Autour de la musique classique

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 Chostakovitch

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Marchoukrev
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 14:46

arnaud bellemontagne a écrit:
Il y a des membres du forum qui trouvent la 9 fabuleuse?

Ludique, primesautière, goguenarde je veux bien, mais fabuleuse ? scratch

La 9ème est un pied de nez à Staline, et je ne crois pas qu'on doive la comprendre autrement. Personnellement, je ne l'aime pas beaucoup. Dans le Chostakovitch sarcastique, à tout prendre, je préfère les deux derniers mouvements de la 6ème.
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Marchoukrev
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 14:49

DavidLeMarrec a écrit:
Il me semblait. Ou peut-être la 12. Bon, de toute façon, tout ça c'est pareil pour moi : non seulement ça ne me touche pas, mais ça me paraît un mélange assez contre-productif de complexité formelle et de manque de fond, assez étrange (et à l'opposé de ce que c'est supposé être).

La 12 est une œuvre étrange. Les deux premiers mouvements sont pas mal (surtout le premier, très entraînant et assez épique), puis ça s'écrase dans le finale qui est d'une vulgarité insoutenable (mais sans doute est-ce l'effet recherché par le musicien). Cela étant, le traitement du thème cyclique, basé sur des chants révolutionnaires, est intéressant.

Mais vraiment, retente la 8. Le Largo en forme de passacaille est l'un des sommets de Chostakovitch. Au même titre que le premier mouvement, d'ailleurs.
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 14:53

Tout à fait d'accord*, d'autant qu'ils sont précédés d'un superbe mouvement, tout en intériorité méditative. Smile

*concernant la 6.


@David: Pour moi Chosta pratique une sorte d'art brut. Formellement, ça manque un peu de finition (bien que ce soit très complexe comme tu le soulignes), mais je suis très sensible au côté viscéral et écorché vif de son esthétique. Il est "physique" comme Mahler sans avoir son hyper-sophistication.
Cependant, je considère la 12 et la 15 parmi ses symphonies les plus faibles.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 15:17

Marchoukrev a écrit:
Dans le Chostakovitch sarcastique, à tout prendre, je préfère les deux derniers mouvements de la 6ème.

Moi aussi, mais la 6, c'est vraiment gentiment décoratif, il n'y a même pas le côté sauvage du Chosta habituel.


Marchoukrev a écrit:
La 12 est une œuvre étrange. Les deux premiers mouvements sont pas mal (surtout le premier, très entraînant et assez épique), puis ça s'écrase dans le finale qui est d'une vulgarité insoutenable (mais sans doute est-ce l'effet recherché par le musicien). Cela étant, le traitement du thème cyclique, basé sur des chants révolutionnaires, est intéressant.

Ah cool, vulgaire avec des chants révolutionnaires, il faut que je réécoute ça, ça devrait mieux me convenir que les cantilènes cabossées à une note.


Citation :
Mais vraiment, retente la 8. Le Largo en forme de passacaille est l'un des sommets de Chostakovitch. Au même titre que le premier mouvement, d'ailleurs.

C'est en cours. Berlin / Bychkov, manière que ce soit animé (et d'avoir des cordes un peu intéressantes pour le début). J'avoue que ces longues plages de cordes aiguës seules, ou ce joliet solo de cor anglais avec cordes syncopées, je vois pas trop l'intérêt. C'est joli, mais à ce compte-là LULLY me met davantage la patate.

Mais oui, c'est effectivement très bien écrit, ce premier mouvement a une réelle atmosphère. Dans le genre Chosta-désolé, possiblement ce qu'il a écrit de mieux (quatuors exceptés, parce que le II du 7 ou les extrêmes du 15, bien sûr !).


arnaud bellemontagne a écrit:
@David: Pour moi Chosta pratique une sorte d'art brut. Formellement, ça manque un peu de finition (bien que ce soit très complexe comme tu le soulignes), mais je suis très sensible au côté viscéral et écorché vif de son esthétique. Il est "physique" comme Mahler sans avoir son hyper-sophistication.
Cependant, je considère la 12 et la 15 parmi ses symphonies les plus faibles.

Oui, c'est brut, mais ça communique des affects négatifs sans que ce soit, je trouve, sublimé par la forme. C'est très étrange, je n'ai pas l'impression de « progresser » dans ma proximité avec la musique lorsque j'écoute Chosta, alors que j'ai cette impression même en écoutant Damia…

Sans doute quelque chose de très personnel, une affinité, mais je n'arrive pas à trouver davantage en me plongeant sérieusement dedans, alors que dans la plupart des musiques dont je n'aime pas l'ambiance, l'étude me procure un réconfort, une satisfaction.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 19:26

DavidLeMarrec a écrit:

la macilence inéluctable


keuf


Benedictus a écrit:

Je m’échine régulièrement à réécouter certaines œuvres que je n’aime pas, en multipliant les versions, dans l’espoir qu’un jour... La méthode ne m’a pas trop mal réussi avec Prokofiev 6 et le corpus des symphonies de Tchaïkovsky. Donc aujourd’hui, j’ai essayé:

Symphonie nº15 en la majeur, op. 141

Toujours pas de révélation. Pire: plus je réécoute cette symphonie, plus j’ai l’impression que c’est la plus faible du compositeur.
On dirait que l’écriture recycle les procédés d’écriture des symphonies précédentes mais en les appauvrissant encore.

C’est peut-être dans les deux Adagios que c’est le plus frappant, parce que c’est souvent là que Chostakovitch me convainc le plus (Largo de la 5, Place du palais de la 11...); or là, je trouve ça complètement sommaire: une suite à la fois prévisible et décousue (pour paradoxal que ça puisse paraître) d’effets qui n’apportent jamais de tension ni de progression, semblant ne faire que délayer le récitatif d’une même atmosphère déprimée. Ça ne décolle jamais, la vanne boulézienne du «Mahler, troisième pression à froid» ne m’a jamais paru aussi juste (du moins dans le II; le IV, c’est plutôt «Tchaïkovsky, troisième pression à froid.»)

Et puis les deux mouvements plus vifs (enfin, «vifs»... de tempo, parce que c’est assez mortel, en fait) sont franchement pénibles. Toujours les mêmes procédés qui ressassent et tournent en boucle: mélodies déceptives, ritournelles aigrelettes aux bois et au violon crincrin, fanfares déglinguées, ponctuations de percussions burlesques et de cordes pathétiques. Ça donne une telle impression de trucs rabâchés que même l’habituelle impression d’effarement ne «prend» jamais vraiment et que le sarcasme semble grincer à vide.

Et puis ces citations de Rossini et de Wagner qui tombent comme un cheveu sur la soupe, mais à plat:  (les citations de l’ouverture de Guillaume Tell pourraient faire un bon exemple de ce qu’est l’humour pas drôle.)

Enfin, l’orchestration m’a paru encore plus exsangue et délavée que dans les autres symphonies.
Selon l’interprétation, ça ressemble ou bien à un objet musical bizarre, sans aucune séduction mais singulier, ou bien à une symphonie de Chostakovitch «normale» mais ratée.



Surprised La facture clairsemée s'explique (aussi) par un compositeur malade qui peinait tout bonnement à écrire sur le papier, une contrainte somatique qui l'a réduit à l'économie.
Assez d'accord avec ce que tu dis, du moins je comprends tes sensations, mais justement c'est ça que je trouve intéressant.
Cette espèce de foire du bizarre nous intrigue : pourquoi diable ce tagadatsointsoin de la cavalcade rossinienne ? La Walkyrie, l'accord du destin de Tristan, et bien d'autres références...
Contrairement à des opus de la période stalinienne où le compositeur se montrait contraint, quitte à dissimuler,
il semble ici s'amuser d'une audace créatrice jusque la cocasserie, le dérisoire, l'absurdité...
Ce qui n'exclut pas une certaine vacuité (et on sait que l'expérience de la liberté entraîne aussi une angoisse existentielle, voire un sentiment de vide).
Désincarcéré du corset idéologique-politique, enfin libéré : mais alors quel chemin prendre ?
Des ingrédients (humour à froid, désillusions, citations parodiques...) qu'on retrouvera chez Schnittke.
Mais il y a aussi une émouvante fragilité où l'on sent l'aile de la mort : les marches funèbres (glabres, décharnées) qui rappellent le Lento de la 1° symphonie d'adolescence,
le final désincarné qui semble s'interroger face à l'indicible, l'ultime doute au seuil du néant.

Bref voilà  un étonnant creuset, où les questionnements (tantôt graves ou narquois) d'un vieil homme croisent un sentiment de liberté quasi-juvénile,
où les deux se neutralisent peut-être, comme un prisonnier grabataire qu'on ramènerait à la porte du pénitencier en lui lançant : sortez, zètes libre, le monde est à vous !

J'avais été interloqué en découvrant cet opus à la radio un dimanche matin, quand j'étais encore tout jeune.
Je pense même que c'était avant d'entendre la 5° symphonie.
Sans assurance de tout décrypter (ça fait partie du charme, et peut-être justement n'y a-t-il pas grand chose à comprendre),
mais ces pages trouvent en moi une résonance profonde et singulière.
Et puis quand même, dans le genre excavé et parcimonieux, c'est intelligemment orchestré, non (même les passages délibérément squelettiques) ?



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Roupoil
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MessageSujet: Re: Chostakovitch   Mer 29 Aoû 2018 - 21:28

C'est très subjectif mais je trouve qu'il y a une ambiance "fin du monde" étonnante dans cette dernière de Chosta. Ce n'est certainement pas la plus indiscutable, et d'ailleurs loin d'être ma préférée (je mets devant, à vue de nez, 4-7-8-9-10-11, sachant que je mets à part les 13 et 14 où il y a de la voix), mais j'ai quand même une affection particulière pour cette oeuvre. Après, si on la trouve inintéressante, je ne pense pas que ça vaille vraiment la peine d'insister.
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