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  Radio France - Mahler le Chant de la Terre oprf/Elts 25/10

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andika
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MessageSujet: Radio France - Mahler le Chant de la Terre oprf/Elts 25/10   Mer 24 Oct 2018 - 12:30

Bonjour, dans le cadre du festival d'automne, le Philhar' donne un concert jeudi 25 octobre 2018 dont le programme est le suivant à l'auditorium de RF:

Tristan Murail
Unanswered Questions

Claude Vivier
Siddhartha

Gustav Mahler
Le Chant de la terre

Michael Schade ténor
Alice Coote mezzo-soprano
Anne-Sophie Neves flûte

Orchestre Philharmonique de Radio France
Olari Elts direction
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andika
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MessageSujet: Re: Radio France - Mahler le Chant de la Terre oprf/Elts 25/10   Jeu 1 Nov 2018 - 13:40

Ainsi la petite œuvre pour flûte solo, Unansxered Questions, était une belle ouverture pour ce concert. Titre évocateur qui laisse planer le mystère. La soliste, Anne-Sophie Neves est dans les hauteurs de l'auditorium, en surplomb de l'auditoire plongé dans la pénombre. Ambiance particulière où un son dissonant fait irruption tout en étant assez mélodique. Des noires s’enchaînent, des aigus très bizarres, pas de doute, c'est l'automne.

Puis l'orchestre qui était déjà sur scène peut enfin accueillir le chef. Drôle d'orchestre que celui concocté par Vivier pour son Siddhartha ! En effet, ce dernier est divisé en huit groupes, avec un premier violon à la droite du chef ! Inspiré du roman éponyme de Hermann Hesse qui relate la quête spirituelle d'un jeune homme dans un orient un peu fantasmé. Et ce que l'on entend est assez lumineux, malgré les différents groupes sur scène, le chef fait ressortir beaucoup de clarté. Pas une mince affaire sachant que l'Orchestre national des jeunes du Canada a qui été dédié l’œuvre avait finalement renoncé à la créer car elle était jugée trop difficile ! Il se passe toujours quelque chose dans cette musique, des clusters entre cordes et percussions, des trombones bouchés, des sons curieux, ici le célesta, là le cor anglais, là bas la petite clarinette. La musique est très séquencée mais cela n’empêche pas d'installer une ambiance qui rappellera effectivement l'orient, plus précisément l'Inde. A la douceur de certaines sections succède des vagues impressionnantes pour une œuvre étonnante mais surtout fascinante qui a été donnée dans une interprétation qui à permis de s'y retrouver.

Enfin, après un long entracte le temps de changer le plateau, voici venu le temps du Chant de la terre de Mahler, chanté par la mezzo Alice Coote et le ténor Michael Schade. J'ai une relation particulière avec le chant de la terre, là où j'adore toutes les symphonies de Mahler, j'ai toujours eu beaucoup de mal à vraiment écouter cette œuvre. Ce problème a été enfin réglé par ce concert ! Avant tout, quel beau texte adapté des poèmes chinois de Li Bai, Qian Qi, Meng Haoran et Wang Wei. Quelle belle réflexion sur la vie, la nature, la mort. Une profondeur vraiment mélancolique parfois qui côtoie aussi des passages bucoliques et très humoristiques. Enfin, une émotion jamais démentie.

Dès le départ, on entend ces cuivres puissants, et la direction de Elts est très dynamique, du coup, le ténor met un peu de temps à prendre ses marques et à se faire entendre dans la chanson à boire de la douleur de la terre (I). Mais quelle compréhension du texte, quelle conviction ! Son phrasé en allemand est excellent, sa diction clair et sa projection très satisfaisante. Il ne se prive pas de petite coquetterie comme lorsqu'il met la main sur le cœur en chantant "Hier, diese Laute nenn'ich mein !" (Ce luth-là, je le déclare mien !). Le ténor est un peu plus en retrait dans le III, De la jeunesse. Ici, l'orchestration fait tout son effet avec une prépondérance des bois et des cuivres. Une pure merveille d'orchestration où on goûte les charmes de la flûte solo de Magali Mosnier, du picolo et surtout du hautbois solo de la fantastique Hélène Devilleneuve ! Ces thèmes en majeur figurent en effet bien la jeunesse mieux que les paroles du ténor. Enfin, dans l'Ivrogne au printemps, (V), on goûte à l'humour. L'orchestre semble être d'accord pour boire et le thème de la beuverie semble créer une véritable harmonie entre un Olari Elts qui maintient tous les équilibres dans l'orchestre et qui suit très bien son soliste. Michael Schade joue avec le texte pour notre plus grand plaisir lorsqu'il dit par exemple "Ich trinke, bis ich nicht mehr kann." (je bois jusqu'à n'en plus pouvoir), "Ich fülle mir den Becher neu" (je remplis mon verre encore une fois) et enfin, en déclamant avec un (très) large sourire "Lasst mich betrunken sein !" (Laissez-moi être ivre !). Compréhension du texte, timbre chaud et moelleux, projection correcte, le ténor était très satisfaisant. Mais alors, que dire de la mezzo !

Alternance des mouvements oblige, dans cette œuvre où chaque chanteur prend la parole à son tour. Il faut maintenant parler des prises de paroles de la mezzo dans les II, IV et IV.

Dans le Dolitaire en automne (II), on goûte au timbre sombre mais pas dénué de chaleur de Alice Coote. Un véritable dialogue s'installe avec l'orchestre qui est ici foisonnant, le hautbois qui chante accompagné des cordes, notamment les altos, et surtout, ce passage où la chanteuse dit"Ich weine viel in meinen Einsamkeiten" (Longtemps je pleure dans ma solitude) tandis que le hautbois solo décline. Déchirant. Dans le IV, De la beauté, les bois amènent la même lumière que dans le III, et le tutti vient en effet figurer ce qu'est la beauté. Enfin, dans le VI, l'Adieu, on a une ambiance sombre, notamment avec un hautbois solo triste. Ce qui se passe est tellement intense que même si le ténor ne chante plus, il suit ce qui se passe sur sa partition. Ici, il ne s'agit pas d’impressionner mais de se recueillir. C'est une grande introspection qui prépare à l'adieu à la vie et aussi à l'adieu à cette musique. Il ne faut pas trembler dans ces moments, et la mezzo soprano a de l'assurance à revendre, une diction convaincante et une projection à toute épreuve. Ainsi, lorsqu'elle chante"Es wehet kühl im Schatten meiner Fichten 'Il passe une brise fraîche à l'ombre de mes pins) l'ambiance se refroidit effectivement. Lorsqu'elle scande "O Schönheit ! O ewigen Liebens, Lebens Trunkne Welt (Ô beauté, Ô monde à jamais ivre d'amour) on tremble. Lorsqu'elle chuchote la première fois "Ich suche Ruhe für mein einsam Herz" (Je cherche du repos pour mon cœur solitaire), on pleure. Et les larmes ne nous quittent pas lorsque la musique se meurt sur ce mot si grand "Ewig" (éternellement).

Pour apprécier le chant de la terre, il faut prêter une grande attention au texte, c'est à cette condition qu'on peut se laisser pénétrer par toute sa beauté. Une grande œuvre, intelligemment interprétée pour une soirée mémorable.

Sinon, Forum opéra n'a pas trop aimé... : https://www.forumopera.com/le-chant-de-la-terre-paris-radio-france-alice-au-pays-de-lennui
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