Autour de la musique classique

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 Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 21 Nov 2018 - 23:46

Tarare : Cyrille Dubois
Astasie :
 Karine Deshayes
Atar : 
Jean-Sébastien Bou
La Nature/Spinette :
 Judith van Wanroij
Calpigi : 
Enguerrand de Hys
Arthénée/Le Génie du feu :
 Tassis Christoyannis
Urson/un esclave/un prêtre : 
Jérôme Boutillier
Altamort/un paysan/un eunuque : 
Philippe-Nicolas Martin
Élamir : Marine Lafdal-Franc
Une Bergère sensible/L’ombre : Danaé Monnié

Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
Les Talens Lyriques

Direction : Christophe Rousset


Voici que reparaît le dernier Salieri en français qui restait à jouer dans une version récente (il existe peut-être une ébauche de version française de La Grotta di Trofonio, mais a prioriune simple traduction, et probablement pas achevée), après le postgluckiste (en mieux) Les Danaïdes et l'atypique Les Horaces (avec ses Entractes qui font avancer l'action en sortes d'étranges spin-off sacrés).

Mais Tarare en est, à mon sens, le plus remarquable – et aussi l'un des opéras de langue française les plus marquants de tout le répertoire. 

--

Pourquoi faut-il aller voir Tarare ?

♥ Il s'agit du seul livret d'opéra écrit par Beaumarchais. Il est assez étonnant, avec un Prologue et un Épilogue allégoriques, où la Nature tient des propos absolument séditieux qui ont étrangement été validés par la critique, sapant tout le principe du mérite et de la naissance, donc de l'aristocratie, donc de la monarchie française. Salieri se tire assez remarquablement de phrases longues au contenu franchement abstrait. Le reste est une intrigue de sérail plus traditionnelle, mais garnie de rebondissements assez incroyables, à un rythme que n'osait pas même Le Mariage de Fiago !

♥ Tarare fut l'un des plus grands succès de l'histoire de l'Opéra de Paris. Créé en 1787, il est repris par tous les régimes successifs : monarchie constitutionnelle, Convention, Consulat, Restauration… et jusqu'en 1841 (à Hambourg !). À chaque fois, la fin est amendée : le tyran se tue initialement, ou bien règne en s'amendant et prêtant sermant sur le Livre de la Loi (1790), ou n'a pas de successeur (1795). La Convention extorque des modifications à Beaumarchais, mais sous le Consulat, après sa mort, les ajustements se poursuivent. 
Dans la version de 1790, Tarare libère les brahmines et les bonzes, permet le divorce des héros, accorde sa protection aux nègres (l'affranchissement, à la lecture du livret, m'a paru plus ambigu), ce qui nous vaut une magnifique ariette dans le style proto-banania qui ne passerait plus très bien la rampe de l'opinion publique… 
(vous pourrez lire tout cela plus en détail, avec les visuels d'époque, dans la notule correspondante)

♥ Le rythme dramatique y est effréné, les actions virevoltent, les mouvements y sont presque toujours vifs, les modulations nombreuses, les procédés d'accompagnement très variés (beaucoup de pizz aux violons, par exemple). On ne peut pas s'y ennuyer. 

♥ La partition regorge de tubes (« De quel nouveau malheur », « J'irai, oui j'oserai », « Va, l'abus du pouvoir suprême », « Saluons tous la belle Irza ») et de moments irrésistibles (beaucoup d'ensembles et de chœurs aux mélodies très marquantes). 

♥ Elle met aussi en valeur les voix, avec des écarts vocaux assez inhabituels pour l'époque, presque de l'écriture pour spinto, en particulier chez Astasie, ou le seul moment réellement sérieux de Calpigi, son air sédicieux et ménaçant « Va, l'abus du pouvoir suprême ».

♥ La structure même de la partition est tout à fait inhabituelle, novatrice, fascinante : les numéros et les récitatifs restent certes audiblement séparés, mais il sont imbriqués, comme dans du Meyerbeer… beaucoup n'ont pas vraiment de début ni de fin, mais s'enchaînent directement – le nombre de demi-cadences qui ne se résolvent qu'une fois la suite lancée !  On peut vraiment rapprocher cette conception de ce que fait Meyerbeer dans les années 1820-1830, et qui inspire évidemment Wagner par la suite. J'ai même repéré desmotifs récurrents attachés à des personnages (Calpigi sûr, Astasie à vérifier, peut-être une simple coïncidence sur un motif assez simple). Je ne crois pas que ça existe ailleurs à cette date.

♥ Enfin, et ce n'est pas rien, s'il existait déjà un DVD avec Jean-Claude Malgoire (Howard Crook, Jean-Philippe Lafont), très réussi mais inégal (les voix féminines et les parties allégoriques sont complètement inintelligibles), ce que j'ai entendu à la générale laisse présager un disque qui règlera complètement la question, avec la meilleure équipe imaginable : Wanroij, Deshayes, Hys, Dubois, Bou, Christoyannis, Boutillier, Martin, grands spécialistes de la déclamation française, tous sous leur meilleur jour – Jean-Sébastien Bou était en feu !  
Quant aux Talens Lyriques, à qui je pourrais tout pardonner tant ils sont à peu près les seuls à être restés fidèles au défrichage de ce répertoire malgré leurs succès (les Arts Florissants rejouent les mêmes titres qu'ils ont découverts il y a trente ans, les English Baroque Soloists et les Musiciens du Louvre font du XIXe, je pardonne au Concert Spirituel parce qu'il joue certes du XIXe, mais tout aussi inédit), ce qui est sans doute moins valorisant en termes de remplissage et de couverture critique que de faire des Don Giovanni ou des Fidelio, mais remplit un rôle inestimable d'épiphanie du répertoire… ils se montrent sous leur meilleur jour, colorés, mordants, ardents, exaltant chaque pièce dans une course effrénée. Non seulement ils sont les meilleurs serviteurs du répertoire, mais ils sont aussi devenus, je crois, le meilleur truchement de l'esprit de ces musiques.
Comme les enregistrements Aparté ont lieu après les représentations avec l'expérience du concert et que les prises de son sont toujours superlatives, je vous laisse pressentir vos bonheurs à venir.

--

Tout ceci est loin de couvrir l'ensemble des mérites de Tarare, mais que vous y alliez pour la place historique, l'originalité dramatique, la nouveauté de la musique, les jolies mélodies, les notes aiguës, les beaux gosiers ou les crincrins hystériques… chacune de ces catégories, seule, peut mériter le déplacement, ou l'investissement dans le disque (délai d'un an environ).
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 21 Nov 2018 - 23:50

Voila qui donne envie d'acheter le CD à venir Cool
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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 13:11

merci pour ta présentation !
J'ai une place pour la séance de la Philharmonie...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 23:23

J'y serai aussi ! (et sous forte escorte)

bounce
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 23:24

DavidLeMarrec a écrit:
J'y serai aussi !  (et sous forte escorte)  

bounce

Aurais tu des choses à te reprocher? Mr.Red
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 23:36

Mad Et c'est à la Cité de la Musique le mercredi, soit le jour de la semaine où je ne peux vraiment pas aller au concert...
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 23:40

Cette année c'est dans mon patelin que tu aurais dû demander une affectation hehe . Même si tout n'est pas parfait, rien que l'Orchestre des Champs Elysées et l'Orchestre Poitou Charentes ont des programmes qui en valent la peine Cool
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 23:45

luisa miller a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
J'y serai aussi !  (et sous forte escorte)  

bounce

Aurais tu des choses à te reprocher? Mr.Red

Non, juste une troupe de disciples dont l'ampleur pose des problèmes de jauge à la Philharmonie. Nous avons songé à privatiser Tarare, et puis nous avons pensé aux Gentils qui auront l'occasion ainsi de partager les vérités de la Vraie Foi.


Benedictus a écrit:
Mad Et c'est à la Cité de la Musique le mercredi, soit le jour de la semaine où je ne peux vraiment pas aller au concert...

C'était aussi donné à Versailles ce soir… Sinon, à Vienne samedi et à Caen le 9 décembre. Bref, tu es de mauvaise volonté, je trouve. drapeau
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 22 Nov 2018 - 23:57

DavidLeMarrec a écrit:
luisa miller a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
J'y serai aussi !  (et sous forte escorte)  

bounce

Aurais tu des choses à te reprocher? Mr.Red

Non, juste une troupe de disciples dont l'ampleur pose des problèmes de jauge à la Philharmonie. Nous avons songé à privatiser Tarare, et puis nous avons pensé aux Gentils qui auront l'occasion ainsi de partager les vérités de la Vraie Foi.


Benedictus a écrit:
Mad Et c'est à la Cité de la Musique le mercredi, soit le jour de la semaine où je ne peux vraiment pas aller au concert...

C'était aussi donné à Versailles ce soir… Sinon, à Vienne samedi et à Caen le 9 décembre. Bref, tu es de mauvaise volonté, je trouve. drapeau

Oh mais benedictus n'est pas le seul. Mr.Red
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Ven 23 Nov 2018 - 9:01

DavidLeMarrec a écrit:
luisa miller a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
J'y serai aussi !  (et sous forte escorte)  

bounce

Aurais tu des choses à te reprocher? Mr.Red

Non, juste une troupe de disciples dont l'ampleur pose des problèmes de jauge à la Philharmonie. Nous avons songé à privatiser Tarare, et puis nous avons pensé aux Gentils qui auront l'occasion ainsi de partager les vérités de la Vraie Foi.

Ouf! Je vais pouvoir rentrer dans la salle alors. J'ai eu peur à un moment... hehe

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Ven 23 Nov 2018 - 11:54

Il y a deux grandes vidéos de Tarare à Versailles sur le profil Facebook de Laurent Brunner (directeur du Château de Versailles!).

Miam, ça promet beaucoup! Very Happy Very Happy Very Happy

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Sam 24 Nov 2018 - 11:47

Ce sont en plus plutôt deux moments que je trouve moins marquants que l'ensemble (sauf ce qui suit les couplets de Calpigi, bien sûr bounce ).

Premiers échos délirants de mes émissaires. Very Happy
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 10:48

Petit rappel (j'ai découvert ça la semaine dernière...) : le concert débute à 19h30! Very Happy

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 12:16

Oh mon Dieu, j'avais totalement négligé ça, merci de l'avoir mentionné, c'est vrai que c'était écrit, mais c'est si rare à la PP !
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 12:45

En même temps, ils annoncent 3h30 avec entracte... donc ils sont un peu obligés de commencer en avance...

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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 12:57

Ça va, se sera moins long que Siegfried qui avait commencé à la même heure... hehe
(Cela dit, ça passe à toute vitesse Siegfried.)
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 13:25

Adalbéron a écrit:
Ça va, se sera moins long que Siegfried qui avait commencé à la même heure... hehe
(Cela dit, ça passe à toute vitesse Siegfried.)

C'était pas 19h Siegfried?
Mais oui, ça terminera plus tôt. Et c'est pas un mal! Y en a qui travaillent le lendemain matin! Mr.Red

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 13:58

À Versailles, je crois que ça commençait à 20h. Mais oui, 3h30 (en comptant un peu de retard au début et les applaudissements à la fin), ça sera quasiment ça.
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 13:59

DavidLeMarrec a écrit:
À Versailles, je crois que ça commençait à 20h. Mais oui, 3h30 (en comptant un peu de retard au début et les applaudissements à la fin), ça sera quasiment ça.

C'est ce qui était annoncé sur le site de Versailles je crois (vu que maintenant la Philharmonie ne donne plus de durée prévue du concert Rolling Eyes)

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 14:09

À la générale, c'était 3h incluant une pause de 20 minutes, il me semble. Mais avec le petit retard pour commencer et les applaudissements furieux de la fin, il faut compter 3h30, oui.
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Mer 28 Nov 2018 - 16:54

Voire 4h45, en comptant les 102 rappels et le portement en triomphe des artistes dans la ville.
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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 29 Nov 2018 - 11:32

DavidLeMarrec a écrit:
À la générale, c'était 3h incluant une pause de 20 minutes, il me semble. Mais avec le petit retard pour commencer et les applaudissements furieux de la fin, il faut compter 3h30, oui.

Sortie vers 23h et des poussières je crois... j'ai vraiment beaucoup aimé et découvert un livret facétieux génialement drôle et caustique. Beaucoup de variétés en composition musicale aussi et de très belles interprétations : le "duo" Bou et Boutillier et Bou et Enguerrand sont deux très grands moments....
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 29 Nov 2018 - 12:15

Quelques impressions encore un peu à chaud ce matin.

¶ L'œuvre frappe d'abord par sa variété de moyens : un nombre incalculable de figures d'accompagnement, d'astuces harmoniques, de types de climats mélodiques, qui se succèdent à un rythme effréné. Les airs sont très courts et immédiatement enchaînés, voire interrompus, si bien que l'on ne peut presque plus parler de numéros – l'intégration est encore plus forte que chez Meyerbeer, il me semble !  L'étape suivante, c'est Wagner, et encore, il existe quasiment des airs et duos ceints de récitatifs dans Die Walküre
Harmoniquement aussi… les fausses cadences de l'air séditieux de Calpigi, c'est stupéfiant, ou les enchaînements entre sections.

¶ De même pour le livret, il se passe un milliard de choses à la minute, si bien qu'en le réécoutant inlassablement depuis toutes ces années, en le voyant en action deux fois en une semaine, je parviens seulement à me familiariser avec certains détails – en particulier les relations complexes entre l'eunuque Calpigi et le sultan Atar (le second maudit et pourchasse sans cesse le premier, sans jamais le châtier), la disposition du ballet interrompu de l'acte III (avec l'échelle de soie et les lumières du sérail…), les quiproquos accumulés dans le sérail au IV (chacun se faisant passer pour un autre qui peut être, ultimement, lui-même, et croyant avoir été joué en jouant celui qui voulait l'empêcher de le jouer), qui n'arrvient pas simultanément, mais tombent en cascade à chaque réplique.
    Par ailleurs, un des rares livrets réellement drôles – l'exposition, très concise, pose tout de suite la haine paradoxale du sultan (exécrant être trop bien servi) en des termes délicieux, dont la bouffonnerie ne retire rien à l'impressionnante cruauté (ni au désarroi attendrissant du méchant). À ce titre, Beaumarchais ose des choses très rares avant le XXe siècle, comme cet esclave qu'on croit récurrent et qui, après une réplique anodine, est immédiatement occis par son prince – manière qu'on fasse comprendre qu'on badine volontiers avec la mort. Glaçant, surtout juxtaposé à cette esthétique encore gluckiste. 

¶ Dans la longueur des phrases (et l'abstraction de leur propos, même hors des Prologue / Épilogue dans les nuées limbiques), on sent l'homme de théâtre pas du tout rompu aux exigences spécifiques de l'opéra. Certaines des punchlines font huit vers avec inversions et enchâssements… avec l'extension de la temporalité par le chant, les éventuels mots qu'on manque et l'attention qu'on porte à la musique, dur de tout suivre à la première écoute !  On y reconnaît d'ailleurs très bien la syntaxe du Beaumarchais du Mariage… Salieri s'en tire admirablement au demeurant, mais c'est un cas assez unique de livret manifestement « amateur » (alors que les amateurs ont toujours été légion dans le métier !) avant que les compositeurs ne commencent à écrire les leurs (Wagner, hélas… puis pas mal de monde au XXe, hélas aussi).

¶ Le nom de Tarare (en principe une interjection dubitative ou agacée) tourne dans toutes les bouches en permanence, on ne peut pas faire une imprécation, un souhait, une action sans le mentionner, sous toutes les formes, sous tous les cris, avec au sommet l'acte II où les soldats le brament (les initiés riront) avec joie, ce serait l'équivalent de faire chanter extatiquement : « Gnagnagnagna ! Gnagnagnagna ! » (à peu près la signification de l'interjection Tarare !). C'était le défi que Beaumarchais s'était lancé en conservant le nom du personnage d'Antoine Hamilton (où Tarare est un conseiller du Prince, d'abord rusé avant que d'être bienveillant) : il souhaitait, par son caractère et à force d'invocations, réussir à faire aimer ce nom ridicule du public. Musique irrésistible de Salieri  aidant – qui ne laisse jamais passer son nom sans le faire trompetter –, c'est très réussi, si j'en juge le nombre de spectateurs qui chantaient ces répliques-là en quittant le théâtre. J'avais rarement vu un public aussi chantant en sortant d'un spectacle – et très certainement jamais pour une œuvre pré-1800 !
    Aussi étrange que ce puisse paraître, cette particularité est peut-être ce qui fait la différence entre une belle œuvre (qui regorge de mélodies irrésistibles, certes) et un chef-d'œuvre aussi prégnant que Tarare, dont le nom tournoie et vous habite longtemps après l'écoute… Un peu comme pour Pelléas : on vous dit un mot et vous avez envie de chanter la réplique qui correspond (ce qui ne se produit pas avec des tubes d'un genre différent, comme Traviata ou Carmen). Hé bien ici, on vous cite le titre et quatre ou cinq répliques viennent chanter à votre bouche…

¶ Quelques autres remarques, davantage dans le détail, mais des aspects qui m'ont réellement frappé en salle : 
→ D'ordinaire, les récits de hors-scène servent à compenser l'action qu'on ne peut montrer, ici ils s'y ajoutent (après avoir montré un assassinat anodin au début du I, on a bien compris que la bienséance…), avec une science du dévoilement progressif chez Beaumarchais et une ardeur étourdissante chez Salieri. Récit de l'enlèvement d'Astasie, du combat de Tarare contre le ravisseur, de l'introduction pas si secrète dans le sérail… Nombreux, longs et virtuoses.
→ Le goût du métatextuel, là aussi rare à l'opéra, même pour les œuvres plus récentes. Ainsi il est fréquent que les numéros obligés reçoivent une forme d'explication dramatique : le ballet monté à la hâte pour couvrir l'enlèvement, commenté par Calpigi « On croirait voir ce spectacle de France / Où tout va bien pourvu qu'on danse », ou bien l'ariette-conseil de Spinette (un format très utilisé chez LULLY, cf. les suivantes d'Armide), qui justifie sa répétition par le risque que son mari ne l'ait pas bien comprise.
→ Enfin, je n'avais pas rêvé, il y a bel et bien des motifs récurrents – une première dans l'histoire de l'opéra, je crois – en tout cas un, celui des astuces bienveillantes de Calpigi pour secourir Tarare, motif léger et dansant qui n'apparaît que lorsque le premier dévoile son véritable visage secourable au second (trois ou quatre occurrences, assez en évidence, mais pas identiques, adaptées à la musique du contexte, vraiment du letimotive !).

  



Je n'ai jusqu'ici rien dit de précis sur la distribution, d'abord parce que je n'avais vu que la générale, ensuite parce qu'elle est assez idéale, tout simplement – mes contre-propositions n'auraient été, en toute honnêteté, pas spécialement meilleures dans le cas où elles auraient aussi bien réussi. 

Je ne dis un mot que sur quelques détails.

Le choix de Karine Deshayes (dont la voix est devenue assez large et ronde) a dû coûter cher en cachet pour un rôle aussi court et secondaire, bien qu'il soit le centre de l'intrigue (Astasie, l'épouse de Tarare enlevée par le sultan)… mais c'était un coup de maître, les plaintes et cris un peu stéréotypés (dont le grand « Tarare ! » à la fin, un aigu à cru saisissant comme en écrivent plus tard Verdi et Wagner) de cette victime archétypale deviennent immédiatement farouches et plus grands que nature, c'est absolument parfait.

Lorsque, à l'époque des Horaces, on avait annoncé Tarare en 2018, j'avais rêvé Mathias Vidal et surtout Bernard Richter (qui, vu ses engagements dans des premiers rôles à Vienne, ne doit plus être très intéressé par le pré-1800, ni dans les gammes de prix envisageables…). Cyrille Dubois est un excellent choix, mais dans une cette distribution idéale, je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre, en filigrane, l'héroïsme que j'avais d'abord imaginé pendant plusieurs mois – Cyrille Dubois a toujours ce côté gentil garçon, ce qu'est Tarare assurément (et qui réussissait magnifiquement même dans un rôle aussi complètement romantique que Gérard de Coucy chez Halévy), mais il me manque, je crois, l'aspect impressionnant du guerrier invincible, charismatique du personnage. Il est si aimable, si poli, si modeste, qu'il séduit absolument, mais qu'on ne ressent pas pourquoi tout le monde semble aussi impérieusement pressé de mettre son nom à la bouche. 
    Il semblait un peu ému, aussi, et la voix n'a réellement éclaté que dans les grands reproches de l'acte V, où il était saisissant d'assurance et de vérité. 
    Par ailleurs, qu'on ne se méprenne pas : c'est un commentaire sur un détail de ce que j'ai senti, plus relié à l'œuvre qu'à l'interprète : Tarare, en plus de la partition, appelle dans l'imaginaire quelqu'un qui soit jeune, beau, vaillant, délicat, tout à la fois philosophe et athlète, doté de ce je-ne-sais-quoi qui fascine tout le monde… je ne prétends pas que ce soit la faute des interprètes s'ils n'ont pas à la fois la voix souple, le timbre clair, la couleur héroïque, la taille haute et le torse bronzé !  À cela s'ajoute que j'ai Howard Crook dans l'oreille, et que c'est possiblement le ténor que j'aime le plus dans toute la musique enregistrée…
    S'il faut parler spécifiquement de Cyrille Dubois, alors je soulignerais avant tout la diction parfaite, le style ciselé  (ces appoggiatures sans vibrato où le timbre se colore légèrement, pour mettre en valeur la tension mélodique et harmonique), du grand art.

Enguerrand de Hys, en eunuque adjuvant, ose ajouter de la nasalité à son timbre, ce qui est osé (risque d'être catalogué comme ténor de caractère, alors qu'il chante superbement les lyriques et la mélodie), mais lui permet simultanément d'être mieux audible et de jouir d'une plus grande palette expressive sur les mots, dont il fait un usage foisonnant et irrésistible. Je lui tire mon chapeau, vraiment. (Et son timbre, quoique pas à la mode, est très beau comme ça.)

Jubilation absolue et univoque, comme à chaque fois, avec Jean-Sébastien Bou en Atar : rien qu'en se mouvant dans l'étroit réduit de son pupitre, il possède la scène… La déclamation emportée, la générosité du son jusque dans le murmure, la finesse des intonations (mordant, drôle, à la fois distant sur lui-même et immédiatement crédible), la rondeur du timbre qui passe cependant très bien grâce à une assise sur un métal solide et absolument pas agressif, il incarne l'absolu de ce que peut être un baryton d'opéra. Chaque spectacle le confirme, et Atar lui fournit un rôle à sa mesure, très long, très exubérant, très drôle et très généreux vocalement.

De même, je suis frappé par les progrès des Talens Lyriques et l'absence totale de lien avec ce qu'ils ont pu être, depuis Bellérophon (1,2,3) à peu près (2010) : ils avaient la réputation (exagérée, mais pas tout à fait sans cause) d'une certaine indolence, malgré le grand sens du style de Rousset (les danses ont toujours été les plus élégantes du marché…). Leur Persée chez Ambroisie en témoigne, même si Didon de Desmarest, Cadmus et Roland montre que, sous des apparences peut-être plus ternes que la concurrence, la finesse était patente.
Dans les années 2010, grand virage donc : à ces qualités s'ajoutent, et de plus en plus, l'ardeur et la couleur. Ce que j'ai entendu hier soir, avec ses cordes d'une chaleur, d'un grain, d'une sûreté hors du commun, était absolument renversant. Les cors aussi, qui étaient réputés peu fiables, n'ont rien mis à côté, et avec quelles iristations, alors qu'ils étaient très généreusement sollicités.

Tandis que les Musiciens du Louvre, à force de XIXe, ont beaucoup perdu en personnalité, que le Concert Spirituel, toujours très intéressant, a pris un profil sonore moins adapté au XVIIe (il continue d'être remarquable dans le XVIIIe), et que d'une manière générale les chefs baroques qui ont eu du succès semblent avoir vécu comme une promotion de pouvoir jouer du Beethoven et du Brahms (Harnoncourt, Gardiner, Minkowski, Niquet, Hengelbrock, Poppen, Manze…) ou se content un peu de rejouer sans cesse le répertoire qu'ils ont exhumé (Christie), je sais infiniment gré à Christophe Rousset d'être resté fidèle, malgré sa célébrité croissante, à la mise en valeur de ce répertoire, à continuer de créer de nouvelles œuvres – alors qu'on le sait, structurellement, si on publie un Don Giovanni, on trouve tout de suite son public, et avec beaucoup moins de préparation nécessaire (ne serait-ce que constituer et payer le matériel d'orchestre !)… jouer de l'inédit réclame beaucoup plus de travail pour moins de succès. Et quelles œuvres !  Outre l'intégrale LULLY manifestement en cours – on n'avait pas de Bellérophon, et on avait si cruellement besoin d'une Alceste, par exemple, sans compter l'intérêt des volumes réenregistrés, comme Armide ! –, qui d'autre a donné inlassablement ces titres inédits, dont la dernière proposition fut cette intégrale des opéras français de Salieri ?




Une œuvre totalement atypique (et une des plus intéressantes de tout le répertoire, je trouve) + une interprétation d'une qualité délirante + un disque assuré, finalement il n'en faut pas beaucoup pour rendre David content, n'est-ce pas ?
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 29 Nov 2018 - 13:27

Pas grand chose à rajouter à ce que nous dit David... si ce n'est que j'ai adoré! Découverte totale et je n'attend qu'une chose : pouvoir ré-écouter l'ouvrage!!

Sinon, petits mots sur le reste de la distribution...
J'ai toujours trouvé Judith van Wanroij un peu terne dans sa caractérisation et un peu mole dans son chant. C'est beau, mais jamais très poignant ou prenant. Et là, dans le rôle de Spinette elle est parfaite! Elle s'amuse, joue de son timbre... c'est une vraie révélation!
Splendide Tassis Christoyannis aussi dont la voix de bronze est si parfaite pour le grand Prêtre! Plus discret que pendant un temps j'ai l'impression, le baryton a toujours cette aisance dans le texte et cette voix longue à l'aigu glorieux et à la projection exemplaire.

Notons aussi la magnifique participation des Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles.

Magnifique et une immense découverte!

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Francesco
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 29 Nov 2018 - 15:36

Comme je ne côtoie jamais d'êtres vivants si je peux l'éviter, je ne suis pas allé voir le spectacle, mais je voulais dire que David a absolument raison : l'oeuvre est fantastique, un des très grands opéras de la période (un très grand opéra tout court) et pour toutes les raisons qu'il donne. A sa modeste notoriété je ne vois comme explication que la mauvaise réputation de Salieri (existe-t-elle toujours cela dit ?) et le peu d'intérêt que le public a longtemps manifesté pour ces opéras du tournant des Lumières.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 29 Nov 2018 - 16:31

Francesco a écrit:
Comme je ne côtoie jamais d'êtres vivants si je peux l'éviter, je ne suis pas allé voir le spectacle, mais je voulais dire que David a absolument raison : l'oeuvre est fantastique, un des très grands opéras de la période (un très grand opéra tout court) et pour toutes les raisons qu'il donne. A sa modeste notoriété je ne vois comme explication que la mauvaise réputation de Salieri (existe-t-elle toujours cela dit ?) et le peu d'intérêt que le public a longtemps manifesté pour ces opéras du tournant des Lumières.

Grubi aurait chanté Spinette, tu te serais précipité! Rolling Eyes
siffle hehe

(en tout cas c'est dommage... on te croise pas du coup...)

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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 6 Déc 2018 - 11:57

Je n'y suis pas revenu, parce que j'étais complètement d'accord avec David, mais j'y repense souvent, et il est vrai que c'était fabuleux, tant l'œuvre que l'interprétation !

Je me suis tout pris en pleine face et c’était si foisonnant, tant dans le livret que dans la partition, que j’ai du mal à en dégager, même maintenant avec un peu de recul, des remarques précises.
Le plus marquant, peut-être, c’est cette manière quasi durchkomponiert que Salieri a choisi de dérouler musicalement le drame (mais qui correspond aux intentions de Beaumarchais, qui n'a pas prévu beaucoup d'arrêts/arie introspectifs ou contemplatifs) et l’extrême causticité du livret (qui ne manque pas d’ambiguïtés morales et politiques d’ailleurs). On suit palpitants directement l’action et, dans un même temps, on nous situe à distance d’elle ; une véritable parodie, où même les personnages semblent se tenir à côté d’eux-mêmes, placés là par les déités du Prologue, se (re)tournant en dérision faisant ce qu’ils doivent faire car il doit en être ainsi — en un mot, jouant leur destinée.
Réjouissant, palpitant, excitant, tournoyant !
Et puis quelle équipe ! Un orchestre sémillant et une distribution impeccable (le phrasé de Dubois, la grandeur de Deshayes, l’abattage de Bou, la saveur de van Wanroij, la vivacité de de Hys, l’autorité de Cristoyannis !!!).

drunken drunken drunken drunken drunken
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   Jeu 6 Déc 2018 - 23:12

Oui, aussi continu, on n'a pas vu ça avant Meyerbeer (et Wagner…), rien que pour cela c'est une œuvre particulièrement étonnante et neuve.

Citation :
(qui ne manque pas d’ambiguïtés morales et politiques d’ailleurs).

Tout à fait, il y a une sorte d'ambiance Lettres persanes, on ne parvient pas tout à fait à trouver un modèle évident, la thèse défendue par Beaumarchais est à peu près insaisissable.


Citation :
une véritable parodie, où même les personnages semblent se tenir à côté d’eux-mêmes,

Considérant que vous n'étiez pas placés très loin de moi, on peut aussi parler de parhélie.
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MessageSujet: Re: Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]   

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Salieri – Tarare – Rousset [PP, Versailles, Caen, Vienne]
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