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 Rudi STEPHAN 1887-1915

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Rubato
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MessageSujet: Rudi STEPHAN 1887-1915   Sam 30 Sep 2017 - 12:42



Bio express:

RUDI STEPHAN est un compositeur allemand, né le 29 juillet 1887 à Worms et décédé sur le front le 29 septembre 1915.
Ses études musicales furent encouragées par ses parents qui lui permirent d'être en contact avec un large panorama de la culture durant sa jeunesse.
Il commença ses études musicales avec Bernhard Sekles à Frankfort puis en 1906 à Munich avec Rudolf Louis.
Rudi était très ouvert à la musique contemporaine française, possédant des partitions de Debussy (Pelléas, Prélude à l'après-midi d'un faune), mais aussi avec une attirance pour la musique de Stavinsky et Scriabine.
C'est en 1915 qu'il fut appelé pour le service actif sur le front.
Deux semaines plus tard, le 29 septembre, il fut abattu par un sniper russe d'une balle dans la tête; il avait 28 ans.

Sa "deuxième mort", si l'on peut dire, fut quand tous ses documents non publiés partirent en fumée suite à un raid aérien sur Worms en 1945.

Les œuvres:
- Opus 1 pour orchestre (1908)
- Liebeszauber pour baritone et orchestra, d'après Hebbel (1907, rev. 1911) arrangé pour sept instruments par Hinrich Alpers en 2003/2013
- Musique pour Orchestre [No.1] (1910)
- Grotesque pour violin et piano, op 2 (1910)
- Musique pour Violin et Orchestre (1910, rev. 1913)
- Musique pour Sept instruments à cordes (sextuor à cordes et harpe) (1907-11; inachevé, révision pour quintette à clavier, 1914)
- Musique pour orchestre [No.2] (1912, rev. 1913)
- Die ersten Menschen (1909-14), opéra

Et les Lieder:
- 6 Lieder "Ich will Dir singen ein Hohelied" 1913/1914 d'après Gerda von Robertus.
- "Waldnachtmittag" d'après Reinhold von Stern. 1904
- "Auf den Tod einer jungen Frau" d'après Anton Lindner. 1904
- "Up de eensome Hallig" d'après Detlev von Liliencron. 1914
- "Zwei ernste Gesänge" pour baryron et piano. 1913/1914
- "Mitternacht" d'après Leo Greiner. 1904
- "Sieben Lieder nach verschiedenen Dichter" 1914/1915

J'ai plus ou moins rassemblé ici ce qui a été dit dans le fil "décadents"  Smile

Rubato a écrit:


Rudi Stephan (1887-1915)

Die ersten Menschen
Opéra en deux actes
Livret de Otto Borngräber

Adahm (Adam): basse
Chawa (Eve): soprano
Kajihn (Caïn): baryton
Chabel (Abel): Ténor

Une petite présentation de cet opéra, qui le mérite bien.

L’argument:
Un épisode de la vie d’Adam et Eve, et de leurs deux fils, Caïn et Abel, jusqu’à l’assassinat de ce dernier par son frère.

Rudi Stephan, compositeur allemand promis à un grand avenir (hypothèses souvent émises), fut malheureusement tué sur le front russe le 29 septembre 1915, atteint par un tireur d’élite russe, d’une balle en pleine tête.
A sa mère qu’il quittait pour partir au front, il dit :
« Pourvu qu’il n’arrive rien à ma tête, il y a tant de belles choses là-dedans »

Die ersten Menschen fut son unique opéra.
Ludwig Rottenberg, le directeur musical de l’opéra de Francfort, qui avait déjà produit Der ferne Klang et Das Spielwerk und die Prinzessin de Franz Schreker, accepta d’en donner la représentation, mais seulement en hiver 1915 ; le compositeur avait déjà quitté ce monde.

Un commentaire de l’époque :
" Le langage musical emprunte des voies nouvelles, au-delà de Wagner, tout comme l’instrumentation emprunte plutôt le chemin d’Elektra  que Stephan avait entendu à Munich. On y perçoit le souffle puissant du véritable dramaturge, surtout dans la scène du meurtre, sans que jamais Stephan ne verse dans une hypersensibilité fiévreuse du son. Lorsque l’on pense que jamais un compositeur dramatique n’a forgé sa réputation sur sa seule première oeuvre, cette création est à considérer comme une performance tout à fait extraordinaire, sur la voie la connaissance de soi. A côté de Pfitzner, Stephan est aujourd’hui le seul compositeur dont la musique pour la scène respire le souffle d’un esprit pur et d’une véritable conviction dramatique."
(Hermann Unger)

Je rajouterai que cet opéra m’a beaucoup plu, et que je le considère déjà comme l’un des chefs-d’œuvre du début du XX siècle.
Le chant, déclamation, fait souvent penser à Wagner. Il y a aussi une richesse orchestrale, qui fait penser à R. Strauss (Stephan avait été impressionné par la représentation d’Elektra), et Schreker n’est pas loin non plus. Et ces explosions orchestrales, qui accompagnent souvent Caïn (la force brutale), puis à l’opposé, ces timbres magiques qui accompagnent Abel (la pureté).
Superbe musique.

Un opéra très prenant, émouvant, qu’il faut absolument découvrir.

-Pour ce très bel enregistrement: livret en Allemand et Anglais.

Utnapištim a écrit:
Rubato a écrit:
Il existe également cette autre version moderne, par Mikko Franck parue cette année, mais qui est tronquée (20mn en moins) Confused


En fait il me semble que ce CD est l'enregistrement du concert auquel j'ai assisté ! désolé pour le doublon. Je ne suis pas certain, mais il me semble qu'on a eu l'intégrale en concert.  lol!

Xavier a écrit:
Rudi Stephan: Musique pour violon et orchestre, Musiques pour orchestre I et II



Si vous aimez R.Strauss, Zemlinsky et/ou le premier Szymanowski, écoutez ça, c'est vraiment superbe! (la 1ère musique pour orchestre est enregistrée pour la première fois)
Du très bel orchestre post-romantique, et une belle veine mélodique.

Ces oeuvres ont été écrites entre 1910 et 1912, le compositeur avait à peine 23 ans.

Je vais maintenant me diriger vers son opéra Die ersten Menchen, dont il a été question. (2 versions semble-t-il, Franck et Rickenbacher, les deux contiennent le livret apparemment  Smile )

Yohan Nicolas a écrit:
Xavier a écrit:
Ah, je trouve ça très luxuriant au contraire...
Mais si tu as du mal avec Bartok, je comprends mieux. (même si ça me paraît bien plus proche de Strauss que de Bartok)
Désolé de répondre que maintenant...
Mais si, j'adore Bartok! Au moins autant que Strauss et Wagner. Simplement, certaines œuvres qui me touchent moins me deviennent immédiatement très arides, et c'est de cette sensation que je parle. Ce n'était pas un rapprochement stylistique car oui, Stephan est plus près de Strauss Smile

Et j'ai réécouté Les premiers hommes, pour la première fois depuis un moment livret en main, c'est sublime  sunny Cet orchestre luxuriant, ces mélodies... Le début du IIe acte, waouh, quel souffle! C'est chiant pour les micro-coupures d'une réplique, mais bon, on a l'essentiel. Et finalement, c'est le seul vrai défaut de la version CPO Smile
Que pensez-vous de la partie de Chawa ? Elle hurle beaucoup, non ? Dès la première scène, franchement... J'ai l'impression que niveau difficulté, c'est du niveau de la teinturière et peut-être bien de Turandot!

Quant aux musiques pour orchestre, je jetterais bien une oreille au disque de la page précédente. Je crois que c'est la prise de son extrêmement terne de ma version qui donne à la musique son aspect grisâtre. J'ai cette version, quelqu'un connaît ? On entend les défauts de la prise de son dans le très beau Liebeszauber chanté par DFD.


Xavier a écrit:
Yohan Nicolas a écrit:
Que pensez-vous de la partie de Chawa ? Elle hurle beaucoup, non ? Dès la première scène, franchement... J'ai l'impression que niveau difficulté, c'est du niveau de la teinturière et peut-être bien de Turandot!

Je n'ai pas eu cette impression avec Gustafsson dans la version Franck, je n'ai pas encore écouté Rickenbacher.

Yohan Nicolas a écrit:
Quant aux musiques pour orchestre, je jetterais bien une oreille au disque de la page précédente. Je crois que c'est la prise de son extrêmement terne de ma version qui donne à la musique son aspect grisâtre. J'ai cette version, quelqu'un connaît ? On entend les défauts de la prise de son dans le très beau Liebeszauber chanté par DFD.


Je ne connais pas, c'est quoi, des mélodies avec orchestre?
En tout cas, je te confirme que dans le disque Chandos les musiques pour orchestre ne sonnent pas du tout grises et ternes!

Golisande a écrit:
Je suis en train d'écouter Die ersten Menschen de Rudi Stephan sans le livret et en faisant autre chose, et je trouve ça vraiment très beau drunken .
C'est moins luxuriant orchestralement, moins foisonnant et étrange (ou "moderne") que Schreker — je serais tenté de dire moins racoleur, mais aussi sans doute moins original —, finalement très différent mais non moins envoûtant : j'y entend nettement plus de tournures debussystes et bartokiennes, davantage de Strauss aussi mais avec bien plus de mystère et d'onirisme (de par un langage harmonique nettement plus modal et centré sur la sonorité, une orchestration plus transparente à mes oreilles), et finalement, tout bêtement, bien plus de post-wagnérisme assumé comme tel (et non pas rococo-choucroutisé comme chez Strauss Mr.Red ni propulsé sur orbite comme chez Schreker).

En fait cette musique m'est délicieusement familière sans que je sache toujours clairement pourquoi — en fait tout simplement parce qu'elle baigne dans une époque de l'histoire de la musique que je connais assez bien, avec ses diverses influences plus ou moins conscientes : l'impression est assez analogue à celle produite par Flammen de Schulhoff (que je vais réécouter), quoique transposée dans une esthétique nettement antérieure et moins sophistiquée.

Bon, cela dit il me reste à l'écouter avec livret et plus attentivement (moyennant quoi il n'est pas impossible que mes impressions changent un peu).


Dernière édition par Rubato le Lun 2 Oct 2017 - 19:40, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Rudi STEPHAN 1887-1915   Sam 30 Sep 2017 - 12:44

greg skywalker a écrit:
J'explore le cd consacrée au lied et la musique de chambre de Rudi Stephan



Coté musique de chambre : c'est assez "expressioniste" , avec un discours fragmenté , des gestes brusques,des silences , quelques passages avec des réelles beautés . C'est aussi rhapsodique , sa musique conte une histoire , comme un poème symphonique.
Musique intéressante mais je ne suis pas complètement conquis ( je préfère la nuit transfigurée de Schoenberg)

Coté lied : quelques lieds sont chouettes avec une musique  baladant entre zemlinsky , Strauss et Schoeck  drunken ( je n'ai pas ce cd , donc pas le livret ....)

Merci Greg. Wink

Je vais l'écouter (reçu ce matin), et en parlerai ensuite.

Le programme de l'album:

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MessageSujet: Re: Rudi STEPHAN 1887-1915   Dim 1 Oct 2017 - 9:05

Retour à ce bel album de musique de chambre et Lieder.

En fait sa musique de chambre se résume à deux œuvres.

1-Groteske für Geige und Klavier de 1911.

Les originaux furent détruits dans le raid aérien de 1945. Mais heureusement deux copies furent découvertes en 1979 à la "Bavarian State Library" de Munich par la musicologue allemande Juliane Brand.
On ne sait pas grand chose sur les circonstances qui ont mené à la composition de cette œuvre "Grotesque" mais on peut penser que le compositeur, avec ce titre, faisait référence au carnaval de Munich.
C'est une sorte de sonate pour violon et piano, avec de nombreux changement de rythmes exploitant les ressources des deux instruments.
"des gestes brusques,des silences" comme l'a dit greg skywalker auparavant.

2-Musik für Sieben Saiteninstrumente de 1912
Sous-titrée "en un seul mouvement et postlude."

En fait on peut parler de deux mouvements, traités de la même façon dans une "forme sonate" utilisant deux tempos différents, l'adagio et l'allegro.
On retrouve donc ces changements de rythmes de l'œuvre précédente.
Cette œuvre fut jouée du vivant du compositeur, avec succès et pour la première fois en 1912.

Mais Rudi Stephan n'en n'était pas pleinement satisfait et avait pour projet de la retravailler pour en faire un quintette avec piano...mais il n'en n'eut pas le temps.

Les Lieder.
Ils sont au nombre de 21 si l'on intègre "Liebeszauber".

Presque la totalité de ces Lieder sont sur un tempo lent, on prend son temps, avec une mélodie plutôt simple et un accompagnement du piano qui reste discret.

Avec "Liebeszauber" (1914) c'est autre chose et on lorgne déjà du côté de l'opéra.
Ici c'est une version révisée d'un Lied pour ténor et orchestre d'une ballade de Friedrich Hebbel qui fut perdu.
C'est interprété sur cet album par un baryton accompagné par un quatuor à cordes, un piano, une contrebasse et une harpe.
Changements de rythmes, chant déclamatoire parfois, quelques vers parlés, sur un total de 17 strophes.
J'ai beaucoup aimé.

Quant au style en général, je me garderai bien de m'avancer sur le terrain glissant des comparaisons. Smile

Dans le livret, textes allemands avec traduction anglaise.


Dernière édition par Rubato le Lun 2 Oct 2017 - 19:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rudi STEPHAN 1887-1915   Dim 1 Oct 2017 - 12:57

Côté discographique, et concernant les Lieder, il y a aussi cette intégrale:



Par contre on n'y trouve pas "Liebeszauber", et c'est dommage.

Programme:
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Rudi STEPHAN 1887-1915   Mar 3 Oct 2017 - 15:53

Xavier a écrit:
Rudi Stephan: Musique pour violon et orchestre, Musiques pour orchestre I et II



Si vous aimez R.Strauss, Zemlinsky et/ou le premier Szymanowski, écoutez ça, c'est vraiment superbe! (la 1ère musique pour orchestre est enregistrée pour la première fois)
Du très bel orchestre post-romantique, et une belle veine mélodique.

Ces oeuvres ont été écrites entre 1910 et 1912, le compositeur avait à peine 23 ans.
Yohan Nicolas a écrit:
[...] Quant aux musiques pour orchestre, je jetterais bien une oreille au disque de la page précédente. Je crois que c'est la prise de son extrêmement terne de ma version qui donne à la musique son aspect grisâtre. J'ai cette version, quelqu'un connaît ? On entend les défauts de la prise de son dans le très beau Liebeszauber chanté par DFD.

Xavier a écrit:
[...] Je ne connais pas, c'est quoi, des mélodies avec orchestre?
En tout cas, je te confirme que dans le disque Chandos les musiques pour orchestre ne sonnent pas du tout grises et ternes!

Je ne trouve pas la prise de son de l'enregistrement par Zender particulièrement terne ou pleine de défauts, ni – surtout – la musique grisâtre !  Shocked J'aurais même tendance à nettement préférer cette version à celle de Caetani chez Chandos. J'aurais de la peine à analyser dans le détail, mais je trouve que Zender marque mieux les différents mouvements de la pièce. Et il est accessoirement un peu plus vif : deux minutes de moins pour une œuvre d'un peu plus d'un quart d'heure, ça a tendance à se faire sentir, tout de même. Sous la baguette de Caetani c'est joli, certes, mais... ça me donne l'impression de manquer d'arêtes, de structure, c'est un peu uniforme et languissant, et je me lasse en cours de route.

Puis c'est tout de même dommage de se priver du superbe Liebeszauber chanté par DFD, également sur le disque Zender. Surprised
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