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 Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19

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Xavier
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Xavier

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MessageSujet: Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19   Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19 EmptyMer 12 Juin 2019 - 0:22

Mercredi 12 juin, 20h30
Jeudi 13 jun, 20h30
Philharmonie de Paris, grande salle Pierre Boulez

John Adams
Short Ride in a Fast Machine

Edvard Grieg
Concerto pour piano

Dmitri Chostakovitch
Symphonie n° 5

Orchestre de Paris
Klaus Mäkelä, direction
Javier Perianes, piano


Je ne connais pas du tout ce chef.
J'ai finalement pris une place histoire de me rajouter un concert à la Philharmonie avant la fin de la saison, et finalement l'orchestre de Paris a même proposé des invitations à ses abonnés, ça doit être mal rempli.

Programme: https://philharmoniedeparis.fr/sites/default/files/documents/19096_orchestre-de-paris-makela-perianes-12-13-juin-2019.pdf
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andika
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MessageSujet: Re: Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19   Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19 EmptyMer 12 Juin 2019 - 14:13

J'y vais demain soir, surtout pour la 5ème de Chosta.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19   Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19 EmptyMer 12 Juin 2019 - 14:26

J'aurais beaucoup aimé entendre enfin en salle Short Ride, mais ce n'est jamais couplé avec ce que je veux (et je suis de toute façon occupé ailleurs : Roussel, Dostoïevski…).
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Rocktambule
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MessageSujet: Re: Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19   Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19 EmptyVen 14 Juin 2019 - 17:49

Excellent concert ! J'y étais hier soir (séance du 13). En plus, mise à part une vieille dame qui s'est levée avec sa canne et qui a fait pas mal de bruits pour être la première aux ascenseurs, je n'ai pas du tout été dérangé par mes voisins. C'est assez rare pour être souligné !

Adams : je ne connaissais pas l’œuvre et écoutée juste une fois sur Youtube par Marin Alsop, où ça sonnait plus fanfare de village. Hier soir, quel volume sonore ! Comme d'habitude, les percussionnistes de l'OP sont vraiment bons, le wood-block notamment (Emmanuel Hollebeke je crois). J'ai du mal à saisir où va cette pièce, mais c'est agréable à voir joué ; j'imagine que sur disque, ça ne fait pas le même effet.

Grieg : plutôt déçu par le pianiste. Il manquait sûrement beaucoup de choses, mais surtout il manquait de l'interprétation. Les moments puissants passaient un peu en force, on sentait que le pianiste se donnait du mal pour arriver à un bon volume sonore, et les moments lents ou méditatifs étaient ennuyeux. Par contre, pas de relâchement dans la direction : les mesures sans piano accélèrent le tempo, essayent de soulever l’œuvre, notamment au premier mouvement.
J'aime vraiment beaucoup ce concerto, mais j'ai beaucoup de mal à trouver une interprétation satisfaisante, et encore moins l'interprétation ultime. Pourtant la discographie est large ! Celle que je préfère est par Jorge-Luis Prats (direction Enrique Batiz), sur un CD assez introuvable, mais même celle-là n'est pas totalement en place au niveau de l'orchestre. En concert, jamais entendu de pianiste correct. Je me souviens avoir été très déçu par Valentina Lisitsa au Châtelet il y a quelques années... Je rêve d'une version par Fazil Say qui me paraît parfait pour ce concerto.
Bref, autant la direction tenait la route, autant le pianiste ne m'a pas convaincu. Un rappel non identifié (Ravel peut-être ?).

Chostakovitch : quelle claque ! Après quelques mesures incroyables, le premier mouvement est lancé dans un tempo plutôt lent qui m'a fait craindre pour le reste de la symphonie. Erreur ! C'était pour mieux reprendre la main et ne plus la lâcher jusqu'à la fin. Un tempo incroyable au quatrième mouvement, tout en restant très lisible, très net et très clair. Tout est réussi, le côté sarcastique, les cuivres, les percussions... Rarement entendu une version à la fois aussi rapide et aussi précise. Elle balaye Haitink que je tenais assez haut (et que j'aime toujours néanmoins).
Le chef démontre un bel engagement, une direction très précise, très concernée, à la fois soucieuse du rendu, et avec la décontraction des grands, et surtout, le plus important à mon sens, un immense plaisir à jouer. J'ai chantonné la symphonie dans ma tête pendant tout le trajet en métro, ce qui, chez moi, est un signe manifeste que j'ai passé une bonne soirée ! Rares sont ces soirées où l'on arrive à s'extraire de soi-même, du quotidien et des soucis.

Klaus Mäkelä est à suivre absolument ! J'avais lu de bonnes critiques de ses deux passages à Toulouse avec l'ONCT. Et hier soir, la cohésion semblait très bonne avec l'OP (Philippe Aïche souriait pendant les rappels, incroyable). Malheureusement, il vient de prendre un orchestre à Oslo à partir de la saison 2020/2021. Je me suis pris un peu à rêver, même si un seul concert ne suffit peut-être pas à se faire une religion. Ça pourrait être bien un jeune chef de 23 ans, qui resterait une vingtaine d'année, pour amener l'orchestre très loin, beaucoup plus loin que ce que l'on peut faire pendant un simple mandat de trois ans...
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Xavier
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MessageSujet: Re: Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19   Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19 EmptyDim 16 Juin 2019 - 1:59

J'y étais mercredi, très beau concert dans l'ensemble.

Adams et Grieg très bien, j'ai bien aimé Perianes pour ma part.

Chostakovitch: quelques imprécisions dans le 1er mouvement, mais ensuite ça a été de mieux en mieux, et très bien dirigé.
Magnifique 3è mouvement (mais je dois être maudit pour celui-ci: les dernières mesures m'ont encore été gâchées par une sonnerie de téléphone, juste derrière moi!), et franchement, cette flûte solo et ce hautbois solo, vraiment sublimes. (pour toute la symphonie)
Je n'ai pas trouvé les tempi si rapides. (le 3è mouvement était d'ailleurs vraiment lent, comme j'aime)
Le récent concert Dudamel était plus radical dans ce sens, avec un punch incroyable.
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andika
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MessageSujet: Re: Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19   Philharmonie - Adams Grieg Chosta 5 - Mäkelä 12-13/06/19 EmptyMar 18 Juin 2019 - 16:13

D’abord Short Ride in a Fast Machine est une composition de 1986. Véritable fanfare, elle emploie toutes les forces de l’orchestre et le fait briller dans un style bien américain. L’emploi du minimalisme rappelle un peu Harmonielehre composé une année auparavant. Cette œuvre offre un rythme lancinant aux percussions. Cet ostinato obsède mais laisse la place aux cuivres brillants et très en forme de l’orchestre de Paris. La créativité rythmique est très plaisante et la gestion de la masse orchestrale par le chef est très impressionnante. Dans sa façon en particulier de faire monter la tension et de maintenir les climax une fois arrivé tout en haut.

Le temps de quitter le XXème siècle pour un petit retour en arrière avec le Concerto pour piano en la mineur de Grieg. Composé en 1868 mais révisé jusqu’en 1907, il s’agit d’une œuvre majeur du répertoire concertant. Le pianiste invité pour l’occasion est l’espagnol Javier Perianes. L’orchestre et le chef conservent leurs qualités présentées dans l’œuvre de John Adams, à savoir un son massif, un sens de la progression dramatique. Mais cela cadre mal avec la fraîcheur des couleurs nordiques décrites par Grieg, surtout dans les deux premiers mouvements. L’ambiance y est triste et sombre. Bien que l’interprétation soit techniquement impeccable, cet étalonnage de couleurs détonne. Le soliste quant à lui présente des qualités indéniables de chant, avec un usage léger de la pédale, même si son jeu peut s’avérer parfois un peu mécanique. Toutefois, il fait face sans difficulté à l’orchestre. Et sa cadence dans le premier mouvement, Allegro molto moderato est en tout point remarquable. On goûte également à toute sa sensibilité dans l’Adagio, qui est empreint d’émotion, notamment grâce au sublime vibrato des cordes. Les couleurs arrivent enfin dans le final, notamment avec une sublime petite harmonie. Une rafraichissante agitation s’empare de chaque pupitre et la retenue qu’on pouvait entendre auparavant appartient au passé. La pulsation imprimée par le chef enfin, est véritablement irrésistible tant on la ressent avec acuité.

Après l’entracte, place maintenant au gros morceau et retour au XXème siècle. La 5ème Symphonie de Chostakovitch est l’une de ses œuvres la plus populaire. Composée en 1937 suite au scandale de son opéra Lady MacBeth, il s’agit de l’œuvre de la réhabilitation. Après avoir rangé sa 4ème Symphonie trop novatrice au tiroir, il s’assigne comme première mission de plaire au pouvoir soviétique. De forme classique, en quatre mouvements, la 5ème est d’une grande force émotionnelle, et finit sur une note glorieuse, totalement en phase avec le réalisme socialiste cher à Jdanov. Toutefois, en lisant entre les lignes, les choses ne sont pas forcément si claires que cela, le compositeur parlant lui-même d’allégresse forcée. Tous ces éléments de contexte semblent être dans l’esprit de Klaus Mäkelä lorsqu’il s’attaque à ce mastodonte. Dès les premiers instants du I noté Moderato, on ressent un grand sens des équilibres de la part du chef, un phrasé délicat, une bonne respiration dans le rythme et enfin, une ambiance sinistre comme le réclame cette musique. Le pupitre de cordes est d’une grande expressivité et la petite harmonie de l’Orchestre de Paris est, comme d’habitude, exquise. L’architecture de l’ensemble est bien rendue et le niveau de détail entendu est impressionnant, notamment dans la précision des enchaînements. Mais cette précision n’empêche en aucun cas la démesure, comme par exemple lorsque les cuivres toussent de façon très sèche. Le scherzo qui suit est d’une vigueur époustouflante. Le chef, violoncelliste de formation, prend beaucoup de soin avec ce pupitre placé juste à sa droite. Les attaques sont toujours lancées à point nommé, les percussions sont généreuses. Enfin les solistes brillent, notamment Philippe Aïche au violon, Vicens Prats à la flûte, Giorgio Mandolesi au basson, sans oublier Amrei Liebold au contrebasson qui double parfaitement son collègue. Enfin, moment de grâce que ce passage en pizzicati, où le temps est suspendu dans cet Allegretto plaisantin. Mais il n’est plus du tout question de plaisanterie dans le Largo en III. Beaucoup de pathos et de force émotionnelle dans ce passage joué par les fonds de pupitres des cordes. Un crescendo exemplaire construit patiemment par le chef où l’on prend le temps de ressentir chaque vibration, et faire monter l’émotion. Des nuances pianissimos inouïes où l’on exploite à fond le potentiel de cette merveilleuse grande salle à l’acoustique tellement grandiose. Une réussite totale et pas le temps d’applaudir vu que l’Allegro final est lancé attacca ! La jeunesse du chef a du bon. Il n’a pas peur de déchaîner l’orchestre. Le son est d’une violence rare et les décibels montent, montent… Une tension de tous les instants règne et pourtant, tout cela est maîtrisé. Les interventions des cuivres ne débordent pas, les tuttis restent d’une clarté exemplaire. Enfin, le tempo choisi est excellent et permet de ne pas tomber dans la farce avec cette note la répétée à de très nombreuses reprises. Et pourtant, on sent que cette allégresse est feinte tant justement, le chef en met. Toutefois, des années après la chute de l’URSS, on peut écouter cette musique sereinement, pour le plaisir. Impossible de s’assoupir un seul instant tant cette symphonie est extraordinaire, et a été honnorée de la plus belle manière.

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » Klaus Mäkelä a prouvé à quel point Corneille avait vu juste. De merveilleux début dans la capitale française pour ce chef à suivre. Définitivement !
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