Autour de la musique classique

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 Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés

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Mefistofele
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Mefistofele


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MessageSujet: Re: Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés   Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 EmptyMar 31 Mai 2022 - 23:41

Tiré de Playlist...

MARKO TAJČEVIĆ (1900-1984)

Compositeur serbe, ayant consacré une grande partie de son activité à la critique et surtout au professorat. Il n'a publié que 54 compositions dans un nombre restreint de domaines, principalement des miniatures et particulièrement au piano. Son œuvre la plus connue est celle discutée extensivement ci-dessous, Sedam balkanskih igara (Seven Balkan Dances).

Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 Taj2_j10
Marko TAJČEVIĆ : Seven Balkan Dances (version orchestrale) (Moshe Atzmon, dir.)

Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 Conf_j11
Marko TAJČEVIĆ : Seven Balkan Dances (Mina Gajić, piano)

Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 Taj_jf11
Marko TAJČEVIĆ : The Complete Piano Music (Radmila Stojanovic-Kiriluk, piano)

Superbes danses folkloriques, très entraînantes, beaucoup plus ancrées dans la tradition et le mouvement que d'autres équivalents d'Europe centrale de l'époque. La riche orchestration (par le chef d'orchestre Bogo Leskovic) et les rythmes évoquent l'école russe : Mussorgsky, le Rimsky de Scheherazade, Tchaikovsky avec un côté obstiné (le IV a un parfum café / Danse arabe), une pincée de Reznicek pour la saveur régionale, en particulier dans le Vivo, et l'Allegretto grotesque presque en forme de jouet. J'ai positivement adoré !
La version originale pour piano ne démérite pas et est nourrie d'accords brisés, de tournoiements de derviche sur le clavier, assurés de mettre l'auditeur en transe. Le disque Sono Luminus (Mina Gajić) bénéficie d'une prise de son admirable. Le disque Toccata, par contre, offre un panorama complet des miniatures du compositeur. Beaucoup de choses adorables et primesautières, toujours gorgées de rythmes (mais moins dissonantes ou exotiques que les Balkan Dances, à l'exception des Serbian Dances). Les compositions qui sortent de ce moule et du lot seront les 5 Préludes, qui évoquent Rachmaninov, et les sombres et sérieuses Variations, plus Brahmsiennes.


-----------------

Addendum sur Ostrčil : j'ai bien écouté son opéra, qui a constitué une légère déception. Pas de livret mais un argument, amoindrissant l'appréciation étant donné la nature allégorique de l'œuvre. La gestion de la voix n'est guère avenante, et la musique, un peu grise et austère, ne m'a pas enthousiasmé non plus. Peut-être qu'avec le texte, je lui trouverais plus de charmes ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés   Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 EmptyMer 1 Juin 2022 - 0:13

Ostrčil : L'opéra est un genre spécifique, certains compositeurs qui paraissent pourtant inspirés, voire calibrés pour cela, n'y trouvent pas leurs marques. Ça arrive. (Et inversement, de grands compositeurs d'opéra incapable d'écrire une jolie symphonie – coucou les Richard !) Les qualités requises ne sont vraiment pas les mêmes, et ce qui nous paraîtrait comme la transposition naturellement d'une esthétique instrumentale bascule parfois totalement, aussi bien du côté conformiste / archaïsant qu'à l'inverse dans des expérimentations douteuses.

(Merci d'avoir insisté sur lui, il est sur ma liste, donc j'égrène des banalités à défaut de pouvoir pour l'instant te répondre concrètement…)
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Mefistofele
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MessageSujet: Re: Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés   Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 EmptyMer 1 Juin 2022 - 0:53

Je tenais à effectuer un suivi concernant Ostrčil, ayant promis que j'écouterai l'opéra mais sans en laisser de trace. Erreur ! Vu les tombereaux de critiques élogieuses que j'en ai lues, je devine que le problème tient plus de mon goût (et du manque de livret) que d'un quelconque manque de talent. Toutefois, l'idiome orchestral s'accommode assez mal d'une narration comme je l'apprécie (ni moment de bravoure, ni atmosphère, surtout des bribes claudiquantes et tragi-comiques). Dommage.

Je réalise que j'ai également écouté la version de la Suite par Ancerl. Et malgré la mono, elle est tout à fait enthousiasmante ! Ce que l'on perd en confort sonore ou en couleurs, on le gagne en intensité (Scherzino plus vif, Variations plus creusées). Également, la version Krombholc est assez caverneuse, les chocs au cœur sont ainsi évités, spécialement dans la Fugue finale, où l'étagement étrange est décuplé par la vélocité et l'intensité du jeu.

Vu le nombre d'amateurs de Mahléro-straussismes (et de Suk), je serais surpris que ce compositeur ne plaise pas a minima (un peu comme ma publicité éhontée pour McEwen auprès des fans de Brexitanniques francophiles).

Et pour le coup, je passe à un cycle sur un autre inconnu qui pourrait plaire : Krejči. Beaucoup de gaieté, une sorte de versant Europe centrale de Gillis en moins caricatural. J'aime beaucoup pour le moment...
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Mefistofele
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MessageSujet: Re: Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés   Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 EmptySam 11 Juin 2022 - 1:03

Adapté de Playlist...


Mihkel KEREM (1981-)

Violonniste estonien, il est également compositeur, présent au disque au travers de deux monographies. Une série de sonates pour violon, composées très tôt (13 et 15 ans respectivement pour les deux premières) non dénuées d'intérêt.

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Mais surtout, une publication récente d'œuvres autrement ambitieuses...


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Mihkel KEREM : Symphonie No. 3 "For the Victims of Communism", Sextuor à cordes, Lamento (Mikk Murdvee, dir. et alto)

Un Lamento pour alto et cordes désespéré, très Vasks dans l'idée. Un sextuor inspiré par le Schoenberg de Verkärte Nacht, évidence auditive qui dépasse les notes d'intention.
Surtout, une magistrale symphonie, que l'on croirait écrite par Shostakovich. L'Adagio initial est à s'y méprendre, exsude la douleur et l'oppression ; ce n'est pas le Shosta gesticulant et grimaçant, c'est celui du désespoir, de la machine à broyer les hommes, avec une conclusion grandiose et obstinée assez cinématographique. Le Vivacissimo du II est celui de la farce méchante, mais sans la grimace systématique de la mélodie cabossée. J'y entends plus les galops de Prokofiev et, très rapidement, le Sacre, qui alimente toute la seconde moitié (La danse des cités rivales et Glorification de l'Élue, en particulier, mais pas que). Le Grave conclusif démarre dans la paix des cimetières, mais l'on se rend compte qu'il s'agit d'une sorte de crescendo du malaise, comme une version étirée de l'entrée du Prince dans Roméo et Juliette.
Peut-être très premier degré, mais débarassé des tics qui m'irritent chez Shosta, et puisant auprès de compositeurs qui me parlent intimement, j'ai adoré de la première à la dernière note.


Mischa SPOLIANSKY (1898-1985)

Compositeur aux multiples vies. Né dans une famille juive en Russie tasriste, enfance à Vienne dont il devra fuir à cause de la première guerre, compositeur de cabaret à Berlin (Weill sans le côté grotesque), autre ville qu'il fuira suite à l'irrésistible ascension d'un certain chancelier, il passera le reste de sa vie à Londres, principalement comme compositeur de musique de films (dont Les Mines du roi Salomon et Aux frontières des Indes parmi les très connus).

Au disque, on trouve quelques chansons dans des anthologies cabaretières ou à la gloire d'un chanteur (par exemple, Wunderlich), ainsi que quelques foxtrots (volume 3 de la rétrospective Wallisch). Il existe à ma connaissance deux monographies...

Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 Spo1_j10

Un disque dirigé par Gamba contenant des morceaux choisis de sa production filmique, sympathique mais pas exactement passionnante, trouvé-je, dans un idiome proto-hollywoodien, entre Korngold et Rosza. Le charme exotique de certains morceaux, le talent pour les atmosphères (la musique de fantôme, très Harry Potter)... font que l'on passe un bon moment malgré tout.

Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 Spo10
Mischa SPOLIANSKY : Symphonie en 5 mouvements ; My Husband and I: Overture ; Boogie (Paul Mann, dir.)

Le disque de musique de concert, publié chez Toccata, est par contre immanquable.
L'ouverture est une sorte de pot-pourri façon famille Strauss, un délicieux pastiche viennois riche en glucose.
Le Boogie est un petit chef d'œuvre. Une ouverture grandiose et caricaturale, façon Haendel, qui se transforme rapidement en boogie-woogie, enchaînant les morceaux de bravoure, les effets, à la limite d'une série de variations en mode cabaret (ou cirque), sans avoir peur d'une orchestration ou de couleurs très russes (du Tchaikovsky revu par Hollywood). Voilà une pièce drôle, endiablée, pleine de pompe et de tension, incroyablement virtuose, dans le goût des meilleures compositions d'Arnold dans ce genre. Un reproche toutefois : elle est un peu trop longue pour son propre bien. Le gag ne dure qu'une dizaine de minutes, mais il s'essouffle sur la fin.
La pièce de résistance est la titanesque symphonie en 5 mouvements (une heure !), écrite sur près d'une trentaine d'années. Ultra-dramatique, avec un leitmotiv caractéristique qui rappelle Korngold (une phrase déclamée, parsemée de brusques coupures, concluant sur un crescendo roulant épicé de harpes). Le premier mouvement, la création de l'homme, possède un beau cœur dansant, entre Tchaikovsky et Mendelssohn, des tournures rappellent Dukas, l'inventivité mélodique ne tarit jamais, tirant toujours la partition vers le domaine du cinéma par ces incessants rappels de l'impérieuse déclamation initiale (la voix de Dieu, car Dieu travaillait pour Cecil B Demille, comme chacun sait).
L'Ode à l'amour qui suit débute par un perpétuel jaillissement, suivi d'un beau thème grave et un peu inquiet, filmique en diable, qui débouche sur une version adoucie de la voix divine. La coda très positive est assez caricaturale, mais si l'on accepte de se prendre au jeu, il faut reconnaître que cela est diablement efficace.
Le Scherzo est une parodie du style classique, du même type que le Boogie ; Leroy Anderson revisite Haydn avec un soupçon de Strauss.
Les lamentations du IV sont un hommage aux victimes de l'Holocauste. Outre le ton élégiaque, les couleurs orchestrales évoquent clairement une culture victime des atrocités. Quant aux thèmes, ils sont en partie tirés et retravaillés du deuxième : l'amour et la haine sont les deux faces de l'expérience humaine.
Le dernier mouvement va puiser sans vergogne chez Tchaikovsky et ses épanchements n'ont aucune retenue. Le pardon divin semble enfin prononcé, et une période heureuse est instaurée, chahutée, la conclusion ne vient jamais, une sorte de farce renouvelée, collage de thèmes précédents, d'interruptions abruptes en transitions grandiloquentes, qui n'est pas sans évoquer à nouveau Malcolm Arnold, avec en plus un message sur la nature de l'expérience humaine.

Au final, une pièce outrée, sur-orchestrée, truffée de trouvailles mélodiques ou coloristes ; probablement une caricature "hollywoodienne", mais d'une grande sincérité et terriblement attachante.
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MessageSujet: Re: Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés   Compositeurs jamais ou très très peu enregistrés - Page 4 Empty

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