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 Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12

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Depi
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Dim 2 Déc 2018 - 20:22

DavidLeMarrec a écrit:
Depi a écrit:
[*]Maria Agresta : OK mais en fait non, dès qu'elle est en duo ou en trio, ça ne fait pas la maille
[*]Francesco Demuro : Alors sans doute dans d'autres rôles de ténor ça ferait l'affaire, mais là, s'il ne chante pas tout seul, autant qu'il ne chante pas
[*]Nicola Alaimo : Je pense que ça méritait mieux, et je pense qu'il peut faire mieux, mais en tout cas ce n'était pas au niveau lors de la première

[*]

Mais qu'est-ce qui n'allait pas ?  Ce n'est pas vraiment clair à te lire. (Je doute qu'Agresta, par exemple, soit décalée / couverte / fausse dans les ensembles.)


Alors pour être un peu plus clair, j'en ai rediscuté hier soir en attendant qu'on nous laisse entrer à la maison de la radio pendant que les gilets jaunes faisaient du boucan.

Concernant Maria Agresta, elle a une belle voix, un beau timbre mais ça met du temps à se mettre en place, peut-être que le fait qu'il s'agisse de la première n'a pas aidé. Elle avait du mal à imposer sa voix et faisait preuve d'une intonation et d'un phrasé assez approximatifs. Ses solos n'étaient pas désagréables mais j'ai trouvé qu'on perdait en incarnation dès qu'on entrait dans un chant à plusieurs. Ça s'est amélioré au fil de la représentation mais je n'ai pas été exalté par sa prestation. Je n'ai pas non plus ressenti cette progression dans la voix au fil de la représentation que j'attends d'une Amelia qui se développe sur 25 ans.

Pour Francesco Demuro, j'ai vraiment eu de la peine pour lui et je suis content que ça n'ait pas craqué. On a vraiment l'impression qu'il est à la limite sur un certain nombre de notes et que ça peut partir en vrille à n'importe quel moment. Je ne suis pas sur que ce soit vraiment un rôle qui corresponde à sa voix, cela doit être très beau pour d'autres rôles de ténor mais ici, pour moi ça ne le fait pas.

Pour Nicola Alaimo, c'est un baryton que j'aime bien mais à le voir se promener avec son seau toute la soirée et à s'épancher de même, on en vient à sortir d'une belle interprétation que je n'avais pas autant perçu dans d'autres représentations de Simon Boccanegra. La direction d'acteur de Bieito a parfois du bon et on a la chance d'avoir un grand baryton pour jouer Paolo. Dès qu'on avançait vers l'aigu j'ai trouvé que ça faiblissait mais bon..

La mise en scène m'a tellement sorti de la représentation que chaque petit déception vocale n'en a été qu'exacerbée. J'irai peut-être voir la représentation au cinéma pour pouvoir apprécier davantage ce qui m'a tant déplu ce soir là.
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Belcore
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Lun 3 Déc 2018 - 8:03

Comme on parle de deux soirées différentes, je crois peu utile de poursuivre cet échange...
Je m'en tiens à ce que j'ai écrit à propos du 24 : l'ensemble du plateau vocal était, certes à des degrés divers, excellent, et Agresta a fait une forte impression, avec notamment un trille magnifique à la fin du 1er air.

Belcore
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Lun 3 Déc 2018 - 16:38

Depi a écrit:
faisait preuve d'une intonation et d'un phrasé assez approximatifs.

Intonation comme dans justesse ? Parce que chez les chanteurs de ce standing, c'est vraiment rare… (après, pour l'expression, c'est sûr qu'Agresta n'est pas la championne, raison pour laquelle je vais voir Hartig, même si on l'entendra moins dans Bastille)

C'est vrai que Demuro n'est pas un spinto, mais je suis surpris de ce que tu dis, je ne l'ai jamais entendu embarrassé de ce côté-là – mais jamais aussi, à la vérité, dans un rôle aussi héroïque. J'aime beaucoup la franchise de son émission et la clarté de sa diction.

J'y vais bientôt, je verrai.
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Depi
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Lun 3 Déc 2018 - 22:00

Je ne déconseillerai pas de voir cet opéra pour autant, le plateau vocal était quand même de qualité, et de toute façon rien que pour Ludovic Tézier ça vaut le détour, mais heureusement il n'est pas seul.

Je pense que je n'ai pas été servi par le fait d'y aller à la première pour apprécier la représentation, ce dont je suis particulièrement sûr toutefois, c'est que Demuro n'a pas la voix pour le rôle, et dans une salle comme Bastille, je ne suis pas sur que ça aide. Concernant Maria Agresta, la prestation s'est quand même améliorée au cours de la soirée. Cette mise en scène demande, à mon sens, à chaque chanteur de vraiment mixer le travail scénique et vocal dans un univers où chaque individualité est mise à nue et au premier plan. Elle n'était peut être pas très à l'aise au début je ne sais pas.

En tout cas, je vous faisais part de mon impression suite à la première. Elle vaut ce qu'elle vaut et ne doit être prise que pour ce qu'elle est.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 0:56

J'en sors.

Frappé, à l'écoute, par les préfigurations très nombreuses de La Forza del Destino et, surtout, de Don Carlos, même les parties écrites dès la première version de l'œuvre (on joue toujours la version révisée). L'opéra, indépendamment même de son livret qui vagabonde à coups de décennie et de révélations de ce qu'on croyait évident (je doute que quiconque voyant l'opéra pour la première fois puisse anticiper que l'identité de Fiesco était secrète et qu'il passait pour mort… et doit sans doute se demander le pourquoi de cette révélation finale), est écrit d'une façon particulièrement étrange, juxtaposant des quasi-ariettes avec des ruptures de ton très spectaculaires, comme dans aucun autre ouvrage de son auteur (qui, certes, tend depuis toujours à effacer progressivement les numéros, et en particulier à partir de Stiffelio).
    Les couplets belcantistes qui arrivent soudain au milieu de récitatifs très mobiles et expressifs, comme « Vous le savez / Ben lo sapete » de Don Carlo(s), sont légion dans Boccanegra, changements soudains de style assez déstabilisants, comme si Vivaldi se mettait soudain à citer du Monteverdi au milieu d'une aria

Étrangement, alors que j'aime beaucoup cet opéra (ou, du moins, ses portions les plus marquantes, qui sont parmi ses plus belles pages, dans un catalogue qui n'en manque pas), pas vraiment bouleversé. La distance dans Bastille peut-être, ou l'intensité des concerts précédents (TarareConcerto pour violon n°1 de Martinů, Manfred de Tchaïkovski… !). Comme on peut le deviner au disque, c'est particulièrement mal orchestré, et en salle, on ne peut se soustraire aux moments moins marquants – pour moi, ce sont surtout les rôles d'Adorno, Paolo et Fiesco qui portent tout l'intérêt musical. Hors de leurs apparitions et lignes vocales, je suis moins enthousiaste.
    Mon sentiment envers les Verdi est très déstabiliant, assez différent en salle du disque où je les aime tous : Rigoletto et Boccanegra ne m'ont pas particulièrement intéressé, alors que Nabuccoet le Trouvère m'ont enthousiasmé à chaque seconde – sans parler de la révélation de Falstaff !

--

Côté exécution, de grandes et belles voix, qui me touchent diversement bien sûr. Admiré la voix très pharyngée (résonant à l'arrière de la bouche) mais très sonore et aisée dans l'aigu, chez Anita Hartig (que j'avais choisie plutôt que Maria Agresta pour sa mobilité expressive, moins évidente dans le hangar de Bastille), la tenue de ligne et la gestion savante de (l'abondante) couverture vocale chez Ludovic Tézier, un grand maître, tout en restant un brin frustré par ce timbre voilé dont il s'accommode depuis plus de dix ans (et quand on l'a entendu avant, il manque quelque chose de la fermeté, de la richesse du timbre). 

Un peu déçu à nouveau par Mika Kares : je l'avais trouvé exceptionnel dans le Vaisseau fantômepar Minkowski, une belle basse noble, ample et expressive, mais la voix est un peu courte pour Bastille et surtout, dans Verdi, l'aigu manque de brillant, le médium de métal… le manque de mordant et d'éclat n'est pas possible dans ce répertoire (dans Mozart ou Wagner, ça ne poserait pas de problème). Il devrait vraiment, si ça carrière le lui permet, se tourner vers une autre spécialité que le répertoire italien, où il ne montrera pas, je crois, sa pleine mesure. 

Comme je m'y attendais, enchanté par Francesco Demuro : il n'est pas très apprécié des glottophiles, car la voix est peu ample et guère virile, mais on a là une des plus belles dictions italiennes actuelles, avec une couverture minimale, surtout de l'aperto-coperto convoqué dans certains aigus exposés, un métal brillant qui lui permet d'être bien audible malgré le volume limité, une émission bien à l'avance qui permet la clarté, l'intelligibilité, le mordant… Certes, ce n'est pas un Adorno réellement spinto, qui puisse s'autoriser de grands éclats, mais il est très concerné, très vivant, à la fois très bien chanté et réellement frémissant. Ça suffit à me ravir, d'autant que, quoique rôle secondaire, il chante possiblement les meilleures pages de tout Verdi.

Enfin révélation pour Nicola Alaimo (Paolo) : remarquable belcantiste à la longueur et à l'égalité de souffle remarquables, mais dont je doutais de l'état de baryton, trouvant sa voix un peu lisse, manquant d'assise. Même si on peut toujours se demander s'il ne dispose pas d'un potentiel de ténor, considérant la facilité de l'aigu, les harmoniques graves se perçoivent très bien en salle, et au contraire des bandes enregistrées, j'y découvre un éclat remarquable, un squillo qui semble sonner à la tierce, comme les harmoniques des mutations dans les jeux d'orgue !  Et lui aussi a des mots à revendre, combinant toutes les vertus à la fois : longueur de ligne, beauté du timbre, sens des mots, autorité des éclats. Un grand.

--

J'aime beaucoup Fabio Luisi (sacré sens des phrasés, des tuilages), mais décidément, son répertoire suscite la curiosité : il dirige donc autant l'opéra italien romantique soumis aux chanteurs que le répertoire contemporain, ou les grandes fresques du répertoire symphonique…

J'ai néanmoins trouvé l'Orchestre de l'Opéra sur la réserve, comme souvent : on le voit d'ailleurs, ce n'est pas qu'ils ne jouent pas, mais ils ne sont pas à fond, on perçoit vraiment qu'ils n'ont pas le sentiment de vivre un moment exceptionnel. Il font (bien) leur boulot, mais ça s'entend, dans les tensions verdiennes, qu'on joue la dynamique écrite et pas forcément la situation, l'affect – encore moins sa vie. Un peu triste.

Le Chœur de l'Opéra en revanche, malgré son recrutement individuel que je trouve aberrant (voix très lourdes, chanteurs qui ne maîtrisent pas le français chanté…), continue son assouplissement : bien que ce soit du Verdi, jamais crié, et beaucoup de nuances, de demi-teintes, les nuances douces sont magnifiques (et pour une fois les fortes pas agressives, juste glorieuses). Un vrai plaisir.

--

Enfin, la mise en scène de Calixto Bieito, que j'aime beaucoup. Pour ses Mozart dérangeants mais pas absurdes (Così), pour son Wozzeck à l'usine, extrêmement pertinent et persuasif… Mais les pires critiques que j'ai lues sur la production, auxquelles je ne croyais guère, se sont matérialisées sous mes yeux. 

Il faut décidément (je ne plaisante pas) interdire les décors, voire les costumes, aux metteurs en scène. Qu'un artiste de cette qualité fasse joujou à faire tournoyer sa carcasse de bateau (Boccanegra semble être un armateur, mais rien ne concorde avec dans le livret, ils auraient pu substituer les mots-clefs de la politique génoise, au moins !), en laissant les artistes démunis en front de scène, c'est assez désespérant sur le pouvoir d'attraction nuisible de ces accessoires.
    Pourquoi mettre tout cet argent dans une structure gigantesque, qui a dû coûter une fortune à concevoir, réaliser et stocker, et ne même pas y faire monter les personnages, ni la relier à l'action – tout se passe au pied de cette poupe, sans qu'aucun personnage s'y intéresse jamais… ?

Par ailleurs, les rares efforts ne fonctionnent pas bien : le cadavre de Maria (tuée par Fiesco ?) traînée sur l'avant de la scène, ne serait pas mal vu au théâtre, mais il contredit totalement la pureté assez extatique de l'air d'entrée de Fiesco, et gêne l'expression propre de la musique, sans rien lui apporter, du fait de l'incompatibilité. Comme si Bieito n'avait pas même passé le disque sur sa chaîne (ce qui est très probablement faux, pourtant). Contrairement à l'exécution musicale, une mise en scène peut se préparer, tout de même ! 

Seule trouvaille pas excessivement originale, mais réussie, le vagabondage du spectre de Maria, que rencontrent Amelia et le Doge dans leurs appartements, et qui plane en effet sur toute l'intrigue alors même que le personnage n'apparaît jamais. Rencontres sans lourdeur, simplement une présence familière et attristante, assez bien figurée. 

Il m'a donc manqué, en mise en scène comme à l'orchestre, l'étincelle du petit supplément d'engagement qui fait toute la différence, mais ça reste une soirée de très haut standard – sauf, donc, pour ce qui est de la profondeur de la conception scénique (Tézier passe un acte et demi à mimer Parkinson, figé en front de scène, comme si le metteur en scène l'avait abandonné pour aller acheter des cigarettes et puis traîné en rencontrant un pote au coin de la rue…).
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Belcore
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 9:46

Je ne connaissais pas Anita Hartig : à découvrir donc…
Je te trouve un peu sévère pour l'orchestre, que j'avais trouvé magnifique le 24.
Parkinson : j'avais lu ça avant de voir le spectacle, et je trouvais cette idée idiote : en réalité c'est presqu'imperceptible, et ça ne dure - heureusement - pas très longtemps.

Malgré tes réserves sur la mise en scène, je pense qu'on peut dire qu'on se rejoint pour trouver que c'est un spectacle de haut niveau…


Belcore
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Patzak
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 10:19


Un spectable superbe; Boccanegra est décidément singulier comme opéra meme si globalement tres beau. Plus d'un moment bouleversant pour moi. Ludovic Tézier est bluffant de classe et d'endurance, et sa voix est magnifique. Le role est incroyable, il est sur scene pres de 3 heures, sans jamais faiblir.... J'ai trouvé la direction de Luisi Ma-gis-trale (comme Falstaff l'année passée), Orchestre particulierement vivant et chantant. Il faudrait plus souvent de tels chefs invités à l'ONP. (@David: Luisi a aussi dirigé le Ring au Met, les 3/4 je crois, c'est un excellent Wagnérien.) Hartig excellente, belle voix et projection facile contrairement à ce que j'avais lu. Superbes basse et baryton. Demuro était un excellent Radames il y a deux ans (remplacant Antonenko Smile ), je l'ai trouvé un petit peu trop vériste, mais loin d'etre mauvais. Mise en scene un peu glauque, un peu uniforme aussi du début à la fin, mais sans doute il y a une exegese à faire et des idées à trouver (la mer s'est retirée, OK...; les rats, la décomposition, pourquoi pas...) Inoffensive en tout cas. *** Pas mal de places libres mardi soir: replacement facile! *** Du coup, j'étais au 1er rang du 2e balcon Smile

Globalement, une superbe incarnation d'un opéra rare et beau: merci à Tézier, Luisi et consorts! Et Lissner!
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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 11:13

Belcore a écrit:
Je ne connaissais pas Anita Hartig : à découvrir donc…
Je te trouve un peu sévère pour l'orchestre, que j'avais trouvé magnifique le 24.
Parkinson : j'avais lu ça avant de voir le spectacle, et je trouvais cette idée idiote : en réalité c'est presqu'imperceptible, et ça ne dure - heureusement - pas très longtemps.

Malgré tes réserves sur la mise en scène, je pense qu'on peut dire qu'on se rejoint pour trouver que c'est un spectacle de haut niveau…


Belcore

Oui tout à fait et merci à David pour les détails d'analyse musicale sur SB. Tout à fait d'accord.
Je trouve par ailleurs que Luisi fait des miracles avec l'orchestre (pour lequel j'ai également souvent des réticences).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 12:32

Belcore a écrit:
Je ne connaissais pas Anita Hartig : à découvrir donc…

Une voix pas du tout italienne (très peu faciale), mais remarquablement efficace, une des rares voix à passer aussi bien physiquement dans Bastille (on sent l'impact) ; beaucoup d'intentions se perdent au fond de Bastille, mais ça reste un chant sensible, et sans la moindre faiblesse vocale.


Citation :
Je te trouve un peu sévère pour l'orchestre, que j'avais trouvé magnifique le 24.

Vraiment le point faible de la soirée pour moi : j'aurais probablement été enchanté sinon, mais je trouvais que ça se traînait, même quand c'était rapide. On sentait une sorte de manque d'enjeu, d'exécution exacte et très professionnelle (pas de gros décalages comme dans leurs mauvais soirs où on sent qu'ils ne cherchent même pas vraiment à être ensemble dans les récitatifs), mais pas vraiment d'élan. C'est subjectif, forcément – mais ça se voyait un peu quand même, en regardant dans la fosse.


Citation :
Parkinson : j'avais lu ça avant de voir le spectacle, et je trouvais cette idée idiote : en réalité c'est presqu'imperceptible, et ça ne dure - heureusement - pas très longtemps.

Elle dure de l'empoisonnement jusqu'à la mort, soit 20 minutes + 30, moi je trouve que c'est beaucoup. Il ne tremble que la moitié de ce temps-là, mais il reste tétanisé à l'avant-scène, le propos de Bieito aboutit au même résultat qu'une mise en scène des années 50 (en moins joli).


Citation :
Malgré tes réserves sur la mise en scène, je pense qu'on peut dire qu'on se rejoint pour trouver que c'est un spectacle de haut niveau…

Ah, tout à fait. Il ne m'a pas tellement ému pour d'autres raisons (un peu fatigué, je sortais de trois spectacles assez extraordinaires la semaine dernière, je trouve qu'il y a une certaine inégalité dans la partition, un peu déçu par le résultat de l'orchestration des passages que j'aime une fois dans la salle, et bien sûr la distance depuis les galeries tout en haut de Bastille, plié en deux pour voir…), mais du point de vue de la qualité artistique, c'était du très très haut niveau, surtout les chanteurs (chœur inclus).


Patzak a écrit:
J'ai trouvé la direction de Luisi Ma-gis-trale (comme Falstaff l'année passée),

C'est très bien (vraiment précis, avec en plus des poussées expressives réussies dans les petits interludes), mais pour du Luisi, comme pour Falstaff, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'il était vraiment bridé par l'orchestre. J'ai été étonné aussi qu'il ne semble pas, manifestement à travailler le son, pas beaucoup de plus-value de ce côté – j'ai trouvé Benini dans le Trouvère bien plus impressionnant, étonnamment.


Citation :
je l'ai trouvé un petit peu trop vériste,

Vériste ? À cause des attaques un peu hautes sur certains accents expressifs ? On n'était pas dans les sanglots, en tout cas.
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Patzak
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 13:17

DavidLeMarrec a écrit:


Citation :
je l'ai trouvé (Demuro) un petit peu trop vériste,

Vériste ?  À cause des attaques un peu hautes sur certains accents expressifs ?  On n'était pas dans les sanglots, en tout cas.

C'était léger; sans aller jusqu'aux sanglots, oui, des accents un peu appuyés assez souvent; pour moi ca aurait pu etre un peu plus sobre: question de gout. Encore une fois, son Radames il y a 2-3 ans (en remplacement) était super, d'où ma légère déception hier soir. Mais il a été tres applaudi, comme tu as vu!
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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 17:30

Patzak a écrit:

Demuro était un excellent Radames il y a deux ans (remplacant Antonenko Smile  ), je l'ai trouvé un petit peu trop vériste, mais loin d'etre mauvais.

Tu es sûr que ce n'était pas plutôt Gaston Rivero, autrement outillé (si je puis dire) pour ce rôle....(et qui était bien mieux qu'Antonenko)
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Patzak
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 17:36

HELENE ADAM a écrit:
Patzak a écrit:

Demuro était un excellent Radames il y a deux ans (remplacant Antonenko Smile  ), je l'ai trouvé un petit peu trop vériste, mais loin d'etre mauvais.

Tu es sûr que ce n'était pas plutôt Gaston Rivero, autrement outillé (si je puis dire) pour ce rôle....(et qui était bien mieux qu'Antonenko)

Ah oui, tu as raison!! (Voix plus ronde et outillé comme tu dis, et excellent Radames ce jour-la....: quelle chance, ce remplacement!)

Je suis confus.
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 17:39

Patzak a écrit:
HELENE ADAM a écrit:
Patzak a écrit:

Demuro était un excellent Radames il y a deux ans (remplacant Antonenko Smile  ), je l'ai trouvé un petit peu trop vériste, mais loin d'etre mauvais.

Tu es sûr que ce n'était pas plutôt Gaston Rivero, autrement outillé (si je puis dire) pour ce rôle....(et qui était bien mieux qu'Antonenko)

Ah oui, tu as raison!! (Voix plus ronde et outillé comme tu dis, et excellent Radames ce jour-la....: quelle chance, ce remplacement!)

Je suis confus.

Je n'ai aucun mérite : je n'ai jamais vraiment supporté Demuro que je trouve en permanence monté sur des ergots sans les moyens (mais bon d'autres l'apprécient...) alors que j'ai beaucoup aimé Rivero autant dans Manrico d'ailleurs que dans Radamès.
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   Mer 5 Déc 2018 - 17:39

DavidLeMarrec a écrit:
J'en sors.

Mais c'est pas possible, DavidLeMarrec est un algorithme !

J'envie ton efficacité de rédaction, surtout que c'est toujours extrêmement précis, fouillé et bien écrit... Evil or Very Mad

Ce que tu écris sur Hartig me fait regretter de ne pas avoir pu me libérer hier soir. J'y vais normalement lundi, j'essaierai de publier un retour à ce moment-là, en répondant éventuellement à certains des tes propos.
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MessageSujet: Re: Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12   

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Simon Boccanegra. Bastille 12/11-13/12
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