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 Enescu (Enesco) - Musique de chambre

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poisson
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MessageSujet: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 18 Juin 2009 - 17:20

Je pense en particulier à la musique pour violon et piano (les sonates, les impressions d'enfance) et pour violoncelle et piano. Si vous avez de belles références je suis preneur cat

violon

Like a Star @ heaven Pour les impressions, j'avais eu entre les mains la compilation par Kremer/Maisenberg

Enescu (Enesco) - Musique de chambre 51P0SJX7SSL._SL500_AA240_

(avec notamment du Schulhoff) qui était suffisamment bonne pour me donner le goût des pièces en question. Mais je n'ai pas de point de comparaison.

Like a Star @ heaven Pour la troisième sonate, je connais Stern/Zakin (compile avec notamment du Debussy) mais ce ne m'avait pas renversé.

Pour les sonates pour violoncelle, aucune idée Neutral
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Morloch
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 18 Juin 2009 - 17:38

Yehudi Menuhin est toujours une sorte de référence chez Enesco, en tant que grand ami.

Mais Gidon Kremer, j'imagine que c'est génial.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyVen 19 Juin 2009 - 13:35

Morloch a écrit:
Yehudi Menuhin est toujours une sorte de référence chez Enesco, en tant que grand ami.

Tu parles de l'enregistrement des années 30 avec sa soeur au piano?
Un très bel enregistrement, malgré le son bien vieillot. (mais quand même écoutable)
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Morloch
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyVen 19 Juin 2009 - 13:55

Oui, je ne sais pas s'il existe d'autres enregistrements de musique d'Enesco avec lui, il me semblait que oui, mais peut-être pas. Je crois qu'on parle du même.

Enescu (Enesco) - Musique de chambre Enesco-011
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vieille cire
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptySam 20 Juin 2009 - 18:45

Je ne connais pas Menuhin et je sais que c'est rédhibitoire.
Pour la première Ida Haendel chez Legendary Treasures: A posséder autant pour sa prestation (l'œuvre ne m'a pas emballé) que pour l'ensemble manteau-chapeau qu'elle arbore en couverture. Quel raffinement!Wink
Pour la 3 Ferras et Barbizet. (en plus de Stern déjà cité)
Mais pour les 2 et 3, je m'étonne en tant que "vieille cire" que vous n'ayez pas cité en tout premier ... Enesco lui même accompagné par Lipatti.
Sans une affiche pareille, je crois que je n'aurais jamais écouté.
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pi2000
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyVen 22 Jan 2010 - 16:45

poisson a écrit:
Je pense en particulier à la musique pour violon et piano (les sonates, les impressions d'enfance) et pour violoncelle et piano. Si vous avez de belles références je suis preneur cat

violon

Like a Star @ heaven Pour les impressions, j'avais eu entre les mains la compilation par Kremer/Maisenberg

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(avec notamment du Schulhoff) qui était suffisamment bonne pour me donner le goût des pièces en question. Mais je n'ai pas de point de comparaison.

Like a Star @ heaven Pour la troisième sonate, je connais Stern/Zakin (compile avec notamment du Debussy) mais ce ne m'avait pas renversé.

Pour les sonates pour violoncelle, aucune idée Neutral


Leonidas Kavakos,Peter Nagy
http://www.amazon.com/gp/product/B0000CNVFL/ref=dm_dp_cdp?ie=UTF8&s=music&qid=1264174112&sr=8-5

Mihaela Martin
http://www.amazon.com/Enescu-Impressions-DEnfance-Violin-Sonatas/dp/B002PSKF8M/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=dmusic&qid=1264174218&sr=8-1

Valery Sokolov


http://www.amazon.com/Enescu-String-Octet-Violin-Sonata/dp/B001Q1KCLE/ref=sr_shvl_album_3?ie=UTF8&qid=1264174909&sr=301-3
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyVen 22 Jan 2010 - 16:51

pi2000 a écrit:
poisson a écrit:
Je pense en particulier à la musique pour violon et piano (les sonates, les impressions d'enfance) et pour violoncelle et piano. Si vous avez de belles références je suis preneur cat

violon

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ah merci pour ces suggestions Very Happy
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gluckhand
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 7 Nov 2013 - 17:37

Enesco /les 3 sonates pour violon /Piano /Antal Szalaï /Joszsef balog.Très belle version de ces 3 sonates, la première très peu jouée(opus 2) est la plus faiblarde sans manquer d'intèrêt non plus pourtant ,comme le second mouvement, un quasi adagio de 10 minutes pas mal , mais pas vraiment encore la patte d'Enesco encore là-dedans, mais c'est bien d'avoir pour une fois mis les trois ensemble, ça donne une meilleure idée de sa musique de chambre, la seconde déjà semble plus personnelle et plus concentréé même si elle fait aussi folklorique, elle est dédiée aux frères Thibaud Jacques et Joseph, un premier mouvement assez grave,un peu tourmenté mais superbement partagé avec le piano, le deuxième est plus serein et tranquille mais qui reste très intérieur dans une tonalité recueillie, vraiment très beau, le troisième et dernier est une superbe envolée lyrique qui grandit à partir d'un thème et pour finir avec des variations je crois pas vraiment que ce soit typiquement roumain tout ça, mais rien que pour cette sonate paraît il écrit à 17 ans ce qui est vraiment remarquable , ce disque est intèressant .Pour la 3ème ,Dans le style populaire roumain, ce ne sont pas dès fois les plus connues les plus interessantes mais très belle oeuvre folklorisante quand même ? Très beau disque à recommander pour la qualité des interprètes et de l'enregistrement!
Pour en savoir plus sur ces sonates dans une autre version pourtant / http://www.abeillemusique.com/CD/Classique/CDH55103/0034571151038/Hyperion/Helios/Georges-Enesco/Sonates-pour-violon-et-piano-Integrale/cleart-6246.html
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 7 Nov 2013 - 23:29

Mais Balogh József est un (très grand) clarinettiste. Surprised C'est un homonyme ou ce sont des transcriptions ?
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyLun 8 Aoû 2016 - 15:40

L'octuor à cordes, op. 7 par Gidon Kremer et son ensemble (2000, Nonesuch). Je n'avais pas réécouté ça depuis des années, et c'est toujours aussi impressionnant (un chef-d'oeuvre plusieurs fois évoqué dans le sujet général sur Enescu). Disque indispensable; dommage pour ceux qui ne l'auraient pas encore que ça ne soit apparemment plus si disponible que ça en CD.

Enescu (Enesco) - Musique de chambre Kremer-enescu


Sinon, est-ce que quelqu'un connait l'enregistrement plus récent de Tetzlaff et ses amis (couplé avec l'octuor de Mendelssohn) ? A priori c'est très tentant.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 11 Aoû 2016 - 18:10

La version Tetzlaff est conforme à ce qu'on peut en attendre : extrêmement virtuose ; quand les parties de violons se doublent, ça s'entend !  (Tetzlaff + Weithaas + Faust !)

Côté lisibilité et tempêtuosité, c'est remarquable. Ça n'a peut-être pas la même justesse qu'avec un double quatuor (chacun ayant son vibrato personnel), mais c'est très habité.

Dans le Mendelssohn, c'est l'inverse, je suis surtout frappé par le détail et l'articulation des parties d'alto et de violoncelle, qu'on entend beaucoup mieux que de coutume.


Dernière édition par DavidLeMarrec le Jeu 11 Aoû 2016 - 18:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 11 Aoû 2016 - 18:19

Enescu (Enesco) - Musique de chambre R-7341165-1455893747-3222.jpeg

Les deux premiers mouvements de la sonate dans le caractère populaire roumain sont absolument envoûtants. Étrange sentiment d'entre-deux ; un peu comme pour le Pe Loc de Bartok, la sensation d'être à cheval entre deux mondes, à la fois occidental dans l'idiome (ou la façon de l'écrire/transcrire), et oriental dans le mode. Presque une leçon de géopolitique qui suffirait à expliquer ces orbites originales qu'on constate, suivant les époques, dans les Balkans (et les instabilités qui vont avec ; mais c'est une autre histoire silent ).
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Resigned
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyMar 16 Aoû 2016 - 10:46

Je suis fou de la version Tetzlaff mais je n'ai aucun point de comparaison. Pour un enregistrement en public, la prise de son est remarquable (je crois que c'est enregistré dans un ancien site industriel allemand, une centrale), et les climaxes sont extraordinaires d'intensité.
Du coup, étant amoureux de cette oeuvre, je suis bien tenté par d'autres versions, j'avais aussi jeté une oreille à celle de Janine Jansen & co sur YT, qui m'avait fait belle impression.
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyVen 19 Aoû 2016 - 1:24

J'ai fini par écouter Tetzlaff et je partage votre enthousiasme: lecture enlevée et complètement maîtrisée, d'une densité et d'une précision sonores incroyables. Une version qui rivalise donc sans peine avec celle de Kremer pour l'octuor d'Enescu. Et pourtant la barre était très haute.

A quand une Nuit transfigurée par la même équipe ? bounce

[HS: pour l'octuor de Mendelssohn, comme David, j'ai été estomaqué par le "dépoussiérage" en règle ! C'est une oeuvre géniale qui bénéficie déjà d'enregistrements de référence, mais Tetzlaff et sa bande arrivent encore à nous émerveiller et à nous surprendre !]

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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyMer 2 Mai 2018 - 21:25

L'octuor à cordes dans Disques en Lice :

https://www.rts.ch/play/radio/disques-en-lice/audio/georges-enesco-octuor-pour-cordes-en-do-major-op--7?id=9476962
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyJeu 24 Fév 2022 - 11:54

Deux autres versions enthousiasmantes de ce chef d’œuvre qu’est l’Octuor op.7 sont parues depuis l'émission radio mentionnée ci-dessus, et viennent s’ajouter à la version fascinante de Tetzlaff & friends, et à la belle réussite de l'Ensemble de l’Academy of St Martin in the Fields:

Vilde Frang & friends: Erik Schumann, Gabriel Le Magadure, Roseanne Philippens (violons), Lawrence Power, Lily Francis (altos), Nicolas Altstaedt, Jan-Erik Gustavsson (violoncelles)
Enregistrement studio, 10/2017, Schloß Elmau Concert Hall.

Enescu (Enesco) - Musique de chambre _frang10

Une vigueur rythmique époustouflante, avec notamment la fugue la plus virtuose et la valse la plus endiablée de la discographie.
Une lisibilité exceptionnelle: clarté des lignes, mordant des attaques, sonorités limpides (le timbre assez fine du premier violon de Frang y contribue), valorisées par une prise de son particulièrement précise et peu réverbérée. Une véritable radiographie de la partition.
Un respect intransigeant de la moindre indication d’articulation (tous les liés et détachés, y compris dans des tempi où cela semblerait impossible), de nuances (les quadruple p, au bord de la rupture…), faisant ressortir tous les angles et la modernité de l'écriture.
Le revers de ce parti pris, c'est une sonorité parfois moins généreuse que dans d'autres versions, notamment dans certains climax, et quelques moments qui peuvent sembler légèrement précipités.  

Le premier mouvement est pris très légèrement au dessus du tempo, avec un premier thème qui semble taillé à la serpe, très motorique. L'ensemble fourmille ensuite de détails, de contrastes, d'impressions dansantes, d'effets de textures: c'est totalement captivant, autant que chez Tetzlaff par d'autres moyens, et bien plus vivant et imaginatif à mon goût que chez l’ASMF ou les Quatuors Voces et Euterpe.

La fugue est sidérante: un jeu violent et acharné, une sonorité abrupte, mais sans que cela ne sonne jamais brouillon, et tout en conservant une justesse absolue (ce serait la seule petite réserve de la version de concert de Tetzlaff). Brutalité qui est ici explicitement souhaitée par Enseco avec des indications comme "ff très marqué et dur", ou encore "sauvage" (renversement du 1er thème à la basse, chiffre 32). Comme indiqué plus haut, certains climax peuvent sembler un peu secs par rapport à d'autres versions (les « accords d’orgue » - chiffre 42 - sont rageurs, mais ne font pas trembler les murs comme avec l’ASMF…). Mais quelle claque!

Le mouvement lent débute avec un contrechant sobre, décantée, presque désincarnée, sur lequel se déploie la ligne de Frang, admirablement modelée, sans épanchement superflu, illuminant ces page d'une sorte de clarté lunaire. Le contraste avec un son soudain plus vibrant et passionné au chiffre 52 est d'autant plus saisissant, avant que la texture ne commence à scintiller sur les prémices de la valse au chiffre 55.
Un approche différente de celle de Tetzlaff, lequel apporte peut-être encore davantage de poésie et de caractère onirique, avec en particulier sa capacité à habiter les phrases en effaçant toute impression de scansion verticale, là ou Frang et ses complices atteignent plutôt une sorte de perfection classique, tant dans les lignes que dans la construction d'ensemble.

La valse, enfin, n'aura jamais sonné aussi moderne: prise sur un tempo d'enfer, elle débute avec des accents « méchants », des sonorités grinçantes (les premiers tremolos joués « sul ponticello », les sons droits au chiffre 62), puis nous entraine sur une pulsation absolument intransigeante (des pizz. étincelants dont l'intensité ne se relâche jamais...). Une valse? une bacchanale plutôt, ardente, méphistophélique, et complètement jouissive!

S’il ne fallait retenir qu’une seule version c’est probablement celle que je choisirais.


Ilya Gringolts Quartet & Meta4 Quartet
Enregistrement studio, 12/2018, Sellosali, Espoo, Finlande

Enescu (Enesco) - Musique de chambre _gring10

Les atouts sont ici différents:
Une sonorité rayonnante, avec probablement le 1er violon le plus souverain de la discographie.
Une homogénéité de jeu, typique des versions enregistrées par des ensembles constitués (2 quatuors ou un octuor), qui donne à certaines phrases une fluidité, une évidence et un impact encore plus grand que lorsqu’il s’agit de musiciens réunis pour l’occasion.
Un lyrisme intense et décomplexé, associé à une impression d’improvisation dans certaines phrases, qui révèle particulièrement certaines influences tziganes dans l'écriture (ex: les innombrables démanchés voulus par Enesco, joués « le cœur sur la main… ce qui n’est absolument pas une faute de goût: c’est tout à fait en accord avec les témoignages d’Enesco jouant lui-même ses œuvres.)
La principale réserve serait une lisibilité inférieure, due à la fois à ce jeu plus expansif, et à la prise de son, spacieuse et flatteuse mais assez réverbérée.

Le 1er mvt est conduit sans précipitation, jouant moins sur la vivacité rythmique et la transparence des textures que Frang, mais avec des lignes habitées et intensément expressives, des enchainements entre épisodes qui paraissent totalement organiques, créant des climats tour à tour nostalgiques et mystérieux, et entrainant l’auditeur dans un flot voluptueux assez irrésistible. Et ce dès la première phrase, légèrement plus retenue que chez les autres, mais portée par un souffle immense, et assez stupéfiante de beauté.

Le 2d mvt est tout aussi réussi. Le début est fougueux à souhait, sans être toutefois aussi tranchant que chez Frang, et l'épisode « caressant » chiffre 26 un peu moins aérien. En revanche, Gringolts et ses complices laissent davantage respirer les phrases ça et là, ce qui donne davantage de relief à certaines relances (la "reexposition" à 38, et surtout l’accélération au chiffre 41, qui semble encore plus fulgurante), et offrent encore une fois davantage de plénitude de timbre, atteignant un impact sonore est encore plus impressionnant par moments (les do# répétés avant 36, ou les fameux "accords d’orgue" chiffre 42). Par rapport à l’ASMF ou aux Quatuors Voces & Euterpe, on trouve ici un son plus brillant, et surtout le brin de folie qui permet de transfigurer cette écriture qui pourrait sembler sinon inutilement complexe. Et par rapport au live de Tetzlaff, d’avantage d’homogénéité et de précision d’intonation.

Le mouvement lent m’avait moins convaincu lors des premières écoutes: je trouvais le jeu un peu trop affirmé par rapport aux nuances pp/ppp indiquées, et regrettais de ne pas y retrouver les demi-teintes impalpables, l'archet plus intime, le climat onirique de certains autres versions (Tetzlaff, Jansen...). Mais en y revenant, je suis resté hypnotisé par cette pure beauté sonore, et ce chant royal de Gringolts, qui se déploie avec une intensité naturelle sans chercher à complexifier le discours, et n’est pas sans rappeler certains grands russes du passé (Oui, je peut aimer à la fois C. Tetzlaff, A. Beyer, et… D. Oistrakh… dussé-je être brisé par un tel désespoir taxé de « mauvais goût » par certains). Certes, on ne trouve pas tout à fait la transparence qu'apportent d'autres versions. Mais qu'est-ce que c'est beau!

Enfin, la valse est idéalement rythmée et mordante, moins frénétique que celle de Frang, mais aussi entrainante que celle de Tetzlaff, avec davantage de plénitude sonore et des contrastes encore plus marqués. Et si Frang nous emportait dans une course folle, Gringolts enivre pas ses timbres capiteux, ses crescendos qui déferlent par des vagues ("augmentez énormément" chiffre 68, d'une intensité assez inouïe), sa volupté (la reprise du thème du 3e mouvement « très large et sonore » chiffre 70), et conduit vers une fin saturée de couleurs.

Au total, une version qui divisera sûrement, entre ceux qui craignent une expressivité exacerbée, des sonorités capiteuses, et une approche presque plus symphoniste plus que chambriste. Et ceux qui succombent devant cette intensité de jeu et cette splendeur sonore, probablement sans égal parmi les versions officiellement disponibles. Vous aurez compris que je fais partie des seconds: j'y trouve le complément idéal à la lecture au scalpel de Frang et ses complices.  



Sinon, parmi les nombreuses vidéos YT, la version live de Janine Jansen & friends, déjà signalée par Resigned, est effectivement remarquable.
(12/2009, Vredenburg Leidsche Rijn, Internationaal Kamermuziek Festival Utrecht)

Un jeu intense et engagé, une ampleur et une richesse sonore incroyable, des phrasés constamment inventifs et expressifs (évidemment le 1er violon de Jansen, mais aussi le 1er alto magnifique de Julian Rachlin), la tension palpable propre au Live...
Le seul bémol serait un léger déséquilibre occasionnel entre pupitres, avec des voix secondaires parfois un peu trop présentes (ex: chiffre 9. Enesco demande en effet dans sa préface de ne "pas trop insister sur les artifices contrapuntiques afin de permettre la mise en valeur des éléments principaux"). Et comme chez Tetzlaff, les limites inhérentes au live en termes de précision d'intonation dans la fugue, et d'homogénéité dans certaines attaques. Rien de rédhibitoire.

Pour le reste, le premier mouvement est tout simplement idéal, vivant, imaginatif, offrant véritable festival de couleurs (ex: la curieuse indication "velouté", chiffre 8, pour le 1er violon: même si c'est subjectif, c'est ici que j'entends le son le plus "velouté"), sans rien bousculer ni appesantir comme le font occasionnellement Frang ou Gringolts. La fugue est parmi les plus féroces, osant des sons âpres et prenant tous le risques.
Le mouvement lent est tout simplement sublime, joué comme dans un rêve, moment de temps suspendu complètement habité (c'est peut-être le mouvement où l'on ressent le plus le bénéfice du live). Et la valse est irrésistible, très comparable à celle de Tetzlaff, peut-être un peu plus jubilatoire encore.
Pour info, l'enregistrement a été brièvement édité sur un CD bonus dans un coffret intitulé « Janine Jansen - Carte Blanche » (qui n’est en réalité qu’une compilation du fond du catalogue universal présenté comme "les enregistrements préférés de Janine Jansen"). Dommage qu'il n'ait pas été publié séparément (introuvable sur Qobuz ou autres sites de téléchargement officiel)

Enescu (Enesco) - Musique de chambre Jansen11



Mais j'ai été aussi particulièrement impressionné par la vidéo du tout jeune Oberton String Octet, enregistrée à Graz en 2018, dont les musiciens n'étaient guère plus âgés qu'Enesco à l'époque de la composition.
Une lecture formidable d'engagement, avec moins de plénitude sonore, de mystères, ou de poésie dans le mouvement lent que la précédente (ça viendra peut-être avec quelques années de plus), mais davantage d'équilibre entre pupitres et de lisibilité à d'autres endroits, une énergie contagieuse, et des épisodes absolument jubilatoires (la valse !!!)
Un ensemble à suivre de près.
(la vidéo YT est autorisée: ils indiquent le lien à partir de leur site Obertonstringoctet)

Enescu (Enesco) - Musique de chambre Oberto12


Dernière remarque sur la version Gidon Kremer de 2000:  il s’agit de la version alternative pour orchestre à cordes et 8 solistes, prévue par Enesco, et dont la répartition des parties est laissée à la discrétion des interprètes (ici, arrangée par Leonid Desyatnikov. Ce n’est visible nulle part sur la pochette, il faut chercher l’indication sur la dernière page du livret)
C'est un peu injuste de lui reprocher de ne pas avoir autant de lisibilité qu'une version en octuor (cf. fil "général" sur Enesco), il faudrait plutôt la comparer aux autres versions symphoniques.
Par exemple:

Constantin Silvestri, String Ensemble of the 'George Enescu' Philharmonic, 1956.
L'orchestre est nettement moins séduisant que chez Kremer, avec des timbres ingrats et des problèmes de justesse (parfois pénibles dans la fugue, malgré un tempo assez large), et la prise de son mono accuse son âge. Mais la direction de Silvestri a quand même un sacré caractère, avec un mouvement initial aux climats plus contrastés que chez Kremer, faisant défiler une multitude de paysages émotionnels, et un mouvement lent plus intensément habité (avec tout ce que cela peut avoir de subjectif). Pour les amoureux l'œuvre, à écouter au moins une fois.
 
Préférer le transfert mis en ligne sur la chaine YT officielle "Electrecord" (/playlist?list=PLJ2I_U9XF3oDrbbsp39LIS5Lv279g9KQF), plutôt que les CDs sur fond noir disponibles sur d'autres sites, aux graves absents, ou saturés

Lawrence Foster, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, 2008.
(Orchestration: L. Foster)
Là il n'y a pas photo: même si Foster aime vraisemblablement beaucoup cette musique, il a eu la main plus lourde que Desyatnikov dans son orchestration. Le jeu orchestral est impeccable mais manque de mordant et d'articulation par rapport à celui des musiciens de la Kremerata Baltica, ou même du 'George Enescu Philharmonic', la prise de son très réverbérée a tendance à lisser encore plus les angles, et on ne retrouve pas vraiment ici le caractère habité qui permettait de passer outre certains défauts chez Silvestri.
Encore une fois, ces réserves sont relatives, ça reste un bel enregistrement. Mais pour qui veut écouter une version orchestrale, Kremer reste sans doute le meilleur choix.


EDIT 2/03/2022: j’ai remanié ce post après l’écoute de la version du Bambù Ensemble (ci dessous), qui m’a fait réaliser à quel point j’aimais en fait la version de Gringolts, revue « à la hausse ».


Dernière édition par Beckmesser le Ven 4 Mar 2022 - 13:15, édité 44 fois
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Beckmesser
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MessageSujet: Re: Enescu (Enesco) - Musique de chambre   Enescu (Enesco) - Musique de chambre EmptyLun 28 Fév 2022 - 21:44

Les versions de l'Octuor op.7 se multiplient, et avec elles, des choix interprétatifs parfois curieux:

Dernière en date:
Bambú Ensemble
Enregistrement studio, 06/2019, Auditori i Palau de Congressos, Castello

Enescu (Enesco) - Musique de chambre Bambu10

Personne n'avait encore enregistré la partie de 1er violon dans le 1er et le 4e mouvement façon "baroque" (ou du moins en appliquant certaines habitudes de jeu): c'est fait!
Vibrato minimal, soufflets quasi-systématiques, estompant tantôt les attaques de notes, tantôt les désinences des phrases...

Certes, il est intéressant de questionner le phrasé et le vibrato pour du répertoire où il n'existe pas d'enregistrements d'époque.
Sauf que... des enregistrements d'Enesco jouant lui-même du violon, ça existe:
C'est un jeu relativement franc et soutenu, sans soufflets évanescents.
C'est un jeu où le vibrato est la norme. Un vibrato dans la moyenne de ce qu'on entend chez les violonistes "traditionnels" du XXe siècle : c'est moins extraverti que Ferras, mais ça n'a rien à voir avec Goebbel.
Et cela, aussi bien dans Mendelssohn (/watch?v=Kww_jJloX5I), que dans Chausson (/watch?v=1NwLDMcA9U4), dans Corelli (/watch?v=Z6xOVaIB3PQ), ou  dans ses propres œuvres (/watch?v=PxEhnONVGNE) — sauf lorsqu'il écrit expressément "non vibrato".

Attention, je ne suis pas adepte d'un gros vibrato à tout prix. Dans Corelli, je préfèrerais sûrement les choix du violoniste du Bambu Ensemble à ceux d'Enesco.

Mais appliquer ce style à des mouvements de l'Octuor op.7, alors que l'on connait la façon de jouer du compositeur, et que l'écriture laisse transparaître des influences tziganes (l'abondance des démanchés, les descentes chromatiques dans le suraigu du dernier mvt, cf. 1ère rhapsodie op.11) ?
Transformer certaines notes indiquées f expressif en un son droit et évanescent (ex: 1er mvt, 2e mes après chiffre 5) ?
J'avoue que le premier mot qui m'était venu à l'esprit, c'est "chichiteux".
Sans compter que ce jeu peu vibré expose davantage les petites imprécisions d'intonations (pas seulement dans la fugue, où c'est le cas de presque tout le monde, mais aussi dans des passages moins périlleux, ex: chiffre 9)


Si on passe outre ce point que certains peuvent considérer comme un détail, l'interprétation laisse une impression partagée.

D'un coté, j'admire la qualité de réalisation, la subtilité des nuances, la transparence des textures (sans doute un des gros points forts de cette version), la qualité de dialogue entre les musiciens.
Le premier mouvement est animé d'une belle énergie, alerte et imaginatif.
Et surtout, le 3e mouvement est particulièrement réussi: le premier violon retrouve tout d'un coup davantage de vibrato, le chant semble plus libre et "naturel", l'ensemble est fluide, expressif sans être larmoyant, plus aéré que chez Gringolts, et peut-être plus immédiatement accessible que l'épure de Vilde Frang.

D'un autre coté, les mouvements rapides restent relativement sages par rapport à ce que proposent Tetzlaff, Jansen, Gringolts, Frang ou encore le Oberton Octet, en particulier dans la valse: rythmique plus discrète (des pizz parfois timides, alors qu'Enseco précise "bien rythmée"), tension qui se relâche en cours de phrase (la longue ligne ff très large et sonore à partir du chiffre 70), attaques parfois étrangement adoucies (les duolets chiffre 75, pourtant indiqués sff marcato). Attention, cela reste magnifiquement joué, et séduisant à l'écoute. Mais on trouve davantage d'excitation ailleurs.

Au final, je continue de préférer la lecture plus anguleuse et mordante de Frang, et celles plus lyriques et intenses de Tetzlaff, Gringolts ou Jansen.
Mais je reconnais que le 3e mouvement des Bambù est vraiment superbe, et leur version satisfera sûrement celles et ceux qui recherchent une approche plutôt intimiste, pas trop anguleuse, par trop expansive, et privilégiant la transparence.  

Il existe une vidéo du même ensemble sur YT, un live d'avril 2019, où les tics "baroques" sont moins présents... mais la justesse aussi moins assurée.
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