Autour de la musique classique

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 Méhul, Gossec, ces génies oubliés!

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Benedictus
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyMer 6 Mai 2020 - 0:53

Hier, en Playlist, Benedictus a écrit:
Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 Meahul10
MÉHUL: Adrien, acte premier
Philippe Do (Adrien), Gabrielle Philipponet (Émirène), Philippe Talbot (Pharnaspe), Marc Barrard (Cosroès), Nicolas Courjal (Rutile), Jean Teitgen (Flaminius), György Vashegyi / Orfeo Orchestra, Purcell Choir
Budapest, VI.2012
Palazzetto Bru Zane / Singulares


C’est tout bonnement génial! C’est un peu un lieu commun, mais là on est vraiment «entre Gluck et Beethoven.» Ce premier acte qui s’emballe et culmine dans cet incroyable final avec chœur!  bounce
DavidLeMarrec a écrit:
Et c'est pas fini… I love you
En effet!  Surprised

MÉHUL: Adrien, actes deuxième et troisième
Philippe Do (Adrien), Gabrielle Philipponet (Émirène), Jennifer Borghi (Sabine), Philippe Talbot (Pharnaspe), Marc Barrard (Cosroès), Nicolas Courjal (Rutile), Jean Teitgen (Flaminius), Katalin Szutrély (Une Romaine), György Vashegyi / Orfeo Orchestra, Purcell Choir
Budapest, VI.2012
Palazzetto Bru Zane / Singulares


Je confirme: c’est totalement génial… Une tension dramatique qui ne retombe jamais (en partie grâce à une manière pré-meyerbeerienne de tuiler le style récitatif et les airs et ensembles) avec une façon assez électrisante de toujours relancer les climaxes (les Finales ne sont vraiment pas loin de Fidelio ou d’Elias); un sens aigu de la déclamation musicale (très bien servi ici: on peut suivre toute l’action sans le livret) enté sur une veine mélodique prégnante, mais incroyablement expressive et mobile (l’air «Oui, vous voyez mon trouble extrême…»)

Et puis, la formule «entre Gluck et Beethoven» va encore au-delà de ce que je pensais et vaut même pour le langage harmonique: à plusieurs endroits, en fin d’air ou d’ensemble, on s’approche de la résolution harmonique attendue, vraiment à la façon du plus pur classicisme - et tout à coup, ça bifurque vers une autre configuration harmonique, franchement beethovénienne, ce qui relance le discours. C'est bluffant.

Plateau formidable, investi, bien-disant, chœurs et orchestre qui claquent...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyLun 11 Mai 2020 - 13:20

Pour l'instant, je n'ai entendu aucun opéra de Méhul qui ressemble à ça… Il n'y a que Sémiramis de Catel qui s'approche de ce type de furie omniprésente – avec des airs, de l'orchestration, de la déclamation plus saisissante pour Catel, des ensembles et des finals particulièrement étourdissants chez Méhul. Pour moi, on est encore un cran au-dessus des Danaïdes de Salieri (ou d'Iphigénie en Tauride de Gluck), mais il faut dire que le langage n'est plus rigoureusement le même, le romantisme s'insinue par touches dans cette manière qui n'est plus seulement de la tragédie – le pathétique y est d'un goût assez différent, moins archétypal, plus « psychologique » ou « humain », je ne sais pas trop comment le qualifier, en tout cas plus centré sur l'individu que sur la situation, d'une certaine façon. Et cela rejaillit aussi sur la matière musicale.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyLun 11 Mai 2020 - 23:59

Justement, Adrien m'a tellement électrisé que j'ai passé ma journée à chercher ce que je pouvais trouver de Méhul: la discographie est particulièrement sinistrée. Surprised

Pas de Joseph en Égypte intégral, sauf une vieille version en allemand (je mes suis consolé avec «Champs paternels» par Georges Thill - c'est superbe, comme toujours avec Thill, mais c'est bien court), alors que ça semble être une œuvre importante. Pas non plus d'intégrale satisfaisante des symphonies (juste la version Swierczewski / Gulbenkian sortie au moment du Bicentenaire de la Révolution - et déjà à l'époque, ce n'était pas bien bon - et seulement deux symphonies par Minko - mais du mauvais Minko, raide, malingre et avec des timbres assez ingrats), alors que là aussi, je pense que ce sont des œuvres qui, bien jouées, devraient pouvoir plaire à un public assez large; curieusement, les symphonies de Gossec (que j'aime beaucoup mais qui, du fait de leur langage sont beaucoup plus «de niche») sont mieux servies (deux disques de Van Waas, celui du Concerto Köln, excellents.)
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyMer 13 Mai 2020 - 15:12

Il en existe un peu plus que cela !

¶ Son chef-d'œuvre absolu reste pour moi cet Adrien, il ne faut pas espérer quelque chose d'équivalent (ce qui en est le plus proche, c'est Sémiramis de Catel).

Joseph existe en intégralité, mais c'est un disque Chant du Monde (donc épuisé depuis un quart de siècle), et qui adopte l'ordre bouleversé des numéros selon la version donnée à Compiègne. Belle interprétation, mais l'œuvre est chamboulée, c'est un peu pénible.

¶ On trouve aussi Irato ou l'emporté (pas une grande interprétation, pas une grande œuvre non plus), et dans les archives de la RTF existe Horatius Coclès (pas mal, mais sans les dialogues, difficile de se faire une idée fidèle). La Stratonice (qui n'est pas une mauvaise œuvre), gravée par Christie et malgré la présence de Beuron, ne s'épanouit pas vraiment.

¶ Il reste tout de même un bon enregistrement d'un autre opéra intéressant de Méhul, Uthal d'après Ossian, qui a la caractéristique intéressante d'utiliser un orchestre sans aucun violon, les parties mélodiques de l'orchestre étant assurées par des altos. Ce n'est pas forcément à la hauteur de sa prétention d'atmosphères nébuleuses, mais l'opéra tient très bien la rampe, et le spectre orchestral est en effet un peu original.
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyMer 13 Mai 2020 - 15:28

DavidLeMarrec a écrit:
Joseph existe en intégralité, mais c'est un disque Chant du Monde (donc épuisé depuis un quart de siècle), et qui adopte l'ordre bouleversé des numéros selon la version donnée à Compiègne. Belle interprétation, mais l'œuvre est chamboulée, c'est un peu pénible.
La version Dale / Bardon, c'est bien ça? Je me souviens en effet que, quand c'était sorti, j'avais longtemps hésité à me l'acheter - et puis j'y avais renoncé en me disant «Ils vont bien finir par sortir une version studio dans le bon ordre, je vais attendre.» Résultat... Evil or Very Mad

DavidLeMarrec a écrit:
¶ On trouve aussi Irato ou l'emporté (pas une grande interprétation, pas une grande œuvre non plus), et dans les archives de la RTF existe Horatius Coclès (pas mal, mais sans les dialogues, difficile de se faire une idée fidèle). La Stratonice (qui n'est pas une mauvaise œuvre), gravée par Christie et malgré la présence de Beuron, ne s'épanouit pas vraiment.
Moyennement motivant, tout cela... (Je crois que j'avais essayé le début de Stratonice - c'est l'enregistrement où les récitatifs sont remplacé par un résumé parlé, non?)

DavidLeMarrec a écrit:
¶ Il reste tout de même un bon enregistrement d'un autre opéra intéressant de Méhul, Uthal d'après Ossian, qui a la caractéristique intéressante d'utiliser un orchestre sans aucun violon, les parties mélodiques de l'orchestre étant assurées par des altos. Ce n'est pas forcément à la hauteur de sa prétention d'atmosphères nébuleuses, mais l'opéra tient très bien la rampe, et le spectre orchestral est en effet un peu original.
Oui, j'avais beaucoup aimé (je crois même en avoir touché un mot à la page précédente.)
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyMer 13 Mai 2020 - 15:59

Dale / Bardon : oui. Dale y est splendide, mais il faut supporter le bazar dramaturgique…

Oui, c'est ça, la Stratonice chez Erato avec narrateur atone.

Il me semblait bien que tu avais mentionné favorablement Uthal, ça m'étonnait que tu n'en parles pas (récent et dans le scope de ce que tu surveilles, en général).
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyMer 13 Mai 2020 - 16:07

DavidLeMarrec a écrit:
ça m'étonnait que tu n'en parles pas (récent et dans le scope de ce que tu surveilles, en général)
Oui, en fait, quand je disais «passé ma journée à chercher ce que je pouvais trouver de Méhul», c'était: ce que que je pouvais trouver d'autre qu'Uthal et Adrien.
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MessageSujet: Re: Méhul, Gossec, ces génies oubliés!   Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 EmptyVen 22 Mai 2020 - 18:54

J’ai réussi à trouver d’occasion et à bon marché (étonnant pour un Chant du Monde en bon état) - dire que j’ai failli l’acheter à sa sortie (cf. supra):

Méhul, Gossec, ces génies oubliés! - Page 5 Meahul11
MÉHUL: [La Légende de] Joseph en Égypte
Laurence Dale (Joseph), Frédéric Vassar (Jacob), Philippe Jorquera (Utobal), René Massis (Siméon), Brigitte Lafon (Benjamin), Antoine Normand (Nephtali), Philippe Pistole (Ruben), Patrick Aubailly, Éric Billet, Damien Top, Christophe Ramond, Jean-Louis Rayon, Guillaume Perault, Raoul du Réau (les autres frères), Nathalie Dessay (une jeune fille), Claude Bardon / Orchestre Régional de Picardie “Le Sinfonietta”, Ensemble Choral “Intermezzo” / Claire Marchand
Amiens, VII.1989
Le Chant du Monde


Je dois avouer que je n’ai pas «joué le jeu» de cette version tripatouillée (numéros dans le désordre et dialogues remplacés par un narrateur): je me suis fait une playlist avec les numéros dans l’ordre - et j’ai lu les dialogues originaux (inclus dans la partition ici.) Et j’ai énormément aimé ce que j’ai entendu.

Alors que l’œuvre est plus tardive, la musique est un peu plus gluckiste que celle d’Adrien: plus hiératique - peut-être à la fois du fait sujet biblique (qui peut faire tendre vers un style plus «oratorio») et du genre opéra-comique (des numéros clos sans le tuilage des récitatifs) - mais aussi plus classique harmoniquement. En revanche, c’est vraiment un classicisme qui est investi d’une vigueur très neuve: s’il n’y a pas de ces grandes bifurcations vers une harmonie franchement romantique, on voit poindre un type de rhétorique très beethovénienne en ce que chaque numéro semble s’organiser à partir de cellules mélodiques/rythmiques extrêmement prégnantes, répétées avec obstination, et qui se transforment par modulation «expressives» et gradations d’intensité très franches.

(Livret bizarrement écrit, au demeurant: on se demande si la surabondance d’anacoluthes est un effet de style délibéré ou le résultat d’une remarquable maladresse de plume - certains côtés un peu gentil-neuneu inciteraient malheureusement à pencher pour la seconde hypothèse…)

J’ai été très agréablement surpris par la qualité de la réalisation musicale. Le caractère relativement modeste de l’orchestre sert finalement au mieux cette musique - à défaut du grain et des couleurs des formations baroqueuses, le petit effectif instrumental (capté de très près) et la direction enthousiaste de Bardon permettent d’entendre un orchestre au spectre aéré et qui claque étonnamment bien pour l’époque (je repense en particulier au disque Révolution française enregistré par Plasson la même année…) Même remarque d’ailleurs pour le chœur - mieux vaut finalement le chant parfois un peu limité mais franc de ces amateurs que la bouillie des chœurs professionnels français de cette époque.

Le plateau vocal est lui aussi vraiment très bon (quoique souvent capté trop en retrait.) Des voix franches et claires, pas forcément puissantes ni colorées, mais dont l’absence d’engorgement et le souci d’intelligibilité est particulièrement appréciable par les temps qui courent: Laurence Dale est, comme le disait David, splendide - vaillant, éloquent (on lui doit aussi, à la même époque, une épatante anthologie d’airs d’opéra français chez Harmonia Mundi.) J’ai aussi bien aimé les autres chanteurs, quoiqu’ils soient moins absolument indiscutables: on pourra en particulier trouver les voix graves (Frédéric Vassar, René Massis) étroites, pas assez sombres et à la tessiture tendue - mais personnellement j’aime beaucoup ce type de voix (à l’esthétique un peu «chant français des années 50», je trouve); même chose d’ailleurs, avec Brigitte Lafon: on pourra trouver son émission trop nasale et son timbre un peu acide et clairet pour une mezzo, mais je trouve que ça colle vraiment bien au personnage de Benjamin.

HS de vieux glotto:
 

Très belle œuvre, et réalisation musicalement à mon goût - mais on rêve que Bru Zane nous propose une vraie version avec la partition dans l’ordre et les dialogues, Vidal en Joseph, Christoyannis en Jacob, Bou en Siméon et Ambroisine Bré en Benjamin (et le Concert de la Loge ou les Talens lyriques)…
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