Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
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 Stockhausen

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Alex
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 12:50

Ce monsieur devait tout de même être d'importance, ils n'arrêtent pas d'en causer sur France musique Laughing
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antrav
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 12:51

Oui, le disparition de Ligeti m'a semblée plus discrète sur les ondes radiophoniques et dans les autres medias.
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arsen6203
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 13:47

Stockhausen était Allemand pas Ligeti. Stockhausen était donc plus respectable que Ligeti Wink .

Bon trève de plaisanterie. Stockhausen me semble quand même être quelqu'un de très important dans le domaine de la musique contemporaine et je ne pense pas qu'il est fait plus de mal (au contraire) que tous les compositeurs qui comme lui ont jeté un coup de pied dans la fourmilière. C'est nécessaire pour réveiller les endormis...
Par rapport à Ligeti son parcours me semble plus erratique et si je préfère de façon générale la musique de Ligeti, je ne dénigrerai jamais Stockhausen. Je me rappellerai toujours l'effet qu'a eu sur moi l'écoute de Sternklang et je rève d'un jour pouvoir l'écouter dans les conditions réelles en me balladant dans un parc. Et je suis un inconditionnel de Stimmung.
Crying or Very sad
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Bezout
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 14:01

C'est vrai que Stockhausen a fait la une de toute la presse pendant le week end ! Qu'est ce que ça va être quand ce sera au tour de Boulez !
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Capri
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 19:53

Citation :
Bon trève de plaisanterie. Stockhausen me semble quand même être quelqu'un de très important dans le domaine de la musique contemporaine et je ne pense pas qu'il est fait plus de mal (au contraire) que tous les compositeurs qui comme lui ont jeté un coup de pied dans la fourmilière. C'est nécessaire pour réveiller les endormis...

Parfaitement... n'en déplaise aux conformistes...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 20:07

C'est vrai que ce forum est rempli de dangereux consommateurs de classiques favoris vus-à-la-télé allant de Mozart à Mozart. hehe
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Capri
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 20:14

Tu te sens visé? pété de rire

Non je vise plutôt l'auteur de cette citation.

Citation :
C'est quand même fou de se préoccuper tant de quelqu'un qui a fait plus de mal à la musique qu'il ne lui a apporté. Lui et sa "mafia", bien évidement...

C'est extrêmement grave d'avoir ce genre de position publiquement. Assimiler les compositeurs de musique contemporaine à une mafia Rolling Eyes Rolling Eyes Non mais franchement...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 20:22

YuHirà a écrit:
Tu te sens visé? pété de rire
Je m'étais trompé de fil, je croyais qu'on était chez Pierre Henry. Laughing

En général, je ne rebondis pas sur les nécrologies, ça m'agace. Du coup il va falloir que je dise un mot sur Sto. Sa plus belle oeuvre est, peut-être même avant Gruppen, son entrevue accordée à Libération. Smile


Citation :
C'est extrêmement grave d'avoir ce genre de position publiquement.
Quelqu'un d'autre a dit que sa plus grande oeuvre était son grand saut, ce qui me paraissait plus déplaisant.

Grave, non, ça ne l'est pas. Ensuite, si tu me demandes ce que j'en pense, je ne trouve pas ce propos visionnaire en effet. Smile
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Alex
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 21:07

DavidLeMarrec a écrit:
En général, je ne rebondis pas sur les nécrologies, ça m'agace. Du coup il va falloir que je dise un mot sur Sto. Sa plus belle oeuvre est, peut-être même avant Gruppen, son entrevue accordée à Libération. Smile

Dans le genre nécro tu fais très fort.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 10 Déc 2007 - 21:52

Alex a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
En général, je ne rebondis pas sur les nécrologies, ça m'agace. Du coup il va falloir que je dise un mot sur Sto. Sa plus belle oeuvre est, peut-être même avant Gruppen, son entrevue accordée à Libération. Smile

Dans le genre nécro tu fais très fort.
J'avais prévenu que je n'étais pas doué.

Je ne sais pas si tu l'avais lue, mais c'était un moment de bonheur.

(Et j'ai bien dit peut-être.)
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Musculator!
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 11 Déc 2007 - 3:26

Pour ta gouverne, c'est Ligeti lui même qui à parlé de mafia au sujet de Stockhausen - Boulez - Pousseur - Maderna.
L'expression n'est pas de moi.
Il y a d'ailleurs un présupposé assez drôle dans ce que tu viens de dire.
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Pousskine
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 11 Déc 2007 - 13:26

C'est pas plus une mafia que Wagner et les Wagnériens Laughing
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Xavier
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 11 Déc 2007 - 13:27

Tu veux parler des mozartiens plutôt? Laughing
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Pousskine
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 11 Déc 2007 - 13:31

Xavier a écrit:
Tu veux parler des mozartiens plutôt? Laughing

Les mozartiens sont plutot une confrérie assez sympathique

mais les Wagnériens donnent l'impression de vouloir dominer le monde Evil or Very Mad Mr. Green
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 28 Juil 2009 - 12:46

Je viens de voir un dvd sur le Quatuor Hélicopter. Petite présentation:
Il s'agit d'un quatuor où les quatres instrumentistes sont placés chacun dans un hélicoptère. Pour se repérer et pour jouer ensemble, ils ont chacun un casque qui leur donne le rythme. Ainsi, Stockhausen affirme fièrement que son quatuor dure exactement un peu plus de 18 minutes (il donne le nombre très exact de secondes mais je ne m'en souviens plus).
La méthode de composition est très particulière. Il compose à la base pour 4 voix, puis relie les notes des quatres voix différentes les unes aux autres par un système de barres colorées, entre chaque ligne voir en sautant des lignes. Chaque instrument a sa barre colorée, et ainsi a ce qu'il doit jouer.
Ce quatuor est la résultante des rêves de Stockhausen, qui rêve souvent qu'il vole dans les airs.

Stockhausen donne une grande importance à la contextualisation, le fait que le quatuor volent dans les airs a pour lui une importance capitale, puisqu'ils sont séparés les uns des autres. Il parle même de salle de concert où le plafond s'ouvrirait pour que l'on puisse voir les quatre hélicopters et donc le quatuor.

Mon point de vue: pas inintéressant, mais je ne crois pas à l'importance du contexte en musique. Stockhausen en fait une composante majeure ici. Anecdotique dans l'ensemble.

Sinon, je viens de voir un DVD sur l'ensemble intercontemporain. Déjà sur la pochette, il n'y a rien marqué d'autre que c'est pour les 30 ans d'anniversaire. Sûrement qu'il n'y avait rien à y mettre: sur le dvd: trois film: un de 4 minutes, un de 10 minutes et un dernier de moins d'1 minute. J'ai bien rigolé dans le 2ème film, qui montre une répétition: sur la partition d'un Cor, il y a marqué "Chant d'oiseau". Le corniste demande ce qu'il doit jouer ("je dois siffler?" Laughing ), et il faut voir la tête de la compositrice, qui a littéralement bugué, incapable de lui répondre quoi que ce soit. Grand moment de flottement, et la chef d'orchestre finit par lancer "eh bien imitez le chant d'un oiseau" pété de rire
A part ça hehe , ce dvd est nul. Le troisième film c'est une séance photo de l'ensemble contemporain! On a juste droit à quelque bout de répétitions et à un quart de réprésentation... Heureusement que dans le menu il est précisé que les films sont en version longue...
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Octavian
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 28 Juil 2009 - 12:57

Wolfgang a écrit:
Il s'agit d'un quatuor où les quatres instrumentistes sont placés chacun dans un hélicoptère.
Question subsidiaire: indépendamment des conditions de jeu que tu as décrites pour les musiciens, comment entend-on la musique? avec le bruit de l'hélicoptère qui doit allègrement couvrir tout ça... sans parler de la distance d'un (éventuel, je suppose) public...
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jerome
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 28 Juil 2009 - 13:07

[je déplace pour éviter le HS]


Dernière édition par jerome le Mar 28 Juil 2009 - 13:09, édité 1 fois
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 28 Juil 2009 - 13:08

Les musiciens sont enregistrés dans les hélicos, et ensuite on voit Stockhausen qui gère la balance entre le volume des hélicoptères et le quatuor. Mais on entend très bien le quatuor en tout cas sur l'enregistrement.

Après en public, je pense qu'il pensait mettre des hauts parleurs dans la salle. Mais avec le bruit des hélicoptère, il faudrait un énorme volume sonore. Reste à la limite la solution de jouer en plein air, avec les hélicoptères assez éloignés. Ce n'est clairement pas adapté au spectacle.
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Mehdi Okr
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 28 Juil 2009 - 14:19

Moins bruyant que les hélicos, je conseille de György Ligeti son Poème Symphonique pour 100 Métronomes, accessible sur Youtube.
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 28 Juil 2009 - 15:21

machinade a écrit:
Moins bruyant que les hélicos, je conseille de György Ligeti son Poème Symphonique pour 100 Métronomes, accessible sur Youtube.

Mouais, c'est quand même très différent (autant du point de vue de l'ambition, du but recherché et du résultat).
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HOLLIGER
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 22 Fév 2010 - 18:18

j'aime bien stockhausen et notamment cet helikopter quartett que je ne connais pour l'instant qu'en cd.
une anecdote croustillante : mon père avait offert lecd à nôel au beau père de mon frère, fan de classique mais seulement jusqu'au 19eme ;
mon père avait fait exprès pour rigoler.
la propre mère dudit beau-père(vous suivez? Laughing ), présente, fût totalement déboussolée : c'est une bourgeoise assez barge dans le style madame de fontenay Mr. Green ;
elle tenait mon père en haute estime, comme quelqu'un de sensé, bien éduqué etc.. Mr. Green
et là..patatra!! Very Happy
comment quelqu'un de si bien élevé pouvait-il offrir de la musique si barbare, si scandaleuse! je voyais son pauvre cerveau s'agiter, balancer entre un mépris naturel-mais qui ne pouvait pas sortir- et tout le respect accumulé par mon père depuis de nombreuses années ; les bons points cumulés en prenaient un sacré coup mais lui permettaient de faire de la résistance malgré ce coup de poignard!
c'était plus que délicieux!! Very Happy Cool bedo
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 4 Mar 2012 - 22:07

808 a écrit:
tiens par curiosité comment tu trouves "mantra" ? (et quelle version as-tu écoutée ?)

Celle-ci :

L’œuvre est vraiment très riche en miniatures et en couleurs.

On ne fait pas spécialement bien le lien entre les différents épisodes (mais je n'ai pas non plus approfondie l’œuvre) si ce n'est pas une certaine unité d'ambiance, pas de coupures trash.
Il y a de belles couleurs donc, de généreux hédonismes ; et plus globalement de petits trésors de miniatures à recueillir aux détours de petites surprises, comme des bulles qui éclatent ou matière tressé.

C'est globalement (et parfois trop) sage, on aime aussi le Stockhausen plus grandiloquent et énervé ; mais l'ensemble s'écoute très facilement, avec une poésie immédiate, peut-être trop monochrome sur les bords car trop polissé.
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Siegmund
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 4 Mar 2012 - 22:50

Reportage sur le Monsieur ce soir à 1h15 sur Arte, il devrait être disponible en rediffusion sur Arte+7 les 7 jours suivants.
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Jeu 21 Fév 2013 - 23:16

Xavier a écrit:
Laurent- a écrit:
Connais-tu Trans de Stockhausen ?
C'est son oeuvre qui a généralement le plus fort impact sur le public.

Je ne crois pas l'avoir écoutée, ça ne me dit rien.
Mais j'imagine que c'est un truc qui passe mal au disque et qu'il faut écouter en salle...

(@Xavier : ) Essaie, de Sto, Harmonien (/watch?v=Qy1h0MTJBoE — c'est une vidéo d'un concert dans une église), c'est très coloré, très beau, pas du tout agressif (et assez loin de son bordel mégalomaniaque habituel Mr. Green ), cela pourrait te plaire (au moins un peu) ; ou encore Amour, elle aussi plutôt gentille et colorée (/watch?v=XBa71tWwovY). Wink
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JM
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 6 Oct 2013 - 16:16

Je sais pas si certains de vous y étaient mais hier à Paris, sur le Pont-Neuf, il y avait une retransmission en direct du Quatuor à Cordes pour Hélicoptères de ce frappé de Stockhausen. Composé en 1995, il fait partie de la troisième scène de la journée du Mercredi, l'un des 7 opéras du grand cycle cosmogonique Licht. Comme toute les scènes de l'opéra, l’œuvre peut être présentée de manière totalement indépendante. Le cycle, d'une grande complexité technique, n'a d'ailleurs jamais était monté en intégralité, et même les interprétations live de ce quatuor, sont très rares puisque l'on en dénombre seulement 5. Il faut dire que la particularité de cette pièce, interprétée ici par la jeune formation anglaise "Elysian Quartet", c'est que les musiciens ne sont pas tranquillement installés sur scène face au public, mais jouent séparément à bord d'une cabine d'hélicoptère en plein vol, pendant prés d'une demi-heure. Ici donc, c'était au-dessus des toits de Paris.

Conçue comme une vaste sculpture sonore, l'Helikopter-StreichQuartett, reflète les préoccupations spirituelles et la vision cosmique du compositeur : le désir de s’élever. Sur le papier, on pourrait croire à une blague de potache de ce farceur de Karlheinz, mais à voir en direct, la performance se révèle finalement assez fascinante et on comprend toute la portée de l’œuvre, qui dépasse finalement le strict point de vu musical, en explorant de manière inventive, les possibilités nouvelles des techniques du multimédia.

A cause de problèmes de retransmissions vidéos, il y'a eu quelques ratés techniques. Embarquer des caméras sur 4 hélicos en plein vol, et retransmettre l'image en direct sur un écran, doit représenter un défi technique assez redoutable ! Au départ, d'ailleurs, on voyait absolument rien sur l'écran qui était placé sur le Pont-Neuf ; et de tant à autre, l'image et le son se détérioraient ; mais puisque la musique était dans l'ensemble complètement cacophonique ça n'a pas était tellement gênant et ça c'est finalement pas mal passé. D'ailleurs la foule, assez massive ne venait pas là pour entendre de la musique contemporaine. Autrement, on aurait était qu'une dizaine sur le Pont. Ce qu'on voulait voir c'était les hélicos, déboulonnés dans Paris, au-dessus du Pont-Neuf, comme on nous l'avait promis. On les a d'ailleurs bien vu arrivés, fièrement en file indiennes, dans le ciel nuageux de Paris, un peu comme dans Apocalypse Now. Sauf qu'ici, à la place de la Chevauché des Walkyries et de ses amples envolées vocales, on a eu droit à un magma sonore absolument infernal pendant prés de 35 minutes ; mais bon on est plus au XIXème siècle, et il faut bien vivre avec son temps. On attend évidemment la suite de l'opéra avec impatience, en espérant que l'intégralité du cycle soit un jour représenté.

On pouvait voir la retransmission en direct sur Web Arte, par contre il semble que le différé ne soit pas encore disponible sur leur site.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mer 16 Juil 2014 - 15:23

Lucien va me tuer, mais comme il ne se passe jamais rien dans ce fil, pour une fois qu'on parle de Sto. En plus, ça évitera de refaire le débat sur le sens et l'usage de ses citations et de sa personnalité.


arnaud bellemontagne a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
lucien a écrit:
Stockhausen, Mantra.  Kontarsky/Kontarsky


Malheureux !  C'est la dernière fois que tu écoutes de la musique. affraid

Ah oui elle est culte cette interview de Sto.  bedo

----

Beethoven:Grande Fugue (Plaisirs du Quatuor du 6 juillet dernier)

Je commence à accrocher vraiment! Smile

Quel taré ce Beethoven  hehe

Pipus a écrit:
arnaud bellemontagne a écrit:
Ah oui elle est culte cette interview de Sto.  bedo

De quelle interview parles-tu Arnaud, ça m'interpelle Very Happy

Je doute que ce soit celle-ci : http://www.ina.fr/video/CAF97084532 . Pour autant elle mérite d'être regardée, ne serait-ce que pour les réponses embarrassées des instrumentistes aux questions volontairement taquines : Comprenez-vous cette musique, arrivez-vous à jouer toutes les notes, pourquoi le public applaudit-il...  hehe

DavidLeMarrec a écrit:
Pipus a écrit:
arnaud bellemontagne a écrit:
Ah oui elle est culte cette interview de Sto.  bedo

De quelle interview parles-tu Arnaud, ça m'interpelle Very Happy

Je doute que ce soit celle-ci : http://www.ina.fr/video/CAF97084532 . Pour autant elle mérite d'être regardée, ne serait-ce que pour les réponses embarrassées des instrumentistes aux questions volontairement taquines : Comprenez-vous cette musique, arrivez-vous à jouer toutes les notes, pourquoi le public applaudit-il...  hehe

J'ai avais reproduit les bonnes feuilles ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2006/05/26/245-stockhausen-attitude . Je suis en train de chercher l'original.

calbo a écrit:
David tu es fatigué hehe . Entre la chaleur et le lait-cassis frelaté tu écris n'importe quoi : que veut dire "J'ai avais" siffle ?

ovni231 a écrit:
pété de rire  pété de rire  pété de rire !!!

DavidLeMarrec a écrit:
calbo a écrit:
David tu es fatigué hehe . Entre la chaleur et le lait-cassis frelaté tu écris n'importe quoi : que veut dire "J'ai avais" siffle ?

Oui, pardon, faute de frappe, je voulais écrire « j'an avais », bien sûr.

J'ai retrouvé l'article original, toujours en ligne.

www.liberation.fr/culture/2004/09/22/stockhausen-denote_493327

… et Google révèle qu'on en avait même parlé sur ce forum, il y a près de… dix ans.

http://classik.forumactif.com/t449p320-pierre-boulez-vs-pendu?highlight=boulez

Pipus a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
J'ai avais reproduit les bonnes feuilles ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2006/05/26/245-stockhausen-attitude . Je suis en train de chercher l'original.

Merci d'avoir retrouvé cette interview, c'est effectivement à lire  Laughing

lucien a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Malheureux !  C'est la dernière fois que tu écoutes de la musique. affraid
sérieusement, tu trouves ça drôle ou intelligent ?

DavidLeMarrec a écrit:
lucien a écrit:
sérieusement, tu trouves ça drôle ou intelligent ?

Sto est toujours les deux, non ?  En tout cas, drôle, sans le moindre doute. cheers

lucien a écrit:
prendre au premier degré une phrase un peu trop prétentieuse et pouvoir en rire pendant dix ans, c’est formidable, oui.

DavidLeMarrec a écrit:
Si c'était une phrase sortie de son contexte, je veux bien (d'ailleurs j'ai mainte fois dit combien je réprouvais le mauvais procès qu'on lui avait fait à propos du 11/09 – et ce, même s'il est évident que Sirius est au fondement du complot), mais là, ça parachève la logique de décennies de compositions et de déclarations. cheers

Ça fait partie du jeu (qui a beaucoup fait pour sa célébrité, ce n'était pas non plus un perdreau de l'année), et je ne crois pas que tu verras tellement de perfidie dans les commentaires qui en ont été faits — on se contente de prendre le bonheur que Sto nous donne. Ce qui le rend sans nul doute plus important dans nos vies que si on s'était contenté d'écouter sa musique. Very Happy

lucien a écrit:
mais bien sûr que c’est une phrase sortie de son contexte...
est-ce si indécent de dire qu’on a besoin de silence après une écoute ?

...

et sinon, on peut parler de musique ?

DavidLeMarrec a écrit:
lucien a écrit:
mais bien sûr que c’est une phrase sortie de son contexte...
est-ce si indécent de dire qu’on a besoin de silence après une écoute ?

C'est quand même plus subtil que ça. Sur le fond, d'ailleurs, je suis d'accord avec lui sur l'absurdité du couplage, la question de la densité du concert… Mais la formulation est quand même hilarante — ce n'est pas qu'une déclaration, il s'est carrément retiré des célébrations parce qu'il considérait que personne n'était capable de lui rendre justice.
Donc hors du contexte, non, faut pas pousser.


Citation :
et sinon, on peut parler de musique ?

Tu ne peux pas à la fois me tancer vertement et m'accuser de m'éloigner du sujet quand je te réponds, n'exagère pas, tout de même. Smile

lucien a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
C'est quand même plus subtil que ça. Sur le fond, d'ailleurs, je suis d'accord avec lui sur l'absurdité du couplage, la question de la densité du concert… Mais la formulation est quand même hilarante — ce n'est pas qu'une déclaration, il s'est carrément retiré des célébrations parce qu'il considérait que personne n'était capable de lui rendre justice.
Donc hors du contexte, non, faut pas pousser.
mais là on est d’accord, évidemment...
on ne peut plus jamais écouter de musique après lol mdr, c’est un peu différent. Rolling Eyes

DavidLeMarrec a écrit:
Tu ne peux pas à la fois me tancer vertement et m'accuser de m'éloigner du sujet quand je te réponds, n'exagère pas, tout de même. Smile
oui enfin, ce n’est pas moi qui ait fait allusion à cet épisode, il me semble...
mais c’était plus général : il n’y a pas moyen de parler autrement de Sto qu’en parlant du personnage... c’est un peu la même choses que Wagner et ses nazis... sauf que c’est encore plus généralisé. Confused

DavidLeMarrec a écrit:
lucien a écrit:
on ne peut plus jamais écouter de musique après lol mdr, c’est un peu différent. Rolling Eyes

C'est de l'humour, ce qui passe par la connivence, sous forme de raccourci, voire de caricature… Exactement comme lorsqu'on réduit les goûts de Mélomaniac à Elgar. On peut ne pas trouver ça drôle, bien sûr, mais on ne peut pas vraiment dire que Sto ait droit à un traitement différent des autres, en l'occurrence.

On le fait tout le temps, on a même fait des pendus dans le fil Boulez… je ne vois pas ce que ça a de particulièrement neuf. C'est dans un fil-poubelle d'un forum, je n'écrirais pas ça si j'avais le Une de Diapason. (Où, là, je trouverais peut-être même ça malhonnête, parce que réducteur à défaut d'être tellement à côté de la réalité.)


Citation :
oui enfin, ce n’est pas moi qui ait fait allusion à cet épisode, il me semble...
mais c’était plus général : il n’y a pas moyen de parler autrement de Sto qu’en parlant du personnage... c’est un peu la même choses que Wagner et ses nazis... sauf que c’est encore plus généralisé. Confused

Sto fait une musique largement inécoutable (pour le commun des mortels, voire pour tout le monde dans certains cas particuliers), et doit largement sa célébrité à ses discours faits de fantaisie très sérieuse et d'auto-glorification fumeuse.

C'est une grosse partie de sa célébrité, il ne serait pas autant joué s'il n'y avait pas l'appareil critique autour.

À partir du moment où on est un personnage public et qu'on fait des déclarations volontairement provocatrices, on est forcément l'objet de quelques sarcasmes, ça fait partie du jeu.

En plus, ce n'est pas comme s'il avait été dit que c'est un imposteur. Sa façon se s'exprimer est juste hilarante – et, même si j'aime certaines de ses œuvres, il est infiniment plus marquant pour moi comme humain bizarre ou humoriste irrésitible qu'en tant que compositeur.

Je vois bien ce que tu veux dire, toujours les mêmes gimmicks, mais ça ne me paraît pas vraiment énorme comme truc. Et assez différent de Wagner ou Strauss (qu'on accuse de choses autrement plus graves, et qu'ils ne sont pas).

(Lis ce qui se dit sur les musiciens à la mode, ou sur les chanteurs d'opéra…)
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Sam 16 Mai 2015 - 9:42

formidable article de Manoury : http://www.philippemanoury.com/?p=382 ou http://brahms.ircam.fr/documents/document/20045/
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Ven 16 Oct 2015 - 15:55

J’ai envie de parler un peu de quelques œuvres, mais avant ça je propose un semblant de division en périodes, pour donner des repères. Smile

jusqu’à 1951
En 1971, son style devenant moins radical, Stockhausen éprouva un regain d’intérêt pour ses œuvres de jeunesse et publia quatre œuvres écrites entre 1950 et 1951, c’est-à-dire avant son arrivée à Darmstadt. Ce sont désormais les seules œuvres d’avant Kreuzspiel qui font partie de son catalogue officiel. Bien que dodécaphoniques, on y sent nettement une influence germanique d’entre-deux-guerres (genre Hartmann).

1951–1952 : Punkte
De Kreuzspiel à la première version de Punkte (jamais jouée), c’est la période de la série généralisé (suite à l’étude de Messiaen). Ces œuvres sont ainsi constituées de points isolés, et c’est exactement d’où vient le terme de musique pointilliste (ou ponctuelle). Je ne sais pas trop s’il faut rattacher les quatre premiers Klavierstücke à cette période ; probablement pas, mais leur caractère très radical les place un peu à part.

1953–1959 : Gruppen
Non plus des points isolés mais des groupes. La musique de Stockhausen devient moins fragmentée, les notes se regroupent pour former des lignes perceptibles. En particulier on va trouver des sons principaux autour desquels gravitent des sons secondaires (des notes d’agrément, si on veut), comme déjà dans le cinquième Klavierstück. Kontra-Punkte, transition parfaite, manifeste au sein même de l’œuvre cette évolution. Cette œuvre porte le numéro 1 dans le catalogue (les œuvres précédentes étant désignées par des fractions).

1959–1969 : Momentform, etc.
Plusieurs choses en fait ici, mais qui se superposent et coïncident dans de nombreuses œuvres. D’abord la « Momentform », à partir de Kontakt et surtout de Momente. C’est un tournant esthétique considérable. Stockhausen abandonne en quelque sorte la complexité millimétriques des détails et les transformations de matériaux pour une conception plus globale où des « moments » caractérisés qui se succèdent et s’interrompent sur de longues durées. Ensuite, la musique aléatoire et la musique intuitive (ce qui n’est pas la même chose). Citons par exemple d’un côté Klavierstück XI et Stimmung ou Aus den sieben Tage de l’autre. Enfin, tout ceci et d’autres choses s’appliquent à la musique électronique, qui reçoit un développement important à partir de cette période.

1970–1977 : Formel
À partir de Mantra, tout s’organise autour de la formule. La formule est une mélodie dont chaque note a une personnalité et d’où va dériver toute l’œuvre, y compris sa macrostructure. Comme c’est davantage un thème qu’une série, elle va recevoir des développements thématiques relativement traditionnels. On trouve une sorte de naïveté et de simplicité dans ces œuvres, dans lesquelles la composante mélodique est très importante.

1977–2003 : Licht
Stockhausen s’engage dans un projet mystico-transcendantal, un cycle de sept opéras. Chaque opéra est constitué d’œuvres hétéroclites dérivant toutes d’une unique « superformule ». Avec beaucoup de synthétiseurs. Beaucoup de ces œuvres existent dans des versions de concert, souvent plus courtes, parfois sans les voix, ou avec des instrumentations plus traditionnelles (Der Jahreslauf est très bien dans sa version indépendante, par exemple).

après 2003 : Klang
Stockhausen s’embarque dans un nouveau cycle, Klang, qui devait comporter 24 œuvres, une pour chaque heure du jour (21 ont été écrites). Elles sont de natures fort différentes, mais on note une majorité d’œuvre pour solistes. Il y a un certain esprit minimaliste dans ces pièces (certaines sont très longues), c’est assez étonnant.
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 18 Oct 2015 - 15:26

Kontra-Punkte (Nr. 1, 1952–53)

Écrit pour dix instruments appariés par timbres en six groupes : flute et basson, clarinette et clarinette basse, trompette et trombone, piano (deux mains), harpe (deux mains), violon et violoncelle. L’œuvre dure une dizaine de minutes.
Kontra-Punkte c’est-à-dire contrepoints et contre points. En effet, comme je l’ai dit, cette œuvre, qui porte le numéro 1 dans le catalogue, marque un dépassement de la technique des points (Punkte), à savoir le pointillisme du sérialisme intégral. Plus précisément, elle illustre ce déplacement structurel en elle-même, c’est-à-dire que partant du pointillisme des toute premières mesures elle opère une lente transformation vers autre chose. Elle a ainsi la particularité de présenter, bien que très complexe du point de vue des techniques de composition, une ligne de progression simple et évidente d’un état à un autre, ces deux états étant radicalement opposés.
Tout se passe dans une sorte de temps immobile dans la mesure où la pièce est construite toute entière comme un seul son : le dernier accord prolonge celui, identique, des premières mesures, et entre les deux tout se répond dans un développement sphérique où chaque chose est à la fois identique et différente, ce que la musique sérielle fait à merveille (cf. Adorno : « (…) l’identité dans la non-identité est le principe vital [de toute musique]. Cette dialectique est poussée à l’extrême dans la musique sérielle. Aucune répétition n’y est permise, et tout y est répétition. »). Notons que cet accord contient les mêmes intervalles que l’accord de Prométhée, mais descendants et avec rotation d’un degré (remarque inutile, mais je voulais le dire Mr. Green). Cependant cet état déjà fascinant en soi connait une transformation interne, qui va de Punkte à Gruppen et de l’ensemble complet au piano seul qui va absorber peu à peu les autres instruments en accumulant les éléments abandonnés par ceux-ci.
Kontra-Punkte commence avec des points, et cela est maintenu durant sept mesures. Le timbre change à chaque note, c’est-à-dire que chaque instrument joue une seule note, et chaque note a une hauteur, une durée et une dynamique bien distincte. Rapidement les notes vont se regrouper par deux ou trois (d’abord la flute, puis la clarinette, puis le trombone, etc. — notez à ce moment le jeu d’unisson entre le basson, la clarinette et le piano), puis en plus grand nombre (petit duo flute/clarinette à 00’40, etc.), puis ces lignes vont se superposer (voilà les contrepoints). Au fur et à mesure de la pièce les points sont de moins en moins fréquents et sont remplacés par des mélismes, des suites d’accords, des mélodies, etc. La fragmentation laisse donc place à une écriture plus continue, plus motivique aussi — et également de plus en plus intense et expressive.
Si l’éventail de durées des notes est très large au début de la pièce, elles vont progressivement se neutraliser vers la double-croche, avec peu de variations. De la même façon, les dynamiques très éclatées au début convergent vers un pp généralisé. Ces transformations contribuent bien entendu à rendre l’écriture plus continue. Enfin, comme je l’ai annoncé, les timbres subissent la même évolution, puisque les instruments se retirent l’un après l’autre pour ne laisser place qu’au seul piano qui termine la pièce sur un solo. Ils tombent dans cet ordre : trompette (très tôt), trombone, basson, violon, clarinette basse, harpe, clarinette, violoncelle, flute. Avant de disparaitre, chaque instrument prend dans un dernier sursaut une forme très distinctive, comme par exemple la cadenza du trombone ou de la harpe, le duo violon/violoncelle avant le départ du premier, etc., et enfin le flatterzunge de la flute. Au début, le piano a un rôle parmi d’autre, faisant entendre de temps en temps une ou plusieurs notes, et il va progressivement prendre le dessus. Il explose à 1’45 (cette explosion annonce la fin de l’œuvre quand le piano est seul avec la flute). À partir de 8’50, il est vraiment au centre de l’attention, les autres instruments restants se contentant de quelques accents par-dessus lui. Il repasse un peu au second plan pendant la cadenza de la harpe, puis reprend le dessus jusqu’à la fin de l’œuvre.
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Ven 29 Jan 2016 - 11:46

Harmonien (Nr. 85, 2006)
Schönheit (Nr. 86, 2006)
Balance (Nr. 87, 2007)
Glück (Nr. 88, 2007)
Hoffnung (Nr. 89, 2007)
Glanz (Nr. 90, 2007)
Treue (Nr. 91, 2007)
Erwachen (Nr. 92, 2007)


lucien a écrit:
     

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter tout, mais je mets les quatre cds pour la cohérence. Cycle dans le cycle, ces huit œuvres de Stockhausen (1928) constituent les “heures” 5 à 12 du cycle inachevé Klang, et ont été écrites entre 2006 et 2007. La première est Harmonien, purement mélodique, et existe en trois versions : clarinette basse, flute et enfin trompette. À partir de ces trois versions, il a réalisé un trio, Schönheit. Les six autres pièces sont des réarrangements et adaptations de Schönheit pour des trios de natures diverses (Glanz est un septuor, un peu à part donc, mais avec trois instruments principaux). Dans ces œuvres culmine tout le génie mélodique dont est capable Stockhausen ; ces lignes d’un lyrisme presque étouffant se rencontrent prodigieusement avec une forte sensualité sonore. Comme dans d’autres œuvres de Klang, il y a quelque chose de très minimaliste, et dans l’esprit cela rappelle Nono... ou l’expression même de la sérénité. Dans chaque œuvre on trouve à un moment ou un autre une invocation divine prononcée à l’unisson et en lien avec le titre. On peut se rappeler que le compositeur, qui à une époque allait tous les jours à la messe avant de se rendre au studio de musique électronique de la WDR, avait conclut la partition de Gruppen par les mots : « Deo Gratias ».

J’ai enfin pu tout écouter dans une qualité acceptable ; c’est peu dire que j’adore.
Sur les trois pièces solistes (les trois Harmonien), je suis moins convaincu par la version trompette (Marco Blaauw), mais les versions flute et clarinette basse (Kathinka Pasveer et Suzanne Stephens — deux émérites de la musique de Stockhausen) sont juste magnifiques et parfaites. C’est une pièce assez simple ; en fait, on a : des mélodies plutôt lentes (et très belles), des trilles, et des petites figures rapides et répétées. Pour vous faire une idée, on peut écouter ici la version clarinette basse (Fie Schouten cette fois) : /watch?v=Qy1h0MTJBoE  (ça fonctionne si bien dans une église !)
Les sept trios composés à partir d’Harmonien sont davantage des versions différentes d’une même œuvre que des œuvres différentes, puisqu’on a grosso modo la même chose mais pas dans le même ordre, et surtout par des instruments différents. On peut alors écouter l’une ou l’autre selon l’envie du moment. Personnellement c’est Balance que je préfère (flute, cor anglais, clarinette basse). Chaque trio dure environ une demi-heure.
Comme je l’ai dit plus haut, c’est tout le génie mélodique de Stockhausen qui s’exprime ici. C’est langage très particulier, propre au compositeur (à part certains Braxton ?). La simplicité et les répétitions donnent un côté minimaliste comme je l’ai dit également. Il y a des passages ou la tonalité s’impose avec une telle insolence, mais en conservant le sentiment d’étrangeté... étrangeté et familiarité, voilà ce qui caractérise ces œuvres. Ce que je ressens, c’est à la fois une libération de la tonalité et de l’atonalité... cette musique est tout simplement ailleurs... C’est quelque chose qui peut surprendre quand on n’a entendu que les Klavierstücke par exemple, mais ce qu’on entend dans ce cycle est très caractéristique de Stockhausen — le sens mélodique, notamment —, très reconnaissable de ce qu’il faisait depuis 1970... et, entre 2006 et 2007, une forme d’aboutissement.


Dernière édition par lulu le Mar 14 Aoû 2018 - 0:02, édité 3 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 31 Jan 2016 - 16:13

Je n'ai pas tout écouté non plus (et dans d'autres versions que celle-ci, la Roundhouse de Londres ayant commis un happening en les jouant dans la durée), mais après Freude (deux harpes), Balance (flûte, cor anglais et clarinette basse) et Hoffnung (trio à cordes), je dois dire que j'aime énormément. Comme Gruppen, sans que je puisse rien identifier, les motifs s'enchaînent avec naturel, comme si je percevais intuitivement la structure sous-jacente.

Bizarrement, ça sonne très tonal (alors que ça ne l'est décidément pas), et très consonant, je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi.

C'est un peu le problème avec Sto : au disque, on trouve plus facilement les expérimentations rigolotes mais vaines (pourquoi toutes ces versions d'Aus den sieben Tagen, pourquoi le quatuor aux hélicos en tête de gondole dans les libraries musicales ?) que les œuvres les plus agréables à fréquenter (Klavierstücke exceptés, mais c'est déjà plus difficile d'accès).
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 31 Jan 2016 - 19:23

Gruppen (Nr. 6, 1955–57)

1. Gruppen est écrit entre 1955 et 1957 suite à une commande de la WDR. L’œuvre, qui dure une vingtaine de minutes, est fameuse pour employer trois orchestres placés à gauche, devant et à droite du public et trois chefs battant la mesure à des tempos différents. Elle est créée en 1958 par l’orchestre symphonique de la WDR sous la direction de Stockhausen, Maderna et Boulez. En plus de cette version (à ma connaissance seulement en vinyle), on trouve au moins six autres versions discographiques, notamment Stockhausen/Maderna/Gielen (DG puis Stockhausen-Verlag), Goldmann/Abbado/Creed (DG) et Tamayo/Eötvös/Mercier (BMC).
Si l’œuvre n’emploie pas l’électronique comme le prévoyait la commande, elle utilise en fait les techniques développées par Stockhausen pour l’électronique dans les années précédentes, et en exagérant un peu on pourrait dire qu’elle est composée comme une œuvre électronique. C’est notamment pour cette raison qu’elle exige trois chefs, un seul ne pouvant diriger à trois tempos en même temps (ce qui ne poserait pas de difficultés avec des bandes magnétiques).
Plus généralement, Gruppen est l’aboutissement des recherches menées par Stockhausen dans les années 50, et pose déjà plusieurs fondements importants pour sa musique ultérieure.

2. Gruppen est sans doute l’œuvre la plus célèbre du compositeur. Cependant, si on veut dépasser l’aspect « explosion sonore », c’est une œuvre très complexe, et je me demande s’il ne serait pas plus judicieux de commencer par Kontra-Punkte, dont j’ai parlé un peu plus haut, et qui permet de bien comprendre la notions de “groupes” (par opposition à “points”), centrale dans Gruppen. Le sens du “groupe” acquiert d’ailleurs une dimension supérieure avec Gruppen : ce n’est plus seulement une suite de notes qui “tiennent ensemble”, mais une mini-section de l’œuvre ayant une certaine unité et pouvant faire appel à tout l’orchestre. La structure de Gruppen fait ainsi se suivre (et se superposer !) 174 groupes. Pour ne pas confondre ces unités de la technique des groupes, j’appellerai désormais les premières simplement G. Quand je dis que Kontra-Punkte est plus simple, c’est dans ce sens. On pourrait dire finalement que le développement lui-même dans Kontra-Punkte est un “point”, une seule identité qui a ses caractéristiques propres (du point vers le groupe, de l’ensemble vers le piano, etc.). À cela Gruppen substitue quelque chose de beaucoup plus complexe où des choses différentes se succèdent, une sorte de constellation où tout part un peu dans tous les sens.
En fait, il y a trois styles différents dans Gruppen. Il est possible que les groupes soient majoritaires, mais on trouve également des points (isolés ou comme accents) et enfin une troisième catégorie, celle du “collectif”, où la musique est tellement dense qu’on perçoit davantage des masses que des notes.

3. Du point de vue technique, le matériau de départ est une série de douze sons classique, mais qui a la particularité de contenir les onze intervalles (de la seconde mineure à la septième majeure). Pour la petite histoire, notons que c’est Fritz Heinrich Klein, un précurseur du dodécaphonisme sériel, qui avait utilisé pour la première fois une série de ce type en 1921. La série de Klein (dite Mutterakkord) — qui a la particularité de faire apparaitre des quintes et des quartes justes si on prend les notes une sur deux — avait été ensuite reprise par Berg pour la Suite lyrique.
Mais ce n’est pas tout. L’ambition de Stockhausen avec cette œuvre est de porter l’organisation sérielle au niveau de la macrostructure de l’œuvre. Cela est fait de façon intuitive, presque naïve. La série est réarrangée onze fois, et il ajoute une note finale, pour un total de 145 sons. À partir de ces 145 sons Stockhausen détermine les caractéristiques des 145 G, notamment le tempo et la durée de chacun, et cela d’une telle manière que les G doivent se superposer — c’est ici qu’interviennent les trois orchestres. Par exemple : les trois orchestres (I, II, III) commencent le temps d’une mesure G9, et ensuite I le poursuit seul. Pendant ce temps, II passe directement à G10 ; après un silence, III commence G11. Tandis que III est toujours sur G11, II passe à G12 ; un peu plus tard III passe à une variante de G12 à un tempo différent (I est toujours sur G9), etc., etc. Comme chaque G a un tempo différent (il y a 13 tempos au total, de 60 à 120 la noire, soit une échelle chromatique de tempo), vous imaginez le bordel.

4. Comme d’habitude, Stockhausen applique les structures qu’il a élaborées de façon libre et intuitive. De plus, il va recourir à des “inserts” (Einschub), une technique qu’il emploiera dans beaucoup d’œuvres ultérieures (jusque les plus récentes). Si l’utilisation de trois orchestres est dictée par une contrainte formelle comme je viens de l’expliquer, Stockhausen a alors l’idée de les disposer autour du public et d’exploiter cette spatialisation de façon plus démonstrative et plus libre (hors de la structure sérielle) dans ces passages ajoutés, qui gonflent le nombre de G à 174 — après avoir ajouté d’autres petites choses, notamment un grand accelerando sur les G7 et G8 ).
De la même façon, alors que l’orchestration devait également dériver de la série de départ (et cela doit encore être le cas au moins partiellement), Stockhausen se mit a dessiner les formes des montagnes qu’il voyait de sa résidence dans les Grisons. Ces dessins, qu’il appelle étrangement “spectres”, sont à la base de l’orchestration (complexe) d’au moins certains G. C’est une manière très curieuse de faire poindre la fantaisie au cœur de la machinerie formelle… mais c’est aussi quelque chose qui caractérise bien l’esprit de Stockhausen. « L’édification théorique a ici valeur d’excitation plutôt que de fondation, tout comme le haschich de Baudelaire » (Manoury).

5. Manoury va plus loin : « Ici nous touchons à un trait curieux de sa personnalité. Je le formulerai sans ambages : les présupposés théoriques (très nombreux chez lui) qu’il construit en vue de l’écriture de ses partitions, s’avèrent très souvent faux et sans grandes conséquences sur la perception de sa musique. Mais il est un fait que ces approximations théoriques le conduisent à produire des œuvres d’une force esthétique extraordinaire. » Et en effet on voit bien le problème de ces élaborations théoriques. Comment percevoir tous ces changements de tempo (à la précision métronomique) quand la pulsation est sans cesse contournée et quand le contenu est presque toujours d’une complexité polyrythmique démesurée ? Peut-être que ce n’est pas le plus important ; peut-être que ce n’est qu’un tremplin pour la créativité.
Et ce n’est que la cuisine personnelle du compositeur, du reste ; « il n’est pas nécessaire de connaitre l’astrophysique pour contempler les étoiles » dira-t-il plus tard à propos de Mantra. Le plus frappant pour l’auditeur, c’est davantage, en plus de la spatialisation, un développement éclaté qui progresse par impulsions. Je pense que Stockhausen partage avec Ligeti le don de produire des discours au fort potentiel de compréhension intuitive à partir des structures les plus arbitraires. Comme vient encore de le dire David, on perçoit toute sorte de choses dans cette œuvre, et tout semble s’enchainer naturellement.

6. Cela n’empêche pas d’en dire quelques mots. Je prends comme référence la version Abbado chez Deutsche Grammophon. Pour s’orienter, je conseillerais de s’appuyer d’une part sur les fameux inserts, d’autre part sur les solos (un truc classique chez Sto). Les motifs, tout ça, c’est intuitif, je n’ai pas tellement envie de passer mon temps là-dessus (il y en a au moins un qui est évident). Donc :

0’00
Beaucoup de choses ici. Cela commence par un accord, puis cela part dans tous les sens en restant faible. Ce qui attire mon attention sont ces minis solos de violons avortés qui signent souvent des changements d’atmosphère. Après des sections atmosphériques, on a deux explosions (autour de 1’30 et de 2’00) où c’est l’écriture de masse qui prend le dessus, avec entre les deux une section avec des (gros) points. Puis on retombe vers des choses plus calme.

2’51  EINSCHUB 1
Les mini solos préfiguraient le véritable solo de violon qui arrive ici. Il est soutenu par des percussions et des cordes. Puis cela s’amplifie à tout l’orchestre, avec des jeux de spatialisation, et mène à une cadence du premier orchestre (avec des accents des autres orchestres), puis tout cela retombe et on revient au violon.

4’41
Là encore, il se passe beaucoup de choses, mais j’attire simplement l’attention sur le début très pointilliste (qui évolue ensuite vers autre chose) et sur le solo de guitare au centre, qu’on entend du reste un peu partout dans cette partie.

8’35  EINSCHUB 2
Après des trémolos de cordes, cette partie s’ouvre sur un solo de percussion qui joue sur la spatialisation et qui devient rapidement un duo percussion et contrebasse. Puis d’autres duos : harpe et contrebasse, vibraphone et harpe, métaux et guitare. Puis solo de guitare qui se termine par l’entrée en crescendo des percussions. Puis une sorte de duo trio à vents et percussion. Et tout ça se termine en fanfare sur une cacophonie de percussion !

10’39
Cette fois c’est le piano qui est central. Il est accompagné de diverses manières par les cuivres et les percussions, qui tendent à l’écraser.

13’17  EINSCHUB 3
Le plus démonstratif du point de vue de la spatialisation avec notamment un passage ou les cuivres glissent d’un orchestre à l’autre. Ce sont ici des affrontements entre les cuivres des trois orchestres, puis les percussions, puis les deux ensemble. Le piano se joint à la partie et a même droit à un solo au milieu de ces explosions.

16’56
On assiste d’abord au départ de cette coalition cuivres-percussion-piano. Bon après, c’est un peu comme d’habitude, il se passe plein de choses de tous les côtés, je n’entre pas dans le détail. L’œuvre se termine sur un grand diminuendo, très visuel sur la partition : les portées du système disparaissent les unes après les autres jusqu’à la mention Deo Gratias que j’évoquais dans un autre message.
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 1 Fév 2016 - 18:32

DavidLeMarrec a écrit:
mais après Freude (deux harpes),

ah oui, Freude (deuxième heure de KLANG) c’est très bien aussi, même si je préfère le cycle Harmonien (heures 5 à 12).
le reste, bah... Himmels-Tür (4), moui, pourquoi pas.
Natürliche Dauern (3), plus de deux heures de piano, vraiment très minimaliste, je ne suis pas parvenu à aller au bout.
je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter Himmelfahrt (1), mais le synthé me fait peur... et la version avec orgue, il faut encore la trouver.
le reste, c’est Cosmic Pulses (13), qui pâtit à mon avis de techniques électroniques largement dépassées, et puis huit œuvres pour soliste et électronique (14 à 21) que je n’ai pas écoutées, mais je crains la même chose.
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 1 Fév 2016 - 20:54

Der Jahreslauf (Nr. 47½, 1977)

Une œuvre fondatrice mais loin d’être la plus célèbre. 47½ car je veux parler ici de la version de concert, indépendante de Licht (Jahreslauf, sans l’article, Nr. 47, est le premier acte de Dienstag aus Licht). Cela permet d’éviter les voix et les synthés d’un gout douteux. C’est une de mes œuvres préférées de Stockhausen, qui m’a beaucoup marqué quand je l’ai découverte.
L’œuvre est à l’origine écrite pour orchestre Gagaku, mais il s’agit ici de la version européenne, éditée sur le cd nº29. L’effectif n’en est pas moins original : trois harmoniums, trois piccolos et enclume, trois saxophones sopranos et bongo, guitare, clavecin et grosse caisse.
1977 est une date très importante dans l’évolution de la musique de Stockhausen. C’est en 1977 qu’il se rend au Japon où il étudie la musique traditionnelle, qui marquera très nettement l’esthétique de Licht. C’est ainsi que pour composer Der Jahreslauf, point de départ de Licht, il s’inspire abondamment des modes et gammes de la musique traditionnelle japonaise, de la façon dont ces sons se combinent, ainsi que des glissandos microtonals ornementaux.
Les différents instruments sont très caractérisés. Les harmoniums servent essentiellement de fond harmonique en tournant autour d’un réservoir limité d’accords. Piccolos et enclume font le plus souvent des choses comme ça :

Comme les sons des trois ne tombent pas en même temps, cela donne quelque chose de très particulier. Les saxophones et bongo sont souvent sur ce registre :

Quant au clavecin, à la guitare et grosse caisse, ils font des choses plus classiques, avec une pulsation très marquée ; par exemple :


Le tout produit des sonorités très particulières, largement modales, et une atmosphère rituelle. Pour la structure de l’œuvre, on a un type de schéma très fréquent chez Stockhausen, à savoir une alternance de tutti, duos, solos, etc. En plus de ça, il y a une entrée cérémonielle avec des cloches, et durant l’œuvre, divers ajouts concrets appelés Versuchung et Anfeuerung (certains sont très rigolos) censés inviter les musiciens à continuer à jouer.

/watch?v=aAqXlOiVf5g
(je ne suis pour rien dans le choix des images. hehe)
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 2 Fév 2016 - 12:10

lucien a écrit:
le reste, c’est Cosmic Pulses (13), qui pâtit à mon avis de techniques électroniques largement dépassées, et puis huit œuvres pour soliste et électronique (14 à 21) que je n’ai pas écoutées, mais je crains la même chose.

je viens de voir que la partie électronique de ces huit œuvres, c’est en fait chaque fois 3 couches de Cosmic Pulses (sur 24 au total), donc ça a peu de chances de me plaire davantage.
les noms de ces œuvres sont issus de l’Urantia Book... tout un programme. hehe
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 9 Fév 2016 - 21:17

2 semaines sur Stockhausen dans l'emission d'un air entendu:

http://www.rts.ch/espace-2/programmes/d-un-air-entendu/7420574-d-un-air-entendu-du-01-02-2016.html
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mer 2 Mar 2016 - 17:35

In Freundschaft (Nr. 46, 1977...)

Dans le même genre que le cycle Harmonien, et parce que les pièces solistes font partie de ce que Stockhausen a fait de mieux : In Freundschaft. À l’origine écrite, comme Harmonien 30 ans plus tard, pour la clarinette de Suzanne Stephens en 1977, probablement la plus grande année chez Stockhausen, l’œuvre a ensuite été adaptée pour à peu près tous les instruments de l’orchestre traditionnel (toujours soliste), pour la plupart avant 1984, avec une quinzaine de versions au total. Je connaissais la version pour clarinette depuis un certains temps — un fameux cd de Suzanne Stephens chez Deutsche Grammophone avec In Freundschaft, Traum-Formel et Amour (dont les titres des pièces semblent être l’œuvre de Messiaen, c’est amusant) —, mais je suis en train d’écouter les autres, et c’est magnifique. Assez curieusement, je suis particulièrement emporté par les versions pour cordes (violon, alto, violoncelle, contrebasse).

On peut trouver une discographie par instrument ici : https://en.wikipedia.org/wiki/In_Freundschaft#Discography
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mer 2 Mar 2016 - 22:44

pour revenir à Der Jahreslauf (donc pour rester de 1977), je viens de découvrir que le solo de piccolo existe en version indépendante. I love you
j’ai trouvé cet enregistrement sur le tuyau : /watch?v=EeV7Tb-v_b4
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mer 2 Mar 2016 - 23:09

Ah, et tant que j’y pense, 1977, c’est aussi Jubiläum (Nr. 45), une curieuse pièce pour orchestre de 15 minutes environ, que Knussen a fait ressortir de l’ombre il y a quelques années. C’est construit par superposition de plusieurs niveaux, mais ce qui frappe surtout sont des fonds harmoniques et une énorme mélodie qui écrase tout, très caractéristique du Sto de la “formule”. L’œuvre a un côté très fastueux, à mille lieues de ce qu’on imagine de Sto quand on n’y connait pas grand-chose je pense... et pourtant...
/watch?v=t1zwMXQE_YE
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 20 Mar 2016 - 11:54

lucien a écrit:
je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter Himmelfahrt (1), mais le synthé me fait peur... et la version avec orgue, il faut encore la trouver.

en fait on trouve un enregistrement avec orgue sur youtube ! Very Happy
/watch?v=GhUPRjiZNcU
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 20 Mar 2016 - 12:29

Tierkreis (Nr. 41½, 1974...)

Juste quelques mots sur cette œuvre qui est sans doute la plus “facile” de Stockhausen, pas forcément non plus la plus profonde, mais bon. C’est probablement son œuvre la plus populaire, et en tout cas la plus enregistrée (l’article Wikipédia anglophone recense 40 versions discographiques différentes). La pièce correspondant au signe actuel est même jouée tous les jours par le carillon de l’hôtel de ville de Cologne depuis 2009. Ce sont douze petites pièces pour les douze signes du Zodiac, très mélodiques, simples et naïves, enfantines, avec vraiment beaucoup de (poly)tonalité/modalité (plus encore que d’habitude). Une musique “de boite à musique”, composée à l’origine pour Musik im Bauch (créée par les Percussions de Strasbourg), puis publiée séparément. Au départ la partition est écrite pour “instrument mélodique et/ou instrument à accords”, ce qui fait qu’on peut trouver des versions très diverses, du piano seul aux associations les plus insolites. Puis l’œuvre a connu plusieurs variantes ultérieures, dont des versions avec voix, pour trio, pour ensemble, etc., et plus récemment dix pièces ont été orchestrées sous les titres Fünf Sternzeichen et Fünf weitere Sternzeichen (2004 et 2007), orchestrations très bizarres d’ailleurs.
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Cello
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Lun 21 Mar 2016 - 15:15

lucien a écrit:
Tierkreis (Nr. 41½, 1974...)

... et plus récemment dix pièces ont été orchestrées sous les titres Fünf Sternzeichen et Fünf weitere Sternzeichen (2004 et 2007), orchestrations très bizarres d’ailleurs.

Ah oui, très chouette ça.

Peut-être ce que j'ai entendu de plus épatant et accessible dans sa musique. Mélodies identifiables (bien que, comme tu le dis, bizarres), orchestration souvent limpide, magistralement colorée et parfois joyeusement bordélique. C'est même difficile à décoder au début: pendant les toute première secondes, j'ai cru m'être trompé en cliquant et avoir lançé de la musique médiévale  Mr.Red.

Et il existe une version pour luth, on dirait ! Il faut que j'écoute ça bounce .

Une belle découverte, merci.
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Mar 22 Mar 2016 - 7:38

Cello a écrit:
lucien a écrit:
Tierkreis (Nr. 41½, 1974...)

... et plus récemment dix pièces ont été orchestrées sous les titres Fünf Sternzeichen et Fünf weitere Sternzeichen (2004 et 2007), orchestrations très bizarres d’ailleurs.
Ah oui, très chouette ça.

Peut-être ce que j'ai entendu de plus épatant et accessible dans sa musique. Mélodies identifiables (bien que, comme tu le dis, bizarres), orchestration souvent limpide, magistralement colorée et parfois joyeusement bordélique. C'est même difficile à décoder au début: pendant les toute première secondes, j'ai cru m'être trompé en cliquant et avoir lançé de la musique médiévale  Mr.Red.

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter les enregistrements “officiels” (Stockhausen Verlag 100, avec Jubiläum et Tierkreis version carillon !), mais les cinq weitere, sa dernière œuvre au passage, en 2009 par Boulez (qui n’a pas souvent dirigé du Sto, il me semble, et certainement pas des œuvres récentes !), et plus encore les cinq premiers par le London Sinfonietta, m’avaient quand même laissé une impression d’orchestration mal foutue (ce qui a certes un certain charme). Bon je reconnais que dans le principe même l’idée d’orchestration ne me séduit pas, surtout quand on part de quelque chose d’aussi simple.
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Ven 1 Avr 2016 - 22:02

’ai écouté pour la première fois le fameux quatuor aux hélicoptères. Je ne suis pas contre le principe des hélicoptères, ça a même son effet au décollage (après c’est beaucoup plus monotone, en enregistrement du moins), mais pourquoi est-ce que la partie instrumentale est si inintéressante ? Alors que Stockhausen est si génial et si inspiré dans des dizaines d’autres œuvres... Je rejoins David, c’est vraiment dommage que ce soit ça qui fasse parler de lui une fois sur deux (dans l’autre moitié des cas, c’est... bref, vous avez compris).

*

Bon sinon, vous avez pu remarquer que j’ai beaucoup écouté Stockhausen ces derniers jours. J’explore les volumes Stockhausen Verlag (il y en a 106 à ce jour), il m’en manque encore quelques-uns. Que de choses géniales là-dedans, mais aujourd’hui je veux juste exprimer mon admiration pour Michaels Reise um die Erde, deuxième acte (purement instrumental) de Donnerstag aus Licht. Une pure tuerie. Et l’enregistrement par l’ensemble musikFabrik paru chez Wergo en 2013 est formidable. Ça existe aussi en vidéo :

Michaels Reise um die Erde (Nr. 48, 1978)
/watch?v=ANA-wYfHLQk

Citation :
The "Journey round the Earth" takes place purely musically. MICHAEL's instrument is the trumpet.  The orchestra is "the world".    

    Musicians, as penguins, are seated around the globe at the South Pole.  MICHAEL appears as trumpeter, dressed in blue and with the "Michael sign".  He plays his formula as farewell, and climbs into the globe, which begins to rotate eastwards.  At each of the 7 Stations which follow, a different window (balcony) opens, out of which MICHAEL leans and "converses" with the musicians.  Two clarinettists - a clown-esque cross between swallow and penguin - whizz through the orchestra several times while playing.

    At the 6th Station, MICHAEL hears a basset-horn in the distance and gives a sign to turn back. The Earth starts rotating backwards.  At the end of the 7th Station, on hearing the basset-horn again, he stops the Earth, climbs out, calls in vain for an answer, and is consoled by the double-bass.  Again the call sounds and comes nearer.  EVE appears as a beautiful, seductive basset-horn player.  She plays with him, enchants him, and finally, dancingly, takes him away with her.  During this, two clowns with clarinet and basset-horn slink in, mock the couple, climb into the globe, play on a balcony, are attacked by the trombones and engaged in a fierce argument.

    The long held notes of MICHAEL and EVE can be heard in the distance.  Finally they approach and end in a loud, lamenting, falling melody which fills the entire space while the light slowly fades out and all becomes still.  In the darkness the melodies of the trumpet and the basset-horn calmly fly in the sky, accompanied by increasingly sparse droplets of sound from the orchestra.  Both unite in an artfully intricate trill, which very gradually slows down.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 16 Oct 2016 - 15:08

lucien a écrit:
je veux juste exprimer mon admiration pour Michaels Reise um die Erde, deuxième acte (purement instrumental) de Donnerstag aus Licht. Une pure tuerie. Et l’enregistrement par l’ensemble musikFabrik paru chez Wergo en 2013 est formidable.
Il existe chez ECM un disque intitulé MICHAELs REISE Solisten-Version (avec entre autres fiston Markus à la trompette, fiston Simon au synthé, papa Karlheinz à la projection sonore et Suzanne Stephens au premier cor de basset): c'est la même œuvre?
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 16 Oct 2016 - 15:37

à peu près sauf que l’orchestre est réduit à neuf musiciens.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 16 Oct 2016 - 16:05

Quelqu'un pourrait m'expliquer précisément le principe des Klavierstück ? Je n'arrive vraiment pas à comprendre ces pièces et les oeuvres de Stockhausen en général d'ailleurs scratch

J'avais lu qu'il s'agissait de suites de chiffres ou quelque chose comme ça mais je n'ai jamais réellement compris le principe, ni même l'intérêt.
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 16 Oct 2016 - 16:27

Les Klavierstücke I à XI sont des pièces d’inspirations sérielles écrites principalement au milieu des années 50 (même si les IX et X sont réalisées un peu plus tard). J’insiste sur ce fait car souvent on ne connait que Stockhausen dans les années 50, quand sa musique était encore conforme à une certaine idée “académique” de la musique (ce qui fait que le répertoire de Boulez s’arrêtait là, par exemple). Elles représentent une phase d’exploration assez abstraite. Chacune explore une idée formelle propre.

Les quatres premières forment un bloc (ils n’ont même pas été composés dans cet ordre). Il faut les voir je pense comme de petites organisations, de petits joyaux à prendre comme tels, au moins dans un premier temps. C’est comme de petites toiles abstraites. L’écriture sérielle y est très avancée... puisqu’il n’y a pas vraiment de série (rien ne doit se répéter, donc même pas une série).
À partir de V, ce qui est très frappant est que les notes s’organisent autour de notes principales, comme des ornementations. C’est très audible dans le V en particulier, qui a été décrit comme un Chopin sériel. Une bonne idée pour commencer je pense.
Les VI et VII sont loin d’être les plus accessibles (en tout cas pour moi), notamment à cause de leur durée (surtout pour le VI). Le VII est connu pour exploiter des phénomènes de “touches fantomes”. Le VIII revient à une forme très écrasée (or I à IV, c’est le plus court).
Le IX est fort différent, et pas tellement difficile à écouter. En gros, y alternent des ostinatos, et des mélodies qui se constituent. Tout ça dans des mesures dont les valeurs sont issus de la suite de Fibonacci.
Le X est dans un sens le plus développé, et le plus thématique à mon avis. Au début il y a un thème en arabesques, puis un thème en accords-clusters. C’est un peu grossier comme analyse, mais ça permet de se repérer je pense. Ce Klavierstück est long et pas confortable, mais il y a un discours qui n’est pas si inconcevable.
Le XI, c’est une forme mobile, et ça me bloque, donc je passe.

À partir du XII, on passe à quelque chose de très différent. Ils sont écrits entre 1979 et 2004. À noter que seuls les XII à XIV sont joués au piano (avec un peu voix), après on passe au synthé. L’écriture est formulaire, dans la lignée de Mantra (1970). La formule, c’est plus ou moins un thème. On peut trouver la concentration de ces pièces moins grande, mais d’un autre côté c’est plus immédiat et compréhensible. Le XIV me parait citer un passage des Structures de Boulez.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 16 Oct 2016 - 17:05

Que veux-tu dire par "notes fantômes" et "forme mobile" ?
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lulu
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MessageSujet: Re: Stockhausen   Dim 16 Oct 2016 - 17:11

Notes fantômes, je ne sais pas si c’est le terme consacré, mais je parle de touches (graves, en général) du piano enfoncées doucement (sans faire entendre la note), ce qui libère les cordes, qui vont vibrer sympathiquement quand d’autres touches seront pressées (véritablement, cette fois).

La forme mobile, c’est une expression possible de musique ouverte, c’est-à-dire non totalement déterminée par le compositeur (l’interprète a donc un rôle de co-compositeur plus ou moins conscient ou pas). Ici on a un ensemble de séquences ou fragments disposés sur une grande page, et le pianiste se déplace de l’un à l’autre plus ou moins librement (en suivant des indications plus ou moins libres). Le Klavierstück XI de Stockhausen est de cette façon tout à fait parallèle à la troisième sonate de Boulez... qui est une œuvre qui m’échappe également.
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