Autour de la musique classique

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 Michel Petrossian

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MessageSujet: Michel Petrossian   Michel Petrossian EmptySam 22 Juin 2013 - 14:54

Après des études de violoncelle et de guitare, Michel Petrossion étudie la composition, l’écriture, l’analyse et l’orchestration, notamment avec Isabelle
Duha et Alain Louvier. Il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, dans la classe de Composition, où il travaille avec
Guy Reibel, et suit des cours d’analyse, d’orchestration, de musique de l’Inde et d’ethnomusicologie. Il achève ses études en 2001, par un Diplôme de Formation
Supérieure en Composition.
Soucieux de faire connaître la musique de son temps, il fonde, en 1998, avec le compositeur Jérôme Combier, l’ensemble Cairn, constitué d’élèves du Conservatoire
de Paris. Dès sa première année d’études, il reçoit des sollicitations et des commandes : une oeuvre pour piano par le Musée de l’Armée (créée à l’Hôtel
des Invalides), une invitation au Göteborg Art Sounds Festival (oeuvre commandée et créée par le KammerensembleN), une résidence au CNR de Limoges, etc.

Il écrit également la musique pour un film expérimental présenté à la Cité de la Musique et à la télévision, ainsi que dans des festivals à Prague et à
Londres. Suite à une session de composition, il est sélectionné pour une double résidence au Canada, auprès du Nouvel Ensemble Moderne, et à la Fondation
Royaumont, avec l’ensemble l’Instant Donné. L’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France lui décerne le Prix Veuve Buchère. La plupart de ses oeuvres
sont diffusées sur France Musique et France Culture.
Après ce parcours, son intérêt le porte vers les civilisations anciennes et la philologie, et il se consacre à l’étude approfondie de diverses langues
comme l’Hébreu, le Grec, l’Ougaritique, l’Araméen, le Babylonien, le Vieux slave et l’Arménien, à l’École des langues et des civilisations de l’Orient
ancien, ainsi qu’à la Sorbonne où il obtient un Master. Il séjourne une année à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, où des études
de terrain l’amènent à s’intéresser à la musique du Proche Orient Ancien. Il a d’ailleurs été sollicité pour donner un cours sur ce sujet en 2014 à Jérusalem.
Il travaille actuellement sur un projet d’opéra avec la librettiste et auteure américaine Leslie Dunton-Downer, lauréate du Berlin Prize pour 2013-2014.
En vue de cette collaboration, Michel Petrossian entreprend une synthèse à partir de sa double compétence musicale et philologique afin d’articuler une
écriture vocale nouvelle.
Michel Petrossian est né en 1973.
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MessageSujet: In the wake of Ea (Dans le sillage d'Ea), Michel Petrossian.   Michel Petrossian EmptySam 22 Juin 2013 - 14:56

Grâce au déchiffrement de deux tablettes babyloniennes par l’orientaliste belge Marcelle Duchesne-Guillemin, nous connaissons la disposition des cordes
de la lyre babylonienne : cinq devant, et quatre derrière. Ces cordes correspondent par ailleurs aux notes de l’échelle musicale principale. La quatrième
corde, qui est aussi la note la plus importante de la série babylonienne, est décrite de manière très particulière. Alors que toutes les autres sont désignées
par des chiffres, celle-ci comporte une précision : ‘faite par le dieu Ea’. Divinité des eaux souterraines et créateur des arts, Ea est donc situé au coeur
du système musical babylonien, comme un garant d’une certaine permanence.
Une lyre qui se défait sous la pression du temps, et une corde au milieu qui veut maintenir la permanence, de par son lien à Ea, tel est l’emblème de la
musique babylonienne elle-même, immatérielle et ineffable, mais véhiculée par des instruments périssables et des voix qui se sont tues depuis longtemps.
Cette tension est inspiratrice de l’oeuvre.
Le piano, image de la quatrième corde, vit des histoires de renaissances multiples, au rythme d’un mouvement aquatique. Tel un prophète élégant qui se meut
au travers de courants fluviaux, il lutte par deux moyens (une note répétée et une phrase musicale tantôt verticalisée tantôt étalée) et en deux directions
contraires à l’égard de l’orchestre : en s’opposant, et en cherchant à rallier.
L’orchestre, lyre amplifiée, s’abîme dans la dispersion, mais en est empêché par le piano, corde ‘faite par Ea’, qui lui communique des élans renouvelés
et maintient la volonté de permanence. La forme générale de l’oeuvre procède par défragmentation, à l’image d’une civilisation qui subjugua l’Orient et
dont il ne reste que quelques éclats de splendeurs découverts au gré des fouilles, sur une terre toujours agitée.
L’oeuvre est dédiée à la mémoire de mon père.
Michel Petrossian
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MessageSujet: Re: Michel Petrossian   Michel Petrossian EmptySam 22 Juin 2013 - 14:58

Il faut faire Répondre, pas Nouveau, pour rester dans le même sujet.
Je fusionne.

Tu devrais peut-être mettre des balises de citations pour montrer que c'est une citation.
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MessageSujet: Tactilomusical avec Michel Petrossian   Michel Petrossian EmptySam 22 Juin 2013 - 17:48

La bibliothèque de l’œuvre Nationale des Aveugles, à Bruxelles a pour lectorat des personnes dans l’incapacité de lire un livre ordinaire.
J’y travaille, et j’en bénéficie puisque je suis déficiente visuelle.
Nos rayons regorgent d’ouvrages enregistrés, en grands caractères, en Braille.
Parmi ces derniers, une collection de livres tactiles qui font rêver, amusent ou parfois instruisent les petits comme les grands.Les images se caressent,
se sentent, s’écoutent, se manipulent, parlent à tous nos sens.
Régulièrement, le groupe Typhlo & Tactus se réunit pour élire le meilleur livre tactile et en 2006, le premier prix revint à Kristyna Adamkova, une artiste
tchèque, pour Rozmanitosti.
Pas de texte. L’imagination se laisse conduire au gré des matériaux à prendre dans les mains, aux formes à découvrir, à la poésie d’une fleur qui s’ouvre
délicatement, de la perle glissant le long d’un fil.
 
Lors de chacune de ses sessions, le Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique, du nom de cette souveraine pleine de talents et d’humanisme,
donne l’occasion à un compositeur de musique contemporaine d’assister à la création mondiale d’un concerto primé lors d’un concours de compositions non
médiatisé.
Michel Petrossian, un Français d’origine arménienne,  et son « In the wake of Ea » eut ce privilège lors de la finale de piano 2013.
En voici l’explication donnée dans le site du CMIREB :
« Grâce au déchiffrement de deux tablettes babyloniennes par l’orientaliste belge Marcelle Duchesne-Guillemin, nous connaissons la disposition des cordes
de la lyre babylonienne : cinq devant, et quatre derrière. Ces cordes correspondent par ailleurs aux notes de l’échelle musicale principale. La quatrième
corde, qui est aussi la note la plus importante de la série babylonienne, est décrite de manière très particulière. Alors que toutes les autres sont désignées
par des chiffres, celle-ci comporte une précision : ‘faite par le dieu Ea’. Divinité des eaux souterraines et créateur des arts, Ea est donc situé au coeur
du système musical babylonien, comme un garant d’une certaine permanence.
Une lyre qui se défait sous la pression du temps, et une corde au milieu qui veut maintenir la permanence, de par son lien à Ea, tel est l’emblème de la
musique babylonienne elle-même, immatérielle et ineffable, mais véhiculée par des instruments périssables et des voix qui se sont tues depuis longtemps.
Cette tension est inspiratrice de l’oeuvre.
Le piano, image de la quatrième corde, vit des histoires de renaissances multiples, au rythme d’un mouvement aquatique. Tel un prophète élégant qui se
meut
au travers de courants fluviaux, il lutte par deux moyens (une note répétée et une phrase musicale tantôt verticalisée tantôt étalée) et en deux directions
contraires à l’égard de l’orchestre : en s’opposant, et en cherchant à rallier.
L’orchestre, lyre amplifiée, s’abîme dans la dispersion, mais en est empêché par le piano, corde ‘faite par Ea’, qui lui communique des élans renouvelés
et maintient la volonté de permanence. La forme générale de l’oeuvre procède par défragmentation, à l’image d’une civilisation qui subjugua l’Orient et
dont il ne reste que quelques éclats de splendeurs découverts au gré des fouilles, sur une terre toujours agitée ».
Les douze interprétations de cette œuvre m’ont immanquablement ramenée à Rozmanitosti…
Par une chaude après-midi, alors que retentit l’introduction linéaire de ce concerto, je prends le petit rond de velours au bout d’une ficelle attachée
à la reliure, la corde de ma lyre.
Et l’aventure commence.
Le piano et les perles, le violon et les plumes, la clarinette et les formes en papier plastifié… le sillage d’Ea et l’invitation au voyage exprimée dans
ce mot Rozmanitosti s’entremêlent, puis se séparent, se retrouvent, s’éloignent pour s’harmoniser de plus belle après quelques mesures. Une petite brise
fraîche s’ajoute à la partition : les grains de sable glissés dans les pages murmurent quand on les tourne..
La musique contemporaine me donne une notion d’immensité visuellement absente.
Uni à elle, le plaisir du toucher s’intensifie.
Et ma soif d’en apprendre davantage sur les disciplines artistiques de mes deux guides aussi ! Comme de vrais amis, ils ont dirigé mes pas dans cette exploration
tactilomusicale, alors, cher lecteur, s’il te plaît, me permettras-tu de les remercier de cette façon, dans leur langue respective :
Chenorhagal èm, Michel, Dekuju, Kristyna !
Dites… A quand la prochaine chasse au trésor ? 
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MessageSujet: Pour Xavier   Michel Petrossian EmptySam 22 Juin 2013 - 17:50

Merci d'avoir fusionné.
Je ne sais pas comment procéder pour mettre des balises de citation.
Lisztianna
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MessageSujet: Re: Michel Petrossian   Michel Petrossian Empty

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