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 Le Madrigal italien (1530 - 1640)

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antrav
Papa pingouin
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyDim 25 Mar 2007 - 19:05

Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, 1545 - Ferrare, 1607)

C'est un élève de Cyprien de Rore qui fera toute sa carrière au service des Este de Ferrare comme organiste puis maître de chapelle. Ses contemporains le considéraient comme un des plus grands organistes d'Italie. Il fut aussi le maître de Frescobaldi.

Il écrivit sept livres de madrigaux à 5 voix (1 à 3 de 1571 à 1582, 4 à 6 de 1594 à 1596, le septième en 1604) et des Madrigali per cantare e sonare à 1, 2 et 3 voix (1601).

Ici aussi on note la forte poussée créatrice autour des années 1595, forte demande du public également.

Ses premiers livres sont des plus classiques, mais à partie du IV° il change sensiblement le caractère expressif de ses madrigaux. Une prise de conscience de la relation du texte et de la musique se lit dans la dédicace qu'il écrit en introduction de son VI° livre dédié à la Duchesse d'Urbino: "La musique n'a pas pour seule fin la jouissance, le plaisir... Mais tous les liens naturels avec sa soeur la poésie; la légèreté, la gravité, la douceur, la plaisanterie, qui sont portées de l'une à l'autre manière si naturelle que bien souvent le poète est musicien et le musicien est poète."

Il a confiance en son génie et l'humanisme de son temps, cherche dans les poètes contemporains l'inspiration qui amène aux mêmes tournures musicales que les maniérismes littéraires. "...que notre époque a conçu la parfaite forme, si différente de l'ancienne que si les premiers représentants revenaient à la vie, ils pourraient à peine la reconnaître." Le grand respect pour la tradition musicale ou poétique est lettre morte. Les musiciens deviennent des chercheurs qui font évoluer la forme à une rapidité telle qu'en une décennie, le madrigal va mourir pour laisser la place à la cantate et à l'Opéra alors même qu'il atteint son apogée. Pourtant il ne se dessèche pas, textes et musiques sont d'une diversité de plus en plus riche. C'est plutôt la richesse de ces ramifications qui entraîne sa fin, qu'une décadence et rétrécissement de l'inspiration comme cela avait été le cas pour la vieille polyphonie. On est bien face à un tournant majeur de l'art musical, comparable aux révolutions romantique ou debussyste.

Cette nouveauté, Luzzaschi la fait porter par le succès extraordinaire du Concerto delle Donne dont il est le principal fournisseur de musique. La tehnique du contrepoint s'efface de plus en plus devant l'autonomie d'une, deux ou trois lignes mélodiques. Publié en 1601, le livre à 1, 2 ou 3 voix est publié avec accompagnement de clavecin totalement écrit pour la première fois. Il s'agit de pièce de stile concertato.
La main droite reprend et suit schématiquement les deux voix du madrigal, la main gauche assure les points forts de la tonalité.
Ce qui est neuf aussi pour les voix, c'est que tout est écrit sans laisser de liberté à l'interprète, tous les madrigalismes et autres ornementations sont conçus dès le geste de l'écriture vocale. Les mots porteurs de ces madrigalismes (Ardore, cantare, lieto...) sont choisis électivement pour porter ces traits de virtuosité jamais atteints jusqu'ici, s'étirant sur plusieurs mesures, l'art du chant italien se confirme, la musique commence à prendre le pas sur la littérature.

Luzzaschi évoque "une nouvelle manière qui, non seulement par sa nouveauté, mais par la perfection de l'artifice, peut prétendre à l'approbation du monde". Modestie ! Mais il reste un grand professeur pour nombre d'élèves et ouvert aux nouveautés: il impressionne Gesualdo, l'encourage à publier et persévérer dans ses propres recherches.


Une parenthèse: Le Concerto delle Donne Principalissime

Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 Supremes

Avec l'arrivée du duc Alfonso II se constitue un orchestre de chambre de tenu par des dames de l'aristocratie virtuoses du chant. Au cours du temps, cette formation prendra différentes formes, mais la plus illustre est constituée d'un trio féminin dirigé par Laura Peperara avec Lucrezia et Isabella Bendidio. On y trouvera aussi Anna Guarina, la fille du poète Guarini, Tarquinia Molza également poétesse... Elles savaient s'accompagner au luth ou à la viole. Toutes les cours admiraient cet ensemble célèbre dans toute l'Europe. Il est fortement soutenu par Alfonso dès 1567. On pouvait y adjoindre des voix masculines ou le mélanger avec divers instruments pour certains répertoires. Pour le mariage de Gesualdo avec sa seconde épouse Leonora d'Este, soeur d'Alfonso II (il avait quelque peu usé la première et rendi la deuxième malheureuse) on put entendre le Concerto delle donne, le Concerto grande, le Balletto della Duchessa, les Concerti feminili.

La fascination exercée par ces interprètes fut telle que de nombreux compositeurs écrivirent des madrigaux qui leur étaient particulièrement destinés (Marenzio, Gesualdo, de Wert et même Monteverdi chez lequel on retrouve cette virtuosité qui est lancée dans ce cénacle musical. Leur professonnalisme permettait aux musiciens de nouvelles expériences, de sophistiquer l'art du chant.


Je ne saurais bien sûr trop vous conseiller ces superbes pièces du Livre V par La Venexiana.

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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 0:14

Quelques exemples d'écriture madrigalesque pris dans le livre à trois voix de 1601: I' mi son giovinetta

Sans scanner, excusez la qualité, je me débrouille avec mon appareil photo.

Dans le premier exemple, on voit bien l'aboutissement évolutif qui conduit à laisser la main gauche (clavecin) assurer la basse par des gammes entre tonique et dominante, la droite accompagne discrètement les voix.

Les madrigalismes de la voix seule au début de ce madrigal sont nets: sur rido (je ris) une petite descente à la tierce et retour comme un rire, sur canto (je chante) une véritable aria miniature. Typique.


Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 Img_1410

Toujours dans le même madrigal, on voit les deux voix dans une sorte de canon se mêler dans des gammes contraires (sur spiego à la première ligne, fin de la portée) et alterner les mélismes. Ce procédé donne l'impression de voix qui s'enroulent l'une autour de l'autre dans un mouvement très sensuel.
Là aussi des madrigalismes typiques sur lieto (joyeux) et ridente (riante)

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 0:54

c'est tout à fait passionnant, même sans en rien connaître (le peu que j'ai écouté se limite à Gesualdo et quelques Monteverdi, même si ce n'est guère mon goût d'emblée, encore que Gesualdo, j'ai un peu creusé à une période, attiré sans doute par le romanesque du personnage, mais aussi par les étrangetés de l'harmonie).
On voit bien se dérouler les biographies et les singularités de tous ces personnages et une richesse insoupçonnée s'y révèle de talents et de destinées, en même temps qu'on envisage les perspectives vers l'opéra et la cantate, ce qui montre, pour parvenir à nous le faire sentir, une connaissance approfondie du sujet, une aisance à le dominer de loin.
C'est très curieux comme en lisant les extraits des partitions, on a par moment la sensation qu'il faut absolument y ajouter une altération (pour que ça tombe dans une tonalité classique) et comme, quand elle arrive enfin, elle est absolument inattendue (le do#et pas le fa dans l'exemple 1)
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 1:27

Ce frottement vient altérer l'ensemble bien confiant de ce printemps qui aboutit un peu plus loin à l'ardeur qui s'enfuit comme s'enfuit le printemps. C'est la note qui pince au coeur avant l'annonce du drame. C'est tout l'art du madrigal. Mais on entre dans une période maniériste qui verra se généraliser le chromatisme comme moyen d'expression. Toutes les altérations appellent une résolution qui ne vient pas, tient en haleine et refuse le soulagement de l'oreille. C'est de la musique vraiment érotique.

Gesualdo, Gesualdo ! Romanesque ? Mais c'est un meurtrier épouvantable et sûrement un grand malade ! Laughing

Merci pour le compliment, mais sans ma bibliothèque j'aurais du mal à en parler comme ça, presque rien n'est enregistré ou sinon de rares madrigaux et le plus souvent dans des interprétations "expérimentales" pas convaincantes. Mais ça va s'arranger avec les derniers.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 15:06

Tu as bien mis en évidence sur un beau plateau en bois couleur jaune merisier la dimension tropique de l'écriture madrigalesque: les notes exécutent des figures qui sont la métaphore des états psychologiques et actions exprimés par les mots. C'est particulièrement remarquable dans les madrigaux de Monteverdi également.

Cela fait penser à l'architecture médiévale où valeur esthétique et valeur symbolique se conjuguent pour donner naissance à des chefs d'oeuvre.

(Je suis en train d'écouter les madrigaux de Marenzio, j'en parlerai quand j'aurai un peu plus avancé.)
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Luc Brewaeys
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 15:16

J'imagine que vous connaissez tous Sigismondo D'India ?
Voici les données d'un CD avec un aperçu de ses Madrigaux...

Sigismondo D'india (c 1582-1628) - Madrigali

1998 - Erato, 3984-23418-2 (1 cd)
23 titres - 64:49 min

1/ Merce ! grido piangedo (cinque voci) 1.31 - 2/ Voi dissi e sospirando (instrumental) 2.43 - 3/ Alme luci beate – prima parte (cinque voci) 0.58 - 4/ Lo vi lascio, mie scorte – seconda parte (cinque voci) 2.17 - 5/ Sospir che del bel petto (instrumental) 2.23 - 6/ Crud’amarilli (cinque voci) 3.56 - 7/ Se tu, silvio – prima parte 2.07 - 8/ Ma se con la pieta – seconda parte 2.14 - 9/ Dorinda, ah ! diro mia – terza parte 3.28 - 10/ Ferir quel peto, ilvio ? – quarta parte 3.46 - 11/ Silvio, come son lassa – quinta parte (cinque voci) 3.18 - 12/ Lasso !, dicea fileno (cinque voci) 2.03 - 13/ Ombrose e care selve (instrumental) 2.59 - 14/ Ancidetemi pur, dogliosi affani (una voci) 6.35 - 15/ Strana armonia d’amore- prima parte 2.54 - 16/ In cio sol differenti – seconda parte (cinque voci) 1.35 - 17/ Che veggio ohimé, che miro ? (una voci) 6.23 - 18/ La mia filli crudel (due voci) 1.57 - 19/ Ecco filli, mia bella (due voci) 0.56 - 20/ Deh, chi mi fa languire (instrumental) 1.56 - 21/ Crud’amarilli (cantar solo) 2.02 - 22/ Pianogono al pianger moi (cantar solo) - 23/ Quell’augellin che chanta (instrumental) 2.42
enregistrement

Enregistré du 20 au 23 avril 1997, Paris, Salle Wagram, 14-15 juillet 1997, Paris, Chapelle de la fondation Eugène Napoléon. Producteur : Jean Pierre Loisil ; Ingénieur : Jacques Doll.
line up

Stéphanie Révidat, Violaine Lucas (sopranos) ; Mryseult Wieczorek (mezzo-soprano) ; Steve Dugardin (Alto) ; Etienne Lécroart, François Piolino (Ténors) ; Matthieu Lécroart (Bariton) ; Renaud Delaigne (basse) ; Les arts florissants : Anne-Marie Lasla (viole) ; Elizabeth Kenny (théorbe) ; William Christie (clavecin) ; Ensemble de violes Orlando Gibbons : Phillipe Pierlot (viole aigue cantus) ; Anne-Marie Lasla (viole aigue quinto) ; François Fernandez (voile ténor alto) ; Sylvie Moquet (basse viole tenor) ; Emmanuel Balssa (basse viole basse) ; Brian Feehan (Théorbe) ; William Christie (direction).

Remarques

Entre le choix des pièces et la très grande élégance propre à William Christie et ses arts florissants, la chronique évoque et conseille le disque dans son ensemble. La direction est d'une précision et d'une souplesse exceptionnelle... magistrale.

Chroniques

Des madrigaux sur guts… oui, et quels madrigaux ! Considéré comme l’équivalent profane de la cantate, le madrigal n’est rien d’autre, finalement, qu’un mini opéra, une saynète, dont les sujets récurrents sont la guerre et l’amour, mise en musique, en chant et en scène. Le madrigal traite souvent de situations dramatiques à plusieurs personnages et il fût le terrain de recherche et d’élection de l’expressivité, là où la musique sacrée focalisait une recherche à la fois plus esthétique et spirituelle. Ces madrigaux de l’incroyable D’India sont des pièces absolument subjuguantes, étonnantes, à l’inspiration mélodiques et harmoniques aussi sublime qu’étrange. Avec une maîtrise parfaite de la polyphonie et du contrepoint instrumental, D’India compose des partitions d’une finesse et d’une richesse complexe qui n’ont rien à envier à celles du grand Monteverdi, et qui se payent le luxe d’une personnalité musicale unique et fascinante. En effet, le sens mélodique et rythmique totalement extra-terrestre de D’India font de ses pièces des merveilles de beauté étrange, de démence latente, ou de mélancolie. Ce disque exceptionnel pioche dans les livres pour madrigaux à cinq voix, théâtraux, complexes, souvent très émouvants et d’une sophistication miraculeuse, et ceux pour madrigaux à une ou deux voix, plus lents et purs, et d’une beauté mélancolique saisissante. Ce ne sont pas des dissonances, des fausses notes… non, les mélodies de D’India sont belles et incroyablement raffinées, elles sont juste totalement surprenantes, inattendues, réinventant sans cesse l’équilibre harmonique au travers des chassés-croisés des voix indépendantes. Les rythmes se brisent, se cabrent, les voix se contredisent et se moquent l’une de l’autre, elles s’étonnent… rares sont les montées soudaines et bienheureuses, dansantes, qui ne soient détournées juste avant l’accomplissement vers des courbures étranges et troublantes : D’India cultive l’art violent de la dynamique et nous ballade de lyrisme exalté en accalmies obscures, d’une seconde à l’autre. Il y a dans ses histoires à la musique orfèvre un cynisme dérangeant, une manière une peu folle qu’ont les voix de s’ignorer ou de se répondre en contre pied, volte-face, mépris… comme un colloque de névrosés. L’expressivité est poussée à son maximum lors d’accès aigus qui relèvent presque du cri… cri de surprise, de stupeur, à l’image dont cette musique s’organise et se déroule, à coup d’imprévisible et d’à-coups syncopés… pourtant, on aime, et on trouve cela très, très beau. Car encore une fois, D’India ne pratique pas la dissonance ou la stridence, il est tout simplement le seul compositeur à avoir jamais ourdi ce type de mélodies à la fois totalement singulières, et immédiatement magnifiques ; et tout cela dans une maîtrise miraculeuse de la complexité. Le choix des pièces instrumentales qui ponctuent régulièrement ce recueil est d’une grande pertinence. Elles sont lentes et nostalgiques, étirées et plaintives. La deuxième moitié du disque regroupent les pièces pour une ou deux voix. Cette fois ça n’est plus dans la multiplication omnisciente des lignes et des rythmes qui se croisent et se filtrent que l’oblique particulière de D’India s’accomplit, mais dans les inflexions expressives intriguantes et nombreuses que le compositeur imprime à la voix. Qu’il n’y en ai que deux et l’on se croit déjà perdu par la richesse du tout, tout en percevant bien que tout cela s’harmonise, s’épouse et s’arabesque avec parfaite élégance, au service d’une lenteur un peu méditative, souvent mélancolique, voire tragique. Tout cela, bien sûr, est tissé de violes, de théorbes, de clavecin. Ce disque est, je vous le dit, d’une beauté hallucinante et prenante, sculptée des biais et tensions de l’étrange et du bizarre, du triste… et d’une perfection dentellière ahurissante. Un disque à posséder absolument.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 20:04

sofro a écrit:
Tu as bien mis en évidence la dimension tropique de l'écriture madrigalesque: les notes exécutent des figures qui sont la métaphore des états psychologiques et actions exprimés par les mots.

Rien de plus émouvant pour moi.

Citation :
C'est particulièrement remarquable dans les madrigaux de Monteverdi également.
Oui, il fait éclater le cadre de la polyphonie pour privilégier cette lecture horizontale du sentiment sur une lecture plus verticale.


Citation :
Cela fait penser à l'architecture médiévale où valeur esthétique et valeur symbolique se conjuguent pour donner naissance à des chefs d'oeuvre.

Oui, c'est une belle image et je suis toujours surpris de la virtuosité d'écriture de ces Italiens qui qui ont réussi à allier - brièvement - polyphonie et expressivité. Si tu me permets de reprendre ton image métaphorique, ici la valeur symbolique spirituelle des premiers polyphonistes est remplacée par des valeurs affectives. Coup de maître et... culot.


Citation :
(Je suis en train d'écouter les madrigaux de Marenzio, j'en parlerai quand j'aurai un peu plus avancé.)

Avec grand plaisir.

Citation :
sur un beau plateau en bois couleur jaune merisier

Du teck en fait. Sous nos climats aquitains, l'humidité et la moiteur tropicales nous ont fait abandonner les essences précieuses pour des matériaux rustiques et imputrescibles. Non, tu ne verras pas mon lit à baldaquin en acajou.
Mr. Green
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 26 Mar 2007 - 20:18

Citation :
[quote="Luc Brewaeys"]J'imagine que vous connaissez tous Sigismondo D'India ?

Sûrement tous! Laughing


Citation :
Voici les données d'un CD avec un aperçu de ses Madrigaux...

Sigismondo D'india (c 1582-1628) - Madrigali

Oui D'India qui est dans l'ombre de Monteverdi, j'avais décidé de lui faire fermer la marche des madrigalistes, en conclusion. Il y a aussi le disque de Jean Marc Aymes avec Maria Christina Kiehr.







Merci Sofro et Luc de vos remarques. Wink
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 1:28

vartan a écrit:
2- Le premier madrigal
Un Français, Philippe Verdelot (1480 - Florence 1552), du Vaucluse (Orange) ou de Brie comme Xavier (Les Loges). Maître de chapelle au baptistère San Giovanni de Florence de 1523 à 1525, il est appelé par le Pape à Rome en 1527 pour composer des motets. Il participe à la vie musicale romaine jusqu'en 1533 avant de revenir mourrir à Florence.
(cf. page 1)

Ecouter (libre de droits) :

Divini occhi.

Copie de B.F. Geurts.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 1:35

Vartan a écrit:
Jacques Arcadelt (Franco-Flamand, Paris 1510 - Paris 1568)

Elève de Josquin des prés, puis de Verdelot, il part jeune en Italie, à Florence ches les Medicis, puis est signalé à Lyon près de son maître et à nouveau l'Italie: Rome à la chapelle julienne (Sixtine), Florence, Venise, court séjour à Liège chez Zoilreb chez qui il importe pour la première fois la recette de la bolo, puis il devient maître de chapelle du roi de France Henri II. Il devient chanoine de Notre-Dame de Paris avant de s'éteidre reconnu de tous. Il a composé de la musique religieuse, mais reste célèbre pour ses madrigaux.
(cf. page 2)

Madrigaux à quatre voix :

- Ahimé, dov'è 'l bel viso
http://piloris.free.fr/arca1.mid
(copie : C.M. Noblin)

- Il bianco e dolce cigno
http://piloris.free.fr/arca3.mid
(copie : C.M. Noblin)

- Ecco d'oro l'età
http://piloris.free.fr/arca2.mid
(copie : J.-C. Templeur)


Et une chanson, pour la comparaison :

- Margot, labourez les vignes
http://piloris.free.fr/arca4.mid
(copie : J.-C. Templeur)
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 1:46

Merci ça donne une idée le Bontempi.
C'est très "gentil" harmoniquement encore.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 1:51

Moi je veux bien mettre des disques, hein, mais si la police embarque Xavier, il faudra pas pleurer. Mr. Green

Ca me semblait un bon moyen de bien entendre la musique (on peut même le convertir en partition avec de nombreux logiciels, ça doit même exister pour Mac).
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 1:54

DavidLeMarrec a écrit:
Moi je veux bien mettre des disques, hein, mais si la police embarque Xavier, il faudra pas pleurer. Mr. Green

Non pitié j'ai rien fait!

keuf

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 1:59

Il faudrait que je retrouve le site qui proposait des partitions de madrigaux avec cette écoute MIDI intégrée.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 2:20

Le site du concerto delle donne ?
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 14 Mai 2007 - 8:22

Ca doit être ça, c'est toi qui me l'avais trouvé... Laughing
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptySam 2 Juin 2007 - 11:53

Claudio Monteverdi (Cremone 1567 - Venise 1643)

Un des créateurs les plus inventifs de l'histoire de la musique, un de ceux qui en aura changé le cours. Deux siècles et demi d'oubli avant sa redécouverte et la reconnaissance d'une place qu'il avait de son vivant dans le paysage historico-musical.

Père médecin, Marc' Antonio Ingegneri comme maître de musique lui-même polyphoniste émérite et élève de Cyprien de Rore. Très bon pédagogue, réputé pour l'enseignement de la tradition polyphonique franco-flamande la plus austère, à 15 ans Monteverdi est paré pour se lancer dans la carrière fort d'un bagage technique lui permettant de faire évoluer l'écriture de ses madrigaux avec une assurance que n'auront pas ses contemporains.

Il fait dès lors éditer son premier Livre de motets à trois voix (Sacrae Cantiunculae Tribus Vocibus, 1582, imprimé à Venise). Trois voix donc. C'est déjà quelque chose de nouveau. Le genre polyphonique pur est pratiqué traditionnellement à 5 voix. Ici son écriture propose une découpe syllabique qui vise à la clarté et l'intelligibilité du texte. Il s'autonomise de ce point de vue déjà de son maître et rejoins les points de vue de Gabrielli de Venise et Willaert. Son style est déjà sensible.

Suivent les Madrigali spirituali a quattro voci de 1583 publiés à Brescia. Elles furent semble-t-il bien diffusées et l'aidèrent à se faire déjà bien connaître du cénacle restreint des dilettanti des cous de l'Italie du nord. Madrigaux d'un jeune homme de 16 ans...
Musique perdue. Boulet

Canzonette a tre voci de 1584, là toute marque d'influence d'Ingegneri a disparue.

Puis trois ans de silence éditorial. Le projet de s'attaquer à la forme la plus sophistiquée et la plus investie de la musique de son temps, le madrigal, lui demande sans doute beaucoup de réflexion avant de pouvoir aboutir. C'est la voie d'un travail de toute une vie, le domaine où il testera et inventera les nouvelles formes à venir, révolutionnera tout un art.


Dernière édition par le Sam 2 Juin 2007 - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptySam 2 Juin 2007 - 14:12

I° Livre de madrigaux à 5 voix (1587, publié à Venise).
Monteverdi a vingt ans. Il cherche pour la première fois à s'assurer des appuis à l'extérieur de la ville de Cremone et de ses maîtres, il dédicace cet ouvrage à un certain comte Verità, lui-même poète et mécène. En effet pour composer librement, il faut paradoxalement s'assujetir à un noble argenté qui dans ce milieu humaniste du XVI° siècle laisse une très grande liberté aux artistes qu'ils entretiennent. Tout ça changera bien vite.
Dix-neuf pièces dont une en triptyque. On y sent encore le goût pour la canzonetta, mélodies scandées, qui se répètent à chaque série de vers.

Pas de poète de prédilection pour ce recueil, des anonymes, deux poèmes de Guarini, un de Strozzi, du Tasse.

Dès le premier, Ch'ami la vita mia, raffinement d'un contrepoint simple mais élégant, rythme assez carré, dansants, madrigalismes et mélismes discrets mais utilisés à bon escient. Clin d'oeil au dédicataire dont l'épouse s'appelle Camilla Verità (Ch'ami la vita...). Les madrigalistes sont coutumiers de ces petits jeux de mots (parfois sophistiqués, ailleurs permettant le double-sens égrillard).

Ce livre est très lyrique, rythmé, métriquement fluide. L'influence de Marenzio est évidente. A cet égard le A che tormi il ben mio aux alternances de passage scandés et de longues plaintes où les voix se recouvrent en tuilages mélodramatique est déjà d'un grand art. Profond, expressif, chromatique, monteverdi est déjà l'égal de ses maîtres mais sans parvenir à transcender le texte qu'il suit à la lettre. Mais c'est beau quand même.

Baci soavi e cari qui développe des chromatismes douloureux est un petit bijou, Fumia la pastorella joue sur les registres de la pastorelle dansante et de l'ai de cour plus solennels, rappelant cette alternance de discours qu'on retrouvera dans les pièces narratives du VIII° livre.

Se nel partir da voi est tendre et triste comme ce départ redouté.

Ardo si, ma non t'amo est un exercice de polyphonie classique qui semble relever en clin d'oeil un madrigal d'Ingegneri dont le thème inversé permet à Claudio d'étaler son savoir-faire.

Je ne connais malheureusement pas le triptyque de madrigaux qui closent ce recueil d'après un texte du Tasse (pas enregistré je crois).
EDIT: erreur ! Enregistré confidentiellement je l'ai retrouvé dans mes vieilleries.
Trois brefs madrigaut très déclamatoires qui reprennent une poésie de Guarini (mis en musique dans ce même recueilArdo si, ma non t'amo) que le Tasse parodie. Monteverdi renvoit cette parodie en utilisant le même thème dans les deux pièces.

Il s'agit d'un fin connaisseur de la poésie du temps. Indispensable pour écrire le madrigal. Ses trois ans de silence éditorial ont peut-être pour raison le nécessaire approfondissement de cette culture poétique.

Livre un peu démonstratif donc, mais déjà d'un grand artiste, l'émotion est au rendez-vous tout de même.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptySam 2 Juin 2007 - 14:50

Au disque on a peu de choses, mais O divina Fortuna, que du bon.

Le Livre I est quasi complet (17 pièces) dans la remarquable compilation de Rooley et de son Consort of musicke.
Bons chanteurs: Emma Kirkby, Evelyn Tubb, Paul Agnew, Andrew King !
On trouve pour moins de 30 € les Livres I, II, III VI et VIII.

Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 411607QP6SL._

Pour les trois madrigaux du Tasse qui closent le Livre I, on les trouvera dans la compil Brilliant de 6 CD qui comprennent les livres VII et les Scherzi musicali, des madrigaux erotici e spirituali, il Combattimento, il Ballo dell'Ingrate, le Lamento della Ninfa, ceux d'Arianna et d'Ottavia et ce qui nous intéresse ici, un CD par Alessandrini I love you qui rassemble les madrigaux d'après la poésie du Tasse des livres I, II, III et IV.

Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 61YE67B6VKL._
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 1:22

Chouette, la suite ! Je me demandais quand tu reprendrais le fil ! Very Happy C'est signe que tu vas mieux, ou au contraire que tu as passé la semaine au lit à peaufiner ça ? Confused

Bien chanté, disons que pour Kirkby et Agnew, c'est une question de goûts, tout de même. [Je ne déteste pas du tout, entendons-nous bien.]

A propos de Montverde, tu risques être déçu, que des tubes en vue l'an prochain à Bordeaux.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 1:37

Mais Agnew et Kirkby ont un minimum de métier !
Si tu savais ce que j'ai déjà entendu.
Pour explorer ce répertoire un peu perdu, c'est déjà beau d'avoir de vrais chanteurs. Ensuite les questions stylistiques restent posées, mais c'est tout à fait "expressif". Et à ma connaissance on n'a pas le choix ! Je ne crois pas connaître d'autre enregistrement du Livre I. Mais notre nouvel ami (zut j'ai oublié son nom) qui connaît très bien son Monteverdi pourrait peut-être nous renseigner ?

Oui, c'est ma maladie (merci les miasmes) qui m'a forcé à replonger là-dedans.
Mais c'est aussi la peur qui m'a fait prendre du retard, je ne sais pas comment aborder ce qui reste, c'est colossal, il faudrait parler de chaque livre en détail, de chaque madrigal, Gesualdo à venir... study
Et en parler sans le faire entendre c'est un peu frustrant en même temps. Il faudra que je fasse quelque chose à ce sujet.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 1:38

Bordeaux ! Mais David, un Faust de Gounod, que rêves-tu de plus ? lol!
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 1:43

vartan a écrit:
Bordeaux ! Mais David, un Faust de Gounod, que rêves-tu de plus ? lol!
Si au lieu de surfer sur le forum le midi, tu sortais, tu verrais qu'il y a de très bonnes choses dans la saison à venir.

Nonmé.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 1:50

vartan a écrit:
Mais Agnew et Kirkby ont un minimum de métier !
Plus qu'un minimum, même.

Citation :
Si tu savais ce que j'ai déjà entendu.
J'imagine très bien.


Citation :
Ensuite les questions stylistiques restent posées, mais c'est tout à fait "expressif".
Je pensais juste à la nature des timbres... Kirkby, c'est vraiment petit et acide, et Agnew, il y a une affectation peu monteverdienne qui peu affleurer ici ou là.
Ses Stances du Cid, par exemple, sont à la fois intelligentes et un rien tortueuses.


Citation :
Mais c'est aussi la peur qui m'a fait prendre du retard, je ne sais pas comment aborder ce qui reste, c'est colossal, il faudrait parler de chaque livre en détail, de chaque madrigal, Gesualdo à venir... study
Même chose pour moi avec le lied. Ca prend du temps, et surtout, comment rendre compte globalement de Wolf ? Il faudrait faire des analyses assez précises et les recouper, mais comme j'ai mieux à écouter que Wolf, ça réclamerait un investissement que je n'ai pas trop le temps de donner en ce moment.


Citation :
Et en parler sans le faire entendre c'est un peu frustrant en même temps.
C'est pour ça que j'avais tenté le MIDI, mais manifestement ça ne convainc pas plus que ça.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 1:58

Le MIDI pour du Bach c'est parfait, ici sans le timbre de la voix je trouve que ça ne ressemble à rien même si on saisit bien les enjeux harmoniques et chromatiques de cette musique débutante.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 2:04

Je comprends bien, mais le but est d'illustrer. Pour écouter, on peut emprunter ou même acheter des disques. Very Happy

vartan a écrit:
Et en parler sans le faire entendre c'est un peu frustrant en même temps. Il faudra que je fasse quelque chose à ce sujet.
Je te vois venir... tu veux recruter sur Bordeaux pour illustrer tes articles. Shocked Surtout que nous avons du renfort ; ce sera aussi l'occasion de rencontrer Mondonville.

Je te préviens, sous la torture, les voix sont contractées, ça ne sera pas satisfaisant. Basketball
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 2:16

Tu voudrais chanter Monteverdi ?
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 2:18

Si tu me trouves un bon pseudonyme et que tu payes bien, pourquoi pas.

Ne me dis pas que tu recrutes. Shocked
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 2:42

Ca a toujours été mon rêve de chanter le madrigal.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 3:08

Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 10:01

DavidLeMarrec a écrit:
Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.

Il nous faudrait une soprano je crois au minimum, mais deux autres associés ne seraient pas de trop. Etre quatre ou cinq seraient parfait. Si tu veux bien t'occuper de la basse au clavicorde ou l'orgue positif...

Il reste à trouver un nom à l'ensemble.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 16:33

vartan a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.

Il nous faudrait une soprano je crois au minimum, mais deux autres associés ne seraient pas de trop.
Ca doit pouvoir se trouver sans trop de difficulté, en débauchant dans les conservatoires ou même les chorales.


Citation :
Etre quatre ou cinq seraient parfait. Si tu veux bien t'occuper de la basse au clavicorde ou l'orgue positif...
Bien sûr, mais il me reste la paupière droite de libre, je peux peut-être jouer de la guimbarde avec ?


Citation :
Il reste à trouver un nom à l'ensemble.
Oui, parce que le Madrigal de Bordeaux, c'est pris.


Il y a le choix :
- nom de compositeur : Ensemble Gesualdo
- nom théorique : Ensemble Mélismes
- nom artistique : Ensemble Tintoret

(Oui, pour les idées originales, le cabinet réclame un supplément.)
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 16:55

vartan a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.

Il nous faudrait une soprano je crois au minimum, mais deux autres associés ne seraient pas de trop. Etre quatre ou cinq seraient parfait. Si tu veux bien t'occuper de la basse au clavicorde ou l'orgue positif...

Il reste à trouver un nom à l'ensemble.
Nul besoin de soprano, Lonely vous fera ça tout en voix de tête: pour le nom je propose plus décalé (version 1) ensemble Uxoricide (ça sonne bien non?)
Je suis content d'avoir participé à la vulgarisation de la guimbarde en tant qu'instrument d'orchestre, mais avec la paupière, je prévois quelques hémorragies disgracieuses
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 17:24

sud273 a écrit:
pour le nom je propose plus décalé (version 1) ensemble Uxoricide (ça sonne bien non?)
Je reçois à l'instant un télégramme peu enthousiaste de Madame Vartan.

Je crois que je tiens un meilleur nom : Ensemble Quentin Massys. siffle

Sinon, en toute modestie, l'ensemble Vartan me va bien. coucou


Citation :
Je suis content d'avoir participé à la vulgarisation de la guimbarde en tant qu'instrument d'orchestre, mais avec la paupière, je prévois quelques hémorragies disgracieuses
Tant pis, je me mettrai au chitarrone.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 4 Juin 2007 - 18:22

aller à la page 8 du sujet
https://classik.forumactif.com/Musique-classique-c1/Discographie-f2/Les-pochettes-les-plus-tartes-ou-rigolotes-t220-140.htm
pour pleinement apprécier la perfidie du propos sur Quentin Massys
mais je sens qu'on s'éloigne du sujet batman
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyMer 6 Juin 2007 - 23:17

Oui, Sud, tu es insolent, tu ne repectes rien ! Rolling Eyes

Mais plus sérieusement donc, le Livre I de chez Naxos est à éviter, il est terne, pas trop mal chanté, sans enthousiasme, des voix moyennes. C'est justement dans cette moyenne que Monteverdi est le plus mal déservi. Je préfère dix fois les contre-sens des premiers enregistrements ave gros vibrato, clavecin de bastringue ou voix belcantiste que ces demi-mesures. Je suis assez dur parce que ce n'est pas immonde malgré tout. Mais pour un novice, débarquer dans Monteverdi par là... Autant écouter les madrigaux chantés par Villazon ! Au moins la voix est belle.

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyMer 6 Juin 2007 - 23:24

Avec un nom d'ensemble d'une modestie admirable. Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyMer 6 Juin 2007 - 23:31

Oui, Delitæ Musicæ... Mr. Green
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyMer 6 Juin 2007 - 23:35

Un autre, dans la série Naxos, s'appelle tout de bon Concerto delle Donne di Ferrara. On ne se refuse rien !
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyJeu 7 Juin 2007 - 0:03

Oui, elles ont enregistré très tard. fleurs
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyDim 17 Juin 2007 - 15:11

Deuxième livre de madrigaux à cinq voix (1589)

Monteverdi sent bien qu'à Cremone, il ne pourra pas obtenir de poste à la hauteur de son ambition, les débouchés y sont réduits et la ville est provinciale. La musique s'épanouit à Mantoue chez les Gonzague, à Milan, à Venise. Claudio entreprend alors un voyage à Milan chez Giacomo Ricard, président du Sénat qui pourrait lui offrir le poste de Maître de chapelle du Duomo dont le titulaire vient de disparaître. Il chante et joue de la viole de gambe avec adresse et son jeu plaît. Il prolonge son séjour alors que le poste lui échappe. Malgré tout, il dédie à son hôte son Deuxième Livre de Madrigaux à cinq voix qui sont publiés au tout début de 1590 à Venise chez Alessandro Raveri.

Le projet esthétique de Monteverdi s'annonce dans ce deuxième livre. Il a 23 ans.
D'abord le choix de la poésie. Alors que ses contemporains choisissent le plus souvent un panachage d'auteurs afin d'amener de la diversité poétique, Monteverdi fait appel pour 9 des 20 madrigaux au Tasse. Auteur épique déjà auréolé d'une légende de poète maudit (il finit sa vie déchiré par la psychose maniaco-dépressive), la sensibilité douloureuse de ses oeuvres où se déroulent les guerres d'amour se prête particulièrement au genre madrigalesque. Il inspire nombre de musiciens et Monteverdi puisera dans sa Jerusalem délivrée cette sublime pièce du VIII° livre, Il combattimento... Il est à la cour des Este comme le fut cet autre grand poète qu'était l'Arioste (Orlando furioso), les deux hommes se rencontreront, mais miné par la maladie, aucun des projets que Monteverdi avait en vue avec lui n'aboutiront.

Le ton des madrigaux en est plus érotique, plus changeant, de brusques ruptures de climat poétique entraînent leur équivalent musical.
Le discours se fait moins polyphonique et s'essaie à la déclamation monodique discète, souvent on n'entend que deux ou trois voix simultanément. La basse assure de plus en plus de rôle de basse harmonique dans une époque qui voit naître la tonalité. On sent l'influence de Marenzio de par l'utilisation des modes mineurs et majeurs dans un but expressif. Son chromatisme en est proche. Les madrigalismes s'affinent mais sont déjà d'une grande science (Non m'è grave il morire et ses tierces descendantes autour des plaintes et des larmes du texte).

L'organisation du madrigal est plus libre. Les interruptions et les cadences, l'organisation de thèmes et de rythmes en motifs répétés donnent une impression de virtuosité et de richesse qui ne fera que s'amplifier avec les livres à venir.

20 poèmes donc, mais dont le premier est divisé en deux parties (donc 21 madrigaux).

Le premier, Non si levava ancor l'alba novella: dans un mouvement ascendant de l'aube qui monte, les voix se posent puis virevoltent au gré des transports amoureux qu'abrite la nuit puis les larmes des "pianti" en mouvements d'imitation descendants, les halètements des "sospiri" érotiques... Le mouvement devient plus grave, polyphonique et ascendant comme au début autour des "mille désirs et mille envies restées inassouvies à la lueur de l'aube". L'érotisme le plus franc est l'élément le plus novateur des ces chansons sérieuses. On a quitté définitivement le poème courtois de la vieille polyphonie qui laisse à peine deviner les sentiments pour cette authenticité sensuelle, ces confidences merveilleuses.

Traduction personnelle libre de droits !

Non si levava ancor l'alba novella
Ne spiegavan le piume
Gli augelli al novo lume,
Ma fiammeggiava l'amorosa stella,
Quando i due vaghi e leggiadretti amanti,
Ch'una felice notte aggiunse insieme
Come Acanto si volge in vari giri,
Divise il novo raggio; e i dolci pianti,
Ne le accoglienze estreme
Mescolavan con baci e con sospiri.
Mille ardenti pensier, mille desiri,
Mille voglie non paghe,
In quelle luci vaghe,
Scopria quest'alma innamorata e quella.

L'aube ne s'était pas encore levée,
Les oiseaux n'avaient pas encore étiré leurs ailes
Aux lueurs du jour naissant,
L'étoile de la passion brûlait encore
Quand les charmants et soupirants amants
Qu'une heureuse nuit avait réunis
Comme les acanthes s'enserrant de leurs vrilles
Voyaient que les rayons du jour les séparaient; et les tendres plaintes
Qu'ils échangeaient entre les baisers et les soupirs,
Mille désirs ardents, mille pensées,
Mille envies inassouvies
Naissaient, à l'aube montante,
Dans les pensées de chacune de ces âmes amoureuses.

(A suivre pour ce livre II... j'y arriverai, oui !)

Si certains sont intéressés par du matériel libre de droit pour suivre cette histoire, qu'ils m'adressent un mp. Wink


Dernière édition par natrav le Dim 25 Jan 2009 - 16:25, édité 3 fois
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Rubato
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyDim 17 Juin 2007 - 16:03

Chic, la suite du madrigal cheers Merci Vartan!

J'archive siffle
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyDim 17 Juin 2007 - 16:09

Rubato a écrit:
Chic, la suite du madrigal cheers Merci Vartan!

J'archive siffle

OK ! Wink
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyDim 17 Juin 2007 - 22:17

vartan a écrit:
Le premier, Non si levava ancor l'alba novella: dans un mouvement ascendant de l'aube qui monte, les voix se posent puis virevoltent au gré des transports amoureux qu'abrite la nuit puis les larmes des "pianti" en mouvements d'imitation descendants, les halètements des "sospiri" érotiques...

Cela donne envie, comme toujours ! Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 0033

Par contre, le livre II a l'air moins facile à trouver que les autres livres...
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 18 Juin 2007 - 1:04

sofro a écrit:
vartan a écrit:
Le premier, Non si levava ancor l'alba novella: dans un mouvement ascendant de l'aube qui monte, les voix se posent puis virevoltent au gré des transports amoureux qu'abrite la nuit puis les larmes des "pianti" en mouvements d'imitation descendants, les halètements des "sospiri" érotiques...

Cela donne envie, comme toujours ! Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 0033

Par contre, le livre II a l'air moins facile à trouver que les autres livres...

Non, il existe (je voulais faire la disco à la fin de ce commentaire) plusieurs versions excellentes.


Une version attendue mais décevante, voix instables, justesse approximative (si à l'opéra c'est tolérable, dans le madrigal c'est insoutenable). Donne l'impression d'un travail baclé. Peu expressif.
La Venexiana cherche à faire une intégrale de Monteverdi, parfois ça sent le pensum.
Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 413QND9JZZL._


Une des versions que j'apprécie particulièrement. Beau travail de mise en place (c'est bête mais c'est indispensable quand on chante à cinq). Les voix sont belles, pas toujours parfaitement adaptées au style madrigalesque, mais ces Anglais sont toujours très soigneux dès qu'il faut chanter à plusieurs, un régal. Le sentiment d'une osmose, pour ce deuxième livre en tout cas issu de ce gros coffret de sept CD. Même distribution qu'indiquée plus haut pour le livre I.
Gros inconvénient, il n'y a pas de livret, et sans le texte, le madrigal c'est pas la peine ! Non, non, non !
Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 411607QP6SL._

Travail parfait, plus chaleureux que La Venexiana, aussi bien amené que chez Rooley, l'italianité en plus et un beau travail de respect stylistique. Rinaldo Alessandrini et son Concerto italiano: Rossana Bertini, Claudio Cavina, Daniele Carnovich pour les plus connus.
Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 31BM70EMX4L._

A noter que la grande majorité des CD de madrigaux (Monteverdi et autres) sont édités avec des livrets très complets (La Venexiana et Alessandrini) associant textes traduits, réflexions organologiques et d'interprétation, textes de préface de Monteverdi quand c'est utile. Une bonne approche aussi du contexte culturel qui a mené à la création de ces oeuvres.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 18 Juin 2007 - 1:16

vartan a écrit:

Gros inconvénient, il n'y a pas de livret, et sans le texte, le madrigal c'est pas la peine ! Non, non, non !
Alors on exige la traduction de l'intégrale des madrigaux de Monteverdi! bounce
Fallait pas commencer… siffle
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 18 Juin 2007 - 1:34

Jaky a écrit:
vartan a écrit:

Gros inconvénient, il n'y a pas de livret, et sans le texte, le madrigal c'est pas la peine ! Non, non, non !
Alors on exige la traduction de l'intégrale des madrigaux de Monteverdi! bounce
Fallait pas commencer… siffle

Si tu me laisses dix ans, je pourrais, mais on ne doit pas être loin des deux cent pièces !

Mais promis je vous en livrerai dans la semaine quelques-uns de ce livre avec de quoi juger sur pièce.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 18 Juin 2007 - 13:06

Le 2 n'est autre que la suite du 1, poème du Tasse divisé en deux madrigaux.

E dicea l'una sospirando allora

Toute de soupirs, de pauses, de retombées, d'interrogation, de langueurs érotiques.
Des Adio confiants dans le retour de l'amant. Des mouvements de gammes contraires sur les beaux vers qui évoquent les roses des lèvres qui pâlissent au fur et à mesure que le jour revient.
Le beau A Dio, ché parto e moro avec ses frottements douloureux. Du grand art.

E dicea l'una sospirando allora:
"Anima a Dio" con languide parole.
E l'altra: "Vita, a Dio", — le rispondea —
"A Dio, rimanti". E non partiensi ancora
Inanzi a l'alba che nel ciel sorgea,
E questa e quella impalidir vedea
Le bellissime rose,
Ne le labra amorose,
E gli occhi scintillar come facella.
E come d'alma che si parta e svella
Fu la partenza loro:
"A Dio, ché parto e moro !"
Dolce languir, dolce partita e fella !


Elle lui dit, soupirant,
"Mon âme, adieu", languissante.
Et l'autre en réponse: "Ma Vie, adieu"
"Adieu, reste !". Et elles (ils) ne se séparaient toujours pas
Malgré le jour nouveau.
Alors que l'aube pointait dans le ciel,
ils (elles) voyaient pâlir
les sublimes roses
des lèvres amoureuses
ainsi que les feux de leurs pupilles.
Et des âmes séparées et déchirées
Ainsi les laissait leur départ ;
"Adieu, je pars et je meurs"
Douces langueurs, doux et cruel départ.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 18 Juin 2007 - 13:45

Le 3, Bevea Fillide mia, de Girolamo Casone.
Le niveau poétique est ici moindre, compatible avec la chanson.

Tendresse et amour un peu fol, l'amant boit dans la coupe de l'être aimé comme pour embrasser ses lèvres... et s'en contente avec félicité.
Madrgal assez classique de forme proche de la canzonetta, homophonique, peu chromatique, mais le sujet est léger. La basse (belle chez Alessandrini) chante en imitation des autres voix mais assure déjà un rôle harmonique. Jeu avec les dolce et baci répétés. De la délicatesse pour cette courte pièce.

Bevea Fillide mia
E, nel ber dolcemente,
Baci a 'l dolce liquor porgea sovente.

Tutto quel che rimase
Lieta mi diede poi
Misto con baci suoi:

Io il bevo, e non so come bevo amore
Che dolcement' anch'ei mi bacia il core.




Ma Phyllis buvait
Et dans cette douce becquée,
Elle donnait comme des baisers à la douce liqueur.

Tout ce qu'il en restait
Elle était heureuse de me le donner
mêlé de ses baisers.

Je le bois et sans savoir comment je bois l'amour
Il vient lui aussi doucement me baiser le coeur.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Le Madrigal italien (1530 - 1640) - Page 3 EmptyLun 18 Juin 2007 - 14:16

Le n° 14 Ecco mormorar l'onde du Tasse.

Les madrigalismes (figuralismes et mélismes) peignent avec sûreté la vitalité d'une nature foisonnante. Loin des scènes pastorales compassées et antiquisantes de nombre de ses contemporains de poètes, la fraicheur de ces vers est incroyable. Monteverdi s'en empare avec joie, des duos presque, avec des passages où les pupitres se séparent (hommes et femmes).


Ecco mormorar l'onde
E tremolar le fronde

A l'aura matutina e gli arborscelli,
E sovra i verdi rami i vaghi augelli

Cantar soavemente,
E rider l'oriente.

Ecco già l'alba appare
E si specchia nel mare,

E rasserena il cielo,
E imperl'il dolce gielo,

E gli alti monti indora.
Oh bella e vag'aurora,

L'aura è tua messaggiera, e tu de l'aura
Ch'ogni arso cor ristaura !




Ainsi murmure l'onde
Et frémissent les frondaisons.

Dans la brise matutinale, sur les verts rameaux
Des arbrisseaux, les charmants oiseaux

Pépient tendrement alors que
L'Orient se met à sourire.

Déjà l'aube paraît
Et se reflète dans la mer,

Rassure les cieux
Et transforme le tendre gel en rosée,

Dore les hauts sommets.
Ô belle et tendre Aurore,

La brise est ta messagère et toi, celle qui
Apaise enfin les coeurs ardents.
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