Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Mélomaniac
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 22836
Date d'inscription : 21/09/2012

MessageSujet: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Mer 5 Avr 2017 - 0:00


Smile Un sujet dédié à la discographie de la symphonie n°4 d'Anton Bruckner.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mélomaniac
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 22836
Date d'inscription : 21/09/2012

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Mer 5 Avr 2017 - 0:01


Smile Une ample acoustique ne me déplait pas, surtout pour du Bruckner, tant que l'image reste précisément structurée, ce qui est le cas ici.
Oui, l'interprétation ne se singularise par aucune options typée, et cette neutralité s'installe comme alternative aux versions d'initiation plus médiatisées.



DavidLeMarrec, in playlist, a écrit:

Mélomaniac a écrit:

Anton Bruckner (1824-1896) :

Symphonie n°4 en mi bémol majeur

= Horst Stein, Orchestre symphonique de Bamberg


(Eurodisc, octobre 1987)

Smile On se souvient des vinyles brucknériens de Stein chez Decca, avec rien moins que le Wiener Philharmoniker.
Cet enregistrement de la Romantique est un peu disparue des radars,
on le regrette car la cohérence et le brio de l'orchestre, les justes instincts du chef signent une très grande version,
tout cela capté par une excellente prise de son.




Je l'ai entendue en CD et même en dématérialisé (la version de Bamberg justement). C'est très bien, mais un peu cathédralesque (à commencer par la prise de son). Sans parti pris majeur, une bonne version pour débuter par exemple.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
André
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 5473
Localisation : Laval, Québec
Date d'inscription : 04/02/2013

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Mer 5 Avr 2017 - 3:45

Il y a Plusieurs façons d'aborder la Romantique de Bruckner. Je ne m'attarde ici qu'aux éditions (Haas ou Nowak) de la version définitive de 1878-80.

- Certains chefs priorisent une approche dynamique, où la structure est mise en valeur et le rythme resserré. Les dynamiques sont souvent soulignées, avec peu d'incursions sous mf. Le résultat peut être trépidant, dramatique ou criard, c'est selon. Parmi les versions réussies, Klemperer avec le BRSO ou le Philharmonia, Rögner avec le Berlin RSO. Le minutage moyen avoisine 59-61 minutes. Certains excités de la baguette (Klemperer à Cologne ou Amsterdam) descendent sous les 55 minutes.

- D'autres s'appliquent à créer un "climat", ce qui implique une large respiration, des phrasés amples, des textures fondues, des masses de cordes avec des basses grondantes et de larges épanchements des cuivres. Je pense ici aux versions de Haitink, Böhm ou Abbado, tous avec les WP, ou Karajan et les BP sur EMI, ou encore Muti, Jansons, Salonen, Skrowaczewski et, à l'extrême, Celibidache. Minutage moyen: 68-71 minutes. Celi, lui dépassait 72 minutes dans ses "jeunes" années (Stuttgart) et a atteint 85 minutes+ vers la fin de sa vie. Plusieurs de ces versions dégagent une grande noblesse et un caractère très marqué (Böhm par exemple).

Et, entre ces deux pôles, beaucoup de chefs tentent une fusion qui n'est ni "classique/dynamique", ni "romantique/emphatique". Ce sont celles que je préfère habituellement. Parmi celles que j'aime beaucoup: Kubelik, Suitner, Wand (Cologne), Barenboim (Chicago). Je n'ai pas entendu celle de Stein, elle est certainement très bonne au vu de ses excellentes 2ème et 6ème de Vienne. Je vais la mettre sur mon radar !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
avatar

Nombre de messages : 82075
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Mer 5 Avr 2017 - 10:32

Oh, merci pour ce fil !

D'abord, un mot sur la version originale, très rarement donnée, et vraiment différente, même si le matériau est en partie identique : pas constituée de la même façon, une redécouverte en profondeur. En général, chez Bruckner, je trouve les versions originales moins passionnantes, mais ici, la différence est telle… À côté, la Troisième est un copié-collé de sa première version?

Belle version, comme d'habitude, de Markus Bosch avec Aix-la-Chapelle (Coviello) : tradi, bien charpenté, sans lourdeurs.

--

Ensuite, pour ce qui est des choix dans la discographie des versions qu'on connaît bien… il y a surabondance de merveilles. En ce qui me concerne, mes chouchoutes :
Inbal avec le Met de Tokyo (Exton), d'une intensité de tous les instants, et assez vive ;
Rozhdestvensky avec le Ministère, pas très bien en place, mais ça braille avec une verve remaquable, tout le temps furieux (et dans un son très inhabituel), sans l'impression d'étroitesse qu'on peut avoir dans d'autres symphonies du cycle (multiples rééditions / licences) ;
Dohnányi avec Cleveland (Decca), longtemps épuisée, mais je crois que ça vient d'être réédité. Des couleurs exceptionnelles, une poésie de tous les instants, le Cleveland de la meilleure période et sous la meilleure baguette (pas du tout nerveux, d'ailleurs) ;
Jochum avec Dresde (EMI), des cuivres pas les plus beaux du monde, mais une articulation du discours d'une limpidité hors du commun.

[Je précise que je ne suis pas du tout du même avis pour les mêmes chefs dans d'autres intégrales : Inbal plus jeune n'est pas du tout aussi intense, par exemple avec la Radio de Francfort, Dohnányi (déjà dans la contemplation) sonne un peu mou avec le Philharmonia, et Jochum avec Berlin, hé bien, c'est magnifique, mais un univers à part.]

--

Pour le reste, il suffit de faire son marché dans les différentes catégories.

♪ Les gentils qui allègent la pâte et traitent l'ensemble avec élan :
Neuhold avec le Royal de Flandres (Naxos),
Weller avec Bâle (Fuga Libera, je crois).

♪ Les méchants qui assèchent le spectre et cravachent sévère :
Rozhdestvensky avec le Ministère de la Culture (divers labels),
Venzago avec Bâle (CPO),
Andreae avec le Symphonique de Vienne (multiples licences).

♪ Les poètes qui travaillent le son ou l'élégance :
Dohnányi avec Cleveland (Decca),
Jansons avec le Concertgebouworkest (RCO Live),
Masur avec Leipzig (RCA), tirant Bruckner vers Mozart.

♪ Les tempêtueux, qu'ils soient sombres ou extravertis :
Sanderling avec la Radio Bavaroise (sombre),
Fedoseyev son l'Orchestre Tchaïkovski (son intense, divers labels),
Tennstedt avec Berlin (Testament, extraverti), un peu bruyant, mais ça fonctionne pas mal.

♪ Les architectes :
Inbal avec le Met de Tokyo (Exton),
Jochum avec Dresde (EMI),
Karajan avec Berlin (EMI).

♪ Divers autres tradis :
Wand avec le Philharmonique de Munich (Hänssler Profil).
Jochum avec Berlin (DG).


Avec ça, on n'a que du très grand.

--

Sinon, il y a quantité d'autres très bonnes versions, bien sûr, mais je ne suis pas sûr qu'elles convainquent autant si on n'est pas déjà convaincu par l'esthétique : plusieurs Tennstedt avec le LPO (et un studio avec Berlin, je crois), Bolton (pâte allégée, mais très tradi, en fait), Dohnányi avec le Philharmonia, Harnoncourt (très conservateur aussi, comme on le disait dans le fil de l'écoute comparée de Brahms 4), Wand avec Cologne, Skrowaczewski (parfait dans le genre du tradi qui ne s'interroge pas trop, mais avec intensité), Herreweghe (qui n'apporte pas de nouveauté fondamentale hors du spectre plus disjoint), Hollreiser avec Bamberg, Paternostro, Maazel à Munich, même Barenboim avec Berlin ne m'avait pas déplu…

Il faut que je réécoute Kabasta, qui ne m'avait pas vraiment ébouriffé, c'est étrange. Pareil pour Suitner, mais c'était il y a longtemps. Il me semble que Chailly, lui, m'avait paru trop joli et pas assez tendu, observation récurrente dans sa belle intégrale (et dans sa belle carrière symphonique).

Qui m'ont vraiment déplu, il y a le vieux Klemperer (évidemment), Haitink ou le dernier Barenboim… en somme les gros patapoufs – je n'ai rien contre avoir deux cents musiciens qui jouent lentement (même si vingt qui jouent rapidement, c'est immanquablement mieux Mr. Green ), mais quand c'est en refaisant la liste des courtes, merci.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://operacritiques.free.fr/css/
André
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 5473
Localisation : Laval, Québec
Date d'inscription : 04/02/2013

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Mer 5 Avr 2017 - 14:19

J'ai volontairement omis de mentionner Jochum, un très grand chef qui a réussi quelques Bruckner faits pour l'éternité à la fin de sa vie (à Bamberg et la phil de Munich entre autres). Mais dans la quatrième (et la neuvième) il s'est souvent planté. Crying or Very sad Berlin n'est pas trop mal, mais Dresde m'est insupportable. Le chef semble pris sur l'autoroute: on accélère, ça se dégage devant; on freine, ça bloque plus loin. On fonce, la mamie a enfin pris la sortie! En plus, les cuivres de Dresde sont criards et la prise de son confuse. Dans sa 9ème de Dresde c'est encore pire.

Sinon, voilà une bien jolie liste !  I love you

Parmi les poètes je mentionnerais Lopez-Cobos, qui a signé de très beaux Bruckner sur Telarc (j'aime aussi beaucoup sa 6ème). Chez les architectes: Decker à Barcelone, disponible en téléchargement gratuit.

Questions:

- Pour Rozhdestvensky, il a enregistré avec le même orchestre la version originale de 74, la définitive de 80 et même celle trafiquée par Mahler (un document à écouter avec le flacon de sels pas loin). Tu fais référence à 1880, je présume ?
- Et quand tu parles du "vieux Klemperer", fais-tu référence à son âge (ses dernières gravures) ou à ses vieux enregistrements? Il y a là un monde de différence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
avatar

Nombre de messages : 82075
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Mer 5 Avr 2017 - 15:19

[Jochum]
André a écrit:
mais Dresde m'est insupportable. Le chef semble pris sur l'autoroute: on accélère, ça se dégage devant; on freine, ça bloque plus loin. On fonce, la mamie a enfin pris la sortie! En plus, les cuivres de Dresde sont criards et la prise de son confuse. Dans sa 9ème de Dresde c'est encore pire.

Je trouve les quatre premières extraordinaires dans cette intégrale (le reste est excellent, mais moins marquant, étrangement). Effectivement, les cuivres sont très acides et bruyants, plutôt désagréables, et ça reste de la prise EMI, mais avec cette force de conception, cet élan, on ne le remarque pas vraiment.


[Lopez-Cobos

J'avoue ne pas être très tenté au vu de ses Wagner (au disque, à la radio, en salle)… pas très subtil en général, sans être mauvais non plus.


[Rozhdestvensky]

Oui, Rozhdestvensky a enregistré toutes les versions de toutes les symphonies numérotées, quasiment ! Je parlais, comme mentionné initialement, d'une des versions courantes (Nowak d'après l'édition de 1886 – celle achevée par Bruckner en 1880, la base de la plupart des exécutions). Sa version de 1874 est moins convaincante, je trouve, et l'intégrale assez inégale, ne serait-ce qu'à cause du spectre très étroit de la captation – en tout cas dans mes deux éditions, on dirait qu'ils jouent dans un téléphone !


[Klemperer]
Le vieux Klemperer, c'est-à-dire celui de la fin de sa vie. Je n'aime pas non plus sa manière de jeunesse (pas essayée dans Bruckner néanmoins), mais ce n'est pas du tout insupportable comme ses péchés de vieillesse !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://operacritiques.free.fr/css/
julot
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 811
Age : 43
Localisation : Paris
Date d'inscription : 21/03/2013

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Ven 7 Avr 2017 - 14:24

Dans les Celibidache, je signale la peu connue version Sony qui accompagne le coffret des vidéos 6-7-8. C'est avec Munich et tard, mais l'acoustique du Musikverein de Vienne au lieu du Gasteig (et sans doute l'inspiration de ce jour) donne quelque chose de plus léger et miraculeux encore (à mon sens) que la version EMI.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lesecoutes.blogspot.com
georges2
Mélomane du dimanche


Nombre de messages : 54
Date d'inscription : 17/07/2016

MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   Dim 9 Avr 2017 - 14:11

Je suis d'accord avec André.
Citons Sawallisch aux sonorités boisées (scherzo), Kubelik est sublime (l'intro! ), sans oublier Céli en 88.

Bonne journée. Georges.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"   

Revenir en haut Aller en bas
 
Bruckner : symphonie n°4 "Romantique"
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bruckner-symphonie n°1
» Bruckner: Symphonie 9
» Les reprises dans la symphonie classique et romantique.
» Ecoute comparée : Bruckner Symphonie n°3 "Wagner"
» Bruckner - Symphonie n°3 - Norrington

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique classique :: Discographie :: Oeuvres (discographie)-
Sauter vers: