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 Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018

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Belcore
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MessageSujet: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 17 Déc 2018 - 14:14

L'Opéra Comique donne une nouvelle production de cet opéra d'Ambroise Thomas.
C'est une œuvre qui a toute sa place au répertoire - en son temps j'avais vu au cinéma la production du Met.
La production de Favart me semble intéressante mais les dates sont impossibles pour moi.

Lorsque l'O. C. avait monté "Mignon", j'avais demandé à Agnès Terrier si Hamlet suivrait : à l'époque elle avait jugé ce projet hors de portée : heureusement les temps ont changé...

Belcore


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luisa miller
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 17 Déc 2018 - 14:50

La partie des choeurs sera tenue par Les Eléments, l'ensemble vocal fondé par Joël Suuhubiette il y a vingt cinq ans. Ce n'est pas la première fois qu'ils chantent dans un opéra intégral. Pour ceux qui ont vu Idomeneo (avec Richard Croft dans le rôle titre) au TCE, ce sont aussi Les Eléments qui chantaient la partie choeur
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Mar 18 Déc 2018 - 10:32

Très très rapidement... musicalement c'est la grande classe... scéniquement de superbes idées et quelques unes plus malheureuses. Mais en tout cas, courez-y! Ambroise Thomas le vaut bien! Very Happy

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Belcore
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Mar 18 Déc 2018 - 13:32

Polyeucte a écrit:
Très très rapidement... musicalement c'est la grande classe... scéniquement de superbes idées et quelques unes plus malheureuses. Mais en tout cas, courez-y! Ambroise Thomas le vaut bien! Very Happy

En effet, ça à l'air d'une réussite….

https://www.forumopera.com/hamlet-paris-favart-etre-et-ne-pas-etre


Belcore
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Jeu 20 Déc 2018 - 23:39

Retour de la première lundi :
Hamlet de retour à Paris ! Quel plaisir… Après différentes productions récentes dont celle d’Avignon et celle de Bruxelles, voici enfin un retour à Paris. Bien sûr c’est à l’Opéra-Comique car l’ONP ne va pas se lancer dans une prod comme ça ! Pffff… du Thomas voyons !!
Et pourtant. L’ouvrage est vraiment dramatiquement très fort et avec des moments musicaux splendides ! La noyade d’Ophélie, l’affrontement entre Hamlet et sa mère, la scène du pantomime… et bien d’autres choses. Loin de la musique au kilomètre qu’on lui colle à la peau, Ambroise Thomas a donné une partition vraiment originale et marquante.

Scéniquement, la vidéo est très importante. Cela a l’avantage de nous présenter des visions fortes des personnages. Le visage sombre de Degout, les mains qui se frôlent, les visions du spectre… beaucoup de cela est montré par la vidéo. Mais il y a aussi ce grand rideau blanc qui ouvre ou ferme des espaces, les quelques éléments scéniques qui créent un lieu, le passage derrière la scène par moments. Bien sûr, on est loin de la force sombre pensée par Py, ou de la poésie de Boussard. Il y a une sorte d’hyper réalisme par moments qui pourrait être presque clinique, mais aussi une mort d’Ophélie pleine de poésie.

L’Orchestre des Champs-Élysées manque un peu de puissance et de noirceur par moments. Louis Langrée est superbe dans ses climats, mais il manque un peu de cette violence qui doit par moments trancher. Ces grands accords sombres sont un peu trop timides. Mais les couleurs des instruments sont magnifiques et le rendu est tout de même de très bonne tenue ! Le choeur a le même petit souci : peu nombreux, il manque un peu de puissance.

Dans la distribution, on notera le superbe spectre de Jérôme Varnier. Caverneux et sonore, il fait trembler les murs ! Laurent Alvaro manque légèrement de noirceur pour son Claudius mais la voix est impressionnante. Sylvie Brunet-Grupposo est annoncée souffrante, mais le rendu est tout de même impressionnant. Moins sordide que chez Py, elle offre tout de même une mère torturée et charismatique. L’aigu et le grave sont un peu restreints, mais sinon on retrouve la magnifique grande mezzo-soprano !
Sabine Devieilhe a la lourde tache de chanter Ophélie. Lourde car elle passe après Patrizia Ciofi. Et malheureusement, il est difficile de rivaliser avec ce personnage tourmenté que proposait la soprano italienne. Notre française est splendide vocalement et offre de très beaux moments de poésie ou de délicatesse. Mais elle reste toujours un peu trop froide dans son chant. Le rôle est parfaitement maîtrisé avec un vrai art pour donner tout son sens aux acrobaties voulues par Thomas. Mais il manque ce petit truc en plus.
Stéphane Degout est un Hamlet impressionnant : angoissant, tranchant ou poétique. Il donne beaucoup de nuances… c’est assez parfait. Il ne lui manque en fait qu’un peu d’aigu par moments car ils sont un peu légers là où on les aimerait tranchants et péremptoires. Mais ce n’est pas grand-chose vu la qualité de la prestation et l’investissement dramatique !

Très beau spectacle qui donne encore une vision de l’ouvrage.

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luisa miller
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 9:19

Ah tiens ? Ils sont deux à chanter Hamlet ? Poly, tu es sur que Sabine Devieilhe chante Hamlet?
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Belcore
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 9:47

luisa miller a écrit:
Ah tiens ? Ils sont deux à chanter Hamlet ? Poly, tu es sur que Sabine Devieilhe chante Hamlet?

Tout le monde avait rectifié, je pense…

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luisa miller
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 10:36

Je ne connais pas Hamlet par coeur comme toi. Tu ne m'en voudras donc pas de poser une question qui peut te paraître idiote Mr. Green
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Belcore
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 10:39

luisa miller a écrit:
Je ne connais pas Hamlet par coeur comme toi. Tu ne m'en voudras donc pas de poser une question qui peut te paraître idiote Mr. Green


Cela s'appelle chercher - inutilement - une mauvaise querelle…


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 11:03

Considérant l'inanité de l'acte IV, Langrée a décidé de supprimer le rôle d'Ophélie et de dédoubler Hamlet en deux instances. Ça nécessite pas mal de réécritures, mais le résultat est très convaincant !
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Belcore
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 11:07

DavidLeMarrec a écrit:
Considérant l'inanité de l'acte IV, Langrée a décidé de supprimer le rôle d'Ophélie et de dédoubler Hamlet en deux instances. Ça nécessite pas mal de réécritures, mais le résultat est très convaincant !

Bien vu, David !!

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 11:11

DavidLeMarrec a écrit:
Considérant l'inanité de l'acte IV, Langrée a décidé de supprimer le rôle d'Ophélie et de dédoubler Hamlet en deux instances. Ça nécessite pas mal de réécritures, mais le résultat est très convaincant !

Mr.Red

L'acte IV a quand même la noyade d'Ophélie qui est un moment assez magique. Cette douce mélodie avec le choeur à bouches fermées derrière... elle me hante depuis lundi!

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 11:25

C'est comme la folie de Lucia, vraiment le seul moment qui ne m'intéresse pas dans l'œuvre. hehe Mais bon, on connaît mon rapport à la virtuosité pure et aux airs romantiques ornés ou extatiques. Dans le genre, oui, c'est vraiment travaillé – je trouve juste qu'aucune mélodie n'est saillante sortie de la virtuosité, qu'on n'a pas ce caractère crépusculaire extraordinaire comme dans les autres actes (le V, bon sang !).

Mais je suis très content qu'il existe, sans lui je suis persuadé qu'on ne donnerait pas souvent cet opéra…
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 11:40

DavidLeMarrec a écrit:
C'est comme la folie de Lucia, vraiment le seul moment qui ne m'intéresse pas dans l'œuvre. hehe  Mais bon, on connaît mon rapport à la virtuosité pure et aux airs romantiques ornés ou extatiques. Dans le genre, oui, c'est vraiment travaillé – je trouve juste qu'aucune mélodie n'est saillante sortie de la virtuosité, qu'on n'a pas ce caractère crépusculaire extraordinaire comme dans les autres actes (le V, bon sang !).

Ah non, je ne suis pas d'accord. Je me faisais justement la réflexion qu'Ophélie est toujours considéré comme un rôle à vocalises et sur-aigus. Mais au final, cette scène de folie peut très bien être sobre avec surtout ce passage sir la Willis par exemple est d'une délicatesse qui tranche en effet avec les "ah ah ah ah" qui suivent. Mais justement, à l'écoute lundi, j'ai trouvé que cette scène de folie peut vraiment être chantée de manière sobre et délicate, mettant en avant la mélodie et la nostalgie un peu folle... et non une démonstration pure.

Citation :
Mais je suis très content qu'il existe, sans lui je suis persuadé qu'on ne donnerait pas souvent cet opéra…

C'est sûr! Si on regarde, en fait on a vraiment l'impression que c'est Ophélie qui fait monter l'ouvrage ou l'enregistrer (Dessay, Sutherland, Anderson, Ciofi, Devieilhe) même si à chaque fois elles ont des grands barytons en face.

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HELENE ADAM
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 12:20

Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
C'est comme la folie de Lucia, vraiment le seul moment qui ne m'intéresse pas dans l'œuvre. hehe  Mais bon, on connaît mon rapport à la virtuosité pure et aux airs romantiques ornés ou extatiques. Dans le genre, oui, c'est vraiment travaillé – je trouve juste qu'aucune mélodie n'est saillante sortie de la virtuosité, qu'on n'a pas ce caractère crépusculaire extraordinaire comme dans les autres actes (le V, bon sang !).

Ah non, je ne suis pas d'accord. Je me faisais justement la réflexion qu'Ophélie est toujours considéré comme un rôle à vocalises et sur-aigus. Mais au final, cette scène de folie peut très bien être sobre avec surtout ce passage sir la Willis par exemple est d'une délicatesse qui tranche en effet avec les "ah ah ah ah" qui suivent. Mais justement, à l'écoute lundi, j'ai trouvé que cette scène de folie peut vraiment être chantée de manière sobre et délicate, mettant en avant la mélodie et la nostalgie un peu folle... et non une démonstration pure.

Citation :
Mais je suis très content qu'il existe, sans lui je suis persuadé qu'on ne donnerait pas souvent cet opéra…

C'est sûr! Si on regarde, en fait on a vraiment l'impression que c'est Ophélie qui fait monter l'ouvrage ou l'enregistrer (Dessay, Sutherland, Anderson, Ciofi, Devieilhe) même si à chaque fois elles ont des grands barytons en face.

Oui mais ce n'est pas très logique car pour le reste de l'opéra (5 actes quand même) c'est bien Hamlet qui domine le tout, surtout dans la mise en scène proposée à l'OC puisqu'il ne quitte pas la scène même quand il n'a rien à faire ni à chanter. Et cela me parait conforme au sens du livret. J'ai d'ailleurs trouvé que Degout faisait parfaitement bien (et même excellemment), le job.
D'accord aussi sur ce que tu dis de l'air dit "de la folie". Il est très différent de celui de Lucia et ne s'appuie pas d'abord sur l'art de la vocalise. Il faut au contraire avoir l'air éperdu et concentré sur ses propres obsessions pour faire naitre l'émotion, plutot que de briller dans de grandes envolées vocales. Enfin il me semble....
J'ai bien aimé cette nouvelle production de Favart de tous les points de vue (avec les petites réserves de ci de là sur tel ou tel air). Ravie de pouvoir le réentendre dans d'aussi agréables conditions. Wink
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 13:53

HELENE ADAM a écrit:
Oui mais ce n'est pas très logique car pour le reste de l'opéra (5 actes quand même) c'est bien Hamlet qui domine le tout, surtout dans la mise en scène proposée à l'OC puisqu'il ne quitte pas la scène même quand il n'a rien à faire ni à chanter. Et cela me parait conforme au sens du livret. J'ai d'ailleurs trouvé que Degout faisait parfaitement bien (et même excellemment), le job.

Ah mais je suis d'accord... le rôle d'Hamlet est le plus important et l'un des plus beaux du répertoire je pense.
Degout est en effet magnifique. je regrette juste un peu de la folie de Lapointe qui nous écrasait sous ses aigus (à la fin du III par exemple) alors que Degout était un peu timide de ce côté lundi. Peut-être l'effet de la première.
Et puis bon, il n'avait plus chanté le rôle depuis La Monnaie en 2013!

Citation :
D'accord aussi sur ce que tu dis de l'air dit "de la folie". Il est très différent de celui de Lucia et ne s'appuie pas d'abord sur l'art de la vocalise. Il faut au contraire avoir l'air éperdu et concentré sur ses propres obsessions pour faire naitre l'émotion, plutot que de briller dans de grandes envolées vocales. Enfin il me semble....

Oui! Et c'est bien la grande qualité de Devieilhe : elle évite toute démonstration pour cette scène et touche vraiment dans ce moment.

Citation :
J'ai bien aimé cette nouvelle production de Favart de tous les points de vue (avec les petites réserves de ci de là sur tel ou tel air). Ravie de pouvoir le réentendre dans d'aussi agréables conditions. Wink

Bien sûr, elle est chouette. Il lui manque juste un peu plus de force dramatique pour être parfaite. Tant scéniquement qu'à l'orchestre!

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luisa miller
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 15:51

Belcore a écrit:
luisa miller a écrit:
Je ne connais pas Hamlet par coeur comme toi. Tu ne m'en voudras donc pas de poser une question qui peut te paraître idiote Mr. Green


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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Ven 21 Déc 2018 - 16:46

luisa miller a écrit:
Belcore a écrit:
luisa miller a écrit:
Je ne connais pas Hamlet par coeur comme toi. Tu ne m'en voudras donc pas de poser une question qui peut te paraître idiote Mr. Green


Cela s'appelle chercher - inutilement - une mauvaise querelle…


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Faire un pataquès à propos d'un simple typo, c'est effectivement la marque d'une grande hauteur de vue...

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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Sam 22 Déc 2018 - 16:33

Polyeucte a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
C'est comme la folie de Lucia, vraiment le seul moment qui ne m'intéresse pas dans l'œuvre. hehe  Mais bon, on connaît mon rapport à la virtuosité pure et aux airs romantiques ornés ou extatiques. Dans le genre, oui, c'est vraiment travaillé – je trouve juste qu'aucune mélodie n'est saillante sortie de la virtuosité, qu'on n'a pas ce caractère crépusculaire extraordinaire comme dans les autres actes (le V, bon sang !).

Ah non, je ne suis pas d'accord. Je me faisais justement la réflexion qu'Ophélie est toujours considéré comme un rôle à vocalises et sur-aigus. Mais au final, cette scène de folie peut très bien être sobre avec surtout ce passage sir la Willis par exemple est d'une délicatesse qui tranche en effet avec les "ah ah ah ah" qui suivent. Mais justement, à l'écoute lundi, j'ai trouvé que cette scène de folie peut vraiment être chantée de manière sobre et délicate, mettant en avant la mélodie et la nostalgie un peu folle... et non une démonstration pure.

Citation :
Mais je suis très content qu'il existe, sans lui je suis persuadé qu'on ne donnerait pas souvent cet opéra…

C'est sûr! Si on regarde, en fait on a vraiment l'impression que c'est Ophélie qui fait monter l'ouvrage ou l'enregistrer (Dessay, Sutherland, Anderson, Ciofi, Devieilhe) même si à chaque fois elles ont des grands barytons en face.

Oui, on est d'accord que ce n'est pas du belcanto : il y a de la virtuosité, mais aussi beaucoup d'autres choses plus atmosphériques. Mais rien ne m'accroche dans cet acte IV – alors que j'aime chaque seconde du I, du II et du V. Trop dans la scène suspendue qui veut développer un caractère, pas de drame, et les mélodies non plus, pourtant écouté beaucoup, beaucoup de fois l'opéra en entier, et je n'ai toujours aucun instant (à peine un peu de texte) qui me reste dans l'oreille.

Bon, c'est ainsi, c'est du ressenti – et c'est assez cohérent avec mes goûts habituels, vu que ma came c'est plutôt le récitatif – donc les parties de Hamlet à l'acte V, confinant au maximum à l'arioso, là je me régale.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 24 Déc 2018 - 12:47

J'irai le 29.
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Mer 26 Déc 2018 - 16:01

cheers

Et moi le 27 !
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Dim 30 Déc 2018 - 19:07

Soirée tout à fait enthousiasmante!

Mise en scène vraiment très réussie, avec beaucoup de gimmicks mode mais ici très intelligemment utilisés et subordonnés au livret; un chœur net et précis, un orchestre aux timbres et aux textures très finement détaillées mettant en relief une écriture vraiment travaillée, une direction allante et souple; un plateau en tout point remarquable tant par les qualités de diction (je n’ai jamais regardé les surtitres) que par l’engagement scénique (et Sabine Devieilhe totalement électrisante); et une partition réellement de très, très grande qualité tant musicale que dramatique, et beaucoup plus originale qu’il n’y paraît (une qualité totalement évidente ici - sensiblement plus que dans le disque d’Almeida avec Hampson.)

Nous étions en plus idéalement placés, premier balcon de face (rubrique people: il y avait Minkowski pas très loin de nous.) Mon épouse, dont c’était le second spectacle lyrique, était totalement emballée - la comparaison avec son premier (la Damnation d’Hermanis) était en tout point en faveur de cette soirée.

Je tâcherai de revenir en détail sur tout cela.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Dim 30 Déc 2018 - 20:38

Benedictus a écrit:
Mise en scène vraiment très réussie, avec beaucoup de gimmicks mode mais ici très intelligemment utilisés et subordonnés au livret;

Ah, il faudra m'éclairer alors. Pas de concession à la mode malgré l'usage de la vidéo en direct, je suis d'accord, mais pour ce qui est du respect du livret, même vague, on repassera… Confused


Citation :
une partition réellement de très, très grande qualité tant musicale que dramatique, et beaucoup plus originale qu’il n’y paraît (une qualité totalement évidente ici - sensiblement plus que dans le disque d’Almeida avec Hampson.)

Ce studio Almeida a fait beaucoup de mal à la réputation de l'œuvre, je crois.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Dim 30 Déc 2018 - 22:47

DavidLeMarrec a écrit:
mais pour ce qui est du respect du livret, même vague, on repassera… Confused
scratch Pourquoi? C'est du transposé-stylisé mais sans rien qui s'éloigne vraiment du contenu dramatique livret (mis à part le fait qu'Hamlet ne tue pas Claudius de ses mains, je ne vois vraiment pas.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Dim 30 Déc 2018 - 23:34

Pour pas mal de raisons.

1) La transposition au politique élu : quel lien a alors Hamlet avec son oncle, et son Claudius avec son frère ? L'histoire de l'assassinat n'a plus de sens : une reine ne peut pas avoir d'amant, mais la femme d'un politique ? Et l'assassinat n'assure évidemment pas la succession. Donc ça paraît déjà bien flou.

2) Hamlet semble n'avoir aucun rôle particulier dans le « royaume » : d'accord, il a un côté velléitaire risible, accentué ici par cette espèce de présence molle, mais il a aussi un statut, qui explique pourquoi il n'est pas écarté, pourquoi sa folie intéresse tout le monde, pourquoi la situation est grave. Si le neveu du premier ministre est un eu dérangé, ça n'a pas du tout les mêmes implications.

3) Ophélie et Hamlet semblent déjà mariés (ou du moins vivre ensemble de façon très établie), avec une Ophélie vraiment insérée dans le monde, consciente de ses désirs. L'acte III et l'acte IV deviennent incompréhensibles : elle est désespérée du fait qu'il ne lui ait pas parlé (ils vivent ensemble !), d'une parole de travers… le numéro de vierge folle et mourant d'amour paraît totalement hors sol quand on a présenté les personnages comme un couple moderne.

Moi je veux bien les transpositions, mais dans les faits il faut quand même que ce soit un minimum cohérent ; ici les personnages changent brutalement de psychologie, les actions principales paraissent incohérentes, c'est un problème. Ça me donne l'impression d'un metteur en scène qui a voulu mettre l'intrigue dans ce qu'il connaissait, « pour montrer l'intemporalité », et qui arrivé au milieu du gué, a laissé tomber parce qu'il fallait avoir trop d'idées pour que ça tienne debout.

Je lui concède que la vidéo était plutôt agréable (on voit des choses qui se passent réellement sur scène, avec une précision qu'on n'a pas de loin) et que Varnier au milieu du public, c'était rigolo.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 31 Déc 2018 - 0:38

DavidLeMarrec a écrit:
1) La transposition au politique élu
Shocked scratch J'ai vu tout au plus une sorte de clin d'œil aux formes extérieures du politique élu (le portrait officiel...) mais pas vraiment une transposition claire: avec la couronne et les costumes contemporains, tout au plus pouvait-on penser à une monarchie constitutionnelle d'Europe du Nord (le Danemark, pourquoi pas?) - moi, j'ai plutôt vu quelque chose comme une allégorie très stylisée, «intemporelle» et presque abstraite, du «pouvoir» en général; rien en tout cas qui parasite le texte explicite du livret au point de le contredire.

Du coup, pour moi (mais aussi pour ma femme, donc quelqu'un qui découvrait sans a priori à partir de ce qu'elle voyait et entendait), Hamlet était toujours le prince héritier - donc pas du tout ressenti ton objection 2.

DavidLeMarrec a écrit:
3) Ophélie et Hamlet semblent déjà mariés (ou du moins vivre ensemble de façon très établie), avec une Ophélie vraiment insérée dans le monde, consciente de ses désirs. L'acte III et l'acte IV deviennent incompréhensibles : elle est désespérée du fait qu'il ne lui ait pas parlé (ils vivent ensemble !), d'une parole de travers… le numéro de vierge folle et mourant d'amour paraît totalement hors sol quand on a présenté les personnages comme un couple moderne.
Je vois ce que tu veux dire, mais disons qu'à partir de ce qui est montré, on peut imaginer des situation intermédiaires - surtout si on tient qu'Hamlet est un vrai prince héritier. Et puis, des couples qui vivent ensemble mais où l'accumulation de non-dits et de paroles ou de gestes de refus finissent par mener à des crises parfois violentes, ça existe dans la vraie vie.

(Si l'on tient vraiment à ce genre de «cohérence», j'imagine que le dernier prince héritier d'Angleterre à s'être marié ne devait pas officiellement cohabiter avec Megan Machin avant le mariage mais avoir ses habitudes dans son appartement de jeune fille, et que si son fiancé avait été ce genre de personnalité borderline qui la jette, pour peu qu'elle-même ait été un peu fragile, elle aurait pu sombrer dans la dépression, l'alcoolisme et ce genre de choses.)


DavidLeMarrec a écrit:
Ça me donne l'impression d'un metteur en scène qui a voulu mettre l'intrigue dans ce qu'il connaissait, « pour montrer l'intemporalité », et qui arrivé au milieu du gué, a laissé tomber parce qu'il fallait avoir trop d'idées pour que ça tienne debout.
Ça, OK, c'est le reproche que je ferais: une très, très vague transposition «pour montrer l'intemporalité» qui ne va pas très loin. (En fait, à mes yeux, elle allait même beaucoup moins loin qu'aux tiens, apparemment.)
Par ailleurs, il est vrai que tu sembles beaucoup plus attaché que moi à la «cohérence psychologique» (c'est un truc que j'ai surtout rencontré dans la littérature classique et les explications de textes en cours de Lettres, beaucoup plus rarement IRL - en particulier dans les relations de couple.)

DavidLeMarrec a écrit:
Je lui concède que la vidéo était plutôt agréable (on voit des choses qui se passent réellement sur scène, avec une précision qu'on n'a pas de loin) et que Varnier au milieu du public, c'était rigolo.
D'une manière générale, j'ai été aussi sensible à l'animation fluide de la scène.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 31 Déc 2018 - 1:02

Benedictus a écrit:
Shocked  scratch J'ai vu tout au plus une sorte de clin d'œil aux formes extérieures du politique élu (le portrait officiel...) mais pas vraiment une transposition claire: avec la couronne et les costumes contemporains, tout au plus pouvait-on penser à une monarchie constitutionnelle d'Europe du Nord (le Danemark, pourquoi pas?)

Peut-être, mais les photographes se bousculant, les félicitations chaleureuses, Ophélie habillée en Lapix attachée de presse, tout cela tirait beaucoup plus sur la soirée électorale que sur une scène de couronnement telle qu'elle se passe dans les monarchies constitutionnelles. Les innombrables buffets ressemblaient également plus à des soirées-lobbying qu'à des réceptions protocolaires.


Citation :
Je vois ce que tu veux dire, mais disons qu'à partir de ce qui est montré, on peut imaginer des situation intermédiaires - surtout si on tient qu'Hamlet est un vrai prince héritier. Et puis, des couples qui vivent ensemble mais où l'accumulation de non-dits et de paroles ou de gestes de refus finissent par mener à des crises parfois violentes, ça existe dans la vraie vie.

Oui, mais alors de la rupture, elle pourrit son mur Facebook en mentionnant les pets systématiques pendant le souper, elle ne meurt pas d'amour en s'évaporant dans l'eau au milieu de sa suite changée en nymphes des eaux.
J'aurais eu une révolte d'Ophélie à l'acte III, un acte IV où elle meurt renversée accidentellement lors de la rixe qu'elle organise avec ses amis pour punir le promis inélégant, je n'aurais pas été aussi gêné ; j'ai initialement trouvé que c'était intéressant, essayer d'incarner un peu l'ombre d'Ophélie.

Par ailleurs, justement, ces intermédiaires ne sont pas explicités dans la mise en scène, d'où le problème. Ma frustration ne vient pas de la suppression du protocole et des manteaux de fourrure (même si le prince en baskets, là encore, me semble passer à côté de la tension entre son rôle dynastique et son aboulie, juste un fils raté).


Citation :
(Si l'on tient vraiment à ce genre de «cohérence», j'imagine que le dernier prince héritier d'Angleterre à s'être marié ne devait pas officiellement cohabiter avec Megan Machin avant le mariage mais avoir ses habitudes dans son appartement de jeune fille, et que si son fiancé avait été ce genre de personnalité borderline qui la jette, pour peu qu'elle-même ait été un peu fragile, elle aurait pu sombrer dans la dépression, l'alcoolisme et ce genre de choses.)

Je ne vois pas bien le rapport entre une bienséance qui n'existe même plus dans l'aristocratie britannique et le fait que le metteur en scène ait laissé des trous béants dans sa transposition. scratch


Citation :
Par ailleurs, il est vrai que tu sembles beaucoup plus attaché que moi à la «cohérence psychologique» (c'est un truc que j'ai surtout rencontré dans la littérature classique et les explications de textes en cours de Lettres, beaucoup plus rarement IRL - en particulier dans les relations de couple

Oui, je suis attaché à la cohérence, ça paraît logique quand on est intéressé par le théâtre. Smile Ce que je trouve fantastique chez Maeterlinck, Ibsen (ou Racine, ou qui on voudra), c'est que chaque élément entre en résonance avec ce qui a déjà été dit, soulève un coin du voile, crée un tout. Les transpositions sont toujours périlleuses parce que forcément, si on fait un Hamlet au XXe et qu'il continue d'envoyer Ophélie au cloître, il faut être vraiment bon pour le faire passer inaperçu. Mais j'accepte volontiers ces écarts si on a par ailleurs quelque chose de cohérent, qui éclaire sous un jour nouveau l'œuvre, voire contredit son projet, mais d'une façon qui ne se contredise pas soi-même.


Citation :
D'une manière générale, j'ai été aussi sensible à l'animation fluide de la scène.

Bof. Tout ce monde assis sur le banc pendant les paroxysmes du III, Hamlet toujours en train de ramper dans un coin, c'était pas fou-fou. Le livret bouge énormément, il y a de quoi faire intervenir plein de personnages muets, faire déplacer sans cette les présents sur scène (un roi, ça peut recevoir des dépêches, chasser des courtisans, etc.). Ça peut ressembler à l'acte I du Rosenkavalier sans trop d'effort.

Ce n'était pas impie, hein, j'ai juste trouvé que ça entravait plus l'œuvre que ça n'apportait de neuf.
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 31 Déc 2018 - 1:42

Oui, moi, c'est un peu l'inverse: j'ai trouvé que ça n'apportait rien de neuf mais sans entraver l'œuvre. La transposition paresseuse (et pleine de trous, on est d'accord) ne faisait à mes yeux qu'apporter une vague caution d'intemporalité au livret sans vraiment l'affecter.

Mais bon, je ne suis pas du tout un théâtreux.
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 31 Déc 2018 - 14:07

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
Par ailleurs, il est vrai que tu sembles beaucoup plus attaché que moi à la «cohérence psychologique» (c'est un truc que j'ai surtout rencontré dans la littérature classique et les explications de textes en cours de Lettres, beaucoup plus rarement IRL - en particulier dans les relations de couple
Oui, je suis attaché à la cohérence, ça paraît logique quand on est intéressé par le théâtre. Smile  Ce que je trouve fantastique chez Maeterlinck, Ibsen (ou Racine, ou qui on voudra), c'est que chaque élément entre en résonance avec ce qui a déjà été dit, soulève un coin du voile, crée un tout. Les transpositions sont toujours périlleuses parce que forcément, si on fait un Hamlet au XXe et qu'il continue d'envoyer Ophélie au cloître, il faut être vraiment bon pour le faire passer inaperçu. Mais j'accepte volontiers ces écarts si on a par ailleurs quelque chose de cohérent, qui éclaire sous un jour nouveau l'œuvre, voire contredit son projet, mais d'une façon qui ne se contredise pas soi-même.

Cela initierait un débat qui excèderait un peu le sujet de ce fil, mais je ne suis pas sûr de bien voir en quoi des personnages de théâtre se devraient d'être cohérents. Il y a régulièrement tellement de béances et d'ellipses dans un texte, qu'au contraire de personnages réels qui peuvent, à la rigueur, trouver leur cohérence dans le corps (leur corps individuel), les personnages fictionnels au théâtre me semblent les moins « cohérentisables » possible (car il n'y a même pas de voix supérieure pouvant combler les manques, éclaircir les zones d'ombres, etc., comme dans un roman).

Après, j'avoue qu'une transposition temporelle des décors et des costumes, qui peuvent évoquer un contexte général d'ensemble, ne me gêne jamais, car le texte est toujours plus fort et renvoie aux mêmes choses malgré les époques (le cloître, vraiment, peu importe comment l'on soit habillé et comment c'est décoré autour). Les pièces de Racine étaient bien jouées en costume de scène typiquement XVIIe, même si cela renvoyait par certains codes à d'autres lieux et d'autres temps. Enfin là c'est peut-être un autre rapport au temps dont il est question, dont témoignent les représentations de la vie du Christ ou de Jupiter en costumes contemporains, je ne sais pas.
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 31 Déc 2018 - 14:49

Cohérents pas de le sens où ils seraient logiques, rationnels et sans occultations, simplement que le texte ne se contredise pas lui-même. Je ne suis pas un absolutiste de la littéralité didascalique (même si je dois bien avouer que l'interdiction des transpositions et surtout des dispositifs scéniques onéreux obligerait les metteurs en scène à ne pas faire semblant de réfléchir et à réellement bosser avec leurs acteurs), mais à un moment donné, si le texte n'a pas de rapport avec ce qu'on voit, ça dérange le petit-bourgeois qui sommeille en moi.

La transposition peut être une bonne chose, raviver des éléments qui nous paraissaient formels ou lointains (changer le modèle d'Ophélie pour en faire une femme-type de l'imaginaire d'aujourd'hui, ça me va), mais quand on déplace dans le temps ou qu'on change des aspects des relations entre personnages, tout bouge, et de façon inégale, il faut donc que le metteur en scène fasse un gros travail pour boucher les trous qu'il a lui-même créés.

Ou on peut les laisser, mais si on fait d'Otello, mettons, un sans-abri noir de Baltimore, on va avoir du mal à comprendre comment il commande aux autres, pourquoi il est entouré de favoris et de jaloux, et d'une manière générale on va passer à côté du propos voulu par le librettiste et la logique de la mise en musique du compositeur. Lorsqu'on substitue une nouvelle histoire, on dénature forcément en partie la logique générale de l'œuvre, et on a alors intérêt à faire du bon boulot pour proposer mieux que l'original !

Je suis moins gêné par les spectacles qui prennent le parti de bidouiller aussi le texte du livret, la musique, ainsi on peut retrouver une forme de cohérence (que ce soit bon ou pas à l'arrivée, c'est encore autre chose, au moins la démarche me paraît plus intègre).

Je ne vois pas pourquoi on s'interdit de toucher à la musique (sacrée), au livret (paresse ?), mais qu'on peut faire ce qu'on veut des didascalies. L'un ou l'autre me vont, au moins on a un objet qui tient la route.

J'y ai renoncé depuis longtemps, mais je n'ai jamais compris pourquoi, lorsque je vais à l'opéra, on me force à accepter de voir des scènes qui n'ont pas de sens, qui ne sont reliées à rien, alors qu'au théâtre ou dans un roman ce serait considéré comme une faute professionnelle, de laisser de telles contradictions, comme si l'auteur ne s'était pas relu (c'est sa femme mais la scène suivante c'est à peine sa fiancée, ils vivent ensemble mais s'ils ne se marient pas sa seule solution est de se retirer au couvent…).

Tu évoques ce qu'on faisait au XVIIe, et c'est une excellente illustration de mon propos : la langue du texte était celle du XVIIe, les costumes ceux du XVIIe, la rhétorique et même les valeurs celles du XVIIe. L'intrigue, les motivations, des psychologies étaient cohérentes, même lorsque irrationnelles.

Typiquement Tcherniakov dans Don Giovanni ou le Trouvère : l'histoire qu'il raconte est peut-être intéressante, mais elle n'a aucun rapport, littéralement, avec plus de la moitié du texte…

En revanche, on en avait déjà parlé, il y avait un vrai boulot dans l'acte I de Guth pour La Bohème, où les difficultés de survie étaient transposés dans l'espace avec beaucoup de malice, parvenant à superposer les références à l'original et à notre imaginaire des épopées spatiales (la flemme produite en changeant une arrivée de gaz, un truc comme ça). Le problème était qu'après ça posait quand même pas mal de difficultés très pratiques pour que ça ne vire pas en grand n'importe quoi.
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Lun 31 Déc 2018 - 15:19

DavidLeMarrec a écrit:
Je suis moins gêné par les spectacles qui prennent le parti de bidouiller aussi le texte du livret, la musique, ainsi on peut retrouver une forme de cohérence (que ce soit bon ou pas à l'arrivée, c'est encore autre chose, au moins la démarche me paraît plus intègre).

+

Je ne vois pas pourquoi on s'interdit de toucher à la musique (sacrée), au livret (paresse ?), mais qu'on peut faire ce qu'on veut des didascalies. L'un ou l'autre me vont, au moins on a un objet qui tient la route.

+

En revanche, on en avait déjà parlé, il y avait un vrai boulot dans l'acte I de Guth pour La Bohème, où les difficultés de survie étaient transposés dans l'espace avec beaucoup de malice, parvenant à superposer les références à l'original et à notre imaginaire des épopées spatiales (la flemme produite en changeant une arrivée de gaz, un truc comme ça). Le problème était qu'après ça posait quand même pas mal de difficultés très pratiques pour que ça ne vire pas en grand n'importe quoi.

Repose en paix, cher David !

Merci pour ces précisions, je comprends mieux, donc, ce que tu entends par « cohérent », même si je ne suis pas sûr de te suivre en tout.

Au sujet de la relation entre Ophélie et Hamlet, j'ai un peu tiqué, moi aussi, au début, mais comme la couche autour de laquelle ils gravitaient étaient aussi celle du roi et de la reine, je me suis dit qu'il s'agissait peut-être plus d'évoquer les imbrications d'enjeux familiaux à l'oeuvre dans l'ouvrage. Polonius disparaît certes quasi complètement chez Thomas, mais je trouve que le livret de Carré et Barbier recentre l'action sur le drame familial, quand il y a quelque chose chez Shakespeare d'intensément plus angoissé et métaphysique (et puis surtout beaucoup plus d'ambiguïtés sur la culpabilité des époux royaux) ; on reste ici quand même beaucoup dans le papa-maman et j'ai vu ce lit un peu comme une manière de figurer une sorte de malaise premier, peut-être...
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MessageSujet: Re: Hamlet - Thomas - Langrée - Favart XII 2018   Mer 9 Jan 2019 - 11:43

Maintenant que France-Musique a diffusé cet Hamlet, on peut enfin l'écouter comme on veut!
Et le résultat est toujours aussi chouette.

En plus, il semble qu'ils aient eu la bonne idée de ne pas enregistrer la 1ère du 17 décembre (alors que c'est ce qui est indiqué sur le site!). En effet, lors de cette représentation, Julien Behr était à la peine dans les aigus (alors que pas le 21) et Sylvie Brunet était souffrante (du coup les extrêmes graves et aigus étaient rétrécis...).

Sinon, toujours cette verve tant à l'orchestre qu'au chant, et une partition vraiment saisissante!
C'est bien sûr entre-autre disponible à la ré-écoute ici : https://www.francemusique.fr/emissions/dimanche-a-l-opera/dimanche-a-l-opera-du-dimanche-06-janvier-2019-67815

Et normalement ça doit être diffusé en vidéo sur Mezzo... mais je ne trouve pas la date.

_________________
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