Autour de la musique classique

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 Chostakovitch

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Marchoukrev
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 14:46

arnaud bellemontagne a écrit:
Il y a des membres du forum qui trouvent la 9 fabuleuse?

Ludique, primesautière, goguenarde je veux bien, mais fabuleuse ? scratch

La 9ème est un pied de nez à Staline, et je ne crois pas qu'on doive la comprendre autrement. Personnellement, je ne l'aime pas beaucoup. Dans le Chostakovitch sarcastique, à tout prendre, je préfère les deux derniers mouvements de la 6ème.
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Marchoukrev
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 14:49

DavidLeMarrec a écrit:
Il me semblait. Ou peut-être la 12. Bon, de toute façon, tout ça c'est pareil pour moi : non seulement ça ne me touche pas, mais ça me paraît un mélange assez contre-productif de complexité formelle et de manque de fond, assez étrange (et à l'opposé de ce que c'est supposé être).

La 12 est une œuvre étrange. Les deux premiers mouvements sont pas mal (surtout le premier, très entraînant et assez épique), puis ça s'écrase dans le finale qui est d'une vulgarité insoutenable (mais sans doute est-ce l'effet recherché par le musicien). Cela étant, le traitement du thème cyclique, basé sur des chants révolutionnaires, est intéressant.

Mais vraiment, retente la 8. Le Largo en forme de passacaille est l'un des sommets de Chostakovitch. Au même titre que le premier mouvement, d'ailleurs.
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 14:53

Tout à fait d'accord*, d'autant qu'ils sont précédés d'un superbe mouvement, tout en intériorité méditative. Smile

*concernant la 6.


@David: Pour moi Chosta pratique une sorte d'art brut. Formellement, ça manque un peu de finition (bien que ce soit très complexe comme tu le soulignes), mais je suis très sensible au côté viscéral et écorché vif de son esthétique. Il est "physique" comme Mahler sans avoir son hyper-sophistication.
Cependant, je considère la 12 et la 15 parmi ses symphonies les plus faibles.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 15:17

Marchoukrev a écrit:
Dans le Chostakovitch sarcastique, à tout prendre, je préfère les deux derniers mouvements de la 6ème.

Moi aussi, mais la 6, c'est vraiment gentiment décoratif, il n'y a même pas le côté sauvage du Chosta habituel.


Marchoukrev a écrit:
La 12 est une œuvre étrange. Les deux premiers mouvements sont pas mal (surtout le premier, très entraînant et assez épique), puis ça s'écrase dans le finale qui est d'une vulgarité insoutenable (mais sans doute est-ce l'effet recherché par le musicien). Cela étant, le traitement du thème cyclique, basé sur des chants révolutionnaires, est intéressant.

Ah cool, vulgaire avec des chants révolutionnaires, il faut que je réécoute ça, ça devrait mieux me convenir que les cantilènes cabossées à une note.


Citation :
Mais vraiment, retente la 8. Le Largo en forme de passacaille est l'un des sommets de Chostakovitch. Au même titre que le premier mouvement, d'ailleurs.

C'est en cours. Berlin / Bychkov, manière que ce soit animé (et d'avoir des cordes un peu intéressantes pour le début). J'avoue que ces longues plages de cordes aiguës seules, ou ce joliet solo de cor anglais avec cordes syncopées, je vois pas trop l'intérêt. C'est joli, mais à ce compte-là LULLY me met davantage la patate.

Mais oui, c'est effectivement très bien écrit, ce premier mouvement a une réelle atmosphère. Dans le genre Chosta-désolé, possiblement ce qu'il a écrit de mieux (quatuors exceptés, parce que le II du 7 ou les extrêmes du 15, bien sûr !).


arnaud bellemontagne a écrit:
@David: Pour moi Chosta pratique une sorte d'art brut. Formellement, ça manque un peu de finition (bien que ce soit très complexe comme tu le soulignes), mais je suis très sensible au côté viscéral et écorché vif de son esthétique. Il est "physique" comme Mahler sans avoir son hyper-sophistication.
Cependant, je considère la 12 et la 15 parmi ses symphonies les plus faibles.

Oui, c'est brut, mais ça communique des affects négatifs sans que ce soit, je trouve, sublimé par la forme. C'est très étrange, je n'ai pas l'impression de « progresser » dans ma proximité avec la musique lorsque j'écoute Chosta, alors que j'ai cette impression même en écoutant Damia…

Sans doute quelque chose de très personnel, une affinité, mais je n'arrive pas à trouver davantage en me plongeant sérieusement dedans, alors que dans la plupart des musiques dont je n'aime pas l'ambiance, l'étude me procure un réconfort, une satisfaction.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 19:26

DavidLeMarrec a écrit:

la macilence inéluctable


keuf


Benedictus a écrit:

Je m’échine régulièrement à réécouter certaines œuvres que je n’aime pas, en multipliant les versions, dans l’espoir qu’un jour... La méthode ne m’a pas trop mal réussi avec Prokofiev 6 et le corpus des symphonies de Tchaïkovsky. Donc aujourd’hui, j’ai essayé:

Symphonie nº15 en la majeur, op. 141

Toujours pas de révélation. Pire: plus je réécoute cette symphonie, plus j’ai l’impression que c’est la plus faible du compositeur.
On dirait que l’écriture recycle les procédés d’écriture des symphonies précédentes mais en les appauvrissant encore.

C’est peut-être dans les deux Adagios que c’est le plus frappant, parce que c’est souvent là que Chostakovitch me convainc le plus (Largo de la 5, Place du palais de la 11...); or là, je trouve ça complètement sommaire: une suite à la fois prévisible et décousue (pour paradoxal que ça puisse paraître) d’effets qui n’apportent jamais de tension ni de progression, semblant ne faire que délayer le récitatif d’une même atmosphère déprimée. Ça ne décolle jamais, la vanne boulézienne du «Mahler, troisième pression à froid» ne m’a jamais paru aussi juste (du moins dans le II; le IV, c’est plutôt «Tchaïkovsky, troisième pression à froid.»)

Et puis les deux mouvements plus vifs (enfin, «vifs»... de tempo, parce que c’est assez mortel, en fait) sont franchement pénibles. Toujours les mêmes procédés qui ressassent et tournent en boucle: mélodies déceptives, ritournelles aigrelettes aux bois et au violon crincrin, fanfares déglinguées, ponctuations de percussions burlesques et de cordes pathétiques. Ça donne une telle impression de trucs rabâchés que même l’habituelle impression d’effarement ne «prend» jamais vraiment et que le sarcasme semble grincer à vide.

Et puis ces citations de Rossini et de Wagner qui tombent comme un cheveu sur la soupe, mais à plat:  (les citations de l’ouverture de Guillaume Tell pourraient faire un bon exemple de ce qu’est l’humour pas drôle.)

Enfin, l’orchestration m’a paru encore plus exsangue et délavée que dans les autres symphonies.
Selon l’interprétation, ça ressemble ou bien à un objet musical bizarre, sans aucune séduction mais singulier, ou bien à une symphonie de Chostakovitch «normale» mais ratée.



Surprised La facture clairsemée s'explique (aussi) par un compositeur malade qui peinait tout bonnement à écrire sur le papier, une contrainte somatique qui l'a réduit à l'économie.
Assez d'accord avec ce que tu dis, du moins je comprends tes sensations, mais justement c'est ça que je trouve intéressant.
Cette espèce de foire du bizarre nous intrigue : pourquoi diable ce tagadatsointsoin de la cavalcade rossinienne ? La Walkyrie, l'accord du destin de Tristan, et bien d'autres références...
Contrairement à des opus de la période stalinienne où le compositeur se montrait contraint, quitte à dissimuler,
il semble ici s'amuser d'une audace créatrice jusque la cocasserie, le dérisoire, l'absurdité...
Ce qui n'exclut pas une certaine vacuité (et on sait que l'expérience de la liberté entraîne aussi une angoisse existentielle, voire un sentiment de vide).
Désincarcéré du corset idéologique-politique, enfin libéré : mais alors quel chemin prendre ?
Des ingrédients (humour à froid, désillusions, citations parodiques...) qu'on retrouvera chez Schnittke.
Mais il y a aussi une émouvante fragilité où l'on sent l'aile de la mort : les marches funèbres (glabres, décharnées) qui rappellent le Lento de la 1° symphonie d'adolescence,
le final désincarné qui semble s'interroger face à l'indicible, l'ultime doute au seuil du néant.

Bref voilà  un étonnant creuset, où les questionnements (tantôt graves ou narquois) d'un vieil homme croisent un sentiment de liberté quasi-juvénile,
où les deux se neutralisent peut-être, comme un prisonnier grabataire qu'on ramènerait à la porte du pénitencier en lui lançant : sortez, zètes libre, le monde est à vous !

J'avais été interloqué en découvrant cet opus à la radio un dimanche matin, quand j'étais encore tout jeune.
Je pense même que c'était avant d'entendre la 5° symphonie.
Sans assurance de tout décrypter (ça fait partie du charme, et peut-être justement n'y a-t-il pas grand chose à comprendre),
mais ces pages trouvent en moi une résonance profonde et singulière.
Et puis quand même, dans le genre excavé et parcimonieux, c'est intelligemment orchestré, non (même les passages délibérément squelettiques) ?



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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 21:28

C'est très subjectif mais je trouve qu'il y a une ambiance "fin du monde" étonnante dans cette dernière de Chosta. Ce n'est certainement pas la plus indiscutable, et d'ailleurs loin d'être ma préférée (je mets devant, à vue de nez, 4-7-8-9-10-11, sachant que je mets à part les 13 et 14 où il y a de la voix), mais j'ai quand même une affection particulière pour cette oeuvre. Après, si on la trouve inintéressante, je ne pense pas que ça vaille vraiment la peine d'insister.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 0:03

Benedictus, in playlist, a écrit:

• Chostakovitch:
 
Evgeny Mravinsky / Orchestre Philharmonique de Leningrad
En public, Moscou, I.1972
Melodiya

Je n’aime pas tellement les symphonies de Chostakovitch en général, mais j’ai eu l’impression que celle-ci était assez ratée (le Largo initial, en particulier m’a fait l’impression d’un truc assez étal qui ne va nulle part - et les deux brefs mouvements suivants sont si lourdement caricaturaux dans le genre «fausse joie sarcastique»...)  Dommage, parce que j’ai adoré le grain du Philharmonique de Leningrad dans cet enregistrement.


Smile Effectivement on a pu reprocher à cette "symphonie sans tête" de fournir un schéma trop contrasté entre un Largo qui illustre une ambiance plombée, un tableau glauque, nauséeux,
puis deux mouvements vifs assez insistants, superficiels voire caricaturaux. La carpe et le lapin.
Mais une fois admise cette bizarrerie formelle, et quand on accepte que le faux-semblant soit un des vecteurs de la rhétorique chostakovienne :
en quoi cette symphonie serait-elle ratée ?

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 0:31

Eh bien, comme je l'ai dit, d'abord ce côté très étale du Largo: aucun contraste, une atmosphère tout uniment déprimée, et des efforts pour faire en sorte qu'il se passe quelque chose mais sans que ça apporte la moindre tension, la moindre progression, tout au plus une suite de digressions oiseuses - un peu le contraire de l'Adagio initial de la 11 (La place du palais) qui est beaucoup plus radical dans le côté «vitrifié» et qui cependant finit par révéler une tension, une progression sous-jacentes.
Et puis, le caractère redondant du II et du III.

Un quart d'heure de discours morne qui se traîne sans queue ni tête et cette espèce de bégaiement d'effets sardoniques qui sont toujours un peu les mêmes, je ne trouve pas que ça suffise à faire une symphonie qui se tienne. D'autant que je n'arrive pas à voir ce que je pourrais en tirer pour moi, par quel biais ça pourrait me plaire ou m'intéresser - à la limite, même la 15 pourrait davantage me dire quelque chose, je crois (en plus d'avoir une coupe structurelle un peu mieux ficelée.)
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 12:31

Exactement pareil. Embarassed

Enfin, je ne déteste pas, je trouve ça joli, mais à quoi bon est le sentiment qui affleure le plus immédiatement.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 13:20

La sixième est de fait particulièrement bancale, donc si on n'est pas particulièrement attiré par Chosta par nature, ce n'est sûrement pas celle qui risque de faire changer d'avis. Dans un style proche, la cinquième est nettement plus équilibrée. Après, moi j'aime quand même beaucoup le premier mouvement de cette sixième (et accessoirement, je trouve la célébrité de la cinquième légèrement usurpée).
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 14:26

Je ne vois pas trop le lien entre le sérieux de la Cinquième et la Sixième.

Comme dans tout le corpus, je n'aime vraiment que la 5 et la 10, je ne trouve pas la 5 usurpée. hehe
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 14:28

la 7° aussi non ?

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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 14:48

Ah, la Septième je la trouve non seulement insupportable, mais pas intéressante du tout. Plein de gens très clairvoyants semblent désapprouver, donc j'ai sûrement tort, mais je ne le perçois pas d'emblée.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 14:49

Je ne suis pas complètement convaincu par la chose, loin de là. C'est simplement que c'est un "tube".

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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 14:57

DavidLeMarrec a écrit:
Je ne vois pas trop le lien entre le sérieux de la Cinquième et la Sixième.

Comme dans tout le corpus, je n'aime vraiment que la 5 et la 10, je ne trouve pas la 5 usurpée. hehe

Parce que la 5 est la seule que tu aies entendu en concert? siffle
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 15:24

Pour moi, c'est un peu différent: Chostakovitch est un compositeur qui, dans ses symphonies, me reste globalement étranger - à l'exception de la 13 et de la 14 (mais ne s'agit-il pas plutôt respectivement d'une cantate et d'un cycle de mélodies avec orchestre?)

Du coup, j'ai surtout tendance apprécier les symphonies où son langage présente un discours assez structuré auquel je puisse me raccrocher - la 5 et la 10, oui, mais aussi la 4 et la 8. À l'inverse, Chosta qui fait du Chosta plus en moins en roue libre, comme dans la 6 ou la 15, j'ai vraiment du mal. (Et par respect pour le contexte historique de sa composition et de sa création, je m'abstiendrai de dire l'impression que me fait la 7.)

Cela dit, bizarrement, je sens aussi, après des écoutes répétées, que la 11 me «parle» peut-être plus directement que les autres, finalement. (Il faudrait aussi que je réécoute la 12, dont je n'ai plus aucun souvenir.)
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 16:32

Et la 2? C'est quand même assez original, même un ovni par rapport à la majorité de son corpus.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 17:17

C'est en un seul mouvement et avec chœurs, c'est ça? Je n'en ai qu'un très vague souvenir - un truc assez bruyant et pompier©, à moins que je ne confonde avec la 3.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 18:15

La deuxième est avec choeur oui, mais la 3 aussi hehe . La deuxième s'ouvre sur toute une partie qui est franchement bizarre, des cordes qui tricotent un truc plus ou moins atonal. La troisième est beaucoup plus académique, et la péroraison finale est tout ce qu'il y a de plus atrocement pompière, de fait.

Sinon, pour la 7, certes c'est un tube, mais il faut bien admettre que son premier mouvement est surtout un ovni, même au sein de la production de Chostakovitch, qu'on est tout à fait en droit de détester.

Ah, et pour Benedictus, je ne suis pas sûr que la 12 soit à réécouter, c'est vraiment une copie de la 11 mais en beaucoup moins bien...
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 18:32

DavidLeMarrec a écrit:
Ah, la Septième je la trouve non seulement insupportable, mais pas intéressante du tout. Plein de gens très clairvoyants semblent désapprouver, donc j'ai sûrement tort, mais je ne le perçois pas d'emblée.

Je ne fais pas partie des clairvoyants parce que comme toi je la trouve inintéressante cette septième.

Pour moi Chosta c'est avant tout 4-5-8-10 et 11.

Les 13 et 14 ont leurs mérites mais j'ai du mal à les qualifier de symphonies per se.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 18:44

La 14e n'a pas plus d'aficionados que ça ?!!! Et personne ne parle de la 15e, j'avoue en être assez friand, parfois (ce mot, que certains s'empêcheront, à raison, de saisir et exacerber  Rolling Eyes ).
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 18:50

Si, si, je peux même dire que la 14ᵉ peut-être la seule «symphonie» de Chostakovitch que j'aime (au sens fort du mot.) Même si je préfère la 6ᵉ de Tichtchenko.

En train d'écouter la 2 par Rojdé - le début est vraiment génial (bizarre que je n'en aie gardé aucun souvenir); après quand viennent les fanfares et le chœur, je trouve ça nettement moins bon, mais il y a quand même des moments assez réussis (et comme des échos de Mahler 8 dans l'écriture chorale.)
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 19:25

Benedictus, au sujet de la symphonie 6, a écrit:

Eh bien, comme je l'ai dit, d'abord ce côté très étale du Largo: aucun contraste, une atmosphère tout uniment déprimée, et des efforts pour faire en sorte qu'il se passe quelque chose mais sans que ça apporte la moindre tension, la moindre progression, tout au plus une suite de digressions oiseuses - un peu le contraire de l'Adagio initial de la 11 (La place du palais) qui est beaucoup plus radical dans le côté «vitrifié» et qui cependant finit par révéler une tension, une progression sous-jacentes.


Smile Chosta a cultivé sciemment ce champ blafard, et je ne pense pas qu'il fasse des efforts ratés pour qu'il se passe quelque chose,
au contraire il a dépeint une scène d'une morosité statique qui se refuse évoluer autrement que par la variation des éclairages, des jeux de timbres.
Toi qui es féru de musique contemporaine, de bidules décadents, c'est quand même surprenant que tu aies besoin d'une forme-sonate et d'un parcours tonal balisé  
hehe


Benedictus, idem, a écrit:

Et puis, le caractère redondant du II et du III.


Smile Le III est plus rapide que le II. Deux mouvements particulièrement mahlériens. Comment ne pas songer au finale de la VII° de Gustav !


Benedictus a écrit:

En train d'écouter la 2 par Rojdé - le début est vraiment génial (bizarre que je n'en aie gardé aucun souvenir)


Cool Si ça t'intéresse, j'avais rédigé un parcours d'écoute ici (minutages indiqués pour les versions Haitink et Ashkenazy) :
http://classik.forumactif.com/t6438-chostakovitch-symphonies-n2-et-n3


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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 20:26

Benedictus a écrit:


Du coup, j'ai surtout tendance apprécier les symphonies où son langage présente un discours assez structuré auquel je puisse me raccrocher - la 5 et la 10, oui, mais aussi la 4 et la 8. À l'inverse, Chosta qui fait du Chosta plus en moins en roue libre, comme dans la 6 ou la 15, j'ai vraiment du mal

Oui, comme Mélo, ça m’a surpris venant de quelqu’un qui aime le free jazz   (mais qui écoute quand même principalement du rock progressif hors classique)     hehe

Sinon pour moi fan de Chosta c’est :

Celles que j’adore :  1 – 2 – 4 – 5 - 8 - 13
Celles que j’aime beaucoup : 9 – 10 – 11 - 15
Celles que j’aime bien, ou dont je n'aime pas tout: 6 – 7 - 14
Celles que j’aime peu...ou pas selon les jours: 3 - 12
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 23 Jan 2019 - 21:13

Mélomaniac a écrit:
Smile Chosta a cultivé sciemment ce champ blafard, et je ne pense pas qu'il fasse des efforts ratés pour qu'il se passe quelque chose,
au contraire il a dépeint une scène d'une morosité statique qui se refuse évoluer autrement que par la variation des éclairages, des jeux de timbres.
Oui, d'accord pour l'Adagio initial de la 11, mais là, dans la 6, j'ai juste impression de remplissage: il y a plein de choses, mais ça ne bifurque jamais vraiment, il n'y a pas de progression.

Mélomaniac a écrit:
Smile Toi qui es féru de musique contemporaine, de bidules décadents, c'est quand même surprenant que tu aies besoin d'une forme-sonate et d'un parcours tonal balisé  hehe
Non, justement, dans le contemporain ou la musique décadente, il se passe vraiment plein d'événements - alors que là, ça reste juste étale. En fait, mon problème avec Chostakovitch vient peut-être de ce que son langage est un peu le cul entre deux chaises: le schéma harmonique d'ensemble reste très traditionnel (sauf dans le début de la 2, ou dans Le Nez) - le cadre harmonique me paraît trop figé pour permettre le foisonnement des décadents ou la réinvention permanente du langage des contemporains; mais son absence de structuration «traditionnelle» (forme-sonate, si tu veux) ne permet pas non plus de se passionner un discours qui progresse irrésistiblement et avec évidence comme, mettons, chez Beethoven. En gros, une musique symphonique trop moderniste pour offrir les plaisirs propres à un langage tradi, trop tradi pour offrir l'inattendu de la musique dite contemporaine (y compris d'ailleurs de contemporains largement tonalisants comme par exemple le dernier Henze.)

(Sans compter que chez les décadents comme chez mes contemporains de prédilection, il y a bien souvent un art du coloris orchestral à l'opposé de la grisaille chostakovienne.)

Mélomaniac a écrit:
Smile Le III est plus rapide que le II. Deux mouvements particulièrement mahlériens. Comment ne pas songer au finale de la VII° de Gustav !
Ah? Je sais bien que tu n'aimes pas tellement le final de Mahler 7, mais à ce point-là...

Mélomaniac a écrit:
Cool Si ça t'intéresse, j'avais rédigé un parcours d'écoute ici (minutages indiqués pour les versions Haitink et Ashkenazy) :
http://classik.forumactif.com/t6438-chostakovitch-symphonies-n2-et-n3
Merci!

darkmagus a écrit:
Oui, comme Mélo, ça m’a surpris venant de quelqu’un qui aime le free jazz   (mais qui écoute quand même principalement du rock progressif hors classique)     hehe
Ben, toi tu arrives bien à concilier l'Art Ensemble of Chicago et Arvo Pärt (dont le langage est quand même bien gentillet à côté de celui de Zappa ou d'Henry Cow...) Wink


Dernière édition par Benedictus le Jeu 24 Jan 2019 - 23:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Jeu 24 Jan 2019 - 0:47

Rav-phaël a écrit:
La 14e n'a pas plus d'aficionados que ça ?!!! Et personne ne parle de la 15e, j'avoue en être assez friand, parfois (ce mot, que certains s'empêcheront, à raison, de saisir et exacerber  Rolling Eyes ).

Si si, je peux t'en parler de la 15, mais il ne vaut mieux pas. Mr.Red

La 14, j'aime beaucoup, tout comme la 13, mais autant la 13 reste vraiment une symphonie pour moi, autant la 14 c'est vrai que c'est autre chose.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Jeu 24 Jan 2019 - 16:32

Xavier a écrit:
Si si, je peux t'en parler de la 15, mais il ne vaut mieux pas. Mr.Red
Pareil.

Ah ben non, trop tard. J'en ai parlé et Mélo a cité mes propos un peu plus haut.


Xavier a écrit:
La 14, j'aime beaucoup, tout comme la 13, mais autant la 13 reste vraiment une symphonie pour moi, autant la 14 c'est vrai que c'est autre chose.
Pareil. Cela dit, je réécoute plus volontiers la 14ᵉ que la 15ᵉ.
(D'une manière générale, j'aime énormément Chostakovitch compositeur de mélodies: je trouve en particulier que le côté grinçant fonctionne mieux quand il y a du texte.)
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Jeu 24 Jan 2019 - 19:12

Xavier a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Je ne vois pas trop le lien entre le sérieux de la Cinquième et la Sixième.

Comme dans tout le corpus, je n'aime vraiment que la 5 et la 10, je ne trouve pas la 5 usurpée. hehe

Parce que la 5 est la seule que tu aies entendu en concert? siffle

Qu'il est vilain. hehe

C'est peut-être vrai, mais comme je ne les aime pas, je ne suis pas sûr que m'ennuyer en concert m'aide. D'ailleurs j'aimais seulement la 5 et l'avoir entendue (certes mal jouée) en concert m'a fait considérer que je n'en aimais peut-être aucune…

Je vais entendre la 10 cette saison, et j'aurai mille occasion de devoir essayer les autres dans un couplage, ou pour entendre tel orchestre exotique… Donc pas de hâte. Smile
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Sam 26 Jan 2019 - 15:49

La mode est à Chostakovitch en ce moment à ce que je vois…

Découverte en concert hier soir de la 15ième et dernière symphonie. Au risque de déchainer les foules, j’avoue que j’ai vraiment beaucoup aimé cette œuvre. Je ne m’attendais bien sûr pas à retrouver les folies de la 8ième ou de la 10ième mais cette ambiance de quasi musique de chambre m’a beaucoup amusé, notamment dans le premier mouvement. Au-delà de la citation de Guillaume Tell qui a bien faire rire, j’ai trouvé ce mouvement digne d’un Chostakovitch encore en forme, on y retrouve tout ce qui fait sa patte, l’orchestration est vraiment belle en plus et ces fameuses flûtes dans le suraigu qui vous brisent les tympans sont toujours de la partie.
Petite réserve concernant le début du deuxième mouvement le temps que l’atmosphère s’installe…et puis pourquoi pas finalement ? Cette marche funèbre préfigure déjà le leitmotiv wagnérien du dernier mouvement. A la réécoute (en ce moment), ce mouvement passe déjà mieux. J’aime pourtant habituellement les marches funèbres, à creuser donc.
J’ai quasiment halluciné devant le thème d’ouverture du troisième mouvement, je me demandais comment on pouvait construire un mouvement sur une telle idée et puis on se lasse emporter et ça marche.
Enfin, c’est le dernier mouvement que j’ai le plus aimé. Le motif du Sort fait un bel effet ici, cette ambiance « d’aller sans retour », un très beau moment de méditation. Une des rares symphonies de Chostakovitch à se terminer pianissimo, la fin m’a notamment bouleversé.
L’œuvre était couplée avec le Second Concerto pour Violoncelle, que je connaissais bien et que j’aime beaucoup. J’ai trouvé l’idée très bonne car ce sont deux œuvres orchestrées avec parcimonie, presque intimistes. Il y a même des détails d’orchestrations que l’on retrouve dans les deux.
Un très beau moment !

Pour reprendre un peu le fil de discussion, concernant la 6ième symphonie, j’avoue, une fois de plus l’aimer beaucoup. Je comprends qu’on puisse l’aimer un peu moins, elle a déjà le rôle difficile de figurer entre les deux monstres que sont la 5ième (que j’adore) et la 7ième (que je ne goûte que modérément). On a l’impression d’entendre une très longue méditation suivie de 2 mouvements « identiques ». Peu de rebondissements dans le premier mouvement et pas toujours des thèmes d’une folle originalité. Elle a peu pour plaire en effet mais je sauverais tout de même la partie centrale, à la fois calme et tendue, celle qui fait entendre les bois dans le très aigu quasi sans autre orchestration derrière. C’est la partie qui précède le retour du thème principal avant la conclusion dans l’obscurité. Je trouve le passage très réussi à chaque écoute.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Sam 2 Fév 2019 - 17:21

Je continue mes découvertes des dernières symphonies du compositeur en concert avec, hier soir, la Quatorzième (couplée avec la 49° de Haydn).

Ce qui m’a d’emblée frappé, c’est la noirceur du ton. La symphonie ne laisse aucun répit à l’auditeur et l’on comprend aisément que Chostakovitch traite le sujet de la mort sans passer par quatre chemins. L’introduction en Dies Irae façon dodécaphonique renforce cet effet de pessimisme total.

J’aurais aimé avoir le sur-titrage afin de pouvoir plonger réellement au cœur de l’œuvre car elle m’a parue extrêmement complexe. Alors qu’il était plutôt simple de se laisser impressionner par certains effets instrumentaux (symphonies du milieu), l’orchestration façon musique de chambre ici rend l’œuvre difficile à appréhender dans la mesure où une concentration maximale doit être de mise pour en apprécier (avant d’en comprendre) chacun des aspects.

J’ai particulièrement aimé la deuxième pièce (peut-être à cause du changement radical d’atmosphère avec la précédente), façon danse macabre, nerveuse et saccadée. Évidemment, la Lorelei fait un grand effet avec les glissandi montants des cordes et cette fin sur un coup de cloches.
Un autre moment vraiment marquant était la 7ième pièce (La Prison) avec  les cordes graves en pizzicato et col legno, une des pages les plus incroyables du compositeur, assurément !

J’ai aussi adoré l’avant-dernière pièce, La Mort du Poète avec ses accords glaçants et son chant plutôt souple.

Un moment vraiment hors du temps cette symphonie. Elle va m’occuper un bon moment, quelle œuvre ! La toute fin m’a vraiment surpris, une sorte de conclusion totalement abrupte qui coupe net le discours. Une des œuvres les plus attrayantes de Chostakovitch.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Dim 3 Fév 2019 - 13:09

TragicSymph a écrit:
La mode est à Chostakovitch en ce moment à ce que je vois…

Vivement qu'il y ait la mode "Weinberg" ce printemps...
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Lun 4 Fév 2019 - 0:13

Justement, l'intégrale de ses quatuors commence ce lundi à la Cité de la musique à Paris.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 6 Fév 2019 - 15:56

Oui, je suis au courant. Smile
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Ven 15 Fév 2019 - 18:54

J’ai donc terminé vendredi dernier le cycle de concerts dédiés à Chostakovitch avec la monumentale Treizième Symphonie.

Dès les premières notes et notamment des premières paroles de la basse, j’ai été happé par la force émotionnelle de l’œuvre. De plus, nous avions le texte qui défilait.
Ce que je retiens immédiatement de la symphonie, c’est la puissance avec laquelle l’orchestre pouvait reprendre et intensifier à l’extrême certaines paroles et mots forts du texte, surtout dans le premier mouvement. On reste vraiment cloué à son siège !

La première partie nous rend directement « spectateurs » de l’extermination de Babi Yar et des victimes de l’antisémitisme en général. J’ai absolument adoré le deuxième mouvement, l’Humour, le plus irrévérencieux de tous et véritable pied de nez à la politique du régime. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère…

Bien que possédant quelques passages plus marqués, quelques passages rythmiques, je vois les 2 mouvements suivants comme un seul mouvement décrivant les terreurs de la vie quotidienne avec quelques vers lourds de sens. Une atmosphère vraiment glaciale. Le dernier mouvement quant à lui est peut-être le seul moment permettant de respirer un peu comme peuvent le montrer les sixtes de flûtes de l’introduction et dont le thème reviendra souvent, tout à fait charmant du reste.
J’ai beaucoup aimé cette fin, tout à fait lapidaire et qui laisse de nombreux questionnements.

Très certainement un des meilleurs concerts auxquels j’ai pu assister, adeptes de sensations fortes, une œuvre à ne pas manquer en concert ! Elle va devenir une de mes symphonies préférées, assurément.

Il me restera encore à découvrir les symphonies du tout début. Je me garde la Quatrième pour finir en apothéose...
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