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 MUSIQUE Sovietique (1917-1980)

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joachim
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 15 Aoû 2007 - 15:50

La mort de Khrennikov est confirmée par l'agence Tass.

Sans entrer dans des détails politiques, tu pourrais nous faire un petit résumé sur sa musique, Sud ?

Personnellement, j'ai entendu ses trois symphonies et deux de ses concertos. Je crois qu'il mérite qu'on s'y intéresse, notamment pour sa deuxième symphonie opus 9.
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MessageSujet: Tikhon KHRENNIKOV (1913-2007)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 12 Sep 2007 - 13:14

j'ai longuement hésité sur l'opportunité d'ouvrir un nouveau sujet consacré à Khrennikov, puisqu'on trouve que le sujet Musique Soviétique tend à devenir un peu touffu, mais, considérant d'une part que la musique de Khrennikov risque de ne pas passionner grand monde, et d'autre part que l'analyse de quelques aspects du personnage vient s'inscrire tout naturellement dans la suite de ce fil, je pense qu'il est préférable de s'en tenir à celui-ci, ce qui permettra de faire quelques commentaires sur le jdanovisme et la reprise en main de la musique soviétique en 1948, date à laquelle Khrennikov est installé par Staline à la tête de l'Union des Compositeurs.

L'examen de quelques oeuvres de Khrennikov peut difficilement se faire sans considérer le contexte. Donc quelques remarques préalables pour situer l'homme:

Tikhon KHRENNIKOV (1913-2007)

MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 Khr19410
Khrennikov en 1941 (contrairement à beaucoup de ses contemporains, et conséquence de sa position officielle durant quatre décennies, l'iconographie de Khrennikov est très riche, beaucoup plus que sa discographie le laisse supposer)

Ceux qui sont pressés d'en savoir plus peuvent consulter les liens suivants:
http://en.wikipedia.org/wiki/Tikhon_Khrennikov
pour une liste complète des oeuvres l'excellent site O. von Rijnen
http://home.wanadoo.nl/ovar/khrenn.htm
et le site officiel consacré au compositeur (encore assez vide dans sa version internationale)
http://khrennikov.ru/eng/

Tikhon Khrennikov est mort le 14 août 2007, à l’âge quasi-canonnique de 94 ans : il venait de publier quelques mois plus tôt ses mémoires qui firent grand bruit en Russie, car, à peu près unaniment détesté par ses contemporains, Khrennikov tentait de justifier la position intenable qu’il avait occupé des années durant à la tête de la musique soviétique. Lorsque les diverses associations artistiques furent crées après la deuxième guerre mondiale par Staline, Khrennikov fut appelé à diriger l’Union des Compositeurs, tout juste avant la grande condamnation de 1948, et afin de continuer l’œuvre de Jdanov, mort quelques temps après la résolution du parti concernant l’opéra de Vano Mouradeli « La grande amitié », et constituant la condamnation du « formalisme » et de tous les compositeurs soviétiques majeurs. Parmi ces chefs de l’union, Khrennikov fut le seul à se maintenir en place sans discontinuer sous Kroutchev, Brejnev, et jusqu’en 1982. Il lui fallut donc déployer des trésors de diplomatie et de servilité. Moyennant quoi ses œuvres furent jouées jusqu’à l’indigestion en URSS, et presque totalement ignorées à l’étranger.
Il faut lui reconnaître des facultés d’adaptation dont je ne vois guère d’autre exemple que chez un Talleyrand, qui, issu du clergé sut à la fois se montrer indispensable aux révolutionnaires, aux Bonapartes et aux Bourbons. Exploit unique, il survécut pratiquement à tous ceux qu’il avait condamnés, et à ses chefs mêmes.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 12 Sep 2007 - 13:21

1- Khrennikov vu par Chostakovich

MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 Khr_et10

On peut difficilement faire un portrait de Khrennikov sans se référer aux Mémoires de Chostakovich (Témoignage, Solomon Volkov, Albin Michel), document d’authenticité douteuse mais tellement riche, drôle et éloquent : toute la musique soviétique est dominée par l’opposition entre ces deux grandes figures, l’officieux et l’officiel, le yourodivi et le serf. S’ils sont positivement deux faces de la même pièce, l’œuvre du premier s’en tire mieux vis-à-vis de la postérité, et la gestion des rapports personnels avec les puissants n’en entache guère la sincérité, alors qu’il ne cesse de flotter les pires soupçons d’opportunisme sur la production de l’autre. On en prendrait facilement son parti si Khrennikov n’avait eu aucun talent, mais, on est preque tenté de dire « hélas », ce n’est pas le cas… et si l’on ouvre la porte à la réhabilitation d’Orff ou de Pfitzner, il semble injuste de la claquer au nez de Khrennikov qui avait au moins autant à dire que les deux autres réunis.

Citation :
« …(p.298) Le père de Khrennikov travaillait comme comis dans le magasin d’un riche marchand. Pour cette raison, notre irremplaçable chef se définissait dans les questionnaires comme « fils d’un employé de magasin ».
Je pense que cette remarquable circonstance a dû jouer un rôle décisif lorsque Staline voulut choisir l’homme qu’il mettrait à la tête de l’Union des compositeurs. Pour commencer, Staline étudia les dossiers des candidats à la direction. Puis il se fit apporter leurs photos, qu’il étala sur la table. Et, après avoir réfléchi, il désigna celle de Khrennikov. « Celui-ci ! » Et il ne s’était pas trompé. Il avait un flair étonnant pour trouver des hommes de ce genre. « Un pêcheur en reconnaît un autre de loin » dit un sage proverbe russe.
Je tombai un jour sur une superbe déclaration du Chef et Maître. Je l’ai même notée pour mémoire. Elle définit exactement Khrennikov… « Une partie des communistes continue à garder une attitude hautaine et dédaigneuse envers le commerce en général, et envers le commerce soviétique en particulier. Pour ces communistes –j’ai du mal à leur donner ce nom- le commerce soviétique est une affaire secondaire et sans valeur, et les employés du commerce sont des ratés… Mais ces gens ne comprennent pas que les employés du commerce, en particulier les employés de magasin, s’ils travaillent honnêtement, sont les guides de notre œuvre révolutionnaire et bolchévique ».
Un des « guides » de notre œuvre (Staline aimait ainsi parler de lui au pluriel) fut donc « notre » fils d’employé de magasin.

L’histoire avec Khrennikov, qui est également fort significative, est la suivante. Khrennikov, en tant que président de l’union des compositeurs, devait présenter à Staline la liste des compositeurs choisis pour le prix Staline, qui était décerné chaque année. C’est à Staline que revenait le dernier mot et la décision : il choisissait lui-même les noms sur la liste. Cela se passait dans le bureau de Staline. Staline travaillait, ou faisait semblant. Il écrivait en tout cas. Khrennikov lisait sa liste d’une voix peu distincte, mais sur un ton optimiste. Staline ne levait pas la tête. Il continuait à écrire. Khrennikov cessa de lire. Et soudain Staline releva la tête et regarda fixement Khrennikov. Comme on dit, il le vrilla de son regard.. Il paraît que c’est une façon d’agir qu’il avait parfaitement mis au point. Toujours est-il que le fils d’employé de magasin eut soudain la sensation d’une masse chaude sous lui. Cela l’effraya encore plus. Il bondit sur ses pieds et se mit à reculer vers la porte, tout en marmonnant quelquechose. Et c’est ainsi, à reculons, que « notre » chef arriva jusqu’à la salle d’attente, où il fut aussitôt empoigné par deux « frères de la charité ». C’était une équipe spéciale, parfaitement entraînée, et qui savait ce qu’elle avait à faire. Ils entraînèrent Khrennikov vers une chambre spéciale, pour l’y déshabiller et le laver. Ils l’étendirent sur une couchette pour le laisser reprendre ses esprits. Pendant ce temps ils lui nettoyèrent son pantalon (que voulez-vous ? c’était un chef !) C’était un processus habituel. Et ce ne fut qu’après qu’on informa Khrennikov de la décision de Staline concernant les décernements du prix…
Et cependant ces personnages racontaient leur mésaventure avec enthousiasme. Faire dans sa culotte devant le Chef et Maître, ce n’est pas donné à n’importe qui. C’est une sorte d’honneur particulier, qui provoque une extase suprême, et fait accéder à la plénitude de la soumission. »

Pourquoi raconter cette histoire ? d’une part, il est certain que Khrennikov vivait dans la peur, comme les autres, mais ceux qui étaient en charge de fonctions officielles avaient peut-être plus à craindre que les autres : les « amis » de Staline avaient souvent d’inopinés problèmes de santé. Dans nos républiques civilisées, il existe de multiples clônes de Khrennikov, sauf que prêts aux mêmes bassesses, ils n’ont peut-être pas le même talent.

Chostakovich avait sans doute quelques comptes à régler avec Khrennikov. Dès que Khrennikov fut investi dans pses hautes fonctions, il se répandit, conformément à la résolution du parti, en invectives contre les compositeurs susceptibles de lui barrer la route vers la reconnaissance et la gloire, à savoir principalement Prokofiev et Chostakovich. En somme Khrennikov avait repris le flambeau des insinuations dévolues à Knipper en 1936 : il tentait d’enfoncer les derniers clous dans leur cercueil.
Mais comme on le verra il avait préjugé des désirs de Staline (parfois difficile à cerner), et notamment du fait que Chostakovich, vedette internationale, était dans l’esprit du Maître, un instrument efficace de propagande, bon pour produire de la musique de film.

Citation :
« (p.179) Khrennikov… me haïssait. C’est ridicule de le dire maintenant, mais autrefois, Khrennikov avait mon portrait sur son bureau. Cela dura jusqu’au jour où j’entendis l’opéra de Khrennikov, Dans la tempête. C’est un mauvais opéra. Je considérais Khrennikov comme un homme de talent, et voilà que j’avais devant moi une mauvaise imitation du minable opéra de Djerzinsky, Le Don Paisible [rappelons que Chostakovich avait à l’époque prêté la main à Djerzinsky pour l’orchestration de cet opéra, et qu’il s’en suivit le fâcheux imbroglio de la condamnation de Lady Macbeth]. Khrennikov s’était manifestement placé sur la voie de la spéculation. Tout est conjoncturel dans cet opéra, aussi bien le sujet que la musique. Le livret est adapté d’un roman que Staline aimait beaucoup, et la musique est imitée d’un opéra que Staline avait approuvé. C’est une musique pâle, inintéressante. L’harmonisation est primitive. L’orchestration est faible. Il était évident que Khrennikov voulait plaire au Chef et Maître. C’est ce que j’écrivis à Khrennikov. Je lui dis qu’il se plaçait sur une voie dangereuse. Je voulais le mettre en garde. J’analysai son opéra en détail. La lettre était longue. Avant de l’envoyer, je la montrai à certaines de mes connaissances. Je voulais connaître leur avis… Tous approuvèrent ma lettre, ils me dirent qu’elle était juste et utile… mais Khrennikov fut d’un autre avis. Lorsqu’il eut lu ma lettre, il la déchira et se mit à la piétiner, par excès de sentiments. Par la même occasion, mon portrait aussi fut piétiné. Khrennikov était vraiment fou de rage. J’avais cru agir conformément à l’esprit de l’école russe. Les compositeurs russes demandaient toujours conseil les uns aux autres et se critiquaient mutuellement. Et personne ne se vexait. Mais Khrennikov fut d’un autre avis. Il considéra que je lui barrais le chemin des distinctions, que j’essayais intentionnellement de lui faire quitter le chemin de la lumière pour l’entraîner dans les recoins du formalisme.
Il ne s’agissait même pas de musique, ni d’idées musicales. Simplement il savait que Staline n’appréciait pas le formalisme, alors qu’on pouvait gagner l’approbation du chef et maître sur le chemin lumineux du primitivisme. L’approbation et naturellement tous les avantages qui en découlaient. Pour Khrennikov et ses accolytes, le succès des Septième et Huitième symphonies équivalait à un couteau sous la gorge. Ils considéraient que raflais toute la gloire sans rien leur laisser. Et ces collègues aveuglés par la haine étaient persuadés que, tant qu’ils ne m’auraient pas renversé, ils ne pourraient pas vivre en paix ».

« (p.190) Donc Khrennikov et Cie préparaient activement ma fin… On m’a raconté les démarches que Khrennikov avait entreprises pour me liquider. Je n’accorde pas d’importance à ces racontars. Mais je fus témoin une fois d’une conversation intéressante. Cela s’est passé ainsi : Khrennikov m’avait fait venir pour affaires à l’Union des Compositeurs, je suis venu, la conversation s’est engagée tranquillement. Soudain, un coup de téléphone, Khrennikov répond à sa secrétaire : « J’avais demandé qu’on ne me passe pas de communications. » Mais ce qu’elle lui annonça fit que ce digne fils de magasinier se reprit aussitôt. Il en fut même si ému qu’il se leva d’un bond. Et il attendit la conversation debout, en tenant le combiné avec respect. Enfin la communication avec le camarade Khrennikov fut établie. C’était Staline qui téléphonait. Bien sûr, de telles coïncidences n’arrivent qu’une fois dans la vie, mais Staline téléphonait précisément à mon sujet. Et Khrennikov fut tellement pris de court qu’il oublia de me faire sortir de son bureau. Et j’entendis toute la conversation.
Par discrétion, je me détournai. Et je me mis à regarder attentivement le portrait de Tchaïkovsky accroché au mur. Je regardais attentivement Tchaïkovsky et Tchaïkovsky me regardait attentivement. Nous nous examinions mutuellement avec intérêt, le classique et moi. Mais pour être honnête, j’écoutais avec non mloins d’intérêt la conversation de Khrennikov. J’appris ceci : lorsque Khrennikov sut qu’on m’avait commandé la musique de plusieurs films importants, il adressa une plaine au Comité Central du Parti. Il ne comprenait pas que c’était de Staline qu’il se plaignait à Staline. Et Staline était donc en train de lui passer un savon. Khrennikov bégayait et essayait de dire quelque chose pour se disculper. Mais comment pouvait-il se disculper ? Il fut évidemment obligé de s’avouer entièrement coupable. Depuis ce jour je sais exactement quelle est la forme de la barbiche de Piotr Illich Tchaïkovsky. »

Dans ses mémoires Khrennikov justifie ses prises de positions et ses reniements successifs par le fait qu’il était lui aussi tenu en respect par le pouvoir et que la laisse ne cessait de se resserrer autour de son cou. Ainsi vers la fin des années 30, une partie de sa famille fut déportée sur ordre de Staline, et l’un de ses frères mourut au Goulag. Ce type de pression n’avait pas épargné Chostakovich, dont la sœur n’évita la déportation qu’en se désolidarisant et en faisant mine de condamner les positions anti-soviétiques de son mari. Staline lui-même n’épargna pas sa propre famille et fit condamner deux de ses belles-sœurs, comme il n’hésita pas à réduire au silence la veuve de Lénine, par l’entremise d’un gâteau d’anniversaire empoisonné (il l’avait plusieurs fois avertie que si elle ne cessait de parler, il trouverait une « autre veuve pour la remplacer »). En revanche il joua jusqu’à sa mort avec Pasternak qu’il fit retirer plusieurs fois de la liste des fusillés, même s’il lui était impossible de publier quoi que ce soit, même la musique qu’il écrivait dans sa jeunesse.
Plus tard, Khrennikov tenta de répandre le bruit que sous Staline on ne s’attaquait pas aux musiciens. Il se déculpabilisait ainsi des nombreuses dénonciations et condamnations qu’il était « obligé » de signer sur ordre de Staline, Béria, ou Jdanov, en tant que plus haut responsable de la musique en URSS. Il tenta de démontrer que la pression insoutenable de sa charge l’avait empêché de composer autre chose que des chansons populaires pendant une dizaine d’années, de 1947 à 1957 (c’était en effet plus prudent car on ne savait pas quelle réception pouvait avoir une œuvre de musique pure dans ses années-là) et l’avait même conduit à plusieurs reprises à l’hôpital pour soigner de longues phases de dépression. Il est un fait qu’il ne perdit pas pour autant ses fonctions…

Khrennikov avait mis au point une technique subtile de critique basée sur la rumeur, l’hyperbole pernicieuse et la louange paradoxale. Il ne manqua pas d’emboîter le pas aux détracteurs de la 7ème symphonie de Chostakovich, qui portaient aux nues le premier mouvement de l’œuvre, celle qui décrit l’ennemi… Pareillement au plus fort de la vague antisémite sous Staline, il fit une critique dithyrambique de la 5ème symphonie de Vainberg, basée sur le fait qu’il avait si bien su mélanger à sa musique abstraite des mélodies hébraïques…
Tentant de faire exécuter dans les meilleures conditions possible sa 2ème symphonie en 1943, il se démena pour empêcher par tous les moyens à sa disposition la création de la 2ème de Khatchaturian, qui menaçait de faire de l’ombre à la sienne. Encore n’est-il même pas certain que cette deuxième symphonie soit entièrement de la main de Khrennikov, puisqu’on lit dans « témoignage » cette confidence à propos de la 4ème symphonie que Chostakovich garda précieusement dans un tiroir :

Citation :
«( p.255-6) pendant 25 ans, personne ne l’a entendue. Mais j’en conservais le manuscrit. Et si j’étais venu à disparaître, les autorités en auraient fait cadeau à quelqu’un « pour ses bons et loyaux services ». Je sais même à qui. Et au lieu de la quatrième, elle serait devenue la Deuxième d’un autre auteur ».

On pourrait croire qu’après une si brillante carrière au service de l’Etat, le zèle de Khrennikov se soit un peu atténué avec l’âge. Malheureusement son nom reste attaché à la condamnation lors du 6ème congrès de l’union en 1979, d’un groupe de jeunes musiciens modernes, coupables de s’être fait jouer à l’Ouest sans l’accord des autorités soviétiques : l’histoire les désigne comme « les sept de Khrennikov » : ce sont Elena Firsova, Dimitri Smirnov, Alexander Knayfel, Viktor Suslin, Wiacheslav Artyomov, Sofia Gubaidulina et Edison Denisov. Leur musique « sans objet » absolument « étrangère au travail des compositeurs soviétiques » fut condamnée dans des termes dont la violence rappelle celle de 1948, qualifié de « boue cacophonique sous couvert d’innovation ».
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 12 Sep 2007 - 13:29

Toutes ces considérations ne disent pas grand-chose de la musique de Khrennikov, mais sa carrière politique fut sans doute aussi importante que sa carrière musicale, et il est difficile d’aborder l’une sans évoquer l’autre.
Cependant Khrennikov fut célèbre avant que ses compromissions avec le pouvoir ne jettent une ombre fâcheuse sur sa production.

MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 Khryou10

Né le 10 juin 1913 à Yelets (district d’Orlov), Tikhon Khrennikov était le dernier d’une fratrie de dix enfants. Ses premiers instruments furent la guitare et la mandoline, après quoi il se mit au piano tout en participant aux concerts de divers orchestres locaux. A quinze ans il arriva à Moscou et étudia sous la direction de Gnessin, puis au conservatoire, où il fut l’élève de Vissarion Shebalin (et donc indirectement de Miaskosvsky) pour la composition, et d’Henrich Neuhaus pour le piano. Pur produit de l’école moscovite, il envisagea sans doute un temps une carrière de pianiste, puisque son opus 1 est un concerto pour piano qu’il créa lui-même en 1933, alors qu’il n’avait pas encore obtenu son diplôme. Il garda sans doute toute sa vie une certaine virtuosité sur l’instrument puisqu’il enregistra au moins deux fois tardivement ce premier concerto, sous la direction de Kondrashin, puis de Svetlanov.

2-Première symphonie en si bémol mineur opus 4

Le 11 octobre 1935 la création de sa symphonie op 4, son morceau de diplôme auquel il travaillait depuis 1933 le propulsa sur la scène internationale. Il s’inscrivait dans la tradition de Glazunov, Prokofiev, Chostakovich, Khatchaturian et Kabalevsky, tous révélés très tôt par leur première symphonie. Mais plus encore que ses pairs, Khrennikov connut à l’étranger une célébrité fulgurante dans les années 30, puisque sa première œuvre orchestrale fut aussitôt crée par Stokowski, Ormandy, Münch et Adler pour ne citer que les plus importants.
La symphonie en si bémol mineur, d’une durée de 22 minutes, adopte la coupe tripartite, sans scherzo ; deux allegros encadrent un adagio « molto expressivo ». La tonalité mineure est aussi trompeuse que celle du 1er concerto de Tchaïkovsky. Après quelques mesure d’introduction elle bascule en effet vers un développement en majeur de caractère plutôt optimiste. Les mauvaises langues prétendront qu’elle subit l’influence de Miaskovsky et Shebalin : il faut vraiment n’avoir rien entendu de ces trois compositeurs pour le prétendre. Les même rumeurs avaient entouré la 1ère symphonie de Chostakovich, où les jaloux prétendaient trouver des souvenirs de Glazounov, alors que celui-ci, choqué par l’harmonie « fautive » proposa des corrections que l’auteur feignit d’accepter pour les rejeter in extremis et rétablir sa propre version avant la création. Si l’on cherche des rapprochement entre cette symphonie de Khrennikov et ses contemporains, c’est plutôt vers Prokofiev ou Chostakovich qu’il faut regarder. L’introduction et son orchestration quasi chambriste fait fortement penser à la sypmphonie de 1923, curieusement ce qu’elle évoque de Prokofiev, le basson nasillard et les bois aux mélodies modales ponctuées de courts chorus de cuivres , se rapporte plutôt à des œuvres tardives comme Pierre et le Loup, si bien qu’on se demande vraiment si la petie symphonie de Khrennikov n’a pas plutôt exercé une influence sur les œuvres d’après le retour en URSS de Prokofiev. Par ses tournures harmoniques, son agitation rythmique et ses mélodies syncopées, elle reste ancrée dans la tradition russe, celle du premier Stravinsky, même si le second thème de son mouvement initial fait penser à une sorte de menuet parodique. Elle utilise aussi le piccolo et le triangle de façon particulièrement humoristique. On ne trouve guère de tutti ni de fortissimo dans ce premier mouvement qui s’enchaîne à un adagio romantique délicat dont les modèles seraient plutôt à rechercher dans les mouvements lents de Knipper ou Khatchaturian. Là l’orchestration plus grave, par groupes, où dominent les cuivres et les percussions, chargés de la fonction mélodique, se rapproche de celle de l’école de Moscou, traversée par des échappées de cordes solistes qui se révèleront si caractéristiques de la production de Khrennikov.
Le finale reprend, de façon plus étoffée, les contours des mélodies rapides sur fond de cordes en pizzicati annoncées dès l’introduction. La construction très personnelle de ce faux scherzo fait contraster un trio adagio mené par le hautbois et les cordes avec l’enthousiasme jovial et volontaire du refrain initial. Ce mouvement lui-même ressemble à une petite symphonie miniature : mais soudain les appels de trompette ramènent l’atmosphère de course folle du début de mouvement, et l’orchestre se déchaîne en vagues successives dans un final tourbillonant, hésitant entre la déclamation dramatique et l’apothéose triomphale. Mais même ces accents un peu forcés gardent une discrétion et une ambiguité qui l’empêchent de sombrer dans la pompe et l’onction.
Malgré la tonalité mineure, on en conserve le souvenir d’une fraîcheur, d’une vitalité incomparable. Ce qui est stupéfiant c’est que Khrennikov paraît avoir trouvé du premier coup tous les traits qui marqueront son style très personnel, le laconisme, le brio, les ruptures de tempi, l’accumulation de très forts contrastes fondus dans une coulée mélodique unique et cohérente. Il semble que Khrennikov tente toujours d’éviter de se plonger dans la profondeur psychologique, le drame y demeure toujours accessoire et lointain, il est effleuré et reste un aspect de surface : on est là dans une démarche quasi classique, la musique se veut séduisante, étrangère à toute forme de confession impudique. En même temps ces qualités uniques de la musique de Khrennikov, le mélange d’agitation quasi-frénétique et d’un puissant lyrisme, sont ici fixées pour toujours et on les retrouvera, presque sans la moindre altération quarante ans plus tard dans la troisième symphonie, comme si rien n’avait bougé durant toute sa carrière.

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pochette du disque regroupant les 3 symphonies de Khrennikov par Svetlanov
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 12 Sep 2007 - 17:02

Merci Sud pour cet imposant et passionnant dossier sur la musique soviétique.
"Drôle" de personnage, ce Khrennikov!! Shocked
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joachim
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 13 Sep 2007 - 20:26

Je suis persuadé qu'il n'a fait qu'appliquer les directives de Staline, sous peine de représailles. Et la représailles de Staline ce n'était pas seulement une démission imposée...

Ce que j'ai entendu de lui m'a très intéressé, ma dernière découverte étant son Napoléon Bonaparte, que je place à égalité avec Gayaneh, c'est dire Wink

Ton post est sensass, comme d'habitude Sud. J'ai appris aussi que les fameuses mémoires de Chostakovitch sont peut-être apocryphes. Dans cette hypothèse, qui a pu les rédiger ? Le manuscrit est perdu ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 13 Sep 2007 - 22:04

les mémoires de Chostakovich sont écrites par Solomon Volkov: reste à savoir jusqu'à quel point elles sont apocryphes. La veuve du compositeur prétend que tout est faux, et que l'ensemble sont des bruits qui courraient en union soviétique. Il n'y a pas de manuscrit car ce sont des conversations et quelques montages d'articles antérieurs quand cela touche à des sujets non conflictuels comme Glazounov, Moussorgsky ou Borodine.
Même si certaines choses sont enjolivées, j'ai tendance à penser qu'une bonne partie vient directement de Chostakovich, c'est en tout cas conforme à l'image de son humour désespéré. En même temps je trouve bizarre qu'il n'y ait pas un mot sur ses amis proches, rien sur Popov qui habitait à Moscou deux étages en dessous de chez lui, rien sur Schedrin et Vainberg, ni sur Tischenko ou sur ses élèves préférés. D'ailleurs les biographes officiels ne peuvent s'empêcher de citer le livre, en émettant des réserves:on ne peut l'ignorer.

En ce qui concerne Khrennikov, l'argument selon lequel il agissait sur ordre me paraît excessif, et valable peut-être pour la période 1948-53, mais après? Et puis, on peut toujours faire autrement que redoubler de zèle quand on ne vous demande rien. Je pense que Khrennikov, malgré le fait qu'il ait écrit de la bonne musique, était quand même un intriguant et qu'il a abusé de son pouvoir pour écraser quelques uns de ses collègues, et celà pour des raisons de confort. Bien sûr il a été utilisé par le pouvoir politique (Khatchaturian aussi sur la fin). On ne peut pas sans cesse dire une chose et son contraire au gré du vent: vient un temps où ce n'est plus crédible. Je crains que sa musique ait du mal à lui survivre et qu'on s'intéresse d'abord de préférence à ses victimes. Aujourd'hui déjà il ne reste plus rien de sa production pour la scène. De plus les grandes figures du temps (Kogan mis à part) ont soigneusement évité de le jouer quand ils le pouvaient, je pense que ce n'est pas tout à fait un hasard.
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antrav
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 20 Sep 2007 - 23:50

La vie musicale soviétique est des plus romanesque. Mais le Khrennikov, je viens de me farcir ses trois premières symphonies et j'en ai un peu lourd sur l'estomac. C'est brillant un moment mais on dirait qu'il utilise en boucles les mêmes moyens: grande sonnerie de cuivres qui n'en finit pas, scherzi sautillants avec percussion à la Prokofiev comme tu l'as relevé. Mais c'est drôlement creux. Pas un once d'expression pour moi, même ses mouvements lents sont pompeux. On dirait qu'il écrit tellement au kilomètre qu'il ne sait pas conclure ses symphonies. (écoutez la fin de la 3) A la fin de la deux il y a des moments qui ressemblent à des passages de Star Wars à s'y méprendre.

J'espère que je n'ai pas tapé trop fort, mais tu nous as fait entendre des choses qui m'ont paru plus intéressantes musicalement. carton rouge


Mais cela n'enlève rien du tout à l'intérêt de ta série. Merci. Wink Aurions-nous jamais entendus parler de ce Tikhon ailleurs que dans ces lignes ? A part Joachim bien sûr.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 20 Sep 2007 - 23:53

vartan a écrit:
Aurions-nous jamais entendus parler de ce Tikhon ailleurs que dans ces lignes ?
Oh, si, tout de même, dès qu'on s'intéresse à la vie musicale soviétique ou même à Chosta seulement.

Mais la fine remise en perspective et son exhaustivité habituelle font tout le mérite de la présentation de Sud.


Tente plutôt les quatuors de Myaskovsky, je le dis et le répète, ce sont des chefs-d'oeuvre, même si c'est sans doute un peu romantique pour toi (entre Tchaï et Chosta...).
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 20 Sep 2007 - 23:55

En tout cas je n'aurais pas aimé porter son prénom un peu insultant. Neutral
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 20 Sep 2007 - 23:56

vartan a écrit:
En tout cas je n'aurais pas aimé porter son prénom un peu insultant. Neutral
C'est que tu ne le prononces pas comme il faut...
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 20 Sep 2007 - 23:59

Je sais, c'est une fille. hehe
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyVen 21 Sep 2007 - 8:07

j'ai longtemps pensé que ce prénom constituait l'originalité et une majeure partie de la séduction de Khrennikov (avec Vissarion et Rodion, ça fait partie de mes prénoms préférés: "tous les autres s'appellent Dimitri" comme n'a pas dit Tarkovsky)
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 7 Jan 2008 - 1:53

Il y a un petit problème avec ce sujet, c'est qu'il est difficile d'y retrouver un compositeur. Pourrais-tu, Sud, faire un petit Edit en message 1 pour en faire la liste et plus ou moins la page consacrée à chacun, stp ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 7 Jan 2008 - 12:45

sud273 a écrit:
je vais essayer de faire ça, et de m'y remettre car je ne suis jamais arrivé à 1946...
Celà dit si tu cherchais Kalinnikov, je n'en parle pas, car c'est la période d'avant 1917, un des derniers compositeurs de l'ère impériale, ce groupe de compositeurs moins connus comme Arensky, Liadov, Taneyev, Ciurlionis (Glazounov qui a très peu composé après 1917) Rubinstein, des indépendants qui n'ont fait partie ni du groupe des six, ni des proches de Rimsky.

Oui je le cherchais mais je suis un peu neuneu et je suis capable de parcourir tout un topic sans voir ce qui est en plein milieu. Mais pour d'autres c'est idem.
Si tu veux je peux faire le travail ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 7 Jan 2008 - 17:23

si tu veux, ce sera peut-être plus clair que si je le fais moi-même: le problème c'est qu'après les débuts j'ai tenté de suivre un plan chronologique et que j'évoque peu de choses d'après 1936: ainsi pour Popov, on s'arrête à la 2ème symphonie, et de plus j'ai évité de parler de certains compositeurs qui ont des sujets dédiés: par exemple si je parle de Glière je n'évoque pas ce qui date d'avant 1917. Je comptais continuer, mais il faudrait parler aussi de Shebalin alors que j'ai parfois envie de sauter tout de suite à Tischenko.
Tout celà fait que j'ai un peu de mal, à mettre de l'ordre, et à poursuivre.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 23 Avr 2008 - 19:18

Découvert la symphonie n°6 de Miaskovsky. Je n'ai pas détesté, mais je ne suis pas pour autant vraiment conquis.
C'est une oeuvre très longue, d'une heure de durée, fort complexe. Elle utilise un orchestre riche et un langage moderne plus ou moins tonal, qui présente une parenté évidente avec Chostakovitch. On retrouve ici le même climat désolé, la même tension, cette morgue désespérée qui s'exprime moins en gros éclats de cuivres épisodiques que par un pathos douloureux constant. Il ne manque que la caisse claire pour qu'on se croit vraiment en train d'écouter Chosta, et ce, tout au long des quatre mouvements: rage désenchantée du premier, ricanements sardoniques du scherzo, accents funèbres du troisième, triomphalisme troublant et faux du finale. Cela dit, cette oeuvre compliquée de Miaskovsky, qui met en oeuvre un choeur qui intervient brièvement dans le dernier volet, me semble beaucoup moins intéressante que les symphonies de Dmitri. Le premier mouvement m'a pas mal plu, avec cette fureur irrésolue, ce perpetuum mobile de cordes, cette tempête de sons et de couleurs. Les cuivres sont là, sans exagération. Le scherzo, qui ne dure "que" 8 minutes, est encore assez plaisant, de caractère très ironique, prosaïque, grinçant, à la façon mahlérienne. Cela dit, il manque ici le petit truc en plus qui fait basculer une écoute sympathique en une découverte passionnante. Le troisième commençait plutôt bien, à la façon du Largo dans la 5è de Chosta, puis se dilue dans une quantité impressionnante de paranthèses, d'épisodes secondaires, de motifs et d'entrelacs qui diminuent considérablement la portée pathétique de la musique, à mon sens. C'est incontestablement bien écrit, mais pas vraiment intéressant pour moi. Bien entendu avec une oeuvre pareille je crois que plusieurs tentatives s'imposent.
Le finale commence avec des éclats de cors et de trompette aux accents militaristes, puis là aussi, se charge de tas de sections qui rallongent et alourdissent la structure générale. J'ai eu, malgré une attention certaine, beaucoup de mal à m'accrocher.
A la fin du concert (c'était un live), le public applaudit mollement. J'aurais eu la même réaction: on est là devant une oeuvre complexe mais dont la signification m'est passé à côté.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 23 Avr 2008 - 21:16

j'avais écrit quelques lignes sur cette sixième symphonie qui n'est pas ma préférée de celles que je connais. Je pense que pour une fois, la version Kondrashin n'aide peut-être pas, car il l'investit d'une noirceur et d'une sécheresse qui dépassent peut-être les intentions de l'auteur.
Lors de la création, elle eut un grand succès, sans doute apportait-elle quelque réconfort au public. Il me semble qu'elle a joué un rôle, comme la 3ème de Glière dans l'élargissement de la conception des symphonies de Chostakovich à des dimensions hors-norme, et notamment les deux symphonies de guerre, mais aussi la 4ème et la 5ème, dans leur rappor au clacissisme.
Le style de Miaskovsky est assez particulier, sans doute moins accessible que celui de ses cadets de prime abord. Il y a par ailleurs de grandes variations dans sa conception du genre symphonique. On passe de l'influence de Scriabine et Debussy à des modèles plus carrés. L'orchestration est assez singulière aussi, visant à ne jamais tomber dans le post romantisme ou l'outrance.
Miaskovsky passait pour le gardien de la tradition, le meilleur artisan en matière de musique pure. Sa production est rarement divertissante.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 28 Avr 2008 - 16:51

D'accord avec vous. Comme l'a dit Spiritus, on a l'impression de passer à coté du sens de cette musique. On se demande: a quoi bon ? L'oeuvre est evidement élaborée, et imposante, mais tout semble assez décousu et le compositeur peine à délivrer son message. Moi qui m'attendait à une oeuvre soviétique assez patriotique (dans le genre par exemple des cantates de Prokofiev) j'ai été assez déçu.
Cela dit, ce n'est que sa 6e symphonie, il a sans doute évolué par la suite. Y a t'il des compositions plus accessibles par la suite ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 28 Avr 2008 - 17:00

il y a des symphonies plus accessibles avant aussi, surtout la 3ème, et les symphonies 5 et 7 de dimensions plus réduites et plus dans la mouvance de la musique française. Il ne faut pas s'attendre à quoi que ce soit de patriotique chez Miaskovsky, je pense qu'il faut surtout s'accoutumer à son style qui est assez sombre et pas très illustratif ni imagé. Comme Lyatoshinsky ou les premières oeuvres de Chebalin c'est une musique complexe dont la séduction ne vient qu'en insistant.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMar 13 Mai 2008 - 1:05

Morloch a écrit:
mais alors c'est quoi cette histoire de 14ème de Chosta et de 6ème de Tischenko ? Parce que c'est pas qu'il soit limité au niveau du vocabulaire, PaulLaFlemme, mais c'est pas non plus le dieu de l'argumentation...
Ce sont deux symphonies vocales qui s'inscrivent dans un univers dévasté. Celle de Chosta est morne et expirante, tandis que chez Tichtchenko on contemple des ruines dont la vue ravive des blessures encore fraîches.

Il y a une dimension épique très impressionnante dans cette Sixième. Une symphonie majeure du XXe siècle pour moi.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 9 Juin 2008 - 13:43

extraordinaire base de données contenant toutes sortes de chansons soviétiques, téléchargeables, certaines composées par de très grands noms (Chostakovich, Muradeli, Kabalevsky, Pakhmutova etc...)

http://www.sovmusic.ru/english/
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 9 Juin 2008 - 13:47

Sûr que c'est libre de droits?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 9 Juin 2008 - 13:49

c'est libre d'accès, et il n'y a pas de droits d'auteur sur la musique soviétique en théorie, mais supprime si tu veux. On peut peut-être à défaut répéter le lien sur Musique Ouverte?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 9 Juin 2008 - 14:13

On peut supposer qu'un gros site comme ça ne fait pas les choses à la légère et a passé des accords. De toute façon, on n'est pas censés faire des enquêtes de police non plus. Le tout est de ne pas proposer des choses de toute évidence illégales.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 15 Juin 2008 - 23:41

je savais pas où placer cette question ...

J'ai cherché sur le Net et j'ai pas trouvé alors je vous pose la question : existe-t-il des livres sur Shostakovich et en particulier sur ses symphonies ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 15 Juin 2008 - 23:43

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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 15 Juin 2008 - 23:44

Papageno a écrit:
je savais pas où placer cette question ...

J'ai cherché sur le Net et j'ai pas trouvé alors je vous pose la question : existe-t-il des livres sur Shostakovich et en particulier sur ses symphonies ?

Price Minister en propose quelques-uns, mais visiblement tous en anglais : ici.
C'est vrai que je n'en ai jamais vu sur Chosta dans les rayons musique des bouquinistes, mais les membres parisiens auront certainement eu accès à plus de choix...
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 16 Juin 2008 - 0:51

sinon il y aussi ce livre qui traite de l'Histoire Russe et de la musique.

http://www.amazon.fr/destin-russe-musique-dhistoire-R%C3%A9volution/dp/2213624577/ref=pd_bxgy_b_img_b
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 16 Juin 2008 - 0:56

Stanlea l'a présenté
ICI
c'est apparemment la somme de trois autres livres du même auteur.
Pour Chosta, encore une fois, la bio Fayard de Meyer est le seul ouvrage de référence à peu près complet (mais succinct et à mon avis tendancieux puisqu'il ne replace pas suffisamment l'auteur dans la musique de son temps)
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 16 Juin 2008 - 1:00

c'est justement ce que je recherche plutot qu'une biographie typique .
ce DVD a l'air pas mal justement puisqu'il retrace un courant de l'histoire russe à travers les symphonies de Shostakovich. Est-il recommandable ?

http://www.amazon.fr/Shostakovich-against-Stalin-War-symphonies/dp/B000BLBZM0/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=dvd&qid=1213570607&sr=1-4
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyLun 16 Juin 2008 - 1:04

je ne sais absolument pas. A priori d'après le titre, ça ne doit s'intéresser qu'aux septième et huitième avec un petit clin d'oeil à la 10 (dont on considère, à tort ou à raison, le scherzo comme un "portrait de Staline").
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Mariefran
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptySam 5 Juil 2008 - 15:10

J'ai découvert aujourd'hui la cinquième symphonie de Popov. Je suis bouleversée par tant d'humanité. Cette musique me touche intimement, au-delà de ce que je peux exprimer ici. Ce sont les tréfonds de l'âme qu'on touche ici. C'est à peine supportable.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptySam 5 Juil 2008 - 23:21

Je bisse...

Absent de tous les ouvrages de référence dont je dispose, un article wiki minuscule... Popov est oublié. Qu'il est triste de penser à tous ces talents énormes que la politique a brisés ! Quelle place aurait Popov dans le patrimoine musical s'il était né ailleurs ?... Sad

Bravo et merci à Sud pour ce topic très riche que je découvre à l'instant.
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Tus
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyVen 22 Aoû 2008 - 1:36

Karel Berman (1919-1995) a t-il bien sa place ici? En tous cas j'ai écouté une très belle suite pour piano, Terezin, écrite par lui et c'est assez génial: très court, ramassé, fulgurant, mais d'une haute inspiration. Le premier mouvement, dissonant, est très scriabinien; les deux suivants sont harmoniquement plus conventionnels mais demeurent d'une haute visée expressive. C'est très évocateur, vraiment j'aime beaucoup. Very Happy
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 27 Aoû 2008 - 19:49

sud273 a écrit:
Gavrill Popov*

Cette première symphonie de Popov trace la voie de toute la production symphonique des compositeurs soviétiques jusqu’à la fin des années 40. La résolution, le moyen d’en sortir se trouve dans la 6è de Shostakovich, dans Shebalin, dans les œuvres issues de la victoire sur les armées nazies après le spectaculaire retournement du pacte germano-soviétique.


Très intéressant... et on peut le en trouver une interprétation en vente libre ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMer 27 Aoû 2008 - 20:17

on doit trouver encore la version Leon Botstein chez Telarc avec le Theme et variation op2 de Chostakovich.
ici, chez Amazon
d'occasion à partir de 7 euros
je ne sais pas ce que ça vaut (le disque a été enregistré dans la foulée de la première américaine en 2002 je crois) n'ayant pas eu l'occasion d'entendre cette version. C'est pour l'instant absolument tout ce qu'il y a de disponible.
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Kia
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyJeu 25 Sep 2008 - 9:30

Une info qui va faire plaisir à Sud:

CPO va sortir les 4 symphonies de Kabalevsky par Eiji Oue...
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMar 30 Sep 2008 - 13:38

Kia a écrit:
CPO va sortir les 4 symphonies de Kabalevsky par Eiji Oue...

Sud, tu nous recommandes cet interprète ?

Sinon ce disque doit sortir le 30 octobre prochain :

MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 8570720

Au dos de la pochette on peut lire que c'est un élève de Chostakovitch marqué par son Azerbaidjan natal dont il inclua des éléments dans ses oeuvres. La Troisième symphonie date de 1964. Quelqu'un a-t-il déjà écouté la musique de ce compositeur ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMar 30 Sep 2008 - 15:22

ah génial, enfin! trop bien! il n'en existait aucune version et c'est l'oeuvre majeure de Karayev, qui lui a attiré les pires ennuis malgré le soutien constant de Chostakovich. J'attends ça depuis très longtemps.
Bon, la suite de Leyla et Mejnun n'est pas du meilleur Karayev, il faut plutôt entendre le ballet "Le chemin du tonnerre" (entre autre la suite enregistrée par Svetlanov). Il existe une excellent enregistrement du concerto pour violon par Guidon Kremer, qui est ce que je préfère pour l'instant. Karaev est surtout connu pour sa musique de ballet (c'est ce qui est enregistré) entre autre les 7 beautés (disque Olympia disparu). Il a aussi beaucoup écrit de musique de cinéma et tardivement beaucoup de musique de feuilleton télé!
La 3ème de Karayev par Yablonsky en plus, quelle chance, peut-être le meilleur spécialiste de ce répertoire des années 50 à 80...

(Eiji oué, oui je recommande, excellentes symphonies de Krenek chez Cpo, concertos d'Antheil, forcément un très bon chef puisqu'il s'est fait chasser de Bayreuth)
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMar 2 Déc 2008 - 18:37

Petite question, en passant, suite à ce que j'ai lu là :

Citation :
sous le label Olympia qui distribua tant de grands enregistrements de musique russe introuvable, mais ce label est malheureusement mort à son tour

Qu'est ce qui est arrivé à Olympia ? Le label a disparu quand ?

Il y a quelques années, j'achetais directement mes Cds Olympia chez eux en angleterre par correspondance, ça marchait super bien, j'en avais plein à acheter sur ma liste et puis pfuit... Plus de réponse...
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyMar 2 Déc 2008 - 19:25

je ne sais pas à quelle date exactement mais il y a une bonne dizaine d'années que ça n'existe plus. Olympia distribuait aussi en grande partie le fond Russian Disc qui a été revendu à Warner, d'où une suite de procès internationaux entre Canada-Russie-Allemagne-Angleterre qui se disputent les derniers restes, empêchant en partie l'accès à certains pans de ce répertoire.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptySam 6 Déc 2008 - 22:01

sud273 a écrit:


Plaine ma plaine
La 4ème symphonie de Lev Knipper



MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 Pochet10


Je viens de découvrir cette symphonie aujourd'hui ! Et c'est pas mal du tout ! Et dire que Knipper a écrit 19 autres symphonies, quel dommage que l'on ne puisse les entendre...
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 14:14

je viens d'aller sur amazon pour Karayev, j'ai trouvé l'album, mais pas moyen d'écouter des extraits, dommage !

pour Knipper, c'est souvent ça le drame de la musique soviétique, on nous sort 10% du répertoire, et encore pas toujours du meilleur, et le reste ne sort pas, c'est frustrant, il y a de la matière à faire découvrir, au lieu de la énième version des symphonies de Mozart, Beethoven ou les 4 saisons de Vivaldi !!! Combien encore d'autres œuvres de Glière ne sont pas enregistrées !
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 14:19

christophe21 a écrit:
je viens d'aller sur amazon pour Karayev, j'ai trouvé l'album, mais pas moyen d'écouter des extraits, dommage !

pour Knipper, c'est souvent ça le drame de la musique soviétique, on nous sort 10% du répertoire, et encore pas toujours du meilleur, et le reste ne sort pas, c'est frustrant, il y a de la matière à faire découvrir, au lieu de la énième version des symphonies de Mozart, Beethoven ou les 4 saisons de Vivaldi !!! Combien encore d'autres œuvres de Glière ne sont pas enregistrées !

Je suis bien d'accord, à quoi bon une enième version d'oeuvres déjà méga connues, alors que tant d'autres ne demandent qu'à être découvertes...

C'est le pari de Naxos ça d'ailleurs, de faire découvrir des répertoires inconnus.... Mais bon, ça avance pas bien vite côté soviétique...
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 14:24

comme tu dis, heureusement que Naxos est là, dernièrement j'ai acheté 7 cds chez eux de symphonies de compositeurs américains.

L'œuvre de Glière m'intéresse, car le peu que j'ai m'a beaucoup plu. Déjà rien que pour les symphonies, pour toutes les avoir c'est galère, mais il a composé aussi de nombreuses mélodies et pièces de piano.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 15:07

En parlant de Glière, quelqu'un a t'il ce CD ?

MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 L21690e8t7g

Ou celui là ?

MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 L1596039m44
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 15:57

non, je n'ai pas ces 2 cds, je ne connais même pas ces œuvres.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 16:31

le Cavalier de Bronze, je cherche depuis longtemps le ballet complet, et je ne savais pas qu'il existait un disque de la suite chez Marco polo, sans doute assez bon vu le chef. Le Chandos, j'ai, c'est épouvantablement mal dirigé, et déjà qu'il ne s'agit pas forcément d'oeuvres majeures de Glière, il vaut mieux s'en passer à mon avis.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   MUSIQUE Sovietique (1917-1980) - Page 3 EmptyDim 7 Déc 2008 - 17:27

J'hésitais entre les deux Cds, je sais maintenant lequel acheter, merci Sud Very Happy
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