Autour de la musique classique

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 Emma Kirkby

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Titon_du_Tillet
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Titon_du_Tillet

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MessageSujet: Emma Kirkby   Emma Kirkby EmptyVen 23 Aoû 2019 - 17:44

J'ai été étonné de ne pas trouver sur le forum de fil consacré à Emma Kirkby.
N'hésitez pas à me dire si j'a créé un doublon mais j'ai vérifié dans l'index et dans l'outil de recherche.

Elle a longtemps figuré dans les enregistrements de Christopher Hogwood, à la grande époque de l'Oiseau-Lyre.
Je la trouve bouleversante de présence dans le requiem de Mozart qui fut mon tout premier disque de musique classique, à 13 ans (certes, bien des choses ont discutables dans cette version que je continue à trouver très belle...)...

Emma Kirkby 51wzb710

Elle est aussi merveilleuse dans ces chansons de Purcell :

Emma Kirkby 640x6410

Après, il y a d'autres choses parfois émouvantes comme ce disque de Dowland, qui a par ailleurs beaucoup de faiblesses (problèmes de justesse, notamment...)

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MessageSujet: Re: Emma Kirkby   Emma Kirkby EmptyDim 25 Aoû 2019 - 8:26

J'ai aussi été fan de Emma, question de génération (comme James Bowman), je l'écoute moins aujourd'hui mais je l'apprécie toujours autant.
Elle a fait partie des voix solistes qui sont apparues avec le renouveau des "baroqueux".
Voix non immense, mais cristalline, très agile, extrêmement bien placée, immédiatement reconnaissable et pour moi émouvante, donc tous les ingrédients pour en faire une star discographique. Je l'ai entendue une fois en vrai avec J. Bowman dans le Stabat Mater de Pergolèse, ce n'était déjà plus les années les plus fraîches mais la magie opérait encore pour elle et déjà un peu moins pour lui.
Autres repères que ceux donnés par Titon :
. Le Messie de Haendel avec Hogwood, même si elle n'est "que" Soprano 2, on lui a confié les passages les plus virtuoses.
. Le Stabat Mater de Pergolèse avec Hogwood (voir plus haut, l'enregistrement date de quelques années avant le concert live auquel j'avais assisté).
. Les airs de Mozart avec Hogwood encore : enregistrement un peu sec qui fait perdre du moelleux à la voix d'Emma, mais pour les inconditionnels, ce qu'elle fait dans ce répertoire est assez captivant.
Il faut citer encore :
. L'Exultate, Jubilate de Mozart avec Hogwood toujours et
. La cantate BMV 51 de Bach avec Gardiner.
Pour moi 2 très grandes réussites captées dans ses grandes années mais pour certains autres, des enregistrements sujets à controverse sur l'adéquation de la voix au répertoire.
Dans l'Exultate, les comparaisons avec de grandes voix célèbres, comme celle de Stich-Randall (avec Maurice André à la trompette!), sont nombreuses. Plusieurs versions peuvent coexister et Emma Kirkby apporte ici une légèreté bienvenue. Elle n'ajoute pas la note aiguë finale (non écrite je pense).
Gardiner l'accompagne dans la cantate de Bach également célèbre mais ce sera une de leurs rares coopérations au disque. Gardiner choisissait habituellement des voix plus denses, au timbre plus corsé, mais pas moins individuelles. Un bon exemple est la superbe soprano Margaret Marshall, l'anti-thèse d'Emma en quelque sorte, tout aussi émouvante et virtuose : je ne trouve pourtant pas son enregistrement du Messie avec Gardiner inoubliable mais elle est à entendre dans les enregistrements de Vivaldi par Negri en soliste, duo ou dans les ensembles, elle y est extraordinaire (effaçant au passage la jeune Felicity Lott, deuxième soprano, qui pourtant fera une toute autre carrière dans le monde opératique alors que Marshall ne convaincra pas vraiment à Salzburg dans Cosi).

Enfin pour en revenir à ma chère Emma, j'ai gardé pour la fin deux petits joyaux irrésistibles où elle est à son meilleur, à découvrir absolument :
. L'air The Morning de Thomas Arne où elle montre toute l'étendue de son talent, adéquation au style, timbre émouvant, aigus lumineux, souffle intarissable... passage trop court mais inoubliable!
. La cantate RV 630 de Vivaldi : dommage qu'elle n'ait pas tant enregistré d’œuvres de lui car l'Alleluia final en particulier est un vrai feu d'artifice vocal. Un récital avec des airs de ce style dans ses meilleurs années aurait pu avoir avant l'heure, autant de succès que celui de Cecilia Bartoli bien après!
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Francesco
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MessageSujet: Re: Emma Kirkby   Emma Kirkby EmptyDim 25 Aoû 2019 - 9:34

Pour l'Exultate, la pochette précise qu'il s'agit d'une version spécifique, je ne sais plus laquelle. L'absence du contre-ut vient peut-être de là.
J'avais été assez déçu (j'adore Kirkby) à la première écoute de ce disque (manquant de charme et de rondeur) mais finalement j'y reviens souvent. C'est en fait très beau, avec cette lumière si caractéristique et ce soutien sans faille mais presque audible, "musclé" qui donne l'impression d'une grande précision et d'une intonation un peu magique tout à la fois.
Le récital "hommage à Madame Arne" est absolument splendide. J'avais écrit ça dans le temps (http://levidamedechartres.over-blog.com/article-29460469.html) :


" - L’ouverture d’Alessandro Severo (un autre pastiche) d’Haendel
- "Welcome Mars", extrait de Britannia, de Lampe
- "Pretty warblers" extrait de Didone du même
- Une danse "Hornpipe" (matelote ?) pour orchestre d’Haendel (HWV 33)
- "Rise, glory, rise" extrait de Rosamunde d’Arne
- Grand air de Dalinda : "Ingrato Polinesso …. Neghittosi or voi che fate ?"
- Deux airs de Morgana : "Credete al mio dolore” et “Tornami a vaghergiar"
- Une Marche d’Haendel (HWV 345)
- Un air de la soprano solo d’Alexander’s Feast : "War, he sung, is toil and trouble"
- L’air de soprano "Sweet bird" extrait de la première partie de L’Allegro, il penseroso ed il Moderato
- L’air de Merab "Capricious man" dans Saul
- Deux airs pour la nymphe Sabina du maque Comus d’Arne : "The rishy-fringed bank" et "Thrice upon thy finger’s typ"
- "Where the bee sucks the lurk I" composé pour une représentation de La Tempête de Shakespeare par Arne et destiné à Ariel.
 
Selon le livret Young et Arne se produisaient souvent ensemble  en alternant pièces orchestrales et solo pour la soprano, d’où les insertions de l’ouverture, de la marche et de la danse dans le disque. C’est en suivant le détail de ces récitals que "Sweet bird" extrait d’une œuvre jamais chantée intégralement par Cecilia Young, est interprétée par Kirkby. Elle a, au contraire, interprété sur scène toutes les autres œuvres (et elle a créé la plupart) à l’exception d’Ariel. L’air confié à ce dernier, qui connait un succès rapide, a parfaitement pu, cependant, être intégré dans un concert de la soprano, d’autant qu’il date de 1740, soit bien avant la longue, mais pas définitive, séparation des deux époux. Une interrogation cependant : la seule source que j’ai pu trouver à propos de Camus indique que Cecilia Young aurait créé « The Lady » anonyme. La pochette du disque indique que les airs choisis sont ceux de Sabina, la nymphe. Je ferai confiance au disque, puisque je soupçonne « The Lady » d’être un personnage parlé, dans la logique qui prévaut au masque. Pour finir on notera, et on sera reconnaissant de le noter, que la chanteuse, plutôt que de démultiplier les airs de Dalinda et de Morgana (et il y a de la matière) a préféré se consacrer au répertoire de langue anglaise, ce qui  la sert évidemment. Non pas que l’italien soit mauvais, sa précision est d’ailleurs sans faille, mais enfin il manque un peu de liquidité.

Quelles qu’en soient les raisons, l’écoute du programme en continu, qui s’achève sur l’écoute du ravissant "Where te bee sucks the lurk" (ce qui est susceptible d’user la plage "repeat" de votre chaine) provoque un enchantement qui valide sa construction et finalement tout le projet. Et si les Haendel ont évidement un brillant et un fini difficilement comparables, les Lampe et les Arne s’écoutent avec jubilation, ce qui est après tout leur fonction, et ne le cèdent pas en beautés mélodiques à leur illustre voisin.
Grâce soit rendue à Christopher Hogwood pour la rigueur de sa construction et son absence totale de pause. La voix de Kirkby étant, par essence plus que par esprit, une voix languide, l’accompagnement vigoureux contraste avec bonheur et offre un autre pôle de gravité à la musique, sans prendre le pas sur le chant. Dans "Rise Glory Rise" par exemple, périlleux exercice pour chacun, l’accord est idéal entre la voix raisonnablement exposée et l’orchestre qui se veut martial. Kirkby peut respirer et sans se perdre comme un instrument de plus, ce qui n’est pas le propos ici, participe pleinement du mouvement de la pièce. La réussite est éclatante, mais la même rigueur est observée scrupuleusement  pendant tout le disque, ce que, (pour prendre un exemple musical aux antipodes du premier) les variations de couleurs orchestrales parfaitement accordées au timbre de la chanteuse que l’on entend dans "Sweet Bird"  viennent encore confirmer.


Parler d’Emma Kirkby n’est pas un exercice facile. Quand le Time publia un classement, selon des  critiques dits éclairés, des sopranos les plus remarquables de l’après-guerre, sa place parmi les 20 chanteuses retenues suscita de nombreux froncements de sourcils. Une telle chose aurait-elle été possible en dehors de l’Angleterre, d’ailleurs ?  S’agit-il d’ailleurs bien d’une "cantatrice" ? D’une chanteuse "lyrique" ? Un peu de sérieux … quelqu’un dont les disques les plus renommés sont des songs accompagnées au luth ne peut être qu’un épigone de Nella Anfuso et consœurs … Certes. Avec cette vision des choses, ce refus de la tradition anglaise, Alfred Deller est à peine également un chanteur. Et si Kathleen Ferrier est dédouanée par ses Malher, ses Orphée et des bouquets de lieder, il n’en reste pas moins que toute sa culture et musicalité la poussait non seulement vers Bach et les oratorios Haendel mais aussi vers des Purcell inconnus, des chansons anglaises, traditionnelles ou non.
Kirkby ne s’inscrit pas dans une tradition spécifiquement ou uniquement baroque, mais elle est finalement d’obédience bien britannique (ses enregistrements d’Amy Beach tendent à confirmer cette hypothèse). Il y a un peu d’Isobel Baillie chez elle, une Baillie, presque casse-cou, qui aurait appris à vocaliser. Finalement cette volonté de préserver la confidentialité de la voix et sa clarté, qui repose il est vrai sur un timbre de voix lui-même immaculée, à défaut d’être brillant, est commune aux deux chanteuses. La réserve qui se dégage de l’ensemble est d’ailleurs assez proche : la voix s’offre, mais la chanteuse ne se livre pas. Les quelques lignes du récitatif de Dalinda la montre attentive au sens du mot et à leur pulsation, autant qu’à leur modelé, mais les lignes suspendues des airs trouve parfois la voix comme corsetée, peu perméable au drame. C’est uniquement le texte et le sens qu’elle y donne qui rendent cette vocalité expressive et c’est pour cela que Kirkby n’est elle-même qu’en anglais : la manière dont elle dit "merrily" dans l’air d’Ariel permet de faire sourire une interprétation, ce que la voix elle-même n'offre pas. De même l’intention qu’elle met dans la manière de prononcer son premier "Capricious" dans l’air de Saul suffit à nous peindre Merab. Sans que la voix elle-même serve à en donner l’aigreur ou la colère. Encore un moyen de se préserver sans doute, et de préserver sa probité musicale. Cela lui permet également de faire de la musique, coute que coute. Ainsi la chanteuse n’est sans doute pas, faute d’expansivité, une voix virtuose. Pourtant les ornementations dans le "da cappo" de "Tornami a vaghergiar" sont parfaitement assumées et incorporées dans le dessin de l’air. De même qu’elle tient l’illusion globale de la pureté du son qu’elle estime indispensable à ce répertoire et ce alors que la voix passe par de brusques moments d’opacités naturelles dès que le bas medium est sollicité. L’impression de fraicheur caractéristique du timbre est donc bien une volonté qui doit demander un travail et une prudence considérables. Probité et prudence ? Rien qui annonce une écoute passionnante. C’est donc dire, puisque je l’ai établi immédiatement, l’intelligence de l’interprète (et du chef) qui arrive, avec ces seules armes, à rendre cette promenade dans le temps plus et mieux que charmante : féérique. Il ne s’agit pas d’une puissance sexuée et terrienne, mais d’un enchantement shakespearien (le Shakespeare du Songe d’une nuit d’été, pas celui de Macbeth) ni agressif, ni inoffensif. Simplement en dehors des valeurs établies.
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MessageSujet: Re: Emma Kirkby   Emma Kirkby EmptyDim 25 Aoû 2019 - 9:38

Ma dernière découverte la concernant : La Résurrection d'Haendel où elle chante la partie de l'Ange avec des transparences et des couleurs de vitraux. L'entrée est vraiment spectaculaire, à la hauteur de l'air délectable qui lui est offert. Le contraste entre l'immaculée de la voix et sa tenue quasi agressive opère davantage que ne l'ont font les qualités de mon autre référence pour cet air célèbre, Bartoli (récital d'airs d'oratorios romains) pourtant superbe, italienne, chaleureuse … mais beaucoup moins mystérieuse.
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MessageSujet: Re: Emma Kirkby   Emma Kirkby EmptyDim 25 Aoû 2019 - 10:18

Merci Francesco. Je partage ton avis pour la Résurrection mais moins pour le récital hommage à Mme Arne.
C'est dû en partie à la qualité technique de l'enregistrement : l'Oiseau Lyre en a fait des superbes en analogique mais le passage au DDD au début des années 80 n'a pas été concluant de suite et ce récital ainsi que celui consacré aux airs de Mozart en souffre particulièrement : son sec manquant d'aération, faisant perdre souplesse et chaleur aux interprètes.
Dans le détail, les airs d'Alcina ne peuvent se comparer à ceux de l'intégrale historique avec Joan Sutherland publiée en CD à peu près dans les mêmes années. On aimera ou pas la Stupenda mais ses moyens sont tout autres pour ce grand opéra ou alors il faut considérer les interprétations par Kirkby comme des airs de concert.
De même le Sweet bird est léger et ne reste pas gravé dans ma mémoire comme la version d'Elizabeth Schwarzkopf : un style d'une autre époque mais une voix lumineuse culminant sur un final à donner des frissons!
L'Exultate Jubilate souffre moins de la comparaison.
Les autres airs du récital d'Emma sont intéressants dans une écoute globale mais pour elle seule, il y a des pépites disséminées ailleurs dans sa discographie.
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