Autour de la musique classique

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 Shakespeare : entre littérature et musique

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MessageSujet: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 17 Juil 2011 - 10:39

Un petit sujet consacré au barde de Stratford (que j`ai d`ailleurs visité il y a à peine une semaine), et plus particulierement aux adaptions musicales de ses pieces ; Shakespeare est l`écrivain dont les oeuvres ont été adaptées le plus de fois en musique !
De la Tempete de Beethoven à la Tempete de Thomas Ades, quelles oeuvres connaissez-vous, et lesquelles vous ont touchées ?
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Zéphire
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 17 Juil 2011 - 10:54

Bonjour, je ne connais pas la "tempête" de Beethoven, par contre c'est ma pièce préférée de lui (Shakespeare) que j'ai vue mise en scène par Peter Brook. La pièce de la maturité pour son regard sur le monde (très près du Platon des "Lettres au Tyran de Syracuse").
De mon expérience le MacBeth de Verdi avec Rysanek et Warren est une sommet pour l'intensité dramatique. cool-blue
Daniel
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Wind Chimes
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 17 Juil 2011 - 13:43

Petite contribution à un topic qui s'annonce immense, avec moult oeuvres majeures en perspective:
Philip Pickett et ses Musicians Of The Globe ont consacré un album à la "Shakespeare's Musick", sous titré "Songs & Dances from Shakespeare's Plays" (Philips, 1997). La plupart de ces pièces sont assez courtes puisqu'il s'agit principalement d'intermèdes. Outre quelques anonymes, elles ont pour signatures Robert Jones, John Dowland, Thomas Morley, Robert Johnson ou encore William Byrd. Très beau disque.
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Octavian
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 14:23

Ça m'étonne que personne n'ait mentionné le Roméo et Juliette de Prokofiev, tiens. Vino était en vacances ? hehe Immense chédeuvre, bien sûr. Pour rester du côté des Russes, j'aime beaucoup aussi, même si c'est peut-être un petit peu moins avouable, la musique de scène de Chostakovitch pour Hamlet. Et pour rester dans les musiques de scène (quel sens du filage !), j'ai le souvenir d'une musique de Korngold pour Beaucoup de bruits pour rien, écoutée l'an dernier, pas renversante, mais fort sympathique.

Plus près du compositeur, je suis beaucoup moins enthousiaste sur The Fairy Queen de Purcell, adapté du Songe d'une nuit d'été. Bon en plus j'ai découvert ça dans une version DVD particulièrement catastrophique, je pense (Pountney / Kok), mais même sans ça, je ne suis pas sûr que ce soit ma tasse de thé. Et à partir de la même pièce, Mendelssohn a fait tellement mieux. Smile

Ah, dans la série "je passe", il y a aussi le Hamlet d'Ambroise Thomas (Êêêêtr'ouuuuuu... ne pas êtreuuuuuh… ô mystèreeeeuuuuh… mouriiiiiir… dormiiiir… dooormiiiiiiir… I don't want that Rééévéééé….(-illez-moi ??!)). Je le laisse aux amateurs. Mr.Red
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 14:52

Hamlet de Ambroise Thomas est une immense réussite, et une parfaite transposition d'une pièce de théâtre baroque dans un cadre de grand opéra à la française (bien que tous les invariants ne soient pas là). Certes, exeunt Polonius, Rosencrantz et Guildenstern, mais l'esprit de l'oeuvre original est conservé. La musique est très efficace, originale (le choeur de l'enterrement, l'air à boire) et prosodiquement, j'ai un assez fort souvenir de certaines scènes (le spectre, le duo Gertrude / Claudius). Je ne vois pas ce que tu reproche à "Être ou ne pas être" Octavian. Que ce soit ou ne soit pas le texte de Shakespeare importe peu.

Mais c'est tellement facile de mépriser une oeuvre à la mauvaise réputation... et de l'expédier sans arguments. Neutral

En plus le DVD est très réussi : Keenlyside y est prodigieux, la mise en scène de Caurier et Leisher très sombre mais bien dirigée. Very Happy
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Octavian
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:11

J'ai failli écrire : je le laisse aux amateurs de grand opéra à la française, mais ce n'était même pas la peine. hehe

Ce que je reproche au "Être ou ne pas être" ? Oh, pas prioritairement l'adjonction, par rapport au texte original, du "ô mystère", même s'il est un peu kitsch, non non, plutôt le fait, comme j'essayais subtilement de le laisser entendre, que je trouve cet air parfaitement soporifique. Mr.Red Et je n'ai pas souvenir d'avoir éprouvé plus d'enthousiasmes aux trois ou quatre autres airs que j'ai pu entendre. Alors certes tout ça ne fait pas une écoute de l'opéra complet, je le reconnais, et ne prétends donc pas porter un jugement absolument définitif sur cette œuvre... mais ça me semble bien suffisant pour me permettre de dire, comme je l'ai fait : Je passe mon tour. bedo
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:37

coucou Rofrano !

Octavian a écrit:
plutôt le fait, comme j'essayais subtilement de le laisser entendre, que je trouve cet air parfaitement soporifique.

C'est surtout que ça ne ressemble pas à un air. Tout le monde l'attend parce que c'est le "morceau de bravoure" de la pièce originelle, mais ça ne l'est absolument pas dans l'oeuvre (ce serait plutôt "Le vin dissipe la tristesse", mais je ne suis pas certain que ça te rassure Mr. Green ).

Les airs ne rendent pas bien compte du tout, de toute façon, dans un grand opéra à la française, de la tonalité de l'ouvrage. C'est sans doute l'arioso "Spectre infernal, image vénérée" qui est le plus proche de l'esprit d'ensemble.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:44

Octavian a écrit:
J'ai failli écrire : je le laisse aux amateurs de grand opéra à la française, mais ce n'était même pas la peine. hehe

Ce que je reproche au "Être ou ne pas être" ? Oh, pas prioritairement l'adjonction, par rapport au texte original, du "ô mystère", même s'il est un peu kitsch, non non, plutôt le fait, comme j'essayais subtilement de le laisser entendre, que je trouve cet air parfaitement soporifique. Mr.Red Et je n'ai pas souvenir d'avoir éprouvé plus d'enthousiasmes aux trois ou quatre autres airs que j'ai pu entendre. Alors certes tout ça ne fait pas une écoute de l'opéra complet, je le reconnais, et ne prétends donc pas porter un jugement absolument définitif sur cette œuvre... mais ça me semble bien suffisant pour me permettre de dire, comme je l'ai fait : Je passe mon tour. bedo

Non, ton jugement ne vaut rien si tu ne l'as pas écouté en entier. Rolling Eyes Surtout que cet air fait sens dans le contexte.

De la même façon que ce n'est pas seulement en écoutant Plus blanche qu'on peut se faire une idée des Huguenots....
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:47

Guillaume a écrit:
Hamlet de Ambroise Thomas est une immense réussite, et une parfaite transposition d'une pièce de théâtre baroque dans un cadre de grand opéra à la française (bien que tous les invariants ne soient pas là).

C'est tout le contraire d'une parfaite transposition: au niveau de l'esprit global, de l'expression, ça n'a pas grand chose à voir avec le Hamlet de Shakespeare.

Ce n'est parce que cet opéra est intéressant et mérite d'être défendu en tant que tel que ça donne le droit de dire n'importe quoi.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:52

Qu'est-ce que j'ai fait en citant ça, moi... Oulalah. Bon allez, changement d'aiguillage ! Smile Dans les œuvres qui n'ont pas été citées, un autre oubli impardonnable : le Falstaff de Verdi.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:53

Percy Bysshe a écrit:
Guillaume a écrit:
Hamlet de Ambroise Thomas est une immense réussite, et une parfaite transposition d'une pièce de théâtre baroque dans un cadre de grand opéra à la française (bien que tous les invariants ne soient pas là).

C'est tout le contraire d'une parfaite transposition: au niveau de l'esprit global, de l'expression, ça n'a pas grand chose à voir avec le Hamlet de Shakespeare.
Transposition dans le sens le plus complet du terme : les enjeux aussi changent. Mais en reprenant la matière de départ et en la transplantant dans un autre contexte, ça fonctionne du tonnerre et de façon extrêmement cohérente.

Seul regret pour moi, la disparition de Rosencrantz et Guildenstern (préfiguration de Tom Stoppard ?).
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:54

Octavian a écrit:
Qu'est-ce que j'ai fait en citant ça, moi... Oulalah. Bon allez, changement d'aiguillage ! Smile Dans les œuvres qui n'ont pas été citées, un autre oubli impardonnable : le Falstaff de Verdi.
Sur le même sujet, on n'a peut-être pas cité les Commères de Nicolai ?

Et puis Lear de Reimann et de Debussy, Wintermärchen de Boesmans, Tempest d'Adès, si ça n'a pas été mentionné.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 15:57

Octavian a écrit:
Qu'est-ce que j'ai fait en citant ça, moi... Oulalah. Bon allez, changement d'aiguillage ! Smile Dans les œuvres qui n'ont pas été citées, un autre oubli impardonnable : le Falstaff de Verdi.

Falstaff version Verdi, est mal aimé à la fois par les pro et les anti Verdi en général. Dommage car cet un bel opéra, qui n'a pas vraiment la place qu'il mérite.

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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 16:05

Cololi a écrit:
Octavian a écrit:
Qu'est-ce que j'ai fait en citant ça, moi... Oulalah. Bon allez, changement d'aiguillage ! Smile Dans les œuvres qui n'ont pas été citées, un autre oubli impardonnable : le Falstaff de Verdi.
Falstaff version Verdi, est mal aimé à la fois par les pro et les anti Verdi en général. Dommage car cet un bel opéra, qui n'a pas vraiment la place qu'il mérite.
J'ai mis pas mal d'années avant de "rentrer dedans" et de l'apprécier effectivement, tout en sentant confusément à chaque fois que je passais à côté de quelque chose. Oui, ça vaut la peine de s'accrocher un peu avec ce Falstaff si on... n'y accroche pas tout de suite.

(Alors que par exemple et pour rester dans le thème, je n'ai absolument pas eu la sensation de "passer à côté de quelque chose" quand j'ai écouté I Capuleti e i Montecchi de Bellini... Mr.Red) (Aïe aïe aïe, pas pu m'empêcher, je sens que ça va relancer le grabuge...)
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 16:08

Octavian a écrit:
Cololi a écrit:
Octavian a écrit:
Qu'est-ce que j'ai fait en citant ça, moi... Oulalah. Bon allez, changement d'aiguillage ! Smile Dans les œuvres qui n'ont pas été citées, un autre oubli impardonnable : le Falstaff de Verdi.
Falstaff version Verdi, est mal aimé à la fois par les pro et les anti Verdi en général. Dommage car cet un bel opéra, qui n'a pas vraiment la place qu'il mérite.
J'ai mis pas mal d'années avant de "rentrer dedans" et de l'apprécier effectivement, tout en sentant confusément à chaque fois que je passais à côté de quelque chose. Oui, ça vaut la peine de s'accrocher un peu avec ce Falstaff si on... n'y accroche pas tout de suite.

(Alors que par exemple et pour rester dans le thème, je n'ai absolument pas eu la sensation de "passer à côté de quelque chose" quand j'ai écouté I Capuleti e i Montecchi de Bellini... Mr.Red) (Aïe aïe aïe, pas pu m'empêcher, je sens que ça va relancer le grabuge...)

Moi aussi il m'a fallu pas mal de temps. Pour ça que je fais un peu de pub : oui il faut réécouter pas mal de fois, mais ça vaut le coup.

Sinon il y a le Falstaff de Salieri qui est pas mauvais.

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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 16:14

@ Octavian : si tu parles dramatiquement, bien sûr la Juliette résignée, obéissante et vertueuse de Bellini est à mourir de rire (un R&J où Juliette veut avant tout obéir à son père, pourquoi pas une Carmen au couvent aussi !). Après, musicalement, c'est un peu lisse et long, mais pas sans beautés.

Cololi a écrit:
Sinon il y a le Falstaff de Salieri qui est pas mauvais.
C'est vrai, même pas mal du tout !
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 16:28

DavidLeMarrec a écrit:
Percy Bysshe a écrit:
Guillaume a écrit:
Hamlet de Ambroise Thomas est une immense réussite, et une parfaite transposition d'une pièce de théâtre baroque dans un cadre de grand opéra à la française (bien que tous les invariants ne soient pas là).

C'est tout le contraire d'une parfaite transposition: au niveau de l'esprit global, de l'expression, ça n'a pas grand chose à voir avec le Hamlet de Shakespeare.
Transposition dans le sens le plus complet du terme : les enjeux aussi changent. Mais en reprenant la matière de départ et en la transplantant dans un autre contexte, ça fonctionne du tonnerre et de façon extrêmement cohérente.

Seul regret pour moi, la disparition de Rosencrantz et Guildenstern (préfiguration de Tom Stoppard ?).

Pour moi, la transposition aurait été d'exprimer ce qui été exprimé dans la pièce de Shakespeare par les moyens expressifs de l'opéra.
Là on est vraiment en présence d'une oeuvre autonome - pour le meilleur et pour le pire, parce que c'est certes intéressant en tant qu'opéra de la période, mais comparé au potentiel de la pièce de Shakespeare...
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 16:32

Octavian a écrit:
Et pour rester dans les musiques de scène (quel sens du filage !), j'ai le souvenir d'une musique de Korngold pour Beaucoup de bruits pour rien, écoutée l'an dernier, pas renversante, mais fort sympathique.

Très sympathique en effet. Very Happy
Et dans le sillage de cette même comédie, il faut noter le Bérénice et Bénédict de Berlioz, qui s'est beaucoup inspiré de Shakespeare dans pas mal d'oeuvres...
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 16:57

Percy Bysshe a écrit:
Et dans le sillage de cette même comédie, il faut noter le Bérénice et Bénédict de Berlioz, qui s'est beaucoup inspiré de Shakespeare dans pas mal d'oeuvres...
Chez Berlioz, il y a aussi Béatrice & Tite que j'aime beaucoup.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 17:03

hehe
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 7 Aoû 2011 - 17:10

study Je suis dans les hautes sphères en ce moment, j'ai du mal à redescendre. fleurs
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 20:03

Beethoven : Sonate "La Tempête"

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcRW6_Er8V9ydYkscK8OEVyZVQtzE4__0CsXVVikkM_Zwl1k2OtAtQ Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcSkNFS48_QdTsNtYN66ncSH4CZjGnVUJPLSXr1ryJULxGCfNk9J

17e sonate pour piano, op. 31 n.2 (1802)
"Lisez La Tempête de Shakespeare !" - telle était la réaction de Beethoven lorsque ses auditeurs lui demandaient la signification de son œuvre. D'emblée, ce rapprochement introduit l'idée de lutte : les marins qui luttent contre la tempête, Prospéro qui manipule les éléments naturels pour parvenir à ces fins. Il ne faut pas oublier que cette sonate est contemporaine du Testament de Heiligenstadt, suite auquel Beethoven a voulu "prendre le destin à la gueule" - il dira d'ailleurs, peu avant la publication la publication de ces opus 31 : "Je veux marcher dans des chemins nouveaux". Il ne faut pas comprendre le sous-titre comme le programme de la sonate, mais comme évocation de son ambiance, de son caractère.

  • I. Ce premier mouvement est très libre dans sa forme : récitatif Largo qui hésite à introduire la tonalité, absence de reprise, changements de tempos. Des passages introspectifs alternent avec d'autres plus dramatiques, illustrés par des cascades de croches et soutenus par un thème ascendant volontaire - on retrouve cette idée de lutte. La conclusion allie les deux sentiments, après une magnifique descente cristalline.
  • II. La merveilleuse ligne mélodique, tout en simplicité, est alimentée par un motif rythmique dans les basses, qui donne plus de profondeur à la musique, plus de concentration et de sérieux. On retrouve l'idée d'alternance.
  • III. Le mouvement entier est basé sur une cellule rythmique, tentant le mouvement perpétuel, au caractère narratif et dansant. Là encore, il y a alternance entre passages purement dansants et dramatiques, avec l'irruption de basses.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 20:58

Horatio a écrit:
[list][*]I. Ce premier mouvement est très libre dans sa forme : récitatif Largo qui hésite à introduire la tonalité,
Pardon, je ne réagis qu'à la marge à ton très beau message, mais c'est une façon comme une autre de participer. Embarassed

Tu as raison, il y a des hésitations, mais on conserve tout de même un vrai balancement la-ré, même si ouvrir une sonate par un accord de dominante, et le reprendre presque tout de suite minoré, n'est pas spécialement usuel. Cela dit, on sent dès la première phrase en croches où l'on est.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 21:05

DavidLeMarrec a écrit:
Horatio a écrit:
[list][*]I. Ce premier mouvement est très libre dans sa forme : récitatif Largo qui hésite à introduire la tonalité,
Pardon, je ne réagis qu'à la marge à ton très beau message, mais c'est une façon comme une autre de participer. Embarassed

Tu as raison, il y a des hésitations, mais on conserve tout de même un vrai balancement la-ré, même si ouvrir une sonate par un accord de dominante, et le reprendre presque tout de suite minoré, n'est pas spécialement usuel. Cela dit, on sent dès la première phrase en croches où l'on est.

Je m'efface devant la science de David Shakespeare : entre littérature et musique 173236763 .
Et d'ailleurs tu as raison de répondre, y'a jamais personne sur ce fil (qui aurait pourtant matière à 20 pages... au moins Mr.Red ). La suite arrive.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 21:13

Horatio a écrit:
la science
On ne va pas exagérer, je crois que c'est ce que toi-même tu avais suggéré. Smile Simplement, j'ai trouvé ça bizarre, et je suis allé rouvrir la partition (pourtant, je l'ai souvent jouée !) et je me suis aperçu qu'effectivement il y avait une introduction hétérodoxe de la tonalité (pour une sonate héritière de l'esthétique classique), mais qu'on n'était pas non plus à se demander dans quelle tonalité on était, pas plus qu'on ne se baladait dans du sol bémol majeur.

C'était plus une précision sur ce qui m'avait moi-même étonné qu'une contradiction franche. Smile
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 21:36

Tchaïkovsky : Roméo et Juliette

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcQzJlIlg_vdQC_Irm1sBnUTkZE799pEDKyxR1MGMU3UiCJ729l8Ig Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcQHA-DHcunn1_8Aj4FDr4xK75TKGmUfwrCP6opC2vgvP-eSj2x7Yw

Ouverture-fantaisie inspirée de Shakespeare, sans num. d'opus (1869)
C'est Balakirev qui inspira cette ouverture à Tchaïkovsky, en lui décrivant dans une lettre comment il avait écrit sa propre musique pour Le Roi Lear. Tchaïkovsky écrivit d'abord une première version, qu'il retoucha à l'aide des critiques de Balakirev. La troisième et ultime version a été crée en 1886.
La musique de Tchaïkovsky suit évidemment un programme précis, et il utilise pour cela trois thèmes : celui de Frère Laurent, choral à la manière russe méditatif et sombre, celui de l'amour entre Roméo et Juliette - qui peut être subdivisé en deux, soit "tendresse" et "passion" - et celui des Montaigu et Capulet, dynamique et véhément, illustrant la haine entre les deux familles de Vérone (les coups de cymbales illustrent le choc des épées). L'exposition du thème de l'amour apparaît comme un oasis de paix entre deux passages guerriers - comment alors ne pas penser au prologue de la pièce :

Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies
A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d'amoureux
Dont la ruine néfaste et lamentable
Doit ensevelir dans leur tombe l'animosité de leurs parents.

Le plan est le suivant :

  • Exposition : thème de Frère Laurent - commentaires aux cordes, crescendo - thèmes des deux familles - thèmes des amants (passion-tendresse).
  • Développement : thème des deux familles - thème de Frère Laurent, variante plus dramatique.
  • Réexposition : thème des amants (tendresse-passion) - thème des deux familles.
  • Coda : thème des deux amants, conclusion tragique et résignée.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 22:10

Prokofiev : Roméo et Juliette, suite n.2

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcQeYaZ25nu9huEiVqNX7Nwy7kqGgc_STdp_HAxLTDqhSsgnQ296qQ

Suite n.2 op. 64 ter (1936), tirée du ballet "Roméo et Juliette" (1935)
Le Kirov avait commandé un ballet sur le thème de Roméo et Juliette à Prokofiev, avant d'en annuler la commande ; loin de se décourager, le compositeur le fit créer en Tchécoslovaquie et en tira dans la foulée deux suites orchestrales (il en tirera une troisième après la guerre).
  • I. Montaigu et Capulet : introduit par deux chorals qui se résolvent en deux dissonances fff, le mouvement est une valse illustrant le bal des Capulet. La valse est assez pesante, très formelle, obstinée dans son rythme - remplie de violence à peine contenue. La section médiane illustre la danse de Juliette et de Paris.
  • II. La jeune Juliette : vivace représentant la jeune Juliette encore à ses jeux d'enfants. Les cordes nous emmènent dans un tourbillon "enfantin". la musique se fait joueuse, charmante. Quelques soli légèrement dissonants participent à cette évocation des jeux d'enfants (on imagine Juliette qui fait la moue durant le solo du violoncelle...).
  • III. Frère Laurence : pesant, grave et concentré, essentiellement dans les tons graves accompagnés de soli de cuivres, ce mouvement illustre le sérieux de frère Laurence, mais aussi sa bienveillance.
  • IV. Danse : issue de la scène de la rue de l'acte II, c'est une danse pleine d'humour.
  • V. Adieu de Roméo à Juliette : Roméo au balcon de Juliette : "est-ce déjà l'alouette ?". La musique se charge de tendresse, tandis que des appels de cuivres rendent la musique dramatique, rappelant à un Roméo banni qu'il doit fuir.
  • VI. Danse des Antillaises - esclaves que Paris offre à Juliette. "Antillaises" est du à une erreur de traduction de la version originale.
  • VII. Roméo dans la tombe de Juliette : le début est plein d'appréhension, et la douleur ne tarde pas à éclater dans une plainte désespérée et déchirante aux cuivres, sur fond de cordes éplorées. La douleur grandit encore, par vagues, entrée des percussions ; l'œuvre se termine dans un decrescendo désespéré.




Dernière édition par Horatio le Sam 13 Aoû 2011 - 22:13, édité 1 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 22:12

Retenez-le, quelqu'un, il est déchaîné ! Very Happy

C'est super bien fait, merci. mains
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 22:15

DavidLeMarrec a écrit:
Retenez-le, quelqu'un, il est déchaîné ! Very Happy

J'avais dit que je le ferai, alors je le fais Twisted Evil !

DavidLeMarrec a écrit:
C'est super bien fait, merci. mains
kiss


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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 22:35

Liszt : Hamlet

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcS9oDVq9Glt2jVlqt4DNhihvQbnrQnZuM2QhFYsSrcgpH6a4ENQHea5Zuvr Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcT8mU-5RY1I96Ujd6mJD2mDK4RvrJQnIB-Yw3kthNRnDOjYTQjKzQ

10e poème symphonique, S104 (1876)
Le dixième poème symphonique de Liszt est un portrait psychologique du héros tragique éponyme, que le hongrois voyait comme "pâle, fébrile, suspendu entre ciel et terre, prisonnier de son doute et de son manque de détermination". Il ajouta par la suite le passage final, qu'il voyait comme un portrait assez vague d'Ophélie. Ce n'est cependant pas son poème le plus réussi. Liszt prête d'abord à Hamlet une musique hésitante, qui s'assombrit progressivement, avant de devenir décidée, implacable et sombre - emportant le doux thème d'Ophélie avec lui. La question de l'existence est traitée de manière négative, pessimiste - ainsi, aucun espoir dans la sombre introduction.
L'œuvre commence par des appels de vents (monologue d'Hamlet) ; la première partie, sous-titrée "Très lent et mélancolique", voit se développer de brèves phrases aux basses, phrases qui n'aboutissent pas, surgissent comme un éternel recommencement dans un climat sombre, menaçant. L'orchestre se densifie pour un introduire un épisode véhément : les cuivres entonnent des appels très rythmés et décidés, sur fond de gammes aux cordes. L'atmosphère est tragique, pessimiste, sombre. En alternance interviennent des passages rêveurs - évoquant Ophélie selon Liszt -, mettant en valeur les bois et le violon solo. Les cuivres réapparaissent, le thème hésitant est réexposé. La musique s'estompe dans le néant...
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 23:13

Tchaïkovsky : Hamlet

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcSDFbbsn6dll419YLc81y-qGQgp6KNny4Dgoe3SG_jmGGsBSa2q Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcSce_PcNBEb6-XTLe73py1AoUjpP3G0ChuFiDT08zyjGnTTZOaM

Ouverture, op. 67 (1888)
L'œuvre a été suggérée à Tchaïkovsky par son frère Modest et Lucien Guitry - qui désirait avoir une musique de scène pour la pièce de Shakespeare. Tchaïkovsky dédia cette ouverture à Grieg. Son frère lui avait donné un plan, qu'il a assez fidèlement suivi - on connaît l'attachement de Tchaïkovsky aux programmes dans ce genre de pièces :

a. Elseneur et Hamlet, avant l'apparition du spectre - b. Portraits de Polonius et d'Ophélie - c. La mort d'Hamlet et l'entrée de Fortinbras.

Le thème d'Hamlet est exposé aux violoncelles : mélancolique, nostalgique, mais contenant déjà des germes de violence (le roulement de tambour qui l'introduit, les rapides montées et descentes aux cordes). Le ton est sombre, rapidement menaçant. Un crescendo amené par des appels de cors, puis un passage ff évoque le fantôme du vieil Hamlet, imposant. Plus question d'interrogations métaphysiques ici, le drame domine. Le tempo accélère pour le portrait fiévreux de Polonius qui suit, contrastant avec la douceur du thème d'Ophélie, à la clarinette. Les deux thèmes se mêlent, puis une fanfare apparaît : c'est le combat d'Hamlet, décidé. Sommet d'intensité dramatique, avant la réapparition du thème du héros, blessé à mort : le ton se fait plaintif, choral aux basses... Ainsi se brise un noble cœur.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 13 Aoû 2011 - 23:45

Dvorak : Otello

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcQgFh-HIvduKCcpsziO6hu2C_66LgglNKGhoSa3pQqriD2OR_4LBA Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcSC0LdhBctCCwziOFPXrgzFN9BFynq94Axw2aKL8MLvF0WZ-ap9

Ouverture, op. 93 (1892)
Entre 1891 et 1892, Dvorak écrivit trois ouvertures, conçues comme un triptyque, sur les thèmes "Nature", "Vie" et "Amour". Otello est consacré à l'amour. Dvorak y illustre la destruction de l'amour par la jalousie - les émotions violentes que peut ressentir l'humain.
Le choral d'ouverture, Lento, est hanté par le thème de l'ouverture sur la Nature - qui est bien à l'origine de la jalousie dans ce drame. Le thème d'Otello est ébauché par les cordes, avant d'être repris dans sa forme intégrale au début de l'Allegro qui suit, beaucoup plus péremptoire. Apparaît bientôt le thème de Desdémone - tendre, enjôleur, persuasif -, qui s'entremêle avec celui d'Otello durant le développement. Le thème d'Otello gagne en violence, la tension dramatique augmente, la Nature refait son apparition. Le thème féminin est toujours aussi doux et consolateur, avant que le thème de la nature ne soit repris piano aux basses : suit directement une explosion de violence sur le thème d'Otello, qui achève l'œuvre abruptement : l'irréparable a été commis.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 14 Aoû 2011 - 10:16

Ce fil devient très très chouette. Smile
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 14 Aoû 2011 - 15:04

Octavian a écrit:
Ce fil devient très très chouette. Smile

Tout à fait. Je le découvre aujourd'hui, et j'abonde dans ton sens. Merci, Horatio.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptySam 20 Aoû 2011 - 22:13

Rafsan a écrit:
Octavian a écrit:
Ce fil devient très très chouette. Smile

Tout à fait. Je le découvre aujourd'hui, et j'abonde dans ton sens. Merci, Horatio.

I love you
Demain, j'attaque la Tempête de Tchaïkovsky (qui devrait se trouver sur Youtube d'après mes souvenirs... siffle ).
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 21 Aoû 2011 - 13:29

Tchaïkovsky : La Tempête

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcTRASX5vNNlQC6kini_9bi3AGIWphgUtNiuJXmHQAfKxka_jZ2cVtJhMOY Shakespeare : entre littérature et musique 2Q==

Fantaisie symphonique d'après Shakespeare, op. 18 (1873)
Cette ouverture à été proposée à Tchaïkovky par Vladimir Stassov, qui lui écrivit un programme dans une lettre adressée au compositeur. On connaît le goût de Tchaïkovsky pour la musique à programme, au caractère descriptif - il se mit d'ailleurs au travail avec enthousiasme. Le mauvais accueil critique fit douter Tchaïkovsky de la qualité de son œuvre, qui lui permit cependant de remporter le prix Belaiev en 1885, récompensant la meilleure œuvre symphonique russe.
On l'a dit, l'intention de Tchaïkovsky était d'écrire une musique descriptive - il questionna son commanditaire à plusieurs reprises à ce sujet ("Faut-il qu'il y ait une tempête dans La Tempête ?"), et finit par écrire d'après ce programme :

a. La mer, puis l'arrivée d'Ariel - b. La tempête provoquée par Prospéro et Ariel - c. Sur l'île, l'amour naissant entre Miranda et Fernando - d. Portraits : Ariel et Caliban - e. Réexposition du thème de l'amour - f. La mer, à nouveau.

L'œuvre commence par un déclamatif imposant et majestueux des cuivres, sur fond de mouvements ascendants et descendants aux cordes : c'est la mer, calme et paisible. L'orchestre s'étoffe progressivement avec des appels de bois, une mélodie ascendante aux basses sur des croches répétées aux cuivres. Le ton devient plus anxieux, c'est l'arrivée d'Ariel qui va déchaîner la tempête qui suit : après une fanfare, la musique se fait véhémente et dramatique : nouveaux appels de cuivres sur une "mer" de plus en plus agitée, puis les cordes nous emportent dans la tourmente de la tempête. La musique se calme et laisse la place à la partie mélodique centrale, le thème de l'amour, plein de douceur. Les portraits croisés d'Ariel et de Caliban sont respectivement aérien et grotesque, entre volètements aux bois et marche pesante et revendicatrice aux cordes - cordes qui réintroduisent le thème de l'amour et le mènent à son paroxysme : il a gagné en énergie, en passion et en orchestration. Vaste crescendo aux cordes, menant à un choral illustrant le triomphe de l'amour de Miranda et de Fernando ; réapparaît alors le thème de la mer, paisible et solennel, qui conclut cette œuvre dans une majestueuse tranquillité.
Bien que moins connue et moins jouée que Roméo et Juliette du même compositeur, La Tempête est une réussite indéniable, supérieure en de nombreux points à sa sœur jumelle, et compte parmi les meilleures musiques à programme de Tchaïkovsky.
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Rav–phaël
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 1:13

Un super sujet bien fait, bravo mains Je trouve que c'est une très bonne idée, d'autant plus que j'ai l'impression qu'il y en a énormément des oeuvres en rapport avec Shakespeare. par exmple :
- Schubert : An Sylvia (« À Sylvia ») en la majeur, sur un texte de Shakespeare, d'après la pièce Les Deux Gentilshommes de Vérone.
- Berlioz : Lelio ou Le retour à la vie
- Smetana : Richard III, poème symphonique en ut mineur sur "le jeu" de Shakespeare
- Smetana : Marche Solennelle pour la célébration de Shakespeare en mi majeur
- Korngold : Much Ado About Nothing, Musique de Scène pour Shakespeare
- Atterberg : Suite N°7 pour Orchestre à cordes sur Antoine et Cléopatre de Shakespeare
- Stravinsky : 3 Chants de W. Shakespeare
...
Et rare sont les oeuvres sans intérêt. Tu parles beaucoup de Tchaikovsky, c'est d'ailleurs très bien fait encore bravo cheers J'attend avec grand intérêt la suite, si elle doit arriver.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 1:21

Rach-phaël06 a écrit:
Un super sujet bien fait, bravo mains Je trouve que c'est une très bonne idée, d'autant plus que j'ai l'impression qu'il y en a énormément des oeuvres en rapport avec Shakespeare. par exmple :
- Schubert : An Sylvia (« À Sylvia ») en la majeur, sur un texte de Shakespeare, d'après la pièce Les Deux Gentilshommes de Vérone.
- Berlioz : Lelio ou Le retour à la vie
- Smetana : Richard III, poème symphonique en ut mineur sur "le jeu" de Shakespeare
- Smetana : Marche Solennelle pour la célébration de Shakespeare en mi majeur
- Korngold : Much Ado About Nothing, Musique de Scène pour Shakespeare
- Atterberg : Suite N°7 pour Orchestre à cordes sur Antoine et Cléopatre de Shakespeare
- Stravinsky : 3 Chants de W. Shakespeare
...
Et rare sont les oeuvres sans intérêt. Tu parles beaucoup de Tchaikovsky, c'est d'ailleurs très bien fait encore bravo cheers J'attend avec grand intérêt la suite, si elle doit arriver.

La suite arrive au gré du temps et de mes humeurs - et surtout des œuvres que je trouve !
Si tu veux ajouter ta contribution, n'hésite surtout pas thumright !
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 8:46

Et les opéras ? Surprised

_________________
Car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui - Georges Bernanos (Sous le Soleil de Satan)
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 12:20

Cololi a écrit:
Et les opéras ? Surprised

Oui, oui, les opéras qui forment l'immense majorité de ce qui a été consacré aux œuvres de Shakespeare... N'étant qu'un piètre amateur d'opéras et un néophyte dans ce domaine, je laisse à plus renseigné que moi la possibilité d'écrire quelque chose Mr. Green .
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 18:31

Berlioz : Le Roi Lear

Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcSNBnCW45_rqYzRkIPf7MscJ8JlRjl-yYeXtQpL5zzggfzsPucH Shakespeare : entre littérature et musique Images?q=tbn:ANd9GcRr0KtUdXkeTngv9xNSe2k8M_RPAr_6ZnVUA8h5rs935k8UDJB05g

Ouverture op. 4 (1831)
Ouverte écrite à Nice, peu après que son auteur eut gagné le prix de Rome. Shakespeare était de toute évidence un puissant sujet d'inspiration pour Berlioz, au regard du nombre d'œuvres qu'il a tirées de ses pièces ; celle-là n'est peut-être pas la plus réussie, mais elle dégage une puissante intensité dramatique.
L'œuvre est divisée en deux parties : Andante non troppo lento ma maestoso, puis Allegro disperato ed agitato assai - la première partie énonçant les deux grands thèmes, que la deuxième partie développe et commente. Le premier thème exposé, aux cordes graves, est celui du vieux roi Lear : tranchant, décidé et dramatique, illustrant les tourments qui vont s'abattre sur lui. Les cordes graves et les violons alternent pour commenter ce thème, entrecoupé de courts appels de vents. Apparaît ensuite le second thème, celui de Cordélia énoncé au hautbois sur fond de pizzicati de cordes. Le ton est doux et bienveillant ; les autres vents rejoignent la mélodie, tandis que les violons élaborent un contre-chant : la musique est d'une beauté et d'une sincérité extrême, à l'image de Cordélia.
Soudain, le thème de Lear surgit avec encore plus de violence dramatique, puis décline jusqu'à l'Allegro, introduit par une danse exubérante aux violons, qui commentent ensuite le thème de Cordélia. La marche joyeuse revient, puis reprend le thème de Lear, plus contrasté, entamant une conclusion optimiste menée par les violons.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 18:33

Merci à toi cheers (en plus j'adore Ian Mckellen Mr. Green )
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 23:00

Sibelius : La Tempête

Shakespeare : entre littérature et musique 2Q==

Prélude et musique de scène, op. 109 (1925-1926)
Commande du Théâtre royal de Copenhague, cette œuvre date de l'ultime période de création de Sibelius et comporte des similitudes avec Tapiola (op.112) qui date de la même époque. C'est à l'origine une musique de scène, qui comporte un prélude et trente-trois morceaux pou orchestre, chœur et soliste. Sibelius en tira par la suite deux suites orchestrales.

  • Prélude
    A l'image de la dernière période créatrice de Sibelius, ce puissant prélude est totalement athématique et sans tonalité définie ; c'est un véritable maelström sonore, construit sur l'opposition incessante de grands blocs sonores, représentant le chaos des éléments. A propos de cette évocation de la tempête qui ouvre la pièce de Shakespeare, Marc Vignal parle de "masses organisées qui se meuvent les unes contre les autres". Sur un fond oppressant de chromatismes perpétuels aux cordes (quartes augmentées ascendantes et descendantes), s'opposent de longues tenues aux cuivres et des secousses aux percussions. Soudain, les chromatismes disparaissent, remplacés par des trémolos soutenant d'inquiétants accords de cuivres allant crescendo et decrescendo, avant de disparaître dans un climat profondément mystérieux...
    Emblématique du style de Sibelius, ce prélude est d'une puissance rare et possède une incroyable force d'évocation.

  • Acte I
    I. - II. (Miranda falls asleep - Ariel flies in) : le premier mouvement est une berceuse, une douce mélodie bienveillante aux cordes, très caressante, sur des arpèges de harpes. L'arrivée d'Ariel est représentée par un grand frémissement aux cordes et aux vents.
    III. (Chorus of the wind) : entrée du chœur avec des phrases hésitantes dans le lointain. L'accompagnement, réduit, confère une atmosphère irréelle et mystérieuse à cette partie.
    IV. - VI. (Ariel hurries away - Ariel's first song - Ariel's Second song) : après sa discussion avec Prospéro, Ariel devient invisible et entame une chanson ; danse aux violons, entrée du soliste représentant Ariel, tenues au chœur. Les vents confèrent une pointe d'inquiétude à la musique. Ariel va ensuite annoncer (à tort) à Ferdinand que son père est mort en mer : musique devient plus sombre, plaintive et poignante.

  • Acte II
    I. (Interlude, portrait of Prospéro) : le vieux magicien est décrit par une musique majestueuse et calme, réfléchie. Un noble chant s'élève à la trompette, les cordes sont par contre plus inquiètes. Le morceau se résout dans le calme apaisé.
    II. (The Oak Tree) : sur l'ordre de Prospéro, Ariel va endormir les rescapés de la tempête à l'aide de sa flûte. Les cordes distillent encore un climat mystérieux, que survole la flûte d'Ariel dans une impression surnaturelle.
    III. (Ariel's Third Song) : Antonio et Sébastien tentent de tuer Alonso et Gonzalo dans leur sommeil, mais Ariel intervient pour les en empêcher. Ton plus narratif.
    IV. (Caliban) : portrait musical du monstre apprivoisé de Prospéro ; la musique est décidée, colorée, se balance d'une manière pataude. Les cordes sont volontaires et de brusques appels de cuivres rendent l'ensemble menaçant. L'apparition de la flûte met fin au morceau.
    V. (Stephano's Song) : chantée par le marin Stephano, porté sur la boisson, cette partie est menée par un soliste avec entrain, dans un pastiche de chanson populaire.
    VI. (Caliban's Song) : Caliban croit trouver en Stephano son nouveau maître, et échafaude un plan pour tuer Prospéro. Le ton se fait plus martial et inquiétant - la marche est ponctuée d'éclats de cuivres et de percussions.

  • Acte III
    I. (Miranda) : portrait de la fille de Prospéro aux cordes, extrêmement doux et légèrement enlevé.
    II. (Humoreske) : Stephano discute avec Trinculo. Arabesques entraînantes aux bois.
    III. - VI. (Canon - Devil's Dance - Ariel as a Harpy - Devil's Dance n.2) : les mêmes projettent de tuer Prospéro. Canon décidé entre les solistes. Le portrait d'Antonio est ensuite esquissé dans une danse espagnole, d'abord menée par les flûte, puis devenant plus funeste (suite de courts trémolos aux cordes, choral décidé aux vents). Les cordes entament ensuite de rapides montées et descentes, accompagnées par des castagnettes. La musique devient pressante, violents éclats aux cuivres. C'est l'apparition d'Ariel sous forme de harpie : inquiétantes phrases aux violons, secousses de percussions - puis le thème change radicalement en une danse réjouissante, douce et dansante aux bois.
    VII. (Intermezzo) : Alonso se lamente sur la mort présumée de son fils Ferdinand ; plainte amère, pleine de regrets aux violons et arpèges cristallins aux harpes.

  • Acte IV
    I. - II. (Ariel flies in - Ariel's fourth Song) : danse légère pleine de tendresse.
    III. - VII. ( The Rainbow - Iris' Recitation - Juno's Dance - Dance of the naiads - Dance of the Harvesters) : Prospéro donne sa fille Miranda à Ferdinand et célèbre leur union par un masque. La pluie en l'honneur d'Iris est symbolisée par de mystérieuses phrases aux cordes sur de longues tenues et basses aux vents. La dance d'iris et de Junon est une valse, apaisée, tandis que la danse des naïades est un charmant menuet à l'allure baroque. Entre ensuite les vents, dans un atmosphère de célébration.
    VIII. - XI. (Ariel flies in - Ariel flies off . Ariel flies in - The Dogs) : Ariel est dépêchée par Prospéro afin de déjouer les plans de Stéphano et de Caliban. Une suite de glissandos aux harpes et d'appels de vents signifient les entrées et sorties d'Ariel ; l'ensorcelement des deux malfaiteurs est rendus par des arabesques aux vents.

  • Acte V
    I. (Overture) : marche légère, chant plein de fraîcheur à la clarinette.
    II. (Intrada) : Prospéro renonce à la magie et libère Ariel. Musique solennelle, puissamment dissonante aux cuivres.
    III. (Ariel's Fifth Song) : même matériau que dans l'ouverture - Ariel chante sa joie.
    IV. (Cortege) : Prospéro accueille tout le monde chez lui : fanfare gagnant en intensité triomphante, suivie d'un courte polonaise.
    V. (Epilogue) : épilogue apaisé sur un balancement des cordes.


La Tempête de Sibelius est assurément une grande réussite : on n'aura rarement atteint une tel degré d'orchestration et de diversité (Sibelius passe du baroque au néoclassicisme), et surtout un tel pouvoir d'évocation. La musique a une atmosphère surnaturelle, irréelle du début à la fin - on croirait vraiment découvrir une île inconnue et fantastique, entendre la tempête et voir le vif Ariel.


Enfin, pour ceux qui sont perdus au milieu de ces personnages, un petit synopsis :

Le bateau qui transportait Alonso (le duc de Milan), son fils Ferdinand son frère Sébastien, son vassal Antonio et son fidèle serviteur Gonzalo, sombre dans une tempête provoquée par Prospéro, l'ancien duc de Milan détrôné par Alonso et réfugié sur l'île. Prospéro est un magicien, il commande à Ariel, l'esprit de l'air, qu'il a délivré(e) de l'emprise de la sorcière Sycorax, mère du monstre difforme Caliban auquel Prospéro commande aussi. Il a également une fille, Miranda, qui s'enquit du sort des naufragés ; son père lui répond qu'ils sont tous sains et saufs sur l'île.
Les marins Stéphano et Trinculo sont découverts par Caliban, qui les prend pour ses nouveaux maîtres après qu'il a bu de leur alcool. Ils conçoivent un plan pour tuer Prospéro. De son côté, Prospéro a retrouvé Ferdinand, qu'il fait durement travailler. Miranda le rencontre et en tombe amoureuse. Antonio et Sébastien complotent pour tuer Alonso et prendre sa place.
Ariel est une fois de plus envoyé(e) par Prospéro : l'esprit va endormir le groupe d'Alonso et empêcher son assassinat. De son côté, Prospéro est satisfait de Ferdinand et lui donne la main de Miranda. Pour leurs noces, il organise un masque (sorte de pièce de théâtre) où les rôles seront tenus par les esprits qu'il convoquera. Soudain, au milieu de la représentation, Prospéro se dresse, l'interrompt et rappelle le complot de Caliban : il envoie Ariel les neutraliser, avant de recevoir Alonso et sa suite. Il dévoile son identité, pardonne à Alonso, et décide de libérer Ariel et de briser son bâton de sorcier. La pièce se finit par un monologue de Prospéro au spectateur.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 23:08

J'ai les 2 suites, mais je ne savais pas qu'il existait une oeuvre plus complètes à l'origine, là tu m'apprend quelque chose. C'est quoi qu'il en soit une oeuvre que j'adore chez Sibelius, tellement expressif et impressionnante. Good Job thumleft !

Si non tu as parlé du Roi Lear de Berlioz. Il en existe aussi un chez Debussy et Balakirev ainsi que Weingartner et Chostakovitch. Wink
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 23:17

Rach-phaël06 a écrit:
J'ai les 2 suites, mais je ne savais pas qu'il existait une oeuvre plus complètes à l'origine, là tu m'apprend quelque chose. C'est quoi qu'il en soit une oeuvre que j'adore chez Sibelius, tellement expressif et impressionnante. Good Job thumleft !

Si non tu as parlé du Roi Lear de Berlioz. Il en existe aussi un chez Debussy et Balakirev ainsi que Weingartner et Chostakovitch. Wink

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A l'origine j'aurais préféré faire une petite revue des deux suites, mais je n'ai pu trouver que la musique de scène complète (et ce n'était pas de la tarte : la musique n'était pas séparé en partie, tout se suivait d'un bloc, j'ai dû un peu deviné les différents mouvements par endroits pale ...). Le problème avec la musique de scène, c'est qu'il y a moins de choses à dire qu'avec des suites orchestrales.

Sinon, merci pour les suggestions thumright !
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyDim 28 Aoû 2011 - 23:21

De rien Wink Maintenant je vais prendre le temps de m'intéresser à la musique de scène complète, mais je me demande si dans ce cas, comme tu le suggères, la suite n'est pas une meilleurs chose, ou plutôt je pense que l'écoute de l'oeuvre complète ne doit pas être une nécessité pour apprécier le travail de Sibelius. Après tous n'est-ce pas le but de la suite que de rassembler l'essentiel d'un travail.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyLun 29 Aoû 2011 - 8:26

Rach-phaël06 a écrit:
De rien Wink Maintenant je vais prendre le temps de m'intéresser à la musique de scène complète, mais je me demande si dans ce cas, comme tu le suggères, la suite n'est pas une meilleurs chose, ou plutôt je pense que l'écoute de l'oeuvre complète ne doit pas être une nécessité pour apprécier le travail de Sibelius. Après tous n'est-ce pas le but de la suite que de rassembler l'essentiel d'un travail.

Non, vraiment, il manque beaucoup de choses dans la suite. Ne serait-ce que le génial prélude...
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyLun 29 Aoû 2011 - 13:06

*Niko a écrit:
Rach-phaël06 a écrit:
De rien Wink Maintenant je vais prendre le temps de m'intéresser à la musique de scène complète, mais je me demande si dans ce cas, comme tu le suggères, la suite n'est pas une meilleurs chose, ou plutôt je pense que l'écoute de l'oeuvre complète ne doit pas être une nécessité pour apprécier le travail de Sibelius. Après tous n'est-ce pas le but de la suite que de rassembler l'essentiel d'un travail.

Non, vraiment, il manque beaucoup de choses dans la suite. Ne serait-ce que le génial prélude...

Le prelude n'est pas dans la suite ? Il y a une Ouverture, j'ai pensais que c'était ça le fameux Prélude dont parle Horatio, d'autant que la description qu'il en fait, dans mon souvenir, correspond bien. En même temps le morceau dure 4-5 minutes, se qui me parait un peu court, mais pourquoi pas.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyLun 29 Aoû 2011 - 13:17

Je ne sais pas si ça avait été évoqué mais Decca avait produit un cd de mélodies de Bishop (avec orchestre) composées au XIXème pour les pièces de Shakespeare alors représentées à Covent Garden entre 1816 et 1821 (Le Songe, La Nuit des rois, A comedy of Errors, Two Gentlemen of Verone.) Les chansons dans les pièces étaient en fait prétexte à des airs plus ou moins difficiles pour les acteurs.

Le célèbre "Lo ! Here the Gentle Lark" est en fait extrait de A comedy of Errors. Mais il y a beaucoup de pièces très belles dans le registre (qu'on peut détester) "romance anglaise du XIXème" évidemment et le CD a au moins un intérêt "historique", d'autant que tout est très joliment interprété (entre autres par Susan Gritton.)

PS : je radote, encore.
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MessageSujet: Re: Shakespeare : entre littérature et musique   Shakespeare : entre littérature et musique EmptyLun 29 Aoû 2011 - 18:48

*Niko a écrit:
Rach-phaël06 a écrit:
De rien Wink Maintenant je vais prendre le temps de m'intéresser à la musique de scène complète, mais je me demande si dans ce cas, comme tu le suggères, la suite n'est pas une meilleurs chose, ou plutôt je pense que l'écoute de l'oeuvre complète ne doit pas être une nécessité pour apprécier le travail de Sibelius. Après tous n'est-ce pas le but de la suite que de rassembler l'essentiel d'un travail.

Non, vraiment, il manque beaucoup de choses dans la suite. Ne serait-ce que le génial prélude...

Dans les versions du prélude que j'ai écoutées, il durait environ 7 minutes. D'après un de mes bouquins study (oui, je me renseigne un minimum avant d'écrire ces pavés Mr.Red ), le prélude n'est pas compris dans les suites (dans tous les cas pas dans la première).
C'est dommage, Niko a raison, ce prélude est génial !
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