Autour de la musique classique

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 Debussy... le lyrisme...

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antrav
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 1:44

Pour Voiles c'est discutable. On se demande quelle heure il est, on peut penser que c'est l'esprit de celui qui regarde cette scène qui est à l'écoute de cet instant fabuleux. Il est à l'affut de ces sensations d'où cette tension sourde.

Pour le Renoir, tout à fait d'accord, c'est n'importe quoi ! Laughing
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 1:55

Du coup, on peut dire ce qu'on y voit?

Pour Ondine, moi j'y entends bien plutôt du Klimt, les Serpents de mer I et II:

http://www.picturalissime.com/t/klimt_serpent_eau_l.jpg
http://www.picturalissime.com/t/klimt_serpent_2_l.jpg
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antrav
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 8:32

Le deuxième serpent colle très bien à la musique , fluidité et marche reptilienne de l'harmonie. thumleft
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:20

natrav a écrit:
Des pas sur la neige (piste 6 CD1) et Gelée blanche (Pissaro) ou Neige à Louvecienne (Sisley)

D'accord pour Pissaro! Il y a effectivement un certain labeur dans ces pas dans la musique de Debussy, une certaine lourdeur, et le parallèle avec le fardeau du paysan est très intéressant; Sisley convient beaucoup moins je trouve, trop contrasté.
En tout cas, il y a une vraie solitude dans ce Prélude de Debussy, qu'exprime très bien les deux tableaux.

Citation :

Reflets dans l'eau (Piste 1 CD1) et des Nymphéas (Monet)

Je trouve que Reflets dans l'eau est plus clair, donc plutôt bleu ciel que bleu marine. Et puis, il y a un passage plus monumental dans la pièce qui manque ici. [/quote]
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:26

natrav a écrit:
Brouillards (Piste 7 CD2) et L'Île Lacroix, Rouen (Pissaro) ou Londres, Le Parlement (Monet)

Un mélange des deux irait parfaitement: Brouillards n'est pas aussi coloré que le Monet ici, mais il en possède le mouvement. Le Pissaro convient bien au niveau des gris, mais malgré la fumée et les quelques reflets de l'eau, le tableau dans son ensemble n'exprime pas de mouvement mais un univers assez apaisé.
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antrav
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:35

Wolfgang a écrit:
natrav a écrit:
Des pas sur la neige (piste 6 CD1) et Gelée blanche (Pissaro) ou Neige à Louvecienne (Sisley)

D'accord pour Pissaro! Il y a effectivement un certain labeur dans ces pas dans la musique de Debussy, une certaine lourdeur, et le parallèle avec le fardeau du paysan est très intéressant; Sisley convient beaucoup moins je trouve, trop contrasté.
En tout cas, il y a une vraie solitude dans ce Prélude de Debussy, qu'exprime très bien les deux tableaux.
[/quote]

Là je suis moins, je le vois plus solitaire que ça. Une neige sans personnage malgré les "pas". C'est une idée de pas convoquée par l'épaisseur de la neige.

Je vois plus ce Monet: http://cartelfr.louvre.fr/pub/fr/image/27140_p0002980.002.jpg
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:37

natrav a écrit:
Nuages (Piste 6) et Etude de ciel (Boudin)

Il se passe trop de choses dans cette oeuvre, elle est trop variée pour que cela puisse être exprimé en un seul tableau. Pour moi, ce parallèle là a une très faible portée... Il faudrait plusieurs tableaux.
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:39

natrav a écrit:
Là je suis moins, je le vois plus solitaire que ça. Une neige sans personnage malgré les "pas". C'est une idée de pas convoquée par l'épaisseur de la neige.

Je vois plus ce Monet: http://cartelfr.louvre.fr/pub/fr/image/27140_p0002980.002.jpg

Ah oui, d'accord, pourquoi pas. Pourtant, il y a vraiment une marche dans cette oeuvre, tu ne trouves pas? Ce rythme lancinant...
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:40

Wolfgang a écrit:

Reflets dans l'eau (Piste 1 CD1) et des Nymphéas (Monet)

Je trouve que Reflets dans l'eau est plus clair, donc plutôt bleu ciel que bleu marine. Et puis, il y a un passage plus monumental dans la pièce qui manque ici. [/quote]

Celui du musée de l'Orangerie alors, il y a cet aspect monumental, fondamental, la course de la vie.

http://images.travelpod.com/users/zolina/1.1254376660.1_monet-s-water-lilies-at-the-orangerie.jpg
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:42

Wolfgang a écrit:

Ah oui, d'accord, pourquoi pas. Pourtant, il y a vraiment une marche dans cette oeuvre, tu ne trouves pas? Ce rythme lancinant...

Pour moi elle est symbolique cette marche. C'est la vision de cette épaisseur de neige qui fait penser au pas. Je vois les Préludes comme de pièces non descriptives. Nous différons sans doute sur ce point ? Ce sont des "idées de" et non des descriptions. Smile


Dernière édition par natrav le Mer 7 Avr 2010 - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:44

natrav a écrit:
Wolfgang a écrit:
Wolfgang a écrit:

Reflets dans l'eau (Piste 1 CD1) et des Nymphéas (Monet)

Je trouve que Reflets dans l'eau est plus clair, donc plutôt bleu ciel que bleu marine. Et puis, il y a un passage plus monumental dans la pièce qui manque ici.

Celui du musée de l'Orangerie alors, il y a cet aspect monumental, fondamental, la course de la vie.

http://images.travelpod.com/users/zolina/1.1254376660.1_monet-s-water-lilies-at-the-orangerie.jpg

Oui, bien mieux! Debussy... le lyrisme... - Page 2 Icon_biggrin
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:49

natrav a écrit:
Wolfgang a écrit:

Ah oui, d'accord, pourquoi pas. Pourtant, il y a vraiment une marche dans cette oeuvre, tu ne trouves pas? Ce rythme lancinant...

Pour moi elle est symbolique cette marche. C'est la vision de cette épaisseur de neige qui fait penser au pas. Je vois les Préludes comme de pièces non descriptives. Nous différons sans doute sur ce point ? Ce sont des "idées de" et non des descriptions. Smile

Eh bien d'une manière général, je suis plutôt d'accord avec toi, mais précisément sur ce prélude, je ressens une dimension narrative... J'y retrouve beaucoup plus l'acte de la marche que l'épaisseur de la neige.
Enfin, je comprends bien ce que tu veux dire, et sur les intentions mêmes de Debussy, tu as sûrement raison! Debussy... le lyrisme... - Page 2 Icon_smile
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:54

D'ailleurs cette marche dans a neige je la sens nocturne, une nuit sans lune. Alors... :hehe
On pourrait s'amuser à chercher une oeuvre pour chaque Prélude. c'est un peu vain je l'admets mais ça peut aussi permettre de parler de ces Préludes.
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MessageSujet: .   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 12:59

natrav a écrit:
D'ailleurs cette marche dans a neige je la sens nocturne, une nuit sans lune. Alors... :hehe
On pourrait s'amuser à chercher une oeuvre pour chaque Prélude. c'est un peu vain je l'admets mais ça peut aussi permettre de parler de ces Préludes.

Oh, c'est intéressant, je trouve que cela enrichit la vue sur les oeuvres.
Après, cela est plus aisé d'en trouver pour certains préludes que pour d'autres.
Par exemple, les Collines d'Anacapri exprime beaucoup de choses différentes, pas facile de trouver quoi que ce soit qui synthétise toutes ces états...
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:13

Pour moi, les collines d'Anacapri c'est une figure de pure lumière. sunny
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antrav
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:15

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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:17

Je ne peux vraiment pas voir ces couleurs pour Debussy, qui reste minéral pour moi, dans les couleurs froides, du bleu, du vert, à la rigueur un peu de jeune pâle, mais jamais de rouge. (Là, c'est plutôt le Concerto en sol corrigé par le Stravinsky du Sacre. Laughing )

Mais on en a mille fois discuté. hehe
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:20

DavidLeMarrec a écrit:
Je ne peux vraiment pas voir ces couleurs pour Debussy, qui reste minéral pour moi, dans les couleurs froides, du bleu, du vert, à la rigueur un peu de jeune pâle, mais jamais de rouge. (Là, c'est plutôt le Concerto en sol corrigé par le Stravinsky du Sacre. Laughing )

Mais on en a mille fois discuté. hehe

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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:23

natrav a écrit:
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Trop tourmenté je trouve, il manque la joie!
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antrav
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:26

Ah mais je ne suis pas du tout d'accord avec Arnaud au sujet d'Anacapri, je proposais simplement un peintre proche de l'impressionnisme qui ne peint qu'en 'lumières'. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:37

C'est Turner non? Ca me rappelle qu'il faut que j'aille voir l'exposition qui lui est consacrée... Debussy... le lyrisme... - Page 2 Icon_surprised
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:40

Les collines d'Anacapri c'est un jaune eclatant non?

Bof en fait je vous les dis: on est tous des amateurs en terme de caracterisation à côté de Messiaen pété de rire


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antrav
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:41

Citation :
C'est Turner non?

Oui. J'en ai vu quelques-uns. Proposés en face des fantastiques vues de Londres de Monet histoire de faire le lien entre ces deux conceptions de la lumière assez proche. Mais je ne sais plus où. hehe
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:44

arnaud bellemontagne a écrit:
Les collines d'Anacapri c'est un jaune eclatant non?

Bof en fait je vous les dis: on est tous des amateurs en terme de caracterisation à côté de Messiaen pété de rire

Je ne sens pas de couleur ici, pas éclatante en tout cas. Smile
Messiaen il est un peu barré quand il parle de couleurs. Mr.Red
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:45

Les collines d'Anacapri c'est un jaune eclatant non?

Bof en fait je vous les dis: à côté de Messiaen on est tous des amateurs en terme de caracterisation bedo pété de rire


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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:46

Alors, Arnaud... pété de rire ou bedo ?



hehe
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:47

Les deux mon capitaine! Mr. Green
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:57

arnaud bellemontagne a écrit:
Les collines d'Anacapri c'est un jaune eclatant non?

Moi je dirais plutôt:
cela commence jaune ou bleu clair sur les premières mesures, jusqu'aux trilles de la main gauche.
Le petit thème staccato sur ces trilles serait plutôt rose, puis un violet plus profond quand la main gauche prend le thème.
Ensuite, il y a le thème en octave à la main gauche, plein de charme: beige profond teinté de rose, presque rouge, comme la couleur de la peau, qui s'éclaire brusquement dans la lumière absolue, le blanc en fait!
Etc...

Bref, les Collines d'Anacapri, c'est un jardin!


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kegue
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 14:58

natrav a écrit:
Je ne sens pas de couleur ici, pas éclatante en tout cas. Smile
Messiaen il est un peu barré quand il parle de couleurs. Mr.Red

Surtout quand il disait que le jazz et la pop étaient des musiques grises siffle
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyMer 7 Avr 2010 - 15:03

Il a dit ça?
il est donc daltonien en plus d'être un doux-dingue hehe

Je croyais qu'il disait ça de la musique serielle mais bon...

Mais on est HS. bounce
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Ophanin
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 14:57

Je pense qu'on peut mettre ici cet article que je viens de trouver par hasard dans la presse de la Belle Epoque :

Hippolyte et Aricie

-----
On lira avec intérêt le curieux et charmant article que M. Claude Debussy consacre à Hyppolite et Aricie de Rameau, que l'Opéra va restituer au répertoire.

Il y défend avec une éloquente conviction la supériorité de cette école, où le souci de la justesse d'expression mélodique, de la musique claire et sobre, dominait les préoccupations qui depuis lors, il le constate avec regret, ont faussé le goût français et tué la tradition française.

Cette thèse de l'auteur de Pelléas et Mélisande ne convaincra peut-être pas certains admirateurs du jeune maître; elle fait en tout cas le plus grand honneur à l'équité de son jugement et à l'impartialité de son ̃ esthétique.

-----
M. de La Pouplinière, riche fermier général, ami des arts, profitait de cette aimable situation pour faire de la pauvre musique à ses moments perdus. Pourtant il avait du goût, et nous lui devons une partie du génie de Rameau. Du moins il arrive au moment où Rameau, tout en pressentant qu'il réussira dans la musique dramatique, ne trouve rien qui lui fournisse le sérieux prétexte d'en écrire.

La Pouplinière le met en relation avec l'abbé Pellegrin, faiseur de tragédies, qui, dénaturant la Phèdre de Racine, lui confectionne Hippolyte et Aricie dont l'indigence poétique est extrême, mais qui contient un spectacle varié en divertissements, entrées de bergers, chœurs de prêtresses, chœurs de chasseurs, et toutes espèces de symphonies où pourra s'exercer la prodigieuse invention de Rameau.

On joua Hippolyte et Aricie chez La Pouplinière d'abord; la réussite en fut si complète que l'abbé Pellegrin en rendit les cinquante pistoles qu'il avait exigées en cas d'insuccès. La première représentation eut lieu le 1er octobre 1733. On trouva généralement qu'il y avait trop de musique; des gens s'en fâchèrent comme d'une offense. Il ne pourra jamais en être autrement le mouvement qui fait avancer le génie en faisant reculer le public est un réflexe. C'est aussi une très vieille constatation qui permet aux esprits indécis de se fixer, à défaut d'autres moyens d'information. Hâtons-nous de dire, pour diminuer les craintes qu'on pourrait avoir de manquer à ce jugement, que les occasions de le vérifier sont extrêmement rares.

Dans la suite, le tumulte des premières représentations s'apaisa, le succès devint presque un triomphe. Si Rameau y trouve l'encouragement à continuer d'écrire pour l'Opéra, sa vie n'en est pas moins faite de constante mauvaise humeur et d'indicible besoin de solitude; il ne trouva guère de repos qu'en écoutant sa musique, Dieu sait après quelles batailles il se dispute avec les philosophes de son temps, tout en ayant cherché ardemment leur approbation ceux-ci avaient la dent aussi large que dure, et Rousseau, l'un d'eux, des raisons pas très valables d'en vouloir à Rameau.

Ils avaient chacun leur façon de comprendre l'harmonie, et dans cette querelle de système à système, il fallait bien que le musicien fût battu. La fin de sa vie s'entoure de considération et d'honneur sous forme de lettres de noblesse dont la mort lui empêche de porter les armoiries.

- La musique française oubliée -

Pour quoi a-t-elle oublié Rameau pendant un demi-siècle ? C'est un mystère fréquent dans l'histoire de l'art qui ne s'explique peut-être que par l'arbitraire et étrange enchaînement des événements historiques. La reine Marie-Antoinette qui ne cessa jamais d'être Autrichienne, sentiment qu'on lui fit payer une fois pour toutes, imposa Gluck au goût français; de ce coup, nos belles traditions se faussent, notre besoin de clarté se noie, et en passant par Meyerbeer nous aboutissons, très logiquement d'ailleurs, à Richard Wagner.Pourquoi cela ? Wagner est nécessaire à l'épanouissement de l'art en Allemagne,- épanouissement prodigieux mais aussi virtuelles funérailles -, on peut douter, sans singularité, qu'il eût jamais quelque chose à faire en France, en tant qu'influence sur notre façon de penser, s'entend; et s'il n'est permis qu'à l'avenir de juger les événements, sans passion de parti, nous pouvons au moins constater. ce fait brutal : il n'y a plus de tradition française. Pourquoi ne pas regretter cette façon charmante d'écrire la musique que nous avons perdue, aussi bien qu'il est impossible de retrouver la trace de Couperin. Elle évitait toute redondance et avait de l'esprit; nous n'osons presque plus avoir de l'esprit, craignant de manquer de grandeur, ce à quoi nous nous essoufflons sans y réussir bien souvent. Et cette subtilité si souple à nombrer, les syllabes de notre douce langue, qu'est-elle devenue? Nous la retrouverons dans cet Hippolyte et Aride de 1733 que l'Opéra va représenter en 1908. Malgré le mélancolique reproche contenu dans ces deux dates accouplées, on peut être sûr que, si le cadre, la musique d'apparat en quelque sorte se sont fanés, l'expression est restée intacte, tant elle est juste et « en place », égale et pareille en cela à ces choses de beauté pour toujours, qui malgré l'injuste oubli des hommes ne pourront jamais complètement mourir.

Pourquoi n'avoir pas suivi les bons conseils qu'il nous, donnait d'observer la nature avant de nous essayer à la décrire ? Nous n'avons plus le temps, sans doute? Et notre musique se tient à la remorque de faits divers qui nous viennent d'Italie, ou d'anecdotes légendaires miettes tombées de la table d'hôte tétralogique. Nous laissons inemployé le « ballet avec chant », qui nous appartenait par les exemples décisifs qu'en avait laissés Rameau. Quoique la Russie nous l'ait repris, il s'adaptait infiniment mieux à certains côtés de notre caractère; il suffisait d'y conserver quelque souci d'élégance. On ne peut prévoir ce que sera la représentation d'Hippolyte et Aricie à notre Opéra. C'est une tentative qui comporte plus d'audace qu'on ne le suppose. Rameau est un musicien de la vieille France qui, s'il se prête obligeamment à l'agrément du spectacle, prétend ne rien abdiquer de son droit à faire de la musique. Cela semble naturel; peut-être cela ne l'est-il plus autant. Nous avons adopté une manière frénétique de secouer l'orchestre comme une salade, pendant quoi tout espoir de musique doit être, complètement abandonné. Cette frénésie est d'une beauté d'autant plus profonde qu'on ne la perçoit qu'assez difficilement. On peut en craindre que nos oreilles n'aient perdu la faculté d'écouter avec une attention délicate cette musique qui s'interdit tout bruit disgracieux, mais réserve l'accueil d'une politesse charmante à ceux qui savent l'écouter. Il serait fâcheux que nous ayons oublié ces manières qui furent les nôtres, en y répondant par des attitudes de barbares. Ne craignons pas d'être ni trop respectueux, ni trop attendris. Ecoutons le cœur de Rameau, jamais voix plus française ne s'est fait entendre, et depuis longtemps, à l'Opéra.

Claude Debussy. (Le Figaro, 8 mai 1908, P.1)


Édifiante manière de présenter Wagner ! Il ne parle, pour ainsi dire, pas du tout du sujet qu'il aborde. study
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 16:50

Il me semble que l'on pourrait grosso modo diviser la musique de Debussy en deux grandes périodes : avant la Mer c'est encore très lyrique, consonant et post-romantique (au sens le plus large Smile ), après c'est nettement plus moderne et "abstrait" - avec bien sûr des exceptions dans les deux cas (il y a évidemment une continuité).

Pour la première période, personne n'a cité Sirènes - la grande envolée centrale est tout de même un sommet de lyrisme envoûtant, un de mes favoris en tout cas -, le mouvement lent du Quatuor (plutôt post-borodinien), le Clair de Lune et même le Prélude de la Suite Bergamasque, Sarabande et Toccata de Pour le piano (cette Toccata est d'ailleurs beaucoup plus lyrique, à mon sens, que celle que Ravel écrira seize ans plus tard dans le Tombeau de Couperin)...

Quant à Pelléas, c'est en écoutant la version Karajan pour la première fois il y a bien longtemps (jeuuu me rappeeelleuuuu) que j'ai pris conscience de ce qu'il y avait d'éminemment romantique dans cette œuvre (wagnérien surtout, bien sûr, mais une sorte de Wagner feutré, avec sourdine, "bas de plafond" et avec un côté "gothique" très prononcé, comme si on arpentait la crypte d'une cathédrale wagnérienne ; difficile à exprimer, mais c'est un peu ça). Ça tient bien sûr à la version, mais Karajan n'aurait pas pu accoucher de ça sans que ce soit bel et bien présent dans l'œuvre : il n'a fait que mettre cet aspect-là en avant, mais contrairement à ce que j'ai lu ici ou là je pense non seulement qu'il ne s'est pas substitué à Debussy, mais qu'il n'a même pas forcé le trait, car le résultat est (pour moi) d'une évidence totale et d'une beauté tout-à-fait naturelle (tout en étant par ailleurs quasi surnaturelle I love you ). En tout cas je dois à cette version, et à la découverte du romantisme debussyste qu'elle a permis, une de mes plus grandes émotions pelléassienne - et même certainement la plus décisive, car avant ça une partie de moi pouvait encore trouver certaines répliques cuculs, certains passages trop éthérés ou fuyants...

Dans la Mer, il y a tout de même le milieu de Jeux de vagues qui s'emballe pas mal ; ensuite, "les Parfums de la nuit" (plus un lyrisme hispanisant qu'un lyrisme romantique, mais lyrisme tout de même), et quelques passages passionnés dans la terrasse des audiences du clair de lune, les "Agrément" et au milieu des "Sonorités opposées", mais c'est un lyrisme embryonnaire ou résiduel, et surtout comme indirect, vu avec une distance onirique ou à travers un voile. Le Martyre de Saint-Sébastien contient des passages très passionnés, mais (un peu comme dans l'acte III de Parsifal) c'est une expressivité très intériorisée, plus de l'ordre de la ferveur que du lyrisme proprement dit. Il y a longtemps que je n'ai pas écouté Jeux (il faut d'ailleurs que j'y remédie d'urgence), mais j'ai le souvenir d'une valse tourbillonnante du genre Jeux de vagues, peut-être même encore plus emportée, juste avant la fin... Cela dit, ma mémoire déforme peut-être. Quant aux Sonates, rien de vraiment lyrique là-dedans - des esquisses seulement, mais le soufflé retombe toujours avant d'avoir vraiment levé, c'est sans doute pourquoi je n'en suis pas très fan (je mets toutefois la flûte alto et harpe à part). Rien à voir, pour le coup, avec la musique de chambre de Ravel (le Trio Shocked ...).


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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 17:00

Images pour orchestre c'est déjà un pas de plus vers la modernité (après la Mer).

Quand à Jeux ça va très loin. C'est très beau, mais c'est du Debussy plus ascetique.

Quand à Pelléas la musique est anti-romantique au possible je trouve. Le sujet c'est à débattre. Car si le romantisme parle souvent de l'homme qui essait de s'extraire de la société ... Ici rien de tout celà.
Certes on peut le voir comme une idéalisation de cet amour naturel car totalement inconscient entre Pelléas et Mélisande, face à celui qui veut tout calculer (Golaud) et ne veut comprendre que ce qui se déroule rationellement, mais à mon avis ça ne suffit pas à en faire un opéra romantique, surtout dans la musique dans laquelle ça baigne.

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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 17:22

Cololi a écrit:

Quand à Pelléas la musique est anti-romantique au possible je trouve. Le sujet c'est à débattre. Car si le romantisme parle souvent de l'homme qui essait de s'extraire de la société ... Ici rien de tout celà.
Certes on peut le voir comme une idéalisation de cet amour naturel car totalement inconscient entre Pelléas et Mélisande, face à celui qui veut tout calculer (Golaud) et ne veut comprendre que ce qui se déroule rationellement, mais à mon avis ça ne suffit pas à en faire un opéra romantique, surtout dans la musique dans laquelle ça baigne.

Je parlais du ressenti que j'ai eu à la découverte d'une version en particulier : je ne dis surtout pas que Pelléas est un opéra romantique ( affraid ), mais néanmoins je pense qu'il doit énormément au romantisme - au langage romantique - et se situe dans une continuité assez directe avec lui. C'est ce qui m'a frappé, en tout cas.
Après je ne connais pas le Romantisme assez en profondeur pour pouvoir vraiment en discuter. Disons seulement que Tristan me semble être l'œuvre romantique par excellence, celle qui cristallise le mieux l'essence du romantisme, alors qu'il est nettement postérieur à l'"opéra romantique" et n'a pas grand-chose à voir avec ce à quoi on donne ce nom.
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 17:25

Golisande a écrit:
Il me semble que l'on pourrait grosso modo diviser la musique de Debussy en deux grandes périodes : avant la Mer c'est encore très lyrique, consonant et post-romantique (au sens le plus large Smile ), après c'est nettement plus moderne et "abstrait" - avec bien sûr des exceptions dans les deux cas (il y a évidemment une continuité).



Pour la première période, personne n'a cité Sirènes

je ne sens pas une telle césure dans son oeuvre. Les Nocturnes, le Quatuor, le Prélude... contiennent déjà en germe cette part d'abstraction que tu évoques et des partitions comme Jeux, plus aride, n'en reste pas moins parsemées de très belles phrases au lyrisme qui rejoint le Prélude.

Si on parle de Sirènes qui est très lyrique en effet — mais le sujet l'impose presque — Nuages, une de mes oeuvres préférées du Claude me paraît déjà plonger dans cette abstraction, proche, dans la conception, des futures Grandes Décorations de Monet. Rien de descriptif, peu d'impressionnisme, on est très loin de la Mer je trouve, le lyrisme, présent discrètement, certes, y est vite étouffé au profit d'une concentration sur le thème franchement peine-à-jouir.
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 17:42

@Cololi En simplifiant, je dirais que les descendants directs du Romantisme musical sont deux courants simultanés et assez différents : le Postromantisme, au centre et à l'est de de l'Europe surtout, et ce que l'on appelle (en partie abusivement) l'"Impressionnisme" à l'ouest et principalement en France... Mais il est clair qu'il y a de l'impressionnisme dans le postromantisme, et vice versa...

(Il se trouve d'ailleurs que Debussy et Mahler sont probablement mes deux compositeurs préférés. bounce )

@antrav J'ai bien dit qu'il y avait avant tout continuité, mais néanmoins je ressens assez nettement une différence de style et d'esprit à partir de la Mer : disons que ce qu'il y avait encore de "sucré" (ce qui n'est pas péjoratif, tant qu'il n'y a pas d'abus) dans Pelléas ou les Nocturnes se fait beaucoup plus discret, et laisse bien plus de place au salé, à l'acide voire à l'amer (sans jeu de mots elephant ).
Pour le reste (l'abstraction de Nuages que je révère également, le lyrisme de Jeux si mes souvenirs sont bons), je suis de ton avis - sauf qu'il y a à mon sens beaucoup d'impressionnisme dans Nuages, à commencer par ces merveilleux appels iambiques (annonciateurs de Sirènes) à la fin, aux cors puis cors + hautbois sur trémolos de cordes zen, qui ne sont pas peine-à-jouir du tout - non plus d'ailleurs que toute la partie qui précède ("Un peu animé"), au lyrisme voilé mais indéniable... I love you
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 19:14

La sonate pour violoncelle, en terme de lyrisme, c'est quand même incroyable, les mouvements extrêmes surtout.....Ca me surprend que ça te touche moins Golisande....il y a là un caractère noblement poignant qui me transporte pour ma part, depuis la profondeur déclamatoire du premier mouvement jusqu'au lyrisme chaleureux et enfiévré du final, en passant par l'ascèse mystérieuse et fuyante du mouvement médian....
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 19:48

Je ne sais pas... Je trouve ça bizarre, trop différent du reste. Ce style déclamatoire/semi-improvisé et cette construction rhapsodique me mettent mal à l'aise, l'ensemble me donne l'impression d'une série de gestes avortés, de flèches qui retombent, d'un discours sans queue ni tête ou ou d'un truc cassé qui avance en brinquebalant... Le seul autre morceau de Debussy qui me fasse cet effet (bien que très différent), c'est le matin d'un jour de fête d'Iberia.
Dans le même genre il y a la plupart des fins fortissimo de Claude-Achille, que je trouve maladroites, décousues (c'est ça : j'ai l'image désagréable d'un bouton qui pendouille au bout d'un fil...), alors que Ravel est un des plus grands génies - le plus grand ? - en la matière.

Mais concernant les sonates, tout n'est peut-être pas perdu pour moi : j'attends toujours une sorte de Révélation...
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 20:14

Golisande a écrit:
Je ne sais pas... Je trouve ça bizarre, trop différent du reste. Ce style déclamatoire/semi-improvisé et cette construction rhapsodique me mettent mal à l'aise, l'ensemble me donne l'impression d'une série de gestes avortés, de flèches qui retombent, d'un discours sans queue ni tête ou ou d'un truc cassé qui avance en brinquebalant... Le seul autre morceau de Debussy qui me fasse cet effet (bien que très différent), c'est le matin d'un jour de fête d'Iberia.
Dans le même genre il y a la plupart des fins fortissimo de Claude-Achille, que je trouve maladroites, décousues (c'est ça : j'ai l'image désagréable d'un bouton qui pendouille au bout d'un fil...), alors que Ravel est un des plus grands génies - le plus grand ? - en la matière.

Mais concernant les sonates, tout n'est peut-être pas perdu pour moi : j'attends toujours une sorte de Révélation...

Pourtant je trouve que ce premier mouvement rappelle vraiment le caractère du Prélude de Pour le Piano, par son côté néo-baroque-austère-mais-expressif-quand-même....
Et puis la structure générale de la pièce, une fois appréhendée avec plus de clarté, atténue fortement cette impression d'inaboutissement qu'on peut effectivement ressentir à première écoute....
Par contre je comprends très bien ce que tu veux dire à propos du deuxième volet d'Iberia, personnellement j'adore parce que les couleurs et les ambiances sont extraordinaires, mais c'est clair que ça donne paradoxalement beaucoup plus l'impression d'une Esquisse Symphonique que la Mer...

EDIT: je me rends compte qu'on parle pas du même morceau dans Iberia, ce qui rend ma remarque nulle et non avenue.... hehe
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 20:39

benvenuto a écrit:

Pourtant je trouve que ce premier mouvement rappelle vraiment le caractère du Prélude de Pour le Piano, par son côté néo-baroque-austère-mais-expressif-quand-même....
Et puis la structure générale de la pièce, une fois appréhendée avec plus de clarté, atténue fortement cette impression d'inaboutissement qu'on peut effectivement ressentir à première écoute....
Par contre je comprends très bien ce que tu veux dire à propos du deuxième volet d'Iberia, personnellement j'adore parce que les couleurs et les ambiances sont extraordinaires, mais c'est clair que ça donne paradoxalement beaucoup plus l'impression d'une Esquisse Symphonique que la Mer...

Là je veux bien te croire ; pourtant je l'avais travaillé il y a longtemps et ça ne m'avait pas vraiment aidé à l'apprécier, mais depuis je ne me suis pas vraiment repenché dessus... D'un autre côté, je ne suis pas fan du Prélude de Pour le piano (il n'y a en fait que la Sarabande que j'aime vraiment dans ce triptyque, m'étant vite lassé de cette Toccata légèrement sirupeuse), donc c'est peut-être cette veine-là du père Claude qui me laisse de côté...
Je suppose que tu veux parler du troisième volet d'Iberia, car le deuxième ("les parfums de la nuit") est vraiment très différent...


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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 20:42

Oui, dslé, j'ai édité mon message précédent... hehe
Par contre en l'occurrence je vois pas trop où est le souci avec ce troisième volet... Neutral
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 20:44

antrav a écrit:
Golisande a écrit:
Il me semble que l'on pourrait grosso modo diviser la musique de Debussy en deux grandes périodes : avant la Mer c'est encore très lyrique, consonant et post-romantique (au sens le plus large Smile ), après c'est nettement plus moderne et "abstrait" - avec bien sûr des exceptions dans les deux cas (il y a évidemment une continuité).



Pour la première période, personne n'a cité Sirènes

je ne sens pas une telle césure dans son oeuvre. Les Nocturnes, le Quatuor, le Prélude... contiennent déjà en germe cette part d'abstraction que tu évoques et des partitions comme Jeux, plus aride, n'en reste pas moins parsemées de très belles phrases au lyrisme qui rejoint le Prélude.

Tout à fait d'accord. Certes au fil du temps ça devient plus abstrait, plus ascétique clairement, mais c'est très progressif, et ça ne change pas fondamentalement son style.

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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 20:46

@benvenuto Ah bon, donc c'est bien le deuxième qui te fais l'effet d'une esquisse, et pas du tout le troisième ? Bizarre... scratch

Bon, je t'avoue que je n'aime pas trop Berlioz : c'est peut-être pour ça qu'on ne se comprend pas...
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 20:59

Very Happy Permettez moi, sans rentrer dans les périodes de sa musique que je ne connais pas, de reprendre son billet du Figaro:

- La musique française oubliée -

Pour quoi a-t-elle oublié Rameau pendant un demi-siècle ? C'est un mystère fréquent dans l'histoire de l'art qui ne s'explique peut-être que par l'arbitraire et étrange enchaînement des événements historiques. La reine Marie-Antoinette qui ne cessa jamais d'être Autrichienne, sentiment qu'on lui fit payer une fois pour toutes, imposa Gluck au goût français; de ce coup, nos belles traditions se faussent, notre besoin de clarté se noie, et en passant par Meyerbeer nous aboutissons, très logiquement d'ailleurs, à Richard Wagner.Pourquoi cela ? Wagner est nécessaire à l'épanouissement de l'art en Allemagne,- épanouissement prodigieux mais aussi virtuelles funérailles -, on peut douter, sans singularité, qu'il eût jamais quelque chose à faire en France, en tant qu'influence sur notre façon de penser, s'entend; et s'il n'est permis qu'à l'avenir de juger les événements, sans passion de parti, nous pouvons au moins constater. ce fait brutal : il n'y a plus de tradition française. Pourquoi ne pas regretter cette façon charmante d'écrire la musique que nous avons perdue, aussi bien qu'il est impossible de retrouver la trace de Couperin. Elle évitait toute redondance et avait de l'esprit; nous n'osons presque plus avoir de l'esprit, craignant de manquer de grandeur, ce à quoi nous nous essoufflons sans y réussir bien souvent. Et cette subtilité si souple à nombrer, les syllabes de notre douce langue, qu'est-elle devenue? Nous la retrouverons dans cet Hippolyte et Aride de 1733 que l'Opéra va représenter en 1908. Malgré le mélancolique reproche contenu dans ces deux dates accouplées, on peut être sûr que, si le cadre, la musique d'apparat en quelque sorte se sont fanés, l'expression est restée intacte, tant elle est juste et « en place », égale et pareille en cela à ces choses de beauté pour toujours, qui malgré l'injuste oubli des hommes ne pourront jamais complètement mourir.

Pourquoi n'avoir pas suivi les bons conseils qu'il nous, donnait d'observer la nature avant de nous essayer à la décrire ? Nous n'avons plus le temps, sans doute? Et notre musique se tient à la remorque de faits divers qui nous viennent d'Italie, ou d'anecdotes légendaires miettes tombées de la table d'hôte tétralogique. Nous laissons inemployé le « ballet avec chant », qui nous appartenait par les exemples décisifs qu'en avait laissés Rameau. Quoique la Russie nous l'ait repris, il s'adaptait infiniment mieux à certains côtés de notre caractère; il suffisait d'y conserver quelque souci d'élégance. On ne peut prévoir ce que sera la représentation d'Hippolyte et Aricie à notre Opéra. C'est une tentative qui comporte plus d'audace qu'on ne le suppose. Rameau est un musicien de la vieille France qui, s'il se prête obligeamment à l'agrément du spectacle, prétend ne rien abdiquer de son droit à faire de la musique. Cela semble naturel; peut-être cela ne l'est-il plus autant. Nous avons adopté une manière frénétique de secouer l'orchestre comme une salade, pendant quoi tout espoir de musique doit être, complètement abandonné. Cette frénésie est d'une beauté d'autant plus profonde qu'on ne la perçoit qu'assez difficilement. On peut en craindre que nos oreilles n'aient perdu la faculté d'écouter avec une attention délicate cette musique qui s'interdit tout bruit disgracieux, mais réserve l'accueil d'une politesse charmante à ceux qui savent l'écouter. Il serait fâcheux que nous ayons oublié ces manières qui furent les nôtres, en y répondant par des attitudes de barbares. Ne craignons pas d'être ni trop respectueux, ni trop attendris. Ecoutons le cœur de Rameau, jamais voix plus française ne s'est fait entendre, et depuis longtemps, à l'Opéra.

Claude Debussy. (Le Figaro, 8 mai 1908, P.1)[/color][/justify][/font]

Texte magnifique, merci de nous le faire connaître, où l'on voit Debussy réagir contre le raz de marée Wagnérien qui semble tout submerger en ce début du XX ième et prendre un positionnement profondemment ancré dans la tradition française.
Quand même, ce sont des sacrés intellectuels, ces grands musiciens.
Et de l'humour :"Nous avons adopté une manière frénétique de secouer l'orchestre comme une salade, pendant quoi tout espoir de musique doit être, complètement abandonné".

Je ne connais de Rameau que "Zoroastre" , mais cet opéra m'a plut et cette élégance effective que j'y ai vue est bien celle des troubadours et des trouvères, de Jean de Meung et plus tard Villon.
rien ne me paraît plus près de cet esprit français que ce poème sur la vrai noblesse (Jean de Meung ,XIII ième siècle):
"Les princes ne méritent pas
Qu'un autre annonce leur trépas
Plutôt que la mort d'un autre homme:
Leur corps ne vaut pas une pomme
De plus qu'un corps de charretier,
Qu'un corps de clerc ou d'écuyer,
Je les fais pareillement nus,
Forts ou faibles, gros ou menus,
Tous égaux sans exception
Par leur humaine condition.
Fortune donne le restant,
Qui ne saurait durer qu'un temps,
Et ses biens à son plaisir donne,
Sans faire acception de personne,
Et tout reprend ou reprendra
Sitôt que bon lui semblera.
Si quelqu'un, me contredisant,
Et de sa race se targant,
Vient dire que le gentilhomme
(Puisqu'ainsi le peuple les nomme)
Est de meilleure condition
Par son sang et son extraction
Que ceux qui la terre cultivent
Et du labeur de leurs mains vivent,
Je répond que nul n'est racé
S'il n'est aux vertus excercé,
Nul vilain, sauf par ses défauts
Qui le font arrogant et sot.
Noblesse, c'est coeur bien placé,
Car gentillesse de lignée
N'est que gentillesse de rien
Si un grand coeur ne s'y adjoint.
Il faut donc imiter au mieux
Les faits d'armes de ses aïeux
Qui avaient conquis leur noblesse
Par les hauts faits et leur prouesse;
Mais quand de ce monde ils passèrent,
Toutes leur vertus emportèrent,
Laissant derrière eux leur avoir:
C'est tout ce qui reste à leur hoirs;
Rien d'autre, hors l'avoir, n'est leur,
Ni gentillesse, ni valeur,
A moins qu'à noblesse ils n'accèdent
Par sens ou vertu qu'ils possèdent.
Au clerc, il est bien plus aisé
D'être courtois, noble, avisé
(Je vous en dirais la raison),
Qu'aux princes et aux rois qui n'ont
De lettres la moindre teinture;
Car le clerc trouve en écriture,
Gräce aux sciences éprouvées,
Raisonnables et démontrées,
Tous maux dont il faut se défaire
Et tout le bien que l'on peut faire:
Choses du monde, il voit écrites
Comme ellles sont faites et dites,
Il lit dans les récits anciens
Les vilennies de tous vilains
Et les hauts faits des héros morts,
De courtoisie un vrai trésor.
Bref, il peut voir, écrit en livre,
Tout ce que l'on doit faire ou suivre."
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 21:01

Cololi a écrit:
antrav a écrit:
Golisande a écrit:
Il me semble que l'on pourrait grosso modo diviser la musique de Debussy en deux grandes périodes : avant la Mer c'est encore très lyrique, consonant et post-romantique (au sens le plus large Smile ), après c'est nettement plus moderne et "abstrait" - avec bien sûr des exceptions dans les deux cas (il y a évidemment une continuité).



Pour la première période, personne n'a cité Sirènes

je ne sens pas une telle césure dans son oeuvre. Les Nocturnes, le Quatuor, le Prélude... contiennent déjà en germe cette part d'abstraction que tu évoques et des partitions comme Jeux, plus aride, n'en reste pas moins parsemées de très belles phrases au lyrisme qui rejoint le Prélude.

Tout à fait d'accord. Certes au fil du temps ça devient plus abstrait, plus ascétique clairement, mais c'est très progressif, et ça ne change pas fondamentalement son style.

Je maintiens : globalement c'est une évolution plutôt progressive, mais la Mer marque un tournant (comparable avec ce qui se passe entre la 4e et la 5e de Mahler, par exemple).
J'entends une plus grande différence entre la Mer et les Nocturnes, ou Pelléas, qu'entre la même œuvre et Jeux ; j'entends également plus d'écart entre les deux "cahiers" d'Images pour piano qu'entre le premier et les Estampes ou Pour le Piano, ou entre le deuxième et les Préludes... Pas vous ?
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Cololi
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 21:03

Je t'avoue que je n'ai entendu aucune rupture chez Mahler.

J'entend des ruptures chez Wagner, dans une moindre mesure chez Strauss, ou au contraire plus fortes chez Schoenberg.

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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 21:06

Golisande a écrit:
@benvenuto Ah bon, donc c'est bien le deuxième qui te fais l'effet d'une esquisse, et pas du tout le troisième ? Bizarre... scratch

Bon, je t'avoue que je n'aime pas trop Berlioz : c'est peut-être pour ça qu'on ne se comprend pas...

Ca m'intrigue ce que tu me dis, faudra que je réécoute, mais la troisième pièce me donnait l'impression de contours plus définis et ductiles que la deuxième...après j'aime énormément cette sensation d'impalpable, aucun jugement de valeur ici...mais je te redirai après avoir réécouté...
Et puis certes j'aime Berlioz mais c'est pas du tout exclusif, je vois pas en quoi ce serait un obstacle, sinon à une pleine compréhension, du moins à un échange enrichissant!!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptyVen 4 Nov 2011 - 21:26

@Cololi Je ne parle pas vraiment de rupture, mais de tournant (une rupture "soft", si tu veux, un angle très arrondi).
À partir de la 5e l'écriture de Mahler se complexifie sensiblement, s'éloigne de celle des lieder, le contrepoint prend nettement plus de place, le caractère général devient à la fois plus torturé et plus abstrait (plus "psychologique", peut-être) que dans ses symphonies du Wunderhorn, dont on ne retrouvera plus vraiment le style ni l'esprit dans les œuvres suivantes (les dernières étant d'autre part très différentes les unes des autres). Cela dit, ce tournant-là me semble plutôt moins marqué que celui de Debussy... Mr.Red

Puisque tu évoques Wagner, la différence entre Pelléas et la Mer me semble au moins aussi radicale qu'entre die Walküre et Tristan.
Chez Schoenberg en revanche, il y a de vraies ruptures volontaires et délibérées (on parle même de révolution(s)...). Mais chez Strauss ?

(Complètement HS, tout ça: cette histoire de ruptures mériterait peut-être un topic...)


Dernière édition par Golisande le Sam 5 Nov 2011 - 0:43, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptySam 5 Nov 2011 - 0:41

benvenuto a écrit:
Et puis certes j'aime Berlioz mais c'est pas du tout exclusif, je vois pas en quoi ce serait un obstacle, sinon à une pleine compréhension, du moins à un échange enrichissant!!! Very Happy
Au contraire ! Smile
Je me disais seulement que le fait d'aimer ou non tel compositeur (en l'occurrence Berlioz) entretient nécessairement des rapports avec le fait d'apprécier plutôt tel aspect ou tel autre d'œuvres d'autres compositeurs... C'est même ce qui fait tout l'intérêt des discussions sur la musique. Razz
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 EmptySam 5 Nov 2011 - 11:21

d.grammophone a écrit:
Texte magnifique, merci de nous le faire connaître, où l'on voit Debussy réagir contre le raz de marée Wagnérien qui semble tout submerger en ce début du XX ième et prendre un positionnement profondemment ancré dans la tradition française.
Il y a évidemment une part de nationalisme exalté là-dedans. Et il n'est pas publié par n'importe quel journal, en l'occurrence. Le raz de marrée wagnérien c'est un peu exagéré, on le jouait surtout dans les salons à cette période, très peu de concerts publiques. (à lire sur le wagnérisme en France, le bouquin de Myriam Chimène : Mécènes et Musiciens) Après c'est vrai qu'il se retrouve chez une grande partie des compositeurs français et c'est sûrement ça que Debussy déplore. (Il était mal placé hehe )
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MessageSujet: Re: Debussy... le lyrisme...   Debussy... le lyrisme... - Page 2 Empty

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