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 Dvorak. Rusalka. ONP février 2019

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Suzunosuke
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Suzunosuke

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MessageSujet: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 07 Fév 2019, 09:59

Bonjour à tous,
j'ai posté hier soir un message qui a rencontré peu de succès , peut-être dû à sa mauvaise localisation.
J'ai une place pour dimanche 10 février à donner (1er rang de la galerie 3 en catégorie 6) car je ne peux m'y rendre, j'y vais ce soir.
Par mp svp, premier contact, premier servi si cela intéresse quelqu'un !
Billet électronique non imprimé, que je peux envoyer en pdf.


Dernière édition par Suzunosuke le Jeu 07 Fév 2019, 10:22, édité 1 fois
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 07 Fév 2019, 10:21

Février 2018, tu es sûre? siffle
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Suzunosuke
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 07 Fév 2019, 10:23

pardon je viens de corriger ! Wink
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tomseche89
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 07 Fév 2019, 10:35

Si c’est un don, je suis intéressé !
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Suzunosuke
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 07 Fév 2019, 11:06

mais oui, c'est un don !
contact par mp please
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Eusèbe
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 07 Fév 2019, 16:52

J'y vais le 13. Croiserai-je certains d'entre vous?
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charles.ogier
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MessageSujet: Opéra Bastille-Rusalka-A.Dvorak & R.Carsen-Saison 2019   Dim 10 Fév 2019, 20:35

Rusalka
Antonin Dvorak
Livret de Jaroslav Kvapil


Dimanche 10 février 2019
29ème représentation à l'ONP
(y.c. dans la mise en scène de Robert Carsen)

Choeurs et orchestre de l'O.N.P
Direction de Susanna Mälkki

Mise en scène et lumières: Robert Carsen

Le Prince: K.F.Voigt
La Princesse étrangère: K.Mattila
Rusalka: C.Nylund
L'esprit du lac: T.J.Mayer
Jezibaba: M.DeYoung

29ème représentation à l'ONP
(y.c. dans la mise en scène de Robert Carsen)

Le livret
D'inspiration folklorisante convenue: une ondine -Rusalka-est amoureuse d'un prince qui la délaisse, mais qui revient vers elle, et qui en meurt.
J'avoue ne pas avoir perçu à la lecture de ce livret l'aspect poétique, mais aussi le tragique du final.
"c'est en vain qu'il meurt dans tes bras
sans effet tous ces sacrifices
pauvre petite pâle Rusalka
hélas, hélas, hélas "

La musique
Et là Antonin Dvorak !: la musique/orchestre sont créateurs de l'action, de l'expression, du livret. La musique avance en permanence de façon variée avec des ruptures, avec de superbes passages orchestraux.
Je ne suis pas familier d'A.D, mais c'est une réelle surprise que cet orchestre.

La mise en scène
J'avoue aussi: j'y suis allé sur le nom de Robert Carsen, et une fois de de plus quel émerveillement face à cette inventivité, cette intelligence pour créer ces reflets de l'action grâce à la mise en espace ,à la mise en place, à l'utilisation des éclairages. Tout concourt à la mise en valeur du livret et de la musique.
Du très grand Robert Carsen.

L'orchestre
Très bon; une sonorité "chaude" dans les passages orchestraux.

Les interprètes
Distribution de grande qualité
Allez, 2 mentions
- Kalus Florian Voigt: voix claire, expressive, engagée
- Karita Mattila: quelle entrée de la princesse étrangère ! Le timbre est superbe.

Au final, A.Dvorak + R.Carsen +la distribution= plus qu'un spectacle
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Xavier
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Dim 10 Fév 2019, 22:41

(Klaus Florian Vogt, à ne pas confondre avec Deborah Voigt Smile )

J'y étais également aujourd'hui.
J'avais déjà vu la mise en scène en DVD, et je la trouve assez belle et réussie, sans comprendre tout à fait les éloges dithyrambiques qu'on lit un peu partout.
En tout cas elle semble faite pour Bastille ou pour ce genre de grande scène, ça s'apprécie très bien de loin.

J'ai également trouvé la distribution parfaite, à condition de ne pas chercher de l'idiomatique.
Le constraste entre la rondeur de Nylund et le côté plus pointu, plus agressif de Mattila, était bienvenu.
Vogt, toujours ce style si particulier, je trouve que ça marche parfaitement bien ici.

Je trouve que l'inspiration de Dvorak est plus grande dans le dernier acte, on gagne en mystère et en profondeur vers la fin, mais tout l'opéra est magnifiquement orchestré. (le ballet du II m'ennuie par contre, aussi bien musicalement qu'avec la chorégraphie de Carsen)
On n'attend pas forcément Mälkki dans ce répertoire mais c'était très réussi, très lisible et très beau.

charles.ogier a écrit:

Le livret
D'inspiration folklorisante convenue: une ondine -Rusalka-est amoureuse d'un prince qui la délaisse, mais qui revient vers elle, et qui en meurt.
J'avoue ne pas avoir perçu à la lecture de ce livret l'aspect poétique, mais aussi le tragique du final.

Je ne sais pas si c'est folklorisant, c'est surtout inspiré de la Petite Sirène d'Andersen et de la Cloche engloutie. (dont Respighi a fait un opéra un peu plus tard, très belle œuvre d'ailleurs… Ravel avait aussi un projet dessus)

Sinon, cette écoute m'a révélé des ressemblances assez fortes avec un motif du Roi Arthus et avec un passage des Meistersinger.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Lun 11 Fév 2019, 14:56

Xavier a écrit:
Je trouve que l'inspiration de Dvorak est plus grande dans le dernier acte, on gagne en mystère et en profondeur vers la fin, mais tout l'opéra est magnifiquement orchestré.

Moi j'aime davantage les I et II, mais sans surprise, ce n'est pas le même type de couleur. (J'adore ce ballet archaïsant, mais il n'y a clairement rien pour toi ici.)


Citation :
Je ne sais pas si c'est folklorisant, c'est surtout inspiré de la Petite Sirène d'Andersen et de la Cloche engloutie. (dont Respighi a fait un opéra un peu plus tard, très belle œuvre d'ailleurs… Ravel avait aussi un projet dessus)

À ma connaissance, aussi largement issu d'Ondine de La Motte-Fouqué (et sans doute de Pouchkine) :
http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2015/04/08/2661-antonin-dvorak-rusalka-livret
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Mer 13 Fév 2019, 23:04

Toujours autant suffoqué par l'œuvre (surtout l'orchestre) ; les ponctuations orchestrales, interludes, postludes, ballet, sont des miracles… on n'en revient pas que Dvořák sache faire ça – il ne le montre pas dans ses quatuors, trios, symphonies…

Wagner ingurgité et enrichi de couleurs orchestrales extraordinaires, réellement féeriques, avec un peu d'élan tchaïkovskien en sus. Pour moi, un des tout plus beaux opéras jamais composés – et aussi au top de ce que j'ai vu en salle.

C'était très bien chanté, et sans surprise assez loin de mes goûts (on n'aurait vraiment pas deviné que c'était du tchèque, sauf dans les courtes parties enregistrées où on entend manifestement Diadkova et Hawlata…). Mais grosse baffe avec Mälkki, qui dirige de façon très raide la musique contemporaine (même dans les répertoires qu'on croyait cassants / métronomiques par essence), mais qui ici a totalement fendu l'armure, joignant le meilleur des deux mondes, précision incroyable, mais aussi sens du rubato, du lyrisme, des changements de tempo (la petite accélération du thème B de la romance de l'Ondin, quelle belle trouvaille !).

Grand, grand moment.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Mer 13 Fév 2019, 23:06

Tout à fait d'accord pour Mälkki, je ne dirais pas que j'avais des craintes particulières, mais c'était en effet à la fois très beau et très clair voire moderne quand ça pouvait l'être.
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Jules Biron
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 07:13

J'y étais hier. Bon, tout d'abord je précise que mes conditions de fatigue n'ont pas aidé à ma concentration, tout comme mon placement au dernier balcon.

Mais bon dieu, quel ennui ! du début à la fin !

D'abord l'orchestre qui couvre absolument le plateau (d'en haut, c'est effarant — c'est sans doute le placement, mais tout de même, ne sont-ils pas un peu dans les cordes ?) et qui n'arrive manifestement pas à suivre Susanna Mälkki qui dirige la plupart du temps un temps en avance, vu qu'aucune attaque des bois n'a jamais été ensemble).

Ensuite, la mise en scène, sur laquelle j'avais lu des critiques dithyrambiques, et qui m'a déçu, on passe plus de temps à se demander ce que veut faire passer Carsen qu'à entrer réellement dans l'oeuvre. Quand on se questionne sur le geste au lieu de comprendre ce qui se passe sur le plateau, c'est qu'il y a un problème quelque part... sans compter les éternelles nuisettes (j'aimerais bien voir un jour la collection de nuisettes en satin des productions de Robert Carsen).

Ensuite, l'oeuvre elle-même, que je ne connaissais que de manière parcellaire : vraiment pas de la musique qui me passionne, à la troisième cadence évitée par une septième diminuée, on se dit "encore ?" mais alors à la trentième ça devient agaçant. Oui, de beaux moments parfois, mais alors rien pour compenser mon ennui, j'ai failli partir au premier entracte puis au second.

Le tout à prendre des pincettes car encore une fois, je ne que mon état de fatigue a beaucoup joué...!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 10:02

Jules Biron a écrit:
D'abord l'orchestre qui couvre absolument le plateau

Le médium de Nylund est toujours mal passé à Bastille (j'étais à l'avant du B1, donc pas de problème évidemment, mais tout le monde a toujours témoigné de cela)… mais pour les autres ? Ok DeYoung et Mayer ne sont pas des voix hénaurmissimes, mais Vogt, couvert par l'orchestre ? Et tout de même, on les entend fort bien.


Citation :
Susanna Mälkki qui dirige la plupart du temps un temps en avance,

Ben, justement, j'ai été frappé par le fait qu'elle dirigeait peu en avance par rapport à la plupart des chefs (un temps en avance est la norme, plus encore en symphonique qu'à l'Opéra, certes, mais aucun chef pro ne dirige vraiment sur le temps – sinon ça sert à rien…). En revanche elle donnait les départs en avance de sa battue, oui, mais c'est aussi c'est normal, elle faisait juste très bien son job.


Citation :
vu qu'aucune attaque des bois n'a jamais été ensemble).

Il y avait des attaques pas bien synchronisées (mais tout à fait supportables, ça ne dérangeait rien du tout à l'écoute) à l'acte I dans les bois, oui, mais c'était ponctuel et pas très spectaculaire.

Entre ce que tu dis des chanteurs qu'on n'entend pas à Bastille (normal) et de l'orchestre… ça fait combien de temps que tu n'es pas venu dans la maison ? Parce que je t'assure que ce qu'on a entendu hier soir, ils jouent très rarement aussi bien, il faut vraiment un bon chef et attendre la fin de série… pour les premières avec un chef moins superlatif et un répertoire qu'ils n'aiment pas, ça ne ressemble vraiment, vraiment pas à ça. hehe (et là, en effet, je trouve que c'est un manque de professionnalisme, oser présenter des trucs pas du tout en place dans du Verdi alors qu'on en est à la quatrième représentation, par des musiciens qui ont le recrutement le plus exigeant de France…)


Citation :
Ensuite, la mise en scène, sur laquelle j'avais lu des critiques dithyrambiques, et qui m'a déçu, on passe plus de temps à se demander ce que veut faire passer Carsen

Vraiment ? Les mondes étagés, la Princesse parlante en miroir, ça t'a paru obscur ? Surprised (Là aussi, envie de te demander ce que tu as vu dernièrement, parce qu'aucune des nouvelles productions de ces deux dernières années n'offre ce respect, certes partiel, des didascalies. Smile )

Je comprends tout ce que tu dis, mais on est à un degré infiniment moindre que l'habitude de la maison. Mr. Green


Citation :
Ensuite, l'oeuvre elle-même, que je ne connaissais que de manière parcellaire : vraiment pas de la musique qui me passionne, à la troisième cadence évitée par une septième diminuée, on se dit "encore ?" mais alors à la trentième ça devient agaçant.

Ben, forcément, il y a des tas de motifs récurrents, harmonisés de la même façon. C'est comme si tu te plaignais des leitmotive dans le Ring qui sont tout le temps pareil. (Et puis quand même, les couleurs, les effets sont très variés dans Rusalka, même à époque égale, il n'y a pas tant d'œuvres qui se renouvellent aussi bien. Et alors si on parle des Italiens ou d'autres époques antérieures ou ultérieures…)
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Xavier
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 11:27

D'une part, il ne faut pas oublier que nous n'étions pas aux mêmes représentations, ça peut quand même jouer.
Sinon, moi aussi j'étais au 2è balcon (mais le 10 février), où l'équilibre acoustique est très bon, et j'ai très bien entendu tout le monde, Nylund aussi bien que Mattila ou Mayer (qui était sans doute celui qui passait le moins bien), à part un ou deux graves par ci par là.
Après, c'est Bastille, les chanteurs ne surplombent pas l'orchestre, sauf à être dans du Donizetti ou bien sauf énormes voix ou énormes projections, mais c'est très rare.
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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 12:30

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
Ensuite, la mise en scène, sur laquelle j'avais lu des critiques dithyrambiques, et qui m'a déçu, on passe plus de temps à se demander ce que veut faire passer Carsen

Vraiment ?  Les mondes étagés, la Princesse parlante en miroir, ça t'a paru obscur ?  Surprised  (Là aussi, envie de te demander ce que tu as vu dernièrement, parce qu'aucune des nouvelles productions de ces deux dernières années n'offre ce respect, certes partiel, des didascalies. Smile )

Je comprends tout ce que tu dis, mais on est à un degré infiniment moindre que l'habitude de la maison. Mr. Green

Ça se passe dans une chambre bourgeoise des années 50 et ça se finit dans un lit d'après les didascalies du livret original ? hehe

_________

Je suis globalement assez d'accord avec Julien et je n'osais faire entendre une voix discordante au milieu de tous les retours unanimement enthousiastes (sur la partie musicale, du moins).

J'y étais jeudi dernier (premier rang du premier balcon) et je me suis quand même pas mal ennuyé, même si c'était plutôt une belle représentation dans l'ensemble. En fait, tout était bien mené et pensé, mais je n'ai pas frémis un instant...

Mise en scène très jolie et fine de Robert Carsen mais j'en avais entendu tellement de bien que je suis fatalement resté un peu sur ma faim (comme pour Cappricio ; alors que Les Contes d'Hoffmann, dont je n'avais qu'à peine entendu parler, m'avait enchanté). Donc on retrouve les habituels ressorts de la dramaturgie carsenienne, qui se fondent parfaitement avec l'œuvre, avec des passages vraiment beaux et bien pensés (le double en miroir de la Princesse étrangère, superbe idée ! la rose et le poignard, etc.). Au-delà des laborieux problèmes de synchronisation quand on commence à vouloir faire jouer en miroir des personnes sur une scène, j'ai senti ce soir-là un manque de fluidité et de finition (les taches d'eau sur le sol et les traces noires sur les murs étaient-elles prévues par Carsen, lui qui cherche toujours le lisse ?), ainsi qu'une certaine fixité de l'ensemble. Impossible pour moi d'être touché par le destin des personnages.

Car en plus, je n'ai pas été captivé par les chanteurs, sauf KF Vogt et les petits rôles merveilleusement campés par Jeanne Ireland (le Garçon de cuisine) et Tomasz Kumiega (le Garde forestier), que j'aurais bien aimé plutôt entendre en Ježibaba et en Ondin. Pardon, mais j'ai trouvé dans ce rôle Camilla Nylund absolument sans saveur. J'étais heureux d'entendre Mattila, cela dit, qui se love à ravir, voix et drame, dans la lecture de Carsen. Mais voilà, j'ai l'impression que seul Vogt avait une émission faite pour Bastille parce que, les autres voix, je les entendais noyées quelque part là-bas... Mais, même si j'aime beaucoup sa voix très singulière et bizarre, je trouve ça toujours un peu épuisant, à la longue, de l'entendre toujours précairement acoquiné avec l'intonation et heurtant ainsi les lignes dans un tchèque pas très beau.

J'ai trouvé Mälkki quand même un peu raide. Les bois n'étaient pas toujours d'une grande précision, mais déployaient de belles couleurs ; elle surexpose un peu trop étrangement pour moi dans cette oeuvre les pupitres de cuivres. Mais c'était quand même très bien. Et puis je dois avouer que l'oeuvre (découverte pour l'occasion par des écoutes préparatoires) ne m'enchante pas outre mesure : je trouve le deuxième acte musicalement merveilleux, le troisième acte comprend des moments sublimes et c'est somptueusement orchestré, mais le livret me semble mou de chez mou...

L'impression, finalement, d'avoir baigné toute la soirée dans un bain d'eau un peu tiède, pas désagréable du tout, mais pas bien saisissant. Sans doute une affaire de sensibilité ; car le feu des Troyens, mardi, m'a embrasé tout du long.
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 12:35

Adalbéron a écrit:
car le feu des Troyens, mardi, m'a embrasé tout du long.

Même pendant la partie de ping-pong ?
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 13:01

Stefano P a écrit:
Adalbéron a écrit:
car le feu des Troyens, mardi, m'a embrasé tout du long.

Même pendant la partie de ping-pong ?

Laquelle ? cool-blue

[Pendant le duo Anna/Narbal, c'est encore plus excitant que la folie de Lucia ; on se dit : « mon Dieu, et si la balle tombait ? quand cela va-t-il arriver ? » ; et puis Aude Extremo qui déchargeait le couleurs flamboyantes de son timbre, oh oui, je brûlais aussi à ce moment-là !]
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 13:12

Oh mais, j'y repense, il y a une chose qui m'a fait frémir même si ce n'était pas forcément bien intégré dans le jeu de Nylund, c'est le motif de Rusalka portant ses deux mains à sa gorge, comme si elle suffoquait, était fendue entre deux lieux, deux mondes — comme cela apparait deux fois à la fin des premier et deuxième actes, le geste, en plus d'être polysémique, est d'une charge dramatique très forte, puisque le noir se fait soudain là-dessus.

Perversion de verdien : il me faut des effets, sinon je dors (et si je pouvais tous les soirs finir ma journée sur un précipité de rideau...).
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 13:31

Adalbéron a écrit:
Mise en scène très jolie et fine de Robert Carsen mais j'en avais entendu tellement de bien que je suis fatalement resté un peu sur ma faim
En fait, c'est aussi sûrement ça ! C'est beau, profond (même si peu lisible, je maintiens), mais j'en attendais tellement que j'ai été un peu déçu.

Comme tu dis, les petits rôles étaient très bien chantés (le jeune garçon ! que ça a fait du bien !) mais les autres voix sont, je ne dirai pas mieux, sans saveur.

@David : rassure toi, même dans ma période non parisienne, j'ai continué à avoir une vie au théâtre hehe et j'ai vu pas mal de productions strasbourgeoises et lausannoises. Rarement je me suis autant ennuyé à l'opéra qu'hier soir, en plus d'être agacé par certains aspects de la production. Oui, j'ai déjà été à Bastille une paire de fois, et non, jamais je n'ai été tant dérangé par un tel déséquilibre.
Pour les musiciens, une direction si en avance est souvent plus dérangeante qu'autre chose, et pour en avoir parlé avec des instrumentistes, ils préfèrent souvent se rabattre sur le chef d’attaque pour ne pas être gênés, d’où le problème chez les bois. J’ai quand même entendu l’orchestre de l’OP bien meilleur que ça bon nombre de fois…
Concernant le plateau, je te l’accorde, Vogt n’était pas couvert du tout.

Et pour les motifs, non pitié Mr. Green on ne compare pas des leitmotivs de Wagner (même de Williams!!) avec une bête habitude de rompre ses cadences avec une septième diminuée…
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Jeu 14 Fév 2019, 13:45

Jules Biron a écrit:


Et pour les motifs, non pitié Mr. Green on ne compare pas des leitmotivs de Wagner (même de Williams!!) avec une bête habitude de rompre ses cadences avec une septième diminuée…

Je pense que Wagner le fait nettement plus que 30 fois dans Tristan et Isolde… ses motifs ne se résument pour autant pas à ça, pas plus que ceux de Dvorak. (et je suis loin de mettre Dvorak au même niveau, entendons-nous)
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Hier à 12:39

Adalbéron a écrit:
Mais, même si j'aime beaucoup sa voix très singulière et bizarre, je trouve ça toujours un peu épuisant, à la longue, de l'entendre toujours précairement acoquiné avec l'intonation et heurtant ainsi les lignes dans un tchèque pas très beau.

Heu, le timbre change de nature selon les voyelles, ce qui peut surprendre, mais l'intonation, tu as senti des problèmes de justesse ? Surprised

(Le tchèque, c'était au delà du pas très beau, c'était la déroute totale, pour tout le monde, même Kumięga dont on aurait pu attendre quelque chose en tant que voisin…)
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Hier à 12:47

Jules Biron a écrit:
rassure toi, même dans ma période non parisienne, j'ai continué à avoir une vie au théâtre hehe et j'ai vu pas mal de productions strasbourgeoises et lausannoises.

Précisément, c'était mon propos : si tu as pris l'habitude de salles de dimension décente, revenir à Bastille est violent. On n'a pas de grain des voix, tout est toujours lointain. Une des raisons pour lesquelles, sauf dans les œuvres où l'orchestre suffit à lui seul (soit les Wagner, Strauss et quelques autres choses dont Rusalka), il est fort rare que j'en sorte bouleversé.


Citation :
Pour les musiciens, une direction si en avance est souvent plus dérangeante qu'autre chose, et pour en avoir parlé avec des instrumentistes, ils préfèrent souvent se rabattre sur le chef d’attaque pour ne pas être gênés, d’où le problème chez les bois.

Tous les chefs symphoniques dirigent en avance. La plupart des chefs de fosse aussi, et Mälkki est même celle, de tous les dernières chefs vus à Bastille ces derniers mois, qui dirigeait avec le moins d'avance. Sinon comment réagir à ce qui se passe sur le plateau ?

Alors peut-être que ça dérange les musiciens, mais à ce compte-là il faut impérativement changer la formation des chefs ou celle des musiciens, parce qu'on a un gros problème mondial et universel. hehe

Il n'y a quasiment les chefs d'ensemble qui n'ont pas étudié la direction (ou ceux qui dirigent des amateurs) qui battent vraiment sur le temps.

Les chefs d'attaque sont effectivement là pour ça, relayer les intentions du chef en temps réel, et ça fonctionne bien avec tous les orchestres du monde… sauf ceux qui sont en même temps en train de déchiffrer, comme certains musiciens français. hehe

Mais en l'occurrence, c'était quelques décalages d'entrée dans l'acte I, et c'était juste qu'ils n'étaient pas très ensemble, pas qu'il y avait des entrées au mauvais endroit, rien de dramatique. (Ensuite, on pourrait gloser sur le fait qu'un orchestre qui recrute au niveau individuel et au salaire les plus élevés de France pourrait demander que ses musiciens soient à peu près en place avant la fin de série, mais le monde va comme il va…)


Citation :
J’ai quand même entendu l’orchestre de l’OP bien meilleur que ça bon nombre de fois…

C'est systématiquement bien (bien) pire si on ne va pas aux dernières… Le pire étant lorsqu'ils jouent à l'économie. J'ai réagi en leur faveur (alors que je suis souvent assez frustré par leur manque d'investissement) précisément parce que c'est l'une des rares fois dans la saison où ils ont vraiment fait un effort d'adopter une couleur, une attitude…


Citation :
Et pour les motifs, non pitié Mr. Green on ne compare pas des leitmotivs de Wagner (même de Williams!!) avec une bête habitude de rompre ses cadences avec une septième diminuée…

Je ne vois pas le problème, franchement. La musique est par ailleurs variée (bien plus que n'importe quelle autre œuvre de Dvořák, opéras, symphonies, quatuors, trios, piano, etc.), pleine d'atmosphères… et ce n'est pas comme si tu n'écoutais pas de LULLY, alors je ne comprends pas trop en quoi c'est scandaleux.
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Aujourd'hui à 13:04

DavidLeMarrec a écrit:
Adalbéron a écrit:
Mais, même si j'aime beaucoup sa voix très singulière et bizarre, je trouve ça toujours un peu épuisant, à la longue, de l'entendre toujours précairement acoquiné avec l'intonation et heurtant ainsi les lignes dans un tchèque pas très beau.

Heu, le timbre change de nature selon les voyelles, ce qui peut surprendre, mais l'intonation, tu as senti des problèmes de justesse ? Surprised

(Le tchèque, c'était au delà du pas très beau, c'était la déroute totale, pour tout le monde, même Kumięga dont on aurait pu attendre quelque chose en tant que voisin…)

Il se peut que je n'entende pas ça de manière très juste, mais j'ai l'impression qu'il est souvent tout près de chanter faux, oui.

Pour le tchèque, c'est vraiment chez lui que ça m'a le plus choqué, parce que ça sonnait ostensiblement étranger. Je ne parle ni ne comprend le tchèque couramment, mais j'entends à peu près à quoi ça ressemble, et là c'était de la bouillie...)
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Aujourd'hui à 13:17

Adalbéron a écrit:

Il se peut que je n'entende pas ça de manière très juste, mais j'ai l'impression qu'il est souvent tout près de chanter faux, oui.

Il attaque souvent les notes avec peu de vibrato, et passe d'une note à l'autre de façon très propre et très directe, sans glisser d'une note à l'autre comme le font la plupart des chanteurs lyriques.
Ca peut dérouter et donner cette impression, mais je trouve au contraire que c'est fait de façon toujours parfaitement juste.
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Aujourd'hui à 13:22

Oui, c'est peut-être ça, je réécouterai ou y songerai la prochaine fois que j'entendrai en vrai ; surtout qu'il a une façon très droite et franche d'émettre les notes (mais peut-être justement que le vibrato, la rondeur permettent de plus facilement tomber juste, puisqu'il y a un petit intervalle de jeu, qu'il n'y a pas avec ce type d'émission hehe)
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   Aujourd'hui à 14:14

Adalbéron a écrit:
Pour le tchèque, c'est vraiment chez lui que ça m'a le plus choqué, parce que ça sonnait ostensiblement étranger. Je ne parle ni ne comprend le tchèque couramment, mais j'entends à peu près à quoi ça ressemble, et là c'était de la bouillie...)

Ce n'était pas le pire (Mattila, je suis bien incapable de deviner ce qu'elle a chanté hehe ), mais comme la voix est très en avant, on entend immédiatement le détail de ce qu'il fait (et qui ne ressemblait en rien à du tchèque, en effet)…
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MessageSujet: Re: Dvorak. Rusalka. ONP février 2019   

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Dvorak. Rusalka. ONP février 2019
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