Autour de la musique classique

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 Tchaïkovsky: les ballets

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Vous preferez:
Casse noisette
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Le lac des cygnes
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La belle au bois dormant
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 0:33

cheers ENFIN !

Réédition en CD du Casse-noisette de Dorati avec l'Orchestre de Minneapolis (Mercury, décembre 1953)

http://www.amazon.fr/Dorati-Tchaikovski-Casse-noisette-Piotr-Ilyitch/dp/B00HFPZR60

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 41wrgCvl9qL._SY300_


Voici la mignonne pochette originale (dont le design fut repris pour la réédition en CD, sous label Mercury, de la version de 1962 avec l'Orchestre symphonique de Londres) :

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Tchaik26
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 0:42

Mélomaniac a écrit:
cheers ENFIN !

Réédition en CD du Casse-noisette de Dorati avec l'Orchestre de Minneapolis (Mercury, décembre 1953)

Ça avait déjà été réédité par Naxos en 2000. Smile
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 0:47

 dwarf  Ah bon ?

Tu aurais les références, ou un lien vers une webpage qui nous montre cet objet ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 0:55

http://www.qobuz.com/album/pyotr-ilyich-tchaikovsky-tchaikovsky-pi-sleeping-beauty-the-minneapolis-symphony-a-dorati-1955/0747313059119
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 0:56

Mr. Green C'est bien ce qui me semblait.

Il s'agit là de la Belle au Bois Dormant.

Et d'un téléchargement, et non d'un CD...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 0:59

C'est comme dans le fil Fournet, où tu fais mine de me prendre au sérieux, alors ne m'en veux pas si après je joue un peu avec toi. siffle
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 1:10

dwarf Heureusement que j'avais introduit un smiley qui montre que je ne suis pas dupe de tes approximations et manigances...

Escroc...
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olivier le normand
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 23:04

Mélomaniac a écrit:
cheers ENFIN !

Réédition en CD du Casse-noisette de Dorati avec l'Orchestre de Minneapolis (Mercury, décembre 1953)

http://www.amazon.fr/Dorati-Tchaikovski-Casse-noisette-Piotr-Ilyitch/dp/B00HFPZR60

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Voici la mignonne pochette originale (dont le design fut repris pour la réédition en CD, sous label Mercury, de la version de 1962 avec l'Orchestre symphonique de Londres) :

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Tchaik26

Merci Mélo!

Tu vas me ruiner à la fin!

Ce n'était pas arrivé dans le quatuor de tête d'une discographie comparée de Diapason il y a peu?
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 23:09

Surprised Une discographie du Casse noisette dans un récent Diapason ?

Je ne m'en souviens plus...

Le cas échéant, ça m'étonnerait que cette version ait été couronnée, dans la mesure où elle était depuis longtemps indisponible (je crois même qu'elle n'avait jamais été rééditée en CD).
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olivier le normand
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 17 Avr 2014 - 23:16

Mélomaniac a écrit:
Surprised Une discographie du Casse noisette dans un récent Diapason ?

Je ne m'en souviens plus...

Le cas échéant, ça m'étonnerait que cette version ait été couronnée, dans la mesure où elle était depuis longtemps indisponible (je crois même qu'elle n'avait jamais été rééditée en CD).

Si ma mémoire est bonne, et si, en dépit de l'heure, tout est bien connecté là-haut, je dirais le numéro de janvier 2012 avec Tchaïkovsky précisément en couverture.

Je ne sais pas si tu as les numéros de Diapason sous la main (moi, les plus anciens sont chez mes parents) et si tu peux vérifier, mais il me semble que l'auteur avait évoqué cette version en des termes élogieux (à moins que ce ne soit une autre version dirigée par Dorati- il en a enregistré une autre, avec le LSO OU Détroit peut-être?)!

A vérifier je te dis. Tu me tiens au courant si tu en as la possibilité?

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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 18 Avr 2014 - 0:13

Le problème, c'est que j'en ai des piles sous la main (à peu près tous les numéros depuis 1989), mais qui ne sont pas classées par ordre chronologique...  Rolling Eyes 

C'est fort possible que la version Dorati / LSO (qui, comme je l'écrivais ci-dessus a repris le visuel de la précédente version avec l'orchestre de Minneapolis pour la réédition en CD) ait été couronnée dans la top list, vu que cet enregistrement londonien passe pour une évidente référence, tant pour son interprétation que sa prise de son.

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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyMar 22 Avr 2014 - 14:08

Splendide version que celle de Sir Charles Mackerras avec le L.S.O. chez Telarc.
C'est plein de vie, jamais vulgaire ni démonstratifs. Les tempis sont plutôt allants (dansants ? )
Belle réussite, en ce qui me concerne.
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyMar 22 Avr 2014 - 23:07

Smile Une des quelques versions que je ne connais pas encore.

La pochette est sympathique :

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Jaky
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyMer 23 Avr 2014 - 3:21

Mélomaniac a écrit:
Smile Une des quelques versions que je ne connais pas encore.

La pochette est sympathique :

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Fait tout de même attention au coup de canon… Confused 
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Oriane
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyDim 17 Jan 2016 - 21:30

Je recopie ce message au cas où vous n'auriez pas encore évoqué cette question !


Oriane a écrit:
Le lac des cygnes, op. 20 / Tchaikovsky
Gennady Rozhdestvensky, Orchestre symphonique de la radio de Moscou
1963

Très belle version (malgré quelques moments vraiment très rapides!). C'est à la fois fougueux et bien détaillé.

Comme d'habitude, j'ai un peu de mal à me repérer par rapport au ballet, parce que (presque) toutes les versions actuelles reprennent la révision par Drigo / Ivanov, ce qui entraîne des changements significatifs dans la partition. Par exemple, le fameux pas de deux Odile / Siegfried de l'Acte III, destiné à d'autres personnages, était censé figurer dans l'acte I. Drigo a vraiment réorganisé l’œuvre en y ajoutant par ailleurs des éléments qui n'avaient rien à voir avec le Lac des cygnes ! D'où l'impression d'écouter un (sympathique) pot-pourri de thèmes - qui ne rend pas forcément justice à l’œuvre originale de Tchaïkovski. Pour une fan de ballet, la version Drigo marche toutefois très bien. Effet de l'habitude. On aurait du mal à imaginer le spectacle autrement ...


En comparant plusieurs versions, je me suis rendu compte que certains passages étaient supprimés en fonction de l'interprétation du chorégraphe. Chaque production du Lac des cygnes mériterait d'être soigneusement étudiée pour repérer les coupes, les ajouts et les déplacements dans la partition !!

Certaines lectures tendent toutefois à se standardiser avec la circulation des danseurs dans plusieurs compagnies, les invitations à l'étranger, mais aussi les concours internes et les compétitions internationales. Il est devenu inenvisageable depuis plusieurs décennies de faire danser Siegfried et Odile sur une autre musique que celle arrangée par Drigo à partir de morceaux initialement prévus à l'Acte I ! Edit : Et pas seulement, puisque Drigo a inclu sa propre orchestration d'une œuvre pour piano de Tchaïko dans le pas de deux !


Dernière édition par Oriane le Lun 18 Jan 2016 - 2:32, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyDim 17 Jan 2016 - 21:39

J'ajoute que pas mal de passages du Lac des cygnes sont utilisés par les chorégraphes de façon autonome. Un exemple illustre est le Pas de deux de Tchaïkovski créé par Georges Balanchine à partir d'un extrait destiné à l'Acte III du ballet. Ironie de l'histoire, cette musique a originellement été composée par Minkus ... Et réorchestrée par Tchaïkovski pour l'inclure dans Le lac. hehe

Un lien vers le site du Balanchine Trust où cette récupération de la musique est expliquée : http://balanchine.com/tschaikovsky-pas-de-deux/

"An eight-minute display of ballet bravura and technique, Tschaikovsky Pas de Deux uses music that the composer belatedly created for Act III of Swan Lake. It was hurriedly composed for Anna Sobeshchanskaya, a Bolshoi prima ballerina who was scheduled to make her debut in the title role at the fourth performance of the 1877 Moscow production, and sought to enrich the part of Odile.

Because the music was not in the original score, it was not published with the rest of Swan Lake, and disappeared for more than half a century. When it was discovered in the Bolshoi Theater archives in 1953, Balanchine sought — and was granted — permission to use it for his own choreography."

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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyDim 17 Jan 2016 - 23:14

Pour revenir aux différentes interprétations du Lac des cygnes, j'aime beaucoup les artistes déjà conseillés ici : Rozhdestvensky (brillant, mordant), Lanchbery (plus moelleux), Doráti (même s'il faut avoir les oreilles accrochées lorsque les percussions se font particulièrement entendre).
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 9:03

Bonjour

J'ai récemment écouté 4 versions du Lac des Cygnes :
- "ma" version historique, celle de Fedosseev, avec le grand orchestre symphonique de la RTV d'URSS,
- la référence longtemps citée, celle d'Ozawa, avec l’orchestre-  symphonique de Boston,
- la recommandée du magazine Gramophone, le Diapason anglo-saxon, dans le recensement des 10 meilleurs enregistrements de ballet, celle de Dutoit avec l'orchestre symphonique de Montréal,
- une conseillée sur le forum par Cornélius et Bruno Luong, et citée par Gramophone dans la critique de l'interprétation de Dutoit, celle de Tilson-Thomas avec le London Symphony Orchestra.

A ma grande surprise, la version de Tilson-Thomas s'est dégagée. Par rapport à Fedosseev et Ozawa, elle apparait plus dynamique, ce qu'hugo75 a peut être trouvé clinquant. Et surtout, je la trouve plus dansante que la "Dutoit". Elle me rappelle les soirées passées à l'opéra de Paris, avec ma fille, lorsque nous regardions le Lac dans la chorégraphie de Noureev. Je pense notamment à la célèbre danse des petits cygnes (l'Allego Moderato du n°13 de la partition), dansée très rapidement au point que les quatre danseuses "ressortent" souvent essoufflées du morceau. Et bien, Tilson-Thomas retrouve cet esprit, ce subtil mélange de danse et de virtuosité. La grâce se marie parfaitement avec une exécution technique rapide et sans faille.

Bien cordialement
Eléanore
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 10:43

Merci pour ce point clair et utile. Very Happy

Je n'écoute pas ça tous les jours, mais il me semble que parmi tous ceux-là (tous bons, même si Dutoit est effectivement un peu rond et Ozawa un peu brillant-raide), j'avais été particulièrement sensible au côté capiteux et « terroir » de Fedoseyev, qui procurait une forme d'épaisseur à une musique qui n'est pas la meilleure de Tchaïkovski (par rapport aux deux autres grands ballets, pour commencer).
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 12:28

Ah tiens, puisque ce topic est remonté... Vu que je commence à supporter les symphonies, je pourrais peut-être essayer les ballets, non? Si oui, vous voyez des versions «pour moi»?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 12:40

Heu, non. Des momenrts dans la Belle au Bois, passe encore…

Écoute plutôt les Suites (surtout les deux premières, les plus sombres, les plus riches, les moins jouées), dans une version soviétique. Very Happy
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 12:42

Tout pareil... malgré toute l'admiration que je porte à Tchaïkovsky, les ballets en entier sans support visuel, c'est un peu triste...

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 12:47

Ah, mais je parlais du point de vue de Benedictus. Moi, la Belle au Bois et Casse-Noisette, en concert, je prends ! (les Cygnes nettement moins, en effet)
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 12:53

DavidLeMarrec a écrit:
Heu, non. Des momenrts dans la Belle au Bois, passe encore…
Écoute plutôt les Suites (surtout les deux premières, les plus sombres, les plus riches, les moins jouées), dans une version soviétique. Very Happy
Pas sûr d'avoir compris: tu me conseilles d'écouter les deux premières Suites pour orchestre (opp. 43 et 53) au lieu d'écouter les ballets, ou tu me conseilles de me limiter aux deux premières suites de La Belle au bois dormant?

Polyeucte a écrit:
Tout pareil... malgré toute l'admiration que je porte à Tchaïkovsky, les ballets en entier sans support visuel, c'est un peu triste...
What the fuck ?!? J'ai une tête à regarder des DVD de tutu et de décors de carton-pâte?
(Des trucs modernistes méchants, genre Regietheater trash, ça ne se fait pas, dans des ballets de Tchaïkovski?)
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 13:00

DavidLeMarrec a écrit:
Ah, mais je parlais du point de vue de Benedictus. Moi, la Belle au Bois et Casse-Noisette, en concert, je prends !  (les Cygnes nettement moins, en effet)

Je dois dire que juste à l'écoute, les ballets m'ennuient rapidement...

Benedictus a écrit:
What the fuck ?!? J'ai une tête à regarder des DVD de tutu et de décors de carton-pâte?
(Des trucs modernistes méchants, genre Regietheater trash, ça ne se fait pas, dans des ballets de Tchaïkovski?)

Faut que tu retrouves la double production de Tcherniakov avec en première partie Iolanta, puis Casse-Noisette.
Je n'avais pas vu la mise en scène par contre, mais avec Tcherniakov, tu ne risques pas d'avoir de tutu ni de carton-pâte! hehe

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Bruno Luong
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 13:08

Benedictus a écrit:
Ah tiens, puisque ce topic est remonté... Vu que je commence à supporter les symphonies, je pourrais peut-être essayer les ballets, non? Si oui, vous voyez des versions «pour moi»?

Salle et Méchante :
Rozhdestvensky pour les trois ballets

Jurowski pour La Belle au Bois Dormant m'a beaucup séduit (sauf lorsque le solo violon joue).

(Ne pas oublier la symphonie Manfred)
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Octavian
Glasse les fraises
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 13:18

Polyeucte a écrit:
Je n'avais pas vu la mise en scène par contre, mais avec Tcherniakov, tu ne risques pas d'avoir de tutu ni de carton-pâte! hehe

J'imagine ça d'ici, tiens. Mr. Green "Dans cette version j'ai remplacé les jouets et les souris par deux gangs rivaux de jeunes de banlieue défavorisée. Fritz n'est pas le frère de Clara mais son mac, on voit d'ailleurs bien qu'il en a toute la cruauté lorsqu'il enferme Casse-Noisette (dont je vous laisse deviner d'où il tient son surnom), l'un des rares amis de Clara, dans un réduit caché pour forcer la gamine à tapiner. L'oncle Drosselmeyer, évidemment, est un client, un policier pédophile. Suite à une rixe entre les gangs pour savoir à qui appartiennent les trottoirs, Casse-Noisette plante son canif dans les parties génitales du Roi des souris, le chef du groupe rival, et le laisse pour mort. Drosselmeyer (qui pour l'occasion revient en rôle muet dans le deuxième tableau de l'acte) ameute les flics, c'est la fuite : la bande s'éparpille dans les beaux-quartiers de la ville (le Royaume des Délices), jetant ses dernières forces dans le saccage orgiaque de grands magasins de luxe. Clara et Casse-Noisette se donnent l'un à l'autre dans une ultime partie de jambes en l'air à l'aube avant de se faire abattre dans les bras l'un de l'autre par les autorités." hehe
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 13:24

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 2661413304 Même pas, pour ce que je suis en train d'en voir: transposition dans un intérieur bourgeois tchékhovo-ibsénien, à ce qu'on dirait...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 13:24

Benedictus a écrit:
Pas sûr d'avoir compris: tu me conseilles d'écouter les deux premières Suites pour orchestre (opp. 43 et 53) au lieu d'écouter les ballets, ou tu me conseilles de me limiter aux deux premières suites de La Belle au bois dormant?

Non, non, les Suites pour orchestre. Les ballets, ça s'écoute en entier, pas de pitié. tutut Après, tu peux écouter simplement la dernière heure de la Belle au Bois (avec le grand Pas d'action et l'Apothéose sur l'air de Vive Henri IV) ou les danses nationales de Casse-Noisette… mais je doute que ça t'enthousiasme pour autant.

Citation :
(Des trucs modernistes méchants, genre Regietheater trash, ça ne se fait pas, dans des ballets de Tchaïkovski?)

Probablement, mais je n'en ai jamais eu vent (pourtant, autant les versions actualisées d'opéra ne m'intéressent pas forcément plus que l'original, autant un ballet traité à la sauce contemporaine, ce devrait être stimulant !).

Le Casse-Noisette mentionné par Polyeucte n'était que sous forme d'extraits, me semble-t-il.
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 13:32

Benedictus a écrit:
Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 2661413304 Même pas, pour ce que je suis en train d'en voir: transposition dans un intérieur bourgeois tchékhovo-ibsénien, à ce qu'on dirait...

Je viens d'aller voir pour vérifier, l'intérieur bourgeois tchékhovo-ibsénien c'est apparemment pour remplacer le cadre normalement médiéval-fantastique de l'opéra Iolanta qui était donné en même temps. Pour Casse-Noisette proprement dit, ce n'était évidemment pas ce que j'en disais mais quelque part c'est que je ne suis pas allé assez loin. Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Kusanagui

Extrait d'une critique sur Bachtrack :
Citation :
Casse-Noisette et le Roi des souris de ETA Hoffmann est un récit bien plus sinistre que celui que Tchaïkovsky et Marius Petitpa ont porté sur la scène du Mariinsky lors de la première de 1892. Il y a donc une justification au propos délibérément sombre de Tcherniakov qui ne retient pas le livret de Petitpa... mais de là à faire chuter une météorite au cours d'un anniversaire ! Lien ténu s'il en est, Iolanta est donné en représentation à la fête de Marie et cette dernière tombe amoureuse du chanteur qui joue Vaudémont. Aux douze coups de minuit, les membres de l'assemblée pourchassent le jeune couple et c'est là que s'écrase la météorite. La Terre des Neiges devient alors une scène post-apocalyptique, et le Royaume des Délices une hallucination cauchemardesque.
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 17:12

Benedictus a écrit:


Polyeucte a écrit:
Tout pareil... malgré toute l'admiration que je porte à Tchaïkovsky, les ballets en entier sans support visuel, c'est un peu triste...
What the fuck ?!? J'ai une tête à regarder des DVD de tutu et de décors de carton-pâte?

Evil or Very Mad
Puisses-tu être tourmenté par des Sylphides courroucées.

(Cela dit, je te comprends . Il faut déjà être un peu accro à la chose pour voir des distributions de seconde zone évoluer devant des décors décrépits, au son de morceaux pré-enregistrés ... Ce que je fais parfois; je suis fan du ballet de Cuba).

Citation :

(Des trucs modernistes méchants, genre Regietheater trash, ça ne se fait pas, dans des ballets de Tchaïkovski?)

Le Casse-Noisette de Noureev est suffisamment glauque pour satisfaire un profond besoin de décadence dans ce domaine. Le problème, c'est qu'il est plus glaçant que trash ...

La Belle au bois dormant et le Lac des cygnes de Mats Ek valent leur pesant de cacahuètes dans le genre réécritures déjantées (et néanmoins passionnantes) des classiques, mais je doute que ce soit ton truc. Je vais creuser !
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 17:41

Bon, donc pour résumer: les Suites pour orchestre (au moins les deux premières en version soviétique - Dmitriev / Leningrad?), et ensuite peut-être La Belle au bois dormant par Rojdestvenski.

Oriane a écrit:
Evil or Very Mad
Puisses-tu être tourmenté par des Sylphides courroucées.
bounce Oh oui, oh oui!

Bien sûr il y avait une grosse part de troll là-dedans... Plus sérieusement: je ne suis vraiment pas client du tout pour du ballet tradi (quelque peu caricaturé, il est vrai); en revanche, plus sérieusement, un Tchaïkovski dans une version moderne transposée, plus scénographiée que chorégraphiée et un peu austère (plutôt Pina Bausch / Carolyn Carlson, quoi...), ça pourrait peut-être m'intéresser...


Dernière édition par Benedictus le Ven 3 Nov 2017 - 18:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 18:04

J'y réfléchirai. J'avoue que ma culture chorégraphique contemporaine est assez limitée, même si - sacrilège ! - je préfère souvent ce mode d'expression aux ballets classiques ... Embarassed

J'ai mal choisi mon exemple: les Sylphides sont des êtres joyeux et sympathiques!

Non, ce sont les Willies qui devraient te poursuivre, avec leurs airs réprobateurs et leur look sévère.
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 18:30

O. a écrit:
Non, ce sont les Willies qui devraient te poursuivre, avec leurs airs réprobateurs et leur look sévère.
Ah, justement, j'en parlais l'autre jour.
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 18:36

Benedictus a écrit:
O. a écrit:
Non, ce sont les Willies qui devraient te poursuivre, avec leurs airs réprobateurs et leur look sévère.

Ah, justement, j'en parlais l'autre jour.

Je crois qu'Oriane faisait plutôt allusion à ceci. Mr. Green
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 3 Nov 2017 - 19:32

J'ai voté pour Le Lac des Cygnes.
J'hésitais avec La Belle au Bois Dormant.
Casse-Noisette en dernier, peut-être parce que c'est le plus populaire ou celui que j'ai le plus écouté.
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyLun 7 Jan 2019 - 17:07

Est - ce que le Casse Noisette de Noureev chorégraphié pour l'ONP existe en DVD ?

Je sais que cette version ne fait pas l'unanimité, en particulier les danses de caractère, mais les extraits que j'ai pu visionner : danse des flocons, pas de deux me semblent fichtrement captivants...

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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 18 Jan 2019 - 9:48

Voté pour Casse - Noisette : le plus créatif sur le plan musical.

Quant à la recherche d'une version idéale, je pense l'avoir trouvée ; je suis tombé dessus hier soir sur le câble: Mariinsky 2012 dirigée par Gergiev : beauté de la scénographie, danseurs au delà de la perfection : les figures les plus sophistiquées sont exécutées avec une facilité et une grâce renversante, belle imagination du chorégraphe pour restituer l'atmosphère onirique...

Dans une approche totalement opposée, j'avais beaucoup apprécié le travail de Tcherniakov à Garnier, qui m'avait bluffé !
Mais je ne sais ce que donnerais une nouvelle vision ?

Belcore
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyDim 13 Oct 2019 - 0:42

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Piotr I. Tchaikovsky (1840-1893) :

Le Lac des Cygnes, suite du ballet, Op. 20

= Witold Rowicki, Orchestre philharmonique de Varsovie

(DG, avril 1959)

Smile On sera surpris par l'allure extraordinairement lente et rêveuse du célèbre thème initial chanté par le hautbois, mais le chef polonais cravache la Valse comme il faut et la restitue
aux foucades du ballet. On appréciera la saveur des souffleurs, dans la mécanique parfaitement réglée de la Danse des petits cygnes, encore plus goguenarde qu'à l'habitude.
Beaucoup d'émotion dans la Scène tissée par la harpe, le violon et le violoncelle, et encore au début de la Czardas où Rowicki montre une agogique à la fois sûre et souple.
On sent un chef à poigne, ardemment romantique, qui entend bien soutirer la moindre goutte d'expressivité de la Scène finale : même si le début semble étrangement
enlisé dans la prostration, la suite se promet aussi effrayante que pathétique, quitte à une fiévreuse grandiloquence, mais se trouve hélas amputée du tableau d'engloutissement
-quel dommage qu'il n'ait pas été enregistré, vraisemblablement pour des raisons de minutage imposé à la face du vinyle !


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Walther
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyLun 14 Oct 2019 - 14:11

Mélomaniac a écrit:
cheers ENFIN !

Réédition en CD du Casse-noisette de Dorati avec l'Orchestre de Minneapolis (Mercury, décembre 1953)

http://www.amazon.fr/Dorati-Tchaikovski-Casse-noisette-Piotr-Ilyitch/dp/B00HFPZR60

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 41wrgCvl9qL._SY300_


Voici la mignonne pochette originale (dont le design fut repris pour la réédition en CD, sous label Mercury, de la version de 1962 avec l'Orchestre symphonique de Londres) :

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Tchaik26

Si 5 ans après, ça intéresse toujours quelqu'un… Cette première intégrale de Casse-Noisettes par Dorati à Minneapolis a aussi rééditée dans ce coffret "grand public" :
Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Ref=sr_1_1?keywords=greatest+ballet+hits&qid=1571052317&s=music&sr=1-1

Grand public (je dirais plutôt cheap), ça se devine déjà au titre du coffret : 'The World's Greatest Ballet Hits' (sauf qu'il y manque le Sacre du printemps ! quant au Mandarin merveilleux ou Bacchus et Ariane… ils ont dû se dire que c'était trop pointu comme répertoire !). Et aussi à la présentation minimaliste : au verso, on ne nous dit pas qui dirige quoi, et à l'intérieur les infos sont au dos de chaque pochette, et c'est là qu'on voit que le découpage des plages est minimal : une seule pour le Daphnis et Chloé de Munch, deux pour le Coppélia d'Ansermet… puisque le ballet est sur 2 CD) !
Mais bon, c'est un coffret que j'ai payé une bouchée de pain (un sandwich, plutôt) dans un bac promo (soldé à 60 % !) de l'enseigne jaune moutarde, je n'en attendais pas grand chose vu l'aspect éditorial du produit mais à ce prix-là j'étais curieux d'entendre le Lac et Coppélia d'Ansermet...

Retour au contenu Tchaikovsky de ce coffret :

- Casse-Noisettes par Dorati/Minneapolis en 1953 (1955 d'après ce coffret) : ça ne traîne pas puisque le tout dure 80 minutes (sur un seul CD), c'est une interprétation dramatique même si vous en serez pour vos frais si vous cherchez le charme slave ou la féérie dans cette musique ! Et l'orchestre de Minneapolis : sans surprise, comme dans tous les vieux CD mono Mercury, un son astringent avec des cordes-papier de verre. (Cela dit, j'ai un faible pour le fièvre qui règne dans l'intégrale du Lac des Cygnes de Dorati de cette époque.) Bref, privilégier la version postérieure de Dorati avec le LSO !

- Lac des Cygnes dans la version abrégée enregistrée par Ansermet chez Decca : là encore, interprétation efficace plutôt que féérique ! Version hyper abrégée même puisque le tout dure 1h23 à peu près. L'auteur de ce trifouillage a apparemment intégré des orchestrations de pièces pour piano de Tchaikovsky dans sa mixture.

- extraits de La Belle au bois dormant par Maazel dirigeant l'Orchestre Radio-symphonique de Berlin : le son de ce report est simplement immonde ! difficile d'apprécier cette interprétation oubliée dans ces conditions, mais je suppose que le son du vinyle était meilleur… D'ailleurs je m'interroge sur certains reports au son tout pourri dans ce coffret : Oiseau de feu par Ansermet/OSR chez Decca, Danses Polovtsiennes par Markevitch et l'Orchestre de l'ORTF et quelques autres… quelle source ont-ils utilisée ?

- Valse d'Eugène Onéguine par le Hollywood Bowl Orchestra dirigé par Felix Slatkin (orchestre et son atroces !) et la Polonaise du même opéra, dirigée de façon très raide par un autre "ensemble" (tout aussi épouvantable !)
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 6 Déc 2019 - 21:58

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Piotr I. Tchaikovsky (1840-1893) :

Casse-noisette, suite du ballet Op. 71a

= Sergiu Celibidache, Orchestre philharmonique de Londres


(Decca, juillet 1949)

Smile Des enregistrements de ces extraits du Casse-noisette furent initialement réalisés en décembre 1948 (avec la Symphonie n°25 de Mozart) mais ne furent pas publiés
en 78 tours (alors que la publication avait été annoncée). Des sessions furent réorganisées le 23 juillet 1949 mais bizarrement le disque ne parut que trente ans plus tard
dans cette collection Eclipse de Decca.
Dans cette interprétation du jeune Celibidache qui ne s'est pas encore laissé envahir par ses dogmes : beaucoup de charme, de fantaisie, mais aussi des tempi
qui ne trainent pas, comme on le vérifiera dans le foudroyant Trepak.


Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Mozart50
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyVen 20 Déc 2019 - 20:40

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Piotr I. Tchaikovsky (1840-1893) :

Casse-noisette, ballet en deux actes

= Hans Vonk, Orchestre de la Staatskapelle de Dresde


(Capriccio, mars 1985)

Surprised Avec un orchestre a priori aussi diaphane et limpide, on s'étonne que Vonk n'obtienne qu'une réponse assez translucide et qui manque singulièrement de fluidité
comme de brio. La composante russe se trouve émasculée et tamisée (percussions en retrait) au profit d'une lecture assez sombre, aseptisée, germanisante, et peu encline
à procurer l'émerveillement qu'on attend. Rien de rédhibitoire, mais une version qui pâlit face aux richesses du catalogue discographique (en tête Dorati I, II et III, Gergiev...)


Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Tchaik22
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyLun 23 Mar 2020 - 23:29

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 068°/250



Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Lanchb10
John Lanchbery (1923-2003)


Piotr I. Tchaikovsky (1840-1893) :

La Belle au Bois dormant, ballet Op. 66

= John Lanchbery, Philharmonia Orchestra

(Emi, mars-juillet 1981)

Smile Comme beaucoup, j'avais découvert La Belle au Bois dormant par des extraits, en l'occurrence un vinyle d'Eugene Ormandy (CBS). Et comme certains, je me suis épris des ballets tchaikovskiens au point d'en collectionner les versions, complètes ou partielles. Sauf peut-être le Casse-Noisette, aucun des trois n'est exempt de longueurs, faiblesses, ou banalités. À tel point que pour les Mélomaniac d'Or, j'ai hésité à vous proposer une intégrale ou une anthologie auquel cas le disque de Pierre Monteux à Londres (RCA) se recommanderait en priorité pour son chic et son panache. Mais voilà, comment se dispenser des splendides pages qui passent inévitablement à la trappe quand on se contente d'une compilation ?!
Au début des années 1950, à l'apparition du Long Playing, une poignée de chefs s'attelèrent à ce ballet, en intégralité (ou quasi, vu qu'en l'absence de coupure, la partition dépasserait trois heures) : le percutant Antal Dorati à Minneapolis (Mercury, avril 1955, exhaustif, sur quatre microsillons !), le sagace Ernest Ansermet (avril 1959). Anatole Fistoulari à Paris (Decca, juin 1952) et Robert Irving et son Royal Opera House (HMV, juin 1955) se limitèrent à une mouture un peu abrégée, conformément aux pratiques de Covent Garden. Et aussi pour tenir sur quatre faces 33 tours. Tout comme Georges Weldon et le Philharmonia (HMV, avril-mai 1956), en outre le premier à bénéficier d'une captation stéréophonique. D'autres enregistrements suivirent : Ievgueni Svetlanov (Melodiya), André Previn (Emi), le somptueux remake d'Antal Dorati avec le Concertgebouworkest (Philips), Richard Bonynge (Decca), Valery Gergiev (Philips), Mark Ermler (Sony)... À vrai dire, une seule version m'a déçu : Pletnev chez DG, bien trop mollasson et médiocrement inspiré. Parmi les intégrales, restait l'embarras du choix. Le musicologue Greg Keane distingue deux manières d'aborder une œuvre aussi riche et dont la partition peut se suffire (bien qu'elle soit rarement jouée en concert) : théâtrale (je rangerais ici les baguettes habituées de la fosse tels Dorati I, Fistoulari, Ansermet, ou les slaves tels Svetlanov, Gergiev ou Ermler) versus symphonique (Weldon, Previn, Dorati II, Pletnev...)
Celle que j'ai retenue se rattache résolument à la première école : Lanchbery est un spécialiste expérimenté, lui-même auteur et arrangeur de ballet, qui avait commencé sa carrière dès 1948 à la tête des plus prestigieuses salles du Royaume-Uni (Metropolitan, Sadler's Wells, Covent Garden), d'Australie et des États-Unis (ABT de New York). Il fut le premier maestro non-russe à recevoir la médaille du Bolchoï, et Rudolf Noureev le considérait pour son art comme le meilleur chef de l'après-guerre. Il grava notamment les trois chefs-d'œuvre tchaikovskiens avec le Philharmonia. Il excelle ici dans la personnification des leitmotive, l'intensification des climats, privilégiant parfois la fougue sur la précision, mais son instinct trouve toujours les clés qui font vivre la musique et ce qu'elle suggère ou accompagne. Même en conditions studio, Lanchbery pousse dans ses retranchements la virtuosité de l'orchestre anglais, qui délivre ainsi tout le lustre, l'éclat, la saveur de cette partition.
C'est le Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg qui en 1888 commandita Tchaikovsky, lequel se plongea dans le mythe approprié par Charles Perrault et les Frères Grimm. Le chorégraphe Marius Petipa formula les contraintes, canalisant l'imagination musicale sans l'assécher. L'intrigue repose sur un Prologue et trois Actes, les deux premiers déployant l'essentiel du ressort narratif, -le dernier procurant les divertissements et pièces de caractère inhérents au genre.

L'introduction commence par une irruption parmi les plus impressionnantes de tout le répertoire : attaque fortissimo martelée par la grosse caisse, menaçantes sonneries de cuivres, rafales échevelées des violons : tous ces procédés clament déjà la puissance du maléfice. Contraste avec l'Andantino (0'43) : sur un soyeux tamis des violons, clarinette et flûte exhalent maintenant une ambiance bienveillante, dans un radieux mi majeur, prolongée par les cordes (1'30), les cuivres (1'52). Le climax transige vers une marche guillerette (2'23) sifflotée par bassons et clarinettes. Le Prologue démarre insouciamment par la poursuite de cette Marche, en la majeur aux violons. Les petites mains du château s'affairent aux préparatifs du baptême de la Princesse Aurore. À la reprise, dames et seigneurs font leur entrée (0'27). Catalabutte, le maître de cérémonie, prend solennellement la parole (0'57) aux trombones et cordes graves, ensuite la marche reprend aux violons, calmement (1'27) puis vigoureusement (1'47). Catalabutte intervient encore, d'une voix adoucie (2'27). Diversion aux bois et cordes (2'59) qui se propage aux cors (3'16) dans une fanfare crescendo qui salue l'arrivée du Roi et de la Reine. La marche reprend (3'36) dans une veine grandiose décrivant le faste de la Cour qui s'installe, jusqu'à l'accord conclusif (4'39).
L'ondoyante Scène dansante voit entrer les fées. D'abord celle des Lilas (1'13). Gracieux intermède allegro moderato (2'00) aux violons et altos : damoiseaux et damoiselles accourent avec les cadeaux puis (tandis que le rythme devient ternaire) se mettent à valser délicatement (2'12), au gré d'une volute ascendante des violons. Un palier un peu guindé (2'59) précède la reprise de la valse (3'32) auréolée par la harpe et les contrechants d'altos, jusqu'à un pizzicato conclusif (4'23). Pour le Pas de Six, les fées présentent leurs offrandes. À l'unisson des cordes et bois s'empèse une complainte surannée, soulignée par la harpe et conclue par un puissant accord (0'33) et une sonnerie de cuivres. L'Adagio démarre andante en si bémol, chanté par la clarinette (0'05), le hautbois (0'42), les bois. Après un ravalement de clarinette, les violons (1'15) lancinent un émouvant crescendo d'où se dégage le hautbois (2'11). La clarinette reprend la mélodie initiale (2'27), endossée par violons (2'52) et trombones sur fond de triolets qui élèvent la tension vers un fortissimo ponctué par roulement de timbales (3'26). Un ostentatoire glissando de harpe à découvert (3'32) va propulser un allegro molto (3'40) à toute vitesse : aux violons, puis clarinette et piccolo, avec l'appoint du tambour de basque. Suit une série de Variations chacune consacrée aux six fées et à leur présent. La première, Candide, apporte la beauté, au gré d'un allegro moderato : lâche scansion des cordes graves, vagues d'arpèges de clarinettes supportent la callipédie au hautbois (0'08) puis au basson (0'41) sur volutes flûtées. Désinence au hautbois (0'57), ensuite (1'05) aux flûtes et cor anglais. La seconde, Fleur de Farine, apporte le courage, et se veut fluide et élancée : un galop de cordes à 6/8 diligente un staccato des hautbois et clarinettes, puis de l'ensemble des bois. La troisième, Miettes qui tombent, apporte la gracilité dans sa besace, et se présente en trois sections : l'effritement est d'abord judicieusement traduit par des pizzicati de violon d'où s'élèvent de suaves violoncelles (0'16). Les pincements passent aux altos et violoncelles (0'30) ponctués par clarinettes et bassons, et reprennent enfin aux violons (0'45) surlignés par des trilles exhalés à l'aigu, tandis que la cantilène des violoncelles (1'01) rappelle la première section. La quatrième, Canari qui chante, fait don du talent musical (un gage de vertu féminine en ces lointaines époques), -une des pages les plus enchanteresses de la partition. Nimbée par le glockenspiel s'ébroue une volière de triolets au piccolo, puis aux deux flûtes, qui peut évoquer la « Musique des automates » de Coppélia de Delibes, que révérait Tchaikovsky. La cinquième, Violente, a l'espièglerie dans l'escarcelle. Encore un galop, qui enchaine un lacis de triades alternées aux violons et clarinettes, relancées (0'42) par le tambour de basque. La sixième, la plus influente, la Fée des Lilas, arrive enfin prodiguer ses dons, au gré d'une magnanime valse en ut majeur, suivie par une Coda : un chorus ascendant aux bois (0'05), mais dont le cours se voit balayé par d'orageux triolets des violons (0'30), comme une trouble prémonition, avant une bruyante conclusion qui pourchasse ces présages.
Pivot dramatique de l'Introduction, le Finale s'initie andantino. La Fée des Lilas, personnifiée par la clarinette, s'approche tendrement du berceau. Mais un roulement de timbales et une lointaine rumeur des trombones (0'22) témoignent d'un tumulte dans le vestibule, qui s'amplifie saccadé et véhément. La méchante Carabosse apparaît (1'12) sous des traits grinçants et patibulaires, qui grimacent aux bois (géniale instrumentation !), pour demander pourquoi elle n'a pas été conviée au baptême. Navrés de cette offense, le Roi et la Reine lui adressent une supplique (1'36) qu'on entend aux cordes, entrecoupées par les dénégations aux bois. C'est Catalabutte qui a oublié de l'inviter ! Tout quinaud, il se précipite aux pieds de Carabosse pour excuser sa contumélie (1'51) mais elle ricane (2'12) et lui défrise la perruque pour le ridiculiser. Elle pense à se venger par une imprécation (2'41), mais les bonnes fées implorent le pardon (2'53), par une chaleureuse intercession aux cordes. La sorcière se gausse de cette plaidoirie (3'20) et son hilarité malsaine gagne ses acolytes. Raclements de contrebasses, irrision de cymbale, bois persifleurs : là encore on admire l'orchestration ! Doubles-croches aux flûtes et piccolo (3'34) annoncent l'odieuse prédiction de Carabosse qui sermonne aux violoncelles et contrebasses (3'45) : la Princesse grandira comme une belle et saine jeune fille, mais à l'âge de seize ans elle se piquera avec un fuseau et en mourra !!! Des cris horrifiés s'élèvent en trémolo des flûtes et clarinettes (3'50, 3'57) qui ensuite prorogent la malédiction tandis que le trille est transféré aux contrebasses (4'04, 4'11) par une astucieuse interversion de l'instrumentation. Les violons fusent en doubles-croches et proclament que la Princesse s'endormira dans un silence éternel... Tandis que la Cour s'abat dans la consternation, Carabosse jubile d'un rire sardonique (4'31) puis ses valets s'élancent dans une sordide chorégraphie (5'06) avec les rats. Silence. La Fée des Lilas sort de sa cachette (5'35) et l'on perçoit son thème au hautbois (5'38), sur les frémissements de cordes et les glissades de harpe. Elle annonce que sa magie n'est pas assez puissante pour conjurer la charaude, mais elle peut l'adoucir : la Princesse ne mourra pas, mais sera plongée dans un sommeil séculaire d'où elle sera tirée par le baiser d'un prince charmant. Furieuse de cette apparition qui contrarie ses desseins funestes, Carabosse remonte dans sa brouette (6'41), par un crescendo en fanfare qui signe son dépit. Le thème de la fée des Lilas se déploie aux cordes (7'18) et resplendit en canon aux cors (7'42) : les fées se groupent autour du berceau, toute la Cour est rassurée, tandis qu'enfle un crescendo conclu par une résolution en tutti (8'17).

L'Acte I évoque la réalisation du sortilège.
Jour de liesse. Toute l'intendance s'active aux préparatifs du seizième anniversaire de la Princesse. Allegro vivo en mi majeur. Fanfare, guillochis des violons, les bois piaillent une pimpante ritournelle (0'12), reprise à 0'34 (sur scène on voit des villageois travailler à la confection de guirlandes), puis avec les trompettes (0'57). Les triolets des violons (1'09) expriment les commérages tandis que les fileuses se mettent à danser. La fanfare introductive reparaît (1'57), Catalabutte vient superviser le protocole, il aperçoit les paysannes avec des aiguilles à tricoter qui suscitent sa méfiance (2'21) et ordonne de les mettre en prison (2'45) par des diatribes de violons qui évoluent en climax (3'04). Mais le Roi apparait sur la terrasse du château (3'16) et sur fond de pizzicati interroge Catalabutte (3'30) dont les réponses bourdonnent confusément en doubles-croches des violons (3'50) pour remémorer la sinistre prophétie, qui emplit le Roi de colère : cuivres et percussions vitupèrent, profèrent de furieux anathèmes contre les imprudentes (4'26). Les princes intercèdent (5'19) par la déprécation des violoncelles, -le Monarque apitoyé se laisse fléchir (6'06), ce que confirme le basson débonnaire, tandis qu'aux flûtes et hautbois résonne comme un écho des cachinations de Carabosse. En tout cas, les paysannes sont graciées.
La Princesse arrive, au gré d'un des moments qui garantit la célébrité du ballet : une Valse en si bémol. Introduction par des levées de violons, des acclamations (0'16), puis advient le motif principal dont le balancement est assuré par bassons et clarinettes (0'37). Une voluptueuse mélodie chante aux archets (0'41) ; péripétie (1'12), elle revient (1'48) sur la corde de sol, surlignée par la circonflexion des flûtes et clarinettes. Intermède nimbé par le glockenspiel (2'23). Retour de la mélodie principale (2'55), encore enjolivée de figurations (4'01) puis couronnée d'une longue péroraison (4'24). Quatre jeunes prétendants se présentent au Roi pour courtiser sa fille. Andante, hautbois et bassons roucoulent comme des pigeons, les cors s'engorgent de désir. Sujet de leur convoitise, Aurore apparaît (0'48), pleine de malice, regimbe sveltement (1'03), fièrement (1'19, on passe à 6/8 en la majeur).
Voilà un Adagio en mi bémol, l'autre notoire moment du ballet, un des triomphes lyriques de toute la musique occidentale, du moins dans le genre sirupeux. Hachurage des cors renforcé par hautbois et bassons, solo de harpe (0'13). Avec majesté, sur un généreux 12/8, clarinettes et cor anglais enclenchent un mécanisme ascendant de quatre notes (0'56), violons et altos épanchent une dolente mélodie (1'02), dont la reprise (1'37) s'entrecoupe d'un anxieux contrechant de violoncelles (1'59) auquel les bois (2'11) puis des trilles langoureux (2'21) font écho. Suivent un canon aux cordes (2'40) qui se resserre stringendo, puis un goulet opiniâtre (3'03). Une ascension en trémolo expulse la mélodie principale (3'26), en grande pompe, suivie d'un retour du contrechant de violoncelles, majorisé et résilient (3'45). D'ânonnants bassons (4'03) réinvitent l'épisode trillé, au cor anglais, parsemé de fusées aux flûtes. L'interlude s'exalte progressivement (4'28) et ramène la berquinade, encore plus emphatique (4'47), soulignée par un roulement de tambour (5'22), étirée jusqu'à la dernière goutte de suavité (6'34). Au rayon loukoum-qui-colle-aux-doigts, aucun compositeur n'a jamais fait mieux.
Dans la même tonalité, voici la Danse des demoiselles d'honneur et des pages, plus ordinaire, si ce n'est qu'elle montre le génie de Tchaikovsky à ressasser durant deux minutes un anodin motif d'une poignée de secondes (0'07-0'14) : il se transfère aux bois (0'22) ; après une variation des cuivres (0'37) il se répète aux flûtes et clarinettes (0'52) sur treillis de trompettes et cornets, il revient aux cordes (0'58). Voltige aux flûtes et clarinettes (1'07) ; le motif s'accélère (1'28) pour les gambettes des pages, s'étoffe des cuivres (1'41)... En sol majeur, la Variation d'Aurore valorise le violon solo et la harpe. Le section centrale (1'35) alterne staccato de bois et rafales de violons, avant un duo (2'11) entre soliste et flûte, censément bissé par les barres de reprises, mais le présent enregistrement enchaîne (2'49) sur la conclusion allegro vivace.
La Coda va nous emmener vers le nœud dramatique de ce premier Acte. Indolemment, sur de floches filandres des altos, les violons soupirent une insignifiante rengaine, prolongée par les seconds violons (0'17), les cors et cornets (0'31). Les pizzicati s'activent (0'42) puis les cuivres avec le tambour de basque (0'57) et les cymbales. La sinueuse mélodie reprend (1'14) au tempo primo mais accélère à nouveau (1'40) sur un crépitement du tambour de basque correspondant à l'instant où Aurore aperçoit une vieille dame grimée. Crescendo, un accord des trompettes en triolets (1'52) et un trille insistant des violons signalisent un danger. On passe en mi bémol et à une battue ternaire pour la reprise de la mélodie initiale, aux bois (1'58), quand Aurore saisit innocemment la quenouille que lui tend la vieille, et le Finale débute alors qu'elle se pique. D'omineuses fanfares alternent avec un fatidique motif arqué aux archets, qui ensuite se dévide allegro vivo (0'44) dans une exaltation croissante qui traduit le vertige de la Princesse vacillante, jusqu'à un roulement de timbales (1'11) et une sentence des cors et trombones. En la bémol, à l'aigu des violoncelles, la foule crie sa douleur (1'19) en constatant que la macabre prophétie s'est réalisée. À leur tour les deux parents se désespèrent (1'49) et leur accablement reflue au grave des contrebasses. L'horreur atteint son comble quand la vieille se dépouille de son manteau, révélant qu'elle n'est autre que Carabosse (2'14) ! Elle ricane sauvagement alors que tout l'orchestre fulmine, que les princes dégainent et l'assaillent, avant qu'elle ne disparaisse (2'38) sur un fracas de grosse caisse, tandis que la Cour s'enfuit épouvantée. À la faveur d'un Andantino en mi majeur (3'06), la Fée des Lilas survient au cor anglais, apaise les craintes : Aurore n'est pas morte, mais juste évanouie. Son thème se prolonge aux violons (4'02) tandis qu'on dépose la Princesse sur un brancard et qu'on l'emporte. Climax (4'24), fantastique clash de cymbale (4'43) puis du tam-tam : la Fée brandit sa baguette et plonge tout le royaume dans un charme d'endormissement. Le thème de la fée se déploie aux bois (5'14) sur un treillis des violons en sextolets qui va ingénieusement s'entrelacer à l'ensemble des cordes : le château s'entoure d'un maquis de ronces impénétrables. Le thème de la fée décline au cornet en sourdine (6'15), se décante à la clarinette (6'39), à la flûte sur un impalpable trémolo des archets pianissimo. Quatre ultimes et ténus accords de harpes referment cet Acte sur le palais figé dans son sommeil promis centenaire.

L'Acte II nous transporte donc un siècle plus tard, aux alentours de la forêt enchantée. En guise d'entracte se déploie une fanfare de cors, instruments cynégétiques par excellence : voilà une partie de chasse, qui se réplique aux cuivres, en alternance avec un air franc et décidé aux violons illustrant la vaillance de l'équipage, qui fait halte (1'16) à la guise d'un passage plus tranquille saccadé aux cordes. Paraît le Prince Désiré (1'34) dont le thème aux cors dérive de la fanfare initiale et se propage plein d'autorité et de candeur à l'orchestre. Son précepteur Galifron propose un jeu de colin-maillard (2'10), avant une trottinante répartie. Pour la scène n°11, la troupe accepte l'amusement et s'élance ainsi dans ce colin-maillard virevoltant et esbaudi d'une joyeuse fantaisie. Par le Moderato suivant, la curialité des cordes exprime comment Galifron souhaite organiser des danses pour les nobles dames. Prétexte pour Tchaikovsky de convoquer quelques pastiches aristocratiques. Les Duchesses exécutent un menuet en sol majeur, répété sur les doubles-croches de contrebasses (0'17) et solennisé par cors et trompettes (0'36). Les Baronnes préfèrent une gavotte, aux bois, non exempte de piment (piccolo à 0'17). Une impulsion trochaïque sur rythme ternaire émoustille l'allegro des Comtesses . Pour les Marquises, les prestes rubans d'exquises clarinettes à l'octave batifolent sur une guipure de pizzicati. Ces dames empressées (poco piu vivo) proposent maintenant une Farandole, qui prendra l'allure d'une orgueilleuse mazurka, scandée par les basses. Une section centrale (0'41) précède un presto (0'56) récapitulatif.
Au numéro 14, les fanfares font écho à l'ouverture de l'Acte puis s'éteignent ; le Prince lassé s'éloigne et reste seul. Un changement de tonalité (ré bémol) traduit le changement de décor pour l'Andantino : sur des reflets de harpe (1'03) s'exonde une embarcation de nacre qui transporte la Fée des Lilas dont le thème aux flûte et cor anglais (1'09) illustre son dialogue avec Désiré, poursuivi aux violons (1'53) jusqu'à un climax (2'32) où les violoncelles s'émeuvent (2'37). La fée montre une image d'Aurore endormie (3'25) qui soudain se lève et trépigne (4'05) par un vivace en mi majeur conclu par deux éclairs de harpe (4'50). Le Pas d'Action se dévoue au couple naissant, au gré d'un attendrissant solo de violoncelle, que divers pupitres nimbent par de bruissantes envolées des cœurs. L'idylle devient plus pathétique (2'22). L'ensemble des violoncelles reprend la mélodie initiale (3'10) majestueusement rejointe par altos et violons (3'30). Les bois s'affolent (4'12) puis s'élancent dans une valse (4'21) relayée par les violons, paraphée par deux ultimes pincements résolutoires (5'27). En si bémol, la Variation d'Aurore rappelle le morne début de la Coda de l'Acte I. Un hautbois dépeint une Princesse toute de fragilité, voire comateuse. Le convulsif accompagnement s'anime en doubles-croches (0'51) tandis que la mélodie reprend aux bois (1'07). La Coda du Pas d'Action est un fougueux presto où les clarinettes, le staccato des violons bégayent éperdument, et qui s'effiloche (1'11) par une diaphane texture d'inspiration mendelssohnienne : à la fin le spectre d'Aurore disparaît. Fort logiquement, dans la Scène suivante, par un agitato en mi bémol, le Prince prie la Fée de lui faire rencontrer Aurore en chair et en os, ce qu'elle accepte en le guidant à travers la forêt d'épines : grâce à quelque magie qui surmonte les obstacles, ce Panorama est traversé comme dans un songe, tramé par le treillage des bois en doubles-croches qui mobilise une lente et aérienne mélopée des violons. Au terme du parcours, des vapeurs envahissent le paysage.
Le bref n°18 avec le violon solo ne figure pas dans cet enregistrement. L'entracte andante misterioso nous révèle Aurore allongée dans une chambre du château. Sur un vaporeux trémolo d'archets, les bois font entendre le thème de l'endormissement par lequel la Fée avait plongé toute la Cour dans les bras de Morphée, à la fin du Prologue. Horreur !, dans cette alcôve les violons instillent le motif de Carabosse (0'30), qu'on imagine tapie dans un coin obscur. Une trompette bouchée cite le bienveillant motif de la Fée des Lilas (1'02) mais la mégère guette (1'42). Nouvelle citation du motif de la Fée (2'11), puis le hautbois soliloque (2'28) tandis que les cordes se décantent en volutes, traduisant les instances de métamorphose en train de couver. Les bois enclenchent un délitement d'arpèges (3'44), les nuages se dissipent (3'56). Nouvelle occurrence du thème de l'endormissement (4'23) qui s'amenuise. Soudain, Désiré et la Fée des Lilas entrent (5'17), les violons s'agitent vivace (5'30), le Prince s'élance vers le lit (5'43), les pupitres halètent par un frénétique crescendo (6'04). Désiré embrasse le front d'Aurore (6'37) : sur un glas de tam-tam le charme est rompu. La scène finale s'agite fébrilement dans un grandiloquent tutti, reprend ses esprits (0'36), puis redémarre en trombe dans une liesse exaltée.

Voué aux festivités du mariage, l'Acte III s'ouvre par une Marche en ré majeur, plutôt rapide (noire à 116), toute en guirlandes et fusées de doubles-croches. Le Roi et les fiancés entrent (0'55), salués par les courtisans. Cet Acte ne comporte guère d'autre action qu'un savoureux étalage de numéros d'apparat où vont défiler des personnages importés d'autres contes, et voici qu'on nous les présente en cortège dans la Polonaise en sol majeur, avec énergique trio médian (1'48). Amorcé par une banale introduction en si bémol, le premier Divertissement introduit quatre nouvelles fées, chacune patronnant métaux précieux et pierreries. La Fée Or valse en mi bémol, son thème est repris par les cors (0'36). La Fée argent sautille en la bémol par la voix des flûtes et piccolo, -les halos du glockenspiel concourent à cette mignonne argyropée. Place aux gemmes. La Fée Saphir se saccade de pizzicati en tuilage aux deux violons, dans un mètre irrégulier (à 5/4, un bacchée renversé) propulsé par cors, bassons et piano. Épinglée par le triangle, la Fée Diamant n'est pas montée en cabochon : elle miroite de toutes ses facettes, étincelle de tous ses feux -on notera la reprise à l'aigu du piccolo (0'29). Coda en mi majeur. Voici Le Chat botté, un des numéros les plus notoires, génialement caractérisé : miaulements de hautbois et basson, griffures d'archets en sforzando (et dans cet enregistrement, Bonynge obtient un effet extraordinairement lacérant !), minauderies de cor anglais... Qui douterait encore que Tchaikovsky fut un pape de l'orchestration ?
Un délicieux Adagio s'échancre à la flûte, rejointe par la clarinette (0'26) -reprise savamment ornementée (1'30) : il initie un Pas de Quatre qui transfuge deux couples. D'abord Cendrillon et le Prince Fortuné, au gré d'une valse. Puis L'Oiseau bleu et la Princesse Florine, qui comme attendu gazouille, aux deux flûtes. Conclusion par une badineuse Coda en fa. Un nouveau couple s'invite au numéro 26 : Chaperon rouge et le Loup, dont l'impatience tressaute aux bois (quelques grognements, 0'34- attestent que l'affamé n'a pas perdu ses instincts carnassiers) et s'active en stringendo (0'53). Revoilà Cendrillon qui, dans un allegro agitato, n'a pas mis les deux pieds dans la même pantoufle de vair. Le mouvement se transmue en valse (1'01) qui enfin embraye vivace (2'08).
Le pittoresque Pas berrichon est hélas absent de cet enregistrement, mais on regrettera moins l'éviction de la sempiternelle Sarabande qui suit le Pas de Deux des tourtereaux. Il débute par une Entrée principalement dévolue aux violons, guère inspirée il faut l'avouer. En revanche, l'Adagio n'est que ravissement : pizzicati, hautbois enjôleur (son incantation dérive de la rédemptrice Fée Lilas, plus que jamais symbole du renouveau dans le schéma initiatique du conte), violons caressants (1'44), girandoles de passions (2'20), avant une glorieuse reprise de la mélodie introductive, aux violons (3'05), aux trompettes (3'35), qui reflue aux bois (4'14). Une des pages les plus bouleversantes, les plus submergeantes du ballet, et de toute l'Histoire du ballet. Après ce duo, on espère les solos, que voilà. Celui de Désiré, viril, un galop épousseté par la caisse claire, qui vire aux acrobaties prestissimo (0'40). Celui d'Aurore, dont l'élégance se rehausse d'un violon (0'55) au glissando scintillant en harmoniques. Entêtante rengaine pour finir par une Coda éclaboussée.
En quelque six minutes, la Mazurka finale reste une des plus riches du répertoire, et justifie sa prolixité par sa place culminante dans ce ballet. Elle s'offre le luxe de deux trios : d'abord des borborygmes (1'23) qui hoquètent aux bois, montrant peut-être que l'assistance a fait bonne chère. Le second trio encoquète les violons (2'37) au gré d'une sinueuse valse. On est plus que rassasié par la reprise (toujours cette manie tchaikovskienne un brin agaçante de surexploiter ses machineries, si superbes soient-elles) : envolées (4'29), péroraison (4'39), presto sur les chapeaux de roue (4'51)... N'en jetez plus...
Maintenant que nous sommes sur les rotules : contraste avec la surrection de l'Apothéose, aussi triomphale que poignante quoique succincte. Deux minutes littéralement sublimes. Trompettes en héraut, glissandi du piano, la réfulgence laisse bouchée bée ! C'est Versailles autant que Byzance. Tchaikovsky trahit ses sympathies monarchistes et sa culture francophile en empruntant la chanson Vive Henri IV vive le Roi galant : en chorus aux bois (0'16), en clameur du tutti (1'02). Avalanche de pathos. La gorge se noue. On peut s'émerveiller ou en pleurer, en tout cas peut-on résister à la chair de poule ? Si cette apothéose ne vous met pas les larmes aux yeux, essayez les grands remèdes (Fistoulari et les gouailleurs pupitres parisiens chez Decca). Et si vous ne succombez toujours pas, c'est que la faculté de s'émouvoir vous a déserté, ou pire, que vous avez perdu votre âme d'enfant.
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de nobliaux, mais guère d'aussi beaux que ce ballet.


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fomalhaut
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyMar 24 Mar 2020 - 9:02

Bravo et Merci !

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Nestor
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Mélomaniac a écrit:
Mélomaniac, in playlist, a écrit:

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Catégorie orchestrale -rang 068°/250



Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 Lanchb10
John Lanchbery (1923-2003)


Piotr I. Tchaikovsky (1840-1893) :

La Belle au Bois dormant, ballet Op. 66

= John Lanchbery, Philharmonia Orchestra

(Emi, mars-juillet 1981)

Smile Comme beaucoup, j'avais découvert La Belle au Bois dormant par des extraits, en l'occurrence un vinyle d'Eugene Ormandy (CBS). Et comme certains, je me suis épris des ballets tchaikovskiens au point d'en collectionner les versions, complètes ou partielles. Sauf peut-être le Casse-Noisette, aucun des trois n'est exempt de longueurs, faiblesses, ou banalités. À tel point que pour les Mélomaniac d'Or, j'ai hésité à vous proposer une intégrale ou une anthologie auquel cas le disque de Pierre Monteux à Londres (RCA) se recommanderait en priorité pour son chic et son panache. Mais voilà, comment se dispenser des splendides pages qui passent inévitablement à la trappe quand on se contente d'une compilation ?!
Au début des années 1950, à l'apparition du Long Playing, une poignée de chefs s'attelèrent à ce ballet, en intégralité (ou quasi, vu qu'en l'absence de coupure, la partition dépasserait trois heures) : le percutant Antal Dorati à Minneapolis (Mercury, avril 1955, exhaustif, sur quatre microsillons !), le sagace Ernest Ansermet (avril 1959). Anatole Fistoulari à Paris (Decca, juin 1952) et Robert Irving et son Royal Opera House (HMV, juin 1955) se limitèrent à une mouture un peu abrégée, conformément aux pratiques de Covent Garden. Et aussi pour tenir sur quatre faces 33 tours. Tout comme Georges Weldon et le Philharmonia (HMV, avril-mai 1956), en outre le premier à bénéficier d'une captation stéréophonique. D'autres enregistrements suivirent : Ievgueni Svetlanov (Melodiya), André Previn (Emi), le somptueux remake d'Antal Dorati avec le Concertgebouworkest (Philips), Richard Bonynge (Decca), Valery Gergiev (Philips), Mark Ermler (Sony)... À vrai dire, une seule version m'a déçu : Pletnev chez DG, bien trop mollasson et médiocrement inspiré. Parmi les intégrales, restait l'embarras du choix. Le musicologue Greg Keane distingue deux manières d'aborder une œuvre aussi riche et dont la partition peut se suffire (bien qu'elle soit rarement jouée en concert) : théâtrale (je rangerais ici les baguettes habituées de la fosse tels Dorati I, Fistoulari, Ansermet, ou les slaves tels Svetlanov, Gergiev ou Ermler) versus symphonique (Weldon, Previn, Dorati II, Pletnev...)
Celle que j'ai retenue se rattache résolument à la première école : Lanchbery est un spécialiste expérimenté, lui-même auteur et arrangeur de ballet, qui avait commencé sa carrière dès 1948 à la tête des plus prestigieuses salles du Royaume-Uni (Metropolitan, Sadler's Wells, Covent Garden), d'Australie et des États-Unis (ABT de New York). Il fut le premier maestro non-russe à recevoir la médaille du Bolchoï, et Rudolf Noureev le considérait pour son art comme le meilleur chef de l'après-guerre. Il grava notamment les trois chefs-d'œuvre tchaikovskiens avec le Philharmonia. Il excelle ici dans la personnification des leitmotive, l'intensification des climats, privilégiant parfois la fougue sur la précision, mais son instinct trouve toujours les clés qui font vivre la musique et ce qu'elle suggère ou accompagne. Même en conditions studio, Lanchbery pousse dans ses retranchements la virtuosité de l'orchestre anglais, qui délivre ainsi tout le lustre, l'éclat, la saveur de cette partition.
C'est le Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg qui en 1888 commandita Tchaikovsky, lequel se plongea dans le mythe approprié par Charles Perrault et les Frères Grimm. Le chorégraphe Marius Petipa formula les contraintes, canalisant l'imagination musicale sans l'assécher. L'intrigue repose sur un Prologue et trois Actes, les deux premiers déployant l'essentiel du ressort narratif, -le dernier procurant les divertissements et pièces de caractère inhérents au genre.

L'introduction commence par une irruption parmi les plus impressionnantes de tout le répertoire : attaque fortissimo martelée par la grosse caisse, menaçantes sonneries de cuivres, rafales échevelées des violons : tous ces procédés clament déjà la puissance du maléfice. Contraste avec l'Andantino (0'43) : sur un soyeux tamis des violons, clarinette et flûte exhalent maintenant une ambiance bienveillante, dans un radieux mi majeur, prolongée par les cordes (1'30), les cuivres (1'52). Le climax transige vers une marche guillerette (2'23) sifflotée par bassons et clarinettes. Le Prologue démarre insouciamment par la poursuite de cette Marche, en la majeur aux violons. Les petites mains du château s'affairent aux préparatifs du baptême de la Princesse Aurore. À la reprise, dames et seigneurs font leur entrée (0'27). Catalabutte, le maître de cérémonie, prend solennellement la parole (0'57) aux trombones et cordes graves, ensuite la marche reprend aux violons, calmement (1'27) puis vigoureusement (1'47). Catalabutte intervient encore, d'une voix adoucie (2'27). Diversion aux bois et cordes (2'59) qui se propage aux cors (3'16) dans une fanfare crescendo qui salue l'arrivée du Roi et de la Reine. La marche reprend (3'36) dans une veine grandiose décrivant le faste de la Cour qui s'installe, jusqu'à l'accord conclusif (4'39).
L'ondoyante Scène dansante voit entrer les fées. D'abord celle des Lilas (1'13). Gracieux intermède allegro moderato (2'00) aux violons et altos : damoiseaux et damoiselles accourent avec les cadeaux puis (tandis que le rythme devient ternaire) se mettent à valser délicatement (2'12), au gré d'une volute ascendante des violons. Un palier un peu guindé (2'59) précède la reprise de la valse (3'32) auréolée par la harpe et les contrechants d'altos, jusqu'à un pizzicato conclusif (4'23). Pour le Pas de Six, les fées présentent leurs offrandes. À l'unisson des cordes et bois s'empèse une complainte surannée, soulignée par la harpe et conclue par un puissant accord (0'33) et une sonnerie de cuivres. L'Adagio démarre andante en si bémol, chanté par la clarinette (0'05), le hautbois (0'42), les bois. Après un ravalement de clarinette, les violons (1'15) lancinent un émouvant crescendo d'où se dégage le hautbois (2'11). La clarinette reprend la mélodie initiale (2'27), endossée par violons (2'52) et trombones sur fond de triolets qui élèvent la tension vers un fortissimo ponctué par roulement de timbales (3'26). Un ostentatoire glissando de harpe à découvert (3'32) va propulser un allegro molto (3'40) à toute vitesse : aux violons, puis clarinette et piccolo, avec l'appoint du tambour de basque. Suit une série de Variations chacune consacrée aux six fées et à leur présent. La première, Candide, apporte la beauté, au gré d'un allegro moderato : lâche scansion des cordes graves, vagues d'arpèges de clarinettes supportent la callipédie au hautbois (0'08) puis au basson (0'41) sur volutes flûtées. Désinence au hautbois (0'57), ensuite (1'05) aux flûtes et cor anglais. La seconde, Fleur de Farine, apporte le courage, et se veut fluide et élancée : un galop de cordes à 6/8 diligente un staccato des hautbois et clarinettes, puis de l'ensemble des bois. La troisième, Miettes qui tombent, apporte la gracilité dans sa besace, et se présente en trois sections : l'effritement est d'abord judicieusement traduit par des pizzicati de violon d'où s'élèvent de suaves violoncelles (0'16). Les pincements passent aux altos et violoncelles (0'30) ponctués par clarinettes et bassons, et reprennent enfin aux violons (0'45) surlignés par des trilles exhalés à l'aigu, tandis que la cantilène des violoncelles (1'01) rappelle la première section. La quatrième, Canari qui chante, fait don du talent musical (un gage de vertu féminine en ces lointaines époques), -une des pages les plus enchanteresses de la partition. Nimbée par le glockenspiel s'ébroue une volière de triolets au piccolo, puis aux deux flûtes, qui peut évoquer la « Musique des automates » de Coppélia de Delibes, que révérait Tchaikovsky. La cinquième, Violente, a l'espièglerie dans l'escarcelle. Encore un galop, qui enchaine un lacis de triades alternées aux violons et clarinettes, relancées (0'42) par le tambour de basque. La sixième, la plus influente, la Fée des Lilas, arrive enfin prodiguer ses dons, au gré d'une magnanime valse en ut majeur, suivie par une Coda : un chorus ascendant aux bois (0'05), mais dont le cours se voit balayé par d'orageux triolets des violons (0'30), comme une trouble prémonition, avant une bruyante conclusion qui pourchasse ces présages.
Pivot dramatique de l'Introduction, le Finale s'initie andantino. La Fée des Lilas, personnifiée par la clarinette, s'approche tendrement du berceau. Mais un roulement de timbales et une lointaine rumeur des trombones (0'22) témoignent d'un tumulte dans le vestibule, qui s'amplifie saccadé et véhément. La méchante Carabosse apparaît (1'12) sous des traits grinçants et patibulaires, qui grimacent aux bois (géniale instrumentation !), pour demander pourquoi elle n'a pas été conviée au baptême. Navrés de cette offense, le Roi et la Reine lui adressent une supplique (1'36) qu'on entend aux cordes, entrecoupées par les dénégations aux bois. C'est Catalabutte qui a oublié de l'inviter ! Tout quinaud, il se précipite aux pieds de Carabosse pour excuser sa contumélie (1'51) mais elle ricane (2'12) et lui défrise la perruque pour le ridiculiser. Elle pense à se venger par une imprécation (2'41), mais les bonnes fées implorent le pardon (2'53), par une chaleureuse intercession aux cordes. La sorcière se gausse de cette plaidoirie (3'20) et son hilarité malsaine gagne ses acolytes. Raclements de contrebasses, irrision de cymbale, bois persifleurs : là encore on admire l'orchestration ! Doubles-croches aux flûtes et piccolo (3'34) annoncent l'odieuse prédiction de Carabosse qui sermonne aux violoncelles et contrebasses (3'45) : la Princesse grandira comme une belle et saine jeune fille, mais à l'âge de seize ans elle se piquera avec un fuseau et en mourra !!!  Des cris horrifiés s'élèvent en trémolo des flûtes et clarinettes (3'50, 3'57) qui ensuite prorogent la malédiction tandis que le trille est transféré aux contrebasses (4'04, 4'11) par une astucieuse interversion de l'instrumentation. Les violons fusent en doubles-croches et proclament que la Princesse s'endormira dans un silence éternel... Tandis que la Cour s'abat dans la consternation, Carabosse jubile d'un rire sardonique (4'31) puis ses valets s'élancent dans une sordide chorégraphie (5'06) avec les rats. Silence. La Fée des Lilas sort de sa cachette (5'35) et l'on perçoit son thème au hautbois (5'38), sur les frémissements de cordes et les glissades de harpe. Elle annonce que sa magie n'est pas assez puissante pour conjurer la charaude, mais elle peut l'adoucir : la Princesse ne mourra pas, mais sera plongée dans un sommeil séculaire d'où elle sera tirée par le baiser d'un prince charmant. Furieuse de cette apparition qui contrarie ses desseins funestes, Carabosse remonte dans sa brouette (6'41), par un crescendo en fanfare qui signe son dépit. Le thème de la fée des Lilas se déploie aux cordes (7'18) et resplendit en canon aux cors (7'42) : les fées se groupent autour du berceau, toute la Cour est rassurée, tandis qu'enfle un crescendo conclu par une résolution en tutti (8'17).

L'Acte I évoque la réalisation du sortilège.
Jour de liesse. Toute l'intendance s'active aux préparatifs du seizième anniversaire de la Princesse. Allegro vivo en mi majeur. Fanfare, guillochis des violons, les bois piaillent une pimpante ritournelle (0'12), reprise à 0'34 (sur scène on voit des villageois travailler à la confection de guirlandes), puis avec les trompettes (0'57). Les triolets des violons (1'09) expriment les commérages tandis que les fileuses se mettent à danser. La fanfare introductive reparaît (1'57), Catalabutte vient superviser le protocole, il aperçoit les paysannes avec des aiguilles à tricoter qui suscitent sa méfiance (2'21) et ordonne de les mettre en prison (2'45) par des diatribes de violons qui évoluent en climax (3'04). Mais le Roi apparait sur la terrasse du château (3'16) et sur fond de pizzicati interroge Catalabutte (3'30) dont les réponses bourdonnent confusément en doubles-croches des violons (3'50) pour remémorer la sinistre prophétie, qui emplit le Roi de colère : cuivres et percussions vitupèrent, profèrent de furieux anathèmes contre les imprudentes (4'26). Les princes intercèdent (5'19) par la déprécation des violoncelles, -le Monarque apitoyé se laisse fléchir (6'06), ce que confirme le basson débonnaire, tandis qu'aux flûtes et hautbois résonne comme un écho des cachinations de Carabosse. En tout cas, les paysannes sont graciées.
La Princesse arrive, au gré d'un des moments qui garantit la célébrité du ballet : une Valse en si bémol. Introduction par des levées de violons, des acclamations (0'16), puis advient le motif principal dont le balancement est assuré par bassons et clarinettes (0'37). Une voluptueuse mélodie chante aux archets (0'41) ; péripétie (1'12), elle revient (1'48) sur la corde de sol, surlignée par la circonflexion des flûtes et clarinettes. Intermède nimbé par le glockenspiel (2'23). Retour de la mélodie principale (2'55), encore enjolivée de figurations (4'01) puis couronnée d'une longue péroraison (4'24). Quatre jeunes prétendants se présentent au Roi pour courtiser sa fille. Andante, hautbois et bassons roucoulent comme des pigeons, les cors s'engorgent de désir. Sujet de leur convoitise, Aurore apparaît (0'48), pleine de malice, regimbe sveltement (1'03), fièrement (1'19, on passe à 6/8 en la majeur).
Voilà un Adagio en mi bémol, l'autre notoire moment du ballet, un des triomphes lyriques de toute la musique occidentale, du moins dans le genre sirupeux. Hachurage des cors renforcé par hautbois et bassons, solo de harpe (0'13). Avec majesté, sur un généreux 12/8, clarinettes et cor anglais enclenchent un mécanisme ascendant de quatre notes (0'56), violons et altos épanchent une dolente mélodie (1'02), dont la reprise (1'37) s'entrecoupe d'un anxieux contrechant de violoncelles (1'59) auquel les bois (2'11) puis des trilles langoureux (2'21) font écho. Suivent un canon aux cordes (2'40) qui se resserre stringendo, puis un goulet opiniâtre (3'03). Une ascension en trémolo expulse la mélodie principale (3'26), en grande pompe, suivie d'un retour du contrechant de violoncelles, majorisé et résilient (3'45). D'ânonnants bassons (4'03) réinvitent l'épisode trillé, au cor anglais, parsemé de fusées aux flûtes. L'interlude s'exalte progressivement (4'28) et ramène la berquinade, encore plus emphatique (4'47), soulignée par un roulement de tambour (5'22), étirée jusqu'à la dernière goutte de suavité (6'34). Au rayon loukoum-qui-colle-aux-doigts, aucun compositeur n'a jamais fait mieux.
Dans la même tonalité, voici la Danse des demoiselles d'honneur et des pages, plus ordinaire, si ce n'est qu'elle montre le génie de Tchaikovsky à ressasser durant deux minutes un anodin motif d'une poignée de secondes (0'07-0'14) : il se transfère aux bois (0'22) ; après une variation des cuivres (0'37) il se répète aux flûtes et clarinettes (0'52) sur treillis de trompettes et cornets, il revient aux cordes (0'58). Voltige aux flûtes et clarinettes (1'07) ; le motif s'accélère (1'28) pour les gambettes des pages, s'étoffe des cuivres (1'41)... En sol majeur, la Variation d'Aurore valorise le violon solo et la harpe. Le section centrale (1'35) alterne staccato de bois et rafales de violons, avant un duo (2'11) entre soliste et flûte, censément bissé par les barres de reprises, mais le présent enregistrement enchaîne (2'49) sur la conclusion allegro vivace.
La Coda va nous emmener vers le nœud dramatique de ce premier Acte. Indolemment, sur de floches filandres des altos, les violons soupirent une insignifiante rengaine, prolongée par les seconds violons (0'17), les cors et cornets (0'31). Les pizzicati s'activent (0'42) puis les cuivres avec le tambour de basque (0'57) et les cymbales. La sinueuse mélodie reprend (1'14) au tempo primo mais accélère à nouveau (1'40) sur un crépitement du tambour de basque correspondant à l'instant où Aurore aperçoit une vieille dame grimée. Crescendo, un accord des trompettes en triolets (1'52) et un trille insistant des violons signalisent un danger. On passe en mi bémol et à une battue ternaire pour la reprise de la mélodie initiale, aux bois (1'58), quand Aurore saisit innocemment la quenouille que lui tend la vieille, et le Finale débute alors qu'elle se pique. D'omineuses fanfares alternent avec un fatidique motif arqué aux archets, qui ensuite se dévide allegro vivo (0'44) dans une exaltation croissante qui traduit le vertige de la Princesse vacillante, jusqu'à un roulement de timbales (1'11) et une sentence des cors et trombones. En la bémol, à l'aigu des violoncelles, la foule crie sa douleur (1'19) en constatant que la macabre prophétie s'est réalisée. À leur tour les deux parents se désespèrent (1'49) et leur accablement reflue au grave des contrebasses. L'horreur atteint son comble quand la vieille se dépouille de son manteau, révélant qu'elle n'est autre que Carabosse (2'14) ! Elle ricane sauvagement alors que tout l'orchestre fulmine, que les princes dégainent et l'assaillent, avant qu'elle ne disparaisse (2'38) sur un fracas de grosse caisse, tandis que la Cour s'enfuit épouvantée. À la faveur d'un Andantino en mi majeur (3'06), la Fée des Lilas survient au cor anglais, apaise les craintes : Aurore n'est pas morte, mais juste évanouie. Son thème se prolonge aux violons (4'02) tandis qu'on dépose la Princesse sur un brancard et qu'on l'emporte. Climax (4'24), fantastique clash de cymbale (4'43) puis du tam-tam : la Fée brandit sa baguette et plonge tout le royaume dans un charme d'endormissement. Le thème de la fée se déploie aux bois (5'14) sur un treillis des violons en sextolets qui va ingénieusement s'entrelacer à l'ensemble des cordes : le château s'entoure d'un maquis de ronces impénétrables. Le thème de la fée décline au cornet en sourdine (6'15), se décante à la clarinette (6'39), à la flûte sur un impalpable trémolo des archets pianissimo. Quatre ultimes et ténus accords de harpes referment cet Acte sur le palais figé dans son sommeil promis centenaire.

L'Acte II nous transporte donc un siècle plus tard, aux alentours de la forêt enchantée. En guise d'entracte se déploie une fanfare de cors, instruments cynégétiques par excellence : voilà une partie de chasse, qui se réplique aux cuivres, en alternance avec un air franc et décidé aux violons illustrant la vaillance de l'équipage, qui fait halte (1'16) à la guise d'un passage plus tranquille saccadé aux cordes. Paraît le Prince Désiré (1'34) dont le thème aux cors dérive de la fanfare initiale et se propage plein d'autorité et de candeur à l'orchestre. Son précepteur Galifron propose un jeu de colin-maillard (2'10), avant une trottinante répartie. Pour la scène n°11, la troupe accepte l'amusement et s'élance ainsi dans ce colin-maillard virevoltant et esbaudi d'une joyeuse fantaisie. Par le Moderato suivant, la curialité des cordes exprime comment Galifron souhaite organiser des danses pour les nobles dames. Prétexte pour Tchaikovsky de convoquer quelques pastiches aristocratiques. Les Duchesses exécutent un menuet en sol majeur, répété sur les doubles-croches de contrebasses (0'17) et solennisé par cors et trompettes (0'36). Les Baronnes préfèrent une gavotte, aux bois, non exempte de piment (piccolo à 0'17). Une impulsion trochaïque sur rythme ternaire émoustille l'allegro des Comtesses . Pour les Marquises, les prestes rubans d'exquises clarinettes à l'octave batifolent sur une guipure de pizzicati. Ces dames empressées (poco piu vivo) proposent maintenant une Farandole, qui prendra l'allure d'une orgueilleuse mazurka, scandée par les basses. Une section centrale (0'41) précède un presto (0'56) récapitulatif.
Au numéro 14, les fanfares font écho à l'ouverture de l'Acte puis s'éteignent ; le Prince lassé s'éloigne et reste seul. Un changement de tonalité (ré bémol) traduit le changement de décor pour l'Andantino : sur des reflets de harpe (1'03) s'exonde une embarcation de nacre qui transporte la Fée des Lilas dont le thème aux flûte et cor anglais (1'09) illustre son dialogue avec Désiré, poursuivi aux violons (1'53) jusqu'à un climax (2'32) où les violoncelles s'émeuvent (2'37). La fée montre une image d'Aurore endormie (3'25) qui soudain se lève et trépigne (4'05) par un vivace en mi majeur conclu par deux éclairs de harpe (4'50). Le Pas d'Action se dévoue au couple naissant, au gré d'un attendrissant solo de violoncelle, que divers pupitres nimbent par de bruissantes envolées des cœurs. L'idylle devient plus pathétique (2'22). L'ensemble des violoncelles reprend la mélodie initiale (3'10) majestueusement rejointe par altos et violons (3'30). Les bois s'affolent (4'12) puis s'élancent dans une valse (4'21) relayée par les violons, paraphée par deux ultimes pincements résolutoires (5'27). En si bémol, la Variation d'Aurore rappelle le morne début de la Coda de l'Acte I. Un hautbois dépeint une Princesse toute de fragilité, voire comateuse. Le convulsif accompagnement s'anime en doubles-croches (0'51) tandis que la mélodie reprend aux bois (1'07). La Coda du Pas d'Action est un fougueux presto où les clarinettes, le staccato des violons bégayent éperdument, et qui s'effiloche (1'11) par une diaphane texture d'inspiration mendelssohnienne : à la fin le spectre d'Aurore disparaît. Fort logiquement, dans la Scène suivante, par un agitato en mi bémol, le Prince prie la Fée de lui faire rencontrer Aurore en chair et en os, ce qu'elle accepte en le guidant à travers la forêt d'épines : grâce à quelque magie qui surmonte les obstacles, ce Panorama est traversé comme dans un songe, tramé par le treillage des bois en doubles-croches qui mobilise une lente et aérienne mélopée des violons. Au terme du parcours, des vapeurs envahissent le paysage.
Le bref n°18 avec le violon solo ne figure pas dans cet enregistrement. L'entracte andante misterioso nous révèle Aurore allongée dans une chambre du château. Sur un vaporeux trémolo d'archets, les bois font entendre le thème de l'endormissement par lequel la Fée avait plongé toute la Cour dans les bras de Morphée, à la fin du Prologue. Horreur !, dans cette alcôve les violons instillent le motif de Carabosse (0'30), qu'on imagine tapie dans un coin obscur. Une trompette bouchée cite le bienveillant motif de la Fée des Lilas (1'02) mais la mégère guette (1'42). Nouvelle citation du motif de la Fée (2'11), puis le hautbois soliloque (2'28) tandis que les cordes se décantent en volutes, traduisant les instances de métamorphose en train de couver. Les bois enclenchent un délitement d'arpèges (3'44), les nuages se dissipent (3'56). Nouvelle occurrence du thème de l'endormissement (4'23) qui s'amenuise. Soudain, Désiré et la Fée des Lilas entrent (5'17), les violons s'agitent vivace (5'30), le Prince s'élance vers le lit (5'43), les pupitres halètent par un frénétique crescendo (6'04). Désiré embrasse le front d'Aurore (6'37) : sur un glas de tam-tam le charme est rompu. La scène finale s'agite fébrilement dans un grandiloquent tutti, reprend ses esprits (0'36), puis redémarre en trombe dans une liesse exaltée.

Voué aux festivités du mariage, l'Acte III s'ouvre par une Marche en ré majeur, plutôt rapide (noire à 116), toute en guirlandes et fusées de doubles-croches. Le Roi et les fiancés entrent (0'55), salués par les courtisans. Cet Acte ne comporte guère d'autre action qu'un savoureux étalage de numéros d'apparat où vont défiler des personnages importés d'autres contes, et voici qu'on nous les présente en cortège dans la Polonaise en sol majeur, avec énergique trio médian (1'48). Amorcé par une banale introduction en si bémol, le premier Divertissement introduit quatre nouvelles fées, chacune patronnant métaux précieux et pierreries. La Fée Or valse en mi bémol, son thème est repris par les cors (0'36). La Fée argent sautille en la bémol par la voix des flûtes et piccolo, -les halos du glockenspiel concourent à cette mignonne argyropée. Place aux gemmes. La Fée Saphir se saccade de pizzicati en tuilage aux deux violons, dans un mètre irrégulier (à 5/4, un bacchée renversé) propulsé par cors, bassons et piano. Épinglée par le triangle, la Fée Diamant n'est pas montée en cabochon : elle miroite de toutes ses facettes, étincelle de tous ses feux -on notera la reprise à l'aigu du piccolo (0'29). Coda en mi majeur. Voici Le Chat botté, un des numéros les plus notoires, génialement caractérisé : miaulements de hautbois et basson, griffures d'archets en sforzando (et dans cet enregistrement, Bonynge obtient un effet extraordinairement lacérant !), minauderies de cor anglais... Qui douterait encore que Tchaikovsky fut un pape de l'orchestration ?
Un délicieux Adagio s'échancre à la flûte, rejointe par la clarinette (0'26) -reprise savamment ornementée (1'30) : il initie un Pas de Quatre qui transfuge deux couples. D'abord Cendrillon et le Prince Fortuné, au gré d'une valse. Puis L'Oiseau bleu et la Princesse Florine, qui comme attendu gazouille, aux deux flûtes. Conclusion par une badineuse Coda en fa. Un nouveau couple s'invite au numéro 26 : Chaperon rouge et le Loup, dont l'impatience tressaute aux bois (quelques grognements, 0'34- attestent que l'affamé n'a pas perdu ses instincts carnassiers) et s'active en stringendo (0'53). Revoilà Cendrillon qui, dans un allegro agitato, n'a pas mis les deux pieds dans la même pantoufle de vair. Le mouvement se transmue en valse (1'01) qui enfin embraye vivace (2'08).
Le pittoresque Pas berrichon est hélas absent de cet enregistrement, mais on regrettera moins l'éviction de la sempiternelle Sarabande qui suit le Pas de Deux des tourtereaux. Il débute par une Entrée principalement dévolue aux violons, guère inspirée il faut l'avouer. En revanche, l'Adagio n'est que ravissement : pizzicati, hautbois enjôleur (son incantation dérive de la rédemptrice Fée Lilas, plus que jamais symbole du renouveau dans le schéma initiatique du conte), violons caressants (1'44), girandoles de passions (2'20), avant une glorieuse reprise de la mélodie introductive, aux violons (3'05), aux trompettes (3'35), qui reflue aux bois (4'14). Une des pages les plus bouleversantes, les plus submergeantes du ballet, et de toute l'Histoire du ballet. Après ce duo, on espère les solos, que voilà. Celui de Désiré, viril, un galop épousseté par la caisse claire, qui vire aux acrobaties prestissimo (0'40). Celui d'Aurore, dont l'élégance se rehausse d'un violon (0'55) au glissando scintillant en harmoniques. Entêtante rengaine pour finir par une Coda éclaboussée.
En quelque six minutes, la Mazurka finale reste une des plus riches du répertoire, et justifie sa prolixité par sa place culminante dans ce ballet. Elle s'offre le luxe de deux trios : d'abord des borborygmes (1'23) qui hoquètent aux bois, montrant peut-être que l'assistance a fait bonne chère. Le second trio encoquète les violons (2'37) au gré d'une sinueuse valse. On est plus que rassasié par la reprise (toujours cette manie tchaikovskienne un brin agaçante de surexploiter ses machineries, si superbes soient-elles) : envolées (4'29), péroraison (4'39), presto sur les chapeaux de roue (4'51)... N'en jetez plus...
Maintenant que nous sommes sur les rotules : contraste avec la surrection de l'Apothéose, aussi triomphale que poignante quoique succincte. Deux minutes littéralement sublimes. Trompettes en héraut, glissandi du piano, la réfulgence laisse bouchée bée ! C'est Versailles autant que Byzance. Tchaikovsky trahit ses sympathies monarchistes et sa culture francophile en empruntant la chanson Vive Henri IV vive le Roi galant : en chorus aux bois (0'16), en clameur du tutti (1'02). Avalanche de pathos. La gorge se noue. On peut s'émerveiller ou en pleurer, en tout cas peut-on résister à la chair de poule ? Si cette apothéose ne vous met pas les larmes aux yeux, essayez les grands remèdes (Fistoulari et les gouailleurs pupitres parisiens chez Decca). Et si vous ne succombez toujours pas, c'est que la faculté de s'émouvoir vous a déserté, ou pire, que vous avez perdu votre âme d'enfant.
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de nobliaux, mais guère d'aussi beaux que ce ballet.


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Tu as quand même un art certain pour embellir les choses Mélo  batman . J’avoue l’avoir joué quelques fois ( et encore en version avec quelques coupures) et j’avais trouvé ce ballet très peu subtil et féérique comparé à Casse-Noisettes par exemple. Pourtant je suis vraiment très bon public mais la lourdeur orchestrale et les récurrences thématiques étaient un sujet de plaisanterie, au point qu’il était du registre de l’exploit d’en jouer deux représentations en une journée !  cat
Mais c’est toujours avec grand plaisir que je lis tes descriptions très ornées !
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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 26 Mar 2020 - 16:28

Nestor a écrit:

Tu as quand même un art certain pour embellir les choses Mélo  batman . J’avoue l’avoir joué quelques fois ( et encore en version avec quelques coupures) et j’avais trouvé ce ballet très peu subtil et féérique comparé à Casse-Noisettes par exemple. Pourtant je suis vraiment très bon public mais la lourdeur orchestrale et les récurrences thématiques étaient un sujet de plaisanterie, au point qu’il était du registre de l’exploit d’en jouer deux représentations en une journée !
Mais c’est toujours avec grand plaisir que je lis tes descriptions très ornées !


C'est plutôt Casse-Noisette que je trouve indigent, comparé au Lac des Cygnes et à La Belle au bois dormant !
Casse-Noisettes, féerique peut être, mais enfin, il y a quelques pages réussies, la valse des flocons de neige, par exemple, mais l'ensemble ne va pas très loin. Bien gentil, sans plus.

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MessageSujet: Re: Tchaïkovsky: les ballets   Tchaïkovsky: les ballets - Page 4 EmptyJeu 26 Mar 2020 - 17:02

fomalhaut a écrit:

C'est plutôt Casse-Noisette que je trouve indigent, comparé au Lac des Cygnes et à La Belle au bois dormant !
Casse-Noisettes, féerique peut être, mais enfin, il y a quelques pages réussies, la valse des flons de neige, par exemple, mais l'ensemble ne va pas très loin. Bien gentil, sans plus.

Ah ben mince ! Crying or Very sad En dehors des tubes, La forêt de pins par exemple si ce n'est pas admirable. Shocked Je trouve l'ensemble du ballet d'une telle poésie et sans grosse faiblesse; je me sens à chaque fois plongé dans tout un monde. M'enfin tout ça est certes affaire de goût personnel. Wink

mais quand même Mr.Red
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