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 Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19

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andika
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MessageSujet: Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19   Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19 EmptyMer 1 Mai 2019 - 17:50

L'année Berlioz continue, ainsi que la résidence de Hilary Hahn à Radio France. Ça donne le programme suivant:

Jean Sibelius
Concerto pour violon et orchestre

Hector Berlioz
Symphonie fantastique

Hilary Hahn violon

Orchestre Philharmonique de Radio France
Mikko Franck
direction
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MessageSujet: Re: Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19   Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19 EmptySam 4 Mai 2019 - 16:03

https://www.resmusica.com/2019/05/04/berlioz-et-sibelius-dans-les-valises-du-philhar-radio-france-hilary-hahn/
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MessageSujet: Re: Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19   Radio France - Berlioz Fantastique - Franck/OPRF 02/05/19 EmptyMar 7 Mai 2019 - 11:39

L'Orchestre Philharmonique de Radio France entame une tournée de six dates en Espagne du 4 au 10 mai 2019. En compagnie de son directeur musical Mikko Franck et de la violoniste américaine Hilary Hahn, artiste en résidence à Radio France pour la saison 2018/2019. Ils emportent dans leurs bagages le Concerto pour violon du compositeur finlandais Jean Sibelius et la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz. Mais avant le départ de l'autre côté des Pyrénées, le public parisien a eu la primeur de ce programme à l'auditorium de la Maison de la radio le jeudi 2 mai 2019. Et vu l'excellence de ce concert, la tournée espagnole s'annonce grandiose !

Le Concerto pour violon de Sibelius est un véritable standard du répertoire. Composé en 1903, révisé par la suite, la version définitive ayant été créée en 1905. Le compositeur, lui-même violoniste, tenait à écrire pour son instrument, dans son propre style. Ce concerto a été conçu entre les Deuxième et Troisième symphonies, et la façon dont il y traite l'orchestre est assez similaire. Il est peu de dire que la rencontre entre Hilary Hahn, une des violonistes les plus talentueuses de l'époque, et du finlandais Mikko Franck, était attendue dans cette œuvre. Et l'on peut dire assez rapidement que la rencontre ne déçoit pas. Il suffit en effet de quelques mesures pour saisir à quel point la soliste a les idées claires au sujet de cette œuvre. Il est vrai que lors de l'avant concert, elle avait joué sa partie devant le public venu à sa rencontre afin d’expliquer sa vision de ce concerto. On entend en effet un son très particulier émaner de son violon. On perçoit tout un tas de convictions, de certitudes. Un chant grave et très éloquent qui ne manque pas de captiver, des coups d'archet déterminés. Et plus étonnant encore, le comportement du Philhar' est assez différent de celui habituel en compagnie de Mikko Franck. En général, quel que soit le répertoire, certaines choses récurrentes s'entendent comme par exemple une certaine légèreté aux cordes. Au contraire, pour cette soirée, beaucoup plus de poids, de densité et de gravité. Le son de l’orchestre est beaucoup plus sombre et gros. Ainsi, dans l'Allegro moderato initial, on savoure ce pianissimo des cordes qui offre un tapis sur lequel va se déployer la soliste, on est également percuté par ces tuttis furieux. Mais que dire du spectacle offert par la soliste lors de la cadence du premier mouvement ? Il suffit de bien observer les pupitres de cordes l'écouter religieusement. Cela veut tout dire et vaut mille mots. Le mouvement lent qui suit, noté Adagio di molto est sobre, sombre, triste. Tellement que la petite harmonie du Philhar', d'habitude si lumineuse, pleure ici. Et quel engagement d'Hilary Hahn dans ces longues phrases élégiaques, d'une grande profondeur. Avec peu d'artifices, le son obtenu est d'une grande noblesse, grâce notamment à un somptueux legato. Les cordes basses figurants des bâtiments de cœur dans un rythme tranquille. Rien à voir avec le mouvement final, Allegro ma non tanto. Rythme grinçant à trois temps, un son lourd, méchant, mordant. Les fusées de croches jaillissent du violon. On observe une grande agilité chez la soliste dans ce rythme intense. Mais on apprécie également l'orchestre avec cet ostinato rythmique qu'on entend particulièrement bien aux timbales de Jean-Claude Gengembre et à la contrebasse de Lorraine Campet. Une intensité jubilatoire de tous les instants vient ponctuer ce concerto, plein de force vive et de beauté brute. En bis, la traditionnelle Sarabande de Bach fait retomber la pression. Superbe Hilary Hahn, grand talent américain et généreuse artiste.

Changement d'époque avec la Symphonie fantastique de Berlioz. Là où le finlandais Mikko Franck défendait la musique du finlandais Sibelius, il s'agit maintenant pour la phalange parisienne de s'emparer de cette partition française qui est un trésor national. Composée en 1830, on pourrait pourtant la croire bien postérieure tant son orchestration annonce ce que sera le genre à la fin du 19ème siècle. On ne peut pas dissocier cette musique de la comédienne Harriet Smithson que Berlioz cherchait à séduire par tous les moyens. Plusieurs fois éconduit, il est quand même parvenu à l'épouser par la suite. L'être aimé, annoncé par Berlioz au programme, est cette femme qui, a d'ailleurs fini par céder aux avances du compositeur après avoir entendu cette œuvre. La première partie, Rêveries - Passions permet de retrouver le son habituel de l'orchestre lorsqu'il est dirigé par Mikko Franck. Des cordes légères, un son élégant et lumineux, comme par exemple la flûte de Magali Mosnier. Tout cela nous rappelle ce qu'est l'art d'être français (en musique, au moins) ! On est enivré comme le musicien du programme qui a pris de l'opium. La deuxième partie, sobrement intitulée Un Bal est sans doute un des passages les plus célèbres de la fantastique. Ces harpes figurent la joie des retrouvailles avec l'aimée. Le rythme de valse se déploie de façon fluide et dansante, le premier violon solo, Ji-Yoon Park menant son pupitre avec rigueur. Une véritable féérie s'empare de l'auditorium tandis que le chef est debout et souriant. On apprécie la qualité de l'orchestration ainsi que celle de la direction. En effet, dans les bois, en dépit qu'il n'y ait que deux flûtes et deux hautbois, on les entend pourtant de façon très précise. Et en parlant de deux hautbois, le deuxième hautbois a mystérieusement disparu de la scène lorsque les premières notes de la troisième partie, Scène aux champs, commencent à être jouées par le sublime cor anglais de Christelle Chaizy. On ne tarde pas à le retrouver du côté des chœurs pour un dialogue de toute beauté, et un effet sonore très intéressant avec une sorte d'écho. Le gros son des cordes fait son retour, notamment aux cordes. Le chef apporte aussi un très grand soin aux nuances et aux dynamiques. Le mouvement s'achève sur un diminuendo très réussi et un vrai moment de recueillement. La quatrième partie, Marche au supplice, tranche radicalement. Les timbres graves et grinçants sont mis à contribution, comme par exemple les bassons et les deux tubas. Les cuivres sont macabres avec des couleurs bien sombres. Quoi d'autre pour décrire le meurtre de la femme aimée ? Enfin, le final, Songe d’une nuit de sabbat est un moment qui ne manque pas d'impressionner. L'usage des bois dans un registre grave et strident étonne. L'ambiance est fiévreuse, décoiffe. Les nuances fortes ne sont pas atténuées et le volume monte (quelle clarinette de Jérôme Voisin). L'irruption des cloches cachées en coulisse ajoute à la confusion générale. Mais ceci n'est pas un reproche, bien au contraire puisque c'est ce que commandent le programme et la partition. Ainsi, les percussions impressionnent, les timbales mais surtout la grosse caisse. On pourra toutefois un peu regretter que ça ne soit pas allé encore davantage dans la folie et la démesure. La nuit de sabbat a été un moment de folie douce. Mais folie tout de même ! Interprétation très satisfaisante de ce chef-d’œuvre de Berlioz, qu'il convient maintenant à la phalange parisienne d'aller défendre outre-Pyrénées. Quoi de mieux que d'aller faire briller la musique française à l'étranger ? Surtout pour cette année Berlioz qui marque les 150 ans de la disparition du compositeur.
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