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 [PP] Israël PO/Zubin Mehta - Berlioz, Schubert, Beethoven

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tomseche89
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tomseche89

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MessageSujet: [PP] Israël PO/Zubin Mehta - Berlioz, Schubert, Beethoven    [PP] Israël PO/Zubin Mehta - Berlioz, Schubert, Beethoven  EmptyJeu 12 Sep 2019 - 8:58

Un petit mot, tout de même, sur les deux concerts du Philharmonique d'Israël et Zubin Mehta qui ont ouvert en début de semaine le défilé les formations internationales à la Philharmonie. Il y avait du monde, même si ce n'était pas rempli à ras bord, surement en raison des tarifs exorbitants, parmi les plus chers de la saison.

Lundi 9 septembre
Partos : Concertino pour cordes
Haydn : Symphonie concertante
Berlioz : Symphonie fantastique

Mardi 10 septembre
Schubert : Symphonie n°3
Ravel : La Valse
Beethoven : Symphonie n°6 « Pastorale »

J'y allais sans grande attente, ma seule expérience avec Mehta n'avait pas été une franche réussite (Schubert 8 et Beethoven 6 à Besançon avec le Maggio Musicale de Florence, concert de routine absolue avec un orchestre très moyen) et les captations Youtube de l'IPO sont assez catastrophiques au niveau du son.

Heureuse surprise donc : ce furent deux concerts de très belle facture, avec un orchestre de très haut niveau : beaucoup de grain chez les cordes (quelles contrebasses !), du velouté dans la petite harmonie (la clarinette dans le 1er mouvement de la 3e de Schubert ! la flûte dans la Symphonie Fantastique !), des cuivres solides et glorieux mais pas toutes voiles dehors, qui se fondent dans l'orchestre (les appels de cors dans le 3e mouvement de la Pastorale). Bref, un mélange assez étonnant, qui m'a fait pensé à un orchestre d'Europe centrale, type Gewandhaus Leipzig.

Mehta est maintenant bien diminué pour marcher, il s'aide d'une canne et dirige assis. Mais le geste est toujours très sûr, très clair, toujours assez large, ce qui nécessite un orchestre de haute volée pour assurer une synchronisation parfaite entre les pupitres (avec le Maggio Musicale, ce n'était vraiment pas ça !). Paradoxalement, il a offert beaucoup de beautés dans sa direction, ne surjouant jamais, mais du coup, ce côté tranquille, paisible, "traditionnel", sans vision particulière, fait que l'on ne ressort pas totalement exalté. Mais ce n'était pas du tout lisse non plus, contrairement à ce que peut parfois proposer Muti par exemple !

Le concert du lundi : on passera assez vite sur le Concertino pour cordes d'Ödön Partos, un ancien altiste de l'orchestre (oeuvre qui n'était pas au programme officiel, d'ailleurs la communication entre l'orchestre et la salle n'a pas été simple car le lendemain, c'est la Pathétique qui sautait au profit de la Pastorale et de la Valse !), assez stravinskien mais sans grand intérêt, et sur la Concernante d'Haydn, idéalement incarnée par les solistes de l'orchestre mais dirigée de manière trop large et aimable par Mehta pour vraiment intéresser. Cela dit on percevait déjà les grandes qualités de cet orchestre, confirmées dans une très belle Fantastique, lente, sans aucun effet. Ca s'illustre par un Bal de toute beauté, splendide, non dénué de nostalgie et d'inquiétude, et qui restera toujours très mesuré, sans emballement. Les nuages qu'on entendra tout au long de la symphonie sont incarnés par des contrebasses d'anthologie, que Mehta fait gronder sur le bout de l'archet avant un orage presque pétrifiant dans le 3e mouvement (somptueux timbaliers, tout en subtilité, jamais écrasants). Fanfares éclatantes dans le IV avant un dernier mouvement peut être un peu trop sonore et carré, manquant d'élan.
Une exceptionnelle et roborative "Unter Donner und Blintz" de Strauss II en bis, jouée avec enthousiasme, élégance et ce qu'il faut de pétillant, juste parfaite. Première standing ovation !

Le concert du mardi : lui aussi se terminera par une salle entièrement debout, après un nouveau bis confondant de maîtrise de style viennois, l'ouverture du Fledermaus, que je regrette pas d'avoir attendu aussi longtemps pour l'entendre en salle jouée à ce niveau ! Auparavant, une délicieuse 3e de Schubert, mesurée, un peu espiègle (le velouté de clarinette solo dans le 1er mouvement suffisait à vous donner le sourire jusqu'au lendemain !) et merveilleusement équilibrée. Avant l'entracte, la plus belle Valse de Ravel jamais entendue en concert, avec des contrebasses là encore grondantes dès le début, un tempo lent où Mehta nous emmène dans les entrailles de cette fausse allégresse, les couleurs plutot sombres de l'orchestre se marient idéalement avec la partition, avant le cataclysme final, qui ne prendra jamais la forme d'un tourbillon.
La Pastorale laissera une impression plus mitigée, devant l'avalanche de versions exceptionnelles qu'on a déjà en tête. Pourtant le niveau de cohésion de l'orchestre est supérieur à celui de la veille dans la Fantastique, tous les pupitres sont à la fête (hautbois, flûte, clarinettes encore exceptionnels de volupté, mais aussi simplicité et de modestie dans chacune de leurs interventions). Mais on s'ennuie un peu dans la Scène au bord du ruisseau, l'Assemblée de paysans reste un peu sérieuse et l'orage n'est pas très impressionnant ! C'est clairement la volonté de Mehta, avec des timbaliers assez discrets, les accords ne sont pas cinglants, et ça colle à ce qu'il fait depuis le début de l'oeuvre. Le retour au calme dans le dernier mouvement conviendra beaucoup mieux, du coup, à sa direction, avec une fin qui m'a même beaucoup ému, où il prend tout son temps pour conclure dans la plus belle sérénité.

Emouvant aussi de le voir saluer avec beaucoup de modestie, sans cabotinage, c'est assez rare qu'un chef me donne une impression de bonté ! Le premier soir, alors qu'il venait d'en terminer avec son dernier salut, il s'est rendu compte qu'il avait oublié de saluer l'arrière-scène et a fait marche arrière pour le faire ! Ses musiciens lui ont fait un triomphe les deux soirs, et la salle aussi.
Comme il quitte cet orchestre cette année, j'espère le revoir comme chef invité, pourquoi pas avec l'Orchestre de Paris : il avait donné une très solide 1ère de Brahms il y a deux ou trois saisons, et il avait trouvé la salle fantastique.
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DavidLeMarrec
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DavidLeMarrec

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MessageSujet: Re: [PP] Israël PO/Zubin Mehta - Berlioz, Schubert, Beethoven    [PP] Israël PO/Zubin Mehta - Berlioz, Schubert, Beethoven  EmptyJeu 12 Sep 2019 - 13:32

Oui, c'était très tradi mais ça restait élégant, jamais mou ni pesant. Pas du tout mon genre (Schubert en souffrait un peu, Beethoven s'en tirait très bien), mais ça avait beaucoup de charme avec ces beaux solos (le basson extrêmement nasillard, la clarinette ronde et très puissante). Je ne suis pas sûr qu'on puisse en tirer de conclusions néanmoins, considérant le nombre de supplémentaires dans les premières chaises (le premier contrebassiste solo est en fait le soliste de la Comunitat Valenciana, la hautboïste n'était pas titulaire non plus…).

Le meilleur était le bis de mardi (je n'y étais pas lundi), l'Ouverture de Fledermaus, virtuose et finement dosée.
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