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 Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X

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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 1 Oct 2018 - 17:22

Polyeucte a écrit:
aurele a écrit:
J'avais tellement aimé la production de Py à Strasbourg (même si à cause d'un train, j'avais pas pu voir tout le cinquième acte), que je n'ai pas pris de billet pour cette production parisienne. La distribution ne m'emballait pas plus que cela par ailleurs.

C'est une de mes peurs... après avoir vu la production de Py à Bruxelles (Cutler, Lezhneva, Varnier, Delunsch...) puis à Strasbourg (Kunde, Deshayes, Delunsch encore!), je crains un peu de passer à côté. Mais bon, Les Huguenots à Paris, je ne peux pas m'en passer! hehe

L'oeuvre est incroyablement riche et on ne s'ennuie pas une seconde au contraire, je confirme. Ne serait-ce que pour la chance (rare) d'entendre cet opéra sur scène, il ne faut pas rater cette reprise à Paris après une si longue absence. Et puis il y a des interprètes de bon niveau pour ce type de rôle, Deshayes, Sempey, Oropesa (qui, sans avoir tous les moyens requis, donne une magistrale leçon d'incarnation d'un rôle avec une maitrise impressionnante qui rend sa Marguerite passionnante), Testé (malgré un petit raté), les choeurs (malgré des décalages avec la fosse). Je n'ai pas aimé Jaho que je pense dépassée par le rôle qui exige une voix à la fois aussi acrobatique mais beaucoup plus corsée que la sienne mais les avis sont partagés. Le problème principal est le Raoul de Rang, presque toujours à côté du rôle. On peut le comprendre vues les circonstances mais cela ne change rien au désagrément...Il vaut mieux oublier Spyres, Florez ou Kunde quand il commence à chanter...
Lors de la première en plus, Mariotti n'avait guère de punch, c'était mou, sans couleur et pour tout dire loin de ce qu'il avait fait à Berlin avec un autre orchestre et une autre équipe...
Tout cela devrait s'améliorer au fur et à mesure et l'oeuvre est tellement exaltante qu'il ne faut pas hésiter à aller la découvrir ou la redécouvrir...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 1 Oct 2018 - 17:48

Les extraits publiés sont assez avenants pour Mariotti et Kang (timbre magnifique et très adéquat, même si le français est moyen), mais effectivement, j'attends la fin de série pour voir : une œuvre aussi longue, aussi peu jouée, et potentiellement méprisée par les musiciens, ils ne seront pas en place avant le milieu de série, d'autant qu'il y a des subtilités autres de mise en place que dans Lucia ou Traviata…
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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 1 Oct 2018 - 18:35

DavidLeMarrec a écrit:
Les extraits publiés sont assez avenants pour Mariotti et Kang (timbre magnifique et très adéquat, même si le français est moyen), mais effectivement, j'attends la fin de série pour voir : une œuvre aussi longue, aussi peu jouée, et potentiellement méprisée par les musiciens, ils ne seront pas en place avant le milieu de série, d'autant qu'il y a des subtilités autres de mise en place que dans Lucia ou Traviata…

Le timbre de Kang n'a rien de magnifique (ses aigus écorchent l'oreille assez méchamment) et je ne l'ai pas trouvé adéquat au rôle : peu de légato, peu de lyrisme, voix "dure" sans souplesse, beaucoup de difficultés escamotées par manque de technique; c'est un rôle très difficile qui demande tout à la fois des écarts de notes importants et soudains, des vocalises virtuoses et des accents dramatiques etc etc. Les meilleurs techniciens de ce point de vue sont d'ailleurs Deshayes et Sempey. La diction de Rang en français n'est pas mal, mais le "récit" est très mécanique, comme s'il ne comprenait pas ce qu'il chantait au moment où il le chante (je suppose qu'il comprend la phrase globalement sans savoir exactement à quoi correspond chacun des mots qu'il chante)
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tomseche89
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 4 Oct 2018 - 1:04

Quelques impressions en vrac après la deuxième (lundi soir)...

Le ténor coréen globalement correct, on le sent malgré tout sur un fil dès son air du I, et il doit vraiment s'arracher pour finir son duo du IV.
Jaho assez moyenne, aigus sublimes mais à la peine dans le reste.
Du coup, moyennement entourée, la prestation d'Oropesa n'en prend que plus de relief, timbre très agréable, elle se ballade dans les aigus et suraigus, et donne un peu d'intérêt à toutes ces vocalises que j'ai trouvé assez veines quand même.
Gros coup de coeur pour Deshayes, exceptionnelle comme d'habitude, ce qui rend encore plus injuste le traitement que la Reine réserve à son page hehe
J'ai trouvé Testé et Gay très bien, très solennels. Le reste de la distribution aussi!

Choeur très sollicité, et souvent à pleine puissance. Je les ai trouvés engagés et de haute tenue, mieux que d'habitude.
Bel orchestre mais direction un peu sage de Mariotti, dommage.

L'oeuvre est très facile à suivre, on ne s'ennuie pas, malgré une mise en scène qui n'apporte pas grand chose (mais qui est jolie et ça, "ça nous change de d'habitude, c'est ça qu'on veut voir nous" se félicitait ma voisine). Un peu déçu par la toute fin : on attend pendant 4h l'affrontement final... et la scène du massacre m'a paru bien courte et peu marquante (la faute aussi à la mise en scène).

J'aurais grand plaisir à ré-entendre l'oeuvre, dans une autre production si possible mais on ne va pas faire non plus la fine bouche.

(C'était très bien rempli, une petite centaine de sièges libres je dirais, replacement au 3e rang du 2e balcon de côté, places vraiment idéales.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 4 Oct 2018 - 11:47

@ Hélène : Pour un chanteur de ce niveau, il est douteux qu'il n'ait pas au moins étudié l'italien, donc la place des mots, il doit pouvoir la définir assez bien. Après, est-il suffisamment à l'aise avec la langue ou suffisamment sensible à la chose pour l'habiter, je ne peux pas dire.
Je soupçonne, dans les commentaires négatifs lus sur son compte, que son aspect « demi-caractère » (dans l'absolu celui de Raoul) lui est mis à charge par ceux qui attendent de ce type de répertoire des voix héroïques alla corelliana, alors que le postulat de ce rôle n'est pas exactement verdien.
Ensuite, s'en tire-t-il bien avec une voix qui a peu d'impact, me disais Adalbéron, dans l'immensité de Bastille, et en ayant eu moins de temps pour se préparer (même s'il l'a déjà fait à Berlin !), je ne peux pas dire, le rôle est meurtrier de toute façon et le titulaire prévu a des problèmes de santé ou vocaux…

Disons que ce que j'ai entendu de lui m'a beaucoup plu (effectivement, le Verbe n'a pas l'air sa prérogative première).


tomseche89 a écrit:
et donne un peu d'intérêt à toutes ces vocalises que j'ai trouvé assez veines quand même.

Outre que je les trouve intéressantes musicalement (ce ne sont pas des lignes sur une gamme ou des arpèges, elles suivent une progression musicale) et efficace dramatiquement (évocation d'un décor), Scribe et Meyerbeer réussissent à les traiter à la fois sérieusement (c'est meurtrier, et vaut en soi si on aime la glotte) et avec une sorte de distance (le dérisoire de cet îlot de paradis cerné par la tragédie, ces rires dans une société bientôt décimée).
J'avoue que, moi qui suis profondément ennuyé par la virtuosité belcantiste romantique (même dans le répertoire français : la grande scène d'Ophélie chez Thomas, bof bof), j'écoute toujours avec gourmandise ce moment, lorsqu'il est présenté au sein de l'opéra intégral.


Citation :
Bel orchestre mais direction un peu sage de Mariotti, dommage.

Probablement l'orchestre qui est en cause : Mariotti a dirigé l'œuvre récemment, et c'était très vivant et mobile. Probable que ça s'améliore en fin de série. (Enfin, je l'ai aussi vu un peu à l'économie avec l'Opéra de Bologne récemment, alors je ne puis en jurer non plus. Smile )


Citation :
Un peu déçu par la toute fin : on attend pendant 4h l'affrontement final... et la scène du massacre m'a paru bien courte et peu marquante (la faute aussi à la mise en scène).

Tout de même, le massacre dure pendant tout l'acte V (si on inclut le récit de Raoul à l'Hôtel de Nesles). Et les meurtres à proprement parler, ça dure bien un quart d'heure ! L'extinction du Choral de Luther dans la chapelle hors scène, c'est l'une des scènes les plus terribles de toute l'histoire de l'opéra, je trouve.

Ensuite, oui, tu n'as pas des courses-poursuites sur scène pendant une demi-heure, mais c'était vraiment compliqué à réaliser, et pas du tout compatible avec la conception du théâtre d'alors. Effectivement, au cinéma d'aujourd'hui, on aurait la moitié de l'opéra qui consisterait en des scènes de décollation, mais il est difficile de faire ce type de parallèle.

Quand tu vois comment Verdi a fait pour le massacre des Vêpres Siciliennes (dans l'esthétique similaire du Grand Opéra, et trente ans après Les Huguenots), où tout se joue dans la dernière minute, de façon Hitchcockienne, je trouve Meyerbeer vraiment prolixe. Smile


Citation :
(C'était très bien rempli, une petite centaine de sièges libres je dirais, replacement au 3e rang du 2e balcon de côté, places vraiment idéales.)

Pourtant, il y a des tas de places à 15€ sur la Bourse (dont les tiennes hehe ) qui semblent ne pas trouver preneur. Alors que pour Tristan, j'ai dû rester en mode guetteur pendant une semaine pour dégoter une place à 35€…
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 10:04

J'y étais hier... ne pouvant pas attendre la fin de la série pour voir ces Huguenots

Malgré mes références (Bruxelles dans les deux distributions de feu dirigées par Minkowski et Strasbourg), j'ai passé une super soirée!
L'ouvrage déjà semble résister à tout, même à une direction mollassonne ou des erreurs de casting.

Mise en scène très esthétique... presque un peu trop mais ça fonctionne plutôt bien. Il faudrait juste expliquer aux metteurs en scène que faire glisser le décor pendant l'air du veilleur de nuit, c'est pas du tout une bonne idée... les grincements constants dans un moment de recueillement ça casse l'ambiance! Et puis bon, le massacre final est un peu "gentil". Mais ça marche.

Pour la partition, quelques coupures par rapport à ce qu'avait proposé Minko : le ballet disparait entièrement au III, tout comme le peu de ballet juste avant la Tour de Nesle. Les choeurs qui ouvrent le III sont aussi rabotés. Il me semble qu'il manque un tout petit ensemble avant que Raoul ne regarde par la fenêtre au I... et le deuxième couplet de "Pif! Paf!" coupé. Par contre, il m'a semblé qu'il y avait quelques ajouts. Surtout des petites strettes dont une durant le duo Raoul/Valentine... ou alors c'est le rythme pris par la direction qui était très différent.

A propos de direction, je ne sais pas si il faut blâmer le chef ou l'orchestre. Mais si on veut faire croire que la musique de Meyerbeer c'est beaucoup de ploum/ploum, c'est très bien fait! Beaucoup de mollesse, des cordes étouffées... heureusement qu'il y a ces moments de grâce sobres qui parsèment la partition où rien qu'en jouant ce qui est écrit ça fonctionne. Tout ça manque d'énergie et de vigueur je trouve.

Choeur assez bruyants mais bon, ça passe... Petits rôles très très biens distribués. Il faudrait juste que Sempey soit un peu plus sobre niveau chant et jeu. Là il fait vraiment le clown et du coup Nevers devient plus un pleutre qu'un grand seigneur. Paul Gay impressionnant de stature (mais moins monstrueux que Rouillon Sad).
Testé est assez impressionnant en Marcel. Très paternel et "vieux". Mais ça envoie! Deshayes a eu un petit souci à la fin du I (chat dans la gorge) mais sinon elle est très bien... pas d'air au II (mais du coup un petit choeur dialogué). Mais je me dis qu'elle aurait vraiment dû chanter Valentine plutôt que Urbain... Surtout que si Jaho impressionne par sa technique et son implication, il lui manque quand même un grave et une largeur percutante pour Valentine. C'est magnifique, mais on la sent tellement à fond (sans forcer sur son instrument) qu'il manque un petit quelque chose pour totalement toucher.
Oropesa est comme un poisson dans l'eau et s'amuse dans on grand air tout comme dans tout le II en fait. Variations, trilles, sur-aigus... tout passe parfaitement et elle triomphe! Nul doute qu'on parlera encore plus d'elle après ça!
Enfin Kang... lu beaucoup de mal sur lui et franchement, c'est très bien. Alors oui, la voix est peu stable au début (stress je pense) et quelques aigus en voix mixte qui trébuchent dans le duo du IV. Mais sinon, beaucoup de soin sur la prosodie, sur les nuances, sur la délicatesse du phrasé. Pour tout dire, j'ai eu l'impression d'entendre Cutler à bien des moments. Et à côté de cette douceur, il réussit parfaitement l'air de la Tour de Nesle ou les passages héroïques. Franchement c'est très bien.

Au final, une soirée superbe... et des remplaçants de très haut niveau. Je me demande même si dans les deux cas (Oropesa et Kang), on a pas gagné au change!

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Stefano P
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 15:35

J'y étais aussi hier soir, et je suis globalement d'accord avec ce que dit Polyeucte ; pour la direction de Mariotti, je l'ai trouvé très bon, mais l'orchestre ne suivait pas vraiment, il a certainement eu du mal à galvaniser ses troupes, surtout quand on voit certains musiciens feuilleter nerveusement leur partition pour voir ce qu'il leur reste à jouer ou bâiller ostensiblement avant d'attaquer le dernier acte...

La mise en scène était très basique, je ne comprends pas du tout le sens de ce déplacement temporel annoncé au début, c'est complètement inopérant par la suite ! Les deux derniers actes sont aussi loupés du point de vue de la dramaturgie et de l'intensité : on ne sent pas du tout sur scène la férocité et l’exaltation qu'exprime à ce moment-là la musique.

J'ai adoré Oropesa, vraiment excellente dans ce rôle de Marguerite, comme Deshayes dans celui du page. Testé a toujours ce côté placide et impavide qui est un peu gênant, mais vocalement, c'était pas mal du tout. Jaho, c'est vraiment l'erreur de casting ; elle compense (comme d'habitude) par un expressionnisme forcené des lacunes vocales évidentes dans ce rôle qui la dépasse largement, hélas ! Kang tient plutôt bien sa partie dans les deux premiers actes, c'est un peu appliqué, mais ça passe ; à partir du grand duo avec Valentine au IV, il craque complètement et c'est la débandade dans le V où il essaie de s'en tirer en utilisant au maximum la voix de tête, mais l'air de Nesle n'a plus rien d'héroïque, on le sent totalement largué.

Au niveau des coupures, c'était quand même assez limité ; pour reprendre le relevé de Polyeucte, je n'ai rien remarqué de coupé au I, à part le deuxième couplet du "Pif Paf" ; je n'ai rien remarqué de rajouté dans le duo (déjà monumental) au IV ; par contre, j'ai noté une coupure dans le passage de la conjuration, juste avant la bénédiction des poignards. Sinon, l'oeuvre de Meyerbeer est increvable, et malgré toutes ces insuffisances, on passe tout de même une super-soirée...
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 16:09

Stefano P a écrit:
Kang tient plutôt bien sa partie dans les deux premiers actes, c'est un peu appliqué, mais ça passe ; à partir du grand duo avec Valentine au IV, il craque complètement et c'est la débandade dans le V où il essaie de s'en tirer en utilisant au maximum la voix de tête, mais l'air de Nesle n'a plus rien d'héroïque, on le sent totalement largué.

Après, le problème est que cet air de Nesle est totalement à l'opposé de la Blanche Hermine... à Bruxelles, Cutler comme Osborn n'étaient pas non plus à l'aise (Osborn un peu plus, mais fatigué...).
Honnêtement, je craignais beaucoup plus cet air hier soir. Au final il s'en sort bien. Un manque de panache, mais c'est chanté et crânement. Et pour la voix de tête, elle était un peu trop appuyée dans le serment du mariage oui... mais sinon je ne l'ai pas notée particulièrement (quand on entendait lui et Jaho chanter, c'était lui qui semblait avoir la voix la plus aiguë! hehe)

Sinon, quelques petites modifs de la ligne chez Jaho aussi... par rapport à mes habitudes de Delunsch. Après, je ne sais pas si c'est cette dernière qui transposait vers le bas, si c'est Jaho qui transpose vers le haut (ce qui me semblerait un peu logique vu son manque d'aisance dans le grave) ou si il y a deux lignes possibles... mais c'était rare!

Et enfin oui... l'oeuvre est increvable et fonctionne toujours aussi bien!
Reste à espérer une reprise prochaine :
- Raoul : Bernard Richter
- Valentine : Kate Aldrich/Karine Deshayes
- Marguerite : Sabine Devieilhe
- Marcel : Nicolas Courjal
- Nevers : Stéphane Degout
- Saint-Bris : Laurent Alvaro
- Urbain : Marianne Crebassa
Direction : Marc Minkowski bien sûr... ou Gianandrea Noseda (j'aimerai bien l'entendre là dedans... et peut-être qu'il pourrait insuffler un peu d'énergie à l'orchestre!).

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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 16:52

Mais tout le gratin de classik était à Bastille hier soir ! J'y étais donc aussi, évidemment.

J'y reviendrai de manière plus détaillée, mais je rebondis simplement sur quelques éléments.
Kang en effet n'est pas du tout la catastrophe annoncée. Beau timbre, ligne de chant soignée, nuancée, bonne diction. Un Raoul très poétique, même s'il manque un peu de personnalité (on ne le sent pas formidablement à l'aise...). Aigus craqués dans le sublime trio du IV, mais est-ce chantable ainsi ? Nourrit ne chantait-il pas tous ses aigus en voix de tête ou mixée ?  
Jaho en Valentine, c'est un problème en effet. Elle est magnétique, les aigus sont superbes, mais le bas médium et le grave sont inconsistants.
Oropesa, en effet, un poisson dans l'eau ! Deshayes sublime, la plus grande pour moi sur ce plateau.
Sempey pas toujours convaincant scéniquement en effet, mais vocalement très bon.
Et Cyrille Dubois ! Il virevolte comme un feu-follet en densifiant par sa grâce et sa morgue un rôle pas très consistant.
Orchestre inégal, ne répondant pas toujours à l'énergie de Mariotti. Le premier alto... peut faire mieux (mais il faut dire ce qui est : le solo de la romance est injouable).
Mise en scène médiocre.
Mais j'en dirai plus sur tout, quand j'aurai du temps.

Ce ne fut pas pour moi une soirée très exaltante, mais je n'ai pas passé un mauvais moment.

J'entendais pour la première fois l'oeuvre en entier. L'acte II, où se succèdent vocalises sur vocalises, m'a donné mal au crâne. Les ensembles de fin d'acte sont toujours très réussis et les arpèges de violoncelle ponctuant les interventions de Marcel m'ont ravi Very Happy. Il y a de fort belles choses, il faudrait que je réécoute l'ensemble de l'oeuvre, mais les trois moments à m'avoir immédiatement frappé sont la romance du 1er acte (que je connaissais déjà, quelle beauté), le duo Valentine/Marcel et surtout le duo Valentine/Raoul au IV où l'on atteint des sommets de poésie et de drame. Je suis plus sceptique quant à la qualité de quelques autres numéros... J'ai l'impression de préférer Le Prophète, mais il faudra voir dans le détail après plusieurs écoutes.

Je me disais que le destin des créateurs des Huguenots est quand même fort malheureux. Nourrit défenestré, Dorus-Gras harcelée, Falcon muette à 23 ans, Flécheux décédée de la tuberculose à 27 ans ; seul Levasseur s'en est sorti.
Chanter Les Huguenots tue, c'est entendu.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 17:16

Adalbéron a écrit:
Ce ne fut pas pour moi une soirée très exaltante, mais je n'ai pas passé un mauvais moment.

Oh Sad Moi je suis sorti sur des ressorts tellement j'étais énervé comme une puce (mais dans le bon sens!!).

Citation :
J'entendais pour la première fois l'oeuvre en entier. L'acte II, où se succèdent vocalises sur vocalises, m'a donné mal au crâne. Les ensembles de fin d'acte sont toujours très réussis et les arpèges de violoncelle ponctuant les interventions de Marcel m'ont ravi Very Happy. Il y a de fort belles choses, il faudrait que je réécoute l'ensemble de l'oeuvre, mais les trois moments à m'avoir immédiatement frappé sont la romance du 1er acte (que je connaissais déjà, quelle beauté), le duo Valentine/Marcel et surtout le duo Valentine/Raoul au IV où l'on atteint des sommets de poésie et de drame. Je suis plus sceptique quant à la qualité de quelques autres numéros... J'ai l'impression de préférer Le Prophète, mais il faudra voir dans le détail après plusieurs écoutes.

Le problème est que certaines scènes étaient vraiment molles ici.
Prenons l'acte IV...
L'air de Valentine est un moment extrêmement pathétique. Sauf que le grave manquait et que se débattant pour sortir un son, Jaho ne peut pas totalement s'impliquer.
Puis la scène de la conjuration. Ben les choeurs ne sont pas impressionnants, Gay est superbe mais manque de monstruosité... c'est propre mais pas terrible comme ça devrait l'être.
Le duo final très beau, mais la bascule vers le drame (après les premiers coups de cloche) ne bascule pas niveau ambiance orchestrale. Et d'ailleurs ce sera toute la fin qui manque de puissance. Cette rangaine "Huguenots abjurez!" qui revient régulièrement à l'orchestre n'est pas terriblement jouée par manque d'implication.
Bref... je vais arrêter on va croire que j'ai pas aimé! hehe

Sinon pour une ré-écoute, tu as plusieurs choix... mais Minkowski de 2011 est imparable à mon sens (mais seulement une bande radio Sad Sad Finalement ils n'ont jamais publié la vidéo pourtant c'était en projet!)

Citation :
Je me disais que le destin des créateurs des Huguenots est quand même fort malheureux. Nourrit défenestré, Dorus-Gras harcelée, Falcon muette à 23 ans, Flécheux décédée de la tuberculose à 27 ans ; seul Levasseur s'en est sorti.
Chanter Les Huguenots tue, c'est entendu.

Ah oui quand même!
En fait c'est presque comme La Juive. Des ouvrages maudits!

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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 23:09

Polyeucte a écrit:

Au final, une soirée superbe... et des remplaçants de très haut niveau. Je me demande même si dans les deux cas (Oropesa et Kang), on a pas gagné au change!

Je suis entièrement d'accord ! Very Happy

Polyeucte a écrit:

Reste à espérer une reprise prochaine :
- Raoul : Bernard Richter
- Valentine : Kate Aldrich/Karine Deshayes
- Marguerite : Sabine Devieilhe
- Marcel : Nicolas Courjal
- Nevers : Stéphane Degout
- Saint-Bris : Laurent Alvaro
- Urbain : Marianne Crebassa
Direction : Marc Minkowski bien sûr... ou Gianandrea Noseda (j'aimerai bien l'entendre là dedans... et peut-être qu'il pourrait insuffler un peu d'énergie à l'orchestre!).

À quelques détails près, une distribution que je trouve moi aussi idéale.
Deshayes plutôt qu'Aldrich, très nettement.
Richter c'est une idée, sinon Spyres Smile
Courjal, je ne suis pas un admirateur, mais je ne sais pas si on peut vraiment trouver mieux dans un bon français ; et le rôle lui irait bien.



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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Ven 5 Oct 2018 - 23:44

Adalbéron a écrit:
Polyeucte a écrit:

Reste à espérer une reprise prochaine :
- Raoul : Bernard Richter
- Valentine : Kate Aldrich/Karine Deshayes
- Marguerite : Sabine Devieilhe
- Marcel : Nicolas Courjal
- Nevers : Stéphane Degout
- Saint-Bris : Laurent Alvaro
- Urbain : Marianne Crebassa
Direction : Marc Minkowski bien sûr... ou Gianandrea Noseda (j'aimerai bien l'entendre là dedans... et peut-être qu'il pourrait insuffler un peu d'énergie à l'orchestre!).

À quelques détails près, une distribution que je trouve moi aussi idéale.
Deshayes plutôt qu'Aldrich, très nettement.
Richter c'est une idée, sinon Spyres Smile
Courjal, je ne suis pas un admirateur, mais je ne sais pas si on peut vraiment trouver mieux dans un bon français ; et le rôle lui irait bien.

Avec Aldrich, on aurait un personnage vraiment dramatique, totalement emporté par son rôle. Deshayes reste souvent un peu plus "légère" scéniquement... Et je dois avouer que Aldrich me fascine dans ses personnages. Sa Fidès par exemple est géniale!
Et pour Spyres, bien sûr... mais je crains un peu que sa voix se perde dans Bastille. Alors que Richter, c'est tellement haut placé que ça devrait passer tout seul (son marin de Tristan était sidérant d'ailleurs).
En dehors de Courjal? Peut-être Varnier encore, mais à Bastille c'est peut-être grand. Sinon Teitgen serait super chouette. Mais je suis plus fasciné par le côté hyper sombre de Courjal!

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Sam 6 Oct 2018 - 15:51

Et Richter, si la voix n'a pas trop radicalement évolué, a tout le suraigu nécessaire pour Briller en Raoul ! Oui, distribution vraiment parfaite !

Si Hélène Bernardy chante toujours (et bien), car peu de nouvelles ces dix dernières années, sa Valentine me tenterait beaucoup. Mais effectivement, Aldrich ou Deshayes, ça enverrait du bois !

Dans Bastille, Teitgen serait probablement plus sonore que Courjal. Et Degout, je le verrais plutôt, dans l'état actuel de sa voix, en Saint-Bris, moins lumineux et plus inquiétant. En Nevers, pourquoi pas un jeune baryton comme Philippe Sly ou Mathieu Dubroca.

Mais j'achète ta distribution (sans doute moins chère, en plus !) sans y trouver la moindre chose à redire, c'est parfait.

(Concernant Varnier, l'aigu commence à être plus difficile depuis quelques années : il a un peu décliné depuis Bruxelles.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Sam 6 Oct 2018 - 15:55

Stefano P a écrit:
mais l'orchestre ne suivait pas vraiment, il a certainement eu du mal à galvaniser ses troupes, surtout quand on voit certains musiciens feuilleter nerveusement leur partition pour voir ce qu'il leur reste à jouer ou bâiller ostensiblement avant d'attaquer le dernier acte...

Je les retrouve bien là. hehe Je craignais que Meyerbeer ne les passionne pas (on les sent assez peu concernés, souvent, quand ce n'est pas du répertoire plus « orchestral »). Hier, pendant Jarrell, les cornistes III et IV ont bavardé assez longuement (apparemment en commentant quelque chose d'incongru qui venait de se passer).

Après, ce sont des choses qu'on voit de loin, ce n'est pas forcément de l'ennui ou de la désinvolture, mais quand ça rejoint ce qu'on entend musicalement, ouille. Confused
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Sam 6 Oct 2018 - 16:48

DavidLeMarrec a écrit:
(Concernant Varnier, l'aigu commence à être plus difficile depuis quelques années : il a un peu décliné depuis Bruxelles.)

Oui c'est sûr... je l'ai entendu à Avignon il y a deux ans dans Méphisto... et les aigus étaient vraiment difficiles, voir même faux. Mais sinon le reste de la voix est toujours aussi impressionnant d'autorité!! Face à la Marguerite de Manfrino, c'était une soirée de feu (bon, fallait accepter Laconi... mais bon Rolling Eyes)

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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mar 9 Oct 2018 - 21:19

Opéra Bastille
Dimanche 7 octobre 2018
Giacomo Meyerbeer
Les Huguenots
Livret : Eugène Scribe

1.122 ème représentation ! et 4ème dans cette M.e.S

Orchestre et chœurs de l’Opéra National de Paris
Direction musicale : Michele Mariotti
Mise en scène : Andreas Kriekenburg

Marguerite de Valois : Lisette Oropesa
Raoul de Nangis : Yosep Kang
Valentine : Ermonela Jaho
Marcel : Nicolas Teslé
Urbain : Karine Deshayes
Le comte de Nevers : Florian Sempey
Le comte de Saint-Bris : Paul Gay

Difficile d’écrire quelques lignes, car à trop en attendre…

* Le livret/théâtre s’étire, prend ses aises, surtout aux 2ers actes. L’acte III est plus animé ; la scène III  est touchante : Valentine avertit Marcel du piège tendu à Raoul
« Ne te repens pas, noble fille,
d’un dévoûment  où l’honneur brille
ne pleure pas «
Les actes IV et V resserrent enfin l’action.
Toutefois, E.S. manque de densité dramatique, à mon goût, y compris à l’acte V.
Je pense que la recherche du « beau »chant n’est pas étrangère à cette impression, et puis la mise en scène brouillonne de cet acte final ne transcrit pas la nature tragique de la situation.
*La musique et l’orchestre n’ont pas répondu à mon attente de surprise, de nouveauté.
La lecture du livret ne m'avait pas préparé à l'omniprésence des choeurs.
La direction de M.M. manque de « punch ».

J’ai bien aimé L.Oropesa, facile, à l’aise, joueuse : de la fraîcheur dans la scène du bain.
De même , K.Deshayes et N.Teslé sont à citer.

Au final, tout ceci reste assez conventionnel. Si je n’ai pas été saisi par l’œuvre, je ne me suis pas pour autant ennuyé un seul instant.
Donc, c’est à écouter et voir, ne serait-ce qu’au titre de la culture musicale, et puis ne s’agit-il pas du modèle du Grand Opéra à la
Française ?
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mar 9 Oct 2018 - 21:51

charles.ogier a écrit:
facile, à l’aise, joueuse : de la fraîcheur dans la scène du bain.
Ça fait envie... pig
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mar 9 Oct 2018 - 22:03

Benedictus a écrit:
charles.ogier a écrit:
facile, à l’aise, joueuse : de la fraîcheur dans la scène du bain.
Ça fait envie... pig

Oh! ce sont plutôt ses dames de compagnie... mais elles sont encore plus que décentes.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mar 9 Oct 2018 - 22:16

Tout fout l'camp, même les mises en scènes subversives et dérangeantes...
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Walther
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 11:34

Je suis content que cet opéra ait ses admirateurs et que cette production soit vue comme la résurrection d’un grand ouvrage longtemps et injustement oublié… car j’y suis allé dimanche dernier et malheureusement ce type d’opéra n’est pas du tout mon truc (et pourtant, beaucoup de types d'opéra sont mon truc Very Happy ) !

On va sans doute me sauter dessus à bras raccourcis pour mes propos, mais j’ai rarement entendu une musique aussi creuse et pompeuse du début à la fin. Bien sûr il y a bien d’autres œuvres pompeuses et creuses, mais au moins quand l’invention mélodique et l’originalité sont là je passe un bon moment ! Or là, je n’ai strictement éprouvé aucune émotion (jamais entendu un duo d’amour aussi frigorifique – surtout entendu après Tristan et Isolde le mois dernier), et pourtant avec un sujet comme ça j’attendais à ce que ça me prenne aux tripes… et précisément je n’ai pas arrêté de me dire que j’aurais bien aimé entendre la même intrigue confiée à Berlioz ou Verdi (bon ok, ils auraient été un peu jeunes à l’époque – surtout le deuxième – pour qu’on leur confie une tâche de cette ampleur).

Niveau orchestration, des éclats de cuivre à tout va… quelques passages lyriques confiés aux cordes n’auraient pas fait de mal… Des études de timbres intéressantes, mais quant à l’invention mélodique : euhhhh… Cela dit j’ai été intrigué par ces quelques passages où le violoncelle solo ponctuait un air comme le clavecin le ferait dans un récitatif.

Différents articles sur Internet incriminent la direction de Mariotti, disant qu'elle n'insuffle pas le souffle nécessaire à cette épopée, etc. Soit.

Finalement j’étais content qu’il y ait la mise en scène… Celle de l’acte I m’a bien fait marrer, avec ces serviteurs tout de blanc vêtus (échappés du Chevalier à la rose ou des Noces de Figaro ?) qui circulent dans le bâtiment avec leur plateau sans jamais servir personne (pourquoi sont-ils aussi nombreux d’ailleurs ?), montant de temps en temps à l’étage supérieur où il n’y a de toute façon… personne à servir. On dirait des personnages dans un jeu vidéo : ils avancent tout droit, en tournant de temps en temps à 90° pour ne pas percuter un pilier ou éviter de se rentrer dedans, et montent ou descendent l’escalier s’il y en a un sur leur trajectoire.
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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 17:09

Polyeucte a écrit:
Adalbéron a écrit:
Polyeucte a écrit:

Reste à espérer une reprise prochaine :
- Raoul : Bernard Richter
- Valentine : Kate Aldrich/Karine Deshayes
- Marguerite : Sabine Devieilhe
- Marcel : Nicolas Courjal
- Nevers : Stéphane Degout
- Saint-Bris : Laurent Alvaro
- Urbain : Marianne Crebassa
Direction : Marc Minkowski bien sûr... ou Gianandrea Noseda (j'aimerai bien l'entendre là dedans... et peut-être qu'il pourrait insuffler un peu d'énergie à l'orchestre!).

À quelques détails près, une distribution que je trouve moi aussi idéale.
Deshayes plutôt qu'Aldrich, très nettement.
Richter c'est une idée, sinon Spyres Smile
Courjal, je ne suis pas un admirateur, mais je ne sais pas si on peut vraiment trouver mieux dans un bon français ; et le rôle lui irait bien.

Avec Aldrich, on aurait un personnage vraiment dramatique, totalement emporté par son rôle. Deshayes reste souvent un peu plus "légère" scéniquement... Et je dois avouer que Aldrich me fascine dans ses personnages. Sa Fidès par exemple est géniale!
Et pour Spyres, bien sûr... mais je crains un peu que sa voix se perde dans Bastille. Alors que Richter, c'est tellement haut placé que ça devrait passer tout seul (son marin de Tristan était sidérant d'ailleurs).
En dehors de Courjal? Peut-être Varnier encore, mais à Bastille c'est peut-être grand. Sinon Teitgen serait super chouette. Mais je suis plus fasciné par le côté hyper sombre de Courjal!

Pourquoi Bernard Richter ? Ce n'est vraiment pas le genre de rôle qu'il chante (Pelleas, DesGrieux, Tamino...) ... Spyres c'est parfait (si Bastille lui convient...), sinon il y a Osborn (qu'on entend très bien à Bastille) ou Florez qui était plutôt bon lui aussi à Berlin. Et sans doute d'autres ténors capables de venir à bout de ces airs redoutables : Hymel aurait réussi à mon avis s'il n'avait pas ses problèmes vocaux actuels.
Je trouve la voix de Deviehle un peu petite pour Bastille (et pour Marguerite qui n'est pas un rôle si léger que cela, même Oropesa que j'aime beaucoup dans ce rôle, est un peu juste en aigus héroïques, alors Deviehle....). Quant à Valentine, c'est le rôle le plus difficile à distribuer : Deshayes oui c'est possible, Aldrich ? Je ne sais pas, question vocalises (et il y en a pas mal dans le rôle), ce n'est pas terrible...
Ante Jerkunica était excellent en Marcel à Berlin, plus "basse" et sombre que Testé. Mieux quoi....mais bon c'est aussi une question d'équilibre général. Dans l'enregistrement du festival US de 2009 où figure Spyres, l'ensemble des rôles est très bien distribué même si les artistes ne sont pas très connus (Spyres ne l'était pas non plus tellement à l'époque). On sent la marque d'une école de chant français aux USA....avec une technique travaillée sur le grand opéra.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 18:30

charles.ogier a écrit:
* Le livret/théâtre s’étire, prend ses aises, surtout aux 2ers actes.

C'est lié à la vocation pittoresque du genre : on a de même des descriptions de ruisseaux dans les montagnes dans le Guillaume Tell de Rossini, des scènes de genre dans le camp croisé pour Robert le Diable (et ça influence jusqu'au Verdi de La Forza del Destino, qui n'était pourtant pas soumis à ce cahier des charges !).

Je trouve que malgré cela, il se passe beaucoup de petites actions (pas l'action principale, mais cette infinité de dialogues qui sont déjà de la conversation en musique) qui animent considérablement la scène.


Citation :
Toutefois, E.S. manque de densité dramatique, à mon goût, y compris à l’acte V.

Pourquoi pas, et je ne suis pas le dernier à vouloir un drame aussi concis que possible, mais à part Verdi, qui fait au XIXe plus efficace que Scribe ? En particulier dans les Huguenots (où, contrairement à Robert, Le Prophète et bien sûr l'Africaine, je ne vois pas un moment de creux).


Citation :
*La musique et l’orchestre n’ont pas répondu à mon attente de surprise, de nouveauté.

C'est sans doute parce qu'on a dans l'oreille des compositeurs qui procèdent de Meyerbeer et ont radicalisé ses qualités (la concision dramatique chez Verdi, le drame continu chez Wagner), mais il y a des choses, dans la mobilité harmonique (pas du niveau de Chopin ou Berlioz, bien sûr, mais très supérieur au tout-venant franco-italien d'alors, vraiment soigné et surprenant !), la diversité rythmique (là aussi, très loin des formules d'accompagnement postclassiques et des basses d'Alberti pour orchestre à cordes), l'enchaînement des numéros et l'orchestration (ces solos, comme ce moment assez dingue pour trois chanteurs et clarinette basse seule, pendant trois longues minutes !), tout cela, sans être révolutionnaire comme d'autres l'ont été, est clairement à la pointe de ce qui se composait dans les années 1830.

L'Histoire a surtout retenu ceux qui ont opéré de réelles ruptures, et c'est sans doute pourquoi Meyerbeer ne nous paraît pas aussi prégnant. (Par ailleurs je doute que l'immensité de Bastille et le manque d'implication de l'orchestre permettent de le servir de façon tout à fait conforme à ses mérites.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 18:55

Walther a écrit:
On va sans doute me sauter dessus à bras raccourcis pour mes propos,

Pas du tout, évidemment. Chacun a ses inclinations.

En revanche oui, c'est attristant de lire ces choses sur Meyerbeer, souvent colportées (à commencer par ses contemporains jaloux, puis par des commentateurs ou mélomanes qui ne l'ont pas écouté et ont reproduit servilement ces préjugés – antisémitisme aidant, quelquefois, coucou Richard, coucou Lucien coucou ), se retrouver chez ceux qui, au contraire, ont fait l'effort d'aller sincèrement écouter comme toi. Se dire que ce qui est pourtant assez loin de ce qu'il a été, en réalité, dans l'histoire de la musique peut réellement être perçu par les auditeurs de bonne foi. Sad

Car le côté pompeux, creux, sans mélodies, banal rien ne me paraît plus éloigné de ce que je vois dans la partition (et de ce qu'entendent mes oreilles, bien sûr).

Pour peu qu'on aime l'opéra franco-italien du XIXe, bien sûr. Si on trouve Verdi et Gounod trop basiques, effectivement Meyerbeer, quoique un cran supérieur en subtilité, ne va pas grandement impressionner.

Après, chacun a sa sensibilité sur ces matières, on ne peut pas se fâcher après quelqu'un qui va écouter dans de bonnes dispositions et n'y trouve pas son compte.

En revanche, je reste perplexe sur ce que tu en dis :

Citation :
Niveau orchestration, des éclats de cuivre à tout va…

Il n'y a vraiment pas beaucoup de moments cuivrés ! Pas plus que dans les autres opéras de grand format (et c'est fait plutôt plus finement que Verdi, et moins bruyamment que Berlioz).


Citation :
Cela dit j’ai été intrigué par ces quelques passages où le violoncelle solo ponctuait un air comme le clavecin le ferait dans un récitatif.

C'est une sorte de leitmotiv attaché au personnage de Marcel (Meyerbeer est vraisemblablement celui qui a inspiré ce principe à Wagner, même si Grétry l'avait déjà fait dans Andromaque).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 19:12

Je précise que je ne tiens pas du tout, malgré mon acharnement dans ce fil, à établir une sorte de norme (par la saturation de l'espace hehe ). J'essaie simplement d'éclairer ce qui me semble être la singularité et le mérite de Meyerbeer, voyant qu'ils ne sont pas toujours ressentis, en soulignant la présence de tel ou tel aspect ou détail.

Il va de soi que chacun est légitime à ne pas aimer et à l'exprimer, bien sûr.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 19:44

HELENE ADAM a écrit:
Pourquoi Bernard Richter ?

Parce qu'il combine la souplesse, l'ampleur sonore, le suraigu (électrisant), le français parfait et expressif, et même l'autodérision nécessaire pour réussir pleinement Raoul. Les candidats qui combinent tout cela sont particulièrement peu nombreux, même si Osborn pourrait tout à fait (mais Richter est tellement plus exaltant !). Flórez, oui, bien sûr, le rôle n'est pas plus lourd que Robert, il est même plutôt plus haut placé, dans une zone et une couleur plus confortables pour lui.

Pour Hymel, c'est le sérieux général, la moindre mobilité expressive et le caractère assez sombres de la voix qui en font plus facilement un Robert (et même plutôt un Énée) qu'un Raoul, mais oui, il se serait très bien acquitté de sa tâche.

Devielhe, pas entendue dans Bastille, mais la voix passe vraiment très bien la rampe (pour ce que j'ai pu en juger, dans des salles et des rôles très différents, bien plus nettement qu'Oropesa).

Il est vrai que les chanteurs anglais et américains sont très sensibilisés au répertoire français (que leur placement nasal leur permet souvent de bien chanter), et souvent excellents en prononciation, pour ceux qui font une carrière internationale ; en revanche, pour ce qui est de l'intégrale des Huguenots (effectivement, le point de départ de la carrière hors Amériques de Spyres), il faut surtout y voir l'acharnement du grand Leon Botstein, directeur musical de l'American SO (situé à New York et dans les proches régions), d'explorer énormément de répertoire négligé (opéras français rares, poèmes symphoniques germaniques décadents, musique soviétique, etc.). Sans doute l'orchestre et le chef au plus vaste répertoire aujourd'hui dans le monde (et le pire est qu'ils sont bons partout, de Spohr à Chtcherbatchov !).
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 19:54

Walther a écrit:
Je suis content que cet opéra ait ses admirateurs

Ce qui était le cas ce dimanche à Bastille
* salle pleine; utilisation des strapontins de mon côté
* Applaudissements et bravo lors des "airs", et bien sûr pour L.O.
==>des spectateurs contents; c'est déjà un succès.
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 19:57

DavidLeMarrec a écrit:
HELENE ADAM a écrit:
Pourquoi Bernard Richter ?

Parce qu'il combine la souplesse, l'ampleur sonore, le suraigu (électrisant), le français parfait et expressif, et même l'autodérision nécessaire pour réussir pleinement Raoul. Les candidats qui combinent tout cela sont particulièrement peu nombreux, même si Osborn pourrait tout à fait (mais Richter est tellement plus exaltant !). Flórez, oui, bien sûr, le rôle n'est pas plus lourd que Robert, il est même plutôt plus haut placé, dans une zone et une couleur plus confortables pour lui.

Pour Hymel, c'est le sérieux général, la moindre mobilité expressive et le caractère assez sombres de la voix qui en font plus facilement un Robert (et même plutôt un Énée) qu'un Raoul, mais oui, il se serait très bien acquitté de sa tâche.

Devielhe, pas entendue dans Bastille, mais la voix passe vraiment très bien la rampe (pour ce que j'ai pu en juger, dans des salles et des rôles très différents, bien plus nettement qu'Oropesa).

Il est vrai que les chanteurs anglais et américains sont très sensibilisés au répertoire français (que leur placement nasal leur permet souvent de bien chanter), et souvent excellents en prononciation, pour ceux qui font une carrière internationale ; en revanche, pour ce qui est de l'intégrale des Huguenots (effectivement, le point de départ de la carrière hors Amériques de Spyres), il faut surtout y voir l'acharnement du grand Leon Botstein, directeur musical de l'American SO (situé à New York et dans les proches régions), d'explorer énormément de répertoire négligé (opéras français rares, poèmes symphoniques germaniques décadents, musique soviétique, etc.). Sans doute l'orchestre et le chef au plus vaste répertoire aujourd'hui dans le monde (et le pire est qu'ils sont bons partout, de Spohr à Chtcherbatchov !).

Tout à fait d'accord pour rappeler (et complimenter) l'acharnement de Botstein parce que dans les enregistrements contemporains disponibles, celui-ci est le plus complet (ballets compris) et le plus homogène (excellent pour entendre vraiment Meyerbeer en entier....).
J'ai entendu Deviehle à Bastille en Reine de la nuit et j'ai été déçue : projection insuffisante, petite voix. On l'entend ce n'est pas le problème mais cela sonne "petit" bien loin de ce que doit être Marguerite qui est quand même un rôle qui exige une voix assez large tout en étant capable d'une grande précision dans les vocalises. Je n'ai entendu Oropesa qu'à Bastille et à Munich, je n'ai pas noté de problème de ce côté là même si les rôles étaient très différents. Mais bon, on sait que l'acoustique d'une salle dépend de là où on est placé...
J'ai cité ceux qui chantent actuellement Raoul (Osborn compris). Je ne connais pas assez Richter et pour le coup, je ne l'ai jamais entendu dans ce genre de rôle... (alors que j'ai entendu Osborn en prophète, Florez en Raoul, Hymel en Henri etc... ce qui est plus facile.). Mais je vais le suivre de près dès que j'en aurais l'occasion... Wink

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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 20:14

DavidLeMarrec a écrit:
charles.ogier a écrit:
* Le livret/théâtre s’étire, prend ses aises, surtout aux 2ers actes.

C'est lié à la vocation pittoresque du genre : on a de même des descriptions de ruisseaux dans les montagnes dans le Guillaume Tell de Rossini, des scènes de genre dans le camp croisé pour Robert le Diable (et ça influence jusqu'au Verdi de La Forza del Destino, qui n'était pourtant pas soumis à ce cahier des charges !).

Je trouve que malgré cela, il se passe beaucoup de petites actions (pas l'action principale, mais cette infinité de dialogues qui sont déjà de la conversation en musique) qui animent considérablement la scène.


Citation :
Toutefois, E.S. manque de densité dramatique, à mon goût, y compris à l’acte V.

Pourquoi pas, et je ne suis pas le dernier à vouloir un drame aussi concis que possible, mais à part Verdi, qui fait au XIXe plus efficace que Scribe ?  En particulier dans les Huguenots (où, contrairement à Robert, Le Prophète et bien sûr l'Africaine, je ne vois pas un moment de creux).


Citation :
*La musique et l’orchestre n’ont pas répondu à mon attente de surprise, de nouveauté.

C'est sans doute parce qu'on a dans l'oreille des compositeurs qui procèdent de Meyerbeer et ont radicalisé ses qualités (la concision dramatique chez Verdi, le drame continu chez Wagner), mais il y a des choses, dans la mobilité harmonique (pas du niveau de Chopin ou Berlioz, bien sûr, mais très supérieur au tout-venant franco-italien d'alors, vraiment soigné et surprenant !), la diversité rythmique (là aussi, très loin des formules d'accompagnement postclassiques et des basses d'Alberti pour orchestre à cordes), l'enchaînement des numéros et l'orchestration (ces solos, comme ce moment assez dingue pour trois chanteurs et clarinette basse seule, pendant trois longues minutes !), tout cela, sans être révolutionnaire comme d'autres l'ont été, est clairement à la pointe de ce qui se composait dans les années 1830.

L'Histoire a surtout retenu ceux qui ont opéré de réelles ruptures, et c'est sans doute pourquoi Meyerbeer ne nous paraît pas aussi prégnant. (Par ailleurs je doute que l'immensité de Bastille et le manque d'implication de l'orchestre permettent de le servir de façon tout à fait conforme à ses mérites.)

Sur le livret et l'intensité dramatique
Il s'agit d'un opéra au sujet historique dans un moment très difficile de l'histoire de notre pays et de Paris en particulier. Le pouvoir royal n'est pas seul en cause, et le peuple parisien se serait, d'après au moins une hypothèse, livré tôt ou tard à ce massacre,et ce de sa propre initiative.
Je ne retrouve pas cette tragédie dans le théâtre de E.S.
aparté: et la projection de ce moment en 2063 !

Sur la musique et l'orchestre
Oui, j'ai entendu du G.Verdi dans les Huguenots ( et un peu de V.Bellini), mais comme vous le soulignez justement, la rupture dans l'écriture musicale n'est pas directement audible; peut-être à la lecture de la partition.
Après,il en va de la musique comme de la peinture, être saisi par une oeuvre, l'écouter/la contempler sans "intellectualisation", la faire sienne, quel secret espoir!
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 20:16

Bon, David a bien répondu pour Richter... mais quand même Mr.Red

HELENE ADAM a écrit:

J'ai entendu Deviehle à Bastille en Reine de la nuit et j'ai été déçue : projection insuffisante, petite voix. On l'entend ce n'est pas le problème mais cela sonne "petit" bien loin de ce que doit être Marguerite qui est quand même un rôle qui exige une voix assez large tout en étant capable d'une grande précision dans les vocalises. Je n'ai entendu Oropesa qu'à Bastille et à Munich, je n'ai pas noté de problème de ce côté là même si les rôles étaient très différents. Mais bon, on sait que l'acoustique d'une salle dépend de là où on est placé...

Oui, peut-être un peu léger... mais qui actuellement pour attirer du monde, avoir le style, la diction et l'aisance? Perso je n'en vois pas trop....

Citation :
J'ai cité ceux qui chantent actuellement Raoul (Osborn compris). Je ne connais pas assez Richter et pour le coup, je ne l'ai jamais entendu dans ce genre de rôle... (alors que j'ai entendu Osborn en prophète, Florez en Raoul, Hymel en Henri etc... ce qui est plus facile.). Mais je vais le suivre de près dès que j'en aurais l'occasion... Wink

Osborn bien sûr!! Il avait été un superbe Raoul à Bruxelles déjà. Et en effet son Prophète est impressionnant (encore plus à Toulouse qu'en Allemagne).
Après pour Florez je n'ai vraiment pas été saisi par son interprétation à Berlin... et Hymel, je dois dire que vus ce qui en est dit actuellement Sad
Après, Spyres oui... mais à Bastille, je crains vraiment niveau volume. Autant je suis fan de ce ténor (même son Don José  était très intéressant je trouve), autant il n'a pas une projection très importante.

Enfin, pour Valentine, disons que même si oui, Aldrich pourrait être un peu tendue dans l'aigu, elle a les vocalises. Sa Fidès à Toulouse était magique! Et le grand air du IV était assumé crânement... et lui aussi n'est pas avare de vocalises. Beaucoup plus précise que Margaine par exemple (qui était un peu raide).

Après, le but de cette distribution était de choisir des chanteurs au style français éprouvé et capable d'un très bon français. Parce que si on compare ce qui a été donné à Paris et ce qui a été donné à Bruxelles, on est pas exactement dans la même qualité de style (à la baguette aussi!) ce qui à mon sens fait un peu basculer la partition du mauvais côté...

Mais bon, vous pouvez me mettre une autre distribution, j'irai quand même!!
Raoul : Vittorio Grigolo
Valentine : Elina Garança
Marguerite : Jessica Pratt
Marcel : Ferruccio Furlanetto
...

J'y vais quand même! Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Je suis fan des Huguenots!
(d'ailleurs, il semble qu'une reprise de la production de Py serait à l'étude... espérons une belle distribution... et une vidéo!!)

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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 20:16

DavidLeMarrec a écrit:
Je précise que je ne tiens pas du tout, malgré mon acharnement dans ce fil, à établir une sorte de norme (par la saturation de l'espace hehe ). J'essaie simplement d'éclairer ce qui me semble être la singularité et le mérite de Meyerbeer, voyant qu'ils ne sont pas toujours ressentis, en soulignant la présence de tel ou tel aspect ou détail.

Il va de soi que chacun est légitime à ne pas aimer et à l'exprimer, bien sûr.

Loin de moi cette idée; déjà, vous prenez le temps de répondre à nos fils d'une façon argumentée, soyez-en remercié !
Après, vous êtes un super-vendeur, un finisseur ! ne manque plus que Guillaume!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 21:04

HELENE ADAM a écrit:
Tout à fait d'accord pour rappeler (et complimenter) l'acharnement de Botstein parce que dans les enregistrements contemporains disponibles, celui-ci est le plus complet (ballets compris) et le plus homogène (excellent pour entendre vraiment Meyerbeer en entier....).

Il a fait aussi un Roi malgré lui (là aussi, les versions modernes commerciales ne se bousculent pas, et la seule a plus de vingt ans et n'inclut pas les dialogues !), un Henry VIII (hors le DVD de Compiègne, pas grand choix non plus)… Je n'ai pas vérifié si c'était disponible en physique ou simplement en dématérialisé, mais cela a le mérite d'exister de façon commerciale et donc d'autant plus pérenne.

Sur la largeur de Marguerite, j'avoue que je m'en moque un peu, mais c'est une exigence qu'on peut avoir en effet, la typologie étant belcantiste, et donc pas vraiment un soprano léger (même si bien plus qu'Isabelle ou même Eudoxie).

Oropesa était très vaporeuse (donc peu d'impact) à la Philharmonie (où les voix passent mal, mais c'était d'autres mieux équilibrées passent mieux). Ça ne sonnait pas grand, et surtout n'avait pas de présence très physique, alors que Devieilhe en a en revendre avec son émission très antérieure qui fend l'espace et caresse l'épiderme (mais c'était à l'Opéra-Comique, pas une salle facile pour les voix en vérité, mais évidemment sans comparaison aucune avec Bastille).


Citation :
J'ai cité ceux qui chantent actuellement Raoul (Osborn compris). Je ne connais pas assez Richter et pour le coup, je ne l'ai jamais entendu dans ce genre de rôle... (alors que j'ai entendu Osborn en prophète, Florez en Raoul, Hymel en Henri etc... ce qui est plus facile.). Mais je vais le suivre de près dès que j'en aurais l'occasion... Wink

Richter a fait (c'était il y a plus de dix ans, a-t-il conservé le suraigu vu les rôles plus centraux qu'il chante depuis ?) Alphonse dans Zampa, sensiblement la même typologie que Raoul, mi-héroïque, mi-agile-à-aigu. Son caractère d'opéra comique autorise des voix plus légères, mais en réalité les qualités requises sont très similaires, de même que l'ambitus. Par ailleurs, vu le son très généreux de Richter, ce devrait vraiment bien fonctionner.

À Bastille, je ne l'ai entendu que dans le Pilote du Vaisseau : incroyable comme il remplissait la salle, mais c'était a cappella, donc pas comparable non plus. Qu'il vienne tester dans un grand opéra (Le Juif errant d'Halévy, Patrie ! de Paladilhe ?) que ne manquera pas de commander le prochain directeur. Évidemment.


charles.ogier a écrit:
Sur le livret et l'intensité dramatique
Il s'agit d'un opéra au sujet historique dans un moment très difficile de l'histoire de notre pays et de Paris en particulier. Le pouvoir royal n'est pas seul en cause, et le peuple parisien se serait, d'après au moins une hypothèse, livré tôt ou tard à ce massacre,et ce de sa propre initiative.
Je ne retrouve pas cette tragédie dans le théâtre de E.S.

Ah, ce n'est en rien un traité historique ! Outre qu'on ne disposait pas d'ouvrages aussi rigoureux que désormais, on est en plein dans la légende romantique de Catherine de Médicis (supposée faire un caméo au IV, prévu par le livret, passant silencieusement au milieu des conjurés !) en maîtresse de l'assassinat de masse. Le livret rend compte de la complexité des engrenages, du mélange entre des existences dérisoires et la grande Histoire qui s'écrit, mais pas du tout de la réalité de la situation politique dans la France d'alors, c'est tout à fait certain.

Par ailleurs, comme on est à l'opéra, le sujet principal reste l'histoire d'amour, dans un cadre certes spectaculaire, mais la Saint-Barthélémy n'en est pas le centre, seulement l'apothéose paradoxale (sorte de transfiguration des amoureux au milieu d'un final-catastrophe).


aparté: et la projection de ce moment en 2063 !

Je n'ai pas encore vu la production. Les images diffusées ne me permettent pas trop de saisir en quoi ce que l'on voit est futuriste, mais il semble que les spectateurs non plus. hehe


Citation :
Oui, j'ai entendu du G.Verdi dans les Huguenots ( et un peu de V.Bellini), mais comme vous le soulignez justement, la rupture dans l'écriture musicale n'est pas directement audible; peut-être à la lecture de la partition.

C'est Verdi le jeunot qui s'inspire potentiellement (pas directement à la vérité, mais il a forcément entendu ses opéras et lu ses partitions, donc il a ça dans un coin de sa tête quand il commence à exploser le cloisonnement des numéros dans Stiffelio ou Rigoletto, et même déjà dans Nabucco), donc il n'y a pas de rupture de Meyerbeer par rapport à la norme Verdi ; néanmoins Meyerbeer fait montre d'un intérêt plus appuyé dans la finition des enchaînements harmoniques ou dans les effets d'orchestration (pas le point fort de Verdi).


Citation :
Après,il en va de la musique comme de la peinture, être saisi par une oeuvre, l'écouter/la contempler sans "intellectualisation", la faire sienne, quel secret espoir!

Oui, à la fin des fins, on ne peut exalter que ce qu'on entend vraiment… savoir que ça y est n'est d'aucune consolation ! hehe
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 21:09

Polyeucte a écrit:
Après, Spyres oui... mais à Bastille, je crains vraiment niveau volume. Autant je suis fan de ce ténor (même son Don José  était très intéressant je trouve), autant il n'a pas une projection très importante.

C'est vrai, la voix est très ronde, ce qui a des avantages pour l'égalité des registres, le confort d'écoute dans les configurations les plus diverses des rôles qu'il aborde, mais ça ne permet pas vraiment de remplir une salle comme avec une voix plus antérieure et/ou métallique (je sors de Tristan avec Schager hehe ).


Citation :
Mais bon, vous pouvez me mettre une autre distribution, j'irai quand même!!
Raoul : Vittorio Grigolo
Valentine : Elina Garança
Marguerite : Jessica Pratt
Marcel : Ferruccio Furlanetto

J'irais quand même aussi, pour la même raison, parce que c'est un des plus beaux opéras que je connaisse. Peut-être pas le top 10 (parce que j'en aime beaucoup), mais dans un top 20 ou 30 très dense en chefs-d'œuvres, assurément !

Donc même avec
Raoul : Marco Berti
Valentine : Violetta Urmana
Marguerite : Nino Machaidze
Marcel : John Tomlinson
Je viens.
(mais j'ai terriblement peur)
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 21:27

DavidLeMarrec a écrit:
C'est vrai, la voix est très ronde, ce qui a des avantages pour l'égalité des registres, le confort d'écoute dans les configurations les plus diverses des rôles qu'il aborde, mais ça ne permet pas vraiment de remplir une salle comme avec une voix plus antérieure et/ou métallique (je sors de Tristan avec Schager hehe ).

Disons que si à l'Opéra-Comique c'est parfait, déjà au TCE, on ne sent pas l'impact aussi marquant. Alors à Bastille... et en plus avec ce décor très ouvert...


Citation :

Donc même avec
Raoul : Marco Berti
Valentine : Violetta Urmana
Marguerite : Nino Machaidze
Marcel : John Tomlinson
Je viens.
(mais j'ai terriblement peur)

affraid affraid
Tu veux pas ressortir Shicoff aussi non? hehe
On pourrait aussi mettre Netrebko en Valentine!

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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 22:24

Polyeucte a écrit:
Bon, David a bien répondu pour Richter... mais quand même Mr.Red
J'y vais quand même! Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Je suis fan des Huguenots!
(d'ailleurs, il semble qu'une reprise de la production de Py serait à l'étude... espérons une belle distribution... et une vidéo!!)

Moi aussi Very Happy Very Happy Very Happy
J'irai peut-être voir Osborn justement, les Huguenots sont donnés fin juin et début juillet à Dresde.
Et si la production de PY revient, j'y cours !

PS : Meyerbeer précurseur de Verdi, mais un peu aussi héritier de Rossini, notamment de son Guillaume Tell, avant gout du grand Opéra...(enfin c'est ainsi que je vois les filiations... Wink
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Mer 10 Oct 2018 - 22:27

Bonsoir à tous,

J'ai pu assister à la représentation de jeudi dernier et je vous livre ici mon ressenti dont j'ai fait part sur Forum Opéra, avec quelques ajouts.

- Orchestre : OK mais il est dommage de ne pas ressentir cette même implication que dans du Wagner pour une partition qui me parait si "entraînante" émotionnellement et qui a une vraie construction et dans laquelle on ne ressent pas le temps qui passe.
- Choeur : OK. Je suis souvent assez sévère avec le Choeur de l'Opéra de Paris. Toutefois, n'ayant que peu de référence sur les Huguenots, je n'ai pas ressenti de décalages qui sont parfois flagrants.
- Yozep Kang : il fait de son mieux mais ça craque à la fin, mais il ne fait pas "déhsonneur" à l'oeuvre comme j'ai pu le lire parfois. Il ne ferait pas partie des références dans le rôle de Raoul mais il n'a pas démérité dans son envie et sa réalisation.
- Lisette Oropesa : Belle découverte dans la soirée et elle m'a vraiment permis de construire le voyage psychologique de la reine
- Ermonela Jaho : de mieux en mieux au fil de la soirée, mais j'ai eu un peu de mal
- Florian Sempey & Karine Deshayes : très bien, je dirais les plus solides de la soirée, avec des excès inverses selon les deux. L'excès de Sempey sert le livret à mon sens quand celui de Deshayes sert aussi le livret mais permettrais de mieux servir la distribution dans un rôle plus important
- Mise en scène : au secours. Et cette scène de bénédiction des poignards, faut-il vraiment avoir l'esprit mal tourné ou c'était une volonté assumée ?
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Xavier
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 11 Oct 2018 - 2:47

J'y étais ce mercredi, voici quelques impressions.

Ce qui fait bizarre quand on regarde le programme, c'est de voir qu'il s'agit de la 1123è représentation de cette œuvre à l'Opéra de Paris, alors qu'on est plutôt habitué à des scores à 2 ou 3 chiffres, surtout qu'aujourd'hui ces Huguenots sont considérés comme une rareté!

Ce n'était pas plein du tout, j'ai pu me replacer dans les tout premiers rangs du 2è balcon, et même au 1er rang du parterre pour la dernière partie!
(au passage, très curieuse impression à la fin de la représentation, d'habitude les applaudissements me font mal aux oreilles, ici pas du tout, j'ai regardé autour de moi, en fait dans les 5-6 premiers rangs, les 3/4 des spectateurs n'applaudissaient tout simplemnet pas! Est-ce qu'ils n'ont pas aimé ou bien est-ce dû à l'âge très avancé de cette portion du public qui semblait encore plus fatiguée que Yosep Kang?...)

L'œuvre est conforme à ce que j'attendais compte-tenu de tout ce que j'en avais lu, et m'a fait une impression semblable à Robert le Diable.
Ca n'est pas tout à fait ma tasse de thé, mais ça m'ennuie peut-être moins que la plupart des Verdi.
Les moments plats et pompiers sont là, oui (c'est vrai qu'à un moment je me suis demandé si Meyerbeer ne voulait pas battre le record du monde du nombre de cadences parfaites), mais il n'y a pas que ça, on ne peut pas réduire l'œuvre à ça.
L'orchestration oscille entre le traditionnel-italien (ce que je déteste assez: le côté léger avec piccolo qui double la mélodie + cymbales, comme on a si souvent chez Verdi) et beaucoup de subtilités, d'invention, d'utilisation de timbres rares. Par moments on a l'impression que chaque air a un accompagnement et une orchestration différents.
Combien d'airs ou de passages accompagnés avec seulement une clarinette basse, seulement un cor, seulement 2-3 cordes graves…
Ca donne forcément de la variété et de la couleur.
L'utilisation du choral luthérien est intéressante, on l'entend dès l'ouverture et il permet un 5è acte vraiment intense par l'utilisation du choral sous diverses formes, là on a quelque chose d'assez savant.
Mélodiquement je serais tenté de dire que c'est moins évident que Verdi, du coup on évite le côté rengaine (les mélodies hyper symétriques et hyper attendues répétées un grand nombre de fois), et on retient assez peu de mélodies. (peut-on en conclure que c'est moins inspiré? Je ne sais pas…)

J'ai trouvé l'orchestre très bien et suffisamment investi, certes du 1er rang du parterre je les voyais parfois pas concernés à 100%, mais d'un autre côté le résultat sonore était très convaincant.
On sent que Mariotti connaît très bien cette musique et l'aime énormément.
Les chœurs m'ont parfois laissé une impression brouillonne depuis 2è balcon, c'était moins le cas au parterre. En tout cas pas de gros décalages, c'était parfois quand même assez en force, comme souvent, mais juste et en place.
Un mot sur la distribution: Kang était annoncé souffrant, et c'est vrai qu'on le sentait très fragile, il a commencé avec des petits soucis d'intonation mais ça n'a pas duré, par contre il a craqué des notes dès le II et jusqu'au bout, il y a même une note tenue qu'il a craqué 3 fois… (je précise, ce n'était pas des craquages où la note s'arrête, mais où l'on entend un "crac" dans la continuité du son, je ne sais pas comme on appelle ça exactement)
Ca ne m'a pas trop gêné parce que le timbre est assez beau, en termes de nuances et de musicalité c'était excellent, et la diction était très bonne la plupart du temps.
J'imagine qu'un autre soir ça aurait été encore mieux.
Le reste était très bien tenu, Oropesa et Deshayes plus enthousiasmantes que les autres pour moi.

Vidéo disponible sur Culturebox:
https://culturebox.francetvinfo.fr/opera-classique/opera/les-huguenots-de-meyerbeer-par-andreas-kriegenburg-279543
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 11 Oct 2018 - 11:09

Xavier a écrit:
Les moments plats et pompiers sont là, oui (c'est vrai qu'à un moment je me suis demandé si Meyerbeer ne voulait pas battre le record du monde du nombre de cadences parfaites),

Dans la beuverie ? C'est vraiment volontaire, c'est une musique qui a une distance sur elle-même. Après, il a fait ses classes en Italie (où il a écrit des opéras plus virtuoses et plus plats que les pires Rossini sérieux, pour situer), donc la base de son langage est assez simple, pour sûr.


Citation :
Par moments on a l'impression que chaque air a un accompagnement et une orchestration différents.
Combien d'airs ou de passages accompagnés avec seulement une clarinette basse, seulement un cor, seulement 2-3 cordes graves…
Ca donne forcément de la variété et de la couleur.

Oui, c'est vraiment une des grandes nouveautés de Meyerbeer, je crois qu'à cette date il est vraiment le premier à faire ça, en tout cas à si grande échelle (j'avais mentionné le cas d'Andromaque de Grétry, mais ça ne concerne que les récitatifs d'un seul personnages, Andromaque y est accompagnée par les bois exclusivement). Plein de solos, d'associations un peu originales (c'est pareil dans le Prophète, moins le cas dans Robert qui a ses fulgurances mais qui reste aussi plus conventionnel à bien d'autres moments).

Finalement, c'est toi qui sauves Meyerbeer en remarquant ces petites beautés. kiss


Citation :
L'utilisation du choral luthérien est intéressante, on l'entend dès l'ouverture et il permet un 5è acte vraiment intense par l'utilisation du choral sous diverses formes, là on a quelque chose d'assez savant.

Oui, la marche harmonique sur ce choral, par les chanteurs poussés au bout de leur ambitus, lorsque les héros appellent la mort, c'est quelque chose.


Bon, à défaut que tu aies passé une grande soirée, content que tu puisses témoigner de l'originalité du truc. bounce
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 11 Oct 2018 - 11:21

Petite question pratique : l'ONP donne un minutage de 5h10 entractes compris, donc une fin à 23h10 : c'est respecté ?

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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 11 Oct 2018 - 11:25

Belcore a écrit:
Petite question pratique : l'ONP donne un minutage de 5h10 entractes compris, donc une fin à 23h10 : c'est respecté ?

Belcore

Oui, c'est respecté...

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Xavier
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Jeu 11 Oct 2018 - 13:35

Hier ça a fini à 22h50 exactement. (hors applaudissements et saluts)
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Dim 14 Oct 2018 - 10:40

Représentation du 13 octobre.

El lisant que j'avais assisté hier à la 1124ème représentation de cet opéra, je continue de m'interroger sur les ressorts du succès d'une œuvre aussi creuse !
Le livret de Scribe est très librement inspiré de la "Chronique de Charles IX" de Mérimée ; le véritable sujet de l'opéra, ce sont les amours contrariés de Valentine et Raoul, les guerres de religion n'étant là que pour fournir un arrière - plan contrasté..
Donc pas d'apparition de Catherine de Médicis ou de Gaspard de Coligny : on est à des années lumières des "Vêpres siciliennes" ou de "Don Carlos" ; mais c'est hélas encore plus vrai sur le plan musical...
A de rares moment près, la partition se signale par son indigence :
Veine mélodique inexistante - à part le choral luthérien - en quatre heures de musique, aucun air ou mélodie mémorisable
La pauvreté mélodique s'accompagne d'une impuissance à caractériser musicalement les situations ; on a souvent l'impression d'entendre des récitatifs accompagnés : un des pires moments étant l'interminable scène du duel du III ; la technique est rudimentaire : le flot d'eau tiède est interrompu par l'arrivée inopinée d'un personnage imprévu : alors irruption des choeurs, et final fortissimo.
Le compositeur rate avec "talent" les climax dramatiques du livret : la bénédiction des poignards, et à la toute fin la mort de Valentine, Raoul et Marcel : c'est très bruyant, mais ça ne dégage aucune émotion.
Autre moment pénible : le duo du IV de Valentine et Raoul : sur le plan de la progression de l'action on comprend sa nécessité, mais pourquoi en faire ce moment de mièvrerie interminable, alors que la logique voudrait que Raoul se précipite au combat ? Sans doute parce que le librettiste et le compositeur ne pouvaient pas "caser" à un autre moment un duo entre les personnages principaux de l’œuvre ??
Le seul moment où l'opéra décolle, c'est pendant l'acte II à Chenonceau: sans etre totalement passionnante, on a la du belcanto romantique qui aurait pu etre écrit par un Donizetti y compris un final avec concertato et strette.
Pour cette résurrection l'ONP a conçu une production très soignée à laquelle il faut rendre hommage.
J'ai trouvé le travail de Kriegenburg intéressant  : la scénographie est imaginative : au lieu de jouer sur la profondeur le metteur en scène travaille sur la verticalité, et le dispositif scénique n'est pas basé sur une tournette, mais sur une "glissette" avec un déplacement latéral des décors - les costumes ont des attributs qui permettent d'identifier les protagonistes, et la direction d'acteur efficace - les choeurs ne sont pas traités comme une masse indifférenciée, mais comme des acteurs à part entière : sur ce plan la gestuelle des catholiques pendant la Saint Barthélémy est frappante.
Le plateau vocal est de bon niveau : on n'est sans doute pas avec les "sept étoiles" de la création de l’œuvre au Met mais les satisfactions étaient nombreuses :
Grande triomphatrice,la Marguerite de Lisette Oropesa : annoncée malade, elle a chanté sa partie avec un brio incroyable - c'est vraiment une découverte, et j'ai hâte de la réentendre. Je ne pense pas que Damrau aurait fait mieux sur le plan vocal, sur le plan de l'incarnation, moins "cocotte" peut etre ?
Pas compris les réserves sur Jaho : je laisse aux puristes le soin de déterminer si elle est une "vraie Falcon " ; son chant était magnifique, bien qu'évidemment moins spectaculaire que celui d'Oropesa.
Magnifique Urbain de Deshayes - dommage que son rôle soit si court.
Admirable Marcel de Testé - le motif de cordes graves qui annonçait ses interventions : alto, violoncelle ou viole de gambe ?
Les deux nobles cathos très bien campés : le fourbe et sanguinaire Saint Bris, Paul Gay, et l'inconstant Nevers, Florian Sempey
Le Raoul de Kang était le maillon faible de la soirée : bon dans le médium, catastrophique dans l'aigu ; mais dans ces circonstances...
Chœurs impeccables.
Enfin beau travail de Mariotti, qui a tiré - sans doute - le meilleur qu'il pouvait de cette partition.

En conclusion, soirée morne en ce qui me concerne ; comme amateur d'opéra je me devais de découvrir cette œuvre, c'est fait, je vais passer à autre chose.

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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Dim 14 Oct 2018 - 11:56

Belcore a écrit:
Donc pas d'apparition de Catherine de Médicis ou de Gaspard de Coligny :

Si, justement. Catherine de Médicis fait un caméo dans la Bénédiction des Poignards à l'acte IV – procédé dumasien pas très subtil qui est rarement conservé dans les mises en scène (mais on se dit que les metteurs en scène ne doivent pas lire très attentivement les didascalies, de nos jours). Quant à Coligny, il est mentionné en de multiples endroits (au I « un protégé de l'Amiral », au II mandataire du mariage, au V,1 pour le récit de son assassinat).


Citation :
Veine mélodique inexistante - à part le choral luthérien - en quatre heures de musique, aucun air ou mélodie mémorisable

C'est un truc tellement personnel ; moi je trouve au contraire qu'il n'y a que des mélodies marquantes (alors que dans les Reines Tudor, même après avoir réécouté de multiples fois, impossible de faire rester les thèmes).

Je crois que ça tient largement, outre à la sensibilité, à la culture individuelle : quand je veux chanter une pièce pré 1600, alors que les mélodies sont simples, c'est toujours difficile pour moi, alors qu'elles ne sont pas complexes. Selon ce qu'on a l'habitude d'écouter, je suppose que ça varie donc beaucoup.


Citation :
on a souvent l'impression d'entendre des récitatifs accompagnés : un des pires moments étant l'interminable scène du duel du III ;

La scène du duel, c'est quand même un gigantesque ensemble contrapuntique. scratch Avec, certes, les récitatifs de Marcel. Pour ceux qui aiment, c'est justement cette gestion (très mélodique, presque des ariosos) du récitatif, qui se mêle aux numéros, qui fait la saveur, la poussée, la continuité de cet opéra.

Effectivement il n'y a pas beaucoup de grands airs de bravoure ou de numéros d'épate qui ne soient liés directement aux impératifs théâtraux.


Citation :
la technique est rudimentaire

Cela en revanche n'est pas une question de goût, c'est faux, ça se voit même à l'œil nu sur les partitions. Smile Le nombre d'altérations accidentelles, la variété des associations instrumentales, la quantité de lignes simultanées, on est très au-dessus, en termes de complexité (après, bien sûr, on aime ou on n'aime pas le résultat), de tout ce qui se produit à l'Opéra en France et a fortiori en Italie.


Citation :
Le seul moment où l'opéra décolle, c'est pendant l'acte II à Chenonceau: sans etre totalement passionnante, on a la du belcanto romantique qui aurait pu etre écrit par un Donizetti y compris un final avec concertato et strette.

C'est en effet l'acte où il y a le moins d'action et qui est le plus belcantiste, ce qui rejoint les observations ci-dessus. Smile
En revanche, ça n'aurait pas pu être écrit par Donizetti, il y a plus de modulations en un numéro chez Meyerbeer qu'en un acte chez Donizetti. hehe


Citation :
Admirable Marcel de Testé - le motif de cordes graves qui annonçait ses interventions : alto, violoncelle ou viole de gambe ?

Ce sont des cordes doubles au violoncelle, effectivement censé évoquer une période archaïsante comme son éducation et ses références vétérotestamentaires.
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Dim 14 Oct 2018 - 13:57

@ David

Médicis et Coligny : entre etre cité dans le livret, et etre incarné sur scène, il y a de légères différences....

Je veux bien admettre tout ce que tu dis sur la sophistication de l'écriture de Meyerbeer, mais on ne regarde pas un opéra le nez sur la partition : nonobstant la qualité d'écriture que tu relèves, la scène du duel se traine et finit par etre interminable : la procrastination des catholiques en devient presque risible - sur ce plan le librettiste est autant à incriminer que le compositeur - la scène ne décolle vraiment qu'avec l'entrée de Marguerite, et là encore, on est dans des procédés dramatiques rudimentaires - remarque identique pour le duo Valentine - Raoul du IV : c'est plat, il n'y a aucune progression, et on entend avec soulagement le tocsin de Saint Germain l'Auxerrois.

Avec le recul je ne pense pas qu'avec de "meilleurs" interprètes : Florez, Garanca, Minkovski la perception de l’œuvre aurait été différente : je pense que l'ONP a donné toutes ses chances à cet opéra - au delà je ne sais pas ce qu'il adviendra de cette production - je n'ai pas d'idée sur le box office : hier soir le parterre était bien rempli, avec quelques sièges vides.
Encore une fois je ne regrette pas d'avoir vu ce spectacle, pour ma culture opératique, même si je me suis ennuyé beaucoup.

Belcore
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Dim 14 Oct 2018 - 17:22

Ah je dois avouer que ne pas trouver le duo Raoul/Valentine dramatique... Je tombe des nues!

Au contraire, cette volontée de Valentine à plonger Raoul dans l'amour pour éviter qu'il ne meurt, cet aveu qui n'est suunemaniere de le retenir,cette cloche qui sonne pour trancher avec là pour en place. Pour moi c'est justement hyper vivant et construit.

Bref... pas du tout d'accord concernant tes rem6sur l'ouvrage.

Pour Jaho sinon... c'est simple : il lui manque une grande assise dans le grave qui permet d'assumer des phrases entières avec l'impact nécessaire. Vu qu'elle ne poitrine pas...

Enfin, c'est à mon sens l'on aurait donné toutes ses chances à l'ouvrage en trouvant un metteur en scène très dramatique, capable de bien gérer les scènes de foule et donner la force visuelle que mérite le dernier acte.

Bruxelles a donné toutes ses chances à l'ouvrage en 2011 et à grandement réussi vu que la production à été montée aussi à Strasbourg... et le spectacle a fait énormément parler de l'oeuvre.

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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Dim 14 Oct 2018 - 18:09

Polyeucte a écrit:

Bref... pas du tout d'accord concernant tes rem6sur l'ouvrage.

Aussi, il y a une différence entre une première écoute et l'appréciation de quelqu'un qui connaît l'œuvre sur le bout des doigts.

Sans avoir le nez dans la partition, il n'est pas forcément évident de tout remarquer/apprécier lors d'une première écoute d'une œuvre de 4 heures, même si ce n'est pas du Messiaen.
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Belcore
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 15 Oct 2018 - 8:16

@ Polyeucte

Sur le duo, si tu lis ce que j'ai dit, je reconnais évidemment son utilité dramatique : simplement un compositeur un peu plus malin l'aurait exprimé avec nettement plus de concision : là c'est proprement interminable.
Concernant le mise en scène Kriegenburg gère très bien les masses chorales, ce qui est problématique, c'est la musique, incapable de communiquer une émotion forte.

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Otello
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 15 Oct 2018 - 11:58

Belcore a écrit:
ce qui est problématique, c'est la musique, incapable de communiquer une émotion forte.
rectification: ce qui est problématique (même si à la vérité ce n'est pas un problème car ce n'est pas bien grave en définitive ...), c'est que TOI TU sois incapable de ressentir une émotion forte vis à vis de cette musique!
Désolé mais si entre toi et cette œuvre ça ne matche pas, la responsabilité n'en incombe qu'à toi. Mais ça n'a aucune importance, Meyerbeer s'en remettra et toi aussi.
En revanche, tout ton propos négatif plus haut est évidemment faux et n'est qu'un ressenti personnel, tout à fait respectable en tant que tel, mais en rien une analyse factuelle de ce qu'est cette œuvre magnifique.
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 15 Oct 2018 - 15:30

Belcore a écrit:
Médicis et Coligny : entre etre cité dans le livret, et etre incarné sur scène, il y a de légères différences....

Médicis est présente sur scène ! Elle ne chante pas, mais elle y est. (Et si ce n'est pas le cas, c'est un choix de Kriegenburg, pas de Scribe.)

Coligny n'est pas seulement cité au détour d'une phrase, Raoul raconte par le menu toute la scène de son assassinat, et montre son sang dont il est couvert, ce qui est quand même, au sens le plus littéral, une forme d'incarnation.

Et la reine Margot nous fait des roulades pendant un acte entier sur le front de scène.

(Après, je ne vois pas le problème si les personnages historiques n'apparaissent pas, mais je trouve étrange de reprocher à cet opéra de ne pas être ancré dans l'Histoire, alors qu'il ne cesse d'y faire référence, et que c'est même l'un des traits fondateurs du genre.)


Citation :
Je veux bien admettre tout ce que tu dis sur la sophistication de l'écriture de Meyerbeer, mais on ne regarde pas un opéra le nez sur la partition

Tout à fait ; je relevais en quoi tes remarques ne correspondent pas avec ce qui est écrit dans la partition, mais pour autant, on peut tout à fait ne pas aimer, trouver ça raté, etc.

Belcore a écrit:
Sur le duo, si tu lis ce que j'ai dit, je reconnais évidemment son utilité dramatique : simplement un compositeur un peu plus malin l'aurait exprimé avec nettement plus de concision : là c'est proprement interminable.

Sa longueur est délibérée : c'est un duo où toutes les facettes psychologiques sont explorées (l'indignation de Raoul, l'aveu de Valentine, l'extase et la crainte, et puis ce glas qui mène au déchirement de la séparation, entrecoupé des tendresses forcées de Valentine… on passe par une succession de moments très organisés).


Otello a écrit:
Désolé mais si entre toi et cette œuvre ça ne matche pas, la responsabilité n'en incombe qu'à toi.

Moui, il y a aussi des œuvres qui sont médiocrement écrites, tout simplement, donc on ne peut le déterminer que si l'on a déjà une opinion sur la valeur de l'œuvre. Smile
En l'occurrence, c'est un bijou, mais il existe aussi des bouses infâmes ou tout simplement des œuvres qui fonctionnent très mal, et que personne n'a envie de remonter. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 15 Oct 2018 - 18:16

Sauf que ce n'est pas l'opinion qui fait la valeur!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   Lun 15 Oct 2018 - 20:40

Évidemment, et je crois ne pas avoir fait mystère qu'il me semblait, factuellement, qu'on ne pouvait considérer Les Huguenots autrement qu'importants, aussi bien pour sa place dans l'histoire du genre que pour ses innovations musicales (en plus d'être, mais c'est plus subjectif, un objet de théâtre musical et vocal remarquablement abouti).

C'est simplement que je ne suis pas convaincu par ton postulat que toutes les œuvres se valent. Oui, toutes existent et sont à respecter si on veut les donner, mais certaines sont le fait d'amateurs ou de demi-habiles et, et un grand nombre, même parmi les bonnes, peuvent avoir des défauts qu'on peut se permettre d'observer. (Qui va défendre le livret de Götterdämmerung, franchement, avec son premier acte qui fait les deux tiers de l'opéra ?)
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MessageSujet: Re: Les Huguenots - Mariotti Kriegenburg Bastille 25 IX 24 X   

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