des dandys désoeuvrés, il faudra m'expliquer. Mr. Green


Citation :
Je n'en doute pas... mais en fait, j'ai peur d'être déçu par Hvoro... parce que globalement, je le trouve beaucoup moins vocal mais plus sensible maintenant qu'à ses débuts... alors j'ai peur d'avoir un Eugen brut mais sans vraie personnage.
C'est un peu jeune, un peu doux à mon goût, le personnage a effectivement pris en épaisseur. Mais c'est de toute façon un peu velouté comme voix pour rendre le côté abrupt du personnage. Quitte à faire doux, je prends l'enjôleur Mattei.


Citation :
Assez d'accord pour la direction. Par contre Elle... magnifique à mes oreilles!
Very Happy
Ce n'est pas un reproche objectif que je fais : je trouve simplement le timbre dur, et c'est gênant pour ce rôle intensément lyrique, pour moi.

De toute façon je n'aime Vichnevskaya nulle part (pour cette simple raison), ça règle la question de mon objectivité. Mr. Green

Ah si, dans la partie latine braillarde du War Requiem, elle est parfaite. fleurs


Dernière édition par Horatio le Jeu 14 Avr 2016 - 7:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky - Eugène Onéguine    tchaikovsky - Tchaïkovsky - Eugène Onéguine  EmptyJeu 14 Avr 2016 - 7:34

La suite.

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Khaikin au Bolshoï


DavidLeMarrec a écrit:
Je viens de voir la moitié de l'acte I et tout l'acte II de la version Khaikin 58 (la vidéo). C'est très proche du roman, et pas si mauvais, même si bien sûr rigide. Il y a une certaine émotion, pas mal d'invention visuelle malgré tout.

Et j'ai été très surpris de beaucoup aimer Vichnevskaya pour la première fois de ma vie. Pas spécialement adoré, mais une voix claire et très articulée, typique de sa période, rien de rebutant. (Je n'ai rien écouté de très exposé cela dit, en particulier pas la scène de la lettre qui m'avait fait souffrir...)

Impressionnant quand même d'entendre ces voix, pas très expressives certes, mais articulées très en avant et avec quelle clarté !  Ca fait un peu pitié quand on voit le chant engorgé et en force qui se pratique communément aujourd'hui. Surprised

Montfort a écrit:

Diapason propose avec son numéro de janvier l'intégrale d'Onéguine de 1955 :
 Tatiana : Galina Vichnievskaia, Olga : Larissa Avdeieva, Onéguine : Evgueni Belov, Lenski : Serguei Lemechev, Gremine : Ivan Petrov.
 Choeurs et orchestre du Bolchoi : Boris Khaikine.

 C'est superbe, à cause de Vichnievskaia, mais aussi du Lenski de Lemechev.
 Une version de référence ?

 Montfort

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Levine (DGG) puis Ozawa (Orfeo)


aurele a écrit:
Eugène Onéguine, version Levine :

Levine dirige la Staatskapelle de Dresde qui est un orchestre superbe. Sa direction est comme souvent d'une excellente tenue, vivante. Les différentes tonalités et atmosphères sont parfaitement rendus.
Le Leipziger Rundfunk est très bien.
Thomas Allen a pour lui une voix magnifique. Il chante très bien de bout en bout. Ce rôle est ingrat en terme d'incarnation mais il est très bon sur ce plan là au IIIe acte surtout dans le monologue interprété avec intensité et sensibilité.
Mirella Freni qui a été la Tatyana de l'époque a gardé une fraîcheur dans sa voix qui la rend très crédible dans le rôle de cette jeune fille. Les élans amoureux de la jeune fille sont parfaitement rendus. La scène de la lettre est sublimement interprétée, la voix est superbe. Elle maîtrisait bien la prononciation de cette langue grâce à son époux. Elle est parfaite dans tout le rôle et le duo final est superbe dans cette version.
Neil Schicoff avait un très beau timbre à l'époque avec quelque chose d'immédiatement touchant dans celui-ci pour moi. Il fait preuve d'une belle sensibilité et rend bien tous les sentiments de ce personnage, notamment la colère au II. Il est très impliqué sur le plan dramatique. Il offre un chant nuancé et l'air du II est magnifiquement interprété. C'est poignant!!!
Anne Sofie von Otter est une très bonne Olga même si un peu trop neutre pour marquer.
Paata Burchuladze est touchant dans son air mais la voix est trop rude.
Rosemary Lang, Ruthild Engert et Michel Sénéchal sont très bons dans les rôles secondaires. Triquet est un rôle parfait pour Sénéchal.
Les deux autres interprètes sont tout à fait convaincants.
C'est une très belle version que je vous recommande de posséder dans votre discothèque ou en tout cas d'écouter.

Polyeucte a écrit:
Le petit soucis est que au final, Levine est quand même un peu sage d'un point de vue ambiance et danses... Ozawa dans la même époque est beaucoup plus vivant je trouve et coloré!
Après, oui la distribution est très très très bonne!
On aurait eu Ghiaurov en Gremin, ça aurait été encore mieux, mais bon! hehe

DavidLeMarrec a écrit:
Ah, pas du tout, c'est le plus tendu et dansant de la discographie, de loin : même Vedernikov paraît pondéré en comparaison.

D'ailleurs, alors que dans ce répertoire je fuis soigneusement toutes les versions chantées par des non-russophones, je trouve que c'est vraiment le meilleur Onéguine disponible, tout est parfait (malgré Freni Mr. Green ).

Tu parles de quelle version Ozawa exactement ?


Aurele a écrit:
Elle maîtrisait bien la prononciation de cette langue grâce à son époux.
C'est avéré que c'est à cause de lui, ou c'est une supposition ?

Sinon, tu dis qu'Onéguine est un rôle ingrat sur le plan de caractérisation, ça me surprend beaucoup, tu vises quoi exactement ?

Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Ah, pas du tout, c'est le plus tendu et dansant de la discographie, de loin : même Vedernikov paraît pondéré en comparaison.
Ah mois je préfère largement donc Ozawa, ou Orlov... ou Gergiev aussi! Very Happy

Citation :
D'ailleurs, alors que dans ce répertoire je fuis soigneusement toutes les versions chantées par des non-russophones, je trouve que c'est vraiment le meilleur Onéguine disponible, tout est parfait (malgré Freni Mr. Green ).
Comme de par hasard... mais qu'il a mauvais goût ce David! hehe

Citation :
Tu parles de quelle version Ozawa exactement ?
Prise sur le vif à Vienne en 88, disponible chez Ozawa...


Aurele a écrit:
C'est avéré que c'est à cause de lui, ou c'est une supposition ?
Elle a bossé sa diction avec lui... (surtout que dans ces années là, il chantait pas grand chose... et la suivait beaucoup quand elle chantait Tatiana... il n'y a qu'à voir le nombre de Gremin qu'il a fait avec elle! Very Happy)
Pour la Pucelle d'Orléans, c'est tout à fait avéré (une interview) et il me semble que pour Onegin aussi...

Citation :
Sinon, tu dis qu'Onéguine est un rôle ingrat sur le plan de caractérisation, ça me surprend beaucoup, tu vises quoi exactement ?
Ah oui, parce que si vocalement c'est un peu ingrat, d'un point de vue personnage, au contraire c'est hyper riche et valorisant pour l'interprète! Very Happy

DavidLeMarrec a écrit:
Polyeucte a écrit:
Comme de par hasard... mais qu'il a mauvais goût ce David! hehe
C'est toujours un peu tiède, c'est Freni quoi. Quand on a dans la disco/vidéo Boylan ou Focile, ça fait mal. Mr. Green

Citation :
Prise sur le vif à Vienne en 88, disponible chez Ozawa...
Oh, mais je ne suis pas sûr d'avoir écouté ça. Le Triquet de Zednik et l'Onéguine de Brendel, ça m'évoque quelque chose pourtant... Gros doute. Peut-être des extraits, en tout cas rien qui m'ait profondément marqué semble-t-il. A essayer.

Citation :
Pour la Pucelle d'Orléans, c'est tout à fait avéré (une interview) et il me semble que pour Onegin aussi...
Ok. Parce qu'elle aurait pu avoir une maîtrise de la langue au préalable, ou ne pas travailler précisément avec lui.

Citation :
Ah oui, parce que si vocalement c'est un peu ingrat, d'un point de vue personnage, au contraire c'est hyper riche et valorisant pour l'interprète! Very Happy
Mais ce n'est ingrat à aucun niveau, enfin, c'est peut-être le plus beau rôle de baryton du répertoire. Shocked

----
Gergiev au MET


Polyeucte a écrit:
tchaikovsky - Tchaïkovsky - Eugène Onéguine  Fleming-_onegin_MET

J'avais regardé avec passion la retransmission sur Arte en son temps (je me souviens de petits rires de beaucoup avant d'avoir entendu Fleming en Tatiana... ils ne faisaient pas les fiers après la retransmission! Mr.Red).
Regardé par la suite dans l'enregistrement que j'en avais fait...
Et puis j'ai succombé au DVD... Et que je ne regrette pas!!

L'orchestre est vraiment magnifique. Gergiev déploie une énergie dévastatrice, tout en soignant les passages les plus tendres ou mélancoliques. Beaucoup de partis pris dans sa direction, mais ça fait vraiment sens!
Mise en scène superbe de Carsen, dépouillée, avec un grand espace juste habillé de lumières ou de limitations d'espaces par des chaises ou des feuilles. Direction très soignée!

Et puis vocalement... On passera vite sur les deux vieilles et le Prince, qui sont des habitués des rôles, mais pas des plus passionnants.
Superbe apparition de Fouchécourt, qui s'en donne à coeur joie à priori!
Helena Zaremba trémule toujours un peu, mais donne de la jeunesse à Olga.
Vargas est toujours aussi emprunté sur scène. Question chant, c'est un peu trop en force dans l'aigu à mon goût, mais sinon, une belle palette d'émotions et un chant soigné!
Fleming vit le personnage comme rarement. Totalement emportée, jamais de mauvais goût, elle est un Tatiana jeune, fraîche et romantique. Bien sûr, la façon de chanter n'est pas toujours très franche comme on peut l'entendre chez d'autres, mais elle oublie les tics qu'elle peut prendre dans d'autres rôles, ne tient pas la note plus que de raison, ne minaude pas... Une splendide prestation!
Mais elle pâlirait presque devant Hvorostovsky! Pfffff... il est Onegin d'un bout à l'autre, de part son physique, sa prestance, sa voix et son interprétation. Chantant le rôle depuis des années, il en connait les moindres nuances, les moindres inflexions... aidé en plus par Carsen pour certains détails, il donne une prestation ahurissante de naturel et de prestance. Tout est parfait! Very Happy Very Happy

Vous l'aurez compris, j'adore ce DVD! Mr.Red

----
Recommandations générales (ter)


DavidLeMarrec a écrit:
André a écrit:
J'aimerais bien avoir 2-3 recommandations pour Onéguine. Une historique, une moderne...

Superbe représentation du Met l'année dernière (Gergiev).

Pour moi, sans hésiter, Levine, la plus tournoyante orchestralement, et remarquablement servie par des non-russophones (je suis en principe très sensible au naturel linguistique, et là l'illusion est impressionnante). Sinon, Bychkov à Paris est très bien aussi.

Côté historique, c'est bien sûr Nébolsine qui est le plus emporté, mais Orlov et Melik-Pashaev ont aussi de très grandes qualités.

En DVD aussi, il y a de beaux choix possibles, à commencer par Rozhdestvensky dans la poétique mise en scène de Lehnhoff, avec de jeunes chanteurs très incarnés.
Est-ce que Vedernikov (relecture de Tcherniakov beaucoup plus proche de l'esprit que d'habitude) a paru en DVD ?  Musicalement, c'était extraordinaire.

André a écrit:
Milashkina, Atlantov, Mazurok et Nesterenko c'est une bonne affiche, non ? Ça vient du Bolshoi. Je ne connais pas le chef... sur le site de Barnes and Noble.

Autrement, je ne trouve que Khaikin...un très bon chef, non?

Levine c'est dans la poche !

DavidLeMarrec a écrit:
André a écrit:
Milashkina, Atlantov, Mazurok et Nesterenko c'est une bonne affiche, non ? Ça vient du Bolshoi. Je ne connais pas le chef... sur le site de Barnes and Noble.

C'est la version d'Ermler en 79 (parfois fautivement attribuée à Cherkassov, sur certaines des nombreuses rééditions disponibles). Orchestralement très vivant… Après, Mazurok n'est ni beau ni très expressif, et j'ai personnellement tendance à trouver Milashkina toujours un peu mûre (sans doute à cause de l'absence de legato)… donc pas une version prioritaire. Mais si tu as déjà Levine et Khaikin, tu peux toujours compléter avec celui-ci !


Citation :
Autrement, je ne trouve que Khaikin...un très bon chef, non?

Ce n'est pas vraiment comme cela que je le décrirais… En revanche, de toutes les versions avec les chanteurs d'antan, c'est la seule dans un son réellement confortable. Je crois que tu aimes Vichnevskaïa, c'est l'un de ses meilleurs enregistrements (la voix est ferme, mais pas dure comme dans les enregistrements de maturité). Et puis Lemeshev, même tardif, c'est assez miraculeux. Le reste est très bien aussi.
À bien y regarder, c'est peut-être bien le meilleur choix possible pour les anciens ; et puis ça se trouve dans des tas de rééditions (libre de droits) pour pas cher.


Citation :
Levine c'est dans la poche !

thumleft

André a écrit:
Est-ce que les versions Solti  et Bychkov valent l'écoute ?

Polyeucte a écrit:
BYchkov c'est super!

Pour la version historique, je suis fan d'un enregistrement de 37 : Nostrov en Onegin, Kruglivova en Tatiana, Kozlovsky en Lenski... dirigé par Orlov et Melik-Pashayev... chez Naxos c'est tout à fait écoutable!
Sinon en version moderne, il y a aussi le DVD du MET avec Fleming et Hvorostovky dirigé par Gergiev...

DavidLeMarrec a écrit:
Je parle de Bychkov juste au-dessus. Smile  L'orchestre (Opéra de Paris au début des années 90) est bien moins virtuose que Dresde dans les années 80, mais tout vit théâtralement, et tout le monde chante très bien, même dans les petits rôles (Arkhipova en Nounou, c'est quelque chose !). Focile et Shicoff sont électriques, il n'y a que Hvorostovsky qui, quoique plus clair qu'aujourd'hui, a toujours ce côté pâteux et ces voyelles grises — pas mon type, mais ça fonctionne assez bien en Onéguine.

Solti, c'est une très bonne version, mais il y a un rien de raideur, forcément… Je te recommanderais Bychkov et Ermler avant celle-ci, clairement.

Benedictus a écrit:
Donc, si je résume bien, vous recommandez pour Eugène Onéguine: Nebolsine 1936 (Norcia/Lemeshev/Zhukovskaïa), Orlov 1948 (Ivanov/Kozlovski/Reizen), Levine 1987 (Allen/Freni/Shicoff, DG), Bychkov 1993 (Hvorostovsky/Focile/Shicoff, Philips), voire Ozawa 1988 (Brendel/Freni/Dvorsky, Orfeo)?

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
Donc, si je résume bien, vous recommandez pour Eugène Onéguine: Nebolsine 1936 (Norcia/Lemeshev/Zhukovskaïa), Orlov 1948 (Ivanov/Kozlovski/Reizen), Levine 1987 (Allen/Freni/Shicoff, DG), Bychkov 1993 (Hvorostovsky/Focile/Shicoff, Philips), voire Ozawa 1988 (Brendel/Freni/Dvorsky, Orfeo)?

Sans vouloir parler à la place des autres, je crois que dans les anciens, Khaikin est le plus souvent cité (peut-être la version la plus couramment distribuée), et j'étais plus ou moins le seul à récriminer, jusqu'à ce que je change assez complètement d'avis (le détail n'est pas forcément le plus beau, mais à l'usage, version très convaincante).

Benedictus a écrit:
Donc, après écoute des versions Melik-Pachaïev/Orlov, Levine, Bychkov et Khaïkine, je peux d'ores et déjà dire que ma conversion à Eugène Onéguine est en (très) bonne voie... Quel magnifique opéra!

[i|(…)[\i]

Côté voix, j'ai été un peu cueilli par les spécificités des voix russes, et je suis encore loin de m'y être acclimaté... Cela dit, je dois avouer que je rends les armes devant le Lenski de Lemechev (vraiment exceptionnel, tant la voix que l'acteur); et même devant la Tatiana de la jeune Vichnievskaïa (tellement différent de ce que je connais d'elle plus tard!) - même si je persiste à préférer Freni (mais c'est le contraire qui eût été étonnant). De même, en Eugène, j'ai préféré Allen (mais pareil: j'ai tendance à préférer Allen partout, que ce soit en Don Gio', en Oreste...) aux «idomatiques» - même si Nortzov compose un personnage fascinant, même si la voix grise et molle de Hvorostovsky colle bien au personnage (d'autant que lui aussi se montre bon acteur - mais compose un personnage assez veule, là, me semble-t-il, où Nortzov le campe plus comme un instable).

Bien sûr, tout cela n'est qu'impressions de première écoute, je dois encore me familiariser davantage avec ce langage musical pour pouvoir en dire plus, me pencher avec plus d'attention sur certains personnages (Olga et le prince Grémine, en particulier, à coup sûr plus complexes dramatiquement et musicalement qu'il n'y paraît)... Donc des réflexions plus affinées devraient suivre.

De toute manière, demain je dois encore écouter Nebolsine et Ozawa...

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
je rends les armes devant le Lenski de Lemechev (vraiment exceptionnel, tant la voix que l'acteur); et même devant la Tatiana de la jeune Vichnievskaïa (tellement différent de ce que je connais d'elle plus tard!)

cheers

Et pareil que toi, je trouve Allen assez ultime. (Moi aussi je suis assez enthousiaste en général… mais là en plus, le russe est vraiment de belle facture, je serais curieux d'avoir le nom du répétiteur, parce qu'il n'a vraiment pas fait carrière sur ce répertoire !)

Citation :
même si la voix grise et molle de Hvorostovsky colle bien au personnage (d'autant que lui aussi se montre bon acteur - mais compose un personnage assez veule

D'accord avec ça aussi : vraiment le jeune premier un peu vain, et sans grande personnalité, finalement porté par son propre charme. On peut tout à fait voir Onéguine comme ça, mais il y a quand même d'autres hypothèses plus intéressantes. Très passif, ici. Sans doute parce que la voix très homogène (jusque dans ses voyelles) ne peut pas vraiment explorer des textures et des couleurs diverses.

Benedictus a écrit:
Au fait, juste une remarque en passant sur la version Ozawa d'Eugène Onéguine: en effet, je ne peux que donner raison à Polyeucte, Freni y est encore plus bouleversante en Tatiana que dans le studio de Levine - mais l'entourage y est aussi beaucoup moins exaltant, à commencer par l'Onéguine de Brendel (et le son est assez quelconque pour une captation de 1988).

Polyeucte a écrit:
Benedictus a écrit:
Au fait, juste une remarque en passant sur la version Ozawa d'Eugène Onéguine: en effet, je ne peux que donner raison à Polyeucte, Freni y est encore plus bouleversante en Tatiana que dans le studio de Levine - mais l'entourage y est aussi beaucoup moins exaltant, à commencer par l'Onéguine de Brendel (et le son est assez quelconque pour une captation de 1988).

C'est bien le soucis ce Brendel Confused Parce que oui Allen est superbe chez Levine! Very Happy
Disons qu'il faut écouter les deux alors! hehe
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky - Eugène Onéguine    tchaikovsky - Tchaïkovsky - Eugène Onéguine  EmptyVen 15 Avr 2016 - 1:57

Merci pour ce formidable travail de recension! Enfin on a une bonne source de commentaires facile à consulter ! kiss
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