Autour de la musique classique

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 Weinberg/Vainberg (1919-1996)

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Bruno Luong
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 8 Juil 2019 - 23:12

Pour être honnête je n'aime pas la 21e, et je crains que tu détesterais Benedictus.
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Анастасия231
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 8 Juil 2019 - 23:17

Benedictus a écrit:
Настия: Very Happy Merci pour ce panorama! Je vais essayer de me procurer le disque Olympia avec la 7 par Barshaï et la 12 par Maxim Dmitrievitch (si je te suis bien, ce sont deux sommets du corpus dans des interprétations particulièrement réussies) et la 8 par Wit.

(Mais de fait, j'ai l'impression que je suis beaucoup plus fait pour apprécier Tichtchenko que Weinberg.)

coucou Je crois bien que c'est effectivement le cas.
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greg skywalker
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 9 Juil 2019 - 7:28

Benedictus a écrit:
Настия: Very Happy Merci pour ce panorama! Je vais essayer de me procurer le disque Olympia avec la 7 par Barshaï et la 12 par Maxim Dmitrievitch (si je te suis bien, ce sont deux sommets du corpus dans des interprétations particulièrement réussies) et la 8 par Wit.

(Mais de fait, j'ai l'impression que je suis beaucoup plus fait pour apprécier Tichtchenko que Weinberg.)


Greg: J'avais bien lu ton éloge de ce nouveau disque - mais ta comparaison avec la 15ᵉ de Chosta m'avait plutôt refroidi...




c'est Dommage , se priver un chef-d'oeuvre  ... lire la critique de  Stéphane Friédérich sur ce disque ICI

"Cette partition magnifique parce que d’une puissance expressive intense renoue, elle aussi, avec le postromantisme d’un Mahler et d’un Zemlinsky, l’épure cinglante et sarcastique du dernier Chostakovitch."    
Effectivement , il y a du Mahler , dans le coté "musique de chambre" de certains passages , c'est aussi une symphonie-univers  qui intègre de beaucoup de moyens d'expression .
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 9 Juil 2019 - 11:51

greg skywalker a écrit:
il faut absolument écouter la 21 par Mirga Gražinytė-Tyla , c'est vraiment bouleversant ! c'est   le cd symphonique de l'année

Pour le CD symphonique de l'année, j'aurais plutôt vu l'intégrale orchestrale de Dupont, les Brahms de Zehetmair, les Sibelius de Rouvali et P. Järvi, Liatochynsky 3 par Karabits, les Planètes par Litton, les Schubert de De Vriend, voire le Mahler 10 de Storgårds, les Kabalevski d'Ang – et si on inclut les concertos, le disque de l'année, c'est pour moi l'album concertos de Graener paru chez CPO.

Mais c'est peut-être parce que je n'aime pas trop Vainberg.

Dans cette 21 par MGT, j'ai été frappé par l'intensité des cordes dans un genre pas du tout russe (le son est assez clair et lisse), très fort en effet, mais on reste dans la morne plaine du soviétisme dépressif avec ce lyrisme paradoxalement très peu mélodique, cette tonalité cabossée sans être hardie… Pas trop mon genre (effectivement le parallèle avec la Quinzième de Chosta, ou dans le meilleur des cas le mouvement lent du 7e Quatuor, s'impose).

Kaspczyk, je n'ose plus trop l'écouter hors de Szymanowski, j'ai été tellement déçu par sa 10e de Chosta récemment, alors qu'il avait le meilleur orchestre du monde à disposition !
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 9 Juil 2019 - 22:46

David ou l'art de tout scier avec classe Mr. Green
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greg skywalker
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 9 Juil 2019 - 23:53

Bon ,David n'aime pas (ou peu) Weinberg , son cd symphonique 2019 c'est les concertos de Graener (très éloigné de Weinberg ...).
Mais ,Je remercie pour ses remarques , son ressentiment pour cette oeuvre ,même négatif .
"on reste dans la morne plaine du soviétisme dépressif " , Ce "soviétisme dépressif" est super bien construit et varié (le chant final original,l'insert emouvant de chopin , les passages klermer , les solos du violon etc ..Wink , morne plaine ? Je doute ..
En tout cas , je ressens une émotion incroyable à l'écoute de cette musique  I love you
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 10 Juil 2019 - 1:46

greg skywalker a écrit:
son ressentiment pour cette oeuvre

N'exagérons rien. Laughing


Citation :
"on reste dans la morne plaine du soviétisme dépressif " , Ce "soviétisme dépressif"

C'est une caractérisation du ton, pas un jugement de valeur. C'est pareil pour des œuvres que je peux révérer (les quatuors 6 à 9 de Chosta…), je veux vraiment dire que c'est une atmosphère avec peu de grands contrastes de dynamiques, comme un univers rasé et vides d'hommes. Ce n'est pas pour autant que c'est mauvais – je trouve ça un peu sombre / nu / décousu pour mon goût, mais comme je ne suis pas fan de ce type de soviétisme-là, je ne fais que passer décrire la chose, Benedictus est assez grand pour se faire une opinion sur ce qu'il veut écouter.

(Je devine qu'il trouvera ça un peu gentil, beaucoup de bons sentiment là-dedans malgré les émotions « négatives » qui y dominent. Surtout avec MGT, dont le son d'orchestre accentue l'aspect « bonté » du projet.)
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 10 Juil 2019 - 7:17

DavidLeMarrec a écrit:
greg skywalker a écrit:
son ressentiment pour cette oeuvre

N'exagérons rien. Laughing
Désolé , je voulais écrire  "ton ressenti"  Very Happy


DavidLeMarrec a écrit:

Citation :
"on reste dans la morne plaine du soviétisme dépressif " , Ce "soviétisme dépressif"


(Je devine qu'il trouvera ça un peu gentil, beaucoup de bons sentiment là-dedans malgré les émotions « négatives » qui y dominent. Surtout avec MGT, dont le son d'orchestre accentue l'aspect « bonté » du projet.)
Sans doute !
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 10 Juil 2019 - 18:45

greg skywalker a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
(Je devine qu'il trouvera ça un peu gentil, beaucoup de bons sentiment là-dedans malgré les émotions « négatives » qui y dominent. Surtout avec MGT, dont le son d'orchestre accentue l'aspect « bonté » du projet.)
Sans doute !

Raison de plus pour se pencher sur la version sibérienne chez Toccata ! study
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greg skywalker
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 10 Juil 2019 - 19:53

plutôt essayer les 12ème et 14ème Very Happy
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 10 Juil 2019 - 19:54

greg skywalker a écrit:
plutôt essayer les 12ème et 14ème Very Happy

C'éclair, probablement les sommets du cycle mais versions contemporaines à éviter (prise de son raté chez Naxos et direction curieusement flasque chez Chandos).

Versions de référence : 12e - Maxime Chostakovitch, Orchestre Symphonique de la Radio de Moscou (Russian Disc & Olympia)
14e - Vladimir Fedoseyev, Orchestre Symphonique de la Radio de Moscou (Olympia)
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyDim 15 Sep 2019 - 19:15

Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 Weinbe11
Symphonie nº21 «Kaddish», op. 152 (1991)
Mirga Gražinytė-Tyla / City of Birmingham Symphony Orchestra, Kremerata Baltica • Gidon Kremer (violon solo) • Mirga Gražinytė-Tyla (soprano), Oliver Janes (clarinette), Georgijs Osokins (piano), Iurii Gavryliuk (contrebasse)
Birmingham, XI.2018
DG


En effet, je n’ai pas du tout aimé - mais j’ai trouvé ça en fait très intéressant quant au positionnement esthétique de Weinberg.

Comme cela a déjà été souligné, cette interprétation, ne serait-ce que par la sonorité de l’orchestre (en effet, ces cordes denses et droites, très homogènes et un peu blanches, sans le grain des orchestres russes), décentre la symphonie par rapport aux modèles soviétiques et permet de la recontextualiser autrement.

C’est particulièrement patent dans les deux mouvements lents qui encadrent la symphonie. Ici, les boucles solistes à faible dynamique planant dans l’extrême aigu (qu’il s’agisse des soli de violon dans le premier mouvement ou de la soprano-chef dans le dernier), l’alternance entre les grands aplats de cordes façon Mahler 10 et les ostinatos lents et raréfies (notamment au piano), les citations fantomatiques (1ᵉ Ballade de Chopin), les brusques climaxes percussifs de l’orchestre retombant dans le silence, les arrière-plans «lointains» (en particulier les cloches dans le dernier mouvements) me semblent surtout inscrire le Weinberg de 1991 dans un univers qui s’apparente, de manière assez frappante, à celui que déployaient depuis au moins une bonne quinzaine d’années les compositeurs les plus «néo» des marges de l’URSS: on a vraiment l’impression de voir se succéder dans ces deux mouvements des manières d’écrire qui évoquent très directement ici le Polonais Górecki, là l’Ukrainien Silvestov ou le Géorgien Kantcheli, voire l’Estonien Pärt.

À l’inverse, les quatre mouvements centraux constituent une sorte de «symphonie dans la symphonie» qui, elle, témoigne de l’attachement de Weinberg au modèle chostakovien; on en retrouve tous les tropismes habituels: les harmonies «cabossées», les grands aplats déprimés, les ritournelles grimaçantes et la fausse pompe cuivrée... Et pourtant, ce que Weinberg donne ici à entendre me semble fort loin du «retour à Chostakovitch» qu’on peut trouver dans les symphonies post-soviétiques russes des années 90 (Tichtchenko 7, Schnittke 6-8: une manière d’y revenir mais en enrichissant le langage par des strates hétérogènes.) On dirait au contraire que Weinberg s’inscrit ici par rapport à Chostakovitch comme il semble, pour ce que j’ai entendu de lui, l’avoir toujours fait - mais il est possible, ici aussi, que la sonorité «occidentale» de l’orchestre tende à souligner davantage l’écart vis-à-vis du modèle que sa proximité: on dirait que Weinberg cherche à inscrire dans le modèle chostakovien une tendances personnelle plus lyrique et moins ironique, qui se traduit par une écriture mélodique plus franche et plus expansive, une harmonie plus traditionnelle et moins radicalement déceptive, par des couleurs instrumentales plus chaleureuses, un spectre orchestral plus rond et moins exsangue (comme un Chostakovitch qui n’aurait jamais tout à fait renoncé au postromantisme généreux d’un Miaskowski, voire d’un Glazounov.) J’ai trouvé ça en particulier frappant dans le long solo de clarinette, alla klezmer, dont le caractère expansif, la vigueur mélodique et rythmique, la sonorité pleine finit quasiment par renverser le propos funèbre (c’est si prégnant, ça a tant de chair qu’on dirait une protestation de vie malgré tout) - à l’opposé de l’usage par Chostakovitch de thèmes folkloriques juifs.

Évidemment, rien de tout ça ne me plaît musicalement - mais je dois dire que ça m’a permis de beaucoup mieux saisir la singularité de Weinberg dans son rapport complexe à Chostakovitch et plus largement à la musique russo-soviétique, un rapport tout en décentrements, qui, pose peut-être aussi la question de l’espèce d’identité «transfontalière» de l’homme Weinberg (dont témoignent exemplairement les incertitudes quant à l’écriture et à la translittération de son nom.)

Et, accessoirement, c’est quand même la plus intéressante de toutes les symphonies sous-titrées «Kaddish»... Mr. Green
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 16 Sep 2019 - 0:33

Benedictus a écrit:
qui évoquent très directement ici le Polonais Górecki, là l’Ukrainien Silvestov ou le Géorgien Kantcheli, voire l’Estonien Pärt.

… et le Biélorusse Dmitriev. Mais je trouvais quand même qu'il y avait une forte couleur harmonique très soviétique, même s'il y a un côté ascético-planant qui correspond un peu à Silvestrov ou Kancheli, en effet (mais en bien plus complexe, tout de même).


[quote]on dirait que Weinberg cherche à inscrire dans le modèle chostakovien une tendances personnelle plus lyrique et moins ironique, qui se traduit par une écriture mélodique plus franche et plus expansive, une harmonie plus traditionnelle et moins radicalement déceptive, par des couleurs instrumentales plus chaleureuses, un spectre orchestral plus rond et moins exsangue (comme un Chostakovitch qui n’aurait jamais tout à fait renoncé au postromantisme généreux d’un Miaskowski, voire d’un Glazounov.)|/quote]

Oui, c'est très vrai, quelque chose de moins acide, de plus délibérément lyrique, même si la grammaire reste la même. Et de davantage premier degré, sans doute.


Citation :
Évidemment, rien de tout ça ne me plaît musicalement - mais je dois dire que ça m’a permis de beaucoup mieux saisir la singularité de Weinberg dans son rapport complexe à Chostakovitch et plus largement à la musique russo-soviétique, un rapport tout en décentrements, qui, pose peut-être aussi la question de l’espèce d’identité «transfontalière» de l’homme Weinberg (dont témoignent exemplairement les incertitudes quant à l’écriture et à la translittération de son nom.)

Le legs de Vainberg ne se distingue pas par sa variété stylistique, mais autant les quatuors sont un peu dans cette veine-là (du Chosta qui ne ferait pas peur du tout), autant les Sonates violon-piano ont quelque chose à dire (peut-être davantage à rapprocher d'influences néo-classiques, du type de Martinů ou de Milhaud, voire de Tailleferre hehe , sur ce substrat soviétique).


Citation :
Et, accessoirement, c’est quand même la plus intéressante de toutes les symphonies sous-titrées «Kaddish»...  Mr. Green

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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 16 Sep 2019 - 12:45

Les quatuors avant toute chose !  L'intégrale Danel est impeccable ...

Toutefois cela ne peut se comparer à Chostakovitch sauf en qualité de faire valoir !

Il y a un qui joue en 1° division et un autre en 3° division...
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 16 Sep 2019 - 19:36

DavidLeMarrec a écrit:
… et le Biélorusse Dmitriev.
Je ne le connais pas, celui-là? J'ai loupé quelque chose?

DavidLeMarrec a écrit:
Mais je trouvais quand même qu'il y avait une forte couleur harmonique très soviétique, même s'il y a un côté ascético-planant qui correspond un peu à Silvestrov ou Kancheli, en effet (mais en bien plus complexe, tout de même).
Ah, les deux mouvements extrêmes, je n'y pas du tout entendu cette couleur harmonique soviétique.
J'ai vraiment eu l'impression d'entendre la symphonie d'un Chostakovitch bienveillant intercalée entre deux morceaux d'un Kantcheli exigeant.

DavidLeMarrec a écrit:
mais autant les quatuors sont un peu dans cette veine-là (du Chosta qui ne ferait pas peur du tout)
sergio a écrit:
Les quatuors avant toute chose !  L'intégrale Danel est impeccable ...
Toutefois cela ne peut se comparer à Chostakovitch sauf en qualité de faire valoir !  
Il y a un qui joue en 1° division et un autre en 3° division...
J'en avais déjà écouté deux volumes (j'aime beaucoup les portraits de Jawlensky): assez d'accord avec la définition de David («du Chosta qui ne ferait pas peur du tout»); en revanche, l'écart de maîtrise ne m'a pas semblé si spectaculaire que le suggère sergio.
Sinon, pour ce que j'ai pu comparer (le 8ᵉ), je serais assez enclin à faire mon Анастасия: les vieilles versions soviétiques chez Melodyia, c'est mieux. Disons que j'aime beaucoup les Danel, mais leurs qualités d'exactitude et de clarté m'ont semblé moins propres à servir la musique de Weinberg que la sonorité ample et grenue de la première formation du Quatuor Borodine en 1961.

DavidLeMarrec a écrit:
autant les Sonates violon-piano ont quelque chose à dire (peut-être davantage à rapprocher d'influences néo-classiques, du type de Martinů ou de Milhaud, voire de Tailleferre hehe , sur ce substrat soviétique).
Ah, tiens! Je tenterai, à l'occasion.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 16 Sep 2019 - 20:07

Benedictus a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
… et le Biélorusse Dmitriev.
Je ne le connais pas, celui-là? J'ai loupé quelque chose?

Non. Moi j'aime beaucoup (plus que les autres que tu citais, enfin ça dépend pour Górecki), mais c'est clairement du néoromantisme bien sage des années 1990. Même pas trop sûr de ce qu'il existe au disque, les compositeurs biélorusses ne sont pas exactement du matériel d'export.


Citation :
Ah, les deux mouvements extrêmes, je n'y pas du tout entendu cette couleur harmonique soviétique.

Oh, pourtant. Passée par l'épure, certes, mais tout de même.


Citation :
l'écart de maîtrise ne m'a pas semblé si spectaculaire que le suggère sergio.

Moi je trouve que si : c'est bien fait, mais tout est égal là-dedans ; rien à voir avec les textures, les climats, les coups de théâtre des quatuors de Chosta.


Citation :
Ah, tiens! Je tenterai, à l'occasion.

Je n'ai pas dit que c'était grandiose non plus. Mais ça m'a davantage intéressé (il faut dire que c'était en concert dans un salon, à deux mètres cinquante des musiciens). J'y ai davantage senti, en tout cas, la diversité des influences et références, quelques contrastes aussi. (La bonne réputation dont jouit actuellement Weinberg me reste assez mystérieuse, quand on voit qu'on ne fait rien pour Chtcherbatchov, Popov et Deshevov, peu pour Tichtchenko ; même Khrennikov me paraît plutôt plus intéressant.)
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 16 Sep 2019 - 20:18

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
l'écart de maîtrise ne m'a pas semblé si spectaculaire que le suggère sergio.
Moi je trouve que si : c'est bien fait, mais tout est égal là-dedans ; rien à voir avec les textures, les climats, les coups de théâtre des quatuors de Chosta.
Il faudrait que je retente les Chosta: lors de ma dernière réécoute, j'avais été très déçu (trouvé plutôt ternes et très prévisibles certains quatuors dont je gardais un bon souvenir.)

DavidLeMarrec a écrit:
(La bonne réputation dont jouit actuellement Weinberg me reste assez mystérieuse, quand on voit qu'on ne fait rien pour Chtcherbatchov, Popov et Deshevov, peu pour Tichtchenko ; même Khrennikov me paraît plutôt plus intéressant.)
Oui, si DG investit là-dessus, c'est que (outre l'argument jeune-cheffe-charismatique-qui-chante) ça doit être potentiellement vendeur.


Dernière édition par Benedictus le Lun 16 Sep 2019 - 22:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 16 Sep 2019 - 21:41

Benedictus a écrit:
Je ne le connais pas, celui-là? J'ai loupé quelque chose?

encore faudrait-il qu’il existe, je dis ça comme ça.

sinon, Georgi Dmitriev est un compositeur moscovite plutôt institutionnel, dans le genre Vieille Russie et/ou planant et/ou romantique, notamment connu pour sa musique vocale, discographie assez large en russe.
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sergio
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 17 Sep 2019 - 8:58

void


Dernière édition par sergio le Mar 17 Sep 2019 - 9:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 17 Sep 2019 - 9:01

DavidLeMarrec a écrit:



Citation :
l'écart de maîtrise ne m'a pas semblé si spectaculaire que le suggère sergio.

Moi je trouve que si : c'est bien fait, mais tout est égal là-dedans ; rien à voir avec les textures, les climats, les coups de théâtre des quatuors de Chosta.



Pour en avoir la parfaite illustration,  il suffit d'écouter le vol3 de l'excellente intégrale du Pacifica Quartet "The Soviet Experience " où ils font suivre les quatuors 9 à 12 de Chosta par le 6 de Weinberg.

Cela dit on ne peut pas laisser penser que Weinberg est un compositeur qui manque de maitrise ...

Quand à Gorecki, en tout cas pour les quatuors, c'est carrément faible par rapport à Chosta ET Weinberg Laughing
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 17 Sep 2019 - 10:53

sergio a écrit:
Cela dit on ne peut pas laisser penser que Weinberg est un compositeur qui manque de maitrise ...

Rien ne serait moins vrai en effet. C'est plutôt de relief, de surprises, de singularité que ça manque… mais pour la maîtrise, on a tout ce qu'il faut.


Citation :
Quand à Gorecki, en tout cas pour les quatuors, c'est carrément faible par rapport à Chosta ET Weinberg Laughing

Je n'ai pas essayé ! C'est le G. atonal ou planant ? Ce que j'aime chez lui, ce sont avant tout les œuvres chorales, il y a des merveilles.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 17 Sep 2019 - 13:37

Benedictus a écrit:
Il faudrait que je retente les Chosta: lors de ma dernière réécoute, j'avais été très déçu (trouvé plutôt ternes et très prévisibles certains quatuors dont je gardais un bon souvenir.)

Les 6,7,8,9,15 sont quand même très spectaculaires et assez singuliers. Alors que je suis sur la même pente que toi, en réentendant le 8 en concert bien joué, je suis sorti tétanisé, tout de même.


Citation :
Oui, si DG investit là-dessus, c'est que (outre l'argument jeune-cheffe-charismatique-qui-chante) ça doit être potentiellement vendeur.

Non, DGG perd de l'argent avec tous ses disques classiques (peut-être pas avec quelques récitals lyriques du genre duos de cross-over avec Domingo & Kaufmann, mais sinon tout est déficitaire, politique de prestige uniquement). C'est sans doute le côté que tu dis, symphonie commémorative, jeune cheffe attachante… Mais ça ne se vendra pas, elle n'est pas assez célèbre pour compenser le répertoire obscur.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 17 Sep 2019 - 19:27

DavidLeMarrec a écrit:
sergio a écrit:
Quand à Gorecki, en tout cas pour les quatuors, c'est carrément faible par rapport à Chosta ET Weinberg Laughing

Je n'ai pas essayé !  C'est le G. atonal ou planant ?  Ce que j'aime chez lui, ce sont avant tout les œuvres chorales, il y a des merveilles.

Je ne sais pas ce qu'en dira Sergio, mais j'écoute en ce moment les deux quatuors de Gorecki, et il y a des mouvements qui font très sérieusement penser à Glass, et un peu à Reich aussi.

Le 1er est assez Reich rêche, le 2ème beaucoup plus lumineux et coloré, agréable d'écoute dans l'ensemble, mais effectivement tout ça est très loin de Chosta, pour Weinberg je ne sais pas, je ne les connais pas.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 17 Sep 2019 - 22:51

Je n'ai pas un si mauvais souvenir non plus des quatuors de Gorecki, par contre je n'aurais pas comparé avec Chosta ou Weinberg tant c'est autre chose.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 7 Avr 2020 - 22:08

Pour continuer avec les compositeurs russes du 20ème, je me suis lancé dans un vaste parcours de l'oeuvre de Weinberg (pour information, j'ai prévu ensuite d'enchainer avec Tichtchenko). En grand fan de Chostakovitch auquel il est très souvent comparé, je me suis dit que ça ne pourrait pas me déplaire, et j'attends beaucoup de l'écoute de ses (nombreuses) symphonies. Mais pour commencer, j'ai opté pour la musique de chambre. Je ne connaissais jusqu'ici que le quintette, donc je reparlerai peut-être après une nouvelle écoute. En attendant :

 - un CD de quatuors à cordes extrait de l'intégrale CPO du quatuor Danel, je ne suis pas vraiment emballé, le 2ème quatuor est très classique, pas mal mais rien non plus de transcendant, le 12ème beaucoup plus moderne, une musique raréfiée qui m'a vite lassé, et le 17ème revient à une forme beaucoup plus ramassée mais à son sens pas beaucoup plus passionnante. Bref, un coup d'épée dans l'eau.

 - des sonates pour violoncelle seul, j'aime toujours écouter ce que les compositeurs proposent pour "mon" instrument, là c'est pas mal mais quand même assez loin des nombreux classiques du genre (Britten ou même Reger c'est à mon avis beaucoup plus substantiel dans le genre).

 - les sonates pour violoncelle et piano (par Dimitri Yablonsky/Hsin-Ni Liu chez Naxos), c'est déjà beaucoup mieux, la première (en deux mouvements) est à mon sens la meilleure, avec de beaux passages solo du violoncelle et un dynamisme bienvenu.

Aucune découverte majeure pour l'instant donc, mais je posterai à nouveau, au moins quand j'aurai abordé les symphonies.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 7 Avr 2020 - 23:43

La hype Weinberg de ces dernières années (en 2019, hors Haendel / Bach / Vivaldi / Mozart / Beethoven etc., parmi les compositeurs les plus enregistrés !) m'échappe tout à fait. Il y a quantité de personnalités incroyables dans le répertoire soviétique, mais Weinberg, c'est toujours assez gentil (je trouve vraiment peu de contrastes entre ses quatuors), une sorte de Chosta bien policé, où rien ne dépasse.

Il y a de fort bonnes choses (j'aime bien les sonates violon-piano, ou son opéra La Passagère), mais je n'ai rien trouvé de majeur non plus. Les amateurs louent en général son quintette piano-cordes (qui me paraît tout aussi lisse).
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMar 7 Avr 2020 - 23:56

Bonsoir !

Quel courage de s'attaquer au corpus symphonique de Weinberg ! Non qu'il soit dénué d'intérêt, mais il est costaud. Étant resté aux marges, je conseillerais deux pièces symphoniques : le concerto pour clarinette, avec un I et un III plein de gouaille. Surtout, la Fantasia Op. 52 pour violoncelle et orchestre, à faire pleurer les pierres. Le concerto pour violoncelle n'est pas vilain non plus (cet Adagio initial est d'une tristesse...), mais je lui préfère ladite fantasia. Entre sa grave introduction et sa poétique conclusion (qui m'évoque d'une certaine manière la conclusion du Festin de l'Araignée, toute proportion gardée : orchestre qui s'éteint avec lancinant solo de vent), on trouve un Allegro con fuoco... bouillonnant, comme l'indique clairement le nom.

Pour les quatuors, je les avais parcouru il y a longtemps. Sans notes détaillées, j'avais retenu les numéros 1, 3, 4, 6 et 8. Un rapide coup d'oreille me confirme que les 4 (Moderato assai diabolique, Largo mariciale désespéré et Allegro moderato comme une sorte de nuage inquiet) et 6 (grande variété de climats) sont particulièrement notables. Quant au 8, il a l'avantage d'être en un mouvement et relativement court ! Very Happy

Le quintette est l'une de mes œuvres préférées pour cette formation. Son ouverture inquiète aux cordes, rejointes par le piano doux-amer, avant l'arrivée du thème lyrique, quelle beauté ! L'Allegretto sardonique, le Presto aux teintes indécises, le Largo déclamatoire aux accords impérieux (avec mélodie cabossée et, si pas course à l'abîme, marche au supplice), avant l'Allegro agitato final, lancé à un train d'enfer, qui torture le thème initial... Qui finit par s'épuiser et reprendre les accords initiaux, la motorique ne s'éteignant que difficilement alors, en sourdine, avec un accompagnement raréfié... J'en ai des frissons ! I love you


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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 8 Avr 2020 - 18:31

Après avoir écouté quelques quatuors supplémentaires (mais pas tous, loin de là), il y a une rupture assez nette entre une espèce de première période (la première dizaine de quatuors), où Weinberg donne donne le "romantisme joli", un peu hors du temps, toujours très mélodique, c'est charmant mais ça manque à mon goût un peu de personnalité ; et une deuxième période où le langage devient plus austère, comme si le compositeur se refermait sur lui-même, refusant les développements faciles de ses idées mélodiques (car les cellules de base restent très mélodiques), sûrement dans le but de gagner en profondeur mais à mon avis sans vraiment y parvenir. Bref, tant qu'à faire je préfère les quatuors de la première moitié du corpus (comme Mefistofele manifestement hehe ).

Mais en musique de chambre, il y a en effet une oeuvre qui navigue sur des cimes ô combien plus élevées que le reste, c'est ce quintette pour piano et cordes. L'ambition n'est clairement pas la même que dans les quatuors de la même période (c'est une oeuvre de relative jeunesse, composée entre les quatuors 3 et 4, et alors que Weinberg n'avait achévé qu'une seule symphonie), déjà par les dimensions imposantes de l'oeuvre (cinq mouvements, trois quarts d'heure de musique), mais aussi et surtout par le contenu, qui pour le coup dépasse très largement la joliesse un peu superficielle des quatuors. Je ne peux qu'abonder dans le sens de la courte analyse faite par Mefistofele ci-dessus, je suis moi aussi très séduit par cette oeuvre (le Presto médian me plait un peu moins que les autres mouvements). Il faut dire que je suis en général très friand de cette formation (piano et cordes, que de belles oeuvres pour ce type de quinette !), mais là on est vraiment dans le haut du panier, pour le coup il s'agit pour moi d'une oeuvre majeure du genre.

Ah, et en passant, cette musique de chambre n'a vraiment pas grand chose en commun avec celle de Chostakovitch (on est vraiment loin de tout ce que Dmitri a pu composer dans le domaine du quatuor à cordes...).

Autres oeuvres écoutées avant de passer aux symphonies, la Fantaisie op.52 recommandée par Mefistofele (pas mal du tout en effet) et le concerto pour violoncelle qui, sans être un chef-d'oeuvre inoubliable, mérite vraiment l'écoute à mon sens.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 8 Avr 2020 - 21:32

Roupoil a écrit:

Mais en musique de chambre, il y a en effet une oeuvre qui navigue sur des cimes ô combien plus élevées que le reste, c'est ce quintette pour piano et cordes. [...] Il faut dire que je suis en général très friand de cette formation (piano et cordes, que de belles oeuvres pour ce type de quinette !), mais là on est vraiment dans le haut du panier, pour le coup il s'agit pour moi d'une oeuvre majeure du genre.

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Pareillement. Je raffole des formations chambristes piano + cordes, et des quintettes en particulier. Et spécialement de celui-ci, en très, très bonne place dans ma liste... Je suis surpris que David le trouve "lisse" et serais curieux d'en savoir plus sur ce qualificatif, s'il avait temps et envie pour élaborer la question.

Enfin, ravi que fantasia et concerto aient été de bons conseils. Je lirai pour ma part avec attention ce qui sera écrit, s'il y a lieu, à propos des symphonies. Je ne "connais" que la 3, très filmique (le IV. !) et pour laquelle je suis plutôt client, et les 10 2 et 21, dirigées par Grazinyte-Tyla. Ces dernières ne m'ont laissé aucun souvenir, je blâme mon attention plus que la qualité des œuvres... Et les rajoute à la liste des (ré)écoutes à venir. Arrow


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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 8 Avr 2020 - 22:25

Eh bien comme j'ai commencé mon parcours dans ce vaste corpus (21 symphonies plus une 22ème inachevée plus des symphonies de chambre qui sont apparemment essentiellement des réécritures de quatuor, je crois que je m'en passerai), je vais faire un premier point d'étape (je pense d'ailleurs découper mes écoutes en groupe de trois, pour ne pas tout oublier avant d'en avoir dit quelque chose d'intéressant (ou pas).

Première symphonie : dédiée à l'Arée rouge (!), c'est l'oeuvre qui l'a fait repérer par Chostakovitch à qui il avait envoyé la partition. De fait, c'est une bonne symphonie soviétique bien standard (je trouve en tout cas que ça sonne nettement plus russe que ses premiers quatuors), avec toute fois une grosse différence avec la musique de son mentor, on n'a pas du tout ici les passages ironiques ou grinçants si chers à Chosta, au contraire c'est une oeuvre qui a une atmosphère très sereine et optimiste. C'est en tout cas très bien fait même si ça reste assez clairement un galop d'essai dans le genre de la symphonie.

Deuxième symphonie : pour orchestre à cordes, je n'ai pas grand chose à en dire, c'est assez épais (un peu la caricature de l'utilisation assez massive des cordes chez pas mal de compositeurs russes) et pour une fois pas très inspiré mélodiquement, pour moi une oeuvre anecdotique.

Troisième symphonie : beaucoup plus intéressante, la symphonie emprunte apparemment un ou deux thèmes folkloriques (biélorusse et polonais si j'en crois les sources que j'ai sous la main), le début du finale est une copie conforme d'un thème de Chosta (ou alors c'est Chosta qui a cité Weinberg, je ne sais pas), mais il y a encore ici cette caractéristique de Weinberg : c'est très optimiste comme musique. Dès l'énoncé du premier thème printanier repris plusieurs fois aux vents dans l'allegro initial, on est presque surpris par le déroulé de la phrase tant on s'attend à y voir apparaitre une bizarrerie ou un accident (typique des thèmes de Chosta notamment) qui en fait n'arrive pas du tout. Tout la symphonie est enlevée, dynamique, c'est frais et ça se mange, euh ça sécoute, sans faim. On n'est pas encore au niveau de l'oeuvre vraiment marquante, mais c'est d'assez loin la meilleure des trois.

La suite plus tard (je précise tout de suite que je n'ai pas sous la main toutes les symphonies, j'en sauterai donc une de temps à autre...).
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyMer 8 Avr 2020 - 22:47

Merci beaucoup ! Pour le coup, j'ai corrigé plus haut, j'avais entendu la 2 et non la 10, et mon attention défaillante avait peut-être été aidée par un intérêt moindre de l'œuvre. Je vais sûrement alléger mon programme de réécoute, armé de cette information. hehe

Je ne suis pas certain que toutes les symphonies aient été commises au disque ou se trouvent facilement, en effet. Rapidement, je ne trouve rien pour les 9, 11 et 15 (toutes celles avec chœur, donc, exceptée la 18 enregistrée au moins par Fedoseyev). Des archives existent peut-être, mais en tout cas ces 3 là s'annoncent délicates à chroniquer...
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyJeu 9 Avr 2020 - 0:22

Roupoil a écrit:
Ah, et en passant, cette musique de chambre n'a vraiment pas grand chose en commun avec celle de Chostakovitch (on est vraiment loin de tout ce que Dmitri a pu composer dans le domaine du quatuor à cordes...).

Pour le rythme, le grain, la rhétorique, clairement (encore que, dans les quatuors moins spectaculaires des 10 à 14, on puisse trouer des points communs) ; mais l'harmonie est typiquement soviétique, et on retrouve le même type de tonalité distordue, propre à quasiment tous les compositeurs de cette période.
Ça peut évoquer le Chosta le plus calme, le plus formel, le moins paroxystique, éventuellement. (Mais en effet, pas vraiment ses quatuors extravertis ou hurlants.)


Mefistofele a écrit:
Je suis surpris que David le trouve "lisse" et serais curieux d'en savoir plus sur ce qualificatif, s'il avait temps et envie pour élaborer la question.

Autant mon écoute des Sonates, Quatuors et de l'opéra sont claires dans mon esprit, autant le quintette l'est moins. Je l'ai écouté deux fois, une il y a près de 20 ans, l'autre il y a quelque chose comme 2 ans… Ce qui m'en reste est, comme pour les quatuors, l'impression de cette harmonie cabossée, mais qui s'inscrit dans un cadre formel assez rigide et uniment mélodique, en somme l'inconfort de l'harmonie déceptive sans bénéficier de la surprise d'une forme originale ou extravertie.

Mais en effet, beaucoup de mélomanes très avisés m'ont attesté que c'était un chef-d'œuvre suprême. Qui n'a pas encore trouvé la voie de mon cœur ni de ma raison, manifestement.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyJeu 9 Avr 2020 - 9:46

guimix a écrit:

- Le Concerto pour violon (Allegro molto, Animato, Adagio, Risoluto) fait partie des oeuvres phares de Weinberg, proposé ici dans la version évidemment superlative de David Oistrakh et de l'Orchestre de Moscou dirigé par Kyril Kondrashin.

Je corrige le poste de guimix, il n'y a pas de version par David Oistrakh mais Leonid Kogan.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyJeu 9 Avr 2020 - 10:13

Roupoil a écrit:
Troisième symphonie : beaucoup plus intéressante

Pas souvent citée, c'est à ce jour ma préférée parmi celles que j'ai écoutées (un bon tiers du corpus) et celle vers laquelle je reviens le plus. Smile
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyJeu 9 Avr 2020 - 22:09

Suite de mes pérégrinations dans le corpus symphonique de Weinberg, aujourd'hui j'ai écouté à nouveau trois symphonies... de Chostakovitch ! Ou du moins ça y ressemblait vraiment très fort. Autant dans les quatuors je n'avais pas ressenti tant que ça la proximité entre les deux compositeurs, autant dans ces symphonies c'est vraiment flagrant, jusqu'à certaines figures d'orchestration (utilisation des percussions notamment) qu'on retrouve vraiment à l'identique chez les deux. Bon, moi du Chosta ça me va, tant que c'est du bon !

Quatrième symphonie : ça démarre sur les chapeaux de roue avec un galop de cordes qui pour le coup fait plutôt penser au Prokofiev le plus motorique, le premier mouvement est vraiment hyper rythmé et en plus inspiré, j'adore (ça pouet-pouete un poil niveau cuivres mais bon, moi ça ne me dérange pas). Symphonie assez condensée d'ailleurs, à peine une demi-heure quand les suivantes sont pour la plupart plus amples. Ici ça avance, et à partir du deuxième mouvement on sent vraiment planer l'ombre de Chosta. Les pépiements de vents sur des thèmes aux contours peu naturels (dans le mouvement lent !), les ponctuations de caisse claire du finale, les interventions des trompettes, on est vraiment en terrain très très connu, le caractère quasiment pastoral de la Troisième semble bien loin. Mais surtout, et c'est bien là l'essentiel, c'est une excellente symphonie, qui figurerait de fait sans peine au milieu des symphonies "médianes" de Chostakovitch (on est bien dans le style des symphonies 5 et 6 de ce dernier, en gros). Nettement plus qu'une pâle imitation, c'est une oeuvre que je réécouterai rapidement avec grand plaisir.

Cinquième symphonie : cette cinquième est censée comporter des références à la quatrième de Chosta (créée en URSS longtemps après sa composition mais peu de temps avant celle de cette cinquième de Weinberg), mais là encore je la trouve plus proche de symphonies postérieures. Certes, par rapport à la précédente il y a une volonté de sonner plus moderne, dans le premier mouvement notamment, mais on revient vite à des passages qui ne sont pas loin d'être de la copie conforme du style chostakovien comme ce long thème sinueux aux cordes qui ouvre le mouvement lent, ou à nouveau cette utilisation typique des percussions. Mais là je n'accroche que très peu, l'inspiration est moins bonne, les thèmes assez quelconques, ça s'étale sans que beaucoup d'idées intéressantes ne viennent raviver l'attention. Là, on est vraiment dans le domaine de la "copie en moins bien", net recul par rapport aux deux symphonies précédentes.

Sixième symphonie : on reste dans un univers proche de Chostakovitch avec cette sixième, mais plutôt de celui de Babi-Yar. Déjà il s'agit d'une symphonie chorale, puisqu'un choeur de petits braillards intervient dans trois des cinq mouvements de l'oeuvre. Surtout, le ton général de la symphonie est particulièrement déséspéré, on est vraiment loin du Weinberg optimiste des premières oeuvres du cycle (l'ironie hérité de Chosta pointait dans la symphonie précédente, mais là on est carrément dans le domaine du sinistre). Tout le premier mouvement est une lente (et belle) désolation dominée par les cordes et ponctuée d'interventions solistes des autres instruments. Suivent deux mouvements rapides, un chant populaire assez quelconque puis un scherzo qui parait presque déplacé, puisqu'il est à nouveau suivi de deux mouvements extrêmement désolés, chantés tous les deux, notamment un largo à l'accompagnement raréfié jusqu'à ce que les cuivres et percussion s'imposent dans les dernières minutes. Tout cela est très maitrisé, pas forcément le type d'oeuvre que je préfère mais c'est assez impressionnant (à condition d'aimer les gosses qui chantent, évidemment Mr. Green ), encore une belle symphonie !

Notons que pour ces trois oeuvres on peut bénéficier des enregistrements historiques de Kondrashin, ce qui ne peut pas faire de mal.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyVen 10 Avr 2020 - 22:16

Symphonies de Weinberg, troisième épisode. Autant prévenir tout de suite, si hier j'avais vraiment fait de belles découvertes avec la quatrième (déjà réécoutée, c'est vraiment excellent) et dans une moindre mesure la sixième, aujourd'hui j'ai été assez déçu par ce que j'ai entendu. Il faut dire qu'après la Cinquième Weinberg semble s'être éloigné pour un moment de la symphonie traditionnelle, et ça ne lui réussit pas toujours, à mon avis du moins.

Septième symphonie : symphonie assez courte (25 minutes) en cinq mouvements, mais c'est surtout l'effectif qui attire l'attention puisqu'elle est écrite pour clavecin et cordes ! Ma foi, voilà qui promet d'être original, mais après avoir confié l'ouverture de la symphonie à son claveciniste, lui réservant seulement dans les premiers mouvements des interventions ponctuelles assez incongrues au beau milieu d'une utilisation toujours assez massive des cordes. Ces premiers mouvements manquent par ailleurs d'imagination (le mouvement central  dansant ponctué par les pizz, bon ça va deux minutes), rien de mauvais mais ça tourne en rond. Et puis le quatrième mouvement (un court adagio assez grinçant) mène à un finale enfin original, avec du vrai dialogue entre clavecin et cordes, et des tentatives nettement moins conventionnelles que dans ce qui précède. Bon, sauf que je trouve ça assez peu réussi, la partie de clavecin notamment est franchement bizarre. Je crois que les symphonies pour cordes de Weinberg ne sont pas faites pour moi.

Huitième symphonie 'Fleurs polonaises' : après la sixième, deuxième symphonie vocale du cycle, mais cette fois-ci on n'est vraiment plus dans le domaine de la symphonie puisque c'est chanté tout le temps (dix mouvements sur des textes polonais) par des solistes et des choeurs, l'orchestre jouant même parfois un rôle d'accompagnant très discret. On en regrette d'autant plus de ne pas comprendre les textes, ce qui nuit assez clairement à l'appréciation de plusieurs mouvements (le choeur a cappelle dans la majeure partie du IX, par exemple). Certains beaux passages, notamment le manifeste climax tragique de l'oeuvre au V, suivi de deux mouvements animés assez intéressants. Mais bon, autant la sixième symphonie faisait forte impression en tant que musique pure, autant là ça ne suffit pas vraiment.

La neuvième symphonie, qui fait à nouveau intervenir un choeur, n'est pas disponible (tout comme la onzième, elle aussi choral), on saute donc directement à la :

Dixième symphonie : eh bien, il s'agit encore d'une symphonie pour cordes (à nouveau cinq mouvements, une demi-heure de musique). Et ce que je disais plus haut sur mon désamour pour l'écriture pour cordes de Weinberg sera hélas confirmé. À part le premier mouvement, hommage sympathique au concerto grosso, je trouve le reste au mieux sans intérêt (les solos de violon ou de violoncelle qui s'éternisent sans but dans les mouvements médians), au pire carrément assommant (le finale, vraiment raté pour moi).

Arrivé à la moitié de mon aventure, je recommande vraiment en priorité le CD de Kondrashin regroupant la 4ème et la 6ème, et aussi la 3ème pour ceux qui préfèreront de la musique plus allègre et un peu moins typée.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptySam 11 Avr 2020 - 21:38

Dans un élan de motivation, aujourd'hui ce ne sont pas trois mais quatre symphonies de Weinberg que j'ai mises au programme. Bon, en même temps, il était cohérent de regrouper les trois dernières (et de ne pas couper les trois d'après qui forment un cycle), et j'aurais de toute façon moins à dire que pour les précédentes. On a sauté la onzième indisponible (ce sera la même chose pour la quinzième).

Douzième symphonie : (dédiée à la mémoire de Chostakovitch) en mémoire de son ami récemment disparu, Weinberg revient à la symphonie après quelques années d'abstinence, mais surtout à une symphonie vraiment classique dans sa structure (quatre mouvements, un grand orchestre au complet) pour la première fois depuis la Cinquième. C'est une oeuvre assez longue (plus de 50 minutes) qui rend assez clairement hommages aux grandes symphonies instrumentales de Chosta (8ème, 10ème). Comme la 10ème de ce dernier, notre symphonie commence d'ailleurs pas un long allegro moderato débutant sur un thème très imposant, il y a une belle solennité dans cette introduction. Mais le souci quand on s'essaie à une forme aussi exigeante c'est de la tenir jusqu'au bout, et autant les 25 minutes du Moderato initial de la 10ème de Chosta sont bluffants de maitrise totale de la structure, autant là on s'égare un peu dans les 20 minutes que compte ce mouvement, entre des développements qui ne savent plus trop quoi dire et des citations de Chosta qui ressemblent à du remplissage. Dommage. En fait, le meilleur de la symphonie est sûrement dans son beau mouvement lent, qui débute sur un thème très simple aux cordes (on entend essentiellement des bouts de gammes ascendantes et descendantes pendant quelques minutes) mais mène à un climax vraiment saisissant. Et puis ... cette fin de mouvement superbe débouche sur une transition étrange au xylophone, prélude à un final qui me laisse extrêmement perplexe, ça part vraiment dans tous les sens sans que je saisisse la cohérence de l'ensemble. Bref, globalement dubitatif malgré de bonnes choses.

Une fois cet hommage son mentor disparu, une nette transition s'opère dans le style de Weinberg, comme s'il avait eu besoin d'écrire cette douzième symphonie-hommage avant de pouvoir passer à autre chose. Les trois symphonies suivantes (en oubliant la quinzième) sont toutes en un seul mouvement, et de structure très proche. À chaque fois une introduction lente avec un thème énoncé par les cordes solistes (violons ou violoncelles selon la symphonie), puis une introduction progressive de vents et de cuivres, qui mène après quelques minutes à une section plus rapide et rythmée, après quoi les épisodes contrastés s'enchainent plus ou moins rapidement. Surtout, le langage a vraiment évolué, beaucoup plus de dissonances, une tonalité qui n'est souvent qu'assez lointaine, ce n'est plus que rarement mélodique et, si les références me manquent pour évoquer cette nouvelle manière, j'ai plus pensé en tout cas à Pettersson qu'à Chostakovitch. Mais là où Pettersson arrive à tendre comme un arc des symphonies-blocs d'une bonne heure, là je ne suis que trop rarement pris par ce que raconte Weinberg (je crois que je suis simplement moins réceptif à ce nouveau langage). Quelques beaux moment tout de même, comme cette introduction de la 16ème (une mélopée aux violoncelles sur un glas de basse martelé), mais d'autres franchement insupportables pour moi (la fin de la 14ème avec ses cuivres stridents sur fond de percussion, je trouve ça extrêmement lourd). Sur les trois (que je ne détaillerai pas plus), la 16ème est quand même celle qui m'a le plus convaincu.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyDim 12 Avr 2020 - 20:38

Je suis de près tes pérégrinations dans les symphonies de Weinberg, Roupoil et me retrouve assez dans tes propos. Il y a quand même pas mal d'œuvres de Weinberg que j'ai écoutées et qui me laissent sur ma faim. Le langage est parlant pour qui aime Chostakovitch ou Popov, mais ça peut tourner un peu à vide. Je ne saisis pas toujours le propos, ne vois pas de discours évoluant dans une structure.

J'ai réécouté le disque Kondrashin des 4 & 6 qui lui est excellent. La 4 est pas mal mais je préfère de loin la 3. La 6 en revanche est vraiment magnifique.
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MessageSujet: Re: Weinberg/Vainberg (1919-1996)   Weinberg/Vainberg (1919-1996) - Page 2 EmptyLun 13 Avr 2020 - 9:24

Oui, je suis d'accord avec toi, la structure manque trop souvent de clarté. Bon, j'ai eu le temps d'achever mon tour d'horizon aujourd'hui, mais je serai très succinct sur les dernières symphonies que j'ai écoutés plus distraitement que les précédentes.

Les trois symphonies n°17, 18 et 19 forment une grande trilogie sur la guerre, et reprennent en terme de structure trois tendances fortes du cycle : la 17 est une symphonie en quatre mouvements débutant par un mouvement lent, la 18ème une symphonie chorale, et la 19 une symphonie en un seul mouvement (débutant par un thème lent déployé aux cordes, comme quasiment toutes les symphonies de la deuxième moitié du cycle). Weinberg revient à un style plus classique ici, on peut même y voir une sorte de synthèse de ce qu'il a pu produire auparavant, ce qui permet de faire un bilan assez intéressant de l'ensemble. La 17ème symphonie 'Souvenir' débute par une lente déploration mais contrairement à ce que le sous-titre pourrait laisser penser, ne reste pas du tout dans ce registre puisque les mouvements les plus marquants sont les mouvements rapides, notamment un deuxième mouvement qui fait preuve d'une belle urgence. Une belle oeuvre, même si un peu inégale (je retiens surtout ce deuxième mouvement, très réussi).

La 18 'Guerre' est extrêmement solennelle, son premier mouvement instrumental est parcouru de fanfares de cuivres qui lorgneraient plus du côté de la 'Fanfare for the common man' de Copland que de la musique soviétique, et les grands thèmes apaisés ont un côté hymnique qui renforce encore cet aspect. Le choeur (sans solistes) intervient dans les trois derniers mouvements, mais si l'un d'eux semble entamer une sorte de chanson populaire, elle est vite ramenée à une atmosphère beaucoup plus inquiète, et on termine même dans le lugubre avec un dernier mouvement essentiellement a cappella qui n'a vraiment rien d'entraînant. Le tout est moins prenant que la Sixième symphonie mais quand même très bien fichu dans l'ensemble.

La 19 'Mai radieux' retrouve une tonalité plus optimiste et déploie de belles choses dans son unique mouvement. Une symphonie agréable à l'écoute mais dont j'avoue ne pas avoir retenu grand chose. Malgré tout, cette trilogie revient à des niveaux d'inspiration que je n'avais pas trouvé depuis le premier tiers du corpus, et comme je le disais plus haut, représente un beau résumé de ce que Weinberg aime faire dans le domaine de la symphonie.

Du coup, j'ai été d'autant plus déçu par la 20ème, qui m'a vraiment ennuyé, du bavardage insipide, comme si Weinberg n'avait vraiment plus rien de nouveau à dire.

Le chant du cygne de la 21ème (six mouvements enchaînés, le dernier faisant intervenir une soprano qui vocalise sans paroles) est beaucoup plus intéressant, ne serait-ce que par la bizarrerie de certains choix (cette citation de Chopin au piano, un deuxième mouvement à l'atmosphère vraiment prenante). Le début de la symphonie (la longue plainte du premier mouvement avec ses nombreuses interventions de solistes, et donc ce très curieux deuxième mouvement) m'a plutôt emballé, mais je trouve que la symphonie ne tient pas tout à fait ses promesses sur la durée. Malgré tout une oeuvre qui a le grand mérite de proposer des choses intéressantes, et qui clôt le cycle (si on exclut la 22ème inachevée, que je n'ai pas essayé d'écouter) de façon nettement plus positive que ne l'aurait fait la précédente.

Bon, un peu de lassitude (forcément) sur la fin du parcours m'ont peut-être amené à juger hâtivement certains des derniers opus, mais je crois que je reviendrai de toute façon plus volontiers aux premières symphonies du cycle. Je reste sur mon impression de mi-parcours en conseillant en priorité le CD 4+6 de Kondrashin.
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